jeudi 8 octobre 2026

CRITIQUE, concert. MONACO, Cours d’Honneur du Palais Princier, le 20 juillet 2025. OPMC, les Frères Jussen (piano), Kazuki Yamada (direction)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Sous un ciel estival limpide, la Cour d’Honneur du Palais Princier a servi une fois de plus d’écrin à la magie symphonique, ce samedi 20 juillet, dans le cadre du festival « Concerts au Palais Princier« . Cet événement annuel, symbole de l’excellence culturelle monégasque, a réuni un public international et élégant, venu savourer l’alliance unique du patrimoine architectural et de la virtuosité musicale. Au programme de la soirée : l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (OPMC), dirigé par son charismatique directeur musical Kazuki Yamada, accompagné des deux jeunes frères prodiges néerlandais, Lucas et Arthur Jussen.

 

Une Nuit Étoilée avec les Frères Jussen et l’OPMC au Palais Princier

 

En guise d’amuse-bouche, la soirée s’est ouverte sur la rare « Jubel Overture » de Carl Maria von Weber. L’ouverture a embrasé la Cour d’un souffle festif, Kazuki Yamada exaltant les contrastes entre les cuivres triomphants et les mélodies aériennes des bois. L’OPMC a joué avec une verve juvénile, rappelant que cette œuvre, composée pour célébrer le jubilé du roi de Saxe. En Finale, les timbres chaleureux des cordes ont magnifié la citation de l’hymne britannique « God Save the King », suscitant un premier tonnerre d’applaudissements.

Puis, dès leur entrée sur scène en contrebas du sublime escalier à double circonvolution menant aux appartements privés du Prince Albert II, Lucas et Arthur Jussen (respectivement 27 et 30 ans) ont captivé l’auditoire par leur présence scénique et leur complicité palpable. Ces pianistes, artistes en résidence à l’OPMC pour la saison 2024-2025, déchaînent les passions partout où ils passent, leur jeunesse, leur talent, et leur beauté ne laissant personne indifférent ! C’est à eux que revient de jouer la pièce maîtresse de la soirée (en tout cas la plus attendue…), un Concerto pour deux pianos N°10, en mi bémol majeur interprétée avec une grâce et une complicité qui ont ravi le public. Les Jussen ont déployé un jeu cristallin dans les cadences, transformant le dialogue pianistique en badinage musical. L’Andante a révélé une profondeur lyrique inattendue, tandis que le Finale allegro a emporté l’auditoire dans une jubilation rythmique. L’ovation debout qui a suivi a confirmé leur statut de jeunes maîtres du piano !

 

 

Donnée sans entracte, en autre pour des raisons de sécurité, la soirée s’est poursuivie par une interprétation magistrale de ce monument romantique qu’est la 4ème Symphonie de Johannes Brahms. Kazuki Yamada a magnifié l’architecture rigoureuse de l’œuvre : tension dramatique du premier mouvement, méditation poétique de l’Andante moderato, vigueur rythmique du Scherzo, et surtout, la Passacaille finale, transformée en une catharsis sonore. Les cordes, d’une homogénéité soyeuse et veloutée – selon la légendaire tradition de l’orchestre -, ont dialogué avec les bois d’une sensibilité rare. Le dernier accord, suspendu dans la nuit monégasque, a été suivi d’un silence ému avant une nouvelle standing-ovation.

La Cour d’Honneur du Palais Princier offrait un cadre féerique. Parmi les 800 spectateurs, l’élite internationale – robes de soirée et smokings obligent – se mêlait aux mélomanes locaux, créant une atmosphère chic mais conviviale. L’acoustique naturelle du lieu, portant chaque note vers les étoiles, et la douceur de la nuit méditerranéenne ont achevé d’envoûter l’assistance. À l’entracte, les conversations enthousiastes saluaient déjà « la performance inouïe » des Jussen. Quant au maestro japonais, directeur musical de l’OPMC depuis 2016, il a une fois de plus démontré son lien organique avec la phalange monégasque. Son sourire et ses gestes expansifs traduisaient une joie communicative, notamment lors des échanges visuels avec les Frères Jussen.

Si cette soirée restera dans les mémoires comme un sommet de grâce pianistique et symphonique, le festival « Concerts au Palais Princier » réserve cependant un ultime joyau. Ce dimanche 27 juillet, sera exécuté par les mêmes Forces vives (au Grimaldi Forum cette fois) , e fameux « Liverpool Oratorio » de Paul McCartney. La Cour d’Honneur, en véritable cœur battant de la musique, continuera ainsi d’écrire sa légende !

 

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CRITIQUE, concert. MONACO, Cours d’honneur du Palais Princier, le 20 juillet 2025. OPMC, les Frères Jussen (piano), Kazuki Yamada (direction). Photo © Stéphane Danna / OPMC

 

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