Stiffelio de Verdi

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitFrance 2. VERDI : Stiffelio, jeudi 24 janvier 2019, minuit. MĂȘme en ses annĂ©es «  de galĂšre » (de 1842 Ă  1850) comme il le dit lui-mĂȘme, le jeune Verdi maĂźtrise comme personne la coupe frĂ©nĂ©tique et dramatique, rĂ©ussissant Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer par son nerf et sa fougue virile, le genre opĂ©ratique dans l’Italie romantique, bientĂŽt libĂ©rĂ©e du joug autrichien. Tous ses opĂ©ras, avec leur action qui porte la volontĂ© et l’autodĂ©termination des peuples rĂ©voltĂ©s, trouvent un Ă©cho immĂ©diat auprĂšs du peuple italienne, cette nation qui n’est pas encore unifiĂ©e mais qui est sur le point de l’ĂȘtre. On insistera jamais assez sur la modernitĂ© et l’actualitĂ© prĂ©Ă©minente des ouvrages verdiens Ă  leur Ă©poque. Verdi est en phase avec la vibration de son temps et rĂ©pond, entretient, nourrit l’élan libertaire et l’esprit rĂ©volutionnaire des Italiens.
En 8 années, le compositeur génial compose prÚs de 14 opéras, depuis le triomphe de Nabucco, son premier succÚs.
Conçu en 1850, quasi simultanĂ©ment Ă  Rigoletto, Stiffelio Ă©voque les souffrances d’un Pasteur trompĂ© par sa femme. Le sujet, scandaleux, dĂ©clencha les foudres de la censure : Verdi dut revoir sa copie originelle. L’amour, le devoir
 y forment un terreau fertile en confrontations et situations conflictuelles, entre Stiffelio (vrai tĂ©nor verdien, Ă  la fois passionnĂ© et tendre, d’une nouvelle Ă©paisseur psychologique) et son Ă©pouse Lina. Au couple principal (Stiffelio / Lina), Verdi imagine aussi, celui du pĂšre et de sa fille, Stankar / Lina, tout autant fouillĂ© et bouleversant : leurs scĂšnes trĂšs ciselĂ©es, rĂ©vĂ©lant une relation profonde et complexe, annoncent sur le mĂȘme thĂšme, – pĂšre / fille, Rigoletto (Gilda), ou Simon Boccanegra (Amelia)
 ne relation essentielle dans les opĂ©ras de maturitĂ© de Verdi, lui-mĂȘme, ayant Ă©tĂ© particuliĂšrement foudroyĂ© par le destin car il perdit son Ă©pouse et ses deux filles

A Venise, la mise en scĂšne de Johannes Weigand, dans cette production prĂ©sentĂ©e en 2016 Ă  La Fenice, reste claire et intense, rĂ©duite Ă  un immense portail mĂ©tallique, ouvert ou fermĂ© selon les sĂ©quences dramatiques, Ă©voquant le temple oĂč prĂȘche Stiffelio, le cimetiĂšre, l’intĂ©rieur du chĂąteau


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Argument / Synopsis :

Le pasteur Stiffelio prĂŽne la vertu et l’amour fraternel, alors qu’il est trahi par son Ă©pouse laquelle aime passionnĂ©ment le jeune aristocrate Raffaele. Le pĂšre de Lina est personnellement affectĂ© par la dĂ©loyautĂ© de sa fille Lina : il assassinera son amant. ConfrontĂ©s Ă  ce crime dĂ©sastreux et injuste pour la victime, Stiffelio et Lina se retrouvent, savent se pardonner
 dans l’amour de Dieu.

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France 2: “Au clair de la lune” – “Stiffelio” de Giuseppe Verdi – jeudi 24 janvier 2019 Ă  minuit

OpĂ©ra en trois actes de Giuseppe Verdi‹sur un livret de Francesco Maria Piave,  d’aprĂšs Le Pasteur ou l’Ă©vangile au foyer d’Émile Souvestre et EugĂšne Bourgeois,  crĂ©Ă© le 16 novembre 1850 au Teatro Grande de Trieste.

Orchestre et chƓur de La Fenice de Venise
Direction musicale : Daniele Rustioni
ChƓur et Orchestre du Teatro La Fenice
Mise en scĂšne : Johannes Weigand

Distribution
Stiffelio : Stefano Secco
Lina : Julianna Di Giacomo
Stankar : Dimitri Platanias
Raffaele : Francesco Marsiglia
Jorg : Simon Lim
Federico di Frengel : Cristiano Olivieri
Dorotea : Sofia Koberidze

Enregistré en janvier 2016, au Teatro La Fenice

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VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402NOTRE AVIS. Nul doute que le nerf du jeune chef Daniele Rustioni apporte Ă  cette production de Stiffelio, opĂ©ra mĂ©connu mais superbe en intensitĂ©, l’énergie idĂ©ale. Dans cette version de 1850, et sur le livret de Piave, qui Ă©crit aussi celui de Rigoletto contemporain, la partition Ă©blouit par sa coupe dramatique, faisant se succĂ©der duos, trios, quatuor (jusqu’au septuor), sans interruption et avec une rĂ©elle gradation expressive et musicale, que permet quand elle est servie parfaitement, l’écriture continue d’un Verdi peu adepte des airs fermĂ©s. Comme Luisa Miller d’aprĂšs Schiller, Stiffelio est un drame noir, oĂč les passions s’embrasent et crĂ©pitent. Vivant, percutant, Ă  l’aise dans le rĂŽle-titre, le tĂ©nor Stefano Secco relĂšve le dĂ©fi de la passion noire qui traverse l’esprit impuissant du prĂȘtre dĂ©muni (mĂȘme s’il est missionnĂ© par Dieu). On note un lĂ©ger manque de naturel chez la Lina de Julianna Di Giacomo et chez le Stankar de Dimitri Platanias dont le bronze vocal cependant emporte l’adhĂ©sion. Leur couple vocal gagne en vraisemblance et intensitĂ©. Production rĂ©alisĂ©e Ă  la Fenice en janvier et fĂ©vrier 2016. DurĂ©e : 2h

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Compte-rendu, opéra. PALERME, 16 oct 2018. VERDI : Rigoletto, Teatro Massimo. Stefano Ranzani / John Turturro

Compte-rendu, opĂ©ra. PALERME, 16 oct 2018. VERDI : Rigoletto, Teatro Massimo. Stefano Ranzani / John Turturro… Les femmes y sont rĂ©duites Ă  des objets de convoitise, les courtisanes, Ă©videmment, mais aussi Gilda, Maddalena, Giovanna comme la Comtesse de Ceprano. L’histoire du Roi s’amuse, reprise par Piave et Verdi, est connue. Gilda est broyĂ©e entre l’amour possessif et oppressif de son pĂšre et son premier amour pour un libertin dĂ©bauchĂ©. Mais le personnage essentiel, qui a donnĂ© son nom Ă  l’opĂ©ra, est bien Rigoletto, le bouffon complice du dĂ©pravĂ© duc de Mantoue. Ironie du sort, l’instigateur de l’enlĂšvement de la Comtesse de Ceprano sera celui de sa propre fille. Fascinant par les multiples composantes de sa personnalitĂ©, complexĂ© par sa difformitĂ©, amuseur cynique, entremetteur, Triboulet-Rigoletto est aussi un pĂšre aimant, qui nous Ă©meut par ses souffrances.

 
 

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Le Teatro Massimo de Palerme, pour cette nouvelle production, a fait appel Ă  John Turturro, dont le nom est attachĂ© au cinĂ©ma, qui rĂ©alise ici sa premiĂšre incursion dans le domaine lyrique. Brillante et sobre, humble, propre Ă  satisfaire tous les publics, sa mise en scĂšne respecte les cadres souhaitĂ©s par Piave et Verdi , sans pour autant tomber dans une reconstitution datĂ©e. Classique, mais jamais redondante, c’est toujours un plaisir pour l’oeil. Le premier acte se dĂ©roule dans un palais Ă  l’abandon. Quelques uns des cadres monumentaux qui ornent le mur de fond de scĂšne sont tombĂ©s, l’un d’eux est brisĂ©. La dĂ©construction lente du monde rĂ©aliste va concentrer l’attention sur les personnages. Le castellet de la chambrette oĂč Gilda est recluse, comme le bouge de Sparafucile et Maddalena, d’un rĂ©alisme cru, s’oublient vite, comme le recours frĂ©quent Ă  l’opacitĂ© des fumĂ©es qui captent la lumiĂšre.

 
   
 

Un opéra des hommes ?

 
 
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L’ensemble fonctionne. Les costumes portent la marque d’une aristocratie ancienne, sans pour autant ĂȘtre datĂ©e. Leur beautĂ©, sans ostentation, leur simplicitĂ©, leur caractĂ©risation, qui permet d’identifier chacun des personnages, tout concourt Ă  la comprĂ©hension du drame dont nous sommes les tĂ©moins. Le choix des couleurs n’y est pas Ă©tranger. Ainsi le rouge de la cape de Monterone, qui porte la malĂ©diction, se retrouve-t-il dĂ©voilĂ© progressivement lorsque Gilda va mourir dans les bras de son pĂšre. Jamais la moindre vulgaritĂ©, malgrĂ© la dĂ©bauche du Duc et de ses compagnons, malgrĂ© la violence de telle scĂšne. Le melodramma n’est pas du grand guignol. La direction d’acteur, particuliĂšrement soignĂ©e, respecte le naturel tout en composant des ensembles plus beaux les uns que les autres. A cet Ă©gard, il faut souligner la participation opportune du corps de ballet, aux deux premiers actes, qui s’intĂšgre habilement Ă  la suite du Duc.
Plusieurs distributions sont offertes, dont les premiers rĂŽles se combinent, pour les huit reprĂ©sentations (en 9 jours). Rigoletto connaĂźt ainsi trois de ses meilleurs interprĂštes : Leo Nucci, dont la santĂ© physique et vocale force l’admiration, George Petean et Amarturshwin Enkhbat, le benjamin dĂ©jĂ  consacrĂ©. Ce sera ce dernier que nous Ă©couterons, avec Ruth Iniesta en Gilda, et Ivan Ayon Rivas comme Duc de Mantoue. SinguliĂšrement, aucun chanteur italien pour les trois premiers rĂŽles, mais, rassurons-nous : leur italien est en tous points parfait et les chanteurs de la pĂ©ninsule se partagent les dix autres rĂŽles. La distribution de ce soir se distingue par sa jeunesse et son engagement.
Enkhbat Amartuvshin est un baryton mongol, consacrĂ© par de nombreux et prestigieux prix. Familier du rĂŽle sur les grandes scĂšnes italiennes, il est peu connu en France, oĂč on finira bien par le dĂ©couvrir. Sa voix est sonore, colorĂ©e et trouve toutes les inflexions pour traduire toutes les expressions du personnage. L’aigu est facile, puissant sans jamais sentir l’effort, le legato admirable, assorti d’un phrasĂ© noble et d’une Ă©mission oĂč la plainte est sincĂšre. Un trĂšs grand baryton verdien, du plus haut niveau. Ses qualitĂ©s dramatiques nous valent un Rigoletto crĂ©dible, juste et Ă©mouvant. Ivan Ayon Rivas, tĂ©nor pĂ©ruvien, a la prestance, la projection, les aigus faciles qui lui permettent de camper un Duc de Mantoue, assurĂ©, sĂ©ducteur et jouisseur dĂ©sinvolte. La voix est puissante, jeune, lumineuse. Son physique de jeune premier renforce sa crĂ©dibilitĂ© dramatique. « La donna Ăš mobile », a la vaillance attendue. Le « Questa o quella », morceau de bravoure, soulĂšve l’enthousiasme. Gilda est espagnole. Ruth Iniesta, a la lĂ©gĂšretĂ©, la fraĂźcheur, l’agilitĂ© et les colorature qui font oublier les caricatures que donnent certaines sopranos dramatiques de cette adolescente. Son « Caro nome », oĂč elle rĂȘve de son bien-aimĂ© Gualtier MaldĂ©, traduit Ă  merveille sa puretĂ© comme sa sensualitĂ© naissante. Luca Tittolo, le tueur Ă  gages Sparafucile, est remarquable et fait forte impression. La voix est ample, profonde, tranchante et agile, sa large tessiture lui permet une aisance constante. Le beau contralto de Martina Belli et son physique Ă  ensorceller le diable nous valent une Maddalena plus vraie que nature. La voix est sonore, chaude, corsĂ©e. On regrette presque que Verdi attende les ensembles du dernier acte pour nous l’offrir. Aucune faiblesse n’est Ă  relever dans les seconds rĂŽles que l’on ne dĂ©taillera pas. Les choeurs sont superbes d’aisance vocale et dramatique, de cohĂ©sion et de prĂ©cision.

 
 
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C’est Ă  Stefano Ranzani, grand chef lyrique dont le nom est attachĂ© Ă  celui de Verdi, que l’on doit ce grand moment d’Ă©motion partagĂ©e. Familier de l’oeuvre, dont il connaĂźt chaque phrase comme la construction dramatique, il nous offre un modĂšle de direction, fine, racĂ©e, intense. Tout est lĂ , les progressions, les textures, les phrasĂ©s, avec une attention portĂ©e Ă  chacun. On imagine le plaisir des interprĂštes Ă  chanter et jouer sous sa conduite. Le geste, clair, prĂ©cis, dĂ©monstratif, est efficace, sĂ©curisant dans son accompagnement de chacun, mais surtout communique une incroyable Ă©nergie qui nous vaut la plus large palette de nuances, assorties d’une Ă©lĂ©gance rare.
Une captation de cette réalisation exceptionnelle est visible sur OperaVision, avec un autre trio de solistes (Georges Petean, Stefan Pop et Maria Grazia Schiavo), moins jeunes, mais tout aussi valeureux.
La production migrera au Teatro Regio de Turin, Ă  l’opĂ©ra de Shanxi, puis Ă  l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge, coproducteurs. A ne pas rater !

 
   
 

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Compte-rendu, opéra. PALERME, 16 oct 2018. VERDI : Rigoletto, Teatro Massimo. Stefano Ranzani / John Turturro

 
   
 

Compte rendu, opéra. Paris. Opéra Bastille. 14 avril 2016. G. Verdi : Rigoletto. Olga Peretyatko, Claus Guth,Nicola Luisotti

Retour de Rigoletto de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille ! Premier volet de la trilogie dite « populaire » de Giuseppe Verdi, la nouvelle production signĂ©e Claus Guth, faisant ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra, compte avec une distribution d’Ă©toiles montantes du firmament lyrique international, notamment la soprano Olga Peretyatko faisant Ă©galement ses dĂ©buts dans la maison parisienne. Le chef toscan Nicola Luisotti assure la direction musicale, sans doute l’un des apports les plus rĂ©ussis de l’Ă©vĂ©nement fortement attendu mais finalement dĂ©cevant… ma non troppo !

Rigoletto et Gilda trĂšs convaincants

« Je ne suis pas ce que je suis… » ou rien du tout !
Rigoletto rigolo, ma non tanto...

verdi rigoletto epure efficace avril 2016 review critique classiquenewsl-opera-bastille,M324734On a tendance Ă  insister sur l’aspect novateur de l’opus, avec son penchant pour les scĂšnes plus que pour les airs, ainsi que par son inspiration historique et littĂ©raire d’aprĂšs Le Roi s’amuse de Victor Hugo. En vĂ©ritĂ©, l’Ɠuvre, crĂ©Ă©e Ă  Venise au printemps de l’annĂ©e 1851, bien que d’une efficacitĂ© insolente en ce qui concerne la caractĂ©risation musicale des personnages -le don de Verdi s’il fallait n’en choisir qu’un seul-, orbite autour du duo (et non de l’air, ni de la scĂšne vĂ©ritablement), et le texte, si Ă©tonnant soit-il, Ă©crit par Francesco Maria Piave, a dĂ» ĂȘtre remaniĂ© au millimĂštre prĂšs, Ă  la demande du compositeur. Dans le programme de l’opĂ©ra l’attention est portĂ©e sur les changements imposĂ©s par la censure, fait anecdotique indĂ©niable et tout Ă  fait intĂ©ressant, mais question quelque peu banale compte tenue de sa frĂ©quence au XIX Ăšme siĂšcle. N’est pas abordĂ© le fait que Verdi, si novateur fut-il en 1851, sollicite son librettiste, exigeant des changements extrĂȘmement formels comme l’usage des hendĂ©casyllabes obligĂ©s et des dĂ©casyllabes (vers de 11 et 10 syllabes respectivement).

En l’occurrence, la production du metteur en scĂšne allemand Claus Guth, paraĂźt suivre tout naturellement ce mĂȘme cheminement du formalisme en guise d’innovation. Nous avons donc le droit a une transposition scĂ©nique modeste qui paraĂźt ne pas ĂȘtre ce qu’elle est, qui brille par des clichĂ©s so has been d’une impressionnante banalitĂ©. Une production dont la modernitĂ© se dĂ©montre par l’usage d’un dĂ©cor unique, un carton, le domaine du clochard qu’est devenu Rigoletto, et par des petites touches on ne peut plus galvaudĂ©es comme la revue cabaret toute paillettes, toute trivialitĂ© lors de l’archicĂ©lĂšbre morceau du tĂ©nor « La Donna Ăš mobile », entre autres. S’il fallait choisir une qualitĂ© de la proposition scĂ©nique, remarquerons le travail d’acteur, poussĂ© et rĂ©ussi dans la plupart des cas. Or, nous n’expliquons toujours pas la perplexitĂ© du fait que l’Ă©quipe artistique de la mise en scĂšne, 100% importĂ©e, au passage, soit composĂ©e de 7 collaborateurs, y compris un dramaturge (!)… Tant de monde pour si peu ? Bien que nous ne cautionnons pas les huĂ©es du public au moment des saluts, nous sympathisons avec leur insatisfaction.

Heureusement il y a la musique. Olga Peretyatko dans le rĂŽle de Gilda est tout Ă  fait exemplaire ! Outre l’agilitĂ© vocale virtuose et son style belcantiste irrĂ©prochable, elle se montre aussi belle et bonne actrice, et rĂ©ussit Ă  remplir l’immensitĂ© de Bastille avec son chant, merveilleusement agrĂ©mentĂ© de trilles et autres effets spĂ©ciaux, dans l’aigu comme dans le mĂ©dium. Son air au premier acte « Caro nome », est un sommet d’expression et de virtuositĂ©. Le Rigoletto du baryton Quinn Kelsey est une rĂ©vĂ©lation ! Excellent acteur, il est tout aussi touchant dans sa caractĂ©risation musicale, et ses duos avec Gilda sont d’une grande intensitĂ©. Le jeune tĂ©nor amĂ©ricain Michael Fabiano interprĂšte le rĂŽle du Duc. Bien qu’il soit charmant ; son attitude, espiĂšgle – laquelle convient au personnage, il rĂ©ussit beaucoup mieux le cĂŽtĂ© presque swing de sa partition lors du « Questa o quella… » au 1er acte, avec une bonne science du rythme, que le trop populaire air « La donna Ăš mobile » au 3 Ăšme, oĂč il fait preuve d’une affectation … insupportable. Cependant, lors du quatuor concertato au 3 Ăšme acte (« Bella figlia dell’amore »), l’un des moments forts du drame, sinon le plus fort de la reprĂ©sentation, son timbre et son style ne sont plus dĂ©sagrĂ©ables. Les rĂŽles secondaires sont eux plutĂŽt Ă©quilibrĂ©s et rĂ©ussis. Remarquons particuliĂšrement la Maddalena de Vesselina Kasarova avec un je ne sais quoi de veloutĂ© dans sa voix, ou encore le fantastiquement macabre Sparafucile de la basse polonaise Rafak Siwek, faisant des heureux dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra National de Paris.

L’Orchestre de l’OpĂ©ra sous la direction du chef Nicola Luisotti est d’une prĂ©cision Ă©tonnante et participe au maintien d’une certaine cohĂ©rence musicale (la seule qui fut, moins le tĂ©nor…). Bien que Verdi ait composĂ© l’orchestration de l’Ɠuvre pendant les rĂ©pĂ©titions (!), elle est d’une grande efficacitĂ© et la phalange parisienne l’interprĂšte avec soin et limpiditĂ©, Ă©loquence et habilitĂ©. Une production dont la musique, que ce soit l’orchestre ou les heureuses performances d’un Rigoletto ou d’une Gilda, cautionne le dĂ©placement !

A voir Ă  l’OpĂ©ra Bastille encore les 17, 20, 23, 26 et 28 avril 2016 ainsi que les 2, 5, 7, 10, 14, 16, 21, 24, 27 et 30 mai 2016, avec diffĂ©rentes distributions (consulter le site de l’OpĂ©ra national de Paris, OpĂ©ra Bastille).

 

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra Bastille. 14 avril 2016. G. Verdi : Rigoletto. Olga Peretyatko, Quinn Kelsey, Michael Fabiano… Orchestre et choeur de l’OpĂ©ra de Paris. Claus Guth, mise en scĂšne. Nicola Luisotti, direction musicale.

Compte rendu, opéra. Paris, Opéra Bastille. Le 11 avril 2016. Verdi : Rigoletto. Olga Peretyatko, Claus Guth.

rigoletto-claus-guth-opera-critique-review-582FLASHBACK glaçant. Rigoletto inaugure le sommet du thĂ©Ăątre verdien, rĂ©alisĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1850, soit au milieu triomphant du siĂšcle romantique, soulignant combien l’Italie aux cĂŽtĂ©s de la France et son temple lyrique Paris, reste le rgand foyer de la crĂ©ation d’opĂ©ras. Ainsi Rigoletto marque en 1851, cette trilogie mythique avec Il Trovatore et La Traviata (1853), oĂč Verdi redĂ©finit Ă  la fois le trio vocal soprano / tĂ©nor / baryton, jouant pour chaque Ă  modifier la donne psychologique, et aussi rĂ©invente la notion mĂȘme de drame musical. Rigoletto respecte en tous point la force et la violence de la piĂšce de Hugo qui est sa source (La Roi s’amuse) : la malĂ©diction primordiale (par le courtisan exilĂ© banni Monterone), l’insouciance Ă©courante du prince et de ses courtisans, la relation pĂšre-fille… tout cela est prĂ©sent, sublimĂ©, transfigurĂ© dans la machinerie thĂ©Ăątrale verdienne.

Claus Guth relit aussi le thĂšme selon une vision rĂ©trospective, en un flashback oĂč le vieux bouffon, Rigoletto, revit les grands moments de sa vie, en fait les plus tragiques puisqu’il s’agit de rĂ©activer ce moment traumatique oĂč par aveuglement et manipulation, il oeuvre pensant se venger de son ennemi, Ă  l’assassinat de sa propre fille, Gilda. Ici baryton et soprano sont les victimes du tĂ©nor (le Duc de Mantoue). Comme Losey imaginait un double – mais un ange noir- prĂ©sente permanente aux cĂŽtĂ©s de Don Giovanni, Guth conçoit un double pour Rigoletto, prĂ©sentant dĂšs le dĂ©part les 2 signes obsessionnels de cette tragĂ©die de la malĂ©diction (ou de l’aveuglement) : 2 habits, le costume du bouffon et la robe ensanglantĂ© de la victime Gilda.
Guth donne Ă  voir tout ce qui hante l’esprit concentrĂ©, secret des personnages : la machine infernale qui enserre pau Ă  peu sa victime (Rigoleto) dont elle fait malgrĂ© lui un criminel ; les fantasmes Ă©rotiques et parfaitement anecdotiques du jeune prince mantouan, figure artificielle et sans consistance, pervers pourtant forcenĂ©, tout hantĂ© et pilotĂ© par sa sexualitĂ© frĂ©nĂ©tique (avec scĂšne du Crazy horse oĂč pavanent des filles dĂ©nudĂ©s emplumĂ©s comme des cygnes blancs).
Rigoletto gagne de toute Ă©vidence par cette Ă©puration visuelle, une profondeur propre au traitement musical car le Triboulet de Hugo n’exprime pas une telle dĂ©route morale, un tel effondrement tragique en fin d’action, comparable Ă  la douleur du pĂšre tenant dans ses bras, le corps de sa fille morte, sacrifiĂ©e sur l’autel du cynisme humain.
Seule vĂ©ritablement le soprano expressif (moins angĂ©lique) d’Olga Peretyako insuffle une vraie Ă©paisseur au rĂŽle de Gilda dont elle fait une Ăąme dĂ©terminĂ©e Ă  rompre le silence du pĂšre vis Ă  vis de son passĂ© : les vraies raisons de l’Ă©mancipation – fatale- de la jeune fille, seraient donc liĂ©es non Ă  la sĂ©duction du prince pervers, mais Ă  la volontĂ© de Gilda de fuir l’omerta du foyer paternel; la vision est intĂ©ressante et restitue au drame verdien, la puissance de sa structure souterraine qui en fait un vrai drame psychologique. La Maddalena de Vesselina Kasarova, en figure noire et meneuse de revue pour les filles du Crazy, se distingue elle aussi. On le voit cette nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra Bastille vaut surtout pour la cohĂ©rence de sa mise en scĂšne et la valeur expressive des chanteuses. Les hommes (Rigoletto et le Duc) sont encore trop frĂȘles vis Ă  vis de leurs personnages. On attend une reprise prochaine de la production avec un casting plus Ă©quilibrĂ©e, et virilement, plus convaincant. Le chef Nicola Luisotti dirige lui aussi trop sagement une partition pourtant Ă©blouissante, nerveuse que d’autres chefs mieux inspirĂ©s et plus constants ont su conduire vers une juste incandescence.

Compte rendu, opĂ©ra. Paris, OpĂ©ra Bastille. Le 11 avril 2016. Verdi : Rigoletto. Michael Fabiano, Quinn Kelsey, Olga Peretyatko, Rafal Siwek, Vesselina Kasarova, Isabelle Druet, Mickail Kolelishvili, Michael Partyka, Christophe Berry, Tiago Matos, Andreas Soare, Adriana Gonzalez, Florent Mbia. Pascal Lifschutz. Orchestre et Chœoeurs de l’OpĂ©ra national de Paris. Nicola Luisotti, direction. Mise en scĂšne : Claus Guth.

Nouveau Rigoletto signĂ© Claus Guth Ă  l’OpĂ©ra Bastille

RIGOLETTO-hoempage-582-390-verdi-rigoletto-presentation-nouvelle-production-opera-classiquenews-582-390Paris, Bastille. Nouveau Rigoletto par Claus Guth : 9 avril-30 mai 2016. D’aprĂšs Le roi s’amuse de Hugo, Verdi aborde le thĂšme du politique et de l’arrogance punies dans leur propre rouage : ceux qui, intrigants crapuleux et mĂ©prisants, maudissent, punissent, invectivent ou ironisent, agressent ou ridiculisent, feraient bien re rĂ©flĂ©chir Ă  deux fois avant de dĂ©nigrer. Le bouffon nain Rigoletto paie trĂšs cher son arrogance : sa propre fille sera mĂȘme sacrifiĂ©e, dĂ©truite, immolĂ©e. Et le pauvre nain en son pouvoir dĂ©risoire n’aura en fin d’action que ses larmes pour rĂ©conforter le corps refroidi de Gilda, la fille qu’il aurait du protĂ©ger avec plus de discernement. Mais Verdi surprend ici moins dans le traitement de l’histoire hugolienne dont il respecte presque Ă  la lettre la fureur barbare, l’oeil critique qui dĂ©nonce l’horreur humaine Ă  vomir, que dans sa nouvelle conception du trio vocal romantique. Dans Rigoletto, le tĂ©nor n’est pas la victime mais le bourreau inconscient, ou plutĂŽt d’une insouciance irresponsable qui reste effrayante : le Duc de Mantoue s’il considĂšre la femme comme volage (souvent femme varie) chante en rĂ©alitĂ© pour lui-mĂȘme ; en paon superbe et narcissique, volubile et infidĂšle, sĂ©ducteur collectionneur, il viole la pauvre vierge Gilda, tristement enamourĂ©e ; la horde de serpillĂšres humaines qui lui sert de courtisans conclut le portrait de la sociĂ©tĂ© humaine : une arĂšne d’acteurs infects oĂč rĂšgne le dĂ©sir d’un prince lascif et inconsistant. Dans ces eaux opaques, Rigoletto pense encore s’en sortir.  Mais le stratagĂšme qu’il met en Ɠuvre en sollicitant le concours du tueur Ă  gages, Sparafucile, pour tuer le Duc se retourne indirectement contre lui : sa fille Gilda sera la victime d’une nuit de cauchemar (dernier acte).  Fantastique, musicalement efficace et mĂȘme fulgurante, la partition de Rigoletto impose dĂ©finitivement le gĂ©nie dramatique de Verdi, un Shakespeare lyrique.

Aux cĂŽtĂ©s du tĂ©nor inconsistant, le baryton et la soprano sont les deux victimes expiatoires d’une tragĂ©die particuliĂšrement cynique : emblĂšmes de cette relation pĂšre / fille que Verdi n’ a cessĂ© d’illustrer et d’éclaircir dans chacun de ses opĂ©ras : Stiffelio, Simon Boccanegra,


Passion Verdi sur ArteRigoletto Ă  l’opĂ©ra
 ce n’est pas la premiĂšre fois qu’un naif se fait duper et mĂȘme tondre totalement sur l’autel du pouvoir … Dans l’ombre du Duc, pensait-il qu’en singeant les autres, c’est Ă  dire en invectivant et humiliant les autres, il serait restĂ© intouchable ? Le nain croyait-il vraiment qu’il avait sa place dans la sociĂ©tĂ© des hommes ? La Cour ducale de Mantoue, le lieu oĂč se dĂ©roule le drame, semble incarner la sociĂ©tĂ© toute entiĂšre : chacun se moque de son prochain, et celui qui ridiculise, de moqueur devient moquĂ©, nouvelle dupe d’un traquenard qu’il n’avait pas bien analysé  Que donnera la nouvelle production qui tient l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, signĂ©e Claus Guth (rĂ©putĂ© pour sa noirceur et son Ă©pure thĂ©Ăątrale – en particulier ses Mozart Ă  Salzbourg) ? Cette nouvelle production remplace le dispositif scĂ©nographiĂ© par JĂ©rĂŽme Savary, crĂ©Ă©  in loco en 1996 et repris jusqu’en 2012… RĂ©ponse Ă  partir du 9 avril 2016 et jusqu’au 30 mai 2016. A ne pas manquer, car il s’agit de la nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  Paris au printemps 2016.

 

 

 

Rigoletto de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Parisboutonreservation
Du 9 avril au 30 mai 2016 — 18 reprĂ©sentations
Claus Guth, mise en scĂšne
Nicola Luisotti, direction musicale

 

Toutes les infos, les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris

 

 

 

Compte rendu opĂ©ra.Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole, le 17 novembre 2015 ; Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto ; OpĂ©ra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs le drame de Victor Hugo Le Roi s’amuse crĂ©Ă© le 11 mars 1851 au Teatro La Fenice, Venise ; Production du Capitole de 1992 ; Nicolas Joel, mise en scĂšne ; Carlo Tommasi, dĂ©cors et costumes ; Vinicio Cheli, lumiĂšres ; Avec : Ludovic TĂ©zier, Rigoletto ; Saimir Pirgu, Le Duc de Mantoue ; Nino Machaidze, Gilda ; Sergey Artamonov, Sparafucile ; Maria Kataeva, Maddalena ; Cornelia Oncioiu, Giovanna ; Dong-Hwan Lee, Le Comte Monterone ; Orhan Yildiz, Marullo ; Dmitry Ivanchey, Matteo Borsa ; Igor Onishchenko, Le Comte Ceprano ; Marie Karall, La Comtesse Ceprano ; Marga Cloquell, Un Page ; Orchestre National du Capitole ; ChƓurs du Capitole, chef de chƓur : Alfonso Caiani ; Direction : Daniel Oren.

Repris Ă  Toulouse, un Rigoletto de bon aloi. Pour la troisiĂšme fois depuis 1992 cette production de Rigoletto remporte un franc succĂšs Ă  Toulouse. Prouvant une nouvelle fois que ce qui compte Ă  l’opĂ©ra, c’est le respect de l’ouvrage, d’avantage qu’une vision rĂ©volutionnaire du chef d‘Ɠuvre. La production capitoline est classique : beaux costumes, dĂ©cors habiles avec toiles peintes efficaces, lumiĂšre Ă©lĂ©gantes. La mise en scĂšne rĂ©duite au minimum n’empĂȘche pas les chanteurs de dĂ©velopper leur personnage Ă  leur guise. C‘est ainsi que Gilda et le Duc sont agrĂ©ables Ă  regarder mais que le Rigoletto de Ludovic TĂ©zier appartient d’avantage Ă  une version de concert.

Cette reprise permet de bĂ©nĂ©ficier de la lecture Ă©nergique et dramatique du chef Daniel Oren. L‘orchestre du Capitole a tenu sa rĂ©putation d‘excellence.

La distribution n’est pas la meilleure des trois vues depuis 1992 mais a semblĂ© Ă©quilibrĂ©e. Les voix sont toutes larges et rendent hommage Ă  la superbe partition. Toutefois la Gilda de la soprano russe Nino Machaidze a un timbre un peu sombre pour le rĂŽle, le vibrato ample souligne peut-ĂȘtre l’usure due Ă  une frĂ©quentation de rĂŽle trop larges. Le tĂ©nor albanais Saimir Pirgu que nous avions connu Mozartien stylĂ© en 2011, a ce soir un timbre ingrat.  Pourtant un phrasĂ© et une conduite du chant nuancĂ© en font un Duc stylĂ©. La Maddalena bien sonore et habile comĂ©dienne de Maria Kataeva est remarquable. La voix d‘airain du Sparafucile de Sergey Artamonov impressionne. Les autres petits rĂŽles sont bien tenus sans faiblesse. Une mention particuliĂšre pour le chƓur d‘homme trĂšs nuancĂ© et efficace dans la lĂ©gĂšretĂ© comme le drame, admirablement prĂ©parĂ©s par Alfonso Caiani.

Rigoletto ludovic tezier capitole toulouseReste le grand triomphateur de la soirĂ©e, le baryton Ludovic TĂ©zier qui fait une prise de rĂŽle remarquable. Il a la voix idĂ©ale du rĂŽle, le phrasĂ© est impeccable et la conduite du son, verdienne, est parfaite. Vocalement c’est superbe de bout en bout. L’acteur est comme chaque fois avec le baryton français absent. Un Rigoletto qui ne sait pas boiter ni se baisser, jamais ne grimace ni ne semble touchĂ©, n’est pas le personnage attendu. Mais la magie de la partition superbement Ă©crite a fonctionnĂ© et c’est bien Verdi que le public a applaudi Ă  tout rompre. Il faut dire que l‘actualitĂ© barbare avait touchĂ© chacun.

La Marseillaise avait ouvert la soirĂ©e, crĂ©ant un sentiment particulier. Le public debout comme un seul homme avait entonnĂ© le chant guerrier avec ses paroles terribles. En fin de soirĂ©e, chacun a Ă©té  bien conscient de sa chance d’avoir pu jouir en paix et en sĂ©curitĂ© de cette partition aimĂ©e et l‘a manifestĂ© dans de longs applaudissements.

Ludovic TĂ©zier chante Rigoletto Ă  Toulouse

Giuseppe VerdiToulouse, OpĂ©ra.Verdi : Rigoletto. Du 17 au 29 novembre 2015. D’aprĂšs Victor Hugo, Rigoletto impose sur la scĂšne verdienne, un nouveau rĂ©alisme. La trame resserre ses filets sur chaque protagoniste rendu dĂ©pendant du sort des autres : Rigoletto, l’amuseur de la cour du duc de Mantoue, voit son arrogance atrocement punie, sur la personne qui lui est la plus chĂšre : sa propre fille. Le duc, volage, irresponsable, sĂ©duit la belle (Gilda) Ă  la barbe du bouffon. Mais il y a pire : la jeune femme trop crĂ©dule et bien naĂŻve s’éprend profondĂ©ment de ce sĂ©ducteur professionnel et accepte de mourir Ă  sa place, dans le piĂšge qu’avait organisĂ© Rigoletto, de sorte qu’à l’acte III, en une sorte de scĂšne shakespearienne oĂč souffle la tempĂȘte, le tueur Ă  gages Sparafucile ne tue pas le Duc mais bien la pauvre Gilda qui se prĂ©sente Ă  sa place, Ă  la porte de l’auberge. tel est punit celui qui se riait de tous (la malĂ©diction du comte Monterone, au dĂ©but de l’opĂ©ra, qui s’adresse face au boufflon, s’est accomplie) : la morale est cynique et barbare, au diapason de l’humanitĂ© qui est dĂ©peinte. Mais Ă  trop moquer l’autre, on pourrait s’en mordre les doigts. A la fin de l’ouvrage, Rigoletto a tout perdu et doit regretter d’avoir tant railler les autres


Toulouse : Rigoletto, le nouveau dĂ©fi de Ludovic TĂ©zierLe tragique qui sert de fond narratif s’accompagne ici de grotesque mordant, d’humour inhumain, de ce grotesque que Hugo aimait user pour dresser le portrait du genre humain. Ainsi en s’inspirant du Roi s’amuse de Hugo, Verdi dĂ©ploie une maestriĂ  unique jusque lĂ , dans la fusion des genres : comique et lĂ©gers (le Duc), cynique et barbare (la foule des courtisans), grotesque sanguinaire et fantastique (Sparafucile et la scĂšne du meurtre de Gilda au III)
 Intense, brĂ»lante, Ăąpre et Ă©tonnement juste, la lyre de Rigoletto fixe une nouvelle esthĂ©tique rĂ©aliste et fantastique, tragique et cynique Ă  la fois (l’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  La Fenice de Venise le 11 mars 1851), une rĂ©ussite Ă©blouissante, expressionniste et poĂ©tique, qui place dĂ©sormais Verdi, au devant de la scĂšne opĂ©ratique en Europe. La production toulousaine est la reprise de la mise en scĂšne crĂ©Ă©e par Nicolas Joel en 1992. L’argument de poids du spectacle en novembre 2015 au Capitole, demeure l’incarnation du baryton français Ludovic TĂ©zier qui pourrait affirmer une profondeur blessĂ©e et tragique convaincante, s’il force un peu sa vraie nature
 A voir Ă  partir du 17 novembre 2015.

 

 

 

boutonreservationRigoletto de Verdi au Capitole de Toulouse
5 représentations
Les 17, 20, 22, 26 et 29 novembre 2015

Durée : 2h50 (avec entracte)
Production du Capitole de Toulouse, reprise, créée en 1992

Daniel Oren, direction
Nicoals Joel, mise en scĂšne

Ludovic TĂ©zier, Rigoletto
Saimur Pirgu, Le Duc
Nino Machaidze, Gilda
Sergey Artamonov, Sparafucile
Maria Kataeva, Maddalena


Diffusé en direct sur Radio Classique, le 26 novembre 2015 à 19h30

 

 

 

 

Annonce. Nouveau Rigoletto Ă  Clermont-Ferrand

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitClermont-Ferrand, OpĂ©ra. Verdi : Rigoletto. Le 17 janvier 2015. Le bossu maudit. En jouant l’arrogance des courtisans infects, le fou du Duc (de Mantoue) croit tirer les ficelles : mais en devenant le dindon trompĂ©, il perd jusqu’Ă  la vie de son bien le plus prĂ©cieux : sa fille Gilda… Ăąme trop angĂ©lique sacrifiĂ©e dans l’arĂšne d’une humanitĂ© parfaitement barbare et cynique. Le ton est donnĂ© et la musique de Verdi suit Ă  la lettre, la plume acerbe et touchante, critique, voire satirique et brĂ»lante du grand Victor Hugo qui lui a soufflĂ© sa trame (l’opĂ©ra de Verdi reprend le sujet du Roi s’amuse). Sous couvert d’un drame de cour, Verdi brosse le portrait d’une assemblĂ©e de politiques ignobles et railleurs, parfaits libertins, dont le seul souci est de meurtrir les cƓurs surtout purs. Voyez comment Gilda, jeune femme innocente et trop naĂŻve, se fait dĂ©vorer par cette humanitĂ© corrompue.
De la piĂšce hugolienne, Verdi et son librettiste Piave font un huit clos Ă  3 : le Duc prĂ©dateur ; le bouffon dĂ©passĂ© ; sa fille manipulĂ©e, sacrifiĂ©e ; soit le tĂ©nor, le baryton, la soprano. A trop avoir raillĂ©, on est raillĂ© et perdu soi-mĂȘme : voilĂ  la triste fable de Rigoletto, bossu amuseur Ă  Mantoue qui sans le savoir, offre au Duc son patron, sa propre fille comme offrande sacrificielle.
L’acte I dĂ©bute par la malĂ©diction de Rigoletto par l’une de ses victimes, Monterone, que le bossu a raillĂ© alors que le Duc a dĂ©shonorĂ© sa fille… un tel sort attend le bossu. Mais il ne le sait pas encore.
Au II, Rigoletto Ă  qui on vient d’enlever sa fille Gilda, la dĂ©couvre sortant (dĂ©pucelĂ©e) de la chambre du Duc. Dans un air final, Rigoletto jure de se venger.
Au III, le Duc magnifique s’enflamme Ă  l’Ă©vocation de ses conquĂȘtes et de la lĂ©gĂšretĂ© des femmes (air fameux : la donna Ăš mobile...). Mais Rigoletto lui a prĂ©parĂ© un piĂšge en payant le service du tueur Sparafucile et de sa sƓur Maddalena. En une nuit de terreur oĂč Verdi fait souffler la violence d’une tempĂȘte, Rigoletto croit tenir le sac qui contient le corps assassinĂ© du Duc impi : c’est sa fille Gilda qui s’est prĂ©sentĂ©e Ă  sa place sous la lame vengeresse. L’agneau a sauvĂ© le dĂ©cadent.

 

 

 

Un pĂšre maudit et meurtri

 

Vague verdienne en juin 2014En une action violente et terriblement efficace, Verdi aborde la barbarie humaine, surtout la souffrance d’un pĂšre qui pleure difficilement la perte de sa fille (dĂšs la fin de l’acte I, quand les courtisans ont enlevĂ© Gilda pour la livrer au Duc ; surtout dans la scĂšne finale oĂč le pĂšre dĂ©couvre le corps de son enfant sacrifiĂ© dans son sac/linceul…). La force de Verdi vient de la justesse et de la profondeur des sentiments qu’il est capable d’exprimer : n’a-t-il pas lui-mĂȘme Ă©tĂ© particuliĂšrement frappĂ© par la perte de ses filles et de son Ă©pouse ? ApretĂ© cynique, tendresse Ă©perdue, barbarie noire… l’opĂ©ra maniĂšre Verdi atteint un souffle et un rĂ©alisme jamais vu avant lui, d’une violence grotesque Ă  la mesure de sa source hugolienne. AprĂšs Macbeth et Luisa Miller, – inspirĂ© par Shakespeare et Schiller, Rigoletto, crĂ©Ă© Ă  La Fenice en mars 1851, incarne avec Le TrouvĂšre et La Traviata, la trilogie de la maturitĂ© triomphante : un sommet Ă  trois couronnes qui scelle dĂ©finitivement le gĂ©nie de Verdi sur la scĂšne lyrique italienne et europĂ©enne.

 

 

Lars_Fosser-rigoletto-clermont-ferrandRigoletto de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Clermont-Ferrand
OpĂ©ra en 3 actes. ‹Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs Le Roi s’amuse de Victor Hugo. CrĂ©ation : Venise, 11 mars 1851. Les 14 (20h) et 17 janvier 2015 (15h).

Direction musicale / Amaury du Closel
Mise en scĂšne / Pierre Thirion-Vallet
DĂ©cor / Frank Aracil
Création Costumes / Véronique Henriot
RĂ©alisation Costumes / VĂ©ronique Henriot, CĂ©line Deloche,‹Laure Picheret et Charlotte Richard
LumiĂšres / VĂ©ronique Marsy
Surtitrage / David M. Dufort

Le Duc de Mantoue / Alex Tsilogiannis
Rigoletto / Lars Fosser
Gilda / Mercedes Arcuri
Sparafucile / Federico Benetti
Maddalena / Juliette de Banes Gardonne
Le Comte Monterone / Ping Zhang
Marullo et un huissier de la cour / Matthias Rossbach
Matteo Borsa / Pablo Ramos Monroy
Comte Ceprano / Ronan Airault
Giovanna / Emmanuelle Monier
Comtesse Ceprano et un page / HĂ©loĂŻse Koempgen-Bramy
Hommes de cour / Renaud de Rugy et Joseph Kauzman

Orchestre Opéra Nomade

Représentations:
boutonreservationOpéra-Théùtre de Clermont-Ferrand
Mercredi 14 janvier 2015 / 20h00
‹Samedi 17 janvier 2015 / 15h00

‹De 10 à 48€
2h30 entracte compris
Chanté en italien, surtitré en français

 

 

Illustration : Lars Fosser, interprĂšte Ă  Clermont-Ferrand de Rigoletto (DR)

 

Nouveau Rigoletto Ă  Clermont-Ferrand

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitClermont-Ferrand, OpĂ©ra. Verdi : Rigoletto. Les 14 et 17 janvier 2015. Le bossu maudit. En jouant l’arrogance des courtisans infects, le fou du Duc (de Mantoue) croit tirer les ficelles : mais en devenant le dindon trompĂ©, il perd jusqu’Ă  la vie de son bien le plus prĂ©cieux : sa fille Gilda… Ăąme trop angĂ©lique sacrifiĂ©e dans l’arĂšne d’une humanitĂ© parfaitement barbare et cynique. Le ton est donnĂ© et la musique de Verdi suit Ă  la lettre, la plume acerbe et touchante, critique, voire satirique et brĂ»lante du grand Victor Hugo qui lui a soufflĂ© sa trame (l’opĂ©ra de Verdi reprend le sujet du Roi s’amuse). Sous couvert d’un drame de cour, Verdi brosse le portrait d’une assemblĂ©e de politiques ignobles et railleurs, parfaits libertins, dont le seul souci est de meurtrir les cƓurs surtout purs. Voyez comment Gilda, jeune femme innocente et trop naĂŻve, se fait dĂ©vorer par cette humanitĂ© corrompue.
De la piĂšce hugolienne, Verdi et son librettiste Piave font un huit clos Ă  3  : le Duc prĂ©dateur ; le bouffon dĂ©passĂ© ; sa fille manipulĂ©e, sacrifiĂ©e ; soit le tĂ©nor, le baryton, la soprano. A trop avoir raillĂ©, on est raillĂ© et perdu soi-mĂȘme : voilĂ  la triste fable de Rigoletto, bossu amuseur Ă  Mantoue qui sans le savoir, offre au Duc son patron, sa propre fille comme offrande sacrificielle.
L’acte I  dĂ©bute par la malĂ©diction de Rigoletto par l’une de ses victimes, Monterone, que le bossu a raillĂ© alors que le Duc a dĂ©shonorĂ© sa fille… un tel sort attend le bossu. Mais il ne le sait pas encore.
Au II, Rigoletto Ă  qui on vient d’enlever sa fille Gilda, la dĂ©couvre sortant (dĂ©pucelĂ©e) de la chambre du Duc. Dans un air final, Rigoletto  jure de se venger.
Au III, le Duc magnifique s’enflamme Ă  l’Ă©vocation de ses conquĂȘtes et de la lĂ©gĂšretĂ© des femmes (air fameux : la donna Ăš mobile...). Mais Rigoletto lui a prĂ©parĂ© un piĂšge en payant le service du tueur Sparafucile et de sa sƓur Maddalena. En une nuit de terreur oĂč Verdi fait souffler la violence d’une tempĂȘte, Rigoletto croit tenir le sac qui contient le corps assassinĂ© du Duc impi : c’est sa fille Gilda qui s’est prĂ©sentĂ©e Ă  sa place sous la lame vengeresse. L’agneau a sauvĂ© le dĂ©cadent.

 

 

 

Un pĂšre maudit et meurtri

 

Vague verdienne en juin 2014En une action violente et terriblement efficace, Verdi aborde la barbarie humaine, surtout la souffrance d’un pĂšre qui pleure difficilement la perte de sa fille (dĂšs la fin de l’acte I, quand les courtisans ont enlevĂ© Gilda pour la livrer au Duc ; surtout dans la scĂšne finale oĂč le pĂšre dĂ©couvre le corps de son enfant sacrifiĂ© dans son sac/linceul…). La force de Verdi vient de la justesse et de la profondeur des sentiments qu’il est capable d’exprimer : n’a-t-il pas lui-mĂȘme Ă©tĂ© particuliĂšrement frappĂ© par la perte de ses filles et de son Ă©pouse ? ApretĂ© cynique, tendresse Ă©perdue, barbarie noire… l’opĂ©ra maniĂšre Verdi atteint un souffle et un rĂ©alisme jamais vu avant lui, d’une violence grotesque Ă  la mesure de sa source hugolienne. AprĂšs Macbeth et Luisa Miller, – inspirĂ© par Shakespeare et Schiller, Rigoletto, crĂ©Ă© Ă  La Fenice en mars 1851, incarne avec Le TrouvĂšre et La Traviata, la trilogie de la maturitĂ© triomphante : un sommet Ă  trois couronnes qui scelle dĂ©finitivement le gĂ©nie de Verdi sur la scĂšne lyrique italienne et europĂ©enne.

 

 

Lars_Fosser-rigoletto-clermont-ferrandRigoletto de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Clermont-Ferrand
OpĂ©ra en 3 actes. ‹Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs Le Roi s’amuse de Victor Hugo. CrĂ©ation : Venise, 11 mars 1851. Les 14 (20h) et 17 janvier 2015 (15h).

Direction musicale / Amaury du Closel
Mise en scĂšne / Pierre Thirion-Vallet
DĂ©cor / Frank Aracil
Création Costumes / Véronique Henriot
RĂ©alisation Costumes / VĂ©ronique Henriot, CĂ©line Deloche,‹Laure Picheret et Charlotte Richard
LumiĂšres / VĂ©ronique Marsy
Surtitrage / David M. Dufort

Le Duc de Mantoue / Alex Tsilogiannis
Rigoletto / Lars Fosser
Gilda / Mercedes Arcuri
Sparafucile / Federico Benetti
Maddalena / Juliette de Banes Gardonne
Le Comte Monterone / Ping Zhang
Marullo et un huissier de la cour / Matthias Rossbach
Matteo Borsa / Pablo Ramos Monroy
Comte Ceprano / Ronan Airault
Giovanna / Emmanuelle Monier
Comtesse Ceprano et un page / HĂ©loĂŻse Koempgen-Bramy
Hommes de cour / Renaud de Rugy et Joseph Kauzman

Orchestre Opéra Nomade

Représentations:
boutonreservationOpéra-Théùtre de Clermont-Ferrand
Mercredi 14 janvier 2015 / 20h00
‹Samedi 17 janvier 2015 / 15h00

‹De 10 à 48€
2h30 entracte compris
Chanté en italien, surtitré en français

 

 

Livres. Rigoletto (Avant ScÚne Opéra n°273)

Livres. Verdi : Rigoletto (Avant ScĂšne OpĂ©ra n°273) …

Il reste surprenant que l’opĂ©ra Rigoletto (crĂ©Ă© en 1850) comme sa source littĂ©raire (Le Roi s’amuse de Hugo, 1832) suscita un Ă©norme scandale et les foudres du public comme de la critique : est-il dĂ©cent sur un scĂšne lyrique de reprĂ©senter les vilĂ©nies d’un bouffon complexe, retors, laid, pernicieux, surtout dissimulateur, qui de surcroĂźt concentre toute l’attention d’un Verdi finement psychologue : jamais emploi de baryton n’avait suscitĂ© une Ă©criture aussi fouillĂ©e, ambivalente, d’une ĂąpretĂ© corrosive inouĂŻe et d’un rĂ©alisme exemplaire : si Falstaff est un rire, Rigoletto en serait la grimace la plus hideuse, cynique, mordante, barbare. Il renvoie Ă  la Cour et au milieu ducal, une image hideuse, dĂ©formĂ©e et pourtant … vraie. Les courtisans menĂ©s par l’ivresse immorale du Duc de Mantoue forment une clique Ă©cƓurante que Rigoletto aime Ă  Ă©pingler et moquer, et dont il sera aussi  indirectement la premiĂšre victime…   touchĂ© dans sa chair (sa fille est dĂ©masquĂ©e puis sacrifiĂ©e), le vilain nabot est la proie d’une dĂ©rapage schizophrĂ©nique qui menace de fait la biensĂ©ance du genre.

La grimace du bouffon

verdi_rigoletto_avant_scene_operaPour l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, l’Avant ScĂšne OpĂ©ra Ă©dite une nouvelle publication sur l’opĂ©ra phare de Verdi, un jalon dans sa maturitĂ©, premier volet d’une trilogie qu’on aime mettre en avant dans le processus crĂ©atif du maĂźtre, reliĂ© au TrouvĂšre et Ă  La Traviata, emblĂ©matiques d’un point d’accomplissement exceptionnel au dĂ©but des annĂ©es 1850 ; c’est que le compositeur y perfectionne sa quĂȘte d’efficacitĂ© et d’intensitĂ© dramatique (posizione ou plutĂŽt situazione), ne trahissant en rien l’esprit de la piĂšce de Hugo, d’un rĂ©alisme cynique rare… L’exhaustivitĂ© des chapitres, surtout la traduction annotĂ©e et commentĂ©e du livret original et intĂ©gral, le diversitĂ© complĂ©mentaire des regards font de ce Rigoletto 2013, un nouvelle bible verdienne incontournable.

Ce que nous avons aimé :
- la notion de posizione, rĂ©vĂ©latrice chez Verdi, d’un souci gĂ©nial de vĂ©ritĂ© et d’expressivitĂ© dramatique
- la dĂ©finition offerte du terme ” baryton Verdi “ : avec Rigoletto se prĂ©cise en effet l’emploi de baryton, un caractĂšre particuliĂšrement dĂ©veloppĂ© et fouillĂ© sur le plan psychologique : si Rigoletto annonce les Boccanegra ou Falstaff Ă  venir, le rĂŽle hugolien lui permet d’approfondir les personnages antĂ©rieurs de Macbeth et surtout de Stankar dans Stiffelio dont le profil, contemporain de Rigoletto, reste mĂ©connu du grand public. Chaque personnages (mis Ă  part Macbeth) met en lumiĂšre la relation spĂ©cifique du pĂšre Ă  sa fille, une facette clĂ© dans les ouvrages de Verdi.
- Ă©loquent, le dossier sur la discographie et les dvd aujourd’hui disponibles rend compte d’une dĂ©ferlente Rigoletto : tous les chefs d’envergure et les chanteurs majeurs se sont tĂŽt ou tard emparĂ©s du fascinant et complexe Rigoletto.

sommaire dĂ©taillĂ© du Rigoletto 2013 de L’Avant ScĂšne OpĂ©ras

points de repĂšre
Jean Cabourg : Argument
Emmanuel Reibel : Introduction et Guide d’Ă©coute
Francesco Maria Piave : Livret original intégral
Yvelaine Duault : Traduction française  (complĂ©tĂ©e par  E. Soldini et C. Cazaux)

regards sur l’Ɠuvre
Jean-Michel BrÚque : Du théùtre de Hugo au mélodrame lyrique
Victor Hugo : PrĂ©face au Roi s’amuse (extrait)
Michel Lehmann : Le Drame, la trilogie et les posizioni
Olivier RouviÚre : La controverse du baryton Verdi
Louis Bilodeau : La malédiction de la laideur
Victor Hugo : Le Crapaud

Ă©couter, voir, lire
Jean Cabourg : Discographie comparée
Pierre Flinois et Chantal Cazaux : Vidéographie comparée
Chantal Cazaux : Bibliographie

L’Ɠuvre Ă  l’affiche
La création : La Fenice, Venise 1851
Les grandes productions 2001-2013

SĂ©lection CD, DVD et Livres
par Louis Bilodeau, Jean Caboug, Alfred Caron, Chantal Cazaux, Pierre Flinois, Pierre Michot, Didier van Moere, Pierre RigaudiĂšre et Olivier RouviĂšre;

Bravi… Bravissimi !
Chantal Cazaux : La Petite Renarde rusĂ©e Ă  l’OpĂ©ra national du Rhin

‱ Parution : 28/02/2013
‱ 162 pages
‱ ISBN 978-2-84385-301-2
Editions L’Avant ScĂšne OpĂ©ra

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