Hommage Ă  Patrick Dupond, danseur Ă©toile

patrick dupond danseur etoile mort hommage classiquenewsCULTUREBOX, mar 9 mars 21, 21h05. PATRICK DUPOND, hommage. SoirĂ©e spĂ©ciale sur Culturebox, en hommage au danseur Ă©toile, ex directeur de la danse de l’OpĂ©ra National de Paris (1990), Patrick Dupond, dĂ©cĂ©dĂ© vendredi dernier (5 mars 2021). « GĂ©nie de la danse française, Ă©toile adulĂ©e dans le monde entier et figure immensĂ©ment populaire, Patrick Dupond a rejoint les Ă©toiles la semaine derniĂšre : rĂ©trospective hommage cette soirĂ©e sera l’occasion de revenir sur les grands moments de sa carriĂšre.

 

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Programme :
Présentation de la soirée hommage à Patrick Dupond (21h05)
Avec le danseur et chorĂ©graphe Boris Charmatz, la danseuse et chorĂ©graphe Maud Le Pladec et le premier danseur de l’Opera de Paris, François Alu.

 

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21h20
« Patrick Dupond, Danseur étoile »
FlorilĂšge d’extraits des plus grands ballets du rĂ©pertoire dansĂ©s par Patrick Dupond, prodige de l’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra, devenu trĂšs jeune DANSEUR ETOILE Ă  l’OpĂ©ra de Paris et star internationale.

Evocation des multiples facettes du danseur avec des extraits de:

Le CORSAIRE pour lequel Patrick Dupond a Ă©tĂ© consacrĂ© meilleur danseur au cĂ©lĂšbre concours de VARNA, Ă  l’Ăąge de 16 ans,

SALOME, de Maurice BEJART, dansĂ© Ă  de nombreuses reprises tout au long de sa carriĂšre, le ballet fait partie de l’histoire de Patrick Dupond,

ROMEO ET JULIETTE, le pas de deux du Balcon. Patrick Dupond danse avec Monique LOUDIERES et y il excelle dans sa qualité de partenaire,

DON QUICHOTTE, avec NoĂ«lla PONTOIS dans laquelle Patrick Dupond offre un variation Ă©poustouflante, et PROUST ou LES INTERMITTENCES DU CƒUR, de Roland PETIT. DurĂ©e 26 min – Production: Telmondis

 

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A 21h45ballet intĂ©gral : « Proust ou les intermittences du cƓur» – Ballet National de Marseille – Roland Petit

Roland Petit a crĂ©Ă© le ballet “Proust ou les intermittences du cƓur” inspirĂ© par ” A la recherche du temps perdu ” de Marcel Proust.
Conçu en 1974 Ă  Monte-Carlo par le Ballet de Marseille, “Les intermittences du cƓur” tourne ensuite dans le monde entier.
Le ballet est divisĂ© en deux parties. La premiĂšre partie expose ” quelques images des paradis proustiens “, et la seconde, comme son Ă©cho contraire, ” Quelques images de l’enfer proustien “.

Chorégraphe : Roland Petit
Musique : Beethoven, Debussy, Faure, Franck, Hahn, Saint-Saëns, Wagner
RĂ©alisateur : Dirk Sanders
Production : France 3, Ballet National de Marseille – 1981
Danseurs : Maya Plissetskaya, Dominique Khalfouni, Denys, Patrick Dupond
Durée: 90 min

 

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VOIR le programme de la soirée Patrick Dupond sur CULTUREBOX
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/2261129-culturebox-en-direct.htmls

https://www.france.tv/spectacles-et-culture/

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, salle Cortot, le 2 déc 2019. Le temps retrouvé / Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano)

COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, salle Cortot, le 2 dĂ©c 2019. Le temps retrouvĂ© / Li-Kung Kuo (violon), CĂ©dric Lorel (piano). Au cƓur du chambrisme français. Chausson, Saint-SaĂ«ns, Hahn, YsaĂże
 le duo Li-Kung Kuo (violon), CĂ©dric Lorel (piano) Ă  la faveur de leur rĂ©cent cd Ă©ditĂ© par Cadence Brillante, intitulĂ© « Le temps retrouvé » (rĂ©compensĂ© par le CLIC de CLASSIQUENEWS), souligne l’ñge d’or de la musique de chambre en France au temps de Proust dont ils ont proposĂ© une certaine idĂ©e du goĂ»t musical, propre Ă  la Belle-Epoque. Il n’y a aucun doute sur la qualitĂ© de cette musique Ă©vocatrice e poĂ©tique et l’on s’étonne toujours de ne pas l’écouter plus souvent dans les salles de concert.

 

 

Mille et une nuances du chambrisme français

 

 

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©Sur les traces de la lĂ©gendaire et trĂšs littĂ©raire Sonate de Vinteuil, mythe proustien par excellence, les deux artistes abordent plusieurs auteurs du programme de leur cd, mais dans un ordre diffĂ©rent, terminant par EugĂšne YsaĂże dont il trace ainsi un portrait complet, comme interprĂšte et comme compositeur.‹ A l’époque de Proust, le chant de l’ñme vibrante et dĂ©sirante s’exprime au violon ainsi : virtuosissime (Caprice opus 52 n°6, d’aprĂšs Saint-SaĂ«ns d’YsaĂże) ; Ăąpre et profond, jusqu’à l’expiration enivrĂ©e (trĂšs wagnĂ©rien et tristanesque PoĂšme de Chausson opus 25 ; extatique Ă©perdu en une voluptĂ© heureuse (Nocturne de Hahn) 

Le sommet du rĂ©cital Ă  Cortot Ă©tant la Sonate n°1 de Saint-SaĂ«ns (opus 75) de 1885, sa petite mĂ©lodie aĂ©rienne, fruit d’un gĂ©nie français de 50 ans, qui aura certainement inspirĂ© Marcel, lequel n’hĂ©sitait jamais, comme pour mieux brouiller les pistes, Ă  dire sa dĂ©testation de
 Saint-SaĂ«ns justement. C’est pourtant bien cet air qui semble jaillir de l’enfance, naturel et coulant en une innocence, intacte et vive qui surgit comme second thĂšme du premier mouvement, saisissant par sa simplicitĂ© et son intensitĂ© sincĂšre. Proust y dĂ©tecte comme un leit motiv emblĂ©matique de La Recherche du temps perdu, la « masse » du piano sous la ligne violonistique, Ă©crit-il transportĂ©, « multiforme, indivise, (
), la mauve agitation des flots que charme et bĂ©molise le clair de lune ». Au cƓur de l’inspiration proustienne, la musique qui a ce don de jaillir comme une source fĂ©condante, continue. Tout le gĂ©nie de Camille s’exprime alors, organisant la forme Sonate en un diptyque qui marque les esprits par son souffle, ses crĂ©pitements vifs argents, son charme « intĂ©rieur », ce « chic Ă  la française » qui surpasse mĂȘme l’élĂ©gance viennoise par sa profondeur et la sensualitĂ© de ses couleurs
 que CĂ©dric Lorel, remarquable de couleurs fauves en effet, par son toucher suggestif, 
 « proustien », rĂ©active d’un bout Ă  l’autre au clavier.
Sa complicitĂ© et son Ă©coute offrent une assise souple et articulĂ©e au chant direct et intense du violoniste taiwanais Li-Kung Kuo dont la franchise sonore sait libĂ©rer la tension et maintenir l’expressivitĂ© du son de façon continue. Et c’est peu dire que le violoniste aborde avec une superbe chauffĂ©e Ă  blanc la sĂ©quence ivre de doubles croches qui s’électrise en cascades irradiantes jusqu’au finale, Ă©blouissant de santĂ© apollinienne. Du cran et de la constance marque ce programme rĂ©gĂ©nĂ©rant. Un bain de romantisme français d’une hallucinante maturitĂ© poĂ©tique.
Le Chausson (que crĂ©a YsaĂże) culmine dans l’évocation de paysages crĂ©pusculaires oĂč plane l’idĂ©e d’un envoĂ»tement mystĂ©rieux.

