VERSAILLES. Proserpine de Saint-Saëns à l’Opéra royal

Proserpine angiola saint saens waterhouse presentation opera classiquenews waterhouse_hylas_and_the_nymphs_study02VERSAILLES, Proserpine de Saint-Saëns. Le 11 octobre 2016. Versailles accueille une recréation lyrique du romantisme français tardif… Révélation lyrique probable sous les ors de l’Opéra royal de Versailles. Crée à l’Opéra-Comique le 14 mars 1887, Proserpine reste une partition méconnue qui précise la relation de Saint-Saëns à Wagner, lequel référence absolue pour tout compositeur français à partir des années 1870, est cité dans la correspondance du musicien français. De fait, l’écriture y est l’une de plus modernes et audacieuses du Saint-Saëns quinquagénaire, qui use et abuse de dissonances et de fureur dans un orchestre déchainé, véhément, syncopé. La Proserpine dont il s’agit n’est pas la beauté irrésistible, fille de Cérès, convoitée par Hadès/Pluton… les amateurs d’Antiquité qui croyait au Saint-Saëns défenseur et admirateur de la mythologie seront déçus : cette Proserpine est courtisane à la Renaissance, prêtresse suave et païennne, pour laquelle l’amour est un gouffre de torture et de souffrance, en proie aux délices infernales servis par Satan, quand Angiola est « innocence, candeur, incarnation de l’amour pur et virginal ». Amour chaste et tranquille (ennuyeux), amour passionnel (et venimeux). D’un côté, paix, sérénité, accomplissement muet ; de l’autre, passion et contorsions. Le contraste qui s’en dégage, l’opposition des caractères Angiola et Proserpine qui en découle, offre à Saint-Saëns un formidable vivier de possibilités expressives. Si le plateau réunit pour cette recréation reste prometteur (Véronique Gens, habituée aux rôles dignes et nobles incarne la furie Proserpine), on s’étonne qu’aujourd’hui, ce soit encore un orchestre sur instruments modernes qui défende la partition. Le Saint-Saëns désireux de se confronter à Wagner réalise ici une surenchère d’effets de timbres dans une orchestration riche et raffinée : l’écriture aurait méritée évidemment le format et le caractère spécifique des instruments d’époque ; d’autant qu’en France, les orchestres de ce genre ne manquent pas et certains même, comme l’excellent JOA, réalisent de façon exemplaire, toute une démarche pédagogique et de perfectionnement pour les jeunes instrumentistes… L’orchestre de Saint-Saëns, son écriture spécifique, la couleur et la texture qu’il cultive, méritent mieux.

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Proserpine
Drame lyrique en 4 actes sur un livret de Louis Gallet.
Créé à Paris le 14 mars 1887 au théâtre national de l’Opéra-Comique.

Véronique Gens, Proserpine
Marie-Adeline Henry, Angiola
Frédéric Antoun, Sabatino
Andrew Foster-Williams, Squarocca
Jean Teitgen, Renzo
Mathias Vidal, Orlando
Philippe-Nicolas Martin, Ercole
Artavazd Sargsyan, Filippo / Gil
Clémence Tilquin, Une Religieuse

Münchner Rundfunkorchester / Orchestre de la Radio de Münich
Chœur de la Radio Flamande
Ulf Schirmer, direction

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