TOURCOING. Nouvelle ClĂ©mence de Titus par l’Atelier Lyrique

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 fĂ©vrier 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. CrĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino MazzolĂ  d’aprĂšs Pietro Metastasio, l’opĂ©ra « La ClĂ©mence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandĂ© l’annĂ©e de sa mort, pour le couronnement de LĂ©opold II sacrĂ© roi de BohĂšme. L’Ɠuvre de circonstance devient par le gĂ©nie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mĂ©sestimĂ©, et qui illustre l’idĂ©al du politique vertueux, une vision influencĂ©e par l’esprit des LumiĂšres, Leopold, alors qu’il Ă©tait Grand-Duc de Toscane, dĂ©cide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le mĂ©tier de son autre chef d’oeuvre, la FlĂ»te enchantĂ©e, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La FlĂ»te, mais le thĂ©Ăątre destinataire (l’opĂ©ra de Prague) a Ă©tĂ© construit pour produire des opĂ©ras italiens (il y a crĂ©Ă© Don Giovanni).
Mozart imagine Ă  Rome, Titus, vertueux, est promis Ă  BĂ©rĂ©nice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes
). Or dans la capitale impĂ©riale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nƓud passionnel et politique, Titus rĂ©vĂšle sa valeur : la responsabilitĂ©, la justice, la clĂ©mence. A son contact, mĂȘme la perfide et haineuse Vitellia se transforme et Ă©volue. En associant Ă©motion, sentiment et devoir, Mozart rĂ©alise un sommet de l’inspiration seria. La ClĂ©mence de Titus est un opĂ©ra Ă  rĂ©Ă©valuer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthÚse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (oĂč l’intrigante bascule en une rĂ©vĂ©lation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour Ă©crire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximitĂ© avec son frĂšre de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste
 il a inventĂ© la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mĂšne Ă  la scĂšne finale, Ă©loquente manifestation des vertus du pouvoir : la clĂ©mence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner Ă  tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondĂ©ment fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dùs 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théùtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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‹Tito / Titus : JĂ©rĂ©my Duffau, tĂ©nor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

ChƓur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scÚne : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentation

La RĂ©surrection de NEUKOMM, Le Couronnement de MOZART

COURONNEMENT et RÉSURRECTION Ă  TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme rĂ©jouissant, cĂ©lĂ©bratif, et d’une rare Ă©lĂ©gance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumiĂšre et d’une certitude Ă  toute Ă©preuve : composĂ©e en 1779, elle fait partie des partitions sacrĂ©es avec le Requiem (lui inachevĂ©) que Mozart nous laisse en hĂ©ritage, – emblĂšmes de son Ă©tonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la RĂ©surrection de Neukomm qui fut le grand dĂ©fenseur de Mozart aprĂšs sa mort (en 1791donc), et le crĂ©ateur de nombre de ses Ɠuvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au BrĂ©sil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXĂš romantique 


 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement cĂ©lĂšbre la consĂ©cration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de BohĂšme, qui eut lieu Ă  Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tĂŽt en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maĂźtre de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe tĂ©moigne de la maturitĂ© de Wolfgang au dĂ©but des annĂ©es 1780 – ampleur de la conception esthĂ©tique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dĂ©volu Ă  l’orchestre ; Mozart est passĂ© par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le dĂ©but du solo de soprano prĂ©figure dĂ©jĂ  la mĂ©lancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opĂ©ra Les Noces de Figaro, Ă©crit 7 ans plus tard.

 

 

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa RĂ©surrection de Sigismund Neukomm est une crĂ©ation mondiale car jamais jouĂ©e en France. Elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  Londres en 1828, et jouĂ©e une seule fois avec 3 solistes, un chƓur, suivant le mĂȘme plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (Ă©crit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliĂ©e de Neukomm, a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e au QuĂ©bec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus dĂ©ploie une imagination entre Mozart et Weber, mĂȘlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs sĂ©quences l’opĂ©ra romantique allemand Ă  l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regrettĂ© Jean Claude Malgoire qui s’est efforcĂ© il y a longtemps dĂ©jĂ , de raviver la mĂ©moire de Neukomm, français d’adoption nĂ© Ă  Salzbourg, Ă©lĂšve de Michael et Joseph Haydn, compositeur de prĂšs de 2000 Ɠuvres pour la plupart conservĂ©es Ă  la BibliothĂšque Nationale de France
 C’est d’ailleurs Ă  la BNF que JC Malgoire le dĂ©fricheur, jamais en reste d’une pĂ©pite oubliĂ©e, a dĂ©couvert la partition de La RĂ©surrection.

Le concert rĂ©pond Ă  la demande du ChĂąteau de Versailles qui est  demeurĂ© sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem Ă  la mĂ©moire de Louis XVI a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  la Chapelle Royale. Dans La RĂ©surrection, mĂȘme prĂ©Ă©minence dĂ©volue au chƓur, qui commente ce qui est Ă©voquĂ© par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’Ɠuvres de Neukomm. RĂ©vĂ©lation Ă  suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La RĂ©surrection

 

 

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 Ă  16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dĂšs 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevĂ© d’écrire Ă  Paris le 29 dĂ©cembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

ChƓur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (QuĂ©bec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La RĂ©surection, rĂ©crĂ©ation). Temps fort de la 8Ăš Ă©dition du Festival CLASSICA au QuĂ©bec, le concert « fermé », dans l’église trĂšs Ă©lĂ©gante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait ĂȘtre dirigĂ© par le chef Jean-Claude Malgoire, dĂ©cĂ©dĂ© brutalement en avril dernier, si grand artiste passionnĂ© par le dĂ©frichement et qui continue de marquer la redĂ©couverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait dĂ©jĂ  la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevĂ©e par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermĂ©tique aux excĂšs expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutĂŽt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au BrĂ©sil (lors d’un fameux sĂ©jour transatlantique rĂ©alisĂ© de 1816 Ă  1821 : la cĂ©lĂšbre mission française au BrĂ©sil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut Ă©lĂšve de Michael Haydn, avant de servir Ă  Vienne, son frĂšre Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son mĂ©tier, partageant avec le concepteur de la CrĂ©ation (1799), ce goĂ»t pour le travail Ă©lĂ©gant, mesurĂ©, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven rĂ©volutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goĂ»t et l’esprit des LumiĂšres avec un Ă©quilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intĂ©gralitĂ©

 

  

  

 

TOURCOING : nouveau FIDELIO de BEETHOVEN

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOURCOING, 7, 9 dĂ©c 2018. BEETHOVEN : FIDELIO. Tourcoing Ă  l’heure du romantisme allemand
 S’il a composĂ© plusieurs musiques de scĂšne, Fidelio est l’unique opĂ©ra de Beethoven. CĂ©lĂšbre et dĂ©jĂ  estimĂ© comme le prophĂšte de la musique virile et moderne, Ludwig en Ă©crit 3 versions. La premiĂšre en 1805 comportait 3 actes, la deuxiĂšme en 1806 n’en comportait que 2. La troisiĂšme version crĂ©Ă©e le 23 mai 1814 Ă  Vienne, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e en France, Ă  Paris Ă  l’OdĂ©on en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevĂ© dans les versions prĂ©cĂ©dentes. D’ailleurs, il n’était pas tout Ă  fait prĂȘt pour la premiĂšre et il a continuĂ© Ă  l’amĂ©liorer pour les dates suivantes !

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS

Le succĂšs n’a fait qu’augmenter au fur et Ă  mesure des reprĂ©sentations. RĂ©volutionnaire, Beethoven transmet dans cet opĂ©ra sa passion pour la libertĂ©, au point d’assurer aujourd’hui Ă  l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opĂ©ra de la libertĂ© contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est lapaix armĂ©e, prĂȘte Ă  en dĂ©coudre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libĂ©rer de sa prison son Ă©poux incarcĂ©rĂ©, Florestan.
Beethoven_Hornemann-500-carreLa version que prĂ©sente l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing, est celle souhaitĂ©e par Jean-Claude Malgoire (qui nous a quittĂ© en avril dernier), soit celle de 1814, en version concert, comme toujours sur instruments d’origine et avec un casting idĂ©alement choisi : les spectateurs retrouvent ainsi le tĂ©nor Donald Litaker, pour qui Florestan n’a plus vraiment de secret ! Parmi les fidĂšles interprĂštes : VĂ©ronique Gens (pour la premiĂšre fois incarnant le rĂŽle-titre), mais aussi Alain Buet (PellĂ©as et MĂ©lisande, Voyage d’hiver en novembre 2018 qui chante donc l’infĂąme et diabolique Pizzaro) et Nicolas Rivenq (Don Giovanni, TannhĂ€user : Fernando). JĂ©rĂ©my Duffau et Luigi De Donato ont Ă©galement dĂ©jĂ  Ă©tĂ© entendus sur nos planches. Chaque annĂ©e, l’ALT accueille aussi de jeunes chanteurs et pour ce chef d’Ɠuvre, c’est une Ă©lĂšve d’Alain Buet : Marie Perbost (Marcellina).

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FIDELIO Ă  TOURCOINGboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos
Vendredi 7 dĂ©cembre 2018 – 20h
Dimanche 9 dĂ©cembre 2018 – 15h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/fidelio/

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distribution :
Direction musicale : Nicolas Kruger
Scénographie : Jacky Lautem

Leonore / Fidelio : Véronique Gens, soprano
Florestan : Donald Litaker, ténor
Rocco : Luigi de Donato, basse
Marcellina: Marie Perbost, soprano
Jaquino: Jérémy Duffau, ténor
Don Pizzaro: Alain Buet, baryton-basse
Don Fernando: Nicolas Rivenq, baryton

‹ChƓur RĂ©gional des Hauts de France
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

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L’HISTOIRE À SĂ©ville, Leonore se travestit en Fidelio pour tenter de sauver son mari Florestan, prĂ©tendu mort, mais retenu prisonnier par Pizzaro le gouverneur de la prison et son geĂŽlier Rocco.

TOURCOING, Conservatoire : Le Voyage d’hiver de Schubert

TOURCOING, Conservatoire : Le Voyage d’hiver de Schubert, le 25 nov 2018, 15h30. Le baryton Alain Buet chante le cycle de lieder Le Voyage d’hiver de Franz Schubert. Immersion superlative dans l’imaginaire tendre, intime, mĂ©lancolique aussi du compositeur viennois disparu en 1828.

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Franz Schubert est l’un des plus grands compositeurs romantiques. Son Ɠuvre Ă©norme englobe tous les domaines, le concerto exceptĂ©. Avec « Marguerite au rouet » d’aprĂšs Goethe, qu’il Ă©crit Ă  l’ñge de 17 ans, il est le crĂ©ateur du lied romantique : la voix et un accompagnement expressif au piano reproduisent en une miniature pleine de vie l’état d’ñme du poĂšte au moment oĂč il composa. Il utilise les formes symphoniques du clacissisme, mais les amplifie Ă  la fois par le dĂ©veloppement et l’expression romantique. Une richesse mĂ©lodique inĂ©puisable qui fait souvent penser Ă  Mozart, une technique de composition favorable aux grands dĂ©veloppements, une harmonie riche en modulations : telles sont les caractĂ©ristiques de son Ɠuvre. Schubert offre l’exemple parfait d’une sensibilitĂ© romantique qui s’exprime sans dĂ©tour.

 

 

Un certain regard — Alain Buet (baryton) / LE POINT DE VUE DE L’INTERPRETE

schubert-franz-schubertiade-concert-annonce-par-classiquenews« Le « Winterreise » ou « Voyage d’hiver » de Franz Schubert pour voix et piano sur les poĂšmes de Wilhelm MĂŒller composĂ© en 1827 est un pur chef-d’Ɠuvre musical romantique qui a largement contribuĂ© Ă  me donner l’envie de m’engager sur la voie du chant. Il m’a fallu une bonne quinzaine d’annĂ©es de rĂ©flexion avant de m’attaquer Ă  ces 24 lieder comme un alpiniste fascinĂ©, paralysĂ© et attirĂ© par la magie d’une montagne.

Le choix du pianiste est d’une grande importance, selon le compagnon, le voyage sera toujours diffĂ©rent ; il est en quelque sorte un premier de cordĂ©e puisque Schubert a fait commencer tous les chants (lieder) du cycle par un prĂ©lude pianistique, les mots du chanteur devant suivre la voie ouverte et fusionner avec la musique pure. David Violi est un magnifique pianiste/poĂšte avec lequel j’ai hĂąte de partager cette aventure pour Jean-Claude Malgoire et le public de Tourcoing.

Les textes de Wilhelm MĂŒller expriment les souffrances causĂ©es par la perte de l’ĂȘtre aimĂ© au travers des 24 poĂšmes qui sont 24 Ă©tats de l’ñme d’un homme en perdition dans le froid de l’hiver. Comment ne pas penser aux sans-abris, aux migrants, aux rĂ©fugiĂ©s, aux exilĂ©s de notre temps auxquels nous dĂ©dierons ce concert. » Alain Buet (baryton).

 

 

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Le Voyage d’hiver de Schubert
Dim 25 nov 2018, 15h30
TOURCOING, Conservatoire

Alain Buet, baryton
David Violi, piano
Winterreise, 24 lieder pour piano et voix (1827)

Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise / 24 lieder pour piano et voix, composĂ© en 1827 sur des poĂšmes de Wilhelm MĂŒller

RESERVEZ VOTRE PLACE

sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

TOURCOING : Philippe Jaroussky chante Les Nuits d’Ă©tĂ©

malgoire_jean_claudeTOURCOING. P. Jaroussky chante Les Nuits d’étĂ©, 14, 16 octobre 2016. Pour fĂȘter les 50 ans de la crĂ©ation de son orchestre sur instruments d’époque, en cela pionnier visionnaire avant l’heure, Jean-Claude Malgoire dirige un programme 100% Berlioz Ă  Tourcoing : rĂȘverie, obsession, folie de la Symphonie Fantastique, vĂ©ritable festival de couleurs et de timbres judicieusement combinĂ©s, spĂ©cifiquement français, et aussi manifeste du romantisme français (1830) ; furie italienne dans l’Ouverture de Benvenuto Cellini et cycle prosodique intimiste et miniaturiste avec Les Nuits d’étĂ©, sommet de la mĂ©lodie française avec orchestre, dĂ©clamĂ©es par le contre-tĂ©nor Philippe Jaroussky, lequel depuis quelques annĂ©es abandonne l’agilitĂ© des vocalises baroques pour approfondir un nouveau travail sur le texte français romantique
 C’est donc une nouvelle version des Nuits d’Ă©tĂ© de Berlioz, non pas pour soprano mais ici, tĂ©nor et orchestre, option permise par Berlioz lui-mĂȘme qui n’a jamais fermĂ© la distribution de son cycle gĂ©nial…

 

 

 

Concert Berlioz, 50Ăšme anniversaire
de la Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Mercredi 12 octobre 2016 Ă  20h
Vendredi 14 octobre 2016 Ă  20h
TOURCOING, Théùtre Municipal R. Devos

Programme :
Symphonie fantastique Op. 14
Ouverture de Benvenuto Cellini Op. 23
Les Nuits d’étĂ© / ‹Hector Berlioz (1803-1869)
Philippe Jaroussky, contre-ténor
Direction musicale : Jean Claude Malgoire / ‹La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy

RESERVATIONS, INFORMATIONS 

 

 

Symphonie fantastique Op. 14
(crĂ©Ă©e le 5 dĂ©cembre 1830 ). En janvier 1830, avant de composer la Symphonie fantastique, Berlioz dĂ©crit Ă  sa soeur la joie qu’il Ă©prouve Ă  la pensĂ©e « des champs vierges de la musique » qui s’ouvrent Ă  lui. Des champs que les prĂ©jugĂ©s acadĂ©miques ont laissĂ© « incultes jusqu’à prĂ©sent » et qu’il considĂšre, depuis son « Ă©mancipation » due Ă  Beethoven, comme son domaine. C’est le caractĂšre rĂ©volutionnaire de l’oeuvre et son exploration hardie d’un nouveau territoire sonore et expressif qui frappĂšrent ses premiers auditeurs
 Aujourd’hui encore, cette crĂ©ation romantique impressionne par sa modernitĂ©.

Ouverture de Benvenuto Cellini Op. 23 (crĂ©Ă© le 10 septembre 1838). L’ouverture de cet opĂ©ra est une symphonie qui nous place d’emblĂ©e devant la redoutable destinĂ©e qui attend le hĂ©ros de l’histoire : le cĂ©lĂšbre orfĂšvre et sculpteur Benvenuto Cellini (1500-1571) dont Berlioz avait son hĂ©ros. Au-delĂ  de son amour (fou) pour Teresa – premier thĂšme de cette intrigue – Benvenuto est d’abord un personnage sulfureux. Il se dĂ©battait avec les grands de ce monde, desquels il recevait de fastueuses commandes et une immunitĂ© passablement scandaleuse vu les vols, duels, meurtres qu’il commit
 Une confrontation perceptible dĂšs les premiĂšres mesures dont le rythme nerveux et l’emportement traduisent un irrĂ©sistible assaut, les dĂ©rĂšglements d’un psychisme tendu, nerveux, agité 

Les Nuits d’étĂ©
berlioz-hector-dessin-michael-leonard-1980Voici l’un des joyaux de l’oeuvre de Berlioz. Dans ses MĂ©moires ou sa correspondance, le bouillant romantique ne fait aucune allusion Ă  la genĂšse de ces six mĂ©lodies Ă©crites sur des poĂšmes de son ami ThĂ©ophile Gautier (La ComĂ©die de la mort). L’orchestre structure ici la musique du compositeur français bien plus qu’il ne l’habille. Il donne un lustre particulier Ă  chaque tableau, exaltant le relief des plans sonores, magnifiant le dessin splendide, intime et pudique, nostalgique voire lugubre (« Ma belle amie est morte » ) qui porte chaque mĂ©lodie. Les thĂšmes qui y sont dĂ©veloppĂ©s sont ceux d’une sensibilitĂ© que la mort a frappĂ©, enivre, exalte au delĂ  du dĂ©sespoir. Et c’est avec L’Île inconnue, le dernier des Ă©pisodes, une terre inaccessible mais prĂ©sente dans la pensĂ©e du hĂ©ros, qui s’affirme, telle la quĂȘte vital d’un idĂ©al inaccessible


 

 

Atelier Lyrique de Tourcoing, saison 2016 – 2017

atelier lyrique de tourcoing jeanc laude malgoire saison 16 17 cambiale rossini jean bernard mache mongol orlando furioso vivaldi israel en egypte handel oratorio presentation classiquenews anais_1617ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING, saison 2016 – 2017. Pour les 50 ans de son orchestre sur instruments d’époque, – La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, originellement les deux phalanges crĂ©Ă©s par François Ier dĂšs le XVIĂšme siĂšcle-, Jean-Claude Malgoire redouble d’ouverture d’esprit, d’imagination et d’expĂ©rimentation ; de sorte que cette 35Ăšme saison lyrique de l’Atelier Lyrique de Tourcoing (ALT) porte haut les promesses d’un centre unique en France en rĂ©sidence au ThĂ©Ăątre municipal Raymond Devos de Tourcoing, une fabrique oĂč dans un esprit de troupe, le chef charismatique sait Ă©lectriser les Ă©nergies pour produire de nouvelles productions saisissantes. Le nord peut ĂȘtre fier de compter ainsi un foyer de crĂ©ativitĂ© et de crĂ©ation (un opĂ©ra en crĂ©ation mondial cette saison) dĂ©diĂ© au spectacle totale : l’opĂ©ra.

50 ans de défrichement orchestral

Programme inaugural dĂ©volu aux instruments de l’orchestre, d’abord, le concert des 12 et 14 octobre 2016 est dĂ©diĂ© au gĂ©nie instrumental et symphonique de Berlioz : Symphonie Fantastique (1830), ouverture de Benvenuto Cellini (1838) et cerise sur le gĂąteau, Les Nuits d’étĂ© d’aprĂšs le poĂšmes de ThĂ©ophile Gautier, avec en soliste, le contre tĂ©nor Philippe Jaroussky, lequel n’en est plus Ă  un nouveau vocal prĂšs.

malgoire_jean_claudeLes dĂ©lices lyriques de l’Atelier Ă  Tourcoing se dĂ©voilent surtout en 2017. 4 productions Ă©vĂ©nements sont Ă  l’affiche, rappelant qu’aux cĂŽtĂ©s de la Lille et son opĂ©ra bĂ©nĂ©ficiant d’autres moyens, une Ă©quipe Ă  Tourcoing sait depuis 35 ans, nous sĂ©duire, et nous enchanter par son engagement et sa capacitĂ© Ă  charmer. Premier volet, en facĂ©tie et subtilitĂ©, La Cambiale di Matrimonio de Rossini (1810). Jean-Claude Malgoire revient chaque saison au maĂźtre de Pesaro ; un retour aux sources du bel canto, promesse Ă  chaque saison d’un nouvel accomplissement entre fluiditĂ© de l’orchestre et beau chant dramatique. Les 5, 7 et 9 fĂ©vrier 2017 Ă  Tourcoing, puis en version de concert, le 26 fĂ©vrier 2017 au TCE, Paris. (Laurent Serrano, mise en scĂšne). La production souligne la grĂące
juvĂ©nile et le gĂ©nie thĂ©Ăątral d’un Rossini trĂšs facĂ©tieux Ă  Venise (San Moise) d’avant son chef d’oeuvre comique, Le Barbier de SĂ©ville de 1816


En mars 2017, crĂ©ation mondiale de l’opĂ©ra de François-Bernard MĂąche (nĂ© en 1935), Qaraqorum, Voyage dans l’Empire Mongol, les 2,3, 5 mars 2017. Au XIIIĂš, l’envoyĂ© de Louis IX (Saint-Louis), le franciscain Guillaume de Rubrouck dĂ©couvre en 1253, la citĂ© capitale de Qaraqorum, ville mongol, citĂ© idĂ©ale oĂč toutes les religions vivent en paix
 A la cour du petit fils de Gengis Khan, Mangu Khan, le chrĂ©tien dĂ©couvre comment bouddhistes, chamans, musulmans ont appris Ă  dialoguer et Ă  se respecter.
Alain PlatÚs, mise en scÚne. Musique et livret de François-Bernard Mùche.

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1En mars et avril, Jean-Claude Malgoire retrouve Christian Schiaretti pour un Vivaldi lui aussi saisissant et d’une justesse Ă©motionnelle irrĂ©sistible : Orlando Furioso d’aprĂšs L’Arioste (crĂ©Ă© au san Angelo de Venise en 1727). L’Arioste avant Shakespeare Ă©chafaude un labyrinthe des cƓurs oĂč la raison s’égare
 Car le paladin Orlando (chantĂ© par une femme) aime la belle Angelica qui lui prĂ©fĂšre cependant Medoro. Sur l’üle d’Alcina, la sorciĂšre, Ruggiero oublie l’amour qui le liait Ă  Bradamante (chantĂ© par un homme)
 trouble sentimentaux, identitĂ©s croisĂ©es, travestissements et illusions
 tout dans cet Orlando vivaldien, exprime les vertiges du thĂ©Ăątre baroque, d’autant que la musique es l’une des plus flamboyantes qui soit
 avec Amaya Dominguez (Orlando), ClĂ©mence Tilquin (Alcina), 
 4 dates Ă©vĂ©nements : les 31 mars, 2 et 4 avril 2017 Ă  Tourcoing. Le 19 avril en version de concert au TCE, Paris. Enfin, pour conclure la saison, Jean-Claude Malgoire aborde un sommet de l’oratorio anglais de Handel Ă  Londres, IsraĂ«l en Egypte de 1739, fresque habile et profonde qui souligne le gĂ©nie du compositeur saxon devenu britannique dans l’édification des architectures chorales et sonores, comme l’introspection individuelle des Ăąmes inquiĂštes et solitaires. Les 19 et 21 mai 2017 au ThĂ©Ăątre municipal Raymond Devos de Tourcoing.

 

 

 

INFOS, RESERVATIONS
sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
saison 2016 – 2017 – 35Ăšme saison

 

 

 

 

 

TOURCOING. Jean-Claude Malgoire dirige L’Italienne Ă  Alger

TOURCOING italienne a alger malgoire opera presentation compte rendu classiquenews italienneTOURCOING, ALT : Rossini : L’Italienne Ă  Alger, les 20, 22, 24 mai 2016. Nouveau Rossini subtil et facĂ©tieux Ă  Tourcoing, pour lequel Jean-Claude Malgoire retrouve le metteur en scĂšne Christian Schiaretti, soit 10 ans de coopĂ©ration inventive, colorĂ©e, poĂ©tique. La production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing est prĂ©sentĂ©e telle une “crĂ©ation prometteuse” : Malgoire retrouve ainsi la verve rossinienne, aprĂšs l’immense succĂšs de son Barbier de SĂ©ville qui en 2015 avait soulignĂ© la 30Ăšme saison de l’ALT (Atelier Lyrique de Tourcoing). Pour le chef Fondateur de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, revenir Ă  Rossini c’est renouer avec l’adn de sa fine Ă©quipe de musiciens et de chanteurs : Cyrus Ă  Babylone, TancrĂšde / Tancredi (2012) L’échelle de soie en marquent les jalons prĂ©cĂ©dents. Pour L’Italienne Ă  Alger (crĂ©Ă© en 1813 Ă  Venise par un jeune auteur de … 21 ans), le chef aborde une nouvelle perle thĂ©Ăątrale et lyrique qui diffuse le goĂ»t exotique pour le Moyen Orient et les Indes, un monde lointain et fantasmatique qui fascine et intrigue Ă  la fois… curiositĂ© tenace depuis l’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart et avant, Les Indes Galantes de Rameau, pour le XVIIIĂš, sans compter Indian Queen, ultime opĂ©ra (laissĂ© inachevĂ©) de Purcell Ă  la fin du XVIIĂš. On voit bien que l’orientalisme Ă  l’opĂ©ra fait recette, mais Rossini le traite avec une finesse jubilatoire et spirituelle de premiĂšre qualitĂ©. Jean-Claude Malgoire a Ă  cƓur de caractĂ©riser la couleur comique et poĂ©tique de l’ouvrage (bien audible dans la banda turca, les instruments de percussion mĂ©talliques : cymbale, triangle, etc…). DĂ©lirant et souverainement critique, Rossini produit un pastiche oriental – comme Ingres dans sa Grande Odalisque, mais revisitĂ© sous le prisme de sa fabuleuse imagination. Avec Schiaretti, prĂ©cĂ©dent partenaire de L’Echelle de soie, Jean-Claude Malgoire ciblera l’intelligence rossinienne, faite d’Ă©conomie et de justesse expressive. Soulignons dans le rĂŽle centrale d’Isabella, la jeune mezzo Anna Reinhold et son veloutĂ© flexible dĂ©jĂ  applaudie au jardin des Voix de William Christie, et rĂ©cemment clĂ© de voĂ»te du cd / programme intitulĂ© Labirinto d’Amore d’aprĂšs Kapsberger (CLIC de classiquenews de juillet 2014)

L’italienne à Alger
OpĂ©ra — crĂ©ation
Opéra bouffe en deux actes de Gioachino Rossini (1792-1868)
Livret d’Angelo Anelli
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto à Venise

Direction musicale : Jean Claude Malgoire
Mise en scĂšne : Christian Schiaretti

Isabella, Anna Reinhold
Lindoro, Artavazd Sargsyan
Taddeo, Domenico Balzani
Mustafa, Sergio Gallardo
Elvira, Samantha Louis-Jean
Haly, Renaud Delaigue
Zulma, Lidia Vinyes-Curtis

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Vendredi 20 mai 2016, 20h
Dimanche 22 mai 2016, 15h30
Mardi 24 mai 2016, 20h
TOURCOING, Théùtre Municipal Raymond Devos

Mercredi 8 juin 2016 19h30
Vendredi 10 juin 2016 19h30
PARIS, Théùtre des Champs Elysées

Représentation du vendredi 20 mai en partenariat avec EDF
Représentation du mardi 24 mai en partenariat avec la Banque Postale
Tarifs de 33 Ă  45€ / 6€ – 18 ans /10€ – 26 ans / 15€ demandeurs d’emploi

RENSEIGNEMENTS /RÉSERVATIONS
03.20.70.66.66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

 

 

SYNOPSIS. Orient / occident : une sexualitĂ© pimentĂ©e, renouvelĂ©e, terreau fertile aux rebondissements comiques. Si Rossini dans sa musique recherche des couleurs orientalisantes (percussions et cuivres trĂšs prĂ©sents), le bey d’Alger, Mustafa (basse) s’Ă©tant lassĂ© de son Ă©pouse en titre (Elvira) recherche plutĂŽt une nouvelle compagne italienne (Isabella, alto) afin de pimenter son quotidien domestique / Ă©rotique. Mais cette derniĂšre aime Lindoro (tĂ©nor) qui comme elle, est prisonnier de l’oriental. Au sĂ©rail, les deux amants italiens parviennent Ă  s’Ă©chapper grĂące Ă  la confusion d’une mascarade fortement alcoolisĂ©e : aprĂšs avatars divers et moult quiproquos, en fin d’action, Mustafa revenu Ă  la raison, retrouve sa douce Elvira, dĂ©laissĂ©e certes, mais toujours amoureuse…

La verve comique, la saveur trĂ©pidante, l’esprit et la finesse sont les qualitĂ©s d’une partition gĂ©niale, oĂč le jeune et prĂ©coce Rossini sait mĂȘler le pur comique bouffon, souvent dĂ©lirant et dĂ©calĂ© (trio truculent de la grosse farce du trio “Pappatacci”), et la profondeur psychologique qui approche le seria tragique. Le profil d’Isabella, Ă  la fĂ©minitĂ© noble, les airs virtuoses pour tĂ©nor (Lindoro) saisissent par leur profondeur et leur justesse, d’autant que les couleurs de l’orchestre rossinien, touchent aussi par leur raffinement nouveau. AprĂšs l’Italienne, Rossini affirme son jeune gĂ©nie et la prĂ©cocitĂ© de ses dons lyriques versatiles dans l’ouvrage suivant Il Turco in Italia (1813), autre bouffonnerie d’une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible. Toujours en avance sur les tendances du goĂ»t, la musique marque ainsi une curiositĂ© que Delacroix (Les femmes d’Alger, 1834) ou Ingres (Le Bain turc, 1864), illustreront Ă  leur tour selon leur goĂ»t, mais des dĂ©cennies plus tard.

