SAUL version KOSKY au Châtelet

SAUL-DAVIS-oratorio-opera-handel-critique-opera-classiquenewsPARIS, Châtelet : 21 – 31 janv 2020. SAUL, Kosky. La mise en scène du luxuriant metteur en scène australien Barrie Kosky, dans cette production crĂ©Ă©e initialement pour Glyndebourne Ă  l’étĂ© 2015, fusionne non sans rĂ©ussite la musique baroque Ă  une chorĂ©graphie contemporaine, avec costumes somptueux revisitĂ©s dans l’esprit XVIIIè style Monty Python. Il en rĂ©sulte une manière de fĂ©erie flamboyante mais jamais outrĂ©e, dont les effets et accents collectifs (qui laisse une belle place au choeur … acteur primordial comme toujours chez Haendel) amplifient rythmes et saillies d’une musique certes d’oratorio, mais souvent plus expressive voire exacerbĂ©e qu’à l’opĂ©ra. La signature de Barrie Kosk, directeur de la Komische Oper de Berlin, rĂ©gĂ©nère le genre et lui insuffle une vitalitĂ© inexistante avant lui.
Le livret est signé Charles Jennens : il met en lumière l’esprit sombre, jaloux, âpre de Saul, qui bascule bientôt dans la folie.
L’oratorio style entertainment, déluré, mais poétique, comme une revue de cabaret, a ainsi voyagé au Festival d’Adelaïde en 2017 et à Houston en 2019, après un deuxième passage au Festival de Glyndebourne en 2018. Kosky a commencé sa carrière à l’opéra avec l’Orfeo de Monteverdi que dirige René Jacobs en 2003 au Festival d’Innsbruck.

 

 

 

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6 représentations au Châtelet
21 > 31 janvier 2020, 20h
RESERVEZ directement sur le site du Châtelet
https://www.chatelet.com/programmation/saison-19-20/saul/

Production du Glyndebourne Festival 2015
En anglais surtitré

 

 

Laurence Cummings, direction
Barrie Kosky, mise en scène

SaĂĽl / Apparition Samuel : Christopher Purves
Merab : Karna Gauvin
Michal : Anna Devin
Jonathan : Benjamin Hulett
David : Christopher Ainslie
Le Grand Prêtre / Doeg / Abner / un amalécite : Stuart Jackson
La sorcière d’Endor : John Graham-Hall

Danseurs
Robin Gladwin, Ellyn Hebron, Merry Holden, Edd Mitton, Yasset Roldan, Gareth Mole , Damian Czarnecki (Doublure danseur)

Les Talens lyriques

 

 

 

 

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VIDEO avec le contreténor britannique Iestyn DAVIES qui chantait à Glynebourne le rôle de David

https://www.glyndebourne.com/festival/video-iestyn-davies-live-at-glyndebourne/

 

 

 

 

SAUL par Barrie KOSKY

handel-haendel-portrait-classiquenewsParis, Châtelet, Haendel : SAUL. B KOSKY, 21-31 janv 2020. Le roi Saül accueille avec jalousie le retour de David qui vient de terrasser Goliath. Ses deux filles et son fils ne le comprennent pas et le drame se noue autour de la folie meurtrière dans laquelle Saül s’enferme. L’oratorio de Haendel est un drame biblique basé sur le livre de Samuel, composé en 1739 par Haendel au faîte de sa gloire en Angleterre : le Saxon a désormais conquis son public tout en inventant un nouveau genre, prolongement réussi de ses tentatives d’opéra italien : l’oratorio anglais. La production de Barrie Kosky, produite par le Festival de Glyndebourne en 2015, est haute en couleurs avec ses costumes étincelants se détachant d’un fond noir et d’un sol recouvert de terre. A la tête de la Komische Oper de Berlin dont il est le directeur général, Barrie Kosky revisite les œuvres du répertoire de manière véritablement novatrice avec audace et intelligence. Sa « mise en scène libre, inventive renouvelle la perception du drame haendélien. A voir de toute évidence.

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PARIS, Théâtre du Châteletboutonreservation
Grande Salle
Les 21, 23, 25, 27, 29 et 31 janv 2020

https://www.chatelet.com/programmation/saison-19-20/saul/

https://www.chatelet.com/programmation/saison-19-20/saul/

 

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SaĂĽl / Apparition Samuel : Christopher Purves
Merab : Karina Gauvin
Michal : Anna Devin
Jonathan : Benjamin Hulette
David : Christopher Ainslie
Le Grand Prêtre / Doeg / Abner / un amalécite : Stuart Jackson
La sorcière d’Endor : John Graham Hall
Danseurs… Robin Gladwin, Ellyn Hebron, Merry Holden, Edd Mitton, Yasset Roldan, Gareth Mole
Chœur du Châtelet
Les Talens lyriques
Laurence Cummings, direction

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COMPTE-RENDU, oratorio. BEAUNE, Basilique Notre-Dame, le 6 juillet 2019. Haendel : Saül. Zasso, Watson…LG Alarcon

Les oratorios de HaendelCOMPTE-RENDU, oratorio. BEAUNE (Festival), Basilique Notre-Dame, le 6 juillet 2019. Haendel : Saül. Leonardo Garcia Alarcon… Beaune poursuit avec bonheur son cycle Haendel, ce qui nous vaut, pour cette 37ème édition, Saül, le Dixit Dominus, et Serse. 48h après Namur, le Festival nous offre ce chef d’oeuvre sous la direction de Leonardo Garcia Alarcòn. Ecrit juste après Serse, que le festival produira le 19 juillet, c’est un oratorio, certes, par la volonté du compositeur de poursuivre ses succès en passant par l’église, mais certainement plus proche de la scène qu’on ne feint généralement de reconnaître. Tel n’est pas le cas de Leonardo Garcia Alarcon, car ne manquent que les décors et un metteur en scène, tant tous sont habités par leur personnage, pour en faire un véritable opéra.

 

 

A BEAUNE, UN SAUL INCANDESCENT

Chacun connaît l’histoire de David, de sa victoire sur Goliath, de l’amour de Jonathan, de la haine de Saül, auquel il succédera. Habilement, le librettiste a ajouté une figure féminine au texte biblique, Merab, dont il fait la sœur aînée de Michal, fille de Saül, que le roi veut unir à David. A la jalousie féroce du souverain à son endroit s’ajoutent donc la relation de David à Jonathan, mais aussi les sentiments amoureux des jeunes femmes.
L’ouvrage est l’un des plus ambitieux, des plus aboutis, du compositeur. Renonçant à l’opéra italien pour l’oratorio dramatique, il fait de ce dernier un opéra biblique d’une force expressive singulière. Si l’ouverture en donne le ton, les riches et majestueux anthems qui ouvrent et ferment l’ouvrage encadrent l’action. Celle-ci culmine à la troisième scène du premier acte, lorsque Saül laisse libre cours à sa haine à l’endroit de David, rentré vainqueur. L’autre sommet se situe, symétriquement, lorsqu’il consulte la sorcière d’Endor, qui va faire apparaître Samuel, lequel révélera au roi sa destinée funeste. Le chef a choisi de ne conserver qu’un entracte, qu’il a placé judicieusement entre les deux duos que partagent David et Mikal, la seconde partie étant ouverte par une ample symphonie avec l’orgue concertant. Quelques menues coupures n’altèrent pas l’œuvre.
Dominant tout l’ouvrage, Christian Immler est Saül, qu’il vit avec une intensité singulière. Tout est là pour ce rôle périlleux, où le roi, imbu de son pouvoir, jaloux, rageur, calculateur, sombre dans une folie meurtrière : voix sonore dans tous les registres, bien timbrée, projetée à souhait. Son engagement dramatique est exemplaire. Qu’attend un producteur pour le mettre en scène ? En pleine possession de ses moyens, Lawrence Zasso incarne magistralement David. La voix est puissante, chargé de séduction, souple et expressive, y compris jusqu’à son accès de violence où il fait exécuter le messager funeste. Dès son O godlike youth, Ruby Hughes impose cette figure attachante de Michal, fraîche, aimante mais aussi résolue. Merab, son aînée est ici complexe, impressionnante d’autorité, passant de l’orgueil à la compassion, Katherine Watson, dans son répertoire d’élection comme dans sa langue, donne chair à son personnage. Samuel Boden incarne avec justesse, ardeur et conviction la figure attachante de Jonathan. Ses accompagnati, ses nombreux récits, puis son air Sin not, o King, suivi de From cities storm’d sont autant de bonheurs. Les autres rôles sont dévolus aux artistes du chœur, en tous points remarquables, de la soprano solo à laquelle est confié le premier air (An infant rais’d) au Grand-prêtre. Une mention spéciale pour la sorcière d’Endor dont le timbre si surprenant, au service d’un récit et d’une invocation stupéfiante, ne laisse aucune ambigüité à son caractère maléfique, surnaturel. Le Chœur de chambre de Namur, dont on connaît l’excellence, se joue de toutes les difficultés de la partition pour une expression qui participe de la force de ce chef d’œuvre.
L’orchestre, seul (pour six interventions dont la célèbre marche funèbre) ou partenaire des solistes et du chœur, est également remarquable par ses qualités collectives, comme celles de chacun de ses musiciens. Le Millenium Orchestra nous offre ainsi des passages concertants où les solistes (orgue, flûte, harpe, violoncelle, bassons) se situent au meilleur niveau.
Leonardo Garcia Alarcon ne fait qu’un avec ses interprètes, et l’on perçoit de façon constante cette communion qui nous vaut cette réussite incontestable. La direction est claire, expressive, précise, attentive à chacun et à tous : un modèle. Le public, enthousiaste, leur réserve un triomphe

 

 
 

 

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COMPTE-RENDU, oratorio. BEAUNE (Festival), Basilique Notre-Dame, le 6 juillet 2019. Haendel : Saül. Leonardo Garcia Alarcon – Christian Immler, Lawrence Zasso, Samuel Boden, Katherine Watson, Ruby Hugues. Illustrations : © Jean-Claude Cottier