A Strasbourg, Catherine Hunold chante au pied levé Pénélope

HUNOLD catherine-hunold1Strasbourg, Opéra. Catherine Hunold chante Pénélope… Pour la générale de Pénélope, opéra de Fauré, recréé à l’Opéra du Rhin, la soprano Anna Caterina Antonacci a renoncé à chanter le rôle-titre : c’est l’excellente soprano française Catherine Hunold qui l’a remplacée au pied levé. Hier Bérénice de Magnard (avril 2014), plus récemment au disque  Sémélé de Paul Dukas, Catherine Hunold saisit par son sens de la phrase, son art de la prosodie, son timbre ample, charnel et cristallin. Elle est l’une des rares cantatrices dont on comprend chaque mot. Pénélope inattendue et envoûtante. Pénélope est un ouvrage captivant à découvrir sur la scène de l’Opéra national du Rhin  à Strasbourg les 29, 31 octobre puis 3 novembre 2015, les 20 et 22 novembre 2015 à La Filature de Mulhouse. LIRE aussi notre présentation de Pénélope de Gabriel Fauré à Strasbourg et à Mulhouse

Anna Caterina Antonacci programmé depuis le début de la production a bien assuré pour sa part le rôle de Pénélope dès la Première (23 octobre dernier). Catherine Hunold, doublure, a confirmé le temps de la générale son exceptionnel tempérament dans l’opéra romantique français. Diffusion prévue sur ARTE en mars 2016.

Livres, compte rendu critique. Gabriel Fauré : correspondance, lettres à madame H. (Jean-Michel Nectoux, Fayard, octobre 2015)

Faure gabriel jean Michel Nectoux livre correspondance review compte rendu FAYARD CLASSIQUENEWS critique du livre CLIC de octobre 2015 9782213687087-001-X_0Livres, compte rendu critique. Gabriel Fauré : correspondance, lettres à madame H. (Jean-Michel Nectoux, Fayard, octobre 2015). En couverture, l’excellente toile du peintre Sargent brosse comme l’ensemble du corpus ici analysés et soigneusement édité, un portrait précis, complet et fidèle de Gabriel Fauré : ainsi se dévoile Fauré dans son intimité épistolaire qui fait du lecteur un proche et un témoin privilégié. Né en Ariège et placé très tôt en raison de ses précoces dispositions à l’Ecole Niedermeyer de Paris (1854), Gabriel Fauré né en 1845 : c’est à Paris qu’il rencontre Saint-Saëns professeur de piano : une amitié les liera bientôt, cimentée par une indéfectible estime réciproque. Tel attachement est perceptible tout au long des très nombreuses lettres de la correspondance. Première partition importante, le Cantique de Jean Racine témoigne de la richesse d’une formation unique sous le Second Empire (1865) et le début de la carrière du compositeur libre; il n’a que 20 ans.
L’assiduité de Saint-Saëns, son aide pour se faire connaître du milieu parisien permet à Fauré de s’affirmer peu à peu, surtout à partir de février 1871 quand il participe à la création de la Société nationale de musique et quand il est admis dans le salon envié, convoité de Pauline Viardot (dont Fauré se fiance un temps avec la fille Marianne…). Les différents profils du compositeur, excellent claviériste se précisent : le musicien d’église, organiste à Saint-Sulpice puis La Madeleine (qui doit subvenir aux besoins de sa famille fondée avec Marie Frémiet, la fille du célèbre sculpteur), le professeur de composition au Conservatoire (ses élèves sont rien de moins que Ravel, Schmitt, Enesco…) qui se forge une très solide réputation ; d’autant que l’homme montre dans ses lettres de non moins solides qualités de coeur, de fidélité et de loyauté envers ses amis, relations, soutiens.
La riche correspondance met en lumière toutes ces qualités personnelles qui dévoilent le fin réseau des amitiés, des estimes, les réalisations qui se font grâce aux rapprochements des personnalités qui sont aussi des personnes dotées d’un grand sens de la loyauté. Rien de tel cependant entre Théodore Dubois, directeur du Conservatoire (1898) et Fauré qui malgré ce que Dubois affirme officiellement, incarne pour ce dernier, le mauvais goût douteux (“trop modulé, trop recherché”… pour ne pas dire sophistiqué et précieux. Une mésentente fameuse, polissée par leur éducation, est restée célèbre. Ces deux là qui devinrent directeur du Conservatoire, n’étaient pas fait pour s’entendre. Il est vrai que la filière classique, académique, institutionnelle dont est issu Dubois, conditionne un être talentueux mais pas marquant, insensible à la fantaisie et la volupté audacieuse. Qualités que Fauré élève de l’école Niedermeyer, a cultivé sa vie durant non sans avoir conscience de son talent dans le domaine. L’histoire a depuis donné raison à Fauré, écartant désormais Dubois hors de la lumière du génie, dans un registre rien qu’académique (et ce malgré  les tentatives récentes pour réhabiliter Dubois dans son contexte).

A travers les lettres très denses et documentées réunies ici, on suit pas à pas les conditions de création et la réception des oeuvres majeures : Pelléas et Mélisande (1898), son premier opéra Prométhée pour les arènes de Béziers (1900), le contexte de création de son second opéra Pénélope (1913) d’abord créé à Monte Carlo (chichement) puis surtout à Paris au TCE alors sous la direction d’Alfred Astruc (lequel déposera le bilan à la fin de la saison 1913, emportant dans sa chute le dernier opéra de Fauré)…
Personnalité réservée, Fauré cependant sait sortir du bois et entrer dans la lumière médiatique parisienne surtout à partir de 1903 quand il devient critique musical pour le Figaro (après s’être présenté à cet emploi à deux reprises). Devenu professeur de composition au Conservatoire (successeur de Massenet) puis directeur de l’Institution en 1905 (après Dubois son ennemi), Fauré mène une politique administrative courageuse, plutôt bénéfique pour l’établissement.

CLIC_macaron_2014Tout l’univers amical, artistique et musical de Fauré se trouve ressuscité dans ce volume richement documenté et judicieusement annoté. L’auteur reprend un précédent corpus déjà publié qui regroupait alors essentiellement les lettres échangées entre Fauré et son maître et ami Saint-Saëns (SFM, Klincksieck, 1994). A cela il ajoute ici, l’ensemble des lettres de Fauré et d’autres correspondants en réponse : pour autant, ne cédant pas à une curiosité anecdotique, l’éditeur mène une sélection exigeante sur le matériel autographe, ne retenant que ce qui présente parmi d’innombrables lettres, un “intérêt biographique ou psychologique”. La liberté de ton avec certaines confidentes, pourtant très distinguées ou mécènes surprend et retient l’attention: telles la Comtesse Greffulhe (qui inspira à Proust sa Guermantes) et surtout la Princesse Edmond de Polignac, … ; comme la facilité d’écriture, entre franchise et tendresse avec sa maîtresse Marguerite Hasselsmans rencontrée sur la création de Prométhée à Béziers en 1901 (lettres longtemps demeurées inaccessibles); la valeur de la présentation éditée par Fayard concerne surtout la nouvelle datation donc la présentation chronologique de toutes les lettres, éditées et numérotées dans la continuité … un travail de recherche et de déduction opéré avec l’aide du spécialiste de Proust (grand connaisseur du Paris fin de siècle, Philip Kolb, lui-même éditeur de la correspondance de l’auteur d’ A la recherche du temps perdu). La succession des lettres ainsi établies permet de reprendre la datation de certaines partitions. Cependant certaines pièces demeurent difficiles à dater précisément comme l’opus 45 (2ème Quatuor avec piano). En l’état, les lettres avec des correspondants essentiels comme Marguerite Long, Vincent D’Indy sont encore trop fragmentaires, retrouvées au hasard des recherches dans le monde entier. Quoiqu’il en soit, l’apport est souvent inédit et toujours passionnant. C’est un Fauré attachant, qui parle essentiellement de musique et construit sa vie et ses passions pour elle, étonnamment fraternel, ami loyal et aimant que l’on découvre au fil des pages d’une somme désormais incontournable.

Livres, compte rendu critique. Gabriel Fauré : correspondance, suivi de Lettres à Madame H. Sélection, présentation, annotations par Jean-Michel Nectoux (éditions Fayard). EAN : 9782213687087. Parution : 21 octobre 2015. 914pages.  Format : 153 x 235 mm. Prix public TTC: 38 €. CLIC de classiquenews d’octobre 2015.

Strasbourg, Opéra. Pénélope de Fauré. Du 23 octobre au 3 novembre 2015.

Antonacci pianoStrasbourg, Opéra. Pénélope de Fauré. Du 23 octobre au 3 novembre 2015. Trois noms devraient assurer la réussite de cette nouvelle production de Pénélope de Fauré à l’Opéra du Rhin : le chef Patrick Davin, le metteur en scène Olivier Py et surtout la cantatrice qui a déjà chanté le rôle : la soprano Anna Caterina Antonacci.  Après Strauss et Puccini, compositeurs si inspirés par la féminité, Fauré emboîte le pas à Massenet (Esclarmonde, Manon, Thaïs, Cléopâtre, Thérèse…) et Saint-Saëns (Hélène, 1904), Fauré aborde le profil mythologique de Pénélope, épouse loyale qui attend le retour de son mari Ulysse, parti batailler contre les Troyens. Son retour fut mis en musique par Monteverdi au XVIIè ; Fauré, mélodiste génial s’intéresse au profil de la femme fidèle que l’attente use peu à peu… L’ouvrage créé à l’Opéra de Monte-Carlo le 4 mars 1913 pâtit du livret très fleuri et sophistiqué, un rien désuet d’un jeune poète dramaturge René Fauchois : le jeune homme comédien dans la troupe de Sarah Bernhardt, avait été présenté à Fauré par la cantatrice Lucienne Bréval qui souhaitait ainsi chanter un opéra du Maître. C’est pour Fauré un défi de la maturité et suivre son tempérament taillé pour l’élégance, l’intériorité, le raffinement, éprouvé par la nécessité du théâtre, reste passionnant. Il ne cesse de rabrouer son jeune librettiste, lui reprochant toujours son “verbiage”. A Monte-carlo, le succès n’est que d’estime ce qui désespère l’auteur. Il faut vraiment attendre la reprise parisienne à l’Opéra-Comique en 1919 avec Germaine Lubin pour que l’ouvrage suscite une passion publique.

 

 

faure-penelope-opera-du-rhin-octobre-2015-presentation-review-critique-CLASSIQUENEWSRetour de l’éternelle attente… Pénélope a trouvé la parade aux prétendants qui souhaitent l’épouser car il faut redonner à l’île d’Ithaque, un roi et un nouvel avenir après le départ d’Ulysse. La souveraine défait chaque soir l’ouvrage qu’elle a tissé pendant la journée : elle a fait le voeu en effet d’accepter un nouvel époux quand son métier serait achevé. Pour faire antique, Fauré compose donc une fresque épurée, sensuelle, colorée de danses « orientales », soit un cadre vraisemblable et riche pour mettre en avant la cantatrice vedette dont le rôle exige tempérament, constance, vérité et profondeur tragiques. La musique de Fauré, consciemment ou non, interroge la formulation et le sens de l’attente : il faut l’espérance pour oser prétendre à l’inespéré. Mais Pénélope qui patiente et attend, a-t-elle conscience de son propre avenir qui est à l’extrémité de son attente ? Qu’espère-t-elle au demeurant ? Quel enseignement va-t-elle découvrir à la fin de son attente ?

 

faure gabriel portrait gabriel faure CLASSIQUENEWSGabriel Fauré voulait un sujet mythologique pour son opéra. Les derniers chants de l’Odyssée inspire un livret resserré mais Homère est ici réactualisé dans le Paris de 1907, année où Fauré commence sa partition. Olivier Py estime la poésie du librettiste et rappelle qu’au moment de l’écriture de Fauré, le Titanic a sombré emportant avec lui toute une époque, celle de Fauré. justement. Dans Pénélope, Fauré cible l’abstraction, c’est à dire une action universelle : l’attente de Pénélope (Fauré concentre son action sur la figure féminine au point que le personnage de Télémaque a disparu) désire comprendre mais elle reste absente à tout discernement, et demeure aveugle à sa propre actualité (au point d’ailleurs dans l’opéra de ne pas reconnaître Ulysse qui est revenu…) : Fauré, c’est Pénélope qui ne voit pas venir le marxisme, la Guerre mondiale, ce gouffre terrible qui va surgir. La couronne de Télémaque et d’Ulysse jetées dans une flaque d’eau : tel est le défi de base proposé par Olivier Py à son responsable des décors, Pierre-André Weitz. Il en découle un dispositif scénique continûment mobile, composé de plateaux tournants, posés sur une étendue d’eau… qui fait vaciller l’ensemble du décor et de la machinerie : c’est un prodige d’ombres, de formes évanescentes qui trouble l’entendement du spectateur. De sorte que nous sommes exactement dans cette perte de la conscience qui a peu à peu enseveli la raison de celle qui attend et s’est perdue. La dramaturgie est nourrie d’espérance déçue, d’attente, de pudeur très noble (pas de place pour le burlesque et le comique ou l’ironie). Le cadre choisi est celui d’un éternel retour…

HUNOLD catherine-hunold1Une autre voix pour la générale… Dernière minute : c’est Catherine Hunold (photo ci-contre), sublime diseuse et voix ample et timbrée qui a assuré finalement le rôle de Pénélope pour la Générale : la diva française a confirmé ainsi ses affinités avec le récitatif fauréen, subtile prosodie entre chant et parole… Elle poursuit une série de prise de rôles de plus en plus convaincants : Bérénice à Tours (recréation saluée par CLASSIQUENEWS), et dernièrement au disque, Sémélé, cantate pour le prix de Rome de Paul Dukas présentée malheureusement en 1889 : un coup de génie bien peu reconnu par l’Institution.Il existe seulement deux enregistrements : l’un en live par Ingelbrecht  avec Régine Crespin (1956), l’autre en studio par Charles Dutoit avec Jessye Norman (1980). 

 

 

 

boutonreservationPénélope de Fauré à l’Opéra de Strasbourg
7 représentations à ne pas manquer
Les 23, 27, 29, 31 octobre puis 3 novembre 2015.
A Mulhouse (La Filature), les 20 puis 22 novembre 2015

Direction musicale: Patrick Davin
Mise en scène: Olivier Py
Décors et costumes: Pierre-André Weitz
Lumières: Bertrand Killy

 

Pénélope: Anna Caterina Antonacci
Ulysse: Marc Laho
Euryclée: Élodie Méchain
Cléone: Sarah Laulan
Mélantho: Kristina Bitenc
Phylo: Rocío Pérez
Lydie: Francesca Sorteni
Alcandre: Lamia Beuque
Eumée: Jean-Philippe Lafont
Eurymaque: Edwin Crossley-Mercer
Antinoüs: Martial Defontaine
Léodès: Mark Van Arsdale
Ctésippe: Arnaud Richard
Pisandre: Camille Tresmontant

Chœurs de l’Opéra national du Rhin
Maîtrise de l’Opéra national du Rhin – Petits chanteurs de Strasbourg
Orchestre symphonique de Mulhouse
Éditions Heugel

LIRE aussi notre compte rendu du cd  Hélène de Camille Saint-Saëns (1904) / entretien avec Guillaume Tourniaire

 

 

 

Compte-rendu : Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 20 juin 2013. Fauré : Pénélope. Roberto Alagna, Anna Caterina Antonacci … Chœur et Orchestre Lamoureux. Fayçal Karoui, direction 


Antonacci pianoIl fallait bien recourir à deux « superstars » lyriques comme Roberto Alagna et Anna Caterina Antonacci, pour faire salle comble avec Pénélope de Gabriel Fauré.
Deuxième tentative opératique du compositeur, l’œuvre entrée en 1913 au répertoire du Théâtre des Champs-Elysées avait toute sa place pour cette saison centenaire 2012-2013 qui touche à sa fin. Elle aura pourtant connu moins d’une dizaine de représentations dans toute son histoire et bénéficié de seulement deux enregistrements : l’un en live par Ingelbrecht  avec Régine Crespin (1956), l’autre en studio par Charles Dutoit avec Jessye Norman (1980).

 

 

Pénélope, rare et ensorcelante …

 

Le succès mitigé de cet opéra peut s’expliquer de plusieurs manières : le livret de René Fauchois plat et mal construit ; une partition de Fauré, elle aussi peu théâtrale, loin du style habituel du compositeur et encore plus éloignée de ce qui se faisait de plus moderne à l’époque pour rester à la postérité. La musique, il faut bien l’avouer, n’est pas des plus séduisantes. Elle fonctionne plutôt en longs tableaux diluant une même ambiance, sans contrastes forts ni arrêtes saillantes, avec des couleurs orchestrales qui évoquent des tons pastels… Tandis que l’écriture vocale et la prosodie restent assez plats. Néanmoins, en dehors de son intérêt purement « historique », sa richesse harmonique comme la beauté de plusieurs de ses pages – notamment aux actes II et III – en font une œuvre à ne pas négliger.
Les quelques faiblesses de la partition ont d’ailleurs été accentuées par l’interprétation peu frémissante de Fayçal Karoui. Le chef semble pourtant vouloir insuffler de l’énergie à l’Orchestre Lamoureux – dont le niveau est, au demeurant, tout à fait respectable – mais la mayonnaise ne prend pas et laisse une impression assez molle de l’ensemble, sauf lors de quelques passages brillants.
Avec un plateau vocal aussi luxueux, cette interprétation fera certainement date dans la (courte) histoire discographique de l’opéra. Habituée aux héroïnes plus ardentes, Anna Caterina Antonacci est parvenue à insuffler au rôle de Pénélope la vigueur et la passion qui lui fait parfois défaut. La tessiture et la vocalité du rôle lui convenaient à merveille, laissant libre court à son talent de tragédienne. Quant à Roberto Alagna, son aisance et son charisme en font un Ulysse lumineux, solaire… irrésistible.
L’opéra ne comporte pas de véritable de second rôle, hormis peut-être le berger Eumée, incarné par Vincent Le Texier dont la voix ample très engorgée semblait en décalage dans ce répertoire.
Pénélope n’est pas une œuvre qui se livre aisément, elle dévoile ses charmes progressivement, à force de persévérance. Malheureusement, si le spectacle a été enregistré par le Théâtre, aucune diffusion n’est prévue pour l’instant, alors que cette œuvre mérite un véritable coup de projecteur et une visibilité digne de ce nom.

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 20 juin 2013. Fauré, Pénélope. Roberto Alagna, Anna Caterina Antonacci, Vincent Le Texier, Edwin Crossley-Mercer,  Marina de Liso, Julien Behr, Sophie Pondjiclis, Jérémy Duffau, Khatouna Gadelia, Marc Labonette  et Antonin Rondepierre. Chœur Lamoureux, direction Patrick Marco. Orchestre Lamoureux, direction Fayçal Karoui.

Illustration : Anna Caterina Antonacci (DR)