Zimmermann: La Rose Blanche, 1986. Angers Nantes Opéra, du 29 janvier au 10 février 2013

Udo Zimmermann
(né en 1943)
La Rose blanche

6 représentations à Angers et à Nantes
du 29 janvier au 10 février 2013

Udo Zimmermmann aborde les heures les plus noires de l’histoire allemande à travers le destin tragique d’un frère et de sa sœur, Hans et Sophie Scholl (25 et 21 ans), livrés à la Gestapo le 18 février 1943, torturés pendant 3 jours, puis jugés sommairement le 23 février suivant au matin pour être exécutés le soir même… Face à la barbarie et l’arbitraire terrifiant, que vaut la vie humaine ?


Deux âmes justes contre Hitler

Eduqués dans un milieu protestant, les deux jeunes âmes sont enrôlées de force dans les jeunesses hitlériennes: une première confrontation qui prend des allures de violation de la liberté. Voici le fondement de la reconstruction posthitlérienne: Sophie et Hans, allemands de souche ont montré le visage d’une Allemagne fidèle à Goethe: fraternelle, humaine, loyale… résistante.


Ces innocents étaient des héros, audacieux militants, bravant la terreur d’un régime cruel pour défendre coûte que coûte les valeurs du mouvement de résistance intitulé “ La Rose blanche ” (courant actif entre juin 1942 et février 1943): à coup de graffitis engagés et courageux “à bas Hitler” tracés au nom de l’esprit (celui de Novalis, Goethe mais aussi la Bible, Aristote ou Lao-tseu…) sur les murs visibles de l’Université de Munich.

Udo Zimmermann déroule l’action de son opéra dans le cachot qui enferme les martyrs du nazisme, le jour de leur exécution. En un vibrant témoignage, évoquant leurs écrits, leurs correspondances, les abîmes et la peur, les valeurs humanistes qui les habitent, le compositeur ressuscite leur combat, sublime geste d’une ténacité héroïque. Une foi plus forte que la mort contre le mal absolu.

Adepte de l’essentiel, lui-même protestant originaire de Dresde et grand admirateur de Bach, Udo Zimmermann est frappé par le destin de Sophie et Hans Scholl. Une histoire qui prend valeur de mythe et de modèle, dont l’éclat peut rendre aux allemands foudroyés par le nazisme cet honneur perdu depuis le cataclysme. Rien de mieux pour rendre aux adolescents magnifiques, leur grâce admirable qu’un opéra où la force morale ainsi ressuscitée vivifie la force du souvenir jusqu’à le rendre vivant, sincère, présent. Amorcée dès 1967, la partition de La Rose Blanche trouve sa version finale en 1986, près de 20 ans plus tard, en une forme introspective, ardente, éblouissante.

Angers / Grand Théâtre
mardi 29, mercredi 30 janvier 2013

Nantes / Théâtre Graslin
mardi 5, mercredi 6, vendredi 8,
dimanche 10 février 2013

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

Opéra de chambre en 16 tableaux
Créé au Conservatoire de Dresde, sur un livret de Ingo Zimmermann, le 17 Juin 1967. Version révisée créée à l’Opéra d’État de Hambourg, sur un livret de Wolfgang Willaschek, le 27 février 1986.

Nicolas Farine, direction

Stephan Grögler, mise en scène

Véronique Seymat, costumes

Didier Henry, lumières

Avec

Elizabeth Bailey, Sophie

Armando Noguera, Hans

Nouvel Ensemble Contemporain LE NEC

Coproduction Jeune Opéra Compagnie, Arc en Scènes Théâtre Populaire Romand — La Chaux-de-Fonds
(Suisse). 
[Opéra en allemand avec surtitres en français]

Illustration: Photo d’époque de Sophie et Hans Scholl ; Elizabeth Bailey et Armando Noguera © Jef Rabillon 2013 pour Angers Nantes Opéra ; Udo Zimmermann (DR)

Comments are closed.