Le Philharmonique de Berlin dirigé par leur directeur musical Kirill Petrenko joue la 8è de Mahler, fresque spectaculaire et partition la plus ambitieuse du compositeur… Le concert est désormais accessible sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Berlin / Berliner Philharmoniker.
« Symphonie, cela signifie pour moi construire un monde avec tous les moyens techniques existants » ; Gustav Mahler a mis en œuvre ce credo dans la colossale Symphonie n° 8 : avec huit solistes vocaux, trois chœurs et un orchestre gigantesque, l’effectif va au-delà de tout ce qui avait été fait jusqu’alors. Sa construction est en 2 parties grandioses, qui fusionne opéra et orchestre.
Parallèlement, Mahler concentre dans cette vaste partition des concepts fondamentaux de l’histoire des idées, de l’hymne médiéval « Veni Creator » (partie I) à la conclusion du Faust de Goethe (partie II). Sous la direction de Kirill Petrenko, les Berliner Philharmoniker présentent cette œuvre qu’ils n’avaient plus jouée depuis quinze ans.
VISIONNER le concert
VOIR la 8ème Symphonie de Mahler par les Berliner Philharmoniker / Kirill Petrenko :
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Live streaming / enregistrement samedi 17 janv 2026, 19h
Rediffusion / Replay à partir de dimanche 18 janv 2026, 12h
Photo : © Stephan Rabold © 2026 Berlin Phil Media GmbH
Artistes / distribution
Berliner Philharmoniker / Kirill Petrenko, direction
Gustav Mahler : Symphonie n° 8
Jacquelyn Wagner, soprano (Magna Peccatrix)
Golda Schultz, soprano (Una Poenitentium)
Jasmin Delfs, soprano (Mater Gloriosa)
Beth Taylor, contralto (Mulier Samaritana)
Fleur Barron, mezzo-soprano (Maria Aegyptiaca)
Benjamin Bruns, ténor (Doctor Marianus)
Gihoon Kim, baryton (Pater Ecstaticus)
Le Bubasse (Pater Profundus)
Chœur de la Radio de Berlin
Gijs Leenaars, préparation
Chœur Bach de Salzbourg
Michael Schneider, préparation
Maîtrise d’État de la cathédrale de Berlin
Kai-Uwe Jirka, préparation
Kelley Sundin-Donig, préparation
VIDÉO entretien
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« Anacrouse » : Symphonie n° 8 de Gustav Mahler
Une symphonie aux dimensions impressionnantes, tant par le nombre de musiciens que par l’étendue de leurs idées. Albrecht Mayer, hautbois solo, vous présente la Symphonie n° 8 de Mahler et en offrant des aperçus exclusifs des répétitions menées par le chef principal Kirill Petrenko. Durée : 12 min.
MAHLER : Symphonie n°8 des mille. Créée à Munich au moment de l’Exposition Internationale, le 12 septembre 1910, la Symphonie des Mille ou Symphonie n°8 de Gustav Mahler est un immense chant d’espoir qui marque aussi la pleine maturité d’une écriture enfin apaisée, après les tourments plus ou moins contrôlés et assumés des Symphonies n°5, n°6 et surtout n°7, symphonies autobiographiques où le conflit, la noirceur, la présence de forces cosmiques insurmontables, les blessures liées à son destin personnel et sa vie sentimentale, sont le sujet principal. Ici rien de tel, sinon, une arche grandiose dont les tensions canalisées convergent vers une prière de réconciliation, une aspiration profonde à la paix éternelle.
Si Mahler n’a pas écrit d’opéras, cette fresque grandiose à l’échelle du colossale nécessite un plateau artistique impressionnant : triple choeur (femmes, hommes, enfants), grand orchestre, solistes dont les airs sont dignes d’un drame lyrique.
L’odyssée mahlérienne de la 8ème doit son unité à la constance attendrie, exaltée mais toujours élégante des interprètes. D’autant plus que les deux parties sont d’un étonnant contraste : premier volet construit autour du Veni, Creator Spiritus, selon le texte médiéval de l’archévêque de Mayence, Hrabanus Maurus. Le compositeur a reçu la révélation de cette hymne au Créateur, d’autant plus bienvenue pour son âme inquiète et de plus en plus mystique. Tout le développement est une variation sur le thème de cette fulgurance personnelle dont il souhaite nous faire partager l’intensité.
Le volet 1 est un immense chant de prière et d’espérance, dans une écriture contrapuntique des plus maîtrisée, qui cite toutes les messes et oratorios qui l’ont précédé. Mahler exprime la tendresse des croyants récepteurs du miracle, témoins d’une vision sidérante partagée.
Dans le second volet, qui reprend la traduction du Veni Creator par Goethe, pendant littéraire au premier volet d’origine sacrée, mais non moins extraordinairement exalté, solistes, chœurs et orchestre façonnent une superbe peinture de la foi où l’évocation du mystère, grâce à des épisodes suggestifs, un sens évident de l’articulation et des nuances (bois somptueux, cuivres grandioses, cordes amples et suspendues) donne le format de cette seconde Passion. Comme une réponse moderne aux Passions de JS BACH, Mahler orchestre un remarquable drame sacré où se précisent plusieurs profils Pater Profundis, Maria Aegyptica, lesquels en intercesseurs, accompagnent le croyant vers l’étreinte finale que lui réserve, ô comble du bienheureux, Maria Gloriosa.
Rien ne manque à l’évocation de ce diptyque religieux. Ni l’élan fervent, ni la sensibilité. Le chef doit veiller aux détails comme à l’architecture de cette cathédrale orchestrale et lyrique. Ici Homme et univers ne font plus qu’un : le but ciblé, espéré, exaucé d’un Mahler enfin en paix avec lui-même, est atteint.
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