Kandinsky, une symphonie des couleurs. Musique et peinture se mêlent dans l’œuvre joyeuse, rythmique du russe Vassily Kandinsky. La Philharmonie de Paris présente un parcours muséographie qui regroupe près de 200 œuvres et objets de son atelier ; tous précisent la place fondamentale de la musique dans sa vie, son œuvre ; dans sa quête esthétique personnelle vers l’abstraction.
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Photo : Vassily Kandinsky : Improvisation 3, 1909 – Huile sur toile
© Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris / Donation de Mme Nina Kandinsky, 1976
Abstraction et musique
A l’époque des opéras de Moussorgski et de l’avant-garde inspirée du folklore russe, Vassily Kandinsky grandit à Moscou puis Odessa dans un milieu familial ouvert aux arts ; le jeune homme apprend à jouer du violoncelle, de l’harmonium ; surtout il éprouve un choc décisif à l’écoute de Lohengrin de Wagner, l’opéra médiéval enchanteur qui marqua tant également Louis II de Bavière, grand protecteur du compositeur. Porté par l’infini de la musique, le jeune plasticien comprend qu’un nouveau langage est possible, révélant l’invisible, l’immatériel dont la texture s’approche de celle de la musique qui s’évanouit à mesure qu’elle se déroule. Abstraite, la musique lui ouvre de nouvelles perspectives visuelles. Dialoguant avec les compositeurs modernes comme Nikolaï Kulbin, Sergueï Taneïev, Thomas von Hartmann, Kandinsky élabore alors une nouvelle syntaxe picturale, où formes et couleurs, traits et vides s’accordent selon des rythmes musicaux, n’hésitant pas à nommer musicalement ses cycles aboutis : Improvisations et Compositions.
L’exposition retrace le parcours global d’une œuvre évolutive, des premiers paysages russes aux ultimes Compositions, tout en l’inscrivant dans le contexte musical de son époque ; y sont évoqués et présents, les compositeurs : Alexandre Scriabine, Thomas von Hartmann, Arnold Schönberg, Igor Stravinsky … le parcours s’ouvre avec le « choc Wagner » quand Kandinsky découvre en 1896 à Moscou, Lohengrin ; y paraissent aussi les expériences théâtrales et chorégraphiques du Bauhaus dont il est professeur dès 1922, …
Kandinsky : un plasticien mélomane
Les œuvres et dessins exposés (issus du Centre Pompidou et de collections internationales) éclaire ainsi le profil du Kandinsky mélomane ; ses goûts en matière musicale : partitions achetées, livres et prospectus musicaux collectionnés, mais aussi photos de ses amitiés musicales, disques (dont plusieurs enregistrements de chants populaires),.. ; une évocation concrète de son atelier évoque en outre le processus de création sur la « musicalité » et le rythme propre des couleurs dont témoignent entre autres, la série des études sur le Symphonie n°5 de Beethoven. Artisan d’une fusion des arts, Kandinsky pilote aussi différents projets qui associent plusieurs disciplines : pour la scène, dans ses poèmes explorant le « son pur » des mots ; sans omettre l’Almanach du Blaue Reiter (Cavalier bleu), autant d’œuvres plurielles qui réalisent la noce des mondes sonores et visuels.
L’art étant selon Kandinsky, une performance, l’exposition recrée plusieurs œuvres synesthétiques, ainsi la mise en scène des Tableaux d’une exposition de Moussorgski (1928), ou le Salon de musique conçu pour l’exposition d’architecture de Berlin en 1931. Passionnant.

© Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris / Donation de Mme Nina Kandinsky, 1976
EXPOSITION. PARIS, Philharmonie : Exposition « Kandinsky, la musique des couleurs », du mercredi 15 octobre 2025 au dimanche 1 février 2026. PLUS D’INFOS sur le site de la Philharmonie de Paris : https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/exposition/28824-kandinsky
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