mercredi 14 octobre 2026

(NORVEGE) BAROKKEST TRONDHEIM, Giuseppe PORSILE : Spartaco / Spartacus, recréation mondiale, 29 janv 2026. Orkester nord, Martin Wahlberg

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Le BAROKKFEST de TRONDHEIM en Norvège crée l’événement en ce début 2026 : il affiche la recréation mondiale d’un opéra de Giuseppe PORSILE, compositeur d’opéra à la Cour de Vienne : Spartaco. Le compositeur napolitain GIUSEPPE PORSILE (1680 – 1750), fils d’un compositeur en vogue à la fin du XVIIème siècle (selon Burney) rejoint très vite la chapelle vice-royale espagnole à Barcelone : à 15 ans (1695), il est maître de chapelle du roi Charles II d’Espagne, puis maître de chant de l’épouse de l’archiduc Charles de Habsbourg jusqu’en 1713, Elisabeth-Christine. Il côtoie Antonio Caldara dont il produit Il Ritorno d’Ulisse avec grand succès. L’archiduc Charles devenu en 1711 Charles VI, l’appelle à Vienne, … qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1750.

 

 

 

Compositeur de la cour impériale en 1720, Porsile est l’égal des plus grands créateurs de son temps : Caldara, Fux, Conti, Porpora et, même Vivaldi (qui meurt à Vienne en 1741).

Entre 1717 et 1737, Porsile livre au moins 21 œuvres dramatiques (opéras, cantates, sérénades) et …13 oratorios. Spartaco créé pour le Carnaval de février 1726 est l’un de ses meilleurs ouvrages lyriques. Il était temps de réévaluer l’écriture d’un maître de ‘opéra à Vienne, d’autant que le célèbre librettiste et “poeta caesareo” de la cour de Vienne, le vénitien Apostolo Zeno l’admirait, aux côtés de Johann Adolf Hasse ; l’épouse de ce dernier, la cantatrice Faustina Bordoni a incarné le rôle de Gianisbe (dans Spartaco justement) avant d’aller à Londres pour chanter les opéras de Händel.

 

 

 

 

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SPARTACO – Giuseppe Porsile
BAROKKFEST TRONDHEIM, Frimurerlogen Hall
jeudi 29 janvier 2026, 19h30
PORSILE : Spartaco, 1726
Recréation mondiale
Infos et réservations :
https://barokkfest.com/spartaco/

 

Orkester Nord, orchestra
Martin Wåhlberg, conductor
Spartaco – Luigi Morasssi
Vetturia – Sophie Junker
Gianisbe – Josè Maria Lo Monaco
Licinio – Dara Savinova
Popilio – Anthea Pichanick
Rodope – Natalie Pérez
Trasone – Håvard Stensvold
Orkester Nord,
Martin Wåhlberg – direction

 

 

 

 

Spartaco, créé le 21 février 1726
Livret de Giovanni Claudio Pasquini
Spartaco est surtout une leçon de science politique qui assoit d’autant mieux le prestiqe des empereurs Habsbourg à Vienne. La fable apotropaïque souligne les excès d’un pouvoir total dans les mains d’un être sans qualités de gouvernement ni valeurs morales.

 

 

Spartacus, l’anti héros sauvage et tyrannique

Le contraste entre la nature brutale de Spartaco et le hiératisme des “héros” romains est un rappel des vertus des bons gouvernants et, sans doute, une pique lancée contre des souverains concurrents du pouvoir “romain” de Charles VI, empereur du Saint Empire Romain Germanique. En effet, suite à la mort du Régent de France en 1723 et la rupture entre les cours de Versailles et de Madrid, en 1725 la signature du Traité de Hanovre (Herrenhausen) voit Louis XV, roi Très Chrétien, s’allier avec les monarques protestants de Grande-Bretagne et de Prusse.
Pour contrer une guerre possible, Charles VI signe une alliance avec Philippe V d’Espagne, son ancien rival dans un traité secret à Vienne en avril et novembre 1725. Par ce traité l’ancienne discorde issue de la Guerre de Succession d’Espagne s’arrête et la grande ambition coloniale de Charles VI prend un envol significatif avec la reconnaissance de la Compagnie d’Ostende qui allait pouvoir commercer directement avec les territoires
américains de la couronne espagnole.

Spartaco est né dans un contexte de paix fragile, un an après sa création, une nouvelle escalade mènera vers une nouvelle guerre européenne.
Selon les témoignages, Spartaco remporte un vif succès lors de sa création à Vienne en février 1726. Apostolo Zeno, le très puissant poète de la cour, écrit à son frère Pier Caterino (lettre du 7 mars 1726) : “ le drame de l’abbé Pasquini a eu une heureuse issue, ayant eu trois représentations, surtout grâce à la belle musique de Porsile et la bravoure de la Faustina (Bordoni). Je vous enverrai une copie pour que vous jugiez le talent de ce nouveaudramaturge. (…)”

 

 

BOROSINI, le dieu chanteur

Autre argument pour le succès de Spartaco, la présence du baryténor Francesco Borosini (qui a créé le rôle-titre) particulièrement convaincant dans l’impressionnante scène de délire paranoïaque. La voix de Borosini, couvrant au moins deux octaves (sol1 – la3), a inspiré à Caldara, Conti, Porsile, Fux et Gasparini, des rôles d’une virtuosité sensationnelle. Haendel lui dédie nombre de ses grands rôles lyriques lui aussi : Bajazet dans Tamerlano, Grimoaldo dans Rodelinda ou la transposition spectaculaire de Sesto dans la reprise du Giulio Cesare en 1725.

Face à Borosini paraissent d’autres fameux solistes applaudis à la cour de Vienne : Regina Schoonjans dans le rôle noble de Vetturia et Faustina Bordoni en Gianisbe (déjà citée).La nouvelle production présentée à Trondheim reconstitue opte pour l’instrumentation d’époque en première mondiale dans une édition nouvelle et soignée

 

 

LES PERSONNAGES

CAPOUE, autour de 71 avant Jésus-Christ, pendant la
Troisième Guerre Servile sous la République romaine. La guerre précède le premier Triumvirat (60 – 53 av. JC) qui verra le vainqueur de Spartacus, Crassus, partager le pouvoir avec Pompée et César. Crassus est considéré comme l’homme le plus riche de l’histoire romaine ; en écrasant de façon sanglante la révolte de Spartacus, Crassus gagne un prestige immense qui assoit son autorité politique et militaire.

Originaire de Thrace, esclave et chef des gladiateurs révoltés. Spartaco dans l’opéra de Porsile, s’est rendu maître de Capoue où il sera bientôt assiégé par les troupes du général romain Crassus. Le compositeur fait de Spartaco, une sorte de tyran, dévoré par l’ambition, souhaitant épouser la noble captive romaine Vetturia. Il souhaite marier sa fille Gianisbe au noble romain Licinio (fils incognito de Crassus et amoureux de Vetturia).
les autres personnages
Vetturia – Noble romaine. Digne matrone qui refuse toutes les avances de Spartaco et meurt d’amour pour Licinio.
Licinio – Inspiré de Publius Licinius Crassus, fils aîné du consul et général Marcus Licinius Crassus. Malgré le fait que le vrai personnage avait moins de 10 ans lors de la révolte de
Spartacus, ici Licinio est l’amoureux transi de Vetturia. Il réussit à obtenir la victoire romaine et la libération de son aimée par la ruse sous l’identité de Lucio.
Gianisbe – fille de Spartaco et amoureuse du gentilhomme capouan Popilio. Elle est l’instrument des ambitions de son père malgré une nature romantique et noble.
Popilio – Chevalier capouan noble et honorable, amoureux de Gianisbe. Une figure proche en nature d’Andronico dans le Tamerlano de Händel.
Rodope – Femme de Spartaco, rustique et paysanne, une figure un peu caricaturale et populaire proche des personnages de la Commedia dell’Arte. La dénomination “bifolca” dans le livret veut dire à la fois “bouvière et villaine”.
Trasone – Serviteur et confident de Spartaco. Il pourrait être de la famille de Rodope. Plus qu’un serviteur, Trasone est un personnage populaire qui porte le discours de la sagesse rustique face à l’ivresse de la pleine puissance de Spartaco.

 

 

 

 

SYNOPSIS

ACTE I
Dans la cité de Capoue, la paix n’est qu’apparente. Spartaco, gladiateur et chef des esclaves révoltés, garde auprès de lui deux captifs romains : Vetturia, jeune femme noble d’une vertu exemplaire, et Licinio, patricien de haute naissance. L’un comme l’autre attirent l’attention du tyran : Vetturia, surtout, éveille en lui une passion ardente qu’elle ne partage pas.
Sa fille, Gianisbe, espère quant à elle pouvoir unir son destin à celui de Popilio, jeune Capouan d’un naturel généreux. Mais Spartaco, qui rêve d’assoir son pouvoir par des alliances d’intérêt, refuse cette union. Il projette d’offrir Gianisbe en mariage à Licinio — projet d’autant plus cruel que ce dernier aime en secret Vetturia, et
qu’elle-même répond à ses sentiments.
Les armées romaines, commandées par le terrible Crassus, avancent vers Capoue. Au conflit des passions répond désormais l’ombre de la guerre.
ACTE II
Spartaco resserre son emprise. Ni les prières de Vetturia, ni les larmes de sa fille ne l’adoucissant : il impose les mariages qu’il
a décidés. Apprenant l’amour qui unit Vetturia et Licinio, il laisse éclater sa jalousie. Pour châtier les deux jeunes hommes qui se dressent contre sa volonté, il décrète un duel dans l’arène entre
Licinio et Popilio. Les deux rivaux en amour refusent pourtant de s’entretuer : leur honneur, leurs sentiments, et la conscience de l’injustice les en empêchent. Leur refus attise la colère de Spartaco, qui les condamne alors aux bêtes du cirque. Mais la fureur du tyran est interrompue par un messager : les légions romaines approchent. La cité se prépare au combat. Les amants séparés espèrent la défaite du tyran inflexible.
ACTE III
La guerre fait rage. Capoue se défend mal, et Spartaco, acculé, entouré de trahisons réelles ou imaginaires, sombre dans une agitation intérieure qui tourne au délire. C’est la fameuse scène de folie d’une intensité rare, où il vocifère contre les dieux, accuse le destin, s’effondre sous le poids de sa propre violence. La muraille de Capoue cède. Les troupes de Crassus entrent dans la cité et mettent fin à la tyrannie. Les captifs romains sont libérés : Licinio retrouve Vetturia, tandis que Gianisbe est rendue à Popilio, son amour fidèle. La chute du despote rétablit l’ordre naturel et moral. La constance des sentiments, mise à l’épreuve par la violence, triomphe finalement des assauts de la tyrannie.
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