TOURCOING : les 7 Paroles du Christ (1787)

CHRIST-oratorio-concert-opera-haydn-critique-annonce-opera-classiquenewsTOURCOING, Dim 17 mars 2019. HAYDN : 7 dernières paroles du Christ. Mélodiste de génie, Joseph Haydn a composé plusieurs versions des 7 dernières paroles du Christ dont une pour quatuor à cordes, que l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose d’entendre, avec la complicité de 4 solistes familiers de la troupe : Maïlys de Villoutreys, Ambroisine Bré, Robert Getchell, Alain Buet et l’Académie Ste Cécile dirigée par Philippe Couvert.
La verve dramatique de Haydn est bien connue. L’inventeur du genre symphonique et du quatuor à cordes à Vienne, a aussi illuminé tous les genres liés au chant et au théâtre lyrique. Habile autant qu’inspiré, c’est à dire doué d’élégance comme de profondeur, Joseph Haydn a su aussi renouveler le genre sacré en proposant sa propre conception du drame intimiste sur un sujet tragique : les souffrances du Christ sur la croix. Sujet de déploration et de terreur, suscitant compassion et sublimation spirituelle, l’œuvre méritait un nouveau cadre formel, que le compositeur réalise en différents dispositifs, à Tourcoing, avec chanteurs, chœur et orchestre resserré.

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TOURCOINGboutonreservation
Église Saint-Christophe
Dimanche 17 mars 2019, 15h30
(durée 1h30)

Joseph Haydn (1732-1809)
LES SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX
Die Sieben Letzten Worte Unseres Erlösers Am Kreuze.
Hob XX-4

Version pour quatuor à cordes, quatuor de solistes vocaux, choeur mixte et orgue
Maïlys de Villoutreys, soprano
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional des Hauts de France
Académie Sainte Cécile en quatuor
(Philippe Couvert / violon I, Sandrine Naudy / violon II, Jean-Luc Thonnerieux / alto, Dominique Dujardin / violoncelle)
Philippe Couvert, direction

BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

TARIFS :
Plein 20€, réduit 16€, -28 ans 10€, -18ans 6€

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haydn joseph-crop-412x332ORATORIO CHAMBRISTE ET TRAGIQUE… La commande remonte à l’année 1786, quand il reçoit une importante commande venue de la Cathédrale de Cadix en Andalousie. Il s’agissait d’écrire une partition uniquement orchestrale destinée à illustrer les Sept dernières paroles du Christ pour un oratorio réalisé comme chaque année, durant le carême. Au final, les Sept Paroles furent destinées, non pas à la cathédrale de Cadix, mais à l’église de Santa Cueva, construite à l’intérieur d’une grotte (Vendredi Saint de 1787) : la représentation du Mystère, souffrance, mort et résurrection du Christ sont sublimés par le cadre naturel, où jouent l’ombre et la lumière, en un clair-obscur pictural digne du Caravage (mais que reprend l’admirable génie de Velasquez dans sa propre vision du Christ agonisant sur la croix, 1632. cf notre illustration).
Le cycle original comprend sept sonates avec une introduction et un tremblement de terre à la fin, pour grand orchestre. Les tempos sont lents, ils cultivent la méditation propre au genre de l’oratorio (en particulier du sepolcro, propre au XVIIè à Vienne) et préparent au coup de théâtre, le Terremoto final (tremblement de terre au moment de la mort du Christ). Le souci des tonalités, des thèmes, des rythmes régénère pendant toute leur succession, les 7 sonates ainsi enchaînées. Haydn composa ensuite, une version pour quatuor de solistes et quatuor à cordes. Intimiste et fulgurante, la version est à l’affiche de Tourcoing, ce 17 mars 2019. Concert événement.

COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. TOURCOING, le 7 fév 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Duffau, Tilquin, Boucher, …Olivier, Schiaretti.

titus-clemence-tourcoing-duffau-tilquin-boucher-mozart-critique-opera-trio-classiquenews-compte-rendu-critiqueCOMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. TOURCOING, le 7 fév 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Duffau, Tilquin, Boucher, …Olivier, Schiaretti. Tourcoing, fabrique lyrique unique. Presque un après la disparition de son fondateur Jean-Claude Malgoire (le 14 avril 2018), L’Atelier Lyrique poursuit très haut cette exigence salvatrice et magicienne qui réalise l’équation ténue du chant, de la musique, et du théâtre. Détenteur d’un secret fédérateur, Jean-Claude Malgoire comme nul autre, savait choisir les œuvres, les interprètes, surtout ses complices à la mise en scène : une intelligence globalisante unique qui a permis et permet encore aujourd’hui, de proposer des lectures toujours justes et fines des oeuvres du répertoire ou moins connues. Une vision et une façon de travailler qui font désormais la réputation de la ville de Tourcoing.

C’est assurément le cas de cette nouvelle production du dernier seria de Wolfgang, La Clémence de Titus (créée à Prague en septembre 1791). Inspiré de Racine (moins du sujet que de sa vision intimiste et psychologique) et d’abord du livret de Métastase, la partition témoigne du dernier Mozart, lequel avec son librettiste Mazzola, tout en répondant à une commande de circonstance (pour le couronnement de l’Empereur Leopold II), propose sa version du genre seria : épurée, franche, directe. En deux parties, l’action ne faiblit pas et musicalement produit des enchaînements fabuleux qui renforcent ce flux orchestral inédit, d’un souffle expressif nouveau – déjà développé dans son seria antérieur Idomeneo (n’écoutez que la succesion des airs finaux du I, depuis le fameux « Parto » de Sesto, au trio puis à l’incendie de Rome et au chÅ“ur funèbre qui pleure la mort supposée de l’Empereur….). Tout cela est d’un sang neuf, visionnaire même.

 
 
 

A Tourcoing, poursuite d’une excellence lyrique
TITUS ou l’opéra du cœur

 

 

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Ici, un vrai travail d’équipe éclaire dans l’opéra politique de Mozart, sa force émotionnelle qui distingue les personnalités clés de Titus et Vitellia… Le chef Emmanuel Olivier qui a travaillé avec Jean-Claude Malgoire, prolonge l’esprit de troupe et cette implication collective qui continue de distinguer Tourcoing des autres foyers de création lyrique. La direction est vive, imaginative, au diapason d’une partition affûtée dont il sait souligner la force dramatique (malgré les idées fausses distillées contre elle). Le brio et la sensualité sombre des airs avec la clarinette d’amour (ou clarinette de basset), pour l’air précité de Sesto : « Parto » au I ; ou avec le cor de basset pour l’air capital de Vitellia « Non più di fiori »), l’acuité des timbres instrumentaux, l’allant des cordes (dès l’ouverture), et chaque final (avec chœur) … au dessin à la fois claire et puisant, accréditent une direction que n’aurait pas renié Malgoire lui-même.
D’autant que Titus était son opéra préféré. On peut déduire que le choix du maestro défunt quant au metteur en scène, était lui aussi capital. La présence de Christian Schiaretti est évidente ; les deux hommes ont travaillé à Tourcoing pour 12 productions, dont un somptueux Pelléas créé en 2015, repris à Tourcoing en 2018 ; cette Clémence aurait du être leur 13è. S’y cristallise le vœu esthétique de Malgoire : la fusion parfaite du théâtre et de la musique ; l’un et l’autre ne tirant jamais la couverture à soi, surtout pas au détriment de l’autre. De sorte que sur scène, se déploie une action lyrique produite comme une pièce de théâtre (économie et lisibilité discrète des décors / peut-être davantage de lumière parfois aurait été profitable, en particulier pour éclairer le relief mordant et essentiel ici des récitatifs, parmi les mieux écrits des opéras mozartiens ; qu’ils aient été pour partie écrits par son élève Süsmayer…). Qu’importe l’œil du compositeur a veillé à la cohérence dramatique, à la force de l’architecture globale, à la violence des passions qui s’affrontent, révélant comme toujours chez Mozart, la vérité des âmes, et la sincérité des cœurs.
Conçue comme un théâtre simplifié, presque symbolique (Le serment des Horaces de David n’est pas loin), la scène lyrique prend souvent des airs de bas-relief antique dont le diamant synthétique du texte, l’intensité émotionnelle des airs accrochent l’écoute par leur justesse et leur vérité.

 

 

 

 

 

LES CHANTEURS… Piliers de la distribution, trois voix se distinguent nettement. La vaillance du ténor Jérémy Duffau dans le rôle-titre fait mouche. On lui reprocherait certaines notes mal négociées ou des aigus parfois tendus… n’empêche, la franchise de l’émission et l’intonation globale crédibilisent son incarnation, une réalisation solide d’un empereur tiraillé entre devoir et affection (pour Sesto, voire davantage), en proie à l’inflexibilité mais au final, porté par cet idéal des Lumières qui en fait un Prince vertueux et… clément. S’il sait pardonner à ceux qui ont intrigué pour sa mort, Sesto et Vitellia, Titus sait aussi les tenir fermement, les obligeant à un vœu de loyauté s’ils veulent désormais conserver la vie. Cette tension politique est bien présente, idéalement incarnée par la posture du ténor.

 

 

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 Marc Boucher (Publius)

 

 

Double discret et permanent, à la silhouette d’acteur très aboutie, à la fois souple et investie, le Publio du baryton Marc Boucher soigne les nuances de son personnage dont il fait le garant coûte que coûte de l’autorité impériale. En lui s’affirme malgré les avatars et péripéties de l’action, une conscience politique et morale imperturbable, de surcroît dotée surtout d’une clairvoyance exceptionnelle : c’est lui qui révèle au détour d’une tirade (II) que la relation entre Titus et Sesto serait de nature amoureuse… Le chanteur, ailleurs très fin diseur (il poursuit l’enregistrement de mélodies françaises, travail à long terme et d’un apport majeur, hier dédié à Fauré, prochainement à Massenet). La couleur du timbre est superbe (il fut cet été à Québec un Golaud embrasé) et par son seul air (au II décidément), le baryton canadien, ciselant le métal argenté de ses récitatifs, apporte une épaisseur remarquable au rôle qui assoit aussi harmoniquement les ensembles auxquels il participe.

