Verdi: Un bal masqué, 1859. Jean-Yves OssonceOpéra de Tours, les 8, 10, 12 mars 2013


Giuseppe Verdi


Un bal Masqué

Tours, Opéra
Les 8, 10 et 12 mars 2013

Après Rigoletto (octobre 2012) et un somptueux et fort Macbeth (déjà mis en scène par Gilles Bouillon, en mai 2012), l’Opéra de Tours et Jean-Yves Ossonce poursuivent leur cycle Verdi, célébrant à raisons le génie dramatique du compositeur italien dont 2013 marque le bicentenaire de la naissance (1813).

Avec Un Bal Masqué, Verdi offre son offrande au thème de l’amour pur, passionné, idyllique. Sur le livret de Scribe (avec lequel il vient de composer Les Vêpres Siciliennes) Verdi choisit après Hernani et Ruy Blas, un nouveau drame Hugolien: Le Roi S’amuse qui lui permet de traiter le genre historique à travers l’assassinat du souverain suédois Gustave III en 1792, poignardé en plein bal masqué. Le masque, le bal, les conspirateurs… tout est déjà réuni pour composer une manière de tragédie lyrique dans laquelle s’invite le pur amour entre le souverain et l’épouse de son meilleur ami… Scribe avait inventé de toute pièce cette intrigue sentimentale destinée à humaniser le drame. Auber et Mercadante avant Verdi se passionnent pour le sujet.

Mais la censure à l’époque de Verdi empêche que soit représenté un régicide sur les planches. L’action est donc modifiée, transportée au XVIIè dans le nouveau Monde, à Boston précisément où Riccardo, le gouverneur aime Amelia, l’épouse de son meilleur ami, Renato.
Même s’il renonce à cet amour impossible, Riccardo se laisse influencer par son dynamique page Oscar (un page pour un gouverneur: la censure qui dénature le propos originel de Verdi, ne craint pas de produire des invraisemblances !), lequel le conduit jusqu’à son destin fatal. Entre temps, Verdi ajoute une scène de sorcellerie (quand Riccardo visite le sorcière Ulrica dont les vociférations démoniaques approchent celle d’Azucena dans Le Trouvère) en un tableau surnaturel et fantastique qui rappelle aussi ce frisson shakespearien dont raffolait Verdi dans Macbeth… Surgit alors Amelia venue obtenir d’Ulrica un philtre de désamour, pour se libérer de son attirance pour Riccardo… Verdi place ensuite le plus beau duo amoureux jamais écrit (entre les deux cœurs épris) avant de développer une nouvelle scène de terreur et d’effroi fantastique quand Amelia erre dans la plaine pour cueillir l’herbe de son désenchantement…

Les genres poétiques se trouvent ici mêlés : fantastique, tragique, pathétique. Verdi sait tendre les relations triples entre le ténor, la soprano et le baryton (Riccardo,Amelia,Renato). Chacun excelle dans le portrait de trois individualités ardentes et toujours durement éprouvées. Destiné par contrat au San Carlo de Naples, Un bal masqué est créé à Rome (Teatro Appolo), le 17 février 1859.

Jean-Yves Ossonce, direction
Gilles Bouillon, mise en scène

Avec Leonardo Caimi (Riccardo); Lianna Haroutounian (Amelia), Tassis Christoyanis (Renato); Claudia Marchi (Ulrica), Mélanie Boisvert (Oscar)… Orchestre Symphonique Région Centre Tours, chœur de l’Opéra de Tours

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