COMPTE RENDU, critique, concert. PARIS, Auditorium du Louvre, le 15 nov 2019. MUSIQUE SECRETE DE LEONARD, Doulce MĂ©moire. D RAISIN-DADRE. Nouvelle production.

COMPTE RENDU, critique, concert. PARIS, Auditorium du Louvre, le 15 nov 2019. MUSIQUE SECRETE DE LEONARD, Doulce Mémoire. D RAISIN-DADRE. Nouvelle production. Difficile de concilier dans la réalisation d’un seul spectacle, onirisme des peintures, surtout celles de Leonardo, et vitalité expressive de morceaux musicaux, choisis par affinités et par correspondance chronologique. Pourtant le génie de Vinci fut assez étendu pour embrasser les deux disciplines,- entre autres, dons exceptionnels qui justifient absolument un dialogue de ce type : Leonardo fut organisateur de fêtes somptueuses pour les princes qu’il servit ; il fut tout autant un instrumentiste virtuose, capable d’improviser comme personne, à la lira da braccio, instrument présent ce soir et remarquablement chantant sous les doigts de Baptiste Romain.

Au demeurant, le spectateur – auditeur, est charmĂ© d’un bout Ă  l’autre du programme par la complicitĂ© toute en nuances et prĂ©cision expressive des instrumentistes et des deux chanteurs très sollicitĂ©s (Clara Coutouly, soprano / Matthieu Le Levreur, baryton) dont l’éloquence des accents comme des gestes servent le souci d’évocation du spectacle. Voix maternelle, de sĂ©duction, de drĂ´lerie piquante pour elle ; prĂ©sence noble et virile pour lui. Dans la tendresse Ă©merveillĂ©e, mariale ; dans la douleur languissante, digne et contenue (Mille regretz de Josquin) ; dans l’ivresse amoureuse ; dans enfin, un pittoresque comique plus dramatique (« tante volte si si si / Tant de fois oui, oui, oui » de Marchetto Cara)… sans omettre la sĂ©duction rythmique d’airs et de mĂ©lodies au caractère manifestement dansant et chorĂ©graphique : savant et inventif, Leonardo fut un exceptionnel ordonnateur de fĂŞtes, selon les tĂ©moignages de l’époque.

Doulce MĂ©moire explore les musiques de Leonardo da Vinci

 
 

Syncrétisme artistique
LEONARDO musicien et poète

 

 

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Le choix visuel retenu privilĂ©gie le dĂ©tail pour mieux s’immerger dans l’univers pictural du peintre – musicien. Ainsi l’Annonciation ou Ginevra Benci ne se rĂ©vèlent ici qu’à travers le dĂ©tail (Ă©poustouflant) de leur paysage respectif : frondaisons rendues vibrantes par la magie de l’image retraitĂ©e / animĂ©e ; bleus lointains et clochers d’église, esquissĂ©s en un geste fulgurant et prĂ©cis. De mĂŞme, La Vierge aux rochers se distingue non par la minĂ©ralitĂ© omniprĂ©sente de sa masse rocheuse qui lui sert d’écrin, mais bien par ce dĂ©tail, jusque lĂ  ignorĂ©, Ă  torts, la plante perchĂ©e qui peut-ĂŞtre un jasmin et qui forme tonnelle pour la divine Marie en famille. Puis, le portrait d’un musicien portant comme un emblème et un rĂ©bus Ă  dĂ©chiffrer la partition qui submerge la scène au dessus des instrumentistes, se rĂ©vèle Ă©galement tout autrement, Ă  travers la mise en regard de deux airs d’une amoureuse nostalgie (« Mille regretz » de Josquin, puis « Les Miens aussi » de Tilman Susato, Ă©galement en vieux français, qui sonne ici comme l’écho du premier, sans perdre l’intensitĂ© Ă©motionnelle et pudique de son « modèle »)…

C’est un bain de pure poésie auquel les pièces musicales répondent dans la finesse et un climat de suggestivité heureuse. Se distingue aussi dans les passages purement instrumentaux, la flûte souveraine et facétieuse (ou plus exactement les flûtes) jouées par Denis Raisin Dadre, concepteur musical dont la digitalité et le souffle restituent à l’instrument, sa flexibilité lumineuse, prête à captiver, saisir, enivrer… y compris dans une joute de plus en plus rapide avec la lira.

Dès lors des images marquantes s’impriment définitivement, comme débordant du cadre de projection où l’on pouvait en mesurer la magie : visage de Mona Lisa au velouté vaporeux des ombres sur le visage énigmatique ; matière soyeuse de la chevelure idéalement peignée de la Belle Ferronnière à laquelle Denis RD associe la plainte d’une jeune beauté que l’on force à la …patience comme un Pénélope obligée et contrainte (superbe texte d’un anonyme : « Patienza ognum mi dice ». / Tout le monde me dit « patience »)…

Aux couleurs maîtrisées de Leonardo, répondent les nuances et les accents des musiciens qu’une pénombre propice caresse, dessinant sur leur vêtement tout de blanc, la matière même de ce sfumato dont Leonardo a désormais le secret. Le spectacle onirique inscrit la musique dans un éloge de l’ombre et du mystère ; mais un mystère qui s’incarne dans une tendresse complice et une certaine sensualité, à la fois savante et imaginative comme l’atteste le splendide texte de Bartolomeo Trombocino sur le thème aquatique et qui accompagne la contemplation du dessin perforé pour le portrait d’Isabelle d’Este (« Non va l’acqua al mio gran fuoco » / L’eau ne sert à rien pour mon grand feu) ; le dispositif scénique renouvelle et questionne aussi l’incroyable diversité expressive des musiques ainsi sélectionnées, leur faculté à danser, parler, éblouir aussi car la Renaissance est une période de grand raffinement comme d’innovation organologique que l’ensemble créé il y a 30 ans par Denis Raisin Dadre, ne cesse toujours et encore d’explorer.

leonardo-da-vinci-musique-secrete-livre-cd-alpha-critique-annonce-cd-par-clasiquenews-compte-rendu-critique-cd-livre-classiquenews-musique-classiqueComplément magistral à l’actuelle rétrospective LEONARDO au Louvre, la proposition de Doulce Mémoire enchante littéralement par sa finesse et son onirisme, la justesse des correspondances. L’auditeur peut retrouver chaque tableau et les pièces musicales choisies pour lui correspondre dans l’excellent livre cd paru chez Alpha : LEONARDO DA VINCI : La Musique secrète dont la couverture reproduit l’autre fleuron des collections nationales, aux côtés de la Joconde, la sublime Sainte-Anne, l’Enfant et la Vierge… La nouvelle production marque aussi les 30 ans de Doulce Mémoire en 2019.
http://www.classiquenews.com/doulce-memoire-musique-secrete-de-leonardo-da-vinci-2/

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LIRE aussi notre présentation annonce du programme Musique secrète de Leonardo par Doulce Mémoire :
http://www.classiquenews.com/louvre-doulce-memoire-musique-secrete-de-leonard-de-vinci/

Illustrations : © studio classiquenews 2019

Paris, Louvre. DOULCE MÉMOIRE dévoile les musiques secrètes de LEONARD DE VINCI

leonardo-da-vinci-musique-secrete-livre-cd-alpha-critique-annonce-cd-par-clasiquenews-compte-rendu-critique-cd-livre-classiquenews-musique-classiqueLOUVRE. LEONARDO, DOULCE MÉMOIRE : ce soir 15 nov 2019, 20h. Doulce Mémoire et son fondateur Denis Raisin Dadre présentent leur nouveau programme, fruit d’une réflexion spécifique sur le génie du plus grand artiste de la Renaissance, Leonardo da Vinci (mort en France en 1619). A l’occasion de l’exposition événement du Louvre, le chef et flûtiste, accompagné par sa fidèle troupe, chanteurs et instrumentistes de DOULCE MEMOIRE (qui soufflent en 2019 leur 30 ans) rétablissent la connivence et les correspondances magicienne entre peinture et musique qui sont au cœur de la pratique picturale de Leoanrdo. Denis Raisin Dadre a choisi 10 œuvres emblématiques de Leonardo conservées au Louvre ; il en déduit plusieurs partitions des XVè et XVIè dont les harmonies et la mélodie permettent d’entrer en résonance avec les chef d’œuvres de Leonardo.

Vibrations fraternelles, couleurs de l’une à l’autre établissent des correspondances entre musique et peinture. Denis Raisin Dadre a rappelé à juste titre que la musique était au cœur du processus pictural de Leonardo ; lui-même musicien virtuose au luth et à la lira da braccio, grand concepteur de festivités, ne peignant qu’accompagné de musiciens et de chanteurs. Le fameux mystère du sourire de la Joconde qui suppose une détente absolue et une riche vie intérieure ne pourrait s’expliquer que de cette façon… modèle et peintre bercés par la musique éprouvent une sérénité propice à l’échange et au sublime. Pourquoi pas ?

vinci-leonardo-exposition-musique-lira-da-braccio-concert-leonardo-da-vinci-portrait-classiquenewsDenis Raisin Dadre explique comment vibrations et couleurs partagent une communauté d’événements ; un phénomène qui en rétablissant donc la musique au cœur de la musique de Leonardo, expliquerait le miracle du sourire de la Joconde … : « Les ondes se propagent. Certaines s’établissent. D’autres interfèrent. Lumineuses, elles s’attachent à la vue. Mécaniques, elles pénètrent l’ouïe. Les vibrations qui en sont à l’origine ou qui en résultent lient nos sens. Peinture et musique se partagent bien ces derniers. Les couleurs, propres à chacun de ces arts, peuvent en jouer. D’aucuns parleraient de différentes longueurs d’onde. La verticalité des notes et des lignes, le rythme des blanches et des noires, des clairs et des obscurs, le jeu en somme des fréquences audibles et visibles est complexe. Les cordes vocales, celles d’un instrument, vibrent et résonnent. Elles convoquent une foule qui remplit l’espace d’harmoniques reconnaissables et, pourtant, insaisissables. 

 

 

Doulce MĂ©moire fĂŞte ses 30 ans et les 500 ans de Leonardo da Vinci
La peinture naĂ®t de la musique…
Au cœur du secret de Leonardo

 

 

 

VINCI leonardo doulce memoire concert ob_661b0d_leonard-de-vinci-dessin-femmeQue ce soit dans la profondeur de la toile ou à sa surface, le pinceau n’établit pas autrement la couleur dans l’espace. Les harmoniques qu’il convoque sont bien spatiales, certes rarement discernables mais toujours mesurables. Léonard de Vinci y aurait développé le mystère du sourire de la Joconde et inscrit la force vive de sa peinture. La musique qui l’entourait, dans l’atelier, dans la cité, cette musique désormais secrète, pourrait être à l’origine de sa recherche picturale. Léonard de Vinci aurait pu chercher une transposition des ondes d’un domaine, audible, à l’autre, visible, une retranscription de la dynamique volatile mais vitale de l’interprétation de la musique à la statique pérenne de la peinture achevée sur la toile. »

Dans son nouveau programme présenté en novembre, Le fondateur de Doulce mémoire démontre ainsi que la peinture naît de la musique. Ainsi le sourire de Monna Lisa est musical. Comme une vaste toile blanche, la scène met en mouvement comme une constellation d’éléments complémentaires, le miracle des ondes, vibrations et couleurs.

 

JOCONDE-mona-lisa-classiquenews-exposition-500-ans-2019-LOUVRE-leonardo-da-vinci-leonard-de-vinci-gallimard-decouvertes-critique-annonce-classiquenews-concerts-louvre-exposition-500-ans-de-Leonardo« Il ne s’agit pas de dévoiler l’œuvre, qu’elle soit musicale ou picturale, mais bien plutôt de présenter entier aux spectateurs le mystère, la complexité et la recherche que portent les travaux de Léonard de Vinci. À travers la musique jouée et la peinture projetée, il s’agit de favoriser autant que faire se peut la sérendipité afin que les spectateurs puissent explorer et revisiter par eux-mêmes la peinture de Léonard de Vinci et la musique secrète qui lui est associée », ajoute Denis Raisin Dadre.

A chaque peinture ou dessin conçu par Leonardo, son double musical, selon le choix de Denis Raisin Dadre. En interprète subtil et enchanteur, Denis Raisin Dadre et Doulce Mémoire savent préserver l’essence même de l’art leonardesque : l’apologie de l’ombre, l’éloquence du mystère. Entre peinture et musique, ce nouveau programme est l’événement musical de l’année Leonard da Vinci 2019.

 

 

 

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Paris, Auditorium du LOUVREboutonreservation
Vend 15 novembre 2019, 20h
Musiques secrètes de Leonardo da Vinci
nouveau programme, spécial 500 ans de Leonardo da Vinci

DOULCE MÉMOIRE / Denis Raisin Dadre, direction artistique & musicale :

Ikse Maître, création visuelle
Sami Korhonen, création costumes
Guillaume Junot, création lumières

Avec
Clara Coutouly, soprano
Matthieu Le Levreur, baryton
Pascale Boquet, luth
Nicolas Sansarlat, lira da braccio
Bérengère Sardin, harpe renaissance
Denis Raisin Dadre, flûtes

 

 

 

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Programme
autour des 10 Ĺ“uvres originales de Leonardo
conservées au Musée du Louvre
fleurons de l’exposition LEONARDO DA VINCI

 

 

DOULCE MÉMOIRE : Musiques secrètes de LEONARDO

Saine-Anne et la Vierge avec l’Enfant (DR)

 

 

 

L’ANNONCIATION
Ave Maria gratia plena : Frater Petrus
Ave Maria gratia plena : Marchetto Cara
Vergine Immaculata, instrumental : Anonyme
Ave Maria gratia plena : Marchetto Cara

LE BAPTEME DU CHRIST
La Danse de Clèves : Anonyme
Basse danse, Mit Ganzem : Conrad Paumann

 

 

LA VIERGE AUX ROCHERS
Ballo Bel fiore : Domenico da Piacenza
Recercare : Francesco Spinacino
Poi che t’hebbi nel core, laude : Anonyme
Fortuna desperata, instrumental : Anonyme
Poi che t’hebbi nel core : Johannes de Pinarol
Fortuna despera ta / Sancte petre : Henrich Isaac

 

 

PORTAIT DE MUSICIEN
Mille regretz : Josquin Desprez
Les miens aussi, responce Ă  Mille regretz : Tilman Susato

 

 

PORTRAIT D’ISABELLE D’ESTE
Non val l’acqua : Bartolomeo Tromboncino
L’acque vale al mio gran foco : Michael Pesenti
Gli pur giunto el giorno : Marchetto Cara

 

 

LA VIERGE A L’ENFANT AVEC SAINTE ANNE
Ave Mater Matris Dei : Jean l’Héritier

 

 

PORTRAIT DE GINEVRA BENCI
De tous bien playne : Hayne Van Ghizeghem

 

 

SAINT JEAN BAPTISTE
Spagna, instrumental : Francesco da Milano

 

 

LA JOCONDE
Rime, sonetto XVIII – Pétrarque : Anonyme
Récité sur Per Sonetti
Lucrecia pulchra (Mona Lisa pulchra) : Anonyme

 

 

LA BELLE FERRONNIERE
Basse danse, Venus (luth) : Gugliemo Ebreo
Patien za ognum mi dice : Anonyme
Basse danse, Venus (vièle) : Gugliemo Ebreo
O mischini : Anonyme
Ballo, Petit rien : Anonyme
Donne, venete al ball : Francesco Patavino
Noi siamo galeotti : Ansano Senese
Tante volte si si si : Marchetto Cara

 

 

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Le sourire énigmatique et le visage angélique de Saint-Jean Baptiste (DR)

DEGAS Ă  l’opĂ©ra… prĂ©sentation de l’exposition Ă  Orsay

autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS Ă  l’OpĂ©ra… Au théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui dĂ©testait Wagner, c’est peut-ĂŞtre lĂ  son seul dĂ©faut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand mĂŞme un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse EugĂ©nie Fiocre interprète du ballet la Source, rĂ©cemment remis Ă  l’honneur de l’OpĂ©ra Garnier. Degas frĂ©quente assidument l’OpĂ©ra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tĂŞte, arabesques des bras, des jambes, dĂ©tail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au dĂ©part : que des attitudes… et des ĂŞtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques.

degas-a-l-opera-exposition-paris-musee-orsay-annonce-critique-classiquenewsIl en dĂ©coulera la statue en cire perdue, scandaleuse tant elle est rĂ©aliste, de La Petite danseuse de 14 ans… Grâce Ă  son ami le librettiste et compositeur Ludovic HalĂ©vy, Degas peut atteindre les coulisses et assister aux cours et rĂ©pĂ©titions ses spectacles. Aucun doute, mĂŞme si après l’incendie de l’OpĂ©ra Le Peletier et au moment de l’édification du futur opĂ©ra Garnier, Degas dĂ©sormais rĂ©invente ce qu’il a vu et observĂ©, dans son atelier, le temple lyrique et chorĂ©graphique demeure son laboratoire : une source essentielle pour sa crĂ©ativitĂ© d’une exceptionnelle modernitĂ©. Mais au gĂ©nie des formes nouvelles et des dispositions novatrices, Degas, mĂŞme s’il se refuse Ă  ĂŞtre dĂ©nonciateur, peint aussi la rĂ©alitĂ© sociale du mĂ©tier de danseuse : l’exposition au dĂ©sir et Ă  la convoitise des abonnĂ©s mâles, qui, dans la coulisse, contrastant avec le raffinement et la magie de la scène, cherchent Ă  sĂ©duire et payer les jeunes crĂ©atures pour quelques heures de plaisir. De l’art Ă  la prostitution, il n’y a que quelques pas de danse, menus, menus.  Documentaire inĂ©dit, 2019. RĂ©alisation : Blandine Armand, Vincent Trisolini – 52 mn.

 

 

 

 

 

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arte_logo_2013ARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS à l’Opéra… 17h35. Documentaire en liaison avec l’exposition événement réprésentée par le Musée d’Orsay jusqu’au 19 janvier 2020 : http://www.classiquenews.com/paris-exposition-musee-dorsay-degas-a-lopera-24-sept-2019-19-janv-2020/

 

 

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PARIS, Exposition. Musée d’Orsay, DEGAS à l’Opéra : 24 sept 2019-19 janv 2020

the-orchestra-at-the-operaPARIS, MusĂ©e d’Orsay, DEGAS Ă  l’OpĂ©ra : 24 sept 2019-19 janv 2020. Quand il peint les danseuses, Edgar Degas invente un nouveau langage pictural et dĂ©nonce la prĂ©dation sexuelle en coulisses dont sont victimes les jeunes danseuses si mal payĂ©es et “chapotĂ©es” par leurs mères maquerelles… RĂ©formateur plasticien et sociologue affĂ»tĂ©, DEGAS peint et analyse.  Degas  aime les plans originaux, dĂ©calĂ©s, hors scène frontale, dans les coulisses et en dehors de la reprĂ©sentation elle-mĂŞme ; c’est pourquoi, ses vues dĂ©voilent ce qui n’est pas connu ni officialisĂ© : l’arrière de la scène, le foyer, les rĂ©pĂ©titions,… tout un monde non convenu, jamais attendu dont la libertĂ© se lit dans les poses inĂ©dites. Il peint des corps dĂ©sarticulĂ©s, et comme mĂ©canisĂ©s, c’est Ă  dire dĂ©shumanisĂ©s, mais dont la ligne est saisissante. A l’OpĂ©ra, aux cĂ´tĂ©s des danseuses et de leur travail fastidieux au Foyer, en rĂ©pĂ©tition, Degas, le peintre solitaire qui a un Ĺ“il comme personne, analyse aussi l’orchestre dans la fosse du Palais Garnier : il focuse sur le bassoniste, pĂ©nètre dans l’orchestre par les bois et l’harmonie. Les cadrages sont toujours aussi captivants car originaux et jamais vus avant lui : l’influence de la photographie est Ă©vidente. L’oeil moderne et analyste de Degas observe avec une acuitĂ© saisissante le milieu instrumental de l’OpĂ©ra de Paris…

Présentation de l’exposition par le Musée d’Orsay :
« Sur toute sa carrière, de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1860 jusqu’Ă  ses oeuvres ultimes au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui”. Il en explore les divers espaces – salle et scène, loges, foyer, salle de danse -, s’attache Ă  ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilitĂ©s ; il permet toutes les expĂ©rimentations : multiplicitĂ© des points de vue, contraste des Ă©clairages, Ă©tude du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste.

Aucune exposition jusqu’ici n’a envisagĂ© l’OpĂ©ra globalement, Ă©tudiant tout Ă  la fois le lien passionnĂ© que Degas avait avec cette maison, ses goĂ»ts musicaux, mais aussi les infinies ressources de cette merveilleuse “boĂ®te Ă  outils”. Ă€ travers l’œuvre/ l’œil du peintre Degas, l’exposition prĂ©sentĂ© Ă  la rentrĂ©e 2019 au MusĂ©e d’Orsay, offre un superbe portrait de l’OpĂ©ra de Paris au XIXe siècle. 

 

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PARIS, exposition «  DEGAS Ă  l’OpĂ©ra », musĂ©e d’Orsay : 24 septembre 2019 – 19 janvier 2020

 
 

 
 


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Commissaire général
Henri Loyrette

Commissaires
LeĂŻla Jarbouai, conservatrice arts graphiques au musĂ©e d’Orsay, Marine Kisiel, conservatrice peintures au musĂ©e d’Orsay et Kimberly Jones, conservateur des peintures françaises du XIXe siècle Ă  la National Gallery of Art de Washington

Exposition organisĂ©e par les musĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie, Paris et la National Gallery of Art, Washington oĂą elle est programmĂ©e du 1er mars au 5 juillet 2020, et donc Ă  Paris, Ă  l’occasion du trois cent cinquantième anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris.

https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/degas-a-lopera-47631.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=14b265340f

  

 

 

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AGENDA CONCERT
Concert de l’Orchestre national de l’Opéra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan
Paris, MusĂ©e d’Orsay / Grand Nef du musĂ©e – 9 dĂ©c. 2019 Ă  20h

 

 

 

 

 

 

 

CLÉS DE COMPRÉHENSION :
DEGAS à l’opéra : l’œil explore et invente du neuf…

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autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxPendant toute la carrière, des annĂ©es 1860 jusqu’au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui ». Un laboratoire oĂą il puise autant de motifs linĂ©aires, des profils, des silhouettes, des formes Ă  fixer ; que des sensations au carrefour des disciplines. L’opĂ©ra, théâtre total, Ă  l’époque de Wagner, Verdi, Gounod, Massenet, compose un rĂ©servoir pour celui qui a rĂ©volutionnĂ© la peinture en la menant vers le cinĂ©ma et la photo. Degas y expĂ©rimente la multiplicitĂ© des points de vue, des cadrages audacieux (perspectives contournĂ©es, vues plongeantes : di sotto insu), le contraste des Ă©clairages, les effets inĂ©dits de la couleur et du trait, l’étude Ă  la fois analytique et synthĂ©tique du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste. C’est aussi Ă  travers la ligne et la trace du pinceau, des crayons, l’acuitĂ© d’un regard qui pense : l’opĂ©ra est un lieu de spectacle et comme chez Balzac, l’endroit des situations et des relations humaines, inouĂŻes, Ă  la fois scandaleuses et fascinantes.

Psychologique, psychiatre même, Degas décrypte les apparences en une vision balzacienne : il réalise entre 1876 et 1877, la série sur le thème du Maître de ballet, puis son premier monotype, La petite Danseuse de 14 ans, de 1881, qui deviendra une statue, aussi réaliste que scandaleuse.

Ballet et Grand opéra français contre le wagnérisme

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Alors en Louisiane, Degas se plaint de ne pas aller à l’opéra dont le manque le fait souffrir. Depuis la rétrospective de 1988, voici une rétrospective attendue qui précise le regard du plasticien sur l’opéra et le milieu lyrique, mais aussi ses goûts : admiration du grand opéra français, et détestation de Wagner. Degas côtoie les directeurs successifs de la Maison parisienne; il se lit avec les compositeurs Auber, Reyer, Chaussson, le corps de ballet (Mesdemoiselles Salle, Sanlaville, Van Goethem, Chabot, Biot, Mauri…), les chanteurs Jean-Baptiste Faure, Rosa Caron…, les abonnés du cercle Halévy.

Le thème des groupes qui s’affrontent, image du ballet naît dès Petites filles spartiates provoquant les garçons à la lutte (1860, Londres Nal Gallery) ; puis c’est le portrait déjà exposé en 1988 à Paris, Eugénie Fiocre dans le Ballet de la Source (1868, Brooklyn Museum, NY) ; enfin, comme une apothéose de milliers d’heures d’observation, L’orchestre de l’Opéra de Paris (Musée d’Orsay, Paris, vers 1870)… qui est aussi la revendication du génie musical français contre le germanisme envahissant.

Salle et scène, loges, foyer, salle de danse, danseuses (les fameuses « belles grappes de bras et de jambes »), chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses peuplent des scènes peintes ou façonnĂ©es au pastel. Au moment du 350è anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris, voici le portrait et la visite de l’institution par un guide original et passionnant dont le goĂ»t musical se prĂ©cise Ă  mesure : Edgar Degas.

 

 
 

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 Portrait d’Eugènie Fiocre / Ballet La Source (© DR NY Brooklyn Museum)