Tannhäuser, Wagner sur instruments d’époque

tannhauserTOURCOING. Wagner : Tannhäuser. JC Malgoire, les 2, 4 février 2016. Wagner sur instruments d’époque. Quel et le format original de l’orchestre wagnérien ? Quels en sont les caractères instrumentaux ? L’Atelier lyrique de Tourcoing poursuit sa quête des sonorités méconnues avec le souci d’approfondissement et de pertinence qui le caractérise : son fondateur Jean-Claude Malgoire repousse encore les frontières d’un geste audacieux, risqué, expérimental entre tous, modèle dans son genre : jouer Tannhäuser de Wagner, l’opéra romantique et gothique de Wagner sur instruments d’époque. Voilà des années qu’on en rêvait : aucun chef avant lui ne s’y était risqué. L’ouvrage dédié à la propre conception de l’artiste dans la société défendue par Wagner devrait y gagner une nouvelle expressivité, une cohérence renforcée où l’orchestre, l’équilibre voix / fosse, le jeu des timbres et l’orchestration même de la partition devraient être éclairés différemment. La ciselure et la caractérisation instrumentale plutôt que la puissance sonore : ne serait ce pas cela le nouveau défi de Wagner pour les années à venir… On se souvient que même Karajan dans son légendaire enregistrement de la Tétralogie prônait une lecture chambriste, aux équilibres ténus, favorisant des chanteurs diseurs, et non pas “haut-parleurs”. Qu’en sera-t-il à Tourcoing les 2 et 4 février 2016 prochains ? D’autant que dans le rôle titre, un chanteur connu se prête à l’exercice, fidèle partenaire de Malgoire et pour lui grand baryton articulé, halluciné, expressif (hier superbe narrateur du Combt de Tancrède de Monteverdi) : Nicolas Rivenq… Pour Jean-Claude Malgoire, il s’agit de retrouver le choc esthétique éprouvé par les parisiens quand ils découvrirent l’opéra de Wagner dans son jus, suscitant alors, une nouvelle passion musicale dont Baudelaire, chantre du wagnérisme européen, allait devenir le porte parole avec le lyrisme poétique que l’on sait.

boutonreservationTannhäuser de Wagner à Tourcoing
Richard Wagner (1813-1883) : Tannhäuser
en version de concert
Tourcoing (Théâtre Municipal), 
les 2 et 4 février 2016 à 20h

Tannhäuser : Nicolas Rivenq
Elisabeth
: Axelle Fanyo,
Vénus
: Juliette Raffin-Gay,
Wolfram : Alain Buet,
Landgrave
: Geoffroy Buffière,
le berger
: Liliana Faraon
Choeur Régional Nord-Pas de Calais

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Jean Claude Malgoire,
Conception visuelle et scénographie : Jacky Lautem

Réservation, renseignements : 03 20 70 66 66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

malgoire_jean_claudeWagner sur instruments d’origine. Jean-Claude Malgoire a toujours eu unt emps d’avance sur ses contemporains… Qui ose aujourd’hui rétablir le format originel de l’orchestre wagnérien, avec les timbres d’époque ? Voilà un nouveau tabou qui s’effondre : et si Wagner pouvait rimer avec subtilité et finesse chambriste plutôt vocifération et grosse caisse ? A Tourcoing (Théâtre Municipal), les 2 et 4 février 2016 à 20h, Tannhäuser de Wagner, concert vision dirigé par Jean Claude Malgoire est l’un des temps forts de la saison 2015-2016 de l’Atelier lyrique. Le travail de recherche piloté par Jean-Claude Malgoire permet d’entendre l’oeuvre avec les instruments d’origine, telle que le Maître allemand l’avait proposée aux parisiens, bouleversant les codes et provoquant un véritable choc esthétique. Afin de profiter pleinement et de plonger dans cet univers particulier, un dispositif vidéo est mis en place par Jacky Lautem. Qu’apporte véritablement l’image vidéo à la performance des musiciens ? Réponse les 2 et 4 février 2016 à Tourcoing. Version incontournable pour qui aime Wagner ou s’intéresse depuis ses débuts à l’aventure lyrique défendue par Jean-Claude Magoire à Tourcoing. Wagner a plusieurs fois présenté au public parisien des extraits choisis de ses opéras afin de le familiariser avec sa musique,  « moderne » pour l’époque, et de ce fait parfois déroutante pour ses auditeurs. Ce fut le cas en 1860 au Théâtre-Italien où il donna trois concerts. Baudelaire assista à l’un d’eux. Il y entendit notamment l’ouverture de Tannhäuser. En 1861, la Princesse de Metternich, ayant vu l’oeuvre complète à Dresde, insista auprès de Napoléon III pour qu’elle soit montée à l’Opéra de Paris. A cette occasion, Wagner introduit un ballet, une bacchanale, dès la première scène  où Vénus tente toujours d’ensorceler le jeune poète et chanteur Tannhäuser grâce aux plaisirs voluptueux qu’elle lui réserve. Les larges extraits de Tannhäuser que Jean Claude Malgoire a choisi sont tirés de la version de Paris qui se chante maintenant dans la langue de Goethe, car Wagner fut très mécontent de la traduction en français, en vers comme on l’exigeait à l’époque pour l’opéra. Pour remonter ce Tannhäuser historique, l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose une manière concert vision, qui illustre aussi par la projection vidéo et en musique les personnages principaux de l’opéra qui  suscita la source du wagénrisme en France et en Europe : Tannhäuser, son ami Wolfram von Eschenbach (qui aime en secret Elisabeth), Elisabeth (l’aimée de Tannhäseur dont la mort sacrificielle permet au héros d’être sauvé)… Mais les instrumentistes de La Grande écurie et la Chambre du Roy, souhaite faire entendre, grâce aux instruments utilisés par Wagner en 1860, la musique telle que l’ont entendue les oreilles de l’époque. Une version respectant le charme et la vraie balance car l’orchestre d’alors produisait nettement moins de bruit que les grands effectifs d’aujourd’hui destiné il est vrai à des salles plus grandes.

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