CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et aprĂšs lui, James Levine furent les lĂ©gendes qui ont ciselĂ© la sonoritĂ© nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ùre de Seiji Ozawa (de 1973 Ă  2002), la phalange amĂ©ricaine atteint des sommets de poĂ©sie symphonique, servie aussi par une ingĂ©nierie de l’enregistrement qui n’a rien Ă  voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, dĂ©bute dĂšs 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 Ă  1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : dĂ©sormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opĂ©ra, Ozawa maintient un trĂšs haut niveau d’implication esthĂ©tique, cherchant un son Ă  la fois plein et dĂ©taillĂ©, qui fait merveille entre autres dans le rĂ©pertoire française, de Berlioz Ă  Ravel.
NĂ© en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : ĂągĂ© de 38 ans au dĂ©but de son mandat Ă  Boston, le chef d’origine japonaise (en rĂ©alitĂ© nĂ© en Chine Ă  Shenyang) dĂ©fend une sensibilitĂ© de fauve, Ă  la subtilitĂ© fĂ©line, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, prĂ©serve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car douĂ© d’une curiositĂ© Ă©largie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension Ă©lectrique, nerveuse, pourtant habitĂ©e par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout dĂ©veloppement, assurant Ă  chaque Ă©pisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche rĂ©pertoire, qui mĂȘle les piliers archi connus et les perles moins jouĂ©es dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; PellĂ©as et MĂ©lisande, et Dolly de FaurĂ©)
 qui en font l’un des meilleurs interprĂštes de notre rĂ©pertoire hexagonal.

Parmi les grands thĂšmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maĂźtrise symphonique d’Ozawa se dĂ©voile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fĂ©brilitĂ© fĂ©line Ă©blouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (BolĂ©ro, Alborada del gracioso, Ma MĂšre l’Oye / Daphnis et Chloé ) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992


CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dĂ©diĂ©s Ă  POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champĂȘtre,
), Ă©videmment les BERLIOZ et les RAVEL dĂ©jĂ  citĂ©s ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus rĂ©cent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au rĂ©cent enregistrement de la 9Ăš Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa rĂ©alise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, rĂ©flexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, Ă©purĂ©e, captivante par sa ligne et son intensitĂ© : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9Ăš par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca)

OZAWA SEIJI BEETHOVEN 9 MITO chamber orchestra concert cd critique cd review classiquenews 4832566_SO_B9_A_FC-240x240CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca). 45 ans aprĂšs son tout premier enregistrement pour Philips, le vĂ©tĂ©ran lĂ©gendaire, maestro Seiji Ozawa relit le sommet des symphonies romantiques germaniques : la 9Ăš de Beethoven; Ă  l’ñge de 83 ans, Ă  la tĂȘte du Mito Chamber Orchestra (fondĂ© en 1990), le chef – directeur musical de l’orchestre nippon Ă  partir de 2012-, montre en dĂ©pit d’une longue maladie dont il sort petit Ă  petit, une Ă©nergie nerveuse prĂȘte Ă  dĂ©coudre avec le massif beethovĂ©nien.

Le premier mouvement, frĂ©missant, tendu, incandescent reconnecte le sentiment tragique Ă  l’univers ; on y lit dans cette lecture nerveuse, mordante, Ă©ruptive, acĂ©rĂ©e et incisive, la volontĂ© d’en dĂ©coudre ou de faire surgir coĂ»te que coĂ»te, et en urgence, une rĂ©solution au conflit. C’est la rĂ©itĂ©ration de plus en plus prĂ©cise, claire d’une phrase qui rĂ©capitule toutes les guerres et leur essence tragique, extinction, barbarie, enfin reformulĂ©e de façon dĂ©finitive et enfin claire Ă  16mn : Ozawa, pilotant un effectif chambriste, sculpte la matiĂšre orchestrale avec une prĂ©cision de fauve, de loup en panique, pressĂ© par l’obligation et l’urgence de rĂ©solution. L’engagement des instrumentistes produit une tension d’ensemble, une motricitĂ© collective qui fait feu de tout bois. Quand enfin dans les derniĂšres mesures, s’énonce l’équation rĂ©ponse qui est une dĂ©claration affirmĂ©e, le sentiment de rĂ©solution peut s’accomplir. Tout est dit : tout est clair.

Le 2Ăš mouvement est d’une Ă©nergie primitive, Ă©purĂ©e, sautillante, vrai ballet, Ă  la fois pulsation pure, et ciselure cristalline, vif-argent, enfin sans contrainte ; une nouvel Ă©lan, celui d’un espoir neuf
 Si dans le premier mouvement il s’agissait de regretter et pleurer les morts et les victimes colatĂ©rales des batailles, ici, le courage recouvrĂ©, et l’espoir revivifiĂ©, transcendĂ© (cor, basson
), la volontĂ© de victoire, irrĂ©pressible et comme Ă©lectrisĂ©e, animent toutes les troupes pour un nouveau combat (le dernier?)/ timbales, piccolos indiquent la marche heureuse (inconsciente ?), Ă©nivrĂ©e, Ă©perdue. Ozawa redouble de nervositĂ© dĂ©taillĂ©e, d’une frĂ©nĂ©sie primitive, Ă©noncĂ©e avec l’urgence d’une force juvĂ©nile. Le travail du chef dans les nuances, l’élan, la clartĂ© de l’architecture y paraĂźt le plus manifeste et intelligible. C’est un concert parfaitement Ă©quilibrĂ© qui gagne un relief dĂ©cuplĂ© dans cette version recentrĂ©e sur un effectif essentiel (chambriste). La motricitĂ© et le souci de dĂ©tail sont superlatifs.
Voyez comme Ă  7:51 : une Ă©tape est franchie soudainement, dans le sens d’une organisation et d’un objectif nouveau, plus trĂ©pidant encore qui reprend la frĂ©nĂ©sie du dĂ©part, une armĂ©e se met en mouvement.

Dans l’Adagio, sans s’alanguir vraiment, Ozawa fait chanter cordes et bois, en un Ă©noncĂ© plus feutrĂ©, rentrĂ©, priĂšre fraternelle qui devient appel au renoncement accompagnĂ© des pleurs aux violons, un rien maniĂ©rĂ© (8:40) ; Beethoven aprĂšs l’évocation de la barbarie en un souffle tragique, ayant repris possession d’un espoir inespĂ©rĂ©, exprime ici une confession intime qui dans le sens de la fraternitĂ©, indique clairement l’espoir d’un monde nouveau. Il y manque certainement l’ampleur d’enivrement d’autres versions ; Ozawa semble demeurĂ© dans les instruments, Ă  hauteur de pupitre, dans les cordes spĂ©cifiquement. Il lui manque un soupçon de distance rĂ©conciliatrice, de souffle poĂ©tique.

 
 
 

Du chant des armes
à la priùre des cƓurs
OZAWA plus fraternel que jamais

 
 
 

OZAWA maestro felin CLASSIQUENEWS portrait juillet août 2015 Le-chef-d-orchestre-Seiji-Ozawa-de-retour_article_landscape_pm_v8

 
 
 

Le destin frappe alors dans le 4Ú mouvement « Presto »: urgence nouvelle qui est trÚs ralentie, exposée avec lenteur par les contrebasses.

On comprend bien la construction de ce massif ultime du gĂ©nie beethovĂ©nien : conscience foudroyĂ©e d’abord, puis reconstruction humaniste.

En passant par le chant du chƓur des homms d’abord puis des femmes, en s’incarnant par la voix des solistes, baryton qui exhorte, puis tĂ©nor qui invoque et prie, la parole de l’orchestre, s’apparentait Ă  celle des armes (premier mouvement) ; dĂ©sormais s’il y a levĂ©e de boucliers et chant de guerre, ils ne peuvent se rĂ©aliser que dans le sens d’une humanisation gĂ©nĂ©rale. Quelle vision prophĂ©tique qui vaut pour notre siĂšcle (XXIĂš) celui ultime et dĂ©cisif de tous les dĂ©fis : climatique et Ă©cologique, sociĂ©tal et politique
 Quelles valeurs voulons nous dĂ©fendre ? C’est bien ce rapport dĂ©sormais vital et dernier auquel nous invite Beethoven. VoilĂ  qui fait sa modernitĂ© et ses vertus cathartiques aussi. Car Ă  dĂ©faut d’en retrouver traces dans la rĂ©alitĂ© sociĂ©tale actuelle, le spectateur vit dĂ©jĂ  dans l’écoulement de la symphone, cette expĂ©rience salutaire et clairvoyante qui lui restitue ce qui n’a aucun prix et vaut d’ĂȘtre dĂ©fendu : le combat de l’homme pour l’homme.

