mercredi 7 octobre 2026

CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 20 novembre 2025. VERDI : Aïda. A. Kurzak, A. Soghomonyan, M-N. Lemieux, E. Schrott, L. Tézier… Davide Livermore / Massimo Zanetti

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Dans la Principauté de Monaco qui, illuminée de couleurs rouges et blanches, célèbre sa fête nationale du 19 novembre, l’un des éléments majeurs des festivités est la magnifique représentation d’Aïda de Giuseppe Verdi – donnée dans la Salle des Princes du Grimaldi Forum. 

 

Le spectacle est dominé par la prestation de la soprano polonaise Aleksandra Kurzak, cette flamme qui surgit dans la noirceur du drame, se lève, ondule, émeut, fascine, éblouit. La succession des tableaux est splendide, envahie par une foule débordante de costumes superbes au-dessus desquels frémissent des éventails, s’agitent des palmes, se brandissent des lances. Ainsi se lève une Égypte rêvée où tout est prétexte à la splendeur. Il y a du Cecil B. Demille dans l’air…

Mais où sont les Peplums d’antan ? Au fond de la scène se présente une vaste structure lumineuse où l’on peut voir en 3D des effets abstraits ou évocateurs de temples égyptiens. Dès le début, on devine là le symbole du tombeau dans lequel finiront les deux héros. La mise en scène de Davide Livermore est plutôt statique, même dans la scène du triomphe, parfois plus proche d’une mise en espace que d’une mise en scène. Mais cela n’est pas un reproche puisque – nous l’avons dit – ce spectacle est superbe.

 

 

En dehors de la flamme Kurzak, d’autres voix se distinguent. Marie-Nicole Lemieux a les magnifiques graves de velours qu’on lui connaît mais ses aigus, parfois, sont criés à l’excès. On est bouleversé au dernier acte par son engagement de tigresse blessée. Le temple vocal repose sur les colonnes de marbre de plusieurs voix graves. En premier lieu celle de Ludovic Tézier qui impose un Amonasro de pierre chaude. Ah, on n’est pas près d’oublier son duo du Nil avec Aleksandra Kurzak ! Mais il y a aussi le remarquable et célèbre Erwin Schrott, Ramfis aux vibrations profondes. Ou encore – à un moindre niveau – Antonio di Matteo qui, en Roi implacable, ajoute à l’édifice le granit de sa voix. Reste le Radamès du ténor Arsen Soghomonyan. Nous n’avons pas reconnu celui qui, naguère, remplaça Jonas Kaufmann dans Otello à Aix-en-Provence. Il est vrai que, lorsque nous l’avions entendu, il sortait de maladie et qu’une annonce avait été faite lors de la précédente représentation. Malgré des aigus éclatants et volumineux, son timbre parut comme voilé. A part cela, les Chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo sont magnifiques, cette mer humaine, cette houle héroïque, ce peuple vibrant où grondent la guerre, l’espoir, la prière. 

Mais tout cela ne serait rien sans le grand timonier – le chef d’orchestre – Massimo Zanetti, verdien dans l’âme et dans la baguette à la tête d’un Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo puissant comme le Nil. A noter, au passage, la qualité et la précision des fameuses trompettes d’Aïda. Cela étant, pour louer ce spectacle ce ne sont pas ces trompettes d’Aïda qu’il faut emboucher mais… celles de la renommée !

 

 

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CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 20 novembre 2025. VERDI : Aïda. A. Kurzak, A. Soghomonyan, M-N. Lemieux, E. Schrott, L. Tézier… Davide Livermore / Massimo Zane. Crédit Photo (c) Opéra de Monte-Carlo

 

 

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