COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, salle Cortot, le 2 déc 2019. Le temps retrouvé / Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano)

COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, salle Cortot, le 2 déc 2019. Le temps retrouvé / Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano). Au cœur du chambrisme français. Chausson, Saint-Saëns, Hahn, Ysaÿe… le duo Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano) à la faveur de leur récent cd édité par Cadence Brillante, intitulé « Le temps retrouvé » (récompensé par le CLIC de CLASSIQUENEWS), souligne l’âge d’or de la musique de chambre en France au temps de Proust dont ils ont proposé une certaine idée du goût musical, propre à la Belle-Epoque. Il n’y a aucun doute sur la qualité de cette musique évocatrice e poétique et l’on s’étonne toujours de ne pas l’écouter plus souvent dans les salles de concert.

 

 

Mille et une nuances du chambrisme français

 

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéSur les traces de la légendaire et très littéraire Sonate de Vinteuil, mythe proustien par excellence, les deux artistes abordent plusieurs auteurs du programme de leur cd, mais dans un ordre différent, terminant par Eugène Ysaÿe dont il trace ainsi un portrait complet, comme interprète et comme compositeur.
 A l’époque de Proust, le chant de l’âme vibrante et désirante s’exprime au violon ainsi : virtuosissime (Caprice opus 52 n°6, d’après Saint-Saëns d’Ysaÿe) ; âpre et profond, jusqu’à l’expiration enivrée (très wagnérien et tristanesque Poème de Chausson opus 25 ; extatique éperdu en une volupté heureuse (Nocturne de Hahn) …
Le sommet du récital à Cortot étant la Sonate n°1 de Saint-Saëns (opus 75) de 1885, sa petite mélodie aérienne, fruit d’un génie français de 50 ans, qui aura certainement inspiré Marcel, lequel n’hésitait jamais, comme pour mieux brouiller les pistes, à dire sa détestation de… Saint-Saëns justement. C’est pourtant bien cet air qui semble jaillir de l’enfance, naturel et coulant en une innocence, intacte et vive qui surgit comme second thème du premier mouvement, saisissant par sa simplicité et son intensité sincère. Proust y détecte comme un leit motiv emblématique de La Recherche du temps perdu, la « masse » du piano sous la ligne violonistique, écrit-il transporté, « multiforme, indivise, (…), la mauve agitation des flots que charme et bémolise le clair de lune ». Au cœur de l’inspiration proustienne, la musique qui a ce don de jaillir comme une source fécondante, continue. Tout le génie de Camille s’exprime alors, organisant la forme Sonate en un diptyque qui marque les esprits par son souffle, ses crépitements vifs argents, son charme « intérieur », ce « chic à la française » qui surpasse même l’élégance viennoise par sa profondeur et la sensualité de ses couleurs… que Cédric Lorel, remarquable de couleurs fauves en effet, par son toucher suggestif, … « proustien », réactive d’un bout à l’autre au clavier.
Sa complicité et son écoute offrent une assise souple et articulée au chant direct et intense du violoniste taiwanais Li-Kung Kuo dont la franchise sonore sait libérer la tension et maintenir l’expressivité du son de façon continue. Et c’est peu dire que le violoniste aborde avec une superbe chauffée à blanc la séquence ivre de doubles croches qui s’électrise en cascades irradiantes jusqu’au finale, éblouissant de santé apollinienne. Du cran et de la constance marque ce programme régénérant. Un bain de romantisme français d’une hallucinante maturité poétique.
Le Chausson (que créa Ysaÿe) culmine dans l’évocation de paysages crépusculaires où plane l’idée d’un envoûtement mystérieux.

UN AGE D’OR de la musique française… Rien n’est semblable à l’acuité expressive des compositeurs français que marque alors une nette volonté d’affirmer l’écriture nationale vis à vis des germaniques. Si Chausson, mort trop jeune, se forme en vérité en copiant les quatuors de Beethoven et de Schumann, saine vocation pour celui que son père força au droit, il nous laisse (avec Franck), une alternative au wagnérisme inévitable, que les deux interprètes ce soir, dévoilent avec une sûreté musicale et une grande finesse.
Et quelle belle idée de terminer le concert en jouant Lili Boulanger, très inspirée dans ce Nocturne (qui semble ainsi répondre à celui de Reynaldo Hahn, joué en ouverture). En un mot, superbe concert que l’auditeur retrouve dans le cd opportunément intitulé « le temps retrouvé ».

 

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd Le temps retrouvé par Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano), édité en novembre 2019 chez Cadence Brillante.

PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Proust et la Belle Époque : la Sonate de Vinteuil élucidée. Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, ce soir, 20h30. 2 déc 2019. La Sonate de Vinteuil élucidée… Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’Eugène Ysaÿe, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste Cédric LOREL mêlent avec intelligence et avec un vrai goût des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempéraments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus précise du sentiment intérieur. A la fois expressifs (et mesurés), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprètes ressuscitent un âge d’or de la musique de chambre française à l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littérature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacité aiguë qui creuse la charge émotionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poétique, le duo rend justice à l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendé. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3è complice) : le Poème de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-Saëns, entre gravité et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’après La Valse de St-Saëns) affirme la virtuosité directe enflammée dont Ysaÿe était coutumier, habile à s’approprier chaque partition, avec une intensité et une articulation percutante, vive, précise, mordante. La personnalité inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui créa des pièces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le Poème de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), Ysaÿe joua la Sonate de Saint-Saëns dont il déduit une étude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crépitements d’une très haute virtuosité.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS…
un âge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relève dès « l’Allegro vivo » l’activité filigranée, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « Intermède » est exprimé comme une pantomime, légère, d’une nervosité arachnénenne, précisément expressive, pure instant de poésie évocatoire, aux imprévisibles intentions, aux humeurs esquissées, changeantes.
« Très animé » laisse s’exprimer une agitation enivrée tout en délicatesse intérieure et pudique pourtant (réitération du thème de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillé et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualité de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du Poème de Chausson. Préalable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurée, elle aussi productrice d’un vrai climat poétique qui est propice à faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravité, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu à peu lumineux qui s’embrase littéralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le déploiement de cette sensibilité claire et transparente, ligne éperdue, étirée jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-Saëns (Sonate n°1, modèle présumé de la fameuse Sonate de Vinteuil): très complices, et même fusionnels, piano et violon réussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agité en effet et même crépitant, d’une activité que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait même de son énoncé. La suggestion, l’allusion, l’infini mélancolie qui portent au rêve et à l’abandon, contrasté avec les passages plus tendus voire âpres, structurent une partition qui relève du génie de Saint-Saëns. Même s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dû irrésistiblement être vaincu par l’infinie tendresse de la mélodie centrale, désormais entêtante et emblématique de tout son œuvre littéraire. Les interprètes laissent à l’œuvre de superbes plages de dialogues feutrés, comme enveloppés par la question et le sens du souvenir et de la mémoire. C’est un temps rétrospectif et intime, mais aussi dans la réalisation, une formidable énergie active qui résoud et libère (réitération du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout à l’autre on goûte le velouté diaphane du piano, son crépitement crépusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases étendues, éperdues (Adagio). En crépitement halluciné, roboratif (dernier Allegro molto). La qualité du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicité avec le Bechstein, le piano préféré de Debussy.
La qualité d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mélodique du Hahn, évidement un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crépusculaire de la petite phrase inventée par Saint-Saëns.

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CD, événement, critique. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre présentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
Cédric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

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GRAND ENTRETIEN

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéLIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Eugène Ysaÿe et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-Saëns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’Eugène Ysaÿe, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste Cédric LOREL mêlent avec intelligence et avec un vrai goût des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempéraments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus précise du sentiment intérieur. A la fois expressifs (et mesurés), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprètes ressuscitent un âge d’or de la musique de chambre française à l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littérature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacité aiguë qui creuse la charge émotionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poétique, le duo rend justice à l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendé. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3è complice) : le Poème de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-Saëns, entre gravité et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’après La Valse de St-Saëns) affirme la virtuosité directe enflammée dont Ysaÿe était coutumier, habile à s’approprier chaque partition, avec une intensité et une articulation percutante, vive, précise, mordante. La personnalité inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui créa des pièces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le Poème de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), Ysaÿe joua la Sonate de Saint-Saëns dont il déduit une étude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crépitements d’une très haute virtuosité.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS…
un âge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relève dès « l’Allegro vivo » l’activité filigranée, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « Intermède » est exprimé comme une pantomime, légère, d’une nervosité arachnénenne, précisément expressive, pure instant de poésie évocatoire, aux imprévisibles intentions, aux humeurs esquissées, changeantes.
« Très animé » laisse s’exprimer une agitation enivrée tout en délicatesse intérieure et pudique pourtant (réitération du thème de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillé et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualité de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du Poème de Chausson. Préalable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurée, elle aussi productrice d’un vrai climat poétique qui est propice à faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravité, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu à peu lumineux qui s’embrase littéralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le déploiement de cette sensibilité claire et transparente, ligne éperdue, étirée jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-Saëns (Sonate n°1, modèle présumé de la fameuse Sonate de Vinteuil): très complices, et même fusionnels, piano et violon réussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agité en effet et même crépitant, d’une activité que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait même de son énoncé. La suggestion, l’allusion, l’infini mélancolie qui portent au rêve et à l’abandon, contrasté avec les passages plus tendus voire âpres, structurent une partition qui relève du génie de Saint-Saëns. Même s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dû irrésistiblement être vaincu par l’infinie tendresse de la mélodie centrale, désormais entêtante et emblématique de tout son œuvre littéraire. Les interprètes laissent à l’œuvre de superbes plages de dialogues feutrés, comme enveloppés par la question et le sens du souvenir et de la mémoire. C’est un temps rétrospectif et intime, mais aussi dans la réalisation, une formidable énergie active qui résoud et libère (réitération du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout à l’autre on goûte le velouté diaphane du piano, son crépitement crépusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases étendues, éperdues (Adagio). En crépitement halluciné, roboratif (dernier Allegro molto). La qualité du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicité avec le Bechstein, le piano préféré de Debussy.
La qualité d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mélodique du Hahn, évidement un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crépusculaire de la petite phrase inventée par Saint-Saëns.

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CD, événement, critique. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre présentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
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Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

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GRAND ENTRETIEN

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéLIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Eugène Ysaÿe et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-Saëns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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TEASER. Le temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) Cédric Lorel (piano)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450CD événement, annonce et concert. Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano) : Le Temps retrouvé (1 cd Cadence Brillante). Sur les traces du violoniste légendaire Eugène Ysaÿe (1858 – 1931), le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel explorent en filiations et correspondances ténues, les champs d’une mémoire retrouvée, celle proustienne, qui associent plusieurs compositeurs romantiques français : Hahn, Chausson, Saint-Saëns jusqu’à Claude Debussy. Le programme ressuscite l’esprit fin de siècle et Belle-Epoque, autour de la figure d’Eugène Ysaÿe, personnalité wallone majeure entre les deux siècles, « créateur du Poème et du Concert de Chausson, du Quatuor de Debussy (parmi bien d’autres ) et qui, en compagnie du pianiste Raoul Pugno, interpréta souvent la première Sonate de Saint-Saëns -celle qui, semble-t-il, servit probablement de modèle pour la fameuse “Sonate de Vinteuil ». Ysaÿe créa aussi la fameuse Sonate de Franck et le premier Quintette de Fauré. Le Poème de Chausson est son Å“uvre emblématique qu’il joue dans chacun de ses concerts.

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
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Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

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Propos recueillis en novembre 2019

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PARIS, Cortot, 2 d̩c 2019. Le Temps retrouv̩. Li-Kung Kuo (violon) РC̩dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante.

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. Sur les traces du violoniste légendaire Eugène Ysaÿe (1858 – 1931), le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel explorent en filiations et correspondances ténues, les champs d’une mémoire retrouvée, celle proustienne, qui associent plusieurs compositeurs romantiques français : Hahn, Chausson, Saint-Saëns jusqu’à Claude Debussy. Le programme ressuscite l’esprit fin de siècle et Belle-Epoque, autour de la figure d’Eugène Ysaÿe, personnalité wallone majeure entre les deux siècles, « créateur du Poème et du Concert de Chausson, du Quatuor de Debussy (parmi bien d’autres ) et qui, en compagnie du pianiste Raoul Pugno, interpréta souvent la première Sonate de Saint-Saëns -celle qui, semble-t-il, servit probablement de modèle pour la fameuse “Sonate de Vinteuil ». Ysaÿe créa aussi la fameuse Sonate de Franck et le premier Quintette de Fauré. Le Poème de Chausson est son Å“uvre emblématique qu’il joue dans chacun de ses concerts.

Le nouvel album édité par Cadence Brillante, à paraître le 15 novembre 2019, souligne les diverses facettes d’un âge d’or de la musique de chambre française dont les joyaux se dégustent alors dans l’intimisme des salons parisiens. En imaginant la figure d’un compositeur de l’époque, Vinteuil (qui pourrait être une synthèse de Chausson, Saint-Saëns, Fauré, Franck…), Marcel Proust ressuscite l’esprit et la sonorité d’une période d’importantes évolutions musicales, de Chausson à Debussy. Les deux interprètes restituent l’atmosphère d’une époque remarquable, quand Paris était la capitale musicale du monde.
CLIC_macaron_2014Le violoniste taiwanais Li-Kung Kuo, membre du Centre de musique de chambre de Paris affronte le défi du Caprice d’Ysaÿe, lui-même inspiré par Saint-Saëns ; son complice Cédric Lorel ajoute couleurs et teintes d’un clavier historique, soit un piano Bechstein de 1898 ; Bechstein est un choix judicieux car c’était la marque préférée de Debussy. En jouant Hahn, Chausson, Saint-Saëns (la rare Sonate n°1), Debussy, les deux instrumentistes rendent hommage à un violoniste exceptionnel qui a inspiré nombre de compositeurs majeurs et singuliers. CD & CONCERT événements, élus «  CLIC de CLASSIQUENEWS ».

 

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
Cédric Lorel (piano)

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Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

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Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéLIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Eugène Ysaÿe et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-Saëns, Debussy…)

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LA VRAIE VIE DE VINTEUIL… Entretien avec Jérôme Bastianelli

proustLA VRAIE VIE DE VINTEUIL… Entretien avec Jérôme Bastianelli. Grasset édite en mars 2019, une fiction musicale plus vraie que la réalité et dédiée à l’élucidation d’un mythe autant littéraire qu’instrumental : la Sonate de Vinteuil, invention romantique et romanesque que Proust utilise pour donner vie à sa recherche personnelle et enrichir l’étoffe romanesque de ses personnages. L’auteur Jérôme Bastianelli « ose » reconstruire à partir de sa propre connaissance du texte proustien, la vie supposée du compositeur le plus fameux et le plus mystérieux de la littérature française VINTEUIL dont le prénom serait Georges. En découle son roman inédit « La vraie vie de Vinteuil ». Un texte fictionnel, manifeste romanesque qui cristallise tous les caractères du romantisme musicale entre le XIXè et le XXè et fusionne selon un esthétisme précis les figures de Castillon, Fauré, surtout César Franck, icône centrale de cette évocation poétique majeure. Et si, sous Vinteuil, se cachait le secret du romantisme français le plus « authentique » ? Entretien exclusif pour classiquenews avec Jérôme Bastianelli, premier biographe de Georges V.

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CLASSIQUENEWS : Pour nourrir la vie supposée de Georges Vinteuil, de quels compositeurs réels vous êtes vous inspiré ?

vinteuil-livre-georges-la-vraie-vie-de-livre-critique-par-classiquenews-clicl-de-classiquenews-BASTIANELLI-CJEROME BASTIANELLI : Afin d’être cohérent avec ce que nous raconte Proust sur son personnage, je fais mourir Vinteuil à la fin du XIXe siècle (en 1895, plus précisément), à l’âge de 77 ans. Il a donc traversé tout le XIXe siècle et a pu nouer des relations, voire des amitiés, avec la plupart des compositeurs de son époque, et notamment avec César Franck (Proust disait lui-même, dans l’une de ses lettres, « Vinteuil symbolise le grand musicien genre Franck »). On croise aussi Saint-Saëns (bien sûr !), Fauré, Berlioz, Gounod, Liszt, Wagner, Bizet, et même Alexis de Castillon (qui aurait été l’élève de Vinteuil…), à la fois parce que le concerto pour piano de celui-ci est une œuvre formidable, à redécouvrir, et aussi parce qu’il était originaire de Chartres, où Vinteuil était établi. Certaines critiques de journaux après la création d’œuvres de Vinteuil m’ont été inspirées par de vraies critiques d’œuvres de Bizet (notamment Djamileh), et la supposée phrase de Vladimir Jankélévitch sur les dissonances tolérées dans l’œuvre de Vinteuil s’applique en réalité à la musique de Mompou. Mais la vie de Vinteuil est une vie originale, qui n’est pas directement inspirée par tel ou tel artiste.

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CLASSIQUENEWS : Pour vous, quelle esthétique incarne Georges Vinteuil dans le paysage romantique français ?

JEROME BASTIANELLI : On comprend à lire Proust que la musique de Vinteuil est audacieuse, mélodiquement et harmoniquement. Il faut donc imaginer une esthétique en rupture avec ce qui a précédé, ainsi qu’un goût pour les questions formelles, les formes cycliques, qui semblent avoir retenu l’attention de Proust. Par-delà leurs grandes différences, toutes les sonates qui ont pu inspirer Proust pour décrire celle de Vinteuil, de Franck à Lekeu en passant par Saint-Saëns, Fauré voire Pierné, montrent une esthétique commune, représentative du goût des compositeurs français, à cette époque, pour le duo violon/piano. C’est aussi, naturellement, l’esthétique que l’on doit prêter à Vinteuil.

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CLASSIQUENEWS : Que représente la Sonate de Vinteuil ? Est ce la quintessence de la musique française du XIXe ?

JEROME BASTIANELLI : Comme elle consiste en une sorte d’amalgame de plusieurs sonates écrites entre 1870 et 1910, la Sonate de Vinteuil peut en effet être vue comme la quintessence virtuelle de la musique française du XIXe siècle. Mais on sait que Proust citait aussi Wagner (prélude de Lohengrin), Beethoven (Arietta de l’Opus 111) et même Schubert comme compositeurs lui ayant inspiré telle ou telle description de la Sonate, donc la notion de « musique française » doit être prise avec précaution…

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CLASSIQUENEWS : En tant que lecteur de Proust, pouvez vous nous préciser le sens des épisodes liés à Vinteuil et sa Sonate dans A la recherche de temps perdu ?

JEROME BASTIANELLI : La Sonate de Vinteuil illustre d’abord une forme d’idolâtrie de l’un des personnages, Swann, qui va la considérer comme « l’hymne national » de son amour pour Odette de Crécy (Proust nous dit par exemple que « la petite phrase de la Sonate continuait à s’associer pour Swann à l’amour qu’il avait pour Odette »). C’est-à-dire qu’il va s’intéresser à cette Å“uvre non pas pour ses qualités intrinsèques, mais parce qu’elle lui rappelle son amour pour une jeune femme. C’est précisément ce que Proust appelle de l’idolâtrie, comportement qui peut nous empêcher de bien saisir la portée d’une Å“uvre d’art, son enseignement.

Elle est également le symbole de l’individualité de tout grand artiste, le fait qu’il porte un regard forcément nouveau sur le monde, son propre regard. Pour expliquer la singularité de Vinteuil, Proust nous dit en effet que « chaque artiste semble comme le citoyen d’une patrie inconnue, oubliée de lui-même, différente de celle d’où viendra, appareillant pour la Terre, un autre grand artiste ». C’est l’idée de Schopenhauer, reprise également par Ruskin (deux maîtres à penser de Proust), selon laquelle « l’artiste nous prête ses yeux pour regarder le monde ».

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LIRE aussi notre critique du livre : La Vraie vie de Vinteuil (Grasset)
http://www.classiquenews.com/livre-critique-jerome-bastianelli-la-vraie-vie-de-vinteuil-grasset/

GRENOBLE. Concert lecture : Proust et la musique au musée

proustGRENOBLE, musée. Jeudi 28 avril 2016. Concert lecture, Cabourg-Balbec… De Cabourg 1914 au temps retrouvé de Balbec : concert-lecture pour « Jouer les mots ». Les Concerts à l’Auditorium du Musée de Grenoble ont une série « Jouer avec les mots » qui lie musique et littérature. Le dernier du cycle 2015-2016 donne « la parole » à la comédienne Natacha Régnier, aux pianistes Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff, pour une exploration proustienne du côté de Balbec, à l ‘ombre des jeunes filles en fleurs que va bientôt faner la Guerre Européenne.

La  communication des âmes

Marcel-Proust-et-la-musique-visuel-UNE-site-web« La musique a été l’une des plus grandes passions de ma vie. Elle m’a apporté des joies et des certitudes ineffables, la preuve qu’il existe autre chose que le néant auquel je me suis heurté partout ailleurs. Elle court comme un fil conducteur à travers toute mon Å“uvre. » Cette déclaration de Proust à Benoist-Méchin est capitale. Et elle répond –l’œuvre plus forte et objective que la vie « réelle » – à la question que se pose le Narrateur de la Recherche à l’audition du Septuor de Vinteuil : « Je me demandais si la musique n’est pas l’exemple de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées – la communication des âmes. » Les fervents et surtout  les spécialistes de Proust savent à quel point il est difficile de démêler dans les écrits du Maître de Combray ce qui a été puisé au  parcours même de l’enfant, puis adolescent, puis adulte Marcel Proust, et aux « transpositions » dans La Recherche du Temps Perdu, via – pour la musique, les arts visuels, la littérature, l’histoire sociale et politique – ce qui a pu servir de modèles aussitôt et savamment imbriqués, mélangés, voire brouillés.

 

DE BALBEC A CABOURG. « Jouer les mots » pour un concert-lecture comme le fait Musée en musique grenoblois s’achève – en sa saison 2015-2016 – en s’affrontant au Massif Alpin si impressionnant qu’est la Recherche. Le sous-titre de cet « essai » (repris de Journées Musicales Proust à Cabourg en 2014, et « depuis resté inédit ») mixe références et chronologies. « De Cabourg 1914 au temps retrouvé de Balbec »… Cabourg, c’est le site «dans la topographie vraie » pour  l’imaginaire Balbec (A l’ombre  des Jeunes Filles en fleurs, lieu des vacances du Narrateur adolescent  avec sa Grand-mère,  au bord de la Manche), et 1914 c’est bien sûr le début de la Grande Guerre, qui comme dira Paul Valéry, fait comprendre que « nous autres civilisations savons  que nous sommes mortelles ». Mais comme nous le rappelle la Société des Amis de Vinteuil, c’est aussi la date du dernier séjour de Proust à « Balbec », le passage de l’auteur de La Recherche – en voie d’élaboration – dans l’Edition qui l’avait d’abord refusé, et la disparition au combat de Bertrand de Fénelon (modèle de Robert de Saint Loup) et accidentellement, celle d’Alfred Agostinelli, ami de Marcel et probable Albertine dans le roman…

Pages de guerre par Casella

Cet « aspect 1914 » renvoie donc dans le Jouer avec les Mots grenoblois à des pièces  musicales qui intrigueront les proustiens, celles que le compositeur italien Alfredo Casella( 1883 -1947) écrivit « à chaud », pendant le 1er conflit mondial : Pagine di guerra (Belgique, France, Alsace et  Russie), ici en leur version pour deux pianos. Casella, qui fut dans sa jeunesse très parisien – élève de Fauré – et quasi avant-gardiste, retourna ensuite en Italie pour se rapprocher  idéologiquement du fascisme et célébrer la « musique de naguère » (Vivaldi, Scarlatti…). Il ne figure certes pas dans La Recherche, mais sa présence ici « enrichit » le propos d’évocation entre vie et œuvre, faisant aussi penser aux dédicaces d’amis morts à la guerre que Ravel mit en exergue du Tombeau de Couperin, ou aux partitions très « engagées » (et très  anti-allemandes) de Debussy.

Faire constellation et apocalypse dans le ciel de Paris en guerre

Proust, bien évidemment réformé pour raisons de santé, reste à Paris pendant la guerre, et inclut le « paysage » de la capitale parfois menacée par les raids de « Gothas » dans l’écriture proliférante et captatrice (« les nécessaires anneaux d’un beau style »)…, l’immense dernière partie de La Recherche, là où le Temps  est Retrouvé. Ainsi en témoigne l’extraordinaire page où le Narrateur et son ami Robert de Saint-Loup (qui sera tué au front) échangent leurs impressions sur « un raid de zeppelins qu’ils avaient vu la veille », comme on eût parlé naguère de « quelque spectacle d’une grande beauté esthétique ». Et Saint-Loup, qui vient des combats et va y retourner, dit : «  Je reconnais que c’est très beau, le moment où les avions montent, où ils vont faire constellation, et obéissent en cela à des lois tout aussi précises que celles qui régissent les constellations… Mais est-ce que tu n’aimes pas mieux  le moment où ils font apocalypse, même les étoiles ne gardant plus leur place… ? Et ces sirènes, était-ce assez wagnérien, ce qui du reste était bien naturel pour saluer l’arrivée des Allemands…Dame, c’est que la musique des sirènes était d’un Chevauchée des Walkyries ! Il faut décidément l’arrivée des  Allemands pour qu’on puisse entendre du Wagner à Paris . » Et plus loin, en promenade nocturne dans la capitale, le Narrateur voit le « vertige » qui prend le spectateur devant la beauté paradoxale : «  ce n’était  plus une mer étendue, mais une gradation verticale de bleus glaciers. Et les tours du Trocadéro qui semblaient si proches des degrés de turquoise devaient en être extrêmement éloignées, comme ces deux tours de certaines villes de Suisse qu’on croirait dans le lointain voisiner avec la pente des cimes. »

Un transfert de Savoie en Normandie

Et comme en bonne polyphonie, ces descriptions « au dessus de la mêlée » mêlent leur sublime décalé au cheminement  de personnages « en dehors des lois », tel le baron de Charlus qui « trahit » sa caste nobiliaire française en affichant des sentiments germanophiles, tout en poursuivant ses amours d’ « inverti masochiste » au bordel de Jupien, traquant le violoniste Morel qui d’abord déserteur méritera la Croix de Guerre que son engagement tardif finit par lui valoir. Il en va de même pour les transpositions géographiques dont Proust est subtil adepte, et pas seulement à propos  des « noms de lieux » – Illiers devenu l’universel Combray, ou Cabourg réintitulé Balbec… Ainsi en va-t-il d’un épisode du trajet– le premier  Paris-« Balbec » -, où le train qui mène à une  Normandie riveraine de la Manche traverse tout à coup un « paysage accidenté,abrupt » et s’arrête à une gare «  entre deux montagnes, au fond de la gorge, au bord du torrent »…  La réalité, c’est qu’il s’agit là d’une mémoire de voyage ferroviaire dans les Alpes de Haute-Savoie, où en 1903 Marcel avait accompagné sa mère qui allait en cure à Evian. C’est ici que surgit une « grande fille au visage plus rose que le ciel », qui propose du café au lait aux voyageurs , et auprès de qui vient au Narrateur « le goût d’un certain bonheur »(fugitif, bien sûr, le départ du train faisant brutalement « s’éloigner de l’aurore »)… En tout cas,  n’est-ce pas  à Grenoble qu’on goûterait  le  mieux un  « transfert »  de Savoie en Normandie, si la récitante venait à lire cette page enchantée… ?

Wagner et ses longueurs  insupportables

Quant aux Å“uvres musicales dont ce « jouer avec les mots »(et les notes…) sera le texte et le prétexte, elles vont aussi bien  puiser au presque-inédit ( ces pages de Casella dont il est bien hasardeux d’indiquer que Proust ait pu les connaitre) qu’à des citations  bien plus…classiques dans le romantisme allemand. Et les proustiens de reprendre leur « Index des noms de personnes » dans les trois tomes de la Pléiade pour identifier allusions, voire citations de ce que les deux pianistes du concert vont jouer – en transcription – de Beethoven, Schumann et Wagner. Délicieuse promenade entre rives de Vinteuil- la Sonate et le Septuor -, opinions la plupart du temps ridicules des salonnards croisés par Swann puis le Narrateur (« Beethoven la barbe ! », dit Mme de Citri, et l’échange esthétique entre le duc de Guermantes – « Wagner, cela m’endort » et sa femme – « avec des longueurs insupportables Wagner avait du génie » -, comparaisons ou métaphores au cÅ“ur de la musique pour en mieux saisir l’essence et l’existence. Pour l’Ode à la Joie dans la IXe, point de référence précise, mais Beethoven est très présent dans la Recherche :la Symphonie Pastorale, et surtout les quatuors, dont on se rappelle que Proust se les faisait jouer à domicile, et qui  nourrissent – entre autres – la substance du Septuor, cette Å“uvre de la plus audacieuse modernité d’alors qui emprunte aussi à Franck, Debussy et Ravel…

Schumann, la petite phrase, la Sonate et le Septuor

Schumann aussi  figure  dans La Recherche, et ici la transcription d’une partie du Quatuor avec piano op.47 fait écho à de nombreux « moments musicaux » chez le Poète des Scènes d’enfants, tel le « dénouement rapide des amours avec Albertine » apparenté à des Ballades( ?) de Schumann ou des nouvelles de Balzac…Mais encore davantage au destin « boche » du compositeur allemand en France pendant la Guerre, moqué  en la personne devenue défaitiste de Charlus, et magnifié par le courage parisien du marquis- officier Saint-Loup, qui chante en allemand dans l’escalier du Narrateur un lied de Schumann pour braver le « patriotisme » cocardier des voisins. Où l’on retrouve donc le grand thème de la Guerre, qu’évidemment Wagner symbolise entre tous, après que sa « musique de l’avenir » ait été pour la génération proustienne le point de ralliement contre les conservatismes. On se rappelle que dans sa lettre à Lacretelle Proust cite pour la mystérieuse « petite phrase » de la Sonate écoutée par Swann et Odette non pas tellement une sonate de Saint-Saëns (« charmante mais enfin médiocre, d’un musicien que je n’aime pas ») que des références à Franck, Fauré, puis le prélude de Lohengrin et l’Enchantement du Vendredi-Saint (Parsifal)… Ici ce sera l’ouverture de Tannhaüser transcrite par Liszt. Les pianistes Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff symbolisent, eux, les  glorieuses générations de l’école pianistique française moderne , la comédienne-lectrice « contrepointant » avec eux le temps d’à « L’ombre des jeunes filles en fleurs » sur la jetée de Balbec, avant que « les désastres de la guerre »ne viennent faire sombrer ce monde, « à jamais »….

La moderne fille de Jethro

Marcel-Proust-et-la-musique-visuel-UNE-site-webOn pourra être d’autant plus troublé par la présence de cette lectrice que Natacha Régnier la blonde (partenaire de la brune Elodie Bouchez pour  la Vie rêvée des anges,le film de Zonca qui  la révéla au grand public) n’est pas sans évoquer la « fille de Jethro, Zephora » retrouvée dans une fresque botticellienne de la Sixtine.    Pour « l’ancêtre » du Narrateur, Swann, qui aime à voir l’imaginaire de la peinture s’incarner dans les créatures de la réalité vécue, Odette de Crécy « ne peut être » que cette Zephora « aux grands yeux, au délicat visage, aux boucles merveilleuses des cheveux le long des joues fatiguées ». Reportez-vous donc aux reproductions de Botticelli, et dites, lecteur-auditeur grenoblois, si nous errons par trop dans la remémoration et la transposition ! Ou si vous n’apercevez pas aussi un écho de la grande fille au « teint doré et rose » dans la gare haut-savoyarde, quand le train  « éloigne de l’aurore » , à jamais, le Narrateur ébloui ? Jouer avec les mots, concert-lecture Proust/Beethoven, Schumann, Wagner, 19h30,  jeudi 28 avril 2016,Auditorium- Musée de Grenoble. Natacha Régnier, récitante ; Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff, pianistes.

Renseignements et réservation : Tél.: 04 76 87 77 31 ; www.musee-en-musique.com

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Marcel Proust et la musique. Sources de la “Sonate de Vinteuil”

Proust et la musique. Reynaldo Hahn aimait souligner avec quelle vibration Marcel Proust “vivait” la musique de son temps. L’écrivain fut aussi à l’écoute des compositeurs anciens. Le génie littéraire dans son cas, mâche et remâche, digère et assimile par le filtre de son intention artistique et par l’hypersensibilité de son goût, les diverses sources qu’il a su comprendre intimement. D’où vient la fameuse Sonate de Vinteuil? L’idée juste est d’en faire la célébration synthétique d’une culture musicale qui opère un mouvement large et particulier à la fois. Proust agit comme un collectionneur, et aussi un savant bricoleur. Tel un entomologiste, l’auditeur distingue une phrase musicale comme le scientifique dissèque un élément de son étude. La citation devient l’emblème d’une sensation affleurante, de plus en plus précise. La Sonate ainsi “recomposée” dans son oeuvre d’écrivain recrée à l’infini le mystère et la fascination de la musique qu’éprouva le mélomane averti et exigent qu’il fut. “Sonate” ou “Septuor”, Vinteuil dans La Recherche, concentre un idéal esthétique, qui résonne par la musique, mais active aussi les forces de la mémoire, forçant les êtres à reprendre conscience d’une part d’eux-mêmes, part immergée mais pourtant essentielle de leur identité dormante…

Wagner ou Saint-Saëns?

Dès Les Plaisirs et les jours, le jeune auteur cite la musique comme le véhicule de l’activité psychologique. Comme Bergotte capable d’isoler le petit pan de mur jaune dans la Vue de Delft de Vermeer, Proust se concentre sur un thème, une phrase musicale, ici, un extrait du monologue de Hans Sachs au II ème acte des Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner, pour rehausser l’expression de la pensée de son héroïne, Madame de Breyves. Celle-ci, en écoutant la petite phrase, revit un épisode sensitif aigu où la citation wagnérienne s’identifie à Monsieur de Laléande. L’anneau musical resserre son influence dans l’esprit de la jeune femme et suscite un jaillissement presque incontrôlé de la mémoire. Ainsi une personne vue, ressuscite. Le passé, devient présent. Ailleurs, Jean Santeuil, sent de la même façon, surgir les larmes quand à l’écoute de la Sonate de Saint-Saëns, il pense à celle qu’il aima tant et qui lui jouait la partition sans compter, comme l’hymne de leur amour.
Cette Sonate (pour violon et piano en ré mineur opus 75 de Camille Saint-Saëns, de 1885) devait être l’emblème de la Sonate de Vinteuil, son thème central, l’indice que la mémoire involontaire réalise son activité irrépressible. Ainsi dans la partition littéraire, le point le plus aigu de l’action psychologique est souvent exprimé par la citation de la musique.
Comme Balzac, dans Zambellina, l’une de ses trois nouvelles “musicales”, où l’auteur rend un hommage appuyé à Niccolo Jommelli, champion de l’opéra baroque, à une époque où les chefs baroqueux n’avaient pas encore opéré leur percée révolutionnaire, Proust innerve son texte de composants musicaux essentiels, tels des phares ou des points de repère dans le flot de l’écriture, tels la formule clé de l’aria, dans la continuité de la prose-récitatif. L’écrivain cite Saint-Saëns avec d’autant plus d’aisance et de sensibilité qu’il connaît parfaitement sa musique. Il aime sa Troisième Symphonie avec orgue, la plus belle dans le genre, depuis Beethoven… Il a écouté le prodige du piano, en particulier dans les Concertos de Mozart. Il loue en particulier sa ” pureté” et sa “transparence”.
Proust sous l’influence de Reynaldo Hahn, son ami intime, semble préférer Saint-Saëns à Wagner. Le compositeur français incarne alors la manière proprement hexagonale la plus élaborée, digne équivalente du massif de Bayreuth. Lorsque Charlus se met au piano lors d’une soirée Verdurin, il arbore les qualités de jeu que Proust avait remarqué chez Saint-Saëns. Pourtant, il écrira plus tard, avoir pris un certain recul bénéfique par rapport à la musique de chambre de Saint-Saëns, un compositeur qu’il taxe de “médiocrité”.

En fin connaisseur des filiations et des hommages entre artistes, Proust qui savait l’admiration du jeune Fauré pour son aîné Saint-Saëns, fait glisser l’amour de Swann, dans “Un amour de Swann”, de la Sonate en ré mineur de Saint-Saëns vers la Ballade de Fauré. L’écrivain décrit l’impact de la ligne du violon sur la “mauve agitation” du piano avec d’autant plus de pertinence et de fine subtilité, que cette ligne vocale se retrouve d’un compositeur à l’autre, que Fauré, surtout, dédia sa Ballade à son maître tant estimé.

Vinteuil, rébus musical, citation générique

Au final, le terme Vinteuil renvoie à la culture musicale de Proust au moment où il puise dans son réservoir personnel de motifs et de thèmes musicaux. A chaque épisode où l’un de ses personnages éprouve l’expérience de la musique émotionnelle, celle qui sans que l’on s’y prépare, suscite un éclair dans la pensée, produit le surgissement d’un souvenir enfoui, d’autant plus immédiatement vivace qu’il était jusqu’alors éteint et oublié, Proust cite Vinteuil et sa petite phrase énigmatique et active. Encore à l’évocation du concert du pianiste lors des soirées Verdurin, l’écrivain fait paraître selon son habitude, l’éclat d’une formule musicale isolée dont l’impact réalise cette résurrection du passé. Comme si la musique favorisait ce qui tient d’une aventure passionnante, l’activité de la psyché, les plis et rebonds de la conscience sollicitée, le flux et le reflux de la mémoire. Ainsi s’inscrivent le prélude de Lohengrin de Wagner ou surtout, bien encore le souvenir fragmentaire d’une phrase de Schubert qui pourrait être l’Impromptu en sol bémol majeur D 899. Prise isolément, la petite phrase devient l’élément premier du processus de remémorisation, certains diront d’un fétichisme sentimental, terme de notre point de vue, un peu réducteur.

De Saint-Saëns à Beethoven, de Fauré à Franck

De Saint-Saëns et Fauré à Wagner et Schubert, puis Beethoven, l’exigence de l’écrivain mélomane évolue. Terme nous l’avons vu générique, Vinteuil cite de nouveaux maîtres admirés, de nouvelles pages musicales tendrement aimées. Le cycle lié à Albertine puis les derniers épisodes d’A la recherche du temps perdu, imposent l’ombre persistante des derniers Quatuors de Beethoven ( en particulier la troublante rêverie du Quatuor n°12 opus 127), mais aussi Carnaval de Schumann qui cite encore la figure de l’enfant endormi.
Mais fidèle à sa passion de jeunesse, Proust revient à Fauré. Cantique de Jean Racine, surtout Quatuor en ut mineur opus 15 (qu’il fait jouer dans son appartement parisien), nourrissent l’inspiration du poète, soucieux de toujours renouveler les références contenues dans la citation de Vinteuil.
Pourtant, César Franck laissera une impression durable dans l’imaginaire romanesque de l’écrivain. Le Quatuor en ré majeur de 1889 enrichit à son tour la citation du “septuor” de Vinteuil. Au terme de notre enquête, il faudrait donc parler, au regard de la multiplicité des sources musicales, de musiques de Vinteuil.

Prima la musica dopo le parole

Proust aurait pu répondre à l’obsédante question de la Comtesse Madeleine dans Capriccio de Strauss. Paroles ou musique? Chant des instruments, ou précisément, voix des cordes et du piano, aurait-il pu trancher! A travers l’évocation plurielle de la Sonate ou du Septuor de Vinteuil, l’écrivain abandonne les divagations exclusives de la voix, trop attachées à la dilution de la conversation. Il lui préfère, nous l’avons vu, les pages purement orchestrales des opéras de Wagner, isolant à titre personnel, dans le Pelléas de Debussy qu’il admira immédiatement après sa création parisienne en 1902, les pages purement instrumentales. L’alliance violon/piano étant de son point de vue, d’un souverain accomplissement. Au sommet de son panthéon musical, règne donc la musique de chambre. Et la petite phrase de Vinteuil accomplit sa morsure sur le mode adagio ou andante: mouvement lent, suspendu, tendre, comme une berceuse. Dans l’une de ses lettres dernières, Marcel évoque le finale du Quatuor n°15 de Beethoven dont il se sent tellement proche de la “si puissante tendresse humaine”.
Au final, le thème de la Sonate de Vinteuil interroge dans la prose musicale de Proust, l’effet de la musique dans le processus de conscience et de remémoration de chaque personnage de La Recherche. Temps perdu? Temps retrouvé grâce à la puissante magie révélatrice de la muse instrumentale. A chaque invocation de cette manne involontaire autant qu’inestimable, le narrateur ou les personnages renaissent à leur identité profonde dont ils avaient perdu la perception. De sorte que même si Proust disait qu’il “n’est de seule vie pleinement vécue, que la littérature”, cette expérience capitale n’aurait pu se réaliser sans le prisme révélateur de la musique.

 

 

Illustrations :

Jacques-Emile Blanche, Marcel Proust (DR)
Ferdinand Khnopff, en écoutant Schumann (DR)
Adolph von Menzel, Joseph Joachim et Clara Schumann en concert (DR)