Ozawa comprend les enjeux et la situation : c’est un cataclysme organisĂ©, un nouveau chaos produisant une Ăšre nouvelle qui s’accomplit alors, illuminĂ© par l’humanisme fraternel du chant des solistes et du choeur.
CLIC_macaron_2014L’appel Ă  l’amour universel et l’étreinte pacifique unit orchestre, chef et solistes en une course effrĂ©nĂ©e portĂ©e par l’urgence et la volontĂ© de l’esprit initial. Ivre de son exaltation, le compositeur dĂ©miurge s’adresse dĂšs lors au CrĂ©ateur divin, dans l’espoir de toucher sa misĂ©ricorde car il aurait dĂ©montrer que sa crĂ©ature (humaine) s’est enfin montrĂ©e digne de son crĂ©ateur. Dans ce sens, l’ultime Ă©lectrisation de tout l’orchestre, vĂ©ritable orgie et transe collective saisit par sa justesse, sa vĂ©ritĂ©. A 80 ans, Ozawa se montre d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante ; son appĂ©tit, sa gourmandise affĂ»tĂ©e (quitte Ă  forcer parfois le trait, dans les tutti de la derniĂšre sĂ©quence chorale), son intelligence fĂ©line font le miel et le nerf de cette lecture en tout point captivante.

 
 
 

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CD, critique. SEIJI OZAWA : Symphonie n°9 de BEETHOVEN. Mito chamber Orchestra – Rie Miyake (soprano), Mihoko Fujimura (mezzo-soprano), Kei Fukui (tenor), Markus Eiche (baritone) – 1 cd Decca

 
 
 

Approfondir
En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/beethoven-9/#M1JfhPiFJeRPb6QQ.99

 
 
 

Seiji Ozawa : the complete Warner recordings (25 cd)

SEIJI-OZAWA-the-complete-warner-recordings-coffret-cd-review-comte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-juillet-2015-CLIC-de-l-ete-2015 Seiji-Ozawa-The-Complete-Warner-Recordings1_actu-imageCD, coffret Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. Seiji Ozawa : The complete Warner recordings, 25 cd). MĂšre chrĂ©tienne, pĂšre bouddhiste, Seiji Ozawa est la synthĂšse Orient Occident, nĂ© le 1er septembre 1935 en Chine (province du Mandchoukuo, la Mandchourie alors occupĂ©e par les japonais), c’est l’enfant de mĂ©tissages et de cultures subtilement associĂ©es dont la force et l’acuitĂ©, la sensibilitĂ© et l’Ă©nergie ont façonnĂ© une trajectoire singuliĂšre, l’une des plus passionnantes Ă  l’Ă©coute de son hĂ©ritage musicale parmi les chefs d’orchestre du XXĂšme siĂšcle. Il partage avec le regrettĂ© Frans Bruggen, la mĂȘme tension fĂ©line au pupitre, soucieuse de prĂ©cision et de souplesse. une leçon de communication et de maintien, pour tous les nouveaux princes de la baguette, rien qu’Ă  les regarder.
D’abord pianiste, Seiji se destine Ă  la baguette et Ă  la direction d’orchestre sous la houlette du professeur Hideo Saito, figure majeure de l’essor de la musique classique au Japon. Sa carriĂšre est lancĂ©e avec l’obtention du premier prix Ă  Besançon en 1959 : l’Ă©lĂšve Ă  Paris de EugĂšne Bigot a Ă©bloui par sa finesse et son charisme. Il a 24 ans. Le prodige est l’invitĂ© de CHarles Munch Ă  Boston, de Karajan Ă  Berlin. C’est aussi un Ă©lĂšve assidu de Tanglewood dĂšs 1960 : Ă  la discipline maĂźtrisĂ©e, le jeune chef approfondit son intuition, sa libertĂ© et ses prises de risques aux cĂŽtĂ©s de Munch, Bernstein, Copland… Assistant de Karajan, Seiji devient aussi celui de Bernstein.
CLIC D'OR macaron 200DĂšs lors, le nouveau tempĂ©rament de la direction circonscrit son propre rĂ©pertoire, idĂ©alement Ă©quilibrĂ© : la musique française, les piliers germaniques, classiques et romantiques, Tchaikovsky et Gustav Mahler (une passion transmise par Bernstein que dĂ©laissa Karajan). Mais ici pas de Mahler hĂ©las mais des Tchaikovski Ă  couper le souffle dont la 4Ăšme avec l’Orchestre de Paris en 1970, qui depuis a perdu cet Ă©tat de grĂące entre mordant vif argent et dramatisme universel, qui donne justement Ă  Piotr Illiytch des accents mahlĂ©riens. Le sens du fatum, la claire consciente d’une unicitĂ© Ă  la fois maudite et capable d’espoir, rĂ©tablit comme peu, l’hĂ©roisme tchaikovskien, sans omettre sur le plan de l’articulation et de la transparence un travail qui renoue avec Munch et Karajan. Rien de moins (cd5).

 

 

 

Faune pointilliste, direction féline

 

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L’ascension du jeune oriental trĂšs amĂ©ricanisĂ© ne tarde pas : directeur du festival de Ravinia (1964-1968), Seiji Ozawa devient directeur musical du Toronto Symphony orchestra ((1965-1969), du San Francisco Symphony (1970-1976), du Boston Symphony (depuis 1972 et jusqu’en 2002), de l’OpĂ©ra de Vienne (2002-2010). Ozawa a fondĂ© le New Japan Phiharmonic (1972), l’Orchestre Saito Kinen (littĂ©ralement en hommage Ă  Saito, 1984) , le festival de Matsumoto (1992) enfin en 2003, une nouvelle compagnie lyrique, the Tokyo Opera Nomori. DiminuĂ© Ă  cause d’un cancer Ă  l’oesophage, Ozawa a rĂ©duit ses engagements depuis 2010, revenant peu Ă  peu Ă  la vie musicale et honorant ses nombreuses responsabilitĂ© dans son pays, le Japon, et dĂ©clarant non sans humour, “Je vais essayer au maximum de m’empĂȘcher de mourir”.
Erato rĂ©Ă©dite l’ensemble de son hĂ©ritage enregistrĂ© depuis 1969 (Rimski, Bartok, KodĂĄly, Janacek, Lutoslawski Ă  Chicago), jusqu’Ă  Shadows of time de Dutilleux dont il a pilotĂ© la crĂ©ation Ă  Boston en 1997…

 

Le Boston Symphony est particuliĂšrement Ă  l’honneur dans ce corpus (30 ans de collaboration quand mĂȘme) mais aussi d’autres phalanges qui rĂ©vĂšlent l’adaptabilitĂ© et l’aisance du chef Ozawa Ă  relever les dĂ©fis de la direction d’orchestres aux profils diffĂ©rents : Chicago Symphony orchestra, Orchestre de Paris, Orchestre National de France, Berliner Philharmoniker, London Philharmonic Orchestra, Philharmonia, London Symphony orchestra, Japan Philarmonic orchestra… Ozawa Ă©tend son rĂ©pertoire aux oeuvres rares (Concerto pour violon de Sibelius et de Bruch (avec la soliste Masuko Ushioda), et surtout japonaises (Ă©videmment Takemitsu est ses climats supendus filigranĂ©s, certaines oeuvres nĂ©cessitant des instruments traditionnels (dans So-Gu II de Ishii). Mais mĂȘme lorsqu’il dirige son compatriote Takemitsu, Ozawa renoue avec la couleur et le sens du timbre, idĂ©al français (car Takemitsu doit beaucoup Ă  Ravel et Debussy).
A la tĂȘte de chaque phalange, malgrĂ© sa singularitĂ© voire l’ampleur de ses effectifs, le geste d’Ozawa prĂ©serve la transparence, la clartĂ© des couleurs, une prĂ©cision aussi d’horloger qui pourtant sait tempĂ©rer sa mĂ©trique trop rigide pour favoriser le souffle, la respiration intĂ©rieure, une certaine vision Ă  la fois organique et pointilliste des partitions. En faune inspirĂ©, Ozawa a toujours su instiller et transmettre une pulsation dynamique Ă©tonnamment alerte et vive voire agile et nerveuse : sa direction de fĂ©lin le caractĂ©rise principalement.

