Salomé de STRAUSS par Kiril Petrenko

FRANCE MUSIQUE, dim 18 août 2019. STRAUSS : Salomé. De toutes les femmes conçues sur la scène lyrique par Richard Strauss, Salomé serait le plus « monstrueuse », inspirée par la pièce envoûtante et saisissante d’Oscar Wilde. Le poète et dramaturge anglais y fusionne de façon trouble l’ingénuité et la volupté, une innocence perverse qui séduite par le prophète réclame sa tête, avant de saisir Hérode dans l’hypnose érotique puis l’horreur criminelle. La musique de Strauss exprime exactement la pulsion frénétique, entre amour, désir et mort. Avant LULU de Berg, Strauss aborde la féminité sous l’angle de la sexualité, plus précisément d’un érotisme libéré qui fascine autant qu’il terrifie. Quand Hérode (un rien pédophile) ordonne à ses gardes d’étouffer sous les boucliers l’ardente sirène qui baise la bouche de Jokanaan décapitée, il s’agit de tuer le désir de la femme qui fait peur… La production diffusée par France Musique en ce mois d’août 2019 devrait marqué les esprit car le chef Kirill Petrenko, directeur musical du Berliner Philharmoniker est un superbe maestro lyrique (il l’a entre autres démontré à Bayreuth)…

salome_titien_tiziano_salome_5-Salome-1512-Tiziano-TitianLIRE notre dossier Richard Strauss : portraits de femmes. De Salomé à Capriccio, soit au cours de la première moitié du XXème siècle, Richard Strauss, comme Massenet ou Puccini aura laissé une exceptionnelle galerie de portraits féminins. Lente évolution qui d’ouvrages en partitions, recueille les fruits d’ une écriture musicale en métamorphose, et précise la place et le rôle de la femme vis à vis du héros.  Alors que Wagner n’envisage pour ses héroïnes qu’un aspect certes flamboyant mais unique (et qui le destine souvent à mourir), celui d’un ange salvateur œuvrant pour le salut du maudit (le héros et le compositeur se fondent ici), Strauss, avec son librettiste Hofmannsthal fouillent l’ambivalence contradictoire de la psyché féminine avec une subtilité rarement atteinte au théâtre. Selon les sources empruntées et le sujet central de l’opéra, l’héroïne est ici solitaire égoïste comme emprisonnée définitivement par ses propres obsessions, ou à l’inverse, mobile et généreuse, souvent sujet d’une métamorphose imprévue, capable de sauver le héros dont elle a croisé le destin. L’itinéraire de la femme au cours d’un seul ouvrage traverse bien des épreuves : elle pose clairement le principe de la transformation, du changement qui du début à la fin de l’ouvrage, indique une progression souvent passionnante à suivre.
http://www.classiquenews.com/les-femmes-selon-richard-strauss/ 

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logo_francemusiqueFrance Musique, dim 18 août 2019. 20h
Concert donnĂ© le 27 juin 2019 au Prinzregententheater (Théâtre du Prince-RĂ©gent) de Munich dans le cadre de l’Opernfestspiele (Festival de l’OpĂ©ra de Munich)

Richard Strauss : Salome op.54
Opéra en un acte sur un livret du compositeur
d’après la pièce de théâtre “SalomĂ©” d’Oscar Wilde

Wolfgang Ablinger Sperrhacke, ténor, Herodes
Michaela Schuster, mezzo-soprano, Herodias
Marlis Petersen, soprano, Salome
Wolfgang Koch, baryton, Jochanaan, prophète
Pavol Breslik, ténor, Narraboth, capitaine de la garde
Rachael Wilson, mezzo-soprano, Le page d’HĂ©rodias
Scott MacAllister, ténor, Premier Juif
Roman Payer, ténor, Deuxième Juif
Kristofer Lundin, ténor, Troisième Juif
Kevin Conners, ténor, Quatrième Juif
Peter Lobert, ténor, Cinquième Juif
Callum Thorpe, basse, Premier Nazaréen
Ulrich Ress, ténor, Second Nazaréen
Kristof Klorek, basse, Premier Soldat
Alexandre Milev, basse, Second Soldat
Milan Siljanov, basse, Un Cappadocien
Mirjam Mesak, soprano, Une esclave
Orchestre de l’Etat de Bavière
Direction : Kirill Petrenko

Création à Munich : South Pole

Munich, OpĂ©ra: South Pole, crĂ©ation, 31 janvier-11 fĂ©vrier 2016. L’OpĂ©ra d’Ă©tat de Bavière Ă  Munich (Bayerische Staatoper) accueille une crĂ©ation : South Pole qui Ă©voque la rivalitĂ© de deux explorateurs au long cours, animĂ©s par le mĂŞme objectif : Robert Scott et Roald Amundsen engagĂ©s sĂ©parĂ©ment et simultanĂ©ment Ă  dĂ©couvrir le pĂ´le sud, (d’oĂą le titre du nouvel opĂ©ra). Ce que chacun rĂ©alisera avec les moyens de l’Ă©poque 1911, soit Ă  pieds, par voie terrestre. Au total, du 31 janvier au 11 fĂ©vrier 2016, 5 reprĂ©sentations. Arte diffuse la première date, soit la crĂ©ation mondiale de l’ouvrage composĂ© par le tchèque Miroslav Srnka.

 

 

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South pole : création lyrique à Munich

 

T.-Holloway_M.Srnka-c-W.-Hösl--600x411Courageuse, dĂ©fricheuse, lyricophile, la chaĂ®ne franco-allemande Arte dĂ©fend la crĂ©ation prĂ©sentĂ©e fin janvier 2016 par l’OpĂ©ra bavarois Ă  Munich : la partition illustre cette lutte acharnĂ©e entre deux Ă©quipes scientifiques rivales menĂ©es par l’officier de la oyal navy, le britannique Robert Scott et le norvĂ©gien Roald Amundsen pour conquĂ©rir et dĂ©couvrir le pĂ´le sud. DiffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, South pole est un ouvrage commandĂ© par l’OpĂ©ra de Munich au compositeur tchèque Miroslav Srnka et Ă  l’Ă©crivain australien Tom Holloway (voir notre photo ci dessus). Outre le dĂ©fi exceptionnel que se sont imposĂ©s les deux hommes et leur Ă©quipage (en dĂ©cembre 1911), l’opĂ©ra crĂ©Ă© en janvier 2016 souligne aussi les conditions de l’extrĂŞme auxquelles les deux explorateurs sont confrontĂ©s au coeur d’un continent blanc, aux tempĂ©ratures rĂ©frigĂ©rantes : l’Antarctique. RĂ©ussir ou mourir.

 

south pole opera munich creation mondialeEn dĂ©finitive, c’est Roald Amundsen qui atteint le premier la point convoitĂ©, le 14 dĂ©cembre 1911, quand les britanniques le rejoignent seulement un mois plus tard, le 12 janvier 1912. Malheureusement, sur le chemin du retour, tous les membres de l’expĂ©dition anglaise Terra Nova meurent de froid et de faim. Dans la fosse, arbitre et garant de la bonne tenue artistique de cet opĂ©ra en première mondiale, le chef Kirill Petrenko. Le baryton amĂ©ricain, grand diseur chez Mahler ou Strauss, Thomas Hampson incarne l’explorateur victorieux de cette course vers l’impossible et l’inatteignable, Roald Amundsen. Et c’est le tĂ©nor français Rolando Villazon qui chante la partie de son rival malheureux, l’officier britannique Robert Scott.

 

 

 

arte_logo_2013TĂ©lĂ©, le 31 janvier 2016, 23h sur ARTE. CrĂ©ation de l’opĂ©ra South Pole à Munich. DurĂ©e : 2h30. Hans Neuenfels, mise en scène. Kirill Petrenko, direction musicale. Orchestre du Bayerirches Staatsorchester. Le dvd de l’opĂ©ra South Pole devrait sortir courant 2017, chez l’Ă©diteur BelAir classiques
En LIRE + sur le site de l’opĂ©ra d’Ă©tat de Bavière, OpĂ©ra de Munich

 

 

 

 

South Pole, création lyrique sur Arte

arte_logo_2013Arte. en direct de Munich: South Pole, crĂ©ation, le 31 janvier 2016,23h15. L’OpĂ©ra d’Ă©tat de Bavière Ă  Munich (Bayerische Staatoper) accueille une crĂ©ation : South Pole qui Ă©voque la rivalitĂ© de deux explorateurs au long cours, animĂ©s par le mĂŞme objectif : Robert Scott et Roald Amundsen engagĂ©s sĂ©parĂ©ment et simultanĂ©ment Ă  dĂ©couvrir le pĂ´le sud, (d’oĂą le titre du nouvel opĂ©ra). Ce que chacun rĂ©alisera avec les moyens de l’Ă©poque 1911, soit Ă  pieds, par voie terrestre. Au total, du 31 janvier au 11 fĂ©vrier 2016, 5 reprĂ©sentations. Arte diffuse la première date, soit la crĂ©ation mondiale de l’ouvrage composĂ© par le tchèque Miroslav Srnka.

 

 

 

South pole : création lyrique sur Arte

 

T.-Holloway_M.Srnka-c-W.-Hösl--600x411Courageuse, dĂ©fricheuse, lyricophile, la chaĂ®ne franco-allemande Arte dĂ©fend la crĂ©ation prĂ©sentĂ©e fin janvier 2016 par l’OpĂ©ra bavarois Ă  Munich : la partition illustre cette lutte acharnĂ©e entre deux Ă©quipes scientifiques rivales menĂ©es par l’officier de la oyal navy, le britannique Robert Scott et le norvĂ©gien Roald Amundsen pour conquĂ©rir et dĂ©couvrir le pĂ´le sud. DiffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, South pole est un ouvrage commandĂ© par l’OpĂ©ra de Munich au compositeur tchèque Miroslav Srnka et Ă  l’Ă©crivain australien Tom Holloway (voir notre photo ci dessus). Outre le dĂ©fi exceptionnel que se sont imposĂ©s les deux hommes et leur Ă©quipage (en dĂ©cembre 1911), l’opĂ©ra crĂ©Ă© en janvier 2016 souligne aussi les conditions de l’extrĂŞme auxquelles les deux explorateurs sont confrontĂ©s au coeur d’un continent blanc, aux tempĂ©ratures rĂ©frigĂ©rantes : l’Antarctique. RĂ©ussir ou mourir.

 

 
south pole opera munich creation mondialeEn dĂ©finitive, c’est Roald Amundsen qui atteint le premier la point convoitĂ©, le 14 dĂ©cembre 1911, quand les britanniques le rejoignent seulement un mois plus tard, le 12 janvier 1912. Malheureusement, sur le chemin du retour, tous les membres de l’expĂ©dition anglaise Terra Nova meurent de froid et de faim. Dans la fosse, arbitre et garant de la bonne tenue artistique de cet opĂ©ra en première mondiale, le chef Kirill Petrenko. Le baryton amĂ©ricain, grand diseur chez Mahler ou Strauss, Thomas Hampson incarne l’explorateur victorieux de cette course vers l’impossible et l’inatteignable, Roald Amundsen. Et c’est le tĂ©nor français Rolando Villazon qui chante la partie de son rival malheureux, l’officier britannique Robert Scott.

 

 

 

TĂ©lĂ©, le 31 janvier 2016. CrĂ©ation de l’opĂ©ra South Pole, le 31 janvier 2016, sur ARTE
Durée : 2h30
Hans Neuenfels, mise en scène
Kirill Petrenko, direction musicale
Orchestre du Bayerirches Staatsorchester
Le dvd de l’opĂ©ra South Pole devrait sortir courant 2017, chez l’Ă©diteur BelAir classiques
En LIRE + sur le site de l’opĂ©ra d’Ă©tat de Bavière, OpĂ©ra de Munich

 

 

 

Eugène Onéguine à Munich

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855Munich, Opéra de Bavière. Tchaikovski : Eugène Onéguine. 2<13 mai 2015. 19h. L’opéra de Bavière à Munich reprend la production provocante désabusée signée Warlikowski, abordant la tragédie noire d’Onéguine. Scènes lyriques en trois actes et sept tableaux, Eugène Onéguine puise son sujet du roman éponyme de Pouchkine que Tchaïkovski avec la collaboration de Constantin Chilovski, adapte pour la scène lyrique. Se poursuivant entre mai 1877 et janvier 1878, la composition de la partition est assez chahutée. La matière dramatique de l’ouvrage trouve une résonance particulièrement tragique dans la vie personnelle du compositeur. C’est que son écriture est contemporaine de son mariage avec Antonina Milukova, célébré le 6 juillet 1877, lequel s’avère en définitive catastrophique en raison de l’identité homosexuelle du musicien. Au tragique de la relation avortée, correspond le traumastisme d’un scandale inévité et le profond désarroi d’un homme terrassé par une effroyable vérité.
Au centre de l’action, Eugène Onéguine recueille ainsi la terrifiante crise solitaire d’un homme en échec, dans l’obligation de faire face à lui-même et de résoudre, tout au moins trouver l’apaisement de son être le plus intime. L’opéra, marqué par ce trauma, et la nécessité du refoulement, est achevé pendant un voyage en Italie. Tchaïkovski, âgé de 37 ans, suit le portrait que donne Pouchkine des trois personnages principaux: Tatiana, Onéguine et Lenski. Trois solitudes, celles de cœurs déchirés, empêchés, décalés… Tatiana s’ouvre à l’amour que lui refuse Onéguine quand Lenski en un duel imbécile disparaît le premier. Histoire d’une passion malheureuse, tragique jamais dite et vécue pour elle-même, Onéguine peint le désarroi des êtres impuissants, blessés, incapables, décalés. Les seuls registres qui leur sont propres, sont le remord, l’oubli et l’amertume. Cynique et fier, Onéguine cache en lui-même une blessure, la plaie béante d’une âme écorchée. C’est pourquoi, il ne semble pas connaître de sérénité mais un tourment continu.
Jamais extérieur ni exhibitionniste, encore moins descriptif, Tchaïkovski reste proche de l’esprit de Pouchkine. L’opéra est l’une des oeuvres les plus intimes jamais écrites. La musique exprime l’intériorité des êtres dont le chant masque le tourment venimeux qui empoisonne leur esprit. Malgré les critiques émises lors de sa création, en dépit des détracteurs qui trouvaient l’oeuvre “non scénique” et peu représentable, en raison justement de son caractère psychologique, Eugène Onéguine s’est imposé sur toutes les scènes tant son expressionnisme intérieur incarne un âge d’or du romantisme russe. L’opéra est créé à Moscou, le 29 mars 1879 par les élèves du Collège Impérial de musique, puis repris à l’Opéra Impérial (Théâtre du Bolchoï), le 23 janvier 1881… quelques jours avant que ne soit créé à l’Opéra-Comique, Les contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach (le 10 février 1881).

boutonreservation
EUGENE ONEGUINE, de P.I. Tchaikovsky à l’Opéra de Bavière, Munich
Les 2,5,9,13 mai puis 26 et 29 juillet 2015

Dan Ettinger, direction musicale
Krzysztof Warlikowski, mise en scène

Heike Grötzinger, Madame Larine
Kristine Opolais, Tatiana
Alisa Kolosova, Olga
Elena Zilio, Filipjewna
Michael Nagy, Eugène Oneguine
Alexey Dolgov, Lenski
Günther Groissböck, Prince Grémine / Zaretzki
Alexander Kaimbacher, Monsieur Triquet

Le metteur en scène Krzysztof Warlikowski  aborde la comĂ©die amère et tragique de TchaĂŻkovsky : le metteur en scène provocateur et dĂ©lirant transpose l’action russe aux Etats Unis dans les annĂ©es 70 : les âmes dĂ©calĂ©es, dĂ©sespĂ©rĂ©es d’Eugène et de Tatiana, pattes d’Eph et rouflaquettes, sans omettre les bonnes lunettes rondes profilĂ©es or exposent leur spleen malĂ©fique, finalement respectueusement au fatalisme noir de Pouchkine. Production crĂ©Ă©e au Bayrische Staatsoper en 2007. LIRE la page Eugène OnĂ©guine sur le site de l’OpĂ©ra de Munich

Le Ring de Wagner Ă  Munich

wagner-ring-tetralogie-582-612Munich. Wagner : Le Ring. Du 20 fĂ©vrier au 29 mars 2015. Le Bayerisches Staatsoper de Munich, dans la capitale bavaroise affiche l’intĂ©gralitĂ© de la TĂ©tralogie wagnĂ©rienne dans la rĂ©alisation du duo Kirill Petrenko chef d’orchestre) et Andreas Kriegenburg (rĂ©gie, mise en scène). Dans l’ordre, L’or du Rhin pour le prĂ©lude, puis les 3 journĂ©es : La Walkyrie, Siegfried enfin Le CrĂ©puscule des dieux.  Soit 13 soirĂ©es wagnĂ©riennes. le cycle peut ĂŞtre Ă©coutĂ© dans la quasi continuitĂ© les 22,23,26 et 29 mars 2015. Production dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©e en 2012.

Wagner 2014 : Le Ring nouveau de BayreuthLa TĂ©tralogie raconte sur le registre Ă©pique et universel l’accomplissement de la barbarie et de l’indignitĂ© humaine sur le monde et les hommes. L’ĂŞtre intelligent et faux bâtisseur (Wotan) construit sa propre perte en imposant ses règles : manipulation, vol, tyrannie, impĂ©rialisme. Avide et vĂ©nal, le Dieu des dieux se montre parfaitement indigne de son prestige. Pour dĂ©rober l’autoritĂ© qu’il prĂ©tend dĂ©tenir, il a perdu un oeil et s’est taillĂ© une lance dans le bois du hĂŞtre primordial… Ici le pouvoir rend fou et l’amour de l’or, totalement inhumain. Dans L’or du Rhin, l’or pur du fleuve garant de l’Ă©quilibre naturel est dĂ©robĂ© par Alberich, Ă  son tour dĂ©possĂ©dĂ© par… Wotan lequel pour Ă©difier son palais du Walhalla, trompe abusivement les GĂ©ants. A la fin du Prologue, Wotan et sa clique divine monte au sommet : image de l’orgueil dĂ©mesurĂ©, leur ascension annonce dĂ©jĂ  leur chute.
Dans La Walkyrie paraĂ®t l’amour, celui du couple Siegmund et Sieglinde, les parents du hĂ©ros Ă  venir : Siegfried. Ils sont tous les deux sacrifiĂ©s sur l’autel du cynisme de Wotan : mais sa propre fillle, la Walkyrie BrĂĽnnhilde ose braver l’ordre du père. Sieglinde pourra enfanter le hĂ©ros Ă  naĂ®tre, mais elle perdra son statut et deviendra simple mortelle, protĂ©gĂ©e par un rideau de feu.
Siegfried raconte l’enfance du hĂ©ros attendu. Comment Alberich son tuteur lui cache sa nature exceptionnelle et mourra sous la lame de son Ă©pĂ©e. Le hĂ©ros qui ne connaĂ®t pas la peur, assassine le dragon : il peut rejoindre la Walkyrie sur son rocher pour l’Ă©pouser…
Dans le CrĂ©puscule des dieux, la prophĂ©tie s’accomplit et Wotan doit cĂ©der la place Ă  Siegfried. Pourtant, ce dernier trop naĂŻf et manipulable se laisse berner par le clan de Gibishungen : il trahit BrĂĽnnhilde, et meurt honteusement Ă  la suite d’un complot : sa mort puis l’ample monologue de BrĂĽnnhilde annonçant une ère nouvelle sont les deux temps forts d’une partition parmi les plus rĂ©ussies de tout le cycle.

La Tétralogie wagnérienne à Munich
Der Ring des Nibelungen

agenda
L’or du Rhin,  Das Rheingold
Les 20,27 février puis 11 et 22 mars 2015

La Walkyrie, Die WalkĂĽre
Les 28 février puis 6,14,23 mars 2015

Siegfried
Les 8,16,26 mars 2015

Götterdämmerung
Les 20 et 29 mars 2015

Illustrations : Odin par Arthur Rackham, Richard Wagner (DR)

Nouvel Idomeneo de Mozart Ă  Lyon

mozart_portraitLyon, OpĂ©ra. Mozart : Idomeneo. 23 janvier>6 fĂ©vrier 2015. Que valent les dynasties et les ambitions politiques si les rois sous la contrainte (ou l’Ă©preuve) divine, n’hĂ©sitent pas Ă  sacrifier leur propre fils ? IdomĂ©nĂ©e est sauvĂ© par Neptune qui en Ă©change exige un sacrifice : la première personne que le miraculĂ© croisera lors de son retour en CrĂŞte sera donc immolĂ©e. Pas de chance, le roi sauvĂ© rencontre son fils Idamante. Horreur d’un dieu cruel, laideur aussi d’un roi trop faible, barbarie d’un destin tragique ; car le courage paie toujours et la jeune princesse troyenne Ilia, amoureuse de surcroĂ®t du jeune prince (d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante et pure au II), dĂ©clare ĂŞtre prĂŞte au III pour se sacrifier Ă  la place du fils. Tant d’innocence hardie est rĂ©compensĂ©e par le dieu des mers : IdomenĂ©e est dĂ©chu et le nouveau roi, Idamante Ă©pousera Ilia. Neptune voulait-il Ă©prouver le roi règnant et dĂ©celer sa faiblesse ? Le jeter Ă  terre pour placer sur le trĂ´ne un sang plus noble? MĂŞme s’il profite Ă  terme de la volontĂ© divine, ce n’est pourtant pas Idamante son fils qui exprime le mieux l’intensitĂ© du courage mais plutĂ´t sa fiancĂ©e, la jeune princesse Ilia au soprano ardent, amoureux, irrĂ©sistible. C’est elle qui ose dĂ©fier les dieux au moment oĂą le père allait sacrifier son fils…

 

 

 

 


Carnaval de 1781 : Mozart Ă  Munich

seria maritime

 

 

Les femmes prennent un relief particulier chez Mozart ; autant la douceur tendre mais dĂ©terminĂ©e d’Ilia Ă©blouit par sa candeur lumineuse, autant sa contrepartie, Electre (Elettra), – souvenir des magiciennes noires et jalouses de l’opĂ©ra baroque terrifie par d’amples imprĂ©cations. Après le meurtre de sa mère Clytemnestre par son frère Oreste (qui fait tout le sel de l’opĂ©ra de Richard Strauss), Electre se refugie en CrĂŞte. DĂ©vorĂ©e par la haine de sa mère, la princesse tombe cependant amoureuse – vainement- du prince Idamante… :  d’ailleurs l’opĂ©ra s’achève sur le jaillissement impressionnant de la haine d’une manipulatrice dĂ©faite (malheureuse rivale d’Ilia) dont le parti a perdu. Sa figure hideuse, submergĂ©e par la folie (comme MĂ©dĂ©e ou Armide sur son char) contraste avec l’humanitĂ© crĂ©toise rĂ©conciliĂ©e Ă  la fin du drame.
Outre la palette flamboyante des caractères, Mozart âgĂ© de 25 ans (!), renouvelle le genre seria (après Mitridate de 1770, Lucio Silla de 1772 et avant Titus Ă©crit Ă  la fin de sa vie en 1791) en intĂ©grant, comme une vĂ©ritable synthèse, des Ă©lĂ©ments français  (le chĹ“ur est très prĂ©sent), germaniques dans la conduite d’un orchestre Ă©tonnamment expressif, traducteur de la force des Ă©lĂ©ments marins dans un opĂ©ra qui se dĂ©roule au cĹ“ur de la MĂ©diterranĂ©e. A ce titre, l’ouvrage atteint un souffle symphonique captivant en particulier dans l’enchaĂ®nement des Ă©pisodes du II et du III (marche, chĹ“urs accompagnĂ©s, ballet final). L’intelligence de l’Ă©criture psychologique de chaque protagoniste (superbe quatuor du III), la construction dramatique et musicale fait valoir dĂ©jĂ  Ă  Munich en 1781, une maturitĂ© lyrique Ă©poustouflante. D’autant que contraint d’accepter les directives du librettiste l’AbbĂ© Varesco (qui s’inspire du livret de Danchet pour l’ouvrage de Campra en 1712), soumis aux caprices des solistes plutĂ´t exigeants et changeants, le jeune Mozart n’avait pas la main libre pendant la rĂ©alisation de l’opĂ©ra : sa correspondance avec son père, très riche et documentĂ©e, laisse un aperçu fouillĂ© des nombreuses modifications auxquelles dut se soumettre Wolfgang pour plaire aux uns et aux autres…
Mais 5 ans après son premier triomphe munichois (la Finta Giardiniera, offrant déjà une très fine analyse des passions humaines), Mozart surdoué suscite le contentement de son patron, le Prince Electeur Karl-Teodor de Bavière, au moment du Carnaval 1781.

 

 

boutonreservationOpéra de Lyon
Les 23,25,27,29,31 janvier, 2,4,6 février 2015
GĂ©rard Korsten, direction
Martin Kusej, mise en scène
Odinius, Aldrich, Galitskaya, Brimberg, Behr, Jakobsk
Nouvelle production
Pas sĂ»r que la mise en scène de Kusej rĂ©tablisse la poĂ©sie Ă©motionnelle comme le souffle mĂ©diterranĂ©en de l’orchestre. Mais la musique d’une grande finesse mĂ©rite le dĂ©placement.

 

 

La Force du destin de Verdi sur Arte, ce soir. 22h20

arte_logo_2013tezier kaufmannARTE, ce soir, 22h20. Verdi: La force du destin en direct de Munich. La distribution promet vocalement un grand moment : Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Ludovic TĂ©zier dans les rĂ´les respectifs des amants maudits fugitifs (Alvaro et Leonoara) et de celui qui les pourchasse, Carlo, le frère de Leonora. On peut certes ĂŞtre sceptique quant Ă  la complexitĂ© du livret d’après le roman alambiquĂ© de Guttierès. Mais Le traitement musical que dĂ©veloppe Verdi sème la tempĂŞte et des vertiges irrĂ©sistibles dans le cĹ“ur des protagonistes. CrĂ©Ă© fin 2013 Pour l’annĂ©e Verdi, cette production mise en scène Ă  l’OpĂ©ra de Munich par Martin Kusej accumule les dĂ©calages et les relectures provocantes qui n’aident en rien la lisibilitĂ© de l’action passablement compliquĂ©e. N’empĂŞche, l’engagement de Jonas Kaufmann qui se dĂ©die depuis plusieurs annĂ©es pour Verdi (après avoir incarnĂ© Wagner de façon remarquable : Lohengrin, Parsifal…) Ă©lève le niveau du spectacle…  RĂ©alisĂ© par Thomas Grimm (Allemagne, 150mn)… En lire + 

 

Verdi : La Forza del Destino
En direct de l’Opéra de Munich. Arte, ce soir à partir de 22h25.

 

Avec Anja Harteros, Vitalij Kowaljow, Ludovic Tézier, Jonas Kaufmann, Nadia Krasteva, Renato Girolami, Heike Grötzinger, Christian Rieger, Francesco Petrozzi, Rafal Pawnuk
Costumes : Heidi Hackl
Chœur : Chor der Bayerischen Staatsoper
Orchestre : Bayerisches Staatsorchester. Asher Fisch, direction.
Metteur en scène : Martin Kusej