 
 

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Marc Boucher (Publio) et Jérémy Duffau (Titus)

  

 

Enfin, torche vivante et palpitante qui fait de Titus un opéra du cÅ“ur avant d’être un manifeste politique, la soprano suisse Clémence Tilquin illumine les planches par l’intelligence captivante de sa Vitellia : aussi haineuse, infecte, manipulatrice au I (envoûtant Sesto jusqu’à en faire l’assassin de l’Empereur), que ravagée par la culpabilité de son intrigue criminelle au II, – hyène détruite, véritablement terrassée par une triple prise de conscience : celle du meurtre qu’elle a piloté (contre Titus), celle de la trahison à Sesto (exploitant l’amour de ce dernier dont elle n’avait pas su mesurer jusque là  la puissance ni la sincérité), enfin celle de sa propre lâcheté qui lui inspirent alors dans son air essentiel « Non più di fiori », le sentiment de sa mort. Il est vrai que le jeu tout en simplicité et profondeur onirique du clarinettiste Lorenzo Coppola (jouant alors du cor de basset à l’exotisme lugubre et glaçant) renforce l’impact ahurissant de cet air qui bien qu’il ait été recyclé dans l’opéra, fonctionne à merveille, faisant de Vitellia, le personnage clé de la partition par cette sublime métamorphose (l’intrigante est saisie par une humanité inconnue qui la dépasse soudainement). Une passionnante prise de rôle qui confirme les vertus dramatiques et vocales de la jeune soprano, déjà remarquée par CLASSIQUENEWS pour son interprétation du rôle de Colombe dans Ascanio de Saint-Saëns, opéra révélé en 2018 par le chef Guillaume Tourniaire (CLIC de classiquenews d’octobre 2018).

 

 

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Amaya Dominguez (Sesto) et Clémence Tilquin (Vitellia)

  

 

Théâtrale et intimiste, d’une épure et lisibilité affûtée, bien dans l’esprit de l’écriture mozartienne, cette nouvelle production de La Clémence de Titus prolonge la leçon de Jean-Claude Malgoire. La continuité est donc assurée à Tourcoing. Une « aventure » qui se poursuit et comptera un nouveau volet passionnant du 17 au 21 mai prochains avec la burletta d’une ineffable finesse, L’Occasione fa il ladro de Rossini, autre production choisie par Jean-Claude Malgoire, et dirigée également par Emmanuel Olivier (avec les mêmes Jérémy Duffau et Clémence Tilquin)… A suivre.

  

  
  
 

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COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. TOURCOING, le 7 fév 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Duffau, Tilquin, Boucher, …Olivier, Schiaretti.

Wolfgang Amadeus Mozart : La Clémence de Titus (1791)
Opéra en deux actes – Livret de Caterino Mazzola d’après Pietro Metastasio

Tito: Jérémy Duffau, ténor
Vitellia: Clémence  Tilquin, soprano
Sesto: Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio: Ambroisine Bré, soprano
Servilia: Juliette Raffin Gay, soprano
Publio: Marc Boucher, baryton-basse

ChÅ“ur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier
Mise en scène : Christian Schiaretti

 

 

 

 

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Approfondir
LIRE nos dossiers dédiés au dernier seria de Mozart La Clémence de Titus de Mozart
http://www.classiquenews.com/tag/la-clemence-de-titus/

 

 

VOIR notre reportage vidéo de la production de Pelléas et Mélisande par le duo Schiaretti et Malgoire, créée en 2015, reprise à Tourcoing en mars 2018 pour le centenaire Debussy

 

TOURCOING. La Clémence de Titus, ce soir, mardi 5, puis jeudi 7 fév 2019

titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentationTOURCOING. La Clémence de Titus, ce soir et jeudi 7 fév 2019. Encore 2 soirées pour La Clémence de Titus, dernier opéra seria de Mozart (1791), au verbe ciselé, porté par un orchestre incandescent (l’incendie du Capitole)… L’empereur Titus fait l’expérience amère de la trahison et de la solitude, mais sait pardonner à tous ceux qui l’ont trahi ; sa clémence devient l’emblème du politique vertueux. L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit son exploration de l’opéra mozartien avec l’engagement que l’on sait. Avant de mourir Mozart nous laisse un message de fraternité éloquente à travers l’exemple de l’empereur Titus, homme loyal et moralement admirable qui fut «  le délice du genre humain »… Nouvelle production événement. Ce soir, mardi 5 février 2019, 20h, puis dernière jeudi 7 février 2019, 20h, Théâtre Municipal Raymond Devos

 

INFOS, présentation & RESERVATIONS
http://www.classiquenews.com/tourcoing-mozart-la-clemence-de-titus-par-latelier-lyrique-3-7-fevrier-2019/

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Publio et Titus (Marc Boucher / Jérémy Duffau) / Photo : Atelier Lyrique de Tourcoing 2019

 


Tito / Titus : Jérémy Duffau, ténor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

Chœur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scène : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

 

TOURCOING, La Clémence de Titus par l’Atelier Lyrique de Tourcoing

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 février 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Créé au Théâtre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino Mazzolà d’après Pietro Metastasio, l’opéra « La Clémence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandé l’année de sa mort, pour le couronnement de Léopold II sacré roi de Bohème. L’œuvre de circonstance devient par le génie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mésestimé, et qui illustre l’idéal du politique vertueux, une vision influencée par l’esprit des Lumières, Leopold, alors qu’il était Grand-Duc de Toscane, décide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le métier de son autre chef d’oeuvre, la Flûte enchantée, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La Flûte, mais le théâtre destinataire (l’opéra de Prague) a été construit pour produire des opéras italiens (il y a créé Don Giovanni).
Mozart imagine à Rome, Titus, vertueux, est promis à Bérénice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes…). Or dans la capitale impériale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nœud passionnel et politique, Titus révèle sa valeur : la responsabilité, la justice, la clémence. A son contact, même la perfide et haineuse Vitellia se transforme et évolue. En associant émotion, sentiment et devoir, Mozart réalise un sommet de l’inspiration seria. La Clémence de Titus est un opéra à réévaluer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthèse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (où l’intrigante bascule en une révélation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour écrire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximité avec son frère de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste… il a inventé la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mène à la scène finale, éloquente manifestation des vertus du pouvoir : la clémence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner à tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondément fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dès 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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Tito / Titus : Jérémy Duffau, ténor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

Chœur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scène : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentation

 

 

TOURCOING. Nouvelle Clémence de Titus par l’Atelier Lyrique

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 février 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Créé au Théâtre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino Mazzolà d’après Pietro Metastasio, l’opéra « La Clémence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandé l’année de sa mort, pour le couronnement de Léopold II sacré roi de Bohème. L’œuvre de circonstance devient par le génie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mésestimé, et qui illustre l’idéal du politique vertueux, une vision influencée par l’esprit des Lumières, Leopold, alors qu’il était Grand-Duc de Toscane, décide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le métier de son autre chef d’oeuvre, la Flûte enchantée, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La Flûte, mais le théâtre destinataire (l’opéra de Prague) a été construit pour produire des opéras italiens (il y a créé Don Giovanni).
Mozart imagine à Rome, Titus, vertueux, est promis à Bérénice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes…). Or dans la capitale impériale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nœud passionnel et politique, Titus révèle sa valeur : la responsabilité, la justice, la clémence. A son contact, même la perfide et haineuse Vitellia se transforme et évolue. En associant émotion, sentiment et devoir, Mozart réalise un sommet de l’inspiration seria. La Clémence de Titus est un opéra à réévaluer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthèse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (où l’intrigante bascule en une révélation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour écrire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximité avec son frère de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste… il a inventé la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mène à la scène finale, éloquente manifestation des vertus du pouvoir : la clémence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner à tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondément fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dès 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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Tito / Titus : Jérémy Duffau, ténor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

Chœur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scène : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentation

La Résurrection de NEUKOMM, Le Couronnement de MOZART

COURONNEMENT et RÉSURRECTION à TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme réjouissant, célébratif, et d’une rare élégance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumière et d’une certitude à toute épreuve : composée en 1779, elle fait partie des partitions sacrées avec le Requiem (lui inachevé) que Mozart nous laisse en héritage, – emblèmes de son étonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la Résurrection de Neukomm qui fut le grand défenseur de Mozart après sa mort (en 1791donc), et le créateur de nombre de ses Å“uvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au Brésil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXè romantique …

 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement célèbre la consécration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de Bohème, qui eut lieu à Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tôt en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maître de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe témoigne de la maturité de Wolfgang au début des années 1780 – ampleur de la conception esthétique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dévolu à l’orchestre ; Mozart est passé par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le début du solo de soprano préfigure déjà la mélancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opéra Les Noces de Figaro, écrit 7 ans plus tard.

 

 

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa Résurrection de Sigismund Neukomm est une création mondiale car jamais jouée en France. Elle a été créée à Londres en 1828, et jouée une seule fois avec 3 solistes, un chœur, suivant le même plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (écrit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliée de Neukomm, a été créée au Québec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus déploie une imagination entre Mozart et Weber, mêlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs séquences l’opéra romantique allemand à l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regretté Jean Claude Malgoire qui s’est efforcé il y a longtemps déjà, de raviver la mémoire de Neukomm, français d’adoption né à Salzbourg, élève de Michael et Joseph Haydn, compositeur de près de 2000 œuvres pour la plupart conservées à la Bibliothèque Nationale de France… C’est d’ailleurs à la BNF que JC Malgoire le défricheur, jamais en reste d’une pépite oubliée, a découvert la partition de La Résurrection.

