VIVALDI à TOURCOING et PARIS : JC Malgoire dirige l’Orlando Furioso

malgoire_jean_claudeTOURCOING, ALT. Vivaldi : Orlando Furioso, 31 mars – 19 avril 2017. Dans le nord puis à Paris, Jean-Claude Magloire ressuscite la fièvre fantastique du théâtre inspiré de L’Arioste. Au chapitre Vivaldi, l’histoire musicale et critique s’intéresse désormais à son oeuvre lyrique. L’auteur des Quatre Saisons savait aussi colorer et exprimer à l’opéra, et son orchestre comme sa conception théâtrale affirme un tempérament unique à son époque, une manière de résistance, face au début du XVIIIè à l’essor de l’école napolitaine. Or Venise ayant créé au XVIIè, l’opéra public et payant (1637), malgré l’excellence de son déploiement avec Monteverdi, Caldara, Legrenzi, Cavalli, Cesti et au XVIIIè, Vivaldi, n’a pas su se maintenir. L’Orlando Furioso créé en 1727, serait ainsi l’un des derniers ouvrages manifestement vénitien, le plus abouti, le plus emblématique.

L-ARIOSTE-portrait-larioste-titienOPERA CHEVALERESQUE ET MAGIQUE. Créé à l’automne 1727 au Théâtre Sant’Angelo à Venise, Orlando furioso cultive un bel canto expressif où règne l’esthétique des voix aigus : Orlando / Roland éprouvé sur l’île de la magicienne Alcina, est chanté par une femme, tandis que Bradamante, la fiancée de Roland, déguisé en homme, est donc chanté par un… homme. Sur le chemin de L’Arioste et de son labyrinthe amoureux, Vivaldi compose une série d’épisodes de plus en plus possédés, éruptifs, hallucinés : l’amour est une folie, et le désir, une houle acide, amère qui foudroie tous ceux qui le portent malgré eux. Avant Shakespeare, L’Arioste (magnifique portrait par Titien) dépeint les tourments et les vertiges de l’âme humaine. Ici, les fureurs de Roland sont l’emblème de ce théâtre en déraison et en délire. Certes il est bien question de chevaliers et de paladins en armure, mais leur véritable adversaire n’est pas l’ennemi sur le champs de bataille, c’est plutôt l’amour vengeur et cruel dont la barbarie épuise les forces de l’esprit.
larioste titienAinsi cet échiquier sentimental où dans le territoire de la magicienne Alcina, errent les chevaliers Orlando et Medoro : le premier aime la princesse Angelica qui aime de son côté le dit Medoro. Découvrant la passion secrête unissant Medoro et Angelica, Orlando succombe à la jalouse haine, en proie au délire le plus violent. En parallèle, la magicienne Alcina envoûte Ruggiero, qui oublie auprès d’elle sa bien aimée, Bradamante. Jusqu’au dénouement, l’opéra de Vivaldi brosse le portrait de personnages solitaires, démunis, en souffrance (Orlando, Ruggiero, Bradamante), ou agressés, éprouvés par un sort contraire (Angelica et Medoro). Même celle qui semble tirer les ficelles, n’éblouit guère par son bonheur : Alcina est une souveraine esseulée qui obtient tout par manigances et magie. La sincérité n’habite pas ses lieux. Orlando / Roland est un mélancolique dépressif, chevalier fou, chevalier errant… Il y a quelques années dans une distribution où a brillé le mezzo voire l’alto ample et noir de Marie-Nicole Lemieux, le chef Christophe Spinozi et son ensemble Matheus se sont imposé sur de nombreuses scènes du monde avec l’opéra vivaldien. vivaldi antonio quatre saisons orlando furioso 1725Aujourd’hui, c’est un père fondateur du mouvement baroqueux qui reprend le flambeau, avec une énergie intacte, communicative. Dans le théâtre fantastique, merveilleux, inspiré par la poésie de L’Arioste, adviennent des figures en perdition, toujours en quête d’une improbable rémission. Opéra psychologique que vraiment dramatique et spectaculaire. Production événement. (Illustration : portrait de L’Arioste par Titien / Tiziano)

 

 

ORLANDO FURIOSO d’Antonio Vivaldiboutonreservation
Malgoire / Schiaretti
ven 31 mars 2017 à 19h30
dim 2 avril 2017 à 15h30
mar 4 avril 2017 à 19h30
Tourcoing, Théâtre municipal R. Devos

Puis, à PARIS, TCE
Théâtre des Champs-Elysées
Mercredi 19 avril 2017, 19h30
version de concert

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/16_17/spect1617/orlando.html

________________________

Orlando furioso
Antonio Vivaldi (1678-1741)Livret de Grazio Braccioli d’après L’Arioste
Direction musicale: Jean Claude Malgoire
Mise en scène: Christian Schiaretti

Orlando: Amaya Dominguez
Angelica: Samantha Louis-Jean
Alcina: Clémence Tilquin
Bradamante: Yann Rolland
Medoro: Victor Jimenez Diaz
Ruggiero: Jean Michel Fumas
Astolfo: Nicolas Rivenq

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

Comments are closed.