UN AGE D’OR de la musique française
 Rien n’est semblable Ă  l’acuitĂ© expressive des compositeurs français que marque alors une nette volontĂ© d’affirmer l’écriture nationale vis Ă  vis des germaniques. Si Chausson, mort trop jeune, se forme en vĂ©ritĂ© en copiant les quatuors de Beethoven et de Schumann, saine vocation pour celui que son pĂšre força au droit, il nous laisse (avec Franck), une alternative au wagnĂ©risme inĂ©vitable, que les deux interprĂštes ce soir, dĂ©voilent avec une sĂ»retĂ© musicale et une grande finesse.
Et quelle belle idĂ©e de terminer le concert en jouant Lili Boulanger, trĂšs inspirĂ©e dans ce Nocturne (qui semble ainsi rĂ©pondre Ă  celui de Reynaldo Hahn, jouĂ© en ouverture). En un mot, superbe concert que l’auditeur retrouve dans le cd opportunĂ©ment intitulĂ© « le temps retrouvé ».

 

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd Le temps retrouvé par Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano), édité en novembre 2019 chez Cadence Brillante.

PARIS, Cortot, 2 dĂ©c 2019. Proust et la Belle Époque : la Sonate de Vinteuil Ă©lucidĂ©e. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, ce soir, 20h30. 2 dĂ©c 2019. La Sonate de Vinteuil élucidĂ©e… Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’EugĂšne YsaĂże, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste CĂ©dric LOREL mĂȘlent avec intelligence et avec un vrai goĂ»t des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempĂ©raments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus prĂ©cise du sentiment intĂ©rieur. A la fois expressifs (et mesurĂ©s), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprĂštes ressuscitent un Ăąge d’or de la musique de chambre française Ă  l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littĂ©rature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacitĂ© aiguĂ« qui creuse la charge Ă©motionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poĂ©tique, le duo rend justice Ă  l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendĂ©. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3Ăš complice) : le PoĂšme de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-SaĂ«ns, entre gravitĂ© et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’aprĂšs La Valse de St-SaĂ«ns) affirme la virtuositĂ© directe enflammĂ©e dont YsaĂże Ă©tait coutumier, habile Ă  s’approprier chaque partition, avec une intensitĂ© et une articulation percutante, vive, prĂ©cise, mordante. La personnalitĂ© inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui crĂ©a des piĂšces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le PoĂšme de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), YsaĂże joua la Sonate de Saint-SaĂ«ns dont il dĂ©duit une Ă©tude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crĂ©pitements d’une trĂšs haute virtuositĂ©.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS

un ñge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relĂšve dĂšs « l’Allegro vivo » l’activitĂ© filigranĂ©e, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « IntermĂšde » est exprimĂ© comme une pantomime, lĂ©gĂšre, d’une nervositĂ© arachnĂ©nenne, prĂ©cisĂ©ment expressive, pure instant de poĂ©sie Ă©vocatoire, aux imprĂ©visibles intentions, aux humeurs esquissĂ©es, changeantes.
« TrĂšs animé » laisse s’exprimer une agitation enivrĂ©e tout en dĂ©licatesse intĂ©rieure et pudique pourtant (rĂ©itĂ©ration du thĂšme de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillĂ© et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualitĂ© de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du PoĂšme de Chausson. PrĂ©alable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurĂ©e, elle aussi productrice d’un vrai climat poĂ©tique qui est propice Ă  faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravitĂ©, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu Ă  peu lumineux qui s’embrase littĂ©ralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le dĂ©ploiement de cette sensibilitĂ© claire et transparente, ligne Ă©perdue, Ă©tirĂ©e jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-SaĂ«ns (Sonate n°1, modĂšle prĂ©sumĂ© de la fameuse Sonate de Vinteuil): trĂšs complices, et mĂȘme fusionnels, piano et violon rĂ©ussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agitĂ© en effet et mĂȘme crĂ©pitant, d’une activitĂ© que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait mĂȘme de son Ă©noncĂ©. La suggestion, l’allusion, l’infini mĂ©lancolie qui portent au rĂȘve et Ă  l’abandon, contrastĂ© avec les passages plus tendus voire Ăąpres, structurent une partition qui relĂšve du gĂ©nie de Saint-SaĂ«ns. MĂȘme s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dĂ» irrĂ©sistiblement ĂȘtre vaincu par l’infinie tendresse de la mĂ©lodie centrale, dĂ©sormais entĂȘtante et emblĂ©matique de tout son Ɠuvre littĂ©raire. Les interprĂštes laissent Ă  l’Ɠuvre de superbes plages de dialogues feutrĂ©s, comme enveloppĂ©s par la question et le sens du souvenir et de la mĂ©moire. C’est un temps rĂ©trospectif et intime, mais aussi dans la rĂ©alisation, une formidable Ă©nergie active qui rĂ©soud et libĂšre (rĂ©itĂ©ration du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout Ă  l’autre on goĂ»te le veloutĂ© diaphane du piano, son crĂ©pitement crĂ©pusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases Ă©tendues, Ă©perdues (Adagio). En crĂ©pitement hallucinĂ©, roboratif (dernier Allegro molto). La qualitĂ© du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicitĂ© avec le Bechstein, le piano prĂ©fĂ©rĂ© de Debussy.
La qualitĂ© d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mĂ©lodique du Hahn, Ă©videment un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crĂ©pusculaire de la petite phrase inventĂ©e par Saint-SaĂ«ns.

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre prĂ©sentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
PoĂšme op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

EugĂšne YsaĂże (1858-1931)
Caprice d’aprĂšs l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

 le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450

 

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps
 EugĂšne YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 dĂ©c 2019. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’EugĂšne YsaĂże, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste CĂ©dric LOREL mĂȘlent avec intelligence et avec un vrai goĂ»t des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempĂ©raments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus prĂ©cise du sentiment intĂ©rieur. A la fois expressifs (et mesurĂ©s), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprĂštes ressuscitent un Ăąge d’or de la musique de chambre française Ă  l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littĂ©rature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacitĂ© aiguĂ« qui creuse la charge Ă©motionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poĂ©tique, le duo rend justice Ă  l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendĂ©. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3Ăš complice) : le PoĂšme de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-SaĂ«ns, entre gravitĂ© et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’aprĂšs La Valse de St-SaĂ«ns) affirme la virtuositĂ© directe enflammĂ©e dont YsaĂże Ă©tait coutumier, habile Ă  s’approprier chaque partition, avec une intensitĂ© et une articulation percutante, vive, prĂ©cise, mordante. La personnalitĂ© inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui crĂ©a des piĂšces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le PoĂšme de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), YsaĂże joua la Sonate de Saint-SaĂ«ns dont il dĂ©duit une Ă©tude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crĂ©pitements d’une trĂšs haute virtuositĂ©.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS

un ñge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relĂšve dĂšs « l’Allegro vivo » l’activitĂ© filigranĂ©e, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « IntermĂšde » est exprimĂ© comme une pantomime, lĂ©gĂšre, d’une nervositĂ© arachnĂ©nenne, prĂ©cisĂ©ment expressive, pure instant de poĂ©sie Ă©vocatoire, aux imprĂ©visibles intentions, aux humeurs esquissĂ©es, changeantes.
« TrĂšs animé » laisse s’exprimer une agitation enivrĂ©e tout en dĂ©licatesse intĂ©rieure et pudique pourtant (rĂ©itĂ©ration du thĂšme de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillĂ© et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualitĂ© de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du PoĂšme de Chausson. PrĂ©alable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurĂ©e, elle aussi productrice d’un vrai climat poĂ©tique qui est propice Ă  faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravitĂ©, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu Ă  peu lumineux qui s’embrase littĂ©ralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le dĂ©ploiement de cette sensibilitĂ© claire et transparente, ligne Ă©perdue, Ă©tirĂ©e jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-SaĂ«ns (Sonate n°1, modĂšle prĂ©sumĂ© de la fameuse Sonate de Vinteuil): trĂšs complices, et mĂȘme fusionnels, piano et violon rĂ©ussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agitĂ© en effet et mĂȘme crĂ©pitant, d’une activitĂ© que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait mĂȘme de son Ă©noncĂ©. La suggestion, l’allusion, l’infini mĂ©lancolie qui portent au rĂȘve et Ă  l’abandon, contrastĂ© avec les passages plus tendus voire Ăąpres, structurent une partition qui relĂšve du gĂ©nie de Saint-SaĂ«ns. MĂȘme s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dĂ» irrĂ©sistiblement ĂȘtre vaincu par l’infinie tendresse de la mĂ©lodie centrale, dĂ©sormais entĂȘtante et emblĂ©matique de tout son Ɠuvre littĂ©raire. Les interprĂštes laissent Ă  l’Ɠuvre de superbes plages de dialogues feutrĂ©s, comme enveloppĂ©s par la question et le sens du souvenir et de la mĂ©moire. C’est un temps rĂ©trospectif et intime, mais aussi dans la rĂ©alisation, une formidable Ă©nergie active qui rĂ©soud et libĂšre (rĂ©itĂ©ration du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout Ă  l’autre on goĂ»te le veloutĂ© diaphane du piano, son crĂ©pitement crĂ©pusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases Ă©tendues, Ă©perdues (Adagio). En crĂ©pitement hallucinĂ©, roboratif (dernier Allegro molto). La qualitĂ© du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicitĂ© avec le Bechstein, le piano prĂ©fĂ©rĂ© de Debussy.
La qualitĂ© d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mĂ©lodique du Hahn, Ă©videment un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crĂ©pusculaire de la petite phrase inventĂ©e par Saint-SaĂ«ns.

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre prĂ©sentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
PoĂšme op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

EugĂšne YsaĂże (1858-1931)
Caprice d’aprĂšs l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps
 EugĂšne YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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TEASER. Le temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) Cédric Lorel (piano)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450CD Ă©vĂ©nement, annonce et concert. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) : Le Temps retrouvĂ© (1 cd Cadence Brillante). Sur les traces du violoniste lĂ©gendaire EugĂšne YsaĂże (1858 – 1931), le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel explorent en filiations et correspondances tĂ©nues, les champs d’une mĂ©moire retrouvĂ©e, celle proustienne, qui associent plusieurs compositeurs romantiques français : Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns jusqu’à Claude Debussy. Le programme ressuscite l’esprit fin de siĂšcle et Belle-Epoque, autour de la figure d’EugĂšne YsaĂże, personnalitĂ© wallone majeure entre les deux siĂšcles, « crĂ©ateur du PoĂšme et du Concert de Chausson, du Quatuor de Debussy (parmi bien d’autres ) et qui, en compagnie du pianiste Raoul Pugno, interprĂ©ta souvent la premiĂšre Sonate de Saint-SaĂ«ns -celle qui, semble-t-il, servit probablement de modĂšle pour la fameuse “Sonate de Vinteuil ». YsaĂże crĂ©a aussi la fameuse Sonate de Franck et le premier Quintette de FaurĂ©. Le PoĂšme de Chausson est son Ɠuvre emblĂ©matique qu’il joue dans chacun de ses concerts.

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
PoĂšme op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

EugĂšne YsaĂże (1858-1931)
Caprice d’aprĂšs l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

 le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450

 

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps
 EugĂšne YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

 

 

 

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PARIS, Cortot, 2 dĂ©c 2019. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante.

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 dĂ©c 2019. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. Sur les traces du violoniste lĂ©gendaire EugĂšne YsaĂże (1858 – 1931), le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel explorent en filiations et correspondances tĂ©nues, les champs d’une mĂ©moire retrouvĂ©e, celle proustienne, qui associent plusieurs compositeurs romantiques français : Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns jusqu’à Claude Debussy. Le programme ressuscite l’esprit fin de siĂšcle et Belle-Epoque, autour de la figure d’EugĂšne YsaĂże, personnalitĂ© wallone majeure entre les deux siĂšcles, « crĂ©ateur du PoĂšme et du Concert de Chausson, du Quatuor de Debussy (parmi bien d’autres ) et qui, en compagnie du pianiste Raoul Pugno, interprĂ©ta souvent la premiĂšre Sonate de Saint-SaĂ«ns -celle qui, semble-t-il, servit probablement de modĂšle pour la fameuse “Sonate de Vinteuil ». YsaĂże crĂ©a aussi la fameuse Sonate de Franck et le premier Quintette de FaurĂ©. Le PoĂšme de Chausson est son Ɠuvre emblĂ©matique qu’il joue dans chacun de ses concerts.

Le nouvel album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante, Ă  paraĂźtre le 15 novembre 2019, souligne les diverses facettes d’un Ăąge d’or de la musique de chambre française dont les joyaux se dĂ©gustent alors dans l’intimisme des salons parisiens. En imaginant la figure d’un compositeur de l’époque, Vinteuil (qui pourrait ĂȘtre une synthĂšse de Chausson, Saint-SaĂ«ns, FaurĂ©, Franck
), Marcel Proust ressuscite l’esprit et la sonoritĂ© d’une pĂ©riode d’importantes Ă©volutions musicales, de Chausson Ă  Debussy. Les deux interprĂštes restituent l’atmosphĂšre d’une Ă©poque remarquable, quand Paris Ă©tait la capitale musicale du monde.
CLIC_macaron_2014Le violoniste taiwanais Li-Kung Kuo, membre du Centre de musique de chambre de Paris affronte le dĂ©fi du Caprice d’YsaĂże, lui-mĂȘme inspirĂ© par Saint-SaĂ«ns ; son complice CĂ©dric Lorel ajoute couleurs et teintes d’un clavier historique, soit un piano Bechstein de 1898 ; Bechstein est un choix judicieux car c’était la marque prĂ©fĂ©rĂ©e de Debussy. En jouant Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns (la rare Sonate n°1), Debussy, les deux instrumentistes rendent hommage Ă  un violoniste exceptionnel qui a inspirĂ© nombre de compositeurs majeurs et singuliers. CD & CONCERT Ă©vĂ©nements, Ă©lus «  CLIC de CLASSIQUENEWS ».

 

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
PoĂšme op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

EugĂšne YsaĂże (1858-1931)
Caprice d’aprĂšs l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps
 EugĂšne YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

 

 

 

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LA VRAIE VIE DE VINTEUIL
 Entretien avec JĂ©rĂŽme Bastianelli

proustLA VRAIE VIE DE VINTEUIL
 Entretien avec JĂ©rĂŽme Bastianelli. Grasset Ă©dite en mars 2019, une fiction musicale plus vraie que la rĂ©alitĂ© et dĂ©diĂ©e Ă  l’élucidation d’un mythe autant littĂ©raire qu’instrumental : la Sonate de Vinteuil, invention romantique et romanesque que Proust utilise pour donner vie Ă  sa recherche personnelle et enrichir l’étoffe romanesque de ses personnages. L’auteur JĂ©rĂŽme Bastianelli « ose » reconstruire Ă  partir de sa propre connaissance du texte proustien, la vie supposĂ©e du compositeur le plus fameux et le plus mystĂ©rieux de la littĂ©rature française VINTEUIL dont le prĂ©nom serait Georges. En dĂ©coule son roman inĂ©dit « La vraie vie de Vinteuil ». Un texte fictionnel, manifeste romanesque qui cristallise tous les caractĂšres du romantisme musicale entre le XIXĂš et le XXĂš et fusionne selon un esthĂ©tisme prĂ©cis les figures de Castillon, FaurĂ©, surtout CĂ©sar Franck, icĂŽne centrale de cette Ă©vocation poĂ©tique majeure. Et si, sous Vinteuil, se cachait le secret du romantisme français le plus « authentique » ? Entretien exclusif pour classiquenews avec JĂ©rĂŽme Bastianelli, premier biographe de Georges V.

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CLASSIQUENEWS : Pour nourrir la vie supposĂ©e de Georges Vinteuil, de quels compositeurs rĂ©els vous ĂȘtes vous inspirĂ© ?

vinteuil-livre-georges-la-vraie-vie-de-livre-critique-par-classiquenews-clicl-de-classiquenews-BASTIANELLI-CJEROME BASTIANELLI : Afin d’ĂȘtre cohĂ©rent avec ce que nous raconte Proust sur son personnage, je fais mourir Vinteuil Ă  la fin du XIXe siĂšcle (en 1895, plus prĂ©cisĂ©ment), Ă  l’ñge de 77 ans. Il a donc traversĂ© tout le XIXe siĂšcle et a pu nouer des relations, voire des amitiĂ©s, avec la plupart des compositeurs de son Ă©poque, et notamment avec CĂ©sar Franck (Proust disait lui-mĂȘme, dans l’une de ses lettres, « Vinteuil symbolise le grand musicien genre Franck »). On croise aussi Saint-SaĂ«ns (bien sĂ»r !), FaurĂ©, Berlioz, Gounod, Liszt, Wagner, Bizet, et mĂȘme Alexis de Castillon (qui aurait Ă©tĂ© l’élĂšve de Vinteuil
), Ă  la fois parce que le concerto pour piano de celui-ci est une Ɠuvre formidable, Ă  redĂ©couvrir, et aussi parce qu’il Ă©tait originaire de Chartres, oĂč Vinteuil Ă©tait Ă©tabli. Certaines critiques de journaux aprĂšs la crĂ©ation d’Ɠuvres de Vinteuil m’ont Ă©tĂ© inspirĂ©es par de vraies critiques d’Ɠuvres de Bizet (notamment Djamileh), et la supposĂ©e phrase de Vladimir JankĂ©lĂ©vitch sur les dissonances tolĂ©rĂ©es dans l’Ɠuvre de Vinteuil s’applique en rĂ©alitĂ© Ă  la musique de Mompou. Mais la vie de Vinteuil est une vie originale, qui n’est pas directement inspirĂ©e par tel ou tel artiste.

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CLASSIQUENEWS : Pour vous, quelle esthétique incarne Georges Vinteuil dans le paysage romantique français ?

JEROME BASTIANELLI : On comprend Ă  lire Proust que la musique de Vinteuil est audacieuse, mĂ©lodiquement et harmoniquement. Il faut donc imaginer une esthĂ©tique en rupture avec ce qui a prĂ©cĂ©dĂ©, ainsi qu’un goĂ»t pour les questions formelles, les formes cycliques, qui semblent avoir retenu l’attention de Proust. Par-delĂ  leurs grandes diffĂ©rences, toutes les sonates qui ont pu inspirer Proust pour dĂ©crire celle de Vinteuil, de Franck Ă  Lekeu en passant par Saint-SaĂ«ns, FaurĂ© voire PiernĂ©, montrent une esthĂ©tique commune, reprĂ©sentative du goĂ»t des compositeurs français, Ă  cette Ă©poque, pour le duo violon/piano. C’est aussi, naturellement, l’esthĂ©tique que l’on doit prĂȘter Ă  Vinteuil.

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CLASSIQUENEWS : Que représente la Sonate de Vinteuil ? Est ce la quintessence de la musique française du XIXe ?

JEROME BASTIANELLI : Comme elle consiste en une sorte d’amalgame de plusieurs sonates Ă©crites entre 1870 et 1910, la Sonate de Vinteuil peut en effet ĂȘtre vue comme la quintessence virtuelle de la musique française du XIXe siĂšcle. Mais on sait que Proust citait aussi Wagner (prĂ©lude de Lohengrin), Beethoven (Arietta de l’Opus 111) et mĂȘme Schubert comme compositeurs lui ayant inspirĂ© telle ou telle description de la Sonate, donc la notion de « musique française » doit ĂȘtre prise avec prĂ©caution


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CLASSIQUENEWS : En tant que lecteur de Proust, pouvez vous nous préciser le sens des épisodes liés à Vinteuil et sa Sonate dans A la recherche de temps perdu ?