Le concert répond à la demande du Château de Versailles qui est  demeuré sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI a été donnée à la Chapelle Royale. Dans La Résurrection, même prééminence dévolue au chœur, qui commente ce qui est évoqué par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’œuvres de Neukomm. Révélation à suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La Résurrection

 

 

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théâtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 à 16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

d̬s 8 ans Р1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevé d’écrire à Paris le 29 décembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

Chœur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (Québec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La Résurection, récréation). Temps fort de la 8è édition du Festival CLASSICA au Québec, le concert « fermé », dans l’église très élégante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait être dirigé par le chef Jean-Claude Malgoire, décédé brutalement en avril dernier, si grand artiste passionné par le défrichement et qui continue de marquer la redécouverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait déjà la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevée par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermétique aux excès expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutôt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au Brésil (lors d’un fameux séjour transatlantique réalisé de 1816 à 1821 : la célèbre mission française au Brésil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut élève de Michael Haydn, avant de servir à Vienne, son frère Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son métier, partageant avec le concepteur de la Création (1799), ce goût pour le travail élégant, mesuré, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven révolutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goût et l’esprit des Lumières avec un équilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intégralité

 

  

  

 

TOURCOING : nouveau FIDELIO de BEETHOVEN

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOURCOING, 7, 9 déc 2018. BEETHOVEN : FIDELIO. Tourcoing à l’heure du romantisme allemand… S’il a composé plusieurs musiques de scène, Fidelio est l’unique opéra de Beethoven. Célèbre et déjà estimé comme le prophète de la musique virile et moderne, Ludwig en écrit 3 versions. La première en 1805 comportait 3 actes, la deuxième en 1806 n’en comportait que 2. La troisième version créée le 23 mai 1814 à Vienne, a été représentée en France, à Paris à l’Odéon en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevé dans les versions précédentes. D’ailleurs, il n’était pas tout à fait prêt pour la première et il a continué à l’améliorer pour les dates suivantes !

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS

Le succès n’a fait qu’augmenter au fur et à mesure des représentations. Révolutionnaire, Beethoven transmet dans cet opéra sa passion pour la liberté, au point d’assurer aujourd’hui à l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opéra de la liberté contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est lapaix armée, prête à en découdre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libérer de sa prison son époux incarcéré, Florestan.
Beethoven_Hornemann-500-carreLa version que présente l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing, est celle souhaitée par Jean-Claude Malgoire (qui nous a quitté en avril dernier), soit celle de 1814, en version concert, comme toujours sur instruments d’origine et avec un casting idéalement choisi : les spectateurs retrouvent ainsi le ténor Donald Litaker, pour qui Florestan n’a plus vraiment de secret ! Parmi les fidèles interprètes : Véronique Gens (pour la première fois incarnant le rôle-titre), mais aussi Alain Buet (Pelléas et Mélisande, Voyage d’hiver en novembre 2018 qui chante donc l’infâme et diabolique Pizzaro) et Nicolas Rivenq (Don Giovanni, Tannhäuser : Fernando). Jérémy Duffau et Luigi De Donato ont également déjà été entendus sur nos planches. Chaque année, l’ALT accueille aussi de jeunes chanteurs et pour ce chef d’œuvre, c’est une élève d’Alain Buet : Marie Perbost (Marcellina).

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FIDELIO à TOURCOINGboutonreservation
TOURCOING Théâtre Municipal R. Devos
Vendredi 7 d̩cembre 2018 Р20h
Dimanche 9 d̩cembre 2018 Р15h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/fidelio/

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distribution :
Direction musicale : Nicolas Kruger
Scénographie : Jacky Lautem

Leonore / Fidelio : Véronique Gens, soprano
Florestan : Donald Litaker, ténor
Rocco : Luigi de Donato, basse
Marcellina: Marie Perbost, soprano
Jaquino: Jérémy Duffau, ténor
Don Pizzaro: Alain Buet, baryton-basse
Don Fernando: Nicolas Rivenq, baryton


Chœur Régional des Hauts de France
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

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L’HISTOIRE À Séville, Leonore se travestit en Fidelio pour tenter de sauver son mari Florestan, prétendu mort, mais retenu prisonnier par Pizzaro le gouverneur de la prison et son geôlier Rocco.

TOURCOING, Conservatoire : Le Voyage d’hiver de Schubert

TOURCOING, Conservatoire : Le Voyage d’hiver de Schubert, le 25 nov 2018, 15h30. Le baryton Alain Buet chante le cycle de lieder Le Voyage d’hiver de Franz Schubert. Immersion superlative dans l’imaginaire tendre, intime, mélancolique aussi du compositeur viennois disparu en 1828.

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Franz Schubert est l’un des plus grands compositeurs romantiques. Son œuvre énorme englobe tous les domaines, le concerto excepté. Avec « Marguerite au rouet » d’après Goethe, qu’il écrit à l’âge de 17 ans, il est le créateur du lied romantique : la voix et un accompagnement expressif au piano reproduisent en une miniature pleine de vie l’état d’âme du poète au moment où il composa. Il utilise les formes symphoniques du clacissisme, mais les amplifie à la fois par le développement et l’expression romantique. Une richesse mélodique inépuisable qui fait souvent penser à Mozart, une technique de composition favorable aux grands développements, une harmonie riche en modulations : telles sont les caractéristiques de son œuvre. Schubert offre l’exemple parfait d’une sensibilité romantique qui s’exprime sans détour.

 

 

Un certain regard — Alain Buet (baryton) / LE POINT DE VUE DE L’INTERPRETE

schubert-franz-schubertiade-concert-annonce-par-classiquenews« Le « Winterreise » ou « Voyage d’hiver » de Franz Schubert pour voix et piano sur les poèmes de Wilhelm Müller composé en 1827 est un pur chef-d’œuvre musical romantique qui a largement contribué à me donner l’envie de m’engager sur la voie du chant. Il m’a fallu une bonne quinzaine d’années de réflexion avant de m’attaquer à ces 24 lieder comme un alpiniste fasciné, paralysé et attiré par la magie d’une montagne.

Le choix du pianiste est d’une grande importance, selon le compagnon, le voyage sera toujours différent ; il est en quelque sorte un premier de cordée puisque Schubert a fait commencer tous les chants (lieder) du cycle par un prélude pianistique, les mots du chanteur devant suivre la voie ouverte et fusionner avec la musique pure. David Violi est un magnifique pianiste/poète avec lequel j’ai hâte de partager cette aventure pour Jean-Claude Malgoire et le public de Tourcoing.

Les textes de Wilhelm Müller expriment les souffrances causées par la perte de l’être aimé au travers des 24 poèmes qui sont 24 états de l’âme d’un homme en perdition dans le froid de l’hiver. Comment ne pas penser aux sans-abris, aux migrants, aux réfugiés, aux exilés de notre temps auxquels nous dédierons ce concert. » Alain Buet (baryton).

 

 

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Le Voyage d’hiver de Schubert
Dim 25 nov 2018, 15h30
TOURCOING, Conservatoire

Alain Buet, baryton
David Violi, piano
Winterreise, 24 lieder pour piano et voix (1827)

Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise / 24 lieder pour piano et voix, composé en 1827 sur des poèmes de Wilhelm Müller

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sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

TOURCOING : Philippe Jaroussky chante Les Nuits d’été

malgoire_jean_claudeTOURCOING. P. Jaroussky chante Les Nuits d’été, 14, 16 octobre 2016. Pour fêter les 50 ans de la création de son orchestre sur instruments d’époque, en cela pionnier visionnaire avant l’heure, Jean-Claude Malgoire dirige un programme 100% Berlioz à Tourcoing : rêverie, obsession, folie de la Symphonie Fantastique, véritable festival de couleurs et de timbres judicieusement combinés, spécifiquement français, et aussi manifeste du romantisme français (1830) ; furie italienne dans l’Ouverture de Benvenuto Cellini et cycle prosodique intimiste et miniaturiste avec Les Nuits d’été, sommet de la mélodie française avec orchestre, déclamées par le contre-ténor Philippe Jaroussky, lequel depuis quelques années abandonne l’agilité des vocalises baroques pour approfondir un nouveau travail sur le texte français romantique… C’est donc une nouvelle version des Nuits d’été de Berlioz, non pas pour soprano mais ici, ténor et orchestre, option permise par Berlioz lui-même qui n’a jamais fermé la distribution de son cycle génial…

 

 

 

Concert Berlioz, 50ème anniversaire
de la Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Mercredi 12 octobre 2016 à 20h
Vendredi 14 octobre 2016 à 20h
TOURCOING, Théâtre Municipal R. Devos

Programme :
Symphonie fantastique Op. 14
Ouverture de Benvenuto Cellini Op. 23
Les Nuits d’été / 
Hector Berlioz (1803-1869)
Philippe Jaroussky, contre-ténor
Direction musicale : Jean Claude Malgoire / 
La Grande écurie et la Chambre du Roy

RESERVATIONS, INFORMATIONS 

 

 

Symphonie fantastique Op. 14
(créée le 5 décembre 1830 ). En janvier 1830, avant de composer la Symphonie fantastique, Berlioz décrit à sa soeur la joie qu’il éprouve à la pensée « des champs vierges de la musique » qui s’ouvrent à lui. Des champs que les préjugés académiques ont laissé « incultes jusqu’à présent » et qu’il considère, depuis son « émancipation » due à Beethoven, comme son domaine. C’est le caractère révolutionnaire de l’oeuvre et son exploration hardie d’un nouveau territoire sonore et expressif qui frappèrent ses premiers auditeurs… Aujourd’hui encore, cette création romantique impressionne par sa modernité.

Ouverture de Benvenuto Cellini Op. 23 (créé le 10 septembre 1838). L’ouverture de cet opéra est une symphonie qui nous place d’emblée devant la redoutable destinée qui attend le héros de l’histoire : le célèbre orfèvre et sculpteur Benvenuto Cellini (1500-1571) dont Berlioz avait son héros. Au-delà de son amour (fou) pour Teresa – premier thème de cette intrigue – Benvenuto est d’abord un personnage sulfureux. Il se débattait avec les grands de ce monde, desquels il recevait de fastueuses commandes et une immunité passablement scandaleuse vu les vols, duels, meurtres qu’il commit… Une confrontation perceptible dès les premières mesures dont le rythme nerveux et l’emportement traduisent un irrésistible assaut, les dérèglements d’un psychisme tendu, nerveux, agité…

Les Nuits d’été
berlioz-hector-dessin-michael-leonard-1980Voici l’un des joyaux de l’oeuvre de Berlioz. Dans ses Mémoires ou sa correspondance, le bouillant romantique ne fait aucune allusion à la genèse de ces six mélodies écrites sur des poèmes de son ami Théophile Gautier (La Comédie de la mort). L’orchestre structure ici la musique du compositeur français bien plus qu’il ne l’habille. Il donne un lustre particulier à chaque tableau, exaltant le relief des plans sonores, magnifiant le dessin splendide, intime et pudique, nostalgique voire lugubre (« Ma belle amie est morte »…) qui porte chaque mélodie. Les thèmes qui y sont développés sont ceux d’une sensibilité que la mort a frappé, enivre, exalte au delà du désespoir. Et c’est avec L’Île inconnue, le dernier des épisodes, une terre inaccessible mais présente dans la pensée du héros, qui s’affirme, telle la quête vital d’un idéal inaccessible…

 

 

Atelier Lyrique de Tourcoing, saison 2016 – 2017

atelier lyrique de tourcoing jeanc laude malgoire saison 16 17 cambiale rossini jean bernard mache mongol orlando furioso vivaldi israel en egypte handel oratorio presentation classiquenews anais_1617ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING, saison 2016 – 2017. Pour les 50 ans de son orchestre sur instruments d’époque, – La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, originellement les deux phalanges créés par François Ier dès le XVIème siècle-, Jean-Claude Malgoire redouble d’ouverture d’esprit, d’imagination et d’expérimentation ; de sorte que cette 35ème saison lyrique de l’Atelier Lyrique de Tourcoing (ALT) porte haut les promesses d’un centre unique en France en résidence au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, une fabrique où dans un esprit de troupe, le chef charismatique sait électriser les énergies pour produire de nouvelles productions saisissantes. Le nord peut être fier de compter ainsi un foyer de créativité et de création (un opéra en création mondial cette saison) dédié au spectacle totale : l’opéra.

50 ans de défrichement orchestral

Programme inaugural dévolu aux instruments de l’orchestre, d’abord, le concert des 12 et 14 octobre 2016 est dédié au génie instrumental et symphonique de Berlioz : Symphonie Fantastique (1830), ouverture de Benvenuto Cellini (1838) et cerise sur le gâteau, Les Nuits d’été d’après le poèmes de Théophile Gautier, avec en soliste, le contre ténor Philippe Jaroussky, lequel n’en est plus à un nouveau vocal près.

malgoire_jean_claudeLes délices lyriques de l’Atelier à Tourcoing se dévoilent surtout en 2017. 4 productions événements sont à l’affiche, rappelant qu’aux côtés de la Lille et son opéra bénéficiant d’autres moyens, une équipe à Tourcoing sait depuis 35 ans, nous séduire, et nous enchanter par son engagement et sa capacité à charmer. Premier volet, en facétie et subtilité, La Cambiale di Matrimonio de Rossini (1810). Jean-Claude Malgoire revient chaque saison au maître de Pesaro ; un retour aux sources du bel canto, promesse à chaque saison d’un nouvel accomplissement entre fluidité de l’orchestre et beau chant dramatique. Les 5, 7 et 9 février 2017 à Tourcoing, puis en version de concert, le 26 février 2017 au TCE, Paris. (Laurent Serrano, mise en scène). La production souligne la grâce
juvénile et le génie théâtral d’un Rossini très facétieux à Venise (San Moise) d’avant son chef d’oeuvre comique, Le Barbier de Séville de 1816…

En mars 2017, création mondiale de l’opéra de François-Bernard Mâche (né en 1935), Qaraqorum, Voyage dans l’Empire Mongol, les 2,3, 5 mars 2017. Au XIIIè, l’envoyé de Louis IX (Saint-Louis), le franciscain Guillaume de Rubrouck découvre en 1253, la cité capitale de Qaraqorum, ville mongol, cité idéale où toutes les religions vivent en paix… A la cour du petit fils de Gengis Khan, Mangu Khan, le chrétien découvre comment bouddhistes, chamans, musulmans ont appris à dialoguer et à se respecter.
Alain Platès, mise en scène. Musique et livret de François-Bernard Mâche.

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1En mars et avril, Jean-Claude Malgoire retrouve Christian Schiaretti pour un Vivaldi lui aussi saisissant et d’une justesse émotionnelle irrésistible : Orlando Furioso d’après L’Arioste (créé au san Angelo de Venise en 1727). L’Arioste avant Shakespeare échafaude un labyrinthe des cœurs où la raison s’égare… Car le paladin Orlando (chanté par une femme) aime la belle Angelica qui lui préfère cependant Medoro. Sur l’île d’Alcina, la sorcière, Ruggiero oublie l’amour qui le liait à Bradamante (chanté par un homme)… trouble sentimentaux, identités croisées, travestissements et illusions… tout dans cet Orlando vivaldien, exprime les vertiges du théâtre baroque, d’autant que la musique es l’une des plus flamboyantes qui soit… avec Amaya Dominguez (Orlando), Clémence Tilquin (Alcina), … 4 dates événements : les 31 mars, 2 et 4 avril 2017 à Tourcoing. Le 19 avril en version de concert au TCE, Paris. Enfin, pour conclure la saison, Jean-Claude Malgoire aborde un sommet de l’oratorio anglais de Handel à Londres, Israël en Egypte de 1739, fresque habile et profonde qui souligne le génie du compositeur saxon devenu britannique dans l’édification des architectures chorales et sonores, comme l’introspection individuelle des âmes inquiètes et solitaires. Les 19 et 21 mai 2017 au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing.

 

 

 

INFOS, RESERVATIONS
sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
saison 2016 Р2017 Р35̬me saison

 

 

 

 

 

TOURCOING. Jean-Claude Malgoire dirige L’Italienne à Alger

TOURCOING italienne a alger malgoire opera presentation compte rendu classiquenews italienneTOURCOING, ALT : Rossini : L’Italienne à Alger, les 20, 22, 24 mai 2016. Nouveau Rossini subtil et facétieux à Tourcoing, pour lequel Jean-Claude Malgoire retrouve le metteur en scène Christian Schiaretti, soit 10 ans de coopération inventive, colorée, poétique. La production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing est présentée telle une “création prometteuse” : Malgoire retrouve ainsi la verve rossinienne, après l’immense succès de son Barbier de Séville qui en 2015 avait souligné la 30ème saison de l’ALT (Atelier Lyrique de Tourcoing). Pour le chef Fondateur de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, revenir à Rossini c’est renouer avec l’adn de sa fine équipe de musiciens et de chanteurs : Cyrus à Babylone, Tancrède / Tancredi (2012) L’échelle de soie en marquent les jalons précédents. Pour L’Italienne à Alger (créé en 1813 à Venise par un jeune auteur de … 21 ans), le chef aborde une nouvelle perle théâtrale et lyrique qui diffuse le goût exotique pour le Moyen Orient et les Indes, un monde lointain et fantasmatique qui fascine et intrigue à la fois… curiosité tenace depuis l’Enlèvement au Sérail de Mozart et avant, Les Indes Galantes de Rameau, pour le XVIIIè, sans compter Indian Queen, ultime opéra (laissé inachevé) de Purcell à la fin du XVIIè. On voit bien que l’orientalisme à l’opéra fait recette, mais Rossini le traite avec une finesse jubilatoire et spirituelle de première qualité. Jean-Claude Malgoire a à cÅ“ur de caractériser la couleur comique et poétique de l’ouvrage (bien audible dans la banda turca, les instruments de percussion métalliques : cymbale, triangle, etc…). Délirant et souverainement critique, Rossini produit un pastiche oriental – comme Ingres dans sa Grande Odalisque, mais revisité sous le prisme de sa fabuleuse imagination. Avec Schiaretti, précédent partenaire de L’Echelle de soie, Jean-Claude Malgoire ciblera l’intelligence rossinienne, faite d’économie et de justesse expressive. Soulignons dans le rôle centrale d’Isabella, la jeune mezzo Anna Reinhold et son velouté flexible déjà applaudie au jardin des Voix de William Christie, et récemment clé de voûte du cd / programme intitulé Labirinto d’Amore d’après Kapsberger (CLIC de classiquenews de juillet 2014)

L’italienne à Alger
Opéra — création
Opéra bouffe en deux actes de Gioachino Rossini (1792-1868)
Livret d’Angelo Anelli
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto à Venise

Direction musicale : Jean Claude Malgoire
Mise en scène : Christian Schiaretti

Isabella, Anna Reinhold
Lindoro, Artavazd Sargsyan
Taddeo, Domenico Balzani
Mustafa, Sergio Gallardo
Elvira, Samantha Louis-Jean
Haly, Renaud Delaigue
Zulma, Lidia Vinyes-Curtis

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Vendredi 20 mai 2016, 20h
Dimanche 22 mai 2016, 15h30
Mardi 24 mai 2016, 20h
TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos

Mercredi 8 juin 2016 19h30
Vendredi 10 juin 2016 19h30
PARIS, Théâtre des Champs Elysées

Représentation du vendredi 20 mai en partenariat avec EDF
Représentation du mardi 24 mai en partenariat avec la Banque Postale
Tarifs de 33 à 45€ / 6€ – 18 ans /10€ – 26 ans / 15€ demandeurs d’emploi

RENSEIGNEMENTS /RÉSERVATIONS
03.20.70.66.66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

 

 

SYNOPSIS. Orient / occident : une sexualité pimentée, renouvelée, terreau fertile aux rebondissements comiques. Si Rossini dans sa musique recherche des couleurs orientalisantes (percussions et cuivres très présents), le bey d’Alger, Mustafa (basse) s’étant lassé de son épouse en titre (Elvira) recherche plutôt une nouvelle compagne italienne (Isabella, alto) afin de pimenter son quotidien domestique / érotique. Mais cette dernière aime Lindoro (ténor) qui comme elle, est prisonnier de l’oriental. Au sérail, les deux amants italiens parviennent à s’échapper grâce à la confusion d’une mascarade fortement alcoolisée : après avatars divers et moult quiproquos, en fin d’action, Mustafa revenu à la raison, retrouve sa douce Elvira, délaissée certes, mais toujours amoureuse…

La verve comique, la saveur trépidante, l’esprit et la finesse sont les qualités d’une partition géniale, où le jeune et précoce Rossini sait mêler le pur comique bouffon, souvent délirant et décalé (trio truculent de la grosse farce du trio “Pappatacci”), et la profondeur psychologique qui approche le seria tragique. Le profil d’Isabella, à la féminité noble, les airs virtuoses pour ténor (Lindoro) saisissent par leur profondeur et leur justesse, d’autant que les couleurs de l’orchestre rossinien, touchent aussi par leur raffinement nouveau. Après l’Italienne, Rossini affirme son jeune génie et la précocité de ses dons lyriques versatiles dans l’ouvrage suivant Il Turco in Italia (1813), autre bouffonnerie d’une élégance irrésistible. Toujours en avance sur les tendances du goût, la musique marque ainsi une curiosité que Delacroix (Les femmes d’Alger, 1834) ou Ingres (Le Bain turc, 1864), illustreront à leur tour selon leur goût, mais des décennies plus tard.

 

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Tannhäuser, Wagner sur instruments d’époque

tannhauserTOURCOING. Wagner : Tannhäuser. JC Malgoire, les 2, 4 février 2016. Wagner sur instruments d’époque. Quel et le format original de l’orchestre wagnérien ? Quels en sont les caractères instrumentaux ? L’Atelier lyrique de Tourcoing poursuit sa quête des sonorités méconnues avec le souci d’approfondissement et de pertinence qui le caractérise : son fondateur Jean-Claude Malgoire repousse encore les frontières d’un geste audacieux, risqué, expérimental entre tous, modèle dans son genre : jouer Tannhäuser de Wagner, l’opéra romantique et gothique de Wagner sur instruments d’époque. Voilà des années qu’on en rêvait : aucun chef avant lui ne s’y était risqué. L’ouvrage dédié à la propre conception de l’artiste dans la société défendue par Wagner devrait y gagner une nouvelle expressivité, une cohérence renforcée où l’orchestre, l’équilibre voix / fosse, le jeu des timbres et l’orchestration même de la partition devraient être éclairés différemment. La ciselure et la caractérisation instrumentale plutôt que la puissance sonore : ne serait ce pas cela le nouveau défi de Wagner pour les années à venir… On se souvient que même Karajan dans son légendaire enregistrement de la Tétralogie prônait une lecture chambriste, aux équilibres ténus, favorisant des chanteurs diseurs, et non pas “haut-parleurs”. Qu’en sera-t-il à Tourcoing les 2 et 4 février 2016 prochains ? D’autant que dans le rôle titre, un chanteur connu se prête à l’exercice, fidèle partenaire de Malgoire et pour lui grand baryton articulé, halluciné, expressif (hier superbe narrateur du Combt de Tancrède de Monteverdi) : Nicolas Rivenq… Pour Jean-Claude Malgoire, il s’agit de retrouver le choc esthétique éprouvé par les parisiens quand ils découvrirent l’opéra de Wagner dans son jus, suscitant alors, une nouvelle passion musicale dont Baudelaire, chantre du wagnérisme européen, allait devenir le porte parole avec le lyrisme poétique que l’on sait.

boutonreservationTannhäuser de Wagner à Tourcoing
Richard Wagner (1813-1883) : Tannhäuser
en version de concert
Tourcoing (Théâtre Municipal), 
les 2 et 4 février 2016 à 20h

Tannhäuser : Nicolas Rivenq
Elisabeth
: Axelle Fanyo,
Vénus
: Juliette Raffin-Gay,
Wolfram : Alain Buet,
Landgrave
: Geoffroy Buffière,
le berger
: Liliana Faraon
Choeur Régional Nord-Pas de Calais

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Jean Claude Malgoire,
Conception visuelle et scénographie : Jacky Lautem

Réservation, renseignements : 03 20 70 66 66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

malgoire_jean_claudeWagner sur instruments d’origine. Jean-Claude Malgoire a toujours eu unt emps d’avance sur ses contemporains… Qui ose aujourd’hui rétablir le format originel de l’orchestre wagnérien, avec les timbres d’époque ? Voilà un nouveau tabou qui s’effondre : et si Wagner pouvait rimer avec subtilité et finesse chambriste plutôt vocifération et grosse caisse ? A Tourcoing (Théâtre Municipal), les 2 et 4 février 2016 à 20h, Tannhäuser de Wagner, concert vision dirigé par Jean Claude Malgoire est l’un des temps forts de la saison 2015-2016 de l’Atelier lyrique. Le travail de recherche piloté par Jean-Claude Malgoire permet d’entendre l’oeuvre avec les instruments d’origine, telle que le Maître allemand l’avait proposée aux parisiens, bouleversant les codes et provoquant un véritable choc esthétique. Afin de profiter pleinement et de plonger dans cet univers particulier, un dispositif vidéo est mis en place par Jacky Lautem. Qu’apporte véritablement l’image vidéo à la performance des musiciens ? Réponse les 2 et 4 février 2016 à Tourcoing. Version incontournable pour qui aime Wagner ou s’intéresse depuis ses débuts à l’aventure lyrique défendue par Jean-Claude Magoire à Tourcoing. Wagner a plusieurs fois présenté au public parisien des extraits choisis de ses opéras afin de le familiariser avec sa musique,  « moderne » pour l’époque, et de ce fait parfois déroutante pour ses auditeurs. Ce fut le cas en 1860 au Théâtre-Italien où il donna trois concerts. Baudelaire assista à l’un d’eux. Il y entendit notamment l’ouverture de Tannhäuser. En 1861, la Princesse de Metternich, ayant vu l’oeuvre complète à Dresde, insista auprès de Napoléon III pour qu’elle soit montée à l’Opéra de Paris. A cette occasion, Wagner introduit un ballet, une bacchanale, dès la première scène  où Vénus tente toujours d’ensorceler le jeune poète et chanteur Tannhäuser grâce aux plaisirs voluptueux qu’elle lui réserve. Les larges extraits de Tannhäuser que Jean Claude Malgoire a choisi sont tirés de la version de Paris qui se chante maintenant dans la langue de Goethe, car Wagner fut très mécontent de la traduction en français, en vers comme on l’exigeait à l’époque pour l’opéra. Pour remonter ce Tannhäuser historique, l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose une manière concert vision, qui illustre aussi par la projection vidéo et en musique les personnages principaux de l’opéra qui  suscita la source du wagénrisme en France et en Europe : Tannhäuser, son ami Wolfram von Eschenbach (qui aime en secret Elisabeth), Elisabeth (l’aimée de Tannhäseur dont la mort sacrificielle permet au héros d’être sauvé)… Mais les instrumentistes de La Grande écurie et la Chambre du Roy, souhaite faire entendre, grâce aux instruments utilisés par Wagner en 1860, la musique telle que l’ont entendue les oreilles de l’époque. Une version respectant le charme et la vraie balance car l’orchestre d’alors produisait nettement moins de bruit que les grands effectifs d’aujourd’hui destiné il est vrai à des salles plus grandes.

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Théâtre Municipal, le 23 avril 2015. Debussy : Pelléas et Mélisande. Guillaume Andrieux, Sabine Devieilhe, Alain Buet… La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction. Christian Schiaretti, mise en scène.

Pelléas et Mélisande de choc à l’Atelier Lyrique de Tourcoing ! Le chef d’oeuvre absolu de Debussy est interprété avec les instruments d’époque de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy dirigé par Jean-Claude Malgoire. Une jeune distribution avec des étoiles ascendantes et une mise en scène ouvertement théâtrale, riche en qualités signée Christian Schiaretti, directeur du Théâtre National Populaire.

Un Pelléas et Mélisande pas comme les autres

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenewsL’histoire est celle de la pièce de théâtre symboliste homonyme de Maurice Maeterlinck. La spécificité littéraire et dramaturgique de l’œuvre originelle permet plusieurs lectures de l’opéra. La puissance évocatrice du texte est superbement traduite en musique par Debussy. Ici, Golaud, prince d’Allemonde, perdu dans une forêt, retrouve une fille belle et étrange, Mélisande, qu’il épouse. Elle tombera amoureuse de son beau-frère Pelléas. Peu d’action et beaucoup de descriptions font de la pièce une véritable rareté. Golaud tue son frère et bat Mélisande, la poussant à la mort et à la naissance prématurée d’une petite fille. Dans cette production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, le livret est quelque peu retouché tout comme la partition. Les longs interludes sont abrégés et on y ajoute une scène supplémentaire, la première du dernier acte que Debussy n’a pas utilisée, où quatre servantes (quatre comédiennes) éclairent quelque peu le mystère avant la scène finale de l’opéra. L’approche de Schiaretti est très intéressante. Elle intègre un je ne sais quoi de Shakespearien dans sa plastique (il y signe les décors également ; les fabuleux costumes d’époque sont de Thibaut Welchlin) et dans le travail d’acteur, et dans le flux dramaturgique. Les inspirations protéiformes du metteur en scène se réalisent dans l’unicité indicible du théâtre symboliste, et c’est d’une grande cohérence. Les chanteurs-acteurs sont donc à la fois des êtres mystérieux non dépourvus d’un certain mysticisme, comme ils sont des archétypes atemporels qui veulent se débarrasser de leurs contraintes mais qui n’y arriveront jamais. Une tension perpétuelle habite la salle, un art déclamatoire très français baigne l’auditoire. Le trio des protagonistes investit les personnages avec une intensité étonnante.

Guillaume Andrieux dans une prise de rôle est un jeune Pelléas à la fois affirmé dans un certain désir de liberté comme il est ambigu dans la réalisation de ses désirs. Mi-charmant, mi-nerveux, il est surtout très beau à regarder. Il arrive au sommet de l’expression dans un IV acte passionné, ou l’élan puissant de sa musique ultime paraît le pousser à la perfection. Un Pelléas parfois tremblant (dans les notes aiguës notamment) mais qui à son tour fait aussi trembler. La Mélisande de Sabine Devieilhe (prise de rôle également!) est d’une grande valeur. La jeune soprano incarne une Mélisande complexe ; humaine, ma non troppo, étrange mais jamais caricaturale. Elle se montre excellente comédienne, et même si le rôle n’a pas de véritable virtuosité technique, elle campe une performance tout à fait virtuose par la force de son investissement, une musicalité à la hauteur de la déclamation et du texte, une bonne entente avec ses partenaires et l’orchestre. Mi-absente, mi-troublante, la Mélisande de Devieilhe inspire tout une série d’émotions grâce à une articulation sans reproches et un engagement théâtral des plus convaincants. Tout aussi engagé est le Golaud d’Alain Buet. S’il est plutôt réservé et en retrait, loin des caricatures barbares et à la limite de l’expressionnisme qu’on voit souvent, il est peut-être un peu trop dans la souffrance (est donc moins dans l’amour, la passion, la rage, l’horreur…). Pour un personnage si complexe, nous trouvons qu’il était souvent dans la douceur, non sans affectation. Musicalement ce fut très beau, et pourtant un peu mou au niveau de la gradation dramatique.

pelleas-golaud-yniold-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015De la Geneviève de Geneviève Lévesque, comme d’ailleurs de l’Arkel de Renaud Delaigue, nous retenons surtout la présence scénique imposante. Elle paraît quelque peu dépassée par la scène de la lettre, et y brille uniquement pour des raisons, à notre avis, superficielles. Un bon effort. Delaigue a une voix large, qui caresse les oreilles dans le grave peut-être trop délicieux pour un vieux Roi, mais qui est aussi tremblante et instable dans l’aigu. L’Yniold de Liliana Faraon est un brin expressionniste dans le chant, mais au niveau du jeu d’acteur, elle compose un petit garçon isolé tout à fait inquiétant.

