La Boîte à musique
Jean-François Zygel
Voix de femmes
France 2
Vendredi 21 août 2009 à 22h10
Maître Zygel dans ses nouveaux décors poursuit ses champs exploratoires, associant classique et variétés… Sur le plateau, les chanteuses Nicoletta, Emily Loizeau et ses mondes intérieurs, parfois sombre souvent mélancolique par sa voix rocailleuse, l’indonésienne Anggun… Pour se chauffer, rien de mieux qu’un petit quizz (air séparé ou opéra?)…
Voix de femmes
Certes il est question des voix de femmes (présence de la soprano dramatique Catherine Hunold dans « sola, perduta, abandonata » de Manon Lescaut de Puccini… et « la vie intérieure » de Baudelaire mise en musique par Henri Duparc… le compositeur qui avait la phobie des grandes places), ou en fin d’émission du trio vocal Tzane qui chante mélodies traditionnelles et sacrées des balkans, en turc, grec ou comme ce soir en bulgare… Mais la vedette de ce nouveau numéro, outre les quatre musiciens du Quatuor Modigliani, demeure le violoniste Renaud Capuçon et son humour caustique qui n’hésite pas à chambrer il professore soi-même (à claquer avec ses « questions stupides »…). Le violoniste et son instrument légendaire (que joua le grand Isaac Stern: un Guarnerius de 1737) interprète Korngold, Mozart, Beethoven, et la Méditation de Thaïs, moment fort de l’opéra éponyme de Massenet, pendant lequel la courtisane d’Alexandrie se convertit au christianisme, comme submergée… Renaud Capuçon non sans tenter de se défiler, accepte même de démontrer à l’invitation du maître des lieux, la différence entre le jeu baroque et le style romantique: archet court sur cordes de boyau pour la tendance baroqueuse, archet plus long et vibrato expressif pour le style romantique…
L’instrument rare est le thémine, inventé en 1919 par le russe Mr Thémine. L’instrument, plébiscité par Lénine, joue du changement de variation du champs électro magnétique: la petite nièce de l’inventeur, Lydia Kavina, réactualise aujourd’hui ce chant particulier qui ne passe pas par le corps… ici la main droite fait la hauteur du son, et la gauche détermine son volume.
La mécanique des tubes précise pour les jeunes mariés le choix qui s’impose dans la musique de l’entrée de la mariée: Wagner ou Mendelssohn? Choix délicat car on sait que le premier détestait le second en raison de ses origines juives…
La minute du professeur solfège montre combien pour les arrangements l’impact des accords de neuvième apporte une coloration d’une divine sensualité (prenez par exemple le fameux air Summertime de Porgy and Bess de Gershwin).
Fin d’émission et générique de fin sur une grille d’accords plutôt mélancolique (chaconne ou passaccaille) sur laquelle improvise tous les instrumentistes et chanteurs conviés lors de ce chapître estival de La Boîte à musique…
Illustration: Renaud Capuçon (DR), Jean-François Zygel (DR)