JEROME BASTIANELLI : La Sonate de Vinteuil illustre d’abord une forme d’idolĂątrie de l’un des personnages, Swann, qui va la considĂ©rer comme « l’hymne national » de son amour pour Odette de CrĂ©cy (Proust nous dit par exemple que « la petite phrase de la Sonate continuait Ă  s’associer pour Swann Ă  l’amour qu’il avait pour Odette »). C’est-Ă -dire qu’il va s’intĂ©resser Ă  cette Ɠuvre non pas pour ses qualitĂ©s intrinsĂšques, mais parce qu’elle lui rappelle son amour pour une jeune femme. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que Proust appelle de l’idolĂątrie, comportement qui peut nous empĂȘcher de bien saisir la portĂ©e d’une Ɠuvre d’art, son enseignement.

Elle est Ă©galement le symbole de l’individualitĂ© de tout grand artiste, le fait qu’il porte un regard forcĂ©ment nouveau sur le monde, son propre regard. Pour expliquer la singularitĂ© de Vinteuil, Proust nous dit en effet que « chaque artiste semble comme le citoyen d’une patrie inconnue, oubliĂ©e de lui-mĂȘme, diffĂ©rente de celle d’oĂč viendra, appareillant pour la Terre, un autre grand artiste ». C’est l’idĂ©e de Schopenhauer, reprise Ă©galement par Ruskin (deux maĂźtres Ă  penser de Proust), selon laquelle « l’artiste nous prĂȘte ses yeux pour regarder le monde ».

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LIRE aussi notre critique du livre : La Vraie vie de Vinteuil (Grasset)
http://www.classiquenews.com/livre-critique-jerome-bastianelli-la-vraie-vie-de-vinteuil-grasset/

GRENOBLE. Concert lecture : Proust et la musique au musée

proustGRENOBLE, musĂ©e. Jeudi 28 avril 2016. Concert lecture, Cabourg-Balbec
 De Cabourg 1914 au temps retrouvĂ© de Balbec : concert-lecture pour « Jouer les mots ». Les Concerts Ă  l’Auditorium du MusĂ©e de Grenoble ont une sĂ©rie « Jouer avec les mots » qui lie musique et littĂ©rature. Le dernier du cycle 2015-2016 donne « la parole » Ă  la comĂ©dienne Natacha RĂ©gnier, aux pianistes Marie-JosĂšphe Jude et Michel BĂ©roff, pour une exploration proustienne du cĂŽtĂ© de Balbec, à l ‘ombre des jeunes filles en fleurs que va bientĂŽt faner la Guerre EuropĂ©enne.

La  communication des ùmes

Marcel-Proust-et-la-musique-visuel-UNE-site-web« La musique a Ă©tĂ© l’une des plus grandes passions de ma vie. Elle m’a apportĂ© des joies et des certitudes ineffables, la preuve qu’il existe autre chose que le nĂ©ant auquel je me suis heurtĂ© partout ailleurs. Elle court comme un fil conducteur Ă  travers toute mon Ɠuvre. » Cette dĂ©claration de Proust Ă  Benoist-MĂ©chin est capitale. Et elle rĂ©pond –l’Ɠuvre plus forte et objective que la vie « rĂ©elle » – Ă  la question que se pose le Narrateur de la Recherche Ă  l’audition du Septuor de Vinteuil : « Je me demandais si la musique n’est pas l’exemple de ce qu’aurait pu ĂȘtre – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idĂ©es – la communication des Ăąmes. » Les fervents et surtout  les spĂ©cialistes de Proust savent Ă  quel point il est difficile de dĂ©mĂȘler dans les Ă©crits du MaĂźtre de Combray ce qui a Ă©tĂ© puisĂ© au  parcours mĂȘme de l’enfant, puis adolescent, puis adulte Marcel Proust, et aux « transpositions » dans La Recherche du Temps Perdu, via – pour la musique, les arts visuels, la littĂ©rature, l’histoire sociale et politique – ce qui a pu servir de modĂšles aussitĂŽt et savamment imbriquĂ©s, mĂ©langĂ©s, voire brouillĂ©s.

 

DE BALBEC A CABOURG. « Jouer les mots » pour un concert-lecture comme le fait MusĂ©e en musique grenoblois s’achĂšve – en sa saison 2015-2016 – en s’affrontant au Massif Alpin si impressionnant qu’est la Recherche. Le sous-titre de cet « essai » (repris de JournĂ©es Musicales Proust Ă  Cabourg en 2014, et « depuis restĂ© inĂ©dit ») mixe rĂ©fĂ©rences et chronologies. « De Cabourg 1914 au temps retrouvĂ© de Balbec »  Cabourg, c’est le site «dans la topographie vraie » pour  l’imaginaire Balbec (A l’ombre  des Jeunes Filles en fleurs, lieu des vacances du Narrateur adolescent  avec sa Grand-mĂšre,  au bord de la Manche), et 1914 c’est bien sĂ»r le dĂ©but de la Grande Guerre, qui comme dira Paul ValĂ©ry, fait comprendre que « nous autres civilisations savons  que nous sommes mortelles ». Mais comme nous le rappelle la SociĂ©tĂ© des Amis de Vinteuil, c’est aussi la date du dernier sĂ©jour de Proust Ă  « Balbec », le passage de l’auteur de La Recherche – en voie d’élaboration – dans l’Edition qui l’avait d’abord refusĂ©, et la disparition au combat de Bertrand de FĂ©nelon (modĂšle de Robert de Saint Loup) et accidentellement, celle d’Alfred Agostinelli, ami de Marcel et probable Albertine dans le roman


Pages de guerre par Casella

Cet « aspect 1914 » renvoie donc dans le Jouer avec les Mots grenoblois Ă  des piĂšces  musicales qui intrigueront les proustiens, celles que le compositeur italien Alfredo Casella( 1883 -1947) Ă©crivit « à chaud », pendant le 1er conflit mondial : Pagine di guerra (Belgique, France, Alsace et  Russie), ici en leur version pour deux pianos. Casella, qui fut dans sa jeunesse trĂšs parisien – Ă©lĂšve de FaurĂ© – et quasi avant-gardiste, retourna ensuite en Italie pour se rapprocher  idĂ©ologiquement du fascisme et cĂ©lĂ©brer la « musique de naguĂšre » (Vivaldi, Scarlatti
). Il ne figure certes pas dans La Recherche, mais sa prĂ©sence ici « enrichit » le propos d’évocation entre vie et Ɠuvre, faisant aussi penser aux dĂ©dicaces d’amis morts Ă  la guerre que Ravel mit en exergue du Tombeau de Couperin, ou aux partitions trĂšs « engagĂ©es » (et trĂšs  anti-allemandes) de Debussy.

Faire constellation et apocalypse dans le ciel de Paris en guerre

Proust, bien Ă©videmment rĂ©formĂ© pour raisons de santĂ©, reste Ă  Paris pendant la guerre, et inclut le « paysage » de la capitale parfois menacĂ©e par les raids de « Gothas » dans l’écriture prolifĂ©rante et captatrice (« les nĂ©cessaires anneaux d’un beau style »)
, l’immense derniĂšre partie de La Recherche, lĂ  oĂč le Temps  est RetrouvĂ©. Ainsi en tĂ©moigne l’extraordinaire page oĂč le Narrateur et son ami Robert de Saint-Loup (qui sera tuĂ© au front) Ă©changent leurs impressions sur « un raid de zeppelins qu’ils avaient vu la veille », comme on eĂ»t parlĂ© naguĂšre de « quelque spectacle d’une grande beautĂ© esthĂ©tique ». Et Saint-Loup, qui vient des combats et va y retourner, dit : «  Je reconnais que c’est trĂšs beau, le moment oĂč les avions montent, oĂč ils vont faire constellation, et obĂ©issent en cela Ă  des lois tout aussi prĂ©cises que celles qui rĂ©gissent les constellations
 Mais est-ce que tu n’aimes pas mieux  le moment oĂč ils font apocalypse, mĂȘme les Ă©toiles ne gardant plus leur place
 ? Et ces sirĂšnes, Ă©tait-ce assez wagnĂ©rien, ce qui du reste Ă©tait bien naturel pour saluer l’arrivĂ©e des Allemands
Dame, c’est que la musique des sirĂšnes Ă©tait d’un ChevauchĂ©e des Walkyries ! Il faut dĂ©cidĂ©ment l’arrivĂ©e des  Allemands pour qu’on puisse entendre du Wagner Ă  Paris . » Et plus loin, en promenade nocturne dans la capitale, le Narrateur voit le « vertige » qui prend le spectateur devant la beautĂ© paradoxale : «  ce n’était  plus une mer Ă©tendue, mais une gradation verticale de bleus glaciers. Et les tours du TrocadĂ©ro qui semblaient si proches des degrĂ©s de turquoise devaient en ĂȘtre extrĂȘmement Ă©loignĂ©es, comme ces deux tours de certaines villes de Suisse qu’on croirait dans le lointain voisiner avec la pente des cimes. »

Un transfert de Savoie en Normandie

Et comme en bonne polyphonie, ces descriptions « au dessus de la mĂȘlĂ©e » mĂȘlent leur sublime dĂ©calĂ© au cheminement  de personnages « en dehors des lois », tel le baron de Charlus qui « trahit » sa caste nobiliaire française en affichant des sentiments germanophiles, tout en poursuivant ses amours d’ « inverti masochiste » au bordel de Jupien, traquant le violoniste Morel qui d’abord dĂ©serteur mĂ©ritera la Croix de Guerre que son engagement tardif finit par lui valoir. Il en va de mĂȘme pour les transpositions gĂ©ographiques dont Proust est subtil adepte, et pas seulement Ă  propos  des « noms de lieux » – Illiers devenu l’universel Combray, ou Cabourg rĂ©intitulĂ© Balbec
 Ainsi en va-t-il d’un Ă©pisode du trajet– le premier  Paris-« Balbec » -, oĂč le train qui mĂšne Ă  une  Normandie riveraine de la Manche traverse tout Ă  coup un « paysage accidentĂ©,abrupt » et s’arrĂȘte Ă  une gare «  entre deux montagnes, au fond de la gorge, au bord du torrent »   La rĂ©alitĂ©, c’est qu’il s’agit lĂ  d’une mĂ©moire de voyage ferroviaire dans les Alpes de Haute-Savoie, oĂč en 1903 Marcel avait accompagnĂ© sa mĂšre qui allait en cure Ă  Evian. C’est ici que surgit une « grande fille au visage plus rose que le ciel », qui propose du cafĂ© au lait aux voyageurs , et auprĂšs de qui vient au Narrateur « le goĂ»t d’un certain bonheur »(fugitif, bien sĂ»r, le dĂ©part du train faisant brutalement « s’éloigner de l’aurore »)
 En tout cas,  n’est-ce pas  Ă  Grenoble qu’on goĂ»terait  le  mieux un  « transfert »  de Savoie en Normandie, si la rĂ©citante venait Ă  lire cette page enchantĂ©e
 ?

Wagner et ses longueurs  insupportables

Quant aux Ɠuvres musicales dont ce « jouer avec les mots »(et les notes
) sera le texte et le prĂ©texte, elles vont aussi bien  puiser au presque-inĂ©dit ( ces pages de Casella dont il est bien hasardeux d’indiquer que Proust ait pu les connaitre) qu’à des citations  bien plus
classiques dans le romantisme allemand. Et les proustiens de reprendre leur « Index des noms de personnes » dans les trois tomes de la PlĂ©iade pour identifier allusions, voire citations de ce que les deux pianistes du concert vont jouer – en transcription – de Beethoven, Schumann et Wagner. DĂ©licieuse promenade entre rives de Vinteuil- la Sonate et le Septuor -, opinions la plupart du temps ridicules des salonnards croisĂ©s par Swann puis le Narrateur (« Beethoven la barbe ! », dit Mme de Citri, et l’échange esthĂ©tique entre le duc de Guermantes – « Wagner, cela m’endort » et sa femme – « avec des longueurs insupportables Wagner avait du gĂ©nie » -, comparaisons ou mĂ©taphores au cƓur de la musique pour en mieux saisir l’essence et l’existence. Pour l’Ode Ă  la Joie dans la IXe, point de rĂ©fĂ©rence prĂ©cise, mais Beethoven est trĂšs prĂ©sent dans la Recherche :la Symphonie Pastorale, et surtout les quatuors, dont on se rappelle que Proust se les faisait jouer Ă  domicile, et qui  nourrissent – entre autres – la substance du Septuor, cette Ɠuvre de la plus audacieuse modernitĂ© d’alors qui emprunte aussi Ă  Franck, Debussy et Ravel


Schumann, la petite phrase, la Sonate et le Septuor

Schumann aussi  figure  dans La Recherche, et ici la transcription d’une partie du Quatuor avec piano op.47 fait Ă©cho Ă  de nombreux « moments musicaux » chez le PoĂšte des ScĂšnes d’enfants, tel le « dĂ©nouement rapide des amours avec Albertine » apparentĂ© Ă  des Ballades( ?) de Schumann ou des nouvelles de Balzac
Mais encore davantage au destin « boche » du compositeur allemand en France pendant la Guerre, moquĂ©  en la personne devenue dĂ©faitiste de Charlus, et magnifiĂ© par le courage parisien du marquis- officier Saint-Loup, qui chante en allemand dans l’escalier du Narrateur un lied de Schumann pour braver le « patriotisme » cocardier des voisins. OĂč l’on retrouve donc le grand thĂšme de la Guerre, qu’évidemment Wagner symbolise entre tous, aprĂšs que sa « musique de l’avenir » ait Ă©tĂ© pour la gĂ©nĂ©ration proustienne le point de ralliement contre les conservatismes. On se rappelle que dans sa lettre Ă  Lacretelle Proust cite pour la mystĂ©rieuse « petite phrase » de la Sonate Ă©coutĂ©e par Swann et Odette non pas tellement une sonate de Saint-SaĂ«ns (« charmante mais enfin mĂ©diocre, d’un musicien que je n’aime pas ») que des rĂ©fĂ©rences Ă  Franck, FaurĂ©, puis le prĂ©lude de Lohengrin et l’Enchantement du Vendredi-Saint (Parsifal)
 Ici ce sera l’ouverture de TannhaĂŒser transcrite par Liszt. Les pianistes Marie-JosĂšphe Jude et Michel BĂ©roff symbolisent, eux, les  glorieuses gĂ©nĂ©rations de l’école pianistique française moderne , la comĂ©dienne-lectrice « contrepointant » avec eux le temps d’à « L’ombre des jeunes filles en fleurs » sur la jetĂ©e de Balbec, avant que « les dĂ©sastres de la guerre »ne viennent faire sombrer ce monde, « à jamais » .

La moderne fille de Jethro

Marcel-Proust-et-la-musique-visuel-UNE-site-webOn pourra ĂȘtre d’autant plus troublĂ© par la prĂ©sence de cette lectrice que Natacha RĂ©gnier la blonde (partenaire de la brune Elodie Bouchez pour  la Vie rĂȘvĂ©e des anges,le film de Zonca qui  la rĂ©vĂ©la au grand public) n’est pas sans Ă©voquer la « fille de Jethro, Zephora » retrouvĂ©e dans une fresque botticellienne de la Sixtine.    Pour « l’ancĂȘtre » du Narrateur, Swann, qui aime Ă  voir l’imaginaire de la peinture s’incarner dans les crĂ©atures de la rĂ©alitĂ© vĂ©cue, Odette de CrĂ©cy « ne peut ĂȘtre » que cette Zephora « aux grands yeux, au dĂ©licat visage, aux boucles merveilleuses des cheveux le long des joues fatiguĂ©es ». Reportez-vous donc aux reproductions de Botticelli, et dites, lecteur-auditeur grenoblois, si nous errons par trop dans la remĂ©moration et la transposition ! Ou si vous n’apercevez pas aussi un Ă©cho de la grande fille au « teint dorĂ© et rose » dans la gare haut-savoyarde, quand le train  « éloigne de l’aurore » , Ă  jamais, le Narrateur Ă©bloui ? Jouer avec les mots, concert-lecture Proust/Beethoven, Schumann, Wagner, 19h30,  jeudi 28 avril 2016,Auditorium- MusĂ©e de Grenoble. Natacha RĂ©gnier, rĂ©citante ; Marie-JosĂšphe Jude et Michel BĂ©roff, pianistes.

Renseignements et réservation : Tél.: 04 76 87 77 31 ; www.musee-en-musique.com

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Proust et la musique. Reynaldo Hahn aimait souligner avec quelle vibration Marcel Proust “vivait” la musique de son temps. L’Ă©crivain fut aussi Ă  l’Ă©coute des compositeurs anciens. Le gĂ©nie littĂ©raire dans son cas, mĂąche et remĂąche, digĂšre et assimile par le filtre de son intention artistique et par l’hypersensibilitĂ© de son goĂ»t, les diverses sources qu’il a su comprendre intimement. D’oĂč vient la fameuse Sonate de Vinteuil? L’idĂ©e juste est d’en faire la cĂ©lĂ©bration synthĂ©tique d’une culture musicale qui opĂšre un mouvement large et particulier Ă  la fois. Proust agit comme un collectionneur, et aussi un savant bricoleur. Tel un entomologiste, l’auditeur distingue une phrase musicale comme le scientifique dissĂšque un Ă©lĂ©ment de son Ă©tude. La citation devient l’emblĂšme d’une sensation affleurante, de plus en plus prĂ©cise. La Sonate ainsi “recomposĂ©e” dans son oeuvre d’Ă©crivain recrĂ©e Ă  l’infini le mystĂšre et la fascination de la musique qu’Ă©prouva le mĂ©lomane averti et exigent qu’il fut. “Sonate” ou “Septuor”, Vinteuil dans La Recherche, concentre un idĂ©al esthĂ©tique, qui rĂ©sonne par la musique, mais active aussi les forces de la mĂ©moire, forçant les ĂȘtres Ă  reprendre conscience d’une part d’eux-mĂȘmes, part immergĂ©e mais pourtant essentielle de leur identitĂ© dormante…

Wagner ou Saint-Saëns?

DĂšs Les Plaisirs et les jours, le jeune auteur cite la musique comme le vĂ©hicule de l’activitĂ© psychologique. Comme Bergotte capable d’isoler le petit pan de mur jaune dans la Vue de Delft de Vermeer, Proust se concentre sur un thĂšme, une phrase musicale, ici, un extrait du monologue de Hans Sachs au II Ăšme acte des MaĂźtres Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner, pour rehausser l’expression de la pensĂ©e de son hĂ©roĂŻne, Madame de Breyves. Celle-ci, en Ă©coutant la petite phrase, revit un Ă©pisode sensitif aigu oĂč la citation wagnĂ©rienne s’identifie Ă  Monsieur de LalĂ©ande. L’anneau musical resserre son influence dans l’esprit de la jeune femme et suscite un jaillissement presque incontrĂŽlĂ© de la mĂ©moire. Ainsi une personne vue, ressuscite. Le passĂ©, devient prĂ©sent. Ailleurs, Jean Santeuil, sent de la mĂȘme façon, surgir les larmes quand Ă  l’Ă©coute de la Sonate de Saint-SaĂ«ns, il pense Ă  celle qu’il aima tant et qui lui jouait la partition sans compter, comme l’hymne de leur amour.
Cette Sonate (pour violon et piano en rĂ© mineur opus 75 de Camille Saint-SaĂ«ns, de 1885) devait ĂȘtre l’emblĂšme de la Sonate de Vinteuil, son thĂšme central, l’indice que la mĂ©moire involontaire rĂ©alise son activitĂ© irrĂ©pressible. Ainsi dans la partition littĂ©raire, le point le plus aigu de l’action psychologique est souvent exprimĂ© par la citation de la musique.
Comme Balzac, dans Zambellina, l’une de ses trois nouvelles “musicales”, oĂč l’auteur rend un hommage appuyĂ© Ă  Niccolo Jommelli, champion de l’opĂ©ra baroque, Ă  une Ă©poque oĂč les chefs baroqueux n’avaient pas encore opĂ©rĂ© leur percĂ©e rĂ©volutionnaire, Proust innerve son texte de composants musicaux essentiels, tels des phares ou des points de repĂšre dans le flot de l’Ă©criture, tels la formule clĂ© de l’aria, dans la continuitĂ© de la prose-rĂ©citatif. L’Ă©crivain cite Saint-SaĂ«ns avec d’autant plus d’aisance et de sensibilitĂ© qu’il connaĂźt parfaitement sa musique. Il aime sa TroisiĂšme Symphonie avec orgue, la plus belle dans le genre, depuis Beethoven… Il a Ă©coutĂ© le prodige du piano, en particulier dans les Concertos de Mozart. Il loue en particulier sa ” puretĂ©” et sa “transparence”.
Proust sous l’influence de Reynaldo Hahn, son ami intime, semble prĂ©fĂ©rer Saint-SaĂ«ns Ă  Wagner. Le compositeur français incarne alors la maniĂšre proprement hexagonale la plus Ă©laborĂ©e, digne Ă©quivalente du massif de Bayreuth. Lorsque Charlus se met au piano lors d’une soirĂ©e Verdurin, il arbore les qualitĂ©s de jeu que Proust avait remarquĂ© chez Saint-SaĂ«ns. Pourtant, il Ă©crira plus tard, avoir pris un certain recul bĂ©nĂ©fique par rapport Ă  la musique de chambre de Saint-SaĂ«ns, un compositeur qu’il taxe de “mĂ©diocritĂ©”.

En fin connaisseur des filiations et des hommages entre artistes, Proust qui savait l’admiration du jeune FaurĂ© pour son aĂźnĂ© Saint-SaĂ«ns, fait glisser l’amour de Swann, dans “Un amour de Swann”, de la Sonate en rĂ© mineur de Saint-SaĂ«ns vers la Ballade de FaurĂ©. L’Ă©crivain dĂ©crit l’impact de la ligne du violon sur la “mauve agitation” du piano avec d’autant plus de pertinence et de fine subtilitĂ©, que cette ligne vocale se retrouve d’un compositeur Ă  l’autre, que FaurĂ©, surtout, dĂ©dia sa Ballade Ă  son maĂźtre tant estimĂ©.

Vinteuil, rébus musical, citation générique

Au final, le terme Vinteuil renvoie Ă  la culture musicale de Proust au moment oĂč il puise dans son rĂ©servoir personnel de motifs et de thĂšmes musicaux. A chaque Ă©pisode oĂč l’un de ses personnages Ă©prouve l’expĂ©rience de la musique Ă©motionnelle, celle qui sans que l’on s’y prĂ©pare, suscite un Ă©clair dans la pensĂ©e, produit le surgissement d’un souvenir enfoui, d’autant plus immĂ©diatement vivace qu’il Ă©tait jusqu’alors Ă©teint et oubliĂ©, Proust cite Vinteuil et sa petite phrase Ă©nigmatique et active. Encore Ă  l’Ă©vocation du concert du pianiste lors des soirĂ©es Verdurin, l’Ă©crivain fait paraĂźtre selon son habitude, l’Ă©clat d’une formule musicale isolĂ©e dont l’impact rĂ©alise cette rĂ©surrection du passĂ©. Comme si la musique favorisait ce qui tient d’une aventure passionnante, l’activitĂ© de la psychĂ©, les plis et rebonds de la conscience sollicitĂ©e, le flux et le reflux de la mĂ©moire. Ainsi s’inscrivent le prĂ©lude de Lohengrin de Wagner ou surtout, bien encore le souvenir fragmentaire d’une phrase de Schubert qui pourrait ĂȘtre l’Impromptu en sol bĂ©mol majeur D 899. Prise isolĂ©ment, la petite phrase devient l’Ă©lĂ©ment premier du processus de remĂ©morisation, certains diront d’un fĂ©tichisme sentimental, terme de notre point de vue, un peu rĂ©ducteur.

De Saint-Saëns à Beethoven, de Fauré à Franck

De Saint-SaĂ«ns et FaurĂ© Ă  Wagner et Schubert, puis Beethoven, l’exigence de l’Ă©crivain mĂ©lomane Ă©volue. Terme nous l’avons vu gĂ©nĂ©rique, Vinteuil cite de nouveaux maĂźtres admirĂ©s, de nouvelles pages musicales tendrement aimĂ©es. Le cycle liĂ© Ă  Albertine puis les derniers Ă©pisodes d’A la recherche du temps perdu, imposent l’ombre persistante des derniers Quatuors de Beethoven ( en particulier la troublante rĂȘverie du Quatuor n°12 opus 127), mais aussi Carnaval de Schumann qui cite encore la figure de l’enfant endormi.
Mais fidĂšle Ă  sa passion de jeunesse, Proust revient Ă  FaurĂ©. Cantique de Jean Racine, surtout Quatuor en ut mineur opus 15 (qu’il fait jouer dans son appartement parisien), nourrissent l’inspiration du poĂšte, soucieux de toujours renouveler les rĂ©fĂ©rences contenues dans la citation de Vinteuil.
Pourtant, CĂ©sar Franck laissera une impression durable dans l’imaginaire romanesque de l’Ă©crivain. Le Quatuor en rĂ© majeur de 1889 enrichit Ă  son tour la citation du “septuor” de Vinteuil. Au terme de notre enquĂȘte, il faudrait donc parler, au regard de la multiplicitĂ© des sources musicales, de musiques de Vinteuil.

Prima la musica dopo le parole

Proust aurait pu rĂ©pondre Ă  l’obsĂ©dante question de la Comtesse Madeleine dans Capriccio de Strauss. Paroles ou musique? Chant des instruments, ou prĂ©cisĂ©ment, voix des cordes et du piano, aurait-il pu trancher! A travers l’Ă©vocation plurielle de la Sonate ou du Septuor de Vinteuil, l’Ă©crivain abandonne les divagations exclusives de la voix, trop attachĂ©es Ă  la dilution de la conversation. Il lui prĂ©fĂšre, nous l’avons vu, les pages purement orchestrales des opĂ©ras de Wagner, isolant Ă  titre personnel, dans le PellĂ©as de Debussy qu’il admira immĂ©diatement aprĂšs sa crĂ©ation parisienne en 1902, les pages purement instrumentales. L’alliance violon/piano Ă©tant de son point de vue, d’un souverain accomplissement. Au sommet de son panthĂ©on musical, rĂšgne donc la musique de chambre. Et la petite phrase de Vinteuil accomplit sa morsure sur le mode adagio ou andante: mouvement lent, suspendu, tendre, comme une berceuse. Dans l’une de ses lettres derniĂšres, Marcel Ă©voque le finale du Quatuor n°15 de Beethoven dont il se sent tellement proche de la “si puissante tendresse humaine”.
Au final, le thĂšme de la Sonate de Vinteuil interroge dans la prose musicale de Proust, l’effet de la musique dans le processus de conscience et de remĂ©moration de chaque personnage de La Recherche. Temps perdu? Temps retrouvĂ© grĂące Ă  la puissante magie rĂ©vĂ©latrice de la muse instrumentale. A chaque invocation de cette manne involontaire autant qu’inestimable, le narrateur ou les personnages renaissent Ă  leur identitĂ© profonde dont ils avaient perdu la perception. De sorte que mĂȘme si Proust disait qu’il “n’est de seule vie pleinement vĂ©cue, que la littĂ©rature”, cette expĂ©rience capitale n’aurait pu se rĂ©aliser sans le prisme rĂ©vĂ©lateur de la musique.

 

 

Illustrations :

Jacques-Emile Blanche, Marcel Proust (DR)
Ferdinand Khnopff, en Ă©coutant Schumann (DR)
Adolph von Menzel, Joseph Joachim et Clara Schumann en concert (DR)