Et Debussy sur instruments d’époque ? L’approche de Malgoire, figure importante du baroque, est aussi très intéressante. Avec Schiaretti, ils décident de rapprocher davantage l’oeuvre de son époque et son lieu de création (l’Opéra Comique à Paris) par l’utilisation de la langue parlée ici et là, au lieu du chant. Déjà ainsi une couche supplémentaire d’expression s’installe, s’accordant aux qualités des instruments anciens, au volume peu puissant. Regrettons pourtant les cuivres, souvent approximatifs, parfois faux. Le vibrato sélectif des cordes fait que l’oeuvre est en l’occurrence moins atmosphérique, mais beaucoup plus abstraite, ce qui aide forcément les chanteurs (ou leur donne davantage d’importance, selon le point de vue), jamais couverts par l’orchestre. Si les couleurs sont moins fortes, le contraste est gagnant.

VOIR aussi notre reportage vidéo en 2 volets : Pelléas et Mélisande sur instruments d’époque avec Sabine Devielhe (Mélisande) à Tourcoing sous la direction de Jean-Claude Malgoire.

Illustrations : Guillaume Andrieux et Sabine Devielhe (Pelléas et Mélisande dans la scène de la grotte, cherchant l’anneau perdu). Yniold et Golaud © CLASSIQUENEWS.TV 2015

Reportage vidéo : le nouveau Pelléas de Jean-Claude Malgoire à Tourcoing (1/2)

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Reportage vidéo Pelléas 1. Les 19,21 et 23 avril 2015, Jean-Claude Malgoire relit Pelléas et Mélisande de Debussy portant ses fidèles équipes de l’Atelier Lyrique de Tourcoing et une très solide distribution dont Sabine Devielhe, Guillaume Andrieux et Alain Buet, chacun réalisant une prise de rôles pour les personnages de Mélisande, Pelléas et Golaud. Trio vainqueur dans la mise en scène de Christian Schiaretti. Entretiens avec Jean-Claude Malgoire, Sabine Devielhe, Guillaume Andrieux et Christian Schiaretti : retour sur instruments d’époque ; ce qu’ils apportent ; qui sont Pelléas et Mélisande… née à midi, cette dernière porte en elle des gènes démoniaques… Réaliser un Pelléas incarné sur un rythme shakespearien… © CLASSIQUENEWS.TV 2015. VOIR directement le reportage Pelléas et Mélisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire sur VIMEO

VOIR le clip Pelléas et Mélisande de Debussy à Tourcoing, LIRE aussi notre présentation complète de Pelléas et Mélisande de Debussy à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire

 

 

 

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Guillaume Andrieux et Sabine Devielhe : Pelléas et Mélisande à Tourcoing sous la direction de Jean-Claude Malgoire © classiquenews 2015

 

VIDEO,clip. Le nouveau Pelléas et Mélisande de Jean-Claude Malgoire à Tourcoing, 19,21,23 avril 2015

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenewsVideo clip : Pelléas et Mélisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire, les 19,21,23 avril 2015. Atelier Lyrique de Tourcoing © CLASSIQUENEWS.TV 2015. Réalisation : Philippe-Alexandre Pham. Tourcoing: nouvelle production de Pelléas et Debussy par Jean-Claude Malgoire. 19,21, 23 avril 2015. Défricheur constant et surprenant, Jean-Claude Malgoire ne cesse de prouver la justesse d’une intuition qui fait défaut ailleurs. Il est même étonnant que le fondateur de L’Atelier lyrique de Tourcoing défende avec toujours autant d’énergie et de cohérence une programmation aussi éclectique et pourtant exemplairement équilibrée : la baroque, le classique, le romantisme… le défrichement et les œuvres du répertoire… le maestro jongle avec les esthétiques ; la saison dernière, il nous régalait de l’opéra orientaliste et humaniste d’après Chateaubriant : Aben Hamet de Théodore Dubois… rare offrande lyrique mélodiquement savoureuse dont il avait restitué la parure orchestrale.

En avril 2015, voici un nouveau défi propre à l’opéra français à la fois résolument moderne et symboliste, Pelléas et Melisande de Debussy (1902). Pour éclairer les enjeux de l’ouvrage, le chef a su comme toujours s’entourer d’une équipe choisie de solistes : la subtile Sabine Deviehle y chante sa première Mélisande; prise de rôle aussi pour le baryton Alain Buet : il incarne le jaloux et déchirant Golaud; et hier Aben Hamet, le baryton Guillaume Andrieux chante Pelléas. LIRE aussi notre présentation complète de Pelléas et Mélisande de Debussy par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire, les 19,21,23 avril 2015

Nouveau Pelléas choc à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire

malgoire_jean_claudeAnnonce. Tourcoing: nouvelle production de Pelléas et Debussy par Jean-Claude Malgoire. 19,21, 23 avril 2015. Défricheur constant et surprenant, Jean-Claude  Malgoire ne cesse de prouver la justesse d’une intuition qui fait défaut ailleurs. Il est même étonnant que le fondateur de L’Atelier lyrique de Tourcoing défende avec toujours autant d’énergie et de cohérence une programmation aussi éclectique et pourtant exemplairement équilibrée : la baroque, le classique, le romantisme… le défrichement et les Å“uvres du répertoire… le maestro jongle avec les esthétiques ; la saison dernière, il nous régalait de l’opéra orientaliste et humaniste d’après Chateaubriant : Aben Hamet de Théodore Dubois… rare offrande lyrique mélodiquement savoureuse dont il avait restitué la parure orchestrale.

En avril 2015, voici un nouveau défi propre à l’opéra français à la fois résolument moderne et symboliste,  Pelléas et Melisande de Debussy (1902). Pour éclairer les enjeux de l’ouvrage, le chef a su comme toujours s’entourer d’une équipe choisie de solistes : la subtile Sabine Deviehle y chante sa première Mélisande;  prise de rôle aussi  pour le baryton Alain Buet : il incarne le jaloux et déchirant Golaud;  et hier Aben Hamet,  le baryton Guillaume Andrieux chante Pelléas.

 

 

 

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Guillaume Andrieux (Pelléas) et Sabine Devielhe (Mélisande) : deux interprètes fins et subtils qui font à Tourcoing deux formidables prises de rôles (© CLASSIQUENEWS.COM)

 

 

Aux résonances régénérées de l’orchestre réunissant selon le voeu du maestro, que des instruments d’époque, répond la mise en scène claire et limpide de Christian Schiaretti qui en homme de théâtre fait souffler dans la succession des tableaux, un rythme « shakespearien », proche du verbe et du séquançage des tableaux. Il en résulte une épure symboliste sans “bruits visuels” qui reste concentrée sur l’articulation énigmatique du verbe.  Maestro et metteur en scène ont retiré les intermèdes symphoniques les plus tardifs pour rétablir la version originale, celle du premier projet de 1898. Le profil de chaque personnage comme la tension des situations en gagnent une intensité nouvelle.

D’autant que Christian Schiaretti rétablit la place des servantes de scène dont il fait des figures permanentes (sirènes noires émergeant de l’ombre, filles sÅ“urs discrètes mais agissantes, ou Parques tissant le fil des destinées…). Elles assurent la fluidité des enchaînements, réalisent le symbolisme de la partition, jouent avant la dernière scène (celle de la mort de Mélisande), une séquence purement théâtrale provenant de la pièce originale de Maeterlinck (et que Debussy n’avait pas mise en musique) : le texte du dramaturge éclaire davantage l’atmosphère étouffante d’Allemonde et le secret qui enserre ses habitants…

 

 

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Alain Buet incarne Golaud, le beau frère de Pelléas, époux maladivement jaloux, vrai pilier du drame et pour le baryton français, prise de rôle exemplaire (© CLASSIQUENEWS.TV 2015 : ici avec l’Yniold de Lillana Faraon). La présence du théâtre, le choix des solistes, l’activité spécifique de l’orchestre font un Pelléas captivant à Tourcoing, nouvel événement lyrique d’avril 2015.

A Tourcoing, théâtre municipal Raymond Devos, les 19, 21, 23 avril 2015.

Illustrations : Pelléas et Mélisande de Debussy par l’Atelier lyrique de Tourcoing ©CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

 

Tourcoing : Nouveau Pelléas et Mélisande par l’Atelier Lyrique

malgoire_jean_claudeTourcoing, Atelier Lyrique. Debussy : Pelléas et Mélisande. 19,21,23 avril 2015. Création. Au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire réunit sa fine équipe dont de nouvelles voix déjà confirmées qu’il a eu le nez de distinguer et encourager (Sabine Devielhe y chante sa première Mélisande ; comme Guillaume Andrieux, son premier Pelléas). La nouvelle production lyrique présenté par l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing promet d’être un nouveau grand moment local car deux jeunes chanteurs vont y assoir davantage leur immense talent d’interprète.

 

 

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

 

Et si Pelléas et Mélisande, le seul opéra intégralement abouti de Debussy, créé à l’Opéra-Comique en 1902, soulignait sous la faillite des mots, et l’errance des êtres qui se dérobent, la souveraine activité de la musique? Force et énergie seule capable d’exprimer l’indicible, d’éclairer le psychisme profond des êtres handicapés, impuissants, démunis… Ce que le mot ne peut dire, la musique le porte soudainement au delà des solitudes et des mensonges.
Poésie, musique: on parle souvent d’une fusion étroite et mystérieuse qui cisèle l’articulation et le phrasé du texte, qui ouvrage comme nul part, la déclamation du verbe… La prose de Maeterlinck, dont la portée symboliste ne cesse d’interroger l’auditeur, offre au compositeur ce qu’il recherche: un tremplin vers l’autre monde, un passage vers l’invisible, l’indicible dont seul le flot musical témoigne. Qui est Mélisande? D’où vient-elle? Le sait-elle seulement?
Dans une nouvelle production, l’Atelier Lyrique de Tourcoing aborde la fascination et l’action énigmatique de Pelléas et Mélisande, l’opéra de la modernité, celui qui d’essence chambriste, acclimate le mode des tonalités suspendues et irrésolues, dans le sillon tracé par Richard Wagner dans Tristan et Parsifal. Debussy semble comprendre mieux que personne, les solitudes décalées de Mélisande et de Pelléas, deux adolescents mus par un amour pur, dans un monde condamné à l’anéantissement et à la pourriture : Golaud, force aveugle et brutale, mais déchirante et faible, épouse Mélisande sans la connaître : il tue son demi frère, trop jaloux de la grâce que ces deux enfants produisent malgré eux. LIRE notre présentation complète du nouveau Pelléas à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire. LIRE aussi “retrouver l’orchestre de Debussy” par Jean-Claude Malgoire

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à Tourcoingboutonreservation
drame lyrique en 5 actes
Livret du compositeur d’après Maeterlinck
version originale. Les 19, 21, et 23 avril 2015

Distribution
Mélisande, Sabine Devielhe
Geneviève, Geneviève Levesque
Pelléas, Guillaume Andrieux
Golaud, Alain Buet
Arkel, Renaud Delaigue
Le médecin, Geoffroy Buffière
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale, Jean-Claude Malgoire
Mise en scène et lumières, Christian Schiaretti

 
 

 

Pelléas et Mélisande
Claude debussy
Synopsis

Acte I. Après l’avoir sauvée dans la forêt du royaume d’Allemonde, le prince Golaud, fils du roi Arkel, a épousé la jeune et mystérieuse Mélisande. En présence de Geneviève, du roi Arkel et d’Yniold le premier fils de Golaud, enfant de son mariage précédent, Mélisande rencontre Pelléas qui doit partir le lendemain.

Acte II. A la fontaine des aveugles, Pelléas qui est resté, et Mélisande jouent ; Mélisande fait tomber dans l’onde sa bague d’épouse, offerte par Golaud. Puis Mélisande qui dit son malheur, soigne Golaud tombé de cheval pendant la chasse : découvrant l’absence de la bague au doigt de Mélisande, Golaud la somme d’aller la rechercher avec Pelléas. Dans la grotte où ils cherchent en vain l’anneau, Mélisande et Pelléas découvrent 3 aveugles…

Acte III. Du haut de sa tour, Mélisande peigne sa longue chevelure, cependant que resté au bas, Pelléas avoue son amour pour la belle et jeune mystérieuse. Golaud les surprend.
Il emmène Pelléas dans les souterrains du château… Puis Golaud presse son fils Yniold de lui dire ce que font les deux adolescents (nouvelle scène de sadisme de la part de Golaud).

Acte IV. Malgré les soupçons et la violence de Golaud, Pelléas qui peut enfin partir, retrouve Mélisande, l’étreint mais Golaud tue Pelléas et poursuit Mélisande dans la forêt.

Acte V. Mélisande à l’agonie qui vient d’accoucher, est pressée par Golaud qui veut son pardon. En vain, la jeune femme meurt sans s’expliquer…

 

 

 

 

 

Approfondir

VOIR le reportage spécial de la production de Pelléas et Mélisande présentée par Angers Nantes Opéra en 2014 (Emmanuelle Bastet, mise en scène)

VOIR les reportages Le Sacre de Stravinsky (1913), La Mer de Debussy par l’orchestre sur instruments d’époque, Les Siècles, François-Xavier Roth

VOIR Jean Claude Malgoire ressuscite ABEN HAMET, l’opéra orientlaiste de Théodre Dubois d’après Chateaubriand (mars avril 2014)

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

malgoire_jean_claudeTourcoing, Atelier Lyrique. Debussy : Pelléas et Mélisande. 19,21,23 avril 2015. Création. Au Théâtre municipal Raymond Devos de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire réunit sa fine équipe dont de nouvelles voix déjà confirmées qu’il a eu le nez de distinguer et encourager (Sabine Devielhe y chante sa première Mélisande ; comme Guillaume Andrieux, son premier Pelléas). La nouvelle production lyrique présenté par l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing promet d’être un nouveau grand moment local car deux jeunes chanteurs vont y assoir davantage leur immense talent d’interprète.

 

 

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

 

Et si Pelléas et Mélisande, le seul opéra intégralement abouti de Debussy, créé à l’Opéra-Comique en 1902, soulignait sous la faillite des mots, et l’errance des êtres qui se dérobent, la souveraine activité de la musique? Force et énergie seule capable d’exprimer l’indicible, d’éclairer le psychisme profond des êtres handicapés, impuissants, démunis… Ce que le mot ne peut dire, la musique le porte soudainement au delà des solitudes et des mensonges.
Poésie, musique: on parle souvent d’une fusion étroite et mystérieuse qui cisèle l’articulation et le phrasé du texte, qui ouvrage comme nul part, la déclamation du verbe… La prose de Maeterlinck, dont la portée symboliste ne cesse d’interroger l’auditeur, offre au compositeur ce qu’il recherche: un tremplin vers l’autre monde, un passage vers l’invisible, l’indicible dont seul le flot musical témoigne. Qui est Mélisande? D’où vient-elle? Le sait-elle seulement?
Dans une nouvelle production, l’Atelier Lyrique de Tourcoing aborde la fascination et l’action énigmatique de Pelléas et Mélisande, l’opéra de la modernité, celui qui d’essence chambriste, acclimate le mode des tonalités suspendues et irrésolues, dans le sillon tracé par Richard Wagner dans Tristan et Parsifal. Debussy semble comprendre mieux que personne, les solitudes décalées de Mélisande et de Pelléas, deux adolescents mus par un amour pur, dans un monde condamné à l’anéantissement et à la pourriture : Golaud, force aveugle et brutale, mais déchirante et faible, épouse Mélisande sans la connaître : il tue son demi frère, trop jaloux de la grâce que ces deux enfants produisent malgré eux.

 

 

 

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à Tourcoingboutonreservation
drame lyrique en 5 actes
Livret du compositeur d’après Maeterlinck
version originale. Les 19, 21, et 23 avril 2015

Distribution
Mélisande, Sabine Devielhe
Geneviève, Geneviève Levesque
Pelléas, Guillaume Andrieux
Golaud, Alain Buet
Arkel, Renaud Delaigue
Le médecin, Geoffroy Buffière
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale, Jean-Claude Malgoire
Mise en scène et lumières, Christian Schiaretti

 

 

 Pellléas sur instruments d’époque et en version originale

Jean-Claude Malgoire : retrouver l’orchestre de Debussy

TOURCOING : le nouveau Pelléas et Mélisande de JC MalgoireDébarrassée des interludes, dans sa version originelle du 30 avril 1902,  la nouvelle production de Pelléas et Mélisande proposée par Jean-Claude Malgoire à Tourcoing mérite toute l’attention : le chef fondateur de l’Atelier lyrique de Tourcoing revient aux fondamentaux d’un opéra dont on oublie l’essence innovatrice et scandaleuse : son absence d’airs, la place prépondérante de l’orchestre. Le chant symphonique exprime davantage que le texte, de nature symboliste. La matière et vaporeuse, post wagnérienne, aux couleurs océanes éminemment françaises. La France n’allait pas connaître de choc aussi brutal et décisif que 11 ans plus tard avec Le Sacre du Printemps de Stravinsky, également créé à Paris. Dans un monde qui est à l’agonie, les instruments font jaillir la source première et miraculeuse, régénératrice de l’amour, celui qui aimante peu à peu les deux adolescents, Pelléas et Mélisande. Tout s’agite et se construit sur leur rencontre, leur reconnaissance, leur fusion et quand meurt Pelléas assassiné par Golaud, son demi frère, le monde enchanté, ivre de Mélisande, s’effondre à nouveau : il se renferme dans le mystère auquel demeure totalement étranger Golaud. Debussy a le choc préalable du texte théâtral : en le lisant à partir de 1893, le compositeur qui recherche une autre forme lyrique que l’opéra bourgeois ou réaliste, est fasciné par la portée introspective de la langue, une fenêtre vers les profondeurs encore inconnues de l’âme : désir, haine, jalousie, mélancolie collective, dépression silencieuse…
Pour retrouver le grain et la sonorité qu’a probablement écouté Debussy pour la création de son opéra, Jean-Claude Malgoire resssucite l’orchestre de 1902 : cordes en boyau dont le format sonore s’accorde mieux aux autres pupitres (bois, cuivres) et aux voix. En étudiant les  matériels d’orchestres, le chef a redécouvert le jeu d’archet (le poussé, le tiré…) propre au début du XXè et constaté qu’alors, les instrumentistes ne jouaient pas ensemble. Il en découle un son plus lumineux… que le jeune Malgoire avait déjà remarqué chez son maître Karajan (qui tenait cette pratique lui-même de Furtwängler). En privilégiant surtout les cordes et 2 cors, Debussy opte pour un orchestre au format mozartien, approfondissant ainsi une sonorité suave et transparente… liquide. Plus fluide et délicat, l’orchestre de Debussy était aussi mieux caractérisé : serré, contrasté et aussi feutré (les perces des cuivres – le diamètre des tuyaux, était plus petits : leur sonorité moins puissante, mais très typée et colorée).

 

 
 

 

Approfondir

VOIR le reportage spécial de la production de Pelléas et Mélisande présentée par Angers Nantes Opéra en 2014 (Emmanuelle Bastet, mise en scène)

VOIR les reportages Le Sacre de Stravinsky (1913), La Mer de Debussy par l’orchestre sur instruments d’époque, Les Siècles, François-Xavier Roth

VOIR Jean Claude Malgoire ressuscite ABEN HAMET, l’opéra orientlaiste de Théodre Dubois d’après Chateaubriand (mars avril 2014)

 

 
 

 

Tourcoing : Jean-Claude Malgoire joue la Messe en si

Tourcoing. JS Bach : Messe en si. JC Malgoire. Les 16 et 18 janvier 2015. Jean-Claude Malgoire et ses troupes abordent la montagne magique du Baroque sacré : un massif spectaculaire et intime, juste et profond d’une diversité d’approche souvent déconcertante. Même hétéroclite, composée de multiples partitions d’époque diverses, l’Å“uvre qui en résulte et que Bach n’a jamais écoutée comme nous aujourd’hui d’une seule traite, captive par son unité et sa cohérence.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impétueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressé au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flûtes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intérieure, entre sérénité et inquiétude (Benedictus pour ténor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de défis, de risques à surmonter, d’épreuves à vaincre, d’options à assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs à un par voix)…

Il faut bien l’expérience et le feu sacré d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrée baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux années 1730).

Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonorité, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensité de la prière collective ou solistique.

 

 

 

La Messe en si de Jean-Sébastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

malgoire_jean_claudeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une écriture et d’une expérience musicale portée tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal.  Bach y dépose toute sa science et sa sensibilité, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les églises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des élèves à Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les événements de la vie social. On comprend aisément que le compositeur fut capable d’une organisation méthodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisée selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondé par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette année 1733, Rameau fait son entrée à l’opéra avec son chef d’oeuvre scandaleusement génial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, Frédéric Auguste Ier, prince électeur de Saxe, meurt le 1er février. Le deuil institué pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

 

 

Un poste à Dresde…
Le changement de prince régnant laisse espérer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payés, car comme Monteverdi à Mantoue au siècle passé, Bach a du mal à se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi décide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dédiée à son nouveau protecteur, Frédéric-Auguste II. De Leipzig où il se sent à l’étroit non reconnu, comme relégué, Bach adresse sa partition nouvelle à Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son désir d’être membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu à Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique célèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dépaysé par la liturgie catholique car dans le cadre luthérien peuvent être aussi écoutés Magnificat et Sanctus à Noël, pour Pâques, à la Pentecôte. Le Kyrie (perfection du style fugué) et le Credo ainsi livrés en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brêve selon l’usage luthérien, c’est à dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitié de notre actuelle Messe en si.  Bach y recycle des choeurs déjà écrits provenant des cantates BXV 29 et 46.

 

 

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liée à la Nativité, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagé dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les années 1748/1749, écrit la seconde moitié de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les écritures dont était capable le musicien, l’ensemble concentre la maîtrise d’un Bach universel, encyclopédique, synthétique. Peut-être destinait-il son oeuvre à Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privée dont la monumentalité est liée au goût et à la volonté du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mélomane, membre de la Cour impériale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quête de projets audacieux.

 

 

 

J.-S. Bach : Messe en si
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction

boutonreservationvendredi 16 janvier 2015, 20h
dimanche 18 janvier 2015, 15h30
Tourcoing, Théâtre Municipal Raymond Devos

Lundi 16 mars 2015, 20h
Paris, Théâtre des Champs Elysées

Olga Pasichnyk, soprano
Anne Magouët, 2ème soprano
Jean-Michel Fumas, contreténor
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton-basse

 

 

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Atelier Lyrique, le 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Guillaume Andrieux, Ruth Rosique, Nora Sourouzian, Hasnaa Bennani. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Alita Baldi, mise en scène

TOURCOING: Aben Hamet (1884) de Théodore Dubois, ressuscité!Initiative courageuse de la part de l’Atelier Lyrique de Tourcoing que de redonner vie au rarissime Aben Hamet de Theodore Dubois. Créé dans la langue de Dante au Théâtre Italien de Paris le 16 décembre 1884, avec dans le rôle-titre le légendaire Victor Maurel, créateur pour Verdi des rôles de Iago et Falstaff, et à ses côtés rien moins qu’Edouard de Reszké et Emma Calvé, cet ouvrage lyrique s’inspire du Dernier des Abencérages écrit par Châteaubriand. L’intrigue nous raconte comment Aben Hamet, fils du roi Boabdil, part vers Grenade pour soulever les musulmans demeurés en Espagne et reprendre le pouvoir. Suivi en secret par sa mère Zulema et sa promise Alfaïma, le jeune homme rencontre la belle Bianca, fille du Duc de Santa-Fe, dont il tombe instantanément amoureux. Mais elle est catholique alors qu’il est musulman, et leur amour demeure impossible, la barrière de la religion séparant leurs cœurs.

Le maure oublié

Elève de François Bazin et Ambroise Thomas, Théodore Dubois a développé dans cette œuvre un vrai talent de mélodiste, puisant dans la grande tradition française, où l’on reconnait parfois l’ombre de Gounod, l’air d’entrée d’Aben Hamet rappelant irrésistiblement Le Roi de Lahore de Massenet.
Quant à l’orchestration, demeurée perdue – du moins jusqu’à quelques jours avant la première représentation, la BNF annonçant qu’elle renfermait peut-être l’instrumentation originale –, elle a fait l’objet de toute l’imagination de Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer, tous deux ayant puisé dans les traits d’harmonie de l’époque de Dubois, afin d’en restituer les couleurs de la façon la plus plausible. Un travail de titan qui se doit d’être salué, tant le résultat se révèle probant, faisant la part belle aux cordes, ainsi qu’au saxophone et aux percussions orientales.
Après une version de concert de l’autre côté de l’Atlantique, à Saint-Lambert (Canada) en juin 2013, il était temps d’offrir un écrin scénique à cette redécouverte, utilisant la traduction française de l’original italien.
Alita Bladi fait de nécessité vertu, imaginant un cadre simple, délicatement orientalisant sans excès, laissant à la musique une place prépondérante.
Dans le rôle-titre, Guillaume Andrieux fait de son mieux, et met son baryton léger, presque ténorisant parfois, au service d’une vocalité qui, à notre sens, appelle un instrument plus large et plus vaillant – l’enregistrement qu’en a fait Jean Noté dans les années 1910 en donne un aperçu convainquant –, mais le jeune artiste se jette dans la bataille avec un enthousiasme communicatif et un beau sens musical.
Ruth Rosique incarne une sensible Bianca, le charnu et délicat soprano de la chanteuse espagnole convenant parfaitement à la vocalité du personnage, sensible sans mièvrerie.
En mère autoritaire, Nora Sourouzian fait fulminer son mezzo corsé et donne un beau relief à Zulema, notamment dans son arioso du premier acte, tandis que la douce Alfaïma apparaît sous les traits charmants et la vocalité pure de la jeune Hasnaa Bennani, dont nous suivons toujours de loin la carrière.
Aux côtés du Duc de Sante-Fe parfaitement à sa place de Marc Boucher, les chœurs participent avec passion à ce moment important pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing.
Toujours seul maître à bord, Jean-Claude Malgoire galvanise les musiciens de sa Grande Ecurie et la Chambre du Roy, chacun mesurant l’enjeu de ce projet ambitieux.
Une redécouverte courageuse, qui donne envie d’entendre l’œuvre à nouveau, cette fois avec l’orchestration originale de Dubois et les formats vocaux pressentis, le rôle du Maure ne pouvant qu’intéresser les barytons de notre époque, ainsi que – pourquoi pas ? – dans la version initiale en italien.

Tourcoing. Atelier Lyrique, 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières. Avec Aben Hamet : Guillaume Andrieux ; Bianca : Ruth Rosique ; Zulema : Nora Sourouzian ; Alfaïma : Hasnaa Bennani ; Le Duc de Sante-Fe : Marc Boucher. Ensemble Vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Mise en scène : Alita Baldi ; Scénographie : Alain Lagarde ; Costumes : Christine Rabot-Pinson ; Lumières : Enrico Bagnoli ; Orchestration : Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer ; Chef de chant : Martin Surot

TOURCOING. Théodore Dubois : Aben Hamet ressuscité

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing: Aben Hamet de Dubois, recréation. Les 14,16,18 mars 2014. Création mondiale en version scénique. Après en avoir proposé la version de concert au Canada (en juin 2013 à Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidèle équipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirées la création en français et mise en scène de l’opéra Aben Hamet du compositeur classique académique Théodore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier Abencérage (Aben Hamet, lui-même fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prêt en accostant à Grenade a reconquérir l’Espagne (malgré la défaite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et décors orientalisants à la manière du peintre Gérôme (lui-même pompier et académique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et épreuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnément épris de la belle chrétienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sépare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cÅ“urs contre la fatalité des conflits séculaires… En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opéra créé en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polémique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement écarté et mis dans l’ombre très vite. Le chef en propose sa version personnelle d’après un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opéra créé en italien est ici chanté en français. Et la partition d’orchestre a été totalement réécrite à partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arrière-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRéorchester Aben. A partir des traités d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rétabli une pâte sonore aux évocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consulté la matière disponible aujourd’hui, c’est à dire les partitions des oratorios de Dubois : Le Paradis Perdu récemment ressuscité, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. Théodore Dubois était alors plus connu comme compositeur à l’église qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaître l’orchestrateur élégant, sensible, raffiné et transparent que fut Dubois : une personnalité musicale du milieu parisien très estimée. Dans la fosse d’opéra, à l’époque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inévitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophicléide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserré le livret français tout en adaptant les mots et les références religieuses selon notre propre sensibilité ; s’agissant d’un terrain toujours polémique, les choix linguistiques et lexicaux ont été particulièrement soignés afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualité. Pour se faire, la seconde version validée par l’auteur en 1888, – pour d’éventuelles reprises, après la création de 1884, a été adoptée, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scène ultime où la mère d’Aben, Zuléma, voix de la fatalité guerrière et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils à réaliser par devoir, son destin politique : venger l’âme de son père en conquérant Grenade : or comment pourrait-il honorer son père le roi Boabdil s’il épouse une chrétienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilité des deux amants de vivre leur amour face à l’antagonisme religieux et politique hérité de leurs aînés.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

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Vendredi 14 mars 2014 à 20h
Dimanche 16 mars 2014 à 15h30
Mardi 18 mars 2014 à 20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
Alfaïma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy