Tannhäuser français à Monte-Carlo

jose-cura-grl6MONTE CARLO, Opéra. 19-28 février 2017. Wagner : Tannhäuser, version française. Créée avec le scandale que l’on sait, Salle Le Peletier à Paris, le 13 mars 1861, Tannhäuser (en français) occupe l’affiche de l’Opéra de Monte Carlo, pour plus de 3 soirées (comme ce fut malheureusement le cas lors en 1861 : trop audacieuse, la partition de Wagner choqua irrémédiablement, avec pour satisfaire aux canons de l’idéal lyrique gaulois, le fameux ballet, ici positionné trop tôt, dès après l’ouverture : ballet d’un érotisme lascif écoeurant, « Bacchanale à Vénus » désormais célèbre, mais trop moderne qui suscita de violentes réactions auprès d’un public trop chauvin pour reconnaître les vertus de l’opéra germanique.

Opéra de Monte Carlo
José Cura, ténor, chante le Tannhäuser français

Si les critiques se montrent comme d’habitude incompétents et sans discernement sur la valeur aujourd’hui reconnue de l’oeuvre, les poètes et littérateurs moderniste comme Baudelaire, défendirent l’opus, fascinés par ses atmosphères envoûtantes, d’un irrésistible parfum vénéneux… le virus avait opéra et la wagnérisme au début des années 1860 allait prendre son essor en France. Sans omettre les sublimes gravures wagnériennes de Fantin-Latour, autre champion du wagnérisme romantique typiquement français. L’oeuvre originelle est créée à Dresde en 1845. Monte-Carlo en propose la version de la création sur le livret français de Charles Nuitter, alors directeur des archives de l’Opéra de Paris. Pour réaliser cette nouvelle production wagnérienne à Monaco, Jean-Louis Grinda, directeur de la salle monégasque, et metteur en scène de ce nouveau spectacle, a fait appel au ténor argentin José Cura, homme polyvalent, chanteur, chef et metteur en scène. Ailleurs, il assure désormais le tout en un, comme à Bonn, où il réalisera un Peter Grimm désormais très attendu. Mais à Monte-Carlo, c’est (une autre prise de fonction en quelque sorte:), Nathalie Stutzmann, ex contralto qui mènera l’orchestre et la production à la baguette…
Sur scène, l’engagement de l’interprète est bien connu, promettant une couleur habitée, incarnée, érotique pour le rôle-titre : Tannhäuser, poète favorisé par Vénus, est repu, et aspire à l’amour spirituel, tout en défendant dans la société une fonction de guide et de visionnaire. Richard Wagner comme Scriabine, se sentant investi d’une sincère utilité sociétale, souhaitait ouvrir les yeux de leur contemporain, en les abreuvant à la source de l’art, seule verité en ce monde tristement corrompu par le matérialisme petit bourgeois. Autres arguments pour cette production prometteuse : les excellents solistes Jean-François Lapointe (Wolfram de lux epour entre autre, la sublime Romance à l’étoile, tube de l’ouvrage) et la mezzo ample, suave, charnelle Aude Extremo (que classiquenews avait remarquée dans le rôle de Concepcion dans L’Heure Espagnole présentée à l’Opéra de Tours)…
Production majeure à ne pas manquer en février 2017.

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4 dates événements : les 19, 22, 25 et 28 février 2017
Avec José Cura, Nathalie Stutzmann (direction)
Jean-Louis Grinda, mise en scène

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