 

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TannhĂ€user, Wagner sur instruments d’Ă©poque

tannhauserTOURCOING. Wagner : TannhĂ€user. JC Malgoire, les 2, 4 fĂ©vrier 2016. Wagner sur instruments d’Ă©poque. Quel et le format original de l’orchestre wagnĂ©rien ? Quels en sont les caractĂšres instrumentaux ? L’Atelier lyrique de Tourcoing poursuit sa quĂȘte des sonoritĂ©s mĂ©connues avec le souci d’approfondissement et de pertinence qui le caractĂ©rise : son fondateur Jean-Claude Malgoire repousse encore les frontiĂšres d’un geste audacieux, risquĂ©, expĂ©rimental entre tous, modĂšle dans son genre : jouer TannhĂ€user de Wagner, l’opĂ©ra romantique et gothique de Wagner sur instruments d’Ă©poque. VoilĂ  des annĂ©es qu’on en rĂȘvait : aucun chef avant lui ne s’y Ă©tait risquĂ©. L’ouvrage dĂ©diĂ© Ă  la propre conception de l’artiste dans la sociĂ©tĂ© dĂ©fendue par Wagner devrait y gagner une nouvelle expressivitĂ©, une cohĂ©rence renforcĂ©e oĂč l’orchestre, l’Ă©quilibre voix / fosse, le jeu des timbres et l’orchestration mĂȘme de la partition devraient ĂȘtre Ă©clairĂ©s diffĂ©remment. La ciselure et la caractĂ©risation instrumentale plutĂŽt que la puissance sonore : ne serait ce pas cela le nouveau dĂ©fi de Wagner pour les annĂ©es Ă  venir… On se souvient que mĂȘme Karajan dans son lĂ©gendaire enregistrement de la TĂ©tralogie prĂŽnait une lecture chambriste, aux Ă©quilibres tĂ©nus, favorisant des chanteurs diseurs, et non pas “haut-parleurs”. Qu’en sera-t-il Ă  Tourcoing les 2 et 4 fĂ©vrier 2016 prochains ? D’autant que dans le rĂŽle titre, un chanteur connu se prĂȘte Ă  l’exercice, fidĂšle partenaire de Malgoire et pour lui grand baryton articulĂ©, hallucinĂ©, expressif (hier superbe narrateur du Combt de TancrĂšde de Monteverdi) : Nicolas Rivenq… Pour Jean-Claude Malgoire, il s’agit de retrouver le choc esthĂ©tique Ă©prouvĂ© par les parisiens quand ils dĂ©couvrirent l’opĂ©ra de Wagner dans son jus, suscitant alors, une nouvelle passion musicale dont Baudelaire, chantre du wagnĂ©risme europĂ©en, allait devenir le porte parole avec le lyrisme poĂ©tique que l’on sait.

boutonreservationTannhÀuser de Wagner à Tourcoing
Richard Wagner (1813-1883) : TannhÀuser
en version de concert
Tourcoing (Théùtre Municipal), 
les 2 et 4 février 2016 à 20h

TannhÀuser : Nicolas Rivenq
Elisabeth
: Axelle Fanyo,
VĂ©nus
: Juliette Raffin-Gay,
Wolfram : Alain Buet,
Landgrave
: Geoffroy BuffiĂšre,
le berger
: Liliana Faraon
Choeur RĂ©gional Nord-Pas de Calais

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Jean Claude Malgoire,
Conception visuelle et scénographie : Jacky Lautem

RĂ©servation, renseignements : 03 20 70 66 66
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

malgoire_jean_claudeWagner sur instruments d’origine. Jean-Claude Malgoire a toujours eu unt emps d’avance sur ses contemporains… Qui ose aujourd’hui rĂ©tablir le format originel de l’orchestre wagnĂ©rien, avec les timbres d’Ă©poque ? VoilĂ  un nouveau tabou qui s’effondre : et si Wagner pouvait rimer avec subtilitĂ© et finesse chambriste plutĂŽt vocifĂ©ration et grosse caisse ? A Tourcoing (ThĂ©Ăątre Municipal), les 2 et 4 fĂ©vrier 2016 Ă  20h, TannhĂ€user de Wagner, concert vision dirigĂ© par Jean Claude Malgoire est l’un des temps forts de la saison 2015-2016 de l’Atelier lyrique. Le travail de recherche pilotĂ© par Jean-Claude Malgoire permet d’entendre l’oeuvre avec les instruments d’origine, telle que le MaĂźtre allemand l’avait proposĂ©e aux parisiens, bouleversant les codes et provoquant un vĂ©ritable choc esthĂ©tique. Afin de profiter pleinement et de plonger dans cet univers particulier, un dispositif vidĂ©o est mis en place par Jacky Lautem. Qu’apporte vĂ©ritablement l’image vidĂ©o Ă  la performance des musiciens ? RĂ©ponse les 2 et 4 fĂ©vrier 2016 Ă  Tourcoing. Version incontournable pour qui aime Wagner ou s’intĂ©resse depuis ses dĂ©buts Ă  l’aventure lyrique dĂ©fendue par Jean-Claude Magoire Ă  Tourcoing. Wagner a plusieurs fois prĂ©sentĂ© au public parisien des extraits choisis de ses opĂ©ras afin de le familiariser avec sa musique,  « moderne » pour l’époque, et de ce fait parfois dĂ©routante pour ses auditeurs. Ce fut le cas en 1860 au ThĂ©Ăątre-Italien oĂč il donna trois concerts. Baudelaire assista Ă  l’un d’eux. Il y entendit notamment l’ouverture de TannhĂ€user. En 1861, la Princesse de Metternich, ayant vu l’oeuvre complĂšte Ă  Dresde, insista auprĂšs de NapolĂ©on III pour qu’elle soit montĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Paris. A cette occasion, Wagner introduit un ballet, une bacchanale, dĂšs la premiĂšre scĂšne  oĂč VĂ©nus tente toujours d’ensorceler le jeune poĂšte et chanteur TannhĂ€user grĂące aux plaisirs voluptueux qu’elle lui rĂ©serve. Les larges extraits de TannhĂ€user que Jean Claude Malgoire a choisi sont tirĂ©s de la version de Paris qui se chante maintenant dans la langue de Goethe, car Wagner fut trĂšs mĂ©content de la traduction en français, en vers comme on l’exigeait Ă  l’époque pour l’opĂ©ra. Pour remonter ce TannhĂ€user historique, l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose une maniĂšre concert vision, qui illustre aussi par la projection vidĂ©o et en musique les personnages principaux de l’opĂ©ra qui  suscita la source du wagĂ©nrisme en France et en Europe : TannhĂ€user, son ami Wolfram von Eschenbach (qui aime en secret Elisabeth), Elisabeth (l’aimĂ©e de TannhĂ€seur dont la mort sacrificielle permet au hĂ©ros d’ĂȘtre sauvĂ©)… Mais les instrumentistes de La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy, souhaite faire entendre, grĂące aux instruments utilisĂ©s par Wagner en 1860, la musique telle que l’ont entendue les oreilles de l’époque. Une version respectant le charme et la vraie balance car l’orchestre d’alors produisait nettement moins de bruit que les grands effectifs d’aujourd’hui destinĂ© il est vrai Ă  des salles plus grandes.

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Théùtre Municipal, le 23 avril 2015. Debussy : Pelléas et Mélisande. Guillaume Andrieux, Sabine Devieilhe, Alain Buet
 La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction. Christian Schiaretti, mise en scÚne.

PellĂ©as et MĂ©lisande de choc Ă  l’Atelier Lyrique de Tourcoing ! Le chef d’oeuvre absolu de Debussy est interprĂ©tĂ© avec les instruments d’Ă©poque de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy dirigĂ© par Jean-Claude Malgoire. Une jeune distribution avec des Ă©toiles ascendantes et une mise en scĂšne ouvertement thĂ©Ăątrale, riche en qualitĂ©s signĂ©e Christian Schiaretti, directeur du ThĂ©Ăątre National Populaire.

Un Pelléas et Mélisande pas comme les autres

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenewsL’histoire est celle de la piĂšce de thĂ©Ăątre symboliste homonyme de Maurice Maeterlinck. La spĂ©cificitĂ© littĂ©raire et dramaturgique de l’Ɠuvre originelle permet plusieurs lectures de l’opĂ©ra. La puissance Ă©vocatrice du texte est superbement traduite en musique par Debussy. Ici, Golaud, prince d’Allemonde, perdu dans une forĂȘt, retrouve une fille belle et Ă©trange, MĂ©lisande, qu’il Ă©pouse. Elle tombera amoureuse de son beau-frĂšre PellĂ©as. Peu d’action et beaucoup de descriptions font de la piĂšce une vĂ©ritable raretĂ©. Golaud tue son frĂšre et bat MĂ©lisande, la poussant Ă  la mort et Ă  la naissance prĂ©maturĂ©e d’une petite fille. Dans cette production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, le livret est quelque peu retouchĂ© tout comme la partition. Les longs interludes sont abrĂ©gĂ©s et on y ajoute une scĂšne supplĂ©mentaire, la premiĂšre du dernier acte que Debussy n’a pas utilisĂ©e, oĂč quatre servantes (quatre comĂ©diennes) Ă©clairent quelque peu le mystĂšre avant la scĂšne finale de l’opĂ©ra. L’approche de Schiaretti est trĂšs intĂ©ressante. Elle intĂšgre un je ne sais quoi de Shakespearien dans sa plastique (il y signe les dĂ©cors Ă©galement ; les fabuleux costumes d’Ă©poque sont de Thibaut Welchlin) et dans le travail d’acteur, et dans le flux dramaturgique. Les inspirations protĂ©iformes du metteur en scĂšne se rĂ©alisent dans l’unicitĂ© indicible du thĂ©Ăątre symboliste, et c’est d’une grande cohĂ©rence. Les chanteurs-acteurs sont donc Ă  la fois des ĂȘtres mystĂ©rieux non dĂ©pourvus d’un certain mysticisme, comme ils sont des archĂ©types atemporels qui veulent se dĂ©barrasser de leurs contraintes mais qui n’y arriveront jamais. Une tension perpĂ©tuelle habite la salle, un art dĂ©clamatoire trĂšs français baigne l’auditoire. Le trio des protagonistes investit les personnages avec une intensitĂ© Ă©tonnante.

Guillaume Andrieux dans une prise de rĂŽle est un jeune PellĂ©as Ă  la fois affirmĂ© dans un certain dĂ©sir de libertĂ© comme il est ambigu dans la rĂ©alisation de ses dĂ©sirs. Mi-charmant, mi-nerveux, il est surtout trĂšs beau Ă  regarder. Il arrive au sommet de l’expression dans un IV acte passionnĂ©, ou l’Ă©lan puissant de sa musique ultime paraĂźt le pousser Ă  la perfection. Un PellĂ©as parfois tremblant (dans les notes aiguĂ«s notamment) mais qui Ă  son tour fait aussi trembler. La MĂ©lisande de Sabine Devieilhe (prise de rĂŽle Ă©galement!) est d’une grande valeur. La jeune soprano incarne une MĂ©lisande complexe ; humaine, ma non troppo, Ă©trange mais jamais caricaturale. Elle se montre excellente comĂ©dienne, et mĂȘme si le rĂŽle n’a pas de vĂ©ritable virtuositĂ© technique, elle campe une performance tout Ă  fait virtuose par la force de son investissement, une musicalitĂ© Ă  la hauteur de la dĂ©clamation et du texte, une bonne entente avec ses partenaires et l’orchestre. Mi-absente, mi-troublante, la MĂ©lisande de Devieilhe inspire tout une sĂ©rie d’Ă©motions grĂące Ă  une articulation sans reproches et un engagement thĂ©Ăątral des plus convaincants. Tout aussi engagĂ© est le Golaud d’Alain Buet. S’il est plutĂŽt rĂ©servĂ© et en retrait, loin des caricatures barbares et Ă  la limite de l’expressionnisme qu’on voit souvent, il est peut-ĂȘtre un peu trop dans la souffrance (est donc moins dans l’amour, la passion, la rage, l’horreur…). Pour un personnage si complexe, nous trouvons qu’il Ă©tait souvent dans la douceur, non sans affectation. Musicalement ce fut trĂšs beau, et pourtant un peu mou au niveau de la gradation dramatique.

pelleas-golaud-yniold-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015De la GeneviĂšve de GeneviĂšve LĂ©vesque, comme d’ailleurs de l’Arkel de Renaud Delaigue, nous retenons surtout la prĂ©sence scĂ©nique imposante. Elle paraĂźt quelque peu dĂ©passĂ©e par la scĂšne de la lettre, et y brille uniquement pour des raisons, Ă  notre avis, superficielles. Un bon effort. Delaigue a une voix large, qui caresse les oreilles dans le grave peut-ĂȘtre trop dĂ©licieux pour un vieux Roi, mais qui est aussi tremblante et instable dans l’aigu. L’Yniold de Liliana Faraon est un brin expressionniste dans le chant, mais au niveau du jeu d’acteur, elle compose un petit garçon isolĂ© tout Ă  fait inquiĂ©tant.

Et Debussy sur instruments d’Ă©poque ? L’approche de Malgoire, figure importante du baroque, est aussi trĂšs intĂ©ressante. Avec Schiaretti, ils dĂ©cident de rapprocher davantage l’oeuvre de son Ă©poque et son lieu de crĂ©ation (l’OpĂ©ra Comique Ă  Paris) par l’utilisation de la langue parlĂ©e ici et lĂ , au lieu du chant. DĂ©jĂ  ainsi une couche supplĂ©mentaire d’expression s’installe, s’accordant aux qualitĂ©s des instruments anciens, au volume peu puissant. Regrettons pourtant les cuivres, souvent approximatifs, parfois faux. Le vibrato sĂ©lectif des cordes fait que l’oeuvre est en l’occurrence moins atmosphĂ©rique, mais beaucoup plus abstraite, ce qui aide forcĂ©ment les chanteurs (ou leur donne davantage d’importance, selon le point de vue), jamais couverts par l’orchestre. Si les couleurs sont moins fortes, le contraste est gagnant.

VOIR aussi notre reportage vidĂ©o en 2 volets : PellĂ©as et MĂ©lisande sur instruments d’époque avec Sabine Devielhe (MĂ©lisande) Ă  Tourcoing sous la direction de Jean-Claude Malgoire.

Illustrations : Guillaume Andrieux et Sabine Devielhe (PellĂ©as et MĂ©lisande dans la scĂšne de la grotte, cherchant l’anneau perdu). Yniold et Golaud © CLASSIQUENEWS.TV 2015

Reportage vidéo : le nouveau Pelléas de Jean-Claude Malgoire à Tourcoing (1/2)

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Reportage vidĂ©o PellĂ©as 1. Les 19,21 et 23 avril 2015, Jean-Claude Malgoire relit PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy portant ses fidĂšles Ă©quipes de l’Atelier Lyrique de Tourcoing et une trĂšs solide distribution dont Sabine Devielhe, Guillaume Andrieux et Alain Buet, chacun rĂ©alisant une prise de rĂŽles pour les personnages de MĂ©lisande, PellĂ©as et Golaud. Trio vainqueur dans la mise en scĂšne de Christian Schiaretti. Entretiens avec Jean-Claude Malgoire, Sabine Devielhe, Guillaume Andrieux et Christian Schiaretti : retour sur instruments d’Ă©poque ; ce qu’ils apportent ; qui sont PellĂ©as et MĂ©lisande… nĂ©e Ă  midi, cette derniĂšre porte en elle des gĂšnes dĂ©moniaques… RĂ©aliser un PellĂ©as incarnĂ© sur un rythme shakespearien… © CLASSIQUENEWS.TV 2015. VOIR directement le reportage PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire sur VIMEO

VOIR le clip Pelléas et Mélisande de Debussy à Tourcoing, LIRE aussi notre présentation complÚte de Pelléas et Mélisande de Debussy à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire

 

 

 

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Guillaume Andrieux et Sabine Devielhe : Pelléas et Mélisande à Tourcoing sous la direction de Jean-Claude Malgoire © classiquenews 2015

 

VIDEO,clip. Le nouveau Pelléas et Mélisande de Jean-Claude Malgoire à Tourcoing, 19,21,23 avril 2015

pelleas-melisande-tourcoing-malgoire-schiaretti-avril-2015-clic-de-classiquenewsVideo clip : PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire, les 19,21,23 avril 2015. Atelier Lyrique de Tourcoing © CLASSIQUENEWS.TV 2015. RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham. Tourcoing: nouvelle production de PellĂ©as et Debussy par Jean-Claude Malgoire. 19,21, 23 avril 2015. DĂ©fricheur constant et surprenant, Jean-Claude Malgoire ne cesse de prouver la justesse d’une intuition qui fait dĂ©faut ailleurs. Il est mĂȘme Ă©tonnant que le fondateur de L’Atelier lyrique de Tourcoing dĂ©fende avec toujours autant d’énergie et de cohĂ©rence une programmation aussi Ă©clectique et pourtant exemplairement Ă©quilibrĂ©e : la baroque, le classique, le romantisme
 le dĂ©frichement et les Ɠuvres du rĂ©pertoire
 le maestro jongle avec les esthĂ©tiques ; la saison derniĂšre, il nous rĂ©galait de l’opĂ©ra orientaliste et humaniste d’aprĂšs Chateaubriant : Aben Hamet de ThĂ©odore Dubois
 rare offrande lyrique mĂ©lodiquement savoureuse dont il avait restituĂ© la parure orchestrale.

En avril 2015, voici un nouveau dĂ©fi propre Ă  l’opĂ©ra français Ă  la fois rĂ©solument moderne et symboliste, PellĂ©as et Melisande de Debussy (1902). Pour Ă©clairer les enjeux de l’ouvrage, le chef a su comme toujours s’entourer d’une Ă©quipe choisie de solistes : la subtile Sabine Deviehle y chante sa premiĂšre MĂ©lisande; prise de rĂŽle aussi pour le baryton Alain Buet : il incarne le jaloux et dĂ©chirant Golaud; et hier Aben Hamet, le baryton Guillaume Andrieux chante PellĂ©as. LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire, les 19,21,23 avril 2015

Nouveau Pelléas choc à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire

malgoire_jean_claudeAnnonce. Tourcoing: nouvelle production de PellĂ©as et Debussy par Jean-Claude Malgoire. 19,21, 23 avril 2015. DĂ©fricheur constant et surprenant, Jean-Claude  Malgoire ne cesse de prouver la justesse d’une intuition qui fait dĂ©faut ailleurs. Il est mĂȘme Ă©tonnant que le fondateur de L’Atelier lyrique de Tourcoing dĂ©fende avec toujours autant d’Ă©nergie et de cohĂ©rence une programmation aussi Ă©clectique et pourtant exemplairement Ă©quilibrĂ©e : la baroque, le classique, le romantisme
 le dĂ©frichement et les Ɠuvres du rĂ©pertoire… le maestro jongle avec les esthĂ©tiques ; la saison derniĂšre, il nous rĂ©galait de l’opĂ©ra orientaliste et humaniste d’aprĂšs Chateaubriant : Aben Hamet de ThĂ©odore Dubois
 rare offrande lyrique mĂ©lodiquement savoureuse dont il avait restituĂ© la parure orchestrale.

En avril 2015, voici un nouveau dĂ©fi propre Ă  l’opĂ©ra français Ă  la fois rĂ©solument moderne et symboliste,  PellĂ©as et Melisande de Debussy (1902). Pour Ă©clairer les enjeux de l’ouvrage, le chef a su comme toujours s’entourer d’une Ă©quipe choisie de solistes : la subtile Sabine Deviehle y chante sa premiĂšre MĂ©lisande;  prise de rĂŽle aussi  pour le baryton Alain Buet : il incarne le jaloux et dĂ©chirant Golaud;  et hier Aben Hamet,  le baryton Guillaume Andrieux chante PellĂ©as.

 

 

 

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Guillaume Andrieux (Pelléas) et Sabine Devielhe (Mélisande) : deux interprÚtes fins et subtils qui font à Tourcoing deux formidables prises de rÎles (© CLASSIQUENEWS.COM)

 

 

Aux rĂ©sonances rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es de l’orchestre rĂ©unissant selon le voeu du maestro, que des instruments d’Ă©poque, rĂ©pond la mise en scĂšne claire et limpide de Christian Schiaretti qui en homme de thĂ©Ăątre fait souffler dans la succession des tableaux, un rythme « shakespearien », proche du verbe et du sĂ©quançage des tableaux. Il en rĂ©sulte une Ă©pure symboliste sans “bruits visuels” qui reste concentrĂ©e sur l’articulation Ă©nigmatique du verbe.  Maestro et metteur en scĂšne ont retirĂ© les intermĂšdes symphoniques les plus tardifs pour rĂ©tablir la version originale, celle du premier projet de 1898. Le profil de chaque personnage comme la tension des situations en gagnent une intensitĂ© nouvelle.

D’autant que Christian Schiaretti rĂ©tablit la place des servantes de scĂšne dont il fait des figures permanentes (sirĂšnes noires Ă©mergeant de l’ombre, filles sƓurs discrĂštes mais agissantes, ou Parques tissant le fil des destinĂ©es
). Elles assurent la fluiditĂ© des enchaĂźnements, rĂ©alisent le symbolisme de la partition, jouent avant la derniĂšre scĂšne (celle de la mort de MĂ©lisande), une sĂ©quence purement thĂ©Ăątrale provenant de la piĂšce originale de Maeterlinck (et que Debussy n’avait pas mise en musique) : le texte du dramaturge Ă©claire davantage l’atmosphĂšre Ă©touffante d’Allemonde et le secret qui enserre ses habitants


 

 

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Alain Buet incarne Golaud, le beau frĂšre de PellĂ©as, Ă©poux maladivement jaloux, vrai pilier du drame et pour le baryton français, prise de rĂŽle exemplaire (© CLASSIQUENEWS.TV 2015 : ici avec l’Yniold de Lillana Faraon). La prĂ©sence du thĂ©Ăątre, le choix des solistes, l’activitĂ© spĂ©cifique de l’orchestre font un PellĂ©as captivant Ă  Tourcoing, nouvel Ă©vĂ©nement lyrique d’avril 2015.

A Tourcoing, théùtre municipal Raymond Devos, les 19, 21, 23 avril 2015.

Illustrations : PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par l’Atelier lyrique de Tourcoing ©CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

 

Tourcoing : Nouveau PellĂ©as et MĂ©lisande par l’Atelier Lyrique

malgoire_jean_claudeTourcoing, Atelier Lyrique. Debussy : PellĂ©as et MĂ©lisande. 19,21,23 avril 2015. CrĂ©ation. Au ThĂ©Ăątre municipal Raymond Devos de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire rĂ©unit sa fine Ă©quipe dont de nouvelles voix dĂ©jĂ  confirmĂ©es qu’il a eu le nez de distinguer et encourager (Sabine Devielhe y chante sa premiĂšre MĂ©lisande ; comme Guillaume Andrieux, son premier PellĂ©as). La nouvelle production lyrique prĂ©sentĂ© par l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing promet d’ĂȘtre un nouveau grand moment local car deux jeunes chanteurs vont y assoir davantage leur immense talent d’interprĂšte.

 

 

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

 

Et si PellĂ©as et MĂ©lisande, le seul opĂ©ra intĂ©gralement abouti de Debussy, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1902, soulignait sous la faillite des mots, et l’errance des ĂȘtres qui se dĂ©robent, la souveraine activitĂ© de la musique? Force et Ă©nergie seule capable d’exprimer l’indicible, d’Ă©clairer le psychisme profond des ĂȘtres handicapĂ©s, impuissants, dĂ©munis… Ce que le mot ne peut dire, la musique le porte soudainement au delĂ  des solitudes et des mensonges.
PoĂ©sie, musique: on parle souvent d’une fusion Ă©troite et mystĂ©rieuse qui cisĂšle l’articulation et le phrasĂ© du texte, qui ouvrage comme nul part, la dĂ©clamation du verbe
 La prose de Maeterlinck, dont la portĂ©e symboliste ne cesse d’interroger l’auditeur, offre au compositeur ce qu’il recherche: un tremplin vers l’autre monde, un passage vers l’invisible, l’indicible dont seul le flot musical tĂ©moigne. Qui est MĂ©lisande? D’oĂč vient-elle? Le sait-elle seulement?
Dans une nouvelle production, l’Atelier Lyrique de Tourcoing aborde la fascination et l’action Ă©nigmatique de PellĂ©as et MĂ©lisande, l’opĂ©ra de la modernitĂ©, celui qui d’essence chambriste, acclimate le mode des tonalitĂ©s suspendues et irrĂ©solues, dans le sillon tracĂ© par Richard Wagner dans Tristan et Parsifal. Debussy semble comprendre mieux que personne, les solitudes dĂ©calĂ©es de MĂ©lisande et de PellĂ©as, deux adolescents mus par un amour pur, dans un monde condamnĂ© Ă  l’anĂ©antissement et Ă  la pourriture : Golaud, force aveugle et brutale, mais dĂ©chirante et faible, Ă©pouse MĂ©lisande sans la connaĂźtre : il tue son demi frĂšre, trop jaloux de la grĂące que ces deux enfants produisent malgrĂ© eux. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du nouveau PellĂ©as Ă  Tourcoing par Jean-Claude Malgoire. LIRE aussi “retrouver l’orchestre de Debussy” par Jean-Claude Malgoire

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à Tourcoingboutonreservation
drame lyrique en 5 actes
Livret du compositeur d’aprùs Maeterlinck
version originale. Les 19, 21, et 23 avril 2015

Distribution
MĂ©lisande, Sabine Devielhe
GeneviĂšve, GeneviĂšve Levesque
Pelléas, Guillaume Andrieux
Golaud, Alain Buet
Arkel, Renaud Delaigue
Le médecin, Geoffroy BuffiÚre
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale, Jean-Claude Malgoire
Mise en scĂšne et lumiĂšres, Christian Schiaretti

 
 

 

Pelléas et Mélisande
Claude debussy
Synopsis

Acte I. AprĂšs l’avoir sauvĂ©e dans la forĂȘt du royaume d’Allemonde, le prince Golaud, fils du roi Arkel, a Ă©pousĂ© la jeune et mystĂ©rieuse MĂ©lisande. En prĂ©sence de GeneviĂšve, du roi Arkel et d’Yniold le premier fils de Golaud, enfant de son mariage prĂ©cĂ©dent, MĂ©lisande rencontre PellĂ©as qui doit partir le lendemain.

Acte II. A la fontaine des aveugles, PellĂ©as qui est restĂ©, et MĂ©lisande jouent ; MĂ©lisande fait tomber dans l’onde sa bague d’Ă©pouse, offerte par Golaud. Puis MĂ©lisande qui dit son malheur, soigne Golaud tombĂ© de cheval pendant la chasse : dĂ©couvrant l’absence de la bague au doigt de MĂ©lisande, Golaud la somme d’aller la rechercher avec PellĂ©as. Dans la grotte oĂč ils cherchent en vain l’anneau, MĂ©lisande et PellĂ©as dĂ©couvrent 3 aveugles…

Acte III. Du haut de sa tour, Mélisande peigne sa longue chevelure, cependant que resté au bas, Pelléas avoue son amour pour la belle et jeune mystérieuse. Golaud les surprend.
Il emmĂšne PellĂ©as dans les souterrains du chĂąteau… Puis Golaud presse son fils Yniold de lui dire ce que font les deux adolescents (nouvelle scĂšne de sadisme de la part de Golaud).

Acte IV. MalgrĂ© les soupçons et la violence de Golaud, PellĂ©as qui peut enfin partir, retrouve MĂ©lisande, l’Ă©treint mais Golaud tue PellĂ©as et poursuit MĂ©lisande dans la forĂȘt.

Acte V. MĂ©lisande Ă  l’agonie qui vient d’accoucher, est pressĂ©e par Golaud qui veut son pardon. En vain, la jeune femme meurt sans s’expliquer…

 

 

 

 

 

Approfondir

VOIR le reportage spécial de la production de Pelléas et Mélisande présentée par Angers Nantes Opéra en 2014 (Emmanuelle Bastet, mise en scÚne)

VOIR les reportages Le Sacre de Stravinsky (1913), La Mer de Debussy par l’orchestre sur instruments d’Ă©poque, Les SiĂšcles, François-Xavier Roth

VOIR Jean Claude Malgoire ressuscite ABEN HAMET, l’opĂ©ra orientlaiste de ThĂ©odre Dubois d’aprĂšs Chateaubriand (mars avril 2014)

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

malgoire_jean_claudeTourcoing, Atelier Lyrique. Debussy : PellĂ©as et MĂ©lisande. 19,21,23 avril 2015. CrĂ©ation. Au ThĂ©Ăątre municipal Raymond Devos de Tourcoing, Jean-Claude Malgoire rĂ©unit sa fine Ă©quipe dont de nouvelles voix dĂ©jĂ  confirmĂ©es qu’il a eu le nez de distinguer et encourager (Sabine Devielhe y chante sa premiĂšre MĂ©lisande ; comme Guillaume Andrieux, son premier PellĂ©as). La nouvelle production lyrique prĂ©sentĂ© par l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing promet d’ĂȘtre un nouveau grand moment local car deux jeunes chanteurs vont y assoir davantage leur immense talent d’interprĂšte.

 

 

Nouveau Pelléas et Mélisande à Tourcoing

 

Et si PellĂ©as et MĂ©lisande, le seul opĂ©ra intĂ©gralement abouti de Debussy, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1902, soulignait sous la faillite des mots, et l’errance des ĂȘtres qui se dĂ©robent, la souveraine activitĂ© de la musique? Force et Ă©nergie seule capable d’exprimer l’indicible, d’Ă©clairer le psychisme profond des ĂȘtres handicapĂ©s, impuissants, dĂ©munis… Ce que le mot ne peut dire, la musique le porte soudainement au delĂ  des solitudes et des mensonges.
PoĂ©sie, musique: on parle souvent d’une fusion Ă©troite et mystĂ©rieuse qui cisĂšle l’articulation et le phrasĂ© du texte, qui ouvrage comme nul part, la dĂ©clamation du verbe
 La prose de Maeterlinck, dont la portĂ©e symboliste ne cesse d’interroger l’auditeur, offre au compositeur ce qu’il recherche: un tremplin vers l’autre monde, un passage vers l’invisible, l’indicible dont seul le flot musical tĂ©moigne. Qui est MĂ©lisande? D’oĂč vient-elle? Le sait-elle seulement?
Dans une nouvelle production, l’Atelier Lyrique de Tourcoing aborde la fascination et l’action Ă©nigmatique de PellĂ©as et MĂ©lisande, l’opĂ©ra de la modernitĂ©, celui qui d’essence chambriste, acclimate le mode des tonalitĂ©s suspendues et irrĂ©solues, dans le sillon tracĂ© par Richard Wagner dans Tristan et Parsifal. Debussy semble comprendre mieux que personne, les solitudes dĂ©calĂ©es de MĂ©lisande et de PellĂ©as, deux adolescents mus par un amour pur, dans un monde condamnĂ© Ă  l’anĂ©antissement et Ă  la pourriture : Golaud, force aveugle et brutale, mais dĂ©chirante et faible, Ă©pouse MĂ©lisande sans la connaĂźtre : il tue son demi frĂšre, trop jaloux de la grĂące que ces deux enfants produisent malgrĂ© eux.

 

 

 

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à Tourcoingboutonreservation
drame lyrique en 5 actes
Livret du compositeur d’aprĂšs Maeterlinck
version originale. Les 19, 21, et 23 avril 2015

Distribution
MĂ©lisande, Sabine Devielhe
GeneviĂšve, GeneviĂšve Levesque
Pelléas, Guillaume Andrieux
Golaud, Alain Buet
Arkel, Renaud Delaigue
Le médecin, Geoffroy BuffiÚre
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction musicale, Jean-Claude Malgoire
Mise en scĂšne et lumiĂšres, Christian Schiaretti

 

 

 PelllĂ©as sur instruments d’Ă©poque et en version originale

Jean-Claude Malgoire : retrouver l’orchestre de Debussy

TOURCOING : le nouveau PellĂ©as et MĂ©lisande de JC MalgoireDĂ©barrassĂ©e des interludes, dans sa version originelle du 30 avril 1902,  la nouvelle production de PellĂ©as et MĂ©lisande proposĂ©e par Jean-Claude Malgoire Ă  Tourcoing mĂ©rite toute l’attention : le chef fondateur de l’Atelier lyrique de Tourcoing revient aux fondamentaux d’un opĂ©ra dont on oublie l’essence innovatrice et scandaleuse : son absence d’airs, la place prĂ©pondĂ©rante de l’orchestre. Le chant symphonique exprime davantage que le texte, de nature symboliste. La matiĂšre et vaporeuse, post wagnĂ©rienne, aux couleurs ocĂ©anes Ă©minemment françaises. La France n’allait pas connaĂźtre de choc aussi brutal et dĂ©cisif que 11 ans plus tard avec Le Sacre du Printemps de Stravinsky, Ă©galement crĂ©Ă© Ă  Paris. Dans un monde qui est Ă  l’agonie, les instruments font jaillir la source premiĂšre et miraculeuse, rĂ©gĂ©nĂ©ratrice de l’amour, celui qui aimante peu Ă  peu les deux adolescents, PellĂ©as et MĂ©lisande. Tout s’agite et se construit sur leur rencontre, leur reconnaissance, leur fusion et quand meurt PellĂ©as assassinĂ© par Golaud, son demi frĂšre, le monde enchantĂ©, ivre de MĂ©lisande, s’effondre Ă  nouveau : il se renferme dans le mystĂšre auquel demeure totalement Ă©tranger Golaud. Debussy a le choc prĂ©alable du texte thĂ©Ăątral : en le lisant Ă  partir de 1893, le compositeur qui recherche une autre forme lyrique que l’opĂ©ra bourgeois ou rĂ©aliste, est fascinĂ© par la portĂ©e introspective de la langue, une fenĂȘtre vers les profondeurs encore inconnues de l’Ăąme : dĂ©sir, haine, jalousie, mĂ©lancolie collective, dĂ©pression silencieuse…
Pour retrouver le grain et la sonoritĂ© qu’a probablement Ă©coutĂ© Debussy pour la crĂ©ation de son opĂ©ra, Jean-Claude Malgoire resssucite l’orchestre de 1902 : cordes en boyau dont le format sonore s’accorde mieux aux autres pupitres (bois, cuivres) et aux voix. En Ă©tudiant les  matĂ©riels d’orchestres, le chef a redĂ©couvert le jeu d’archet (le poussĂ©, le tirĂ©…) propre au dĂ©but du XXĂš et constatĂ© qu’alors, les instrumentistes ne jouaient pas ensemble. Il en dĂ©coule un son plus lumineux… que le jeune Malgoire avait dĂ©jĂ  remarquĂ© chez son maĂźtre Karajan (qui tenait cette pratique lui-mĂȘme de FurtwĂ€ngler). En privilĂ©giant surtout les cordes et 2 cors, Debussy opte pour un orchestre au format mozartien, approfondissant ainsi une sonoritĂ© suave et transparente… liquide. Plus fluide et dĂ©licat, l’orchestre de Debussy Ă©tait aussi mieux caractĂ©risĂ© : serrĂ©, contrastĂ© et aussi feutrĂ© (les perces des cuivres – le diamĂštre des tuyaux, Ă©tait plus petits : leur sonoritĂ© moins puissante, mais trĂšs typĂ©e et colorĂ©e).

 

 
 

 

Approfondir

VOIR le reportage spécial de la production de Pelléas et Mélisande présentée par Angers Nantes Opéra en 2014 (Emmanuelle Bastet, mise en scÚne)

VOIR les reportages Le Sacre de Stravinsky (1913), La Mer de Debussy par l’orchestre sur instruments d’Ă©poque, Les SiĂšcles, François-Xavier Roth

VOIR Jean Claude Malgoire ressuscite ABEN HAMET, l’opĂ©ra orientlaiste de ThĂ©odre Dubois d’aprĂšs Chateaubriand (mars avril 2014)

 

 
 

 

Tourcoing : Jean-Claude Malgoire joue la Messe en si

Tourcoing. JS Bach : Messe en si. JC Malgoire. Les 16 et 18 janvier 2015. Jean-Claude Malgoire et ses troupes abordent la montagne magique du Baroque sacrĂ© : un massif spectaculaire et intime, juste et profond d’une diversitĂ© d’approche souvent dĂ©concertante. MĂȘme hĂ©tĂ©roclite, composĂ©e de multiples partitions d’Ă©poque diverses, l’Ɠuvre qui en rĂ©sulte et que Bach n’a jamais Ă©coutĂ©e comme nous aujourd’hui d’une seule traite, captive par son unitĂ© et sa cohĂ©rence.

bach_js jean sebastianLe chef-d’Ɠuvre de Bach ? Au regard du gĂ©nie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette Ɠuvre (nommĂ©e Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en RĂ© majeur !) est symbolique Ă  plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la derniĂšre composition pour chƓur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque Ă  son apogĂ©e, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. ComposĂ©e durant prĂšs de 25 ans, elle rĂ©unit des partitions d’époques diffĂ©rentes, l’Allemand ayant puisĂ© dans ses Ɠuvres antĂ©rieures et ajoutĂ© des crĂ©ations originales – dont les chƓurs du Credo. Le rĂ©sultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un tĂ©nor, une basse, un orchestre et un chƓur. Cette piĂšce-phare conclut depuis des annĂ©es le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas Ă©tĂ© jouĂ©e par l’Atelier depuis prĂšs de quinze ans.

Le souffle solennel voire funĂšbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impĂ©tueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressĂ© au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystĂšre de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 derniĂšres mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flĂ»tes et hautbois, sans omettre la priĂšre individuelle si intĂ©rieure, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et inquiĂ©tude (Benedictus pour tĂ©nor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de dĂ©fis, de risques Ă  surmonter, d’Ă©preuves Ă  vaincre, d’options Ă  assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs Ă  un par voix)…

Il faut bien l’expĂ©rience et le feu sacrĂ© d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrĂ©e baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux annĂ©es 1730).

Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonoritĂ©, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensitĂ© de la priĂšre collective ou solistique.

 

 

 

La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

malgoire_jean_claudeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une Ă©criture et d’une expĂ©rience musicale portĂ©e tout au long de la carriĂšre et de la vie, comme un journal.  Bach y dĂ©pose toute sa science et sa sensibilitĂ©, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les Ă©glises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des Ă©lĂšves Ă  Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entiĂšre, pour tous les Ă©vĂ©nements de la vie social. On comprend aisĂ©ment que le compositeur fut capable d’une organisation mĂ©thodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisĂ©e selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondĂ© par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette annĂ©e 1733, Rameau fait son entrĂ©e Ă  l’opĂ©ra avec son chef d’oeuvre scandaleusement gĂ©nial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, FrĂ©dĂ©ric Auguste Ier, prince Ă©lecteur de Saxe, meurt le 1er fĂ©vrier. Le deuil instituĂ© pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

 

 

Un poste Ă  Dresde…
Le changement de prince rĂ©gnant laisse espĂ©rer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payĂ©s, car comme Monteverdi Ă  Mantoue au siĂšcle passĂ©, Bach a du mal Ă  se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi dĂ©cide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dĂ©diĂ©e Ă  son nouveau protecteur, FrĂ©dĂ©ric-Auguste II. De Leipzig oĂč il se sent Ă  l’Ă©troit non reconnu, comme relĂ©guĂ©, Bach adresse sa partition nouvelle Ă  Dresde, siĂšge de la Cour de Saxe, tout en formulant son dĂ©sir d’ĂȘtre membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu Ă  Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique cĂ©lĂšbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dĂ©paysĂ© par la liturgie catholique car dans le cadre luthĂ©rien peuvent ĂȘtre aussi Ă©coutĂ©s Magnificat et Sanctus Ă  NoĂ«l, pour PĂąques, Ă  la PentecĂŽte. Le Kyrie (perfection du style fuguĂ©) et le Credo ainsi livrĂ©s en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brĂȘve selon l’usage luthĂ©rien, c’est Ă  dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la premiĂšre moitiĂ© de notre actuelle Messe en si.  Bach y recycle des choeurs dĂ©jĂ  Ă©crits provenant des cantates BXV 29 et 46.

 

 

SynthĂšse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liĂ©e Ă  la NativitĂ©, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagĂ© dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les annĂ©es 1748/1749, Ă©crit la seconde moitiĂ© de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les Ă©critures dont Ă©tait capable le musicien, l’ensemble concentre la maĂźtrise d’un Bach universel, encyclopĂ©dique, synthĂ©tique. Peut-ĂȘtre destinait-il son oeuvre Ă  Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privĂ©e dont la monumentalitĂ© est liĂ©e au goĂ»t et Ă  la volontĂ© du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mĂ©lomane, membre de la Cour impĂ©riale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quĂȘte de projets audacieux.

 

 

 

J.-S. Bach : Messe en si
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction

boutonreservationvendredi 16 janvier 2015, 20h
dimanche 18 janvier 2015, 15h30
Tourcoing, Théùtre Municipal Raymond Devos

Lundi 16 mars 2015, 20h
Paris, Théùtre des Champs Elysées

Olga Pasichnyk, soprano
Anne Magouët, 2Úme soprano
Jean-Michel Fumas, contreténor
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton-basse

 

 

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Atelier Lyrique, le 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Guillaume Andrieux, Ruth Rosique, Nora Sourouzian, Hasnaa Bennani. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Alita Baldi, mise en scÚne

TOURCOING: Aben Hamet (1884) de ThĂ©odore Dubois, ressuscitĂ©!Initiative courageuse de la part de l’Atelier Lyrique de Tourcoing que de redonner vie au rarissime Aben Hamet de Theodore Dubois. CrĂ©Ă© dans la langue de Dante au ThĂ©Ăątre Italien de Paris le 16 dĂ©cembre 1884, avec dans le rĂŽle-titre le lĂ©gendaire Victor Maurel, crĂ©ateur pour Verdi des rĂŽles de Iago et Falstaff, et Ă  ses cĂŽtĂ©s rien moins qu’Edouard de ReszkĂ© et Emma CalvĂ©, cet ouvrage lyrique s’inspire du Dernier des AbencĂ©rages Ă©crit par ChĂąteaubriand. L’intrigue nous raconte comment Aben Hamet, fils du roi Boabdil, part vers Grenade pour soulever les musulmans demeurĂ©s en Espagne et reprendre le pouvoir. Suivi en secret par sa mĂšre Zulema et sa promise AlfaĂŻma, le jeune homme rencontre la belle Bianca, fille du Duc de Santa-Fe, dont il tombe instantanĂ©ment amoureux. Mais elle est catholique alors qu’il est musulman, et leur amour demeure impossible, la barriĂšre de la religion sĂ©parant leurs cƓurs.

Le maure oublié

ElĂšve de François Bazin et Ambroise Thomas, ThĂ©odore Dubois a dĂ©veloppĂ© dans cette Ɠuvre un vrai talent de mĂ©lodiste, puisant dans la grande tradition française, oĂč l’on reconnait parfois l’ombre de Gounod, l’air d’entrĂ©e d’Aben Hamet rappelant irrĂ©sistiblement Le Roi de Lahore de Massenet.
Quant Ă  l’orchestration, demeurĂ©e perdue – du moins jusqu’à quelques jours avant la premiĂšre reprĂ©sentation, la BNF annonçant qu’elle renfermait peut-ĂȘtre l’instrumentation originale –, elle a fait l’objet de toute l’imagination de Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer, tous deux ayant puisĂ© dans les traits d’harmonie de l’époque de Dubois, afin d’en restituer les couleurs de la façon la plus plausible. Un travail de titan qui se doit d’ĂȘtre saluĂ©, tant le rĂ©sultat se rĂ©vĂšle probant, faisant la part belle aux cordes, ainsi qu’au saxophone et aux percussions orientales.
AprĂšs une version de concert de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  Saint-Lambert (Canada) en juin 2013, il Ă©tait temps d’offrir un Ă©crin scĂ©nique Ă  cette redĂ©couverte, utilisant la traduction française de l’original italien.
Alita Bladi fait de nécessité vertu, imaginant un cadre simple, délicatement orientalisant sans excÚs, laissant à la musique une place prépondérante.
Dans le rĂŽle-titre, Guillaume Andrieux fait de son mieux, et met son baryton lĂ©ger, presque tĂ©norisant parfois, au service d’une vocalitĂ© qui, Ă  notre sens, appelle un instrument plus large et plus vaillant – l’enregistrement qu’en a fait Jean NotĂ© dans les annĂ©es 1910 en donne un aperçu convainquant –, mais le jeune artiste se jette dans la bataille avec un enthousiasme communicatif et un beau sens musical.
Ruth Rosique incarne une sensible Bianca, le charnu et délicat soprano de la chanteuse espagnole convenant parfaitement à la vocalité du personnage, sensible sans miÚvrerie.
En mÚre autoritaire, Nora Sourouzian fait fulminer son mezzo corsé et donne un beau relief à Zulema, notamment dans son arioso du premier acte, tandis que la douce Alfaïma apparaßt sous les traits charmants et la vocalité pure de la jeune Hasnaa Bennani, dont nous suivons toujours de loin la carriÚre.
Aux cĂŽtĂ©s du Duc de Sante-Fe parfaitement Ă  sa place de Marc Boucher, les chƓurs participent avec passion Ă  ce moment important pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing.
Toujours seul maütre à bord, Jean-Claude Malgoire galvanise les musiciens de sa Grande Ecurie et la Chambre du Roy, chacun mesurant l’enjeu de ce projet ambitieux.
Une redĂ©couverte courageuse, qui donne envie d’entendre l’Ɠuvre Ă  nouveau, cette fois avec l’orchestration originale de Dubois et les formats vocaux pressentis, le rĂŽle du Maure ne pouvant qu’intĂ©resser les barytons de notre Ă©poque, ainsi que – pourquoi pas ? – dans la version initiale en italien.

Tourcoing. Atelier Lyrique, 16 mars 2014. ThĂ©odore Dubois : Aben Hamet. Livret de LĂ©once DĂ©troyat et Achille de LauziĂšres. Avec Aben Hamet : Guillaume Andrieux ; Bianca : Ruth Rosique ; Zulema : Nora Sourouzian ; AlfaĂŻma : Hasnaa Bennani ; Le Duc de Sante-Fe : Marc Boucher. Ensemble Vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Mise en scĂšne : Alita Baldi ; ScĂ©nographie : Alain Lagarde ; Costumes : Christine Rabot-Pinson ; LumiĂšres : Enrico Bagnoli ; Orchestration : Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer ; Chef de chant : Martin Surot

TOURCOING. Théodore Dubois : Aben Hamet ressuscité

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing: Aben Hamet de Dubois, recrĂ©ation. Les 14,16,18 mars 2014. CrĂ©ation mondiale en version scĂ©nique. AprĂšs en avoir proposĂ© la version de concert au Canada (en juin 2013 Ă  Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidĂšle Ă©quipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirĂ©es la crĂ©ation en français et mise en scĂšne de l’opĂ©ra Aben Hamet du compositeur classique acadĂ©mique ThĂ©odore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier AbencĂ©rage (Aben Hamet, lui-mĂȘme fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prĂȘt en accostant Ă  Grenade a reconquĂ©rir l’Espagne (malgrĂ© la dĂ©faite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et dĂ©cors orientalisants Ă  la maniĂšre du peintre GĂ©rĂŽme (lui-mĂȘme pompier et acadĂ©mique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et Ă©preuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnĂ©ment Ă©pris de la belle chrĂ©tienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sĂ©pare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cƓurs contre la fatalitĂ© des conflits sĂ©culaires… En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opĂ©ra crĂ©Ă© en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polĂ©mique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement Ă©cartĂ© et mis dans l’ombre trĂšs vite. Le chef en propose sa version personnelle d’aprĂšs un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opĂ©ra crĂ©Ă© en italien est ici chantĂ© en français. Et la partition d’orchestre a Ă©tĂ© totalement rĂ©Ă©crite Ă  partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arriĂšre-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRĂ©orchester Aben. A partir des traitĂ©s d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rĂ©tabli une pĂąte sonore aux Ă©vocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consultĂ© la matiĂšre disponible aujourd’hui, c’est Ă  dire les partitions des oratorios de Dubois : Le Paradis Perdu rĂ©cemment ressuscitĂ©, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. ThĂ©odore Dubois Ă©tait alors plus connu comme compositeur Ă  l’Ă©glise qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaĂźtre l’orchestrateur Ă©lĂ©gant, sensible, raffinĂ© et transparent que fut Dubois : une personnalitĂ© musicale du milieu parisien trĂšs estimĂ©e. Dans la fosse d’opĂ©ra, Ă  l’Ă©poque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inĂ©vitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophiclĂ©ide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserrĂ© le livret français tout en adaptant les mots et les rĂ©fĂ©rences religieuses selon notre propre sensibilitĂ© ; s’agissant d’un terrain toujours polĂ©mique, les choix linguistiques et lexicaux ont Ă©tĂ© particuliĂšrement soignĂ©s afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualitĂ©. Pour se faire, la seconde version validĂ©e par l’auteur en 1888, – pour d’Ă©ventuelles reprises, aprĂšs la crĂ©ation de 1884, a Ă©tĂ© adoptĂ©e, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scĂšne ultime oĂč la mĂšre d’Aben, ZulĂ©ma, voix de la fatalitĂ© guerriĂšre et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils Ă  rĂ©aliser par devoir, son destin politique : venger l’Ăąme de son pĂšre en conquĂ©rant Grenade : or comment pourrait-il honorer son pĂšre le roi Boabdil s’il Ă©pouse une chrĂ©tienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilitĂ© des deux amants de vivre leur amour face Ă  l’antagonisme religieux et politique hĂ©ritĂ© de leurs aĂźnĂ©s.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

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Vendredi 14 mars 2014 Ă  20h
Dimanche 16 mars 2014 Ă  15h30
Mardi 18 mars 2014 Ă  20h
Tourcoing, Théùtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de LĂ©once DĂ©troyat et Achille de LauziĂšres d’aprĂšs la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier AbencĂšrage. OpĂ©ra crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre Italien Ă  Paris le 16 dĂ©cembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scĂšne
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumiĂšres
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
AlfaĂŻma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy