Cinéma. En direct du Met de New York, sam 23 oct 2021, 18h55 : « COMME UN FEU DEVORANT RENFERME DANS MES OS / FIRE SHUT UP IN MY BONES » de Terence Blanchard

terence blanchard feu devorant dans mes os creation metropolitan opera new york opera classiquenews creation en directCinĂ©ma. En direct du Met de New York, sam 23 oct 2021, 18h55 : « COMME UN FEU DEVORANT RENFERME DANS MES OS / FIRE SHUT UP IN MY BONES » de Terence Blanchard, compositeur et jazzman. La crĂ©ation lyrique pourrait bien ĂȘtre l’évĂ©nement espĂ©rĂ©, soulignant la reprise d’activitĂ© du Met de New York. L’opĂ©ra en crĂ©ation est le premier opĂ©ra composĂ© par un un afro-amĂ©ricain pour la scĂšne new yorkaise. L’action mise en musique par le trompettiste et musicien de jazz aborde des sujets d’actualitĂ© : abus sexuels, homosexualitĂ©, racisme, droits des minoritĂ©s,

Pour son deuxiĂšme opĂ©ra, Terence Blanchard adapte la biographie  de Charles M. Blow, chroniqueur  au New  York  Times,  dans  laquelle  il  Ă©voque  l’abus  sexuel  qu’il  a  subi  enfant.  Le  public  dĂ©couvre  à  la  fois  Charles  jeune  homme,  victime obsĂ©dĂ©e par les fantĂŽmes de son passĂ©, et Charles garçon, en manque d’attention et pressĂ© de grandir. Autour de lui, une mĂšre dĂ©terminĂ©e Ă  mener une vie digne, un pĂšre coureur de jupons, quatre frĂšres aĂźnĂ©s taquins, puis l’irruption d’un cousin sans foi ni loi ; l’agent de l’horreur.
L’interprĂ©tation du rĂŽle principal par deux chanteurs en simultanĂ©,  un baryton (Will Liverman) et un enfant, apporte Ă  la narration et Ă  la mise en scĂšne une puissance dramatique incarnĂ©e, bouleversante. C’est une immersion intense au cƓur de l’intimitĂ© de Charles, entourĂ© dans sa destinĂ©e et sa solitude, par la  soprano Angel Blue. La partition de Terence Blanchard à la  rythmique  saccadĂ©e, allie des élĂ©ments de jazz, de blues et de  gospel.

En direct du MET de New York,
Au cinéma, samedi 23 octobre à 18h55
En direct  de  New  York  par  satellite  dans  plus  de  150  cinĂ©mas partout en France. Le  public  français  pourra  ainsi  dĂ©couvrir  une  Ɠuvre  en crĂ©ation, « inĂ©dite et audacieuse », saluĂ©e par la critique amĂ©ricaine lors de sa premiĂšre new yorkaise rĂ©laisĂ©e en septembre 2021.

Direction musicale: Yannick NĂ©zet-SĂ©guin
Mise en scÚne:  James Robinson & Camille A. Brown
Distribution : Angel Blue (Destiny/Loneliness/Greta), Latonia Moore (Billie), Will Liverman (Charles)

Plus d’informations sur le site de PathĂ© Live : https://www.pathelive.com/comme-un-feu-devorant-renferme-dans-mes-os-21-22

Liste des salles participantes sur pathelive.com
https://www.pathelive.com/

STREAMING, opéra, critique I SONYA YONCHEVA, soprano. Le 27 février 2021. VERDI, PURCELL, PUCCINI, MASSENET


streaming MET STARS LIVE SOnya Yoncheva critique classiquenewsSTREAMING, opĂ©ra, critique I SONYA YONCHEVA, soprano. Le 27 fĂ©vrier 2021. VERDI, PURCELL, PUCCINI, MASSENET
 La bibliothĂšque rococo de l’Abbaye de Schussenried (Allemagne) offre un Ă©crin somptueux pour ce rĂ©cital prĂ©sentĂ© par le Metropolitan Opera dans le cadre de sa sĂ©rie digitale « Met Stars Live in Concert ». C’est un nouveau volet mĂ©morable de l’offre de streaming de l’institution newyorkaise dont la rentrĂ©e lyrique ne se fera pas avant 
 septembre 2021. Pour rompre le silence, la voix de la soprano bulgare Sonya Yoncheva, diva Ă©vanescente dