Suite de la 10è saison du directeur musical Marius Stieghorst. Au programme : grande virtuosité pianistique grâce à la présence complice et inspirée de la pianiste ukrainienne Svetlana Andreeva, formée au Conservatoire Tchaikovski de Moscou. A travers les 3 partitions choisies, l’Orchestre Symphonique d’Orléans propose un programme orchestral spectaculaire voire fascinant, de l’ombre à la lumière…
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LISZT, R. STRAUSS…
Théâtre d’Orléans
Samedi 7 février 2026, 20h30
Dimanche 8 février 2026, 16h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.orchestre-orleans.com/%C3%A9v%C3%A8nement/entre-danube-moldau/
programme
LISZT : Concerto pour piano n°2
Soliste : Svetlana Andreeva, piano
Lauréate du Concours d’Orléans
WAGNER : Liebestod (Tristan und Isolde)
D’INDY : Fervaal (introduction de l’acte I)
STRAUSS : Mort et transfiguration
Orchestre Symphonique d’Orléans
Marius Stieghorst, direction
présentation, causerie avant le concert
Causerie avec Roxane Touchard et Marius Stieghorst
4 février 2026, 16h
Médiathèque d’Orléans, Auditorium
Concerto pour mélodie
Esquissé à Rome en 1839, par un jeune compositeur, pianiste virtuose de 28 ans, le Concerto n°2 est strictement contemporain du n°1. Il ne sera achevé que dix ans après, en 1849 à Weimar. A la création, au Théâtre de la Cour de Weimar, le 7 janvier 1857, Franz Liszt dirige son oeuvre (jouée par l’un de ses élèves, Hans von Bronsart). Le plan est celui d’une rhapsodie constituée de six mouvements enchaînés. Une mélodie centrale, enrichie de quatre thèmes secondaires y circule sous des variations toujours renouvelées. Davantage que dans le Premier Concerto, la mélodie s’affirme pleinement. La versatilité des jeux harmoniques et rythmiques préfigure déjà Bartok, tandis que l’écriture pour le piano soliste est plus contrôlé, s’accordant davantage à la « masse » de l’orchestre. Au final, Liszt semble y développer en contrastes saisissants, une succession d’états d’âme. Concerto romantique certes, Concerto d’une mélodie surtout qui incarne l’ego du pianiste-compositeur traversé, foudroyé, exalté par des vagues toujours changeantes de sentiments intimes. Le génie du compositeur soigne la diversité des caractères de chaque pièce, sans jamais entamer ni la tension ni la vitalité de l’architecture globale.
Plan: Adagio sostenuto (présentation de la mélodie principale), Allegro agitato assai, Allegro moderato, Allegro deciso, Marziale un poco meno allegro, Allegro animato (où le clavier roi reprend la prééminence dans une série de glissandos virtuoses). Durée indicative : moins de 25 minutes.
MORT ET TRANSFIGURATION
Strauss précise son intention : dans Mort et Transfiguration, il s’agit de poursuivre le travail de Macbeth (qui commence et s’achève en ré mineur), celui de Don Juan (qui débute en mi majeur et se conclut en mi mineur) et concevoir enfin, une oeuvre qui ouvre en ut mineur et se résolve en ut majeur. De l’ombre à la lumière… Souci de compositeur, mais préoccupation légitime qui dévoile une pensée musicale habitée par la structure, et le développement d’un programme cohérent, illustrant au plus juste son sujet. Composée en 1887-1888, la partition est créée le 21 juin 1890 sous la direction de l’auteur à Eisenach. Le dramatisme et la poésie d’outre-tombe fascine les premiers auditeurs. Il est vrai que Strauss eut la révélation de la partition après avoir lu un texte de Romain Rolland sur les dernières heures d’une pauvre âme, parvenue au soir de sa carrière : en proie sur son lit de mort, au désarroi existentiel, mais aspirant jusqu’aux limites imaginables, au salut de son âme. La musique de Strauss imagine les sensations ultimes d’un individu à l’agonie, traversé par l’angoisse vertigineuse, à l’effroi des derniers instants. Le tableau est à la fois glaçant, terrifiant, fascinant.
Tout ce que j’ai composé… était parfaitement juste
. Strauss développe le sujet en deux parties. Lutte contre la mort d’abord ; transfiguration espérée, atteinte, éprouvée, ensuite. Un ample largo sert ici d’introduction, préludant à un développement de forme sonate. Comme il est dit dans le texte originel de Rolland, les années d’enfance sont évoquées avec nostalgie, puis l’évocation d’un bref bonheur anime ce corps malade au bord du gouffre ; enfin vient, l’abandon de la vie, l’appel de l’au-delà, les brumes de plus en plus persistantes de la transfiguration. L’ut majeur déclare l’élévation de l’âme parvenue à la fin de sa course : l’idéal de délivrance est enfin éprouvé et le pauvre corps peut sans douleurs, se détacher de son enveloppe terrestre.
Strauss devait sur son propre lit de mort, déclarer à son fils : « Je peux t’affirmer que tout ce que j’ai composé dans Mort et Transfiguration était parfaitement juste ; j’ai vécu très précisément tout cela ces dernières heures… ». Quel plus juste témoignage pouvait-on envisager quant à la vérité et la justesse d’une oeuvre pourtant écrite dans les années de jeunesse?
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