Réalisme romantique alla Verdi
Pour clôturer sa saison 12-13 en beauté, ANO Anges Nantes Opéra met comme toujours l’accent sur la réalisation et l’approfondissement théâtral des productions présentées : fidèle à un travail déjà développé avec la metteure en scène Emmanuelle Bastet dont on se souvient à Nantes et à Angers d’un regard à la fois tendre, sensuel, esthétique opéré sur Lucio Silla de Mozart puis surtout Orphée et Eurydice de Gluck, voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scénographe dont le justesse et la vérité, ont le plus souvent séduit hors des poncifs scéniques.De ce fait, rares les mises en scène de La Traviata, sommet de la carrière lyrique de Verdi et nouveau jalon du romantisme lyrique italien, défendues par des femmes : le principe est prometteur et devrait éclairer des facettes oubliées ou atténuées de la courtisane parisienne dont le mythe est d’abord littéraire, écrit par un témoin inconsolable, Alexandre Dumas fils (La Dame aux camélias) qui laisse le portrait réel et fantasmé d’Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, morte détruite et ruinée à l’âge canonique de… 23 ans. Il y a assurément du Manon chez Marie : une fragilité féminine qui enchante et bouleverse. Historiquement la Duplessis comme les grande courtisane du XVIIIè, envoûta les sens de Dumas II puis ceux de Liszt. Mais il se dessine chez Verdi, un réalisme sentimental qui éprouve la scène romantique édulquorée et annonce déjà le naturalisme de Zola (Nana), voire le vérisme d’un Puccini (quand il se passionne lui aussi pour une autre courtisane Manon Lescaut justement). Ne s’agirait-il pas chez Verdi de dénoncer les critiques voilées, les attaques toujours indirectes éprouvées quand au moment de la composition de La Traviata, il entretient déjà une relation avec la chanteuse Giuseppina Strepponi ?
Mélo tragique
Angers Nantes Opéra
Du 26 mai au 5 juin 2013Angers, Le Quai
les 16 et 18 juin 2013
Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
mise en scène : Emmanuelle Bastet
décors : Barbara de Limburg
costumes : Véronique Seymat
lumières : François ThouretAvec
Mirella Bunoaica, Violetta Valéry
Edgaras Montvidas, Alfredo Germont
Tassis Christoyannis, Giorgio Germont
Leah-Marian Jones, Flora Bervoix
Cécile Galois, Annina
Frédéric Caton, Docteur Grenvil
Christophe Berry, Gastone, vicomte de Letorières
Laurent Alvaro, Baron Douphol
Pierre Doyen, Marquis d’Obigny
Choeur d’Angers Nantes Opéra (Sandrine Abello, direction)
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.