 

 

ozawa seiji chef orchestre maestro coffret review classiquenews 2015A Tanglewood, approchant Copland, Ozawa reçoit le goĂ»t de la musique amĂ©ricaine du XXĂšme siĂšcle : plusieurs gravures de ce coffret Warner en tĂ©moignent clairement : Concertos pour violon de Barber (avec Itzhak Perlman), de Earl Kim et Robert Starer, SĂ©rĂ©nade de Bernstein (hommage Ă  son maĂźtre)… Chez les français, Ozawa allie sa maĂźtrise rythmique, son sens des couleurs, Ă  une intelligence de l’architecture totalement inĂ©dite, ses correspondances intĂ©rieures ; une telle affinitĂ© explique qu’il s’est particuliĂšrement engagĂ© pour la crĂ©ation des oeuvres de Dutilleux et Messiaen : de ce dernier, crĂ©ation dĂšs 1966 des Sept Haikai, spĂ©cilisation Ă  peine voilĂ©e dans l’interprĂ©tation de la TurangalĂźla Symphonie, avant l’accomplissement lyrique spectaculaire, la crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Bastille de Saint-François d’Assise en 1983. Il restait un nouveau volet Ă  se polyptique impressionnant : Le Temps l’horloge de Dutilleux crĂ©Ă© au TCE avenue Montaigne, lieu emblĂ©matique de la modernitĂ© depuis Le Sacre, en 2009 (RenĂ© Fleming et le National de France).

 

Parmi les partenaires, outre la violoniste dĂ©jĂ  citĂ©e, Masuko Ushioda (Sibelius, 1971), citons les grands partenaires du maestro : Alexis Weissenberg (Concerto de Ravel, 1970, avec l’Orchestre de Paris ; Rhapsodie in blue de Gershwin, 1983 avec le Berliner Philharmoniker), Michel BĂ©roff (Stravinsky, 1971), Itzhak Perlman (Wieniawski, 1971 ; Kim et Starer, Boston, 1983 ; Barber, 1994 ; Gagneux et Shchedrin, 1994), Vladimir Spivokov (Tchaikovsky, 1981),  Anne-Sophie Mutter (Symphonie espagnole de Lalo, National de France, 1984), surtout Mitslav Rostropovitch (Concertos de Dvorak, 1985 ; de Prokofiev et Shostakovitch, 1987 ), …

 

 

OZAWA maestro felin CLASSIQUENEWS portrait juillet aoĂ»t 2015 Le-chef-d-orchestre-Seiji-Ozawa-de-retour_article_landscape_pm_v8Comparaison Ă©difiante, l’Ă©coute comparative des deux versions de L’Oiseau de feu (ballet intĂ©gral) : Ă  9 annĂ©es d’intervalle ; d’abord avec l’Orchestre de Paris en avril 1972, puis avec le Boston Symphony orchestra en avril 1983. CiselĂ©e, et pourtant prenante, comme inscrite dans un matĂ©riau souterrain, la direction Ă©merveille par le sens du climat, de la transparence, dĂ©taillant chaque accent instrumental en une mosaĂŻque de couleurs Ă©tonnamment lisible : du grand art, pointilliste et dramatique. La Supplication de l’Oiseau (CD10, plage 6) allie la dĂ©finition des timbres (bois et cordes), les nuances et le sens de l’Ă©coulement en une danse envoĂ»tante portĂ©e Ă  incandescence… A Boston, 9 ans plus tard, autre orchestre autre Ă©quilibre : la sonoritĂ© s’est arrondie, disposant d’un orchestre moins nerveux, les dĂ©tails qu’y distille maĂźtre Ozawa sont plus flous mais non moins prĂ©cisĂ©ment Ă©noncĂ©s, avec toujours ce sens scintillant des atmosphĂšres, canalisant la tension en une formidable machinerie narrative : un faune ensorceleur qui de l’une Ă  l’autre gravure, maintient ici et lĂ  une Ă©tonnante capacitĂ© Ă  exprimer dans la clartĂ© et aussi l’absolu mystĂšre : Ă©loge de l’action et de l’ombre. Saisissant : Ozawa sait faire sonner chaque qualitĂ© de l’Orchestre, de Paris Ă  Boston. Aucun doute lĂ  dessus, l’Ozawa des annĂ©es 1970 est d’un acier Ă©tincelant, qui souffle une fiĂšvre dĂ©taillĂ©e vif argent, architecturĂ©e, “pointilliste” comme le chatoiement d’un Seurat et aussi l’Ă©clat scintillant organique d’un Titien : ce coffret qui regroupe la majoritĂ© des enregistrements de cette dĂ©cade miraculeuse forme un corpus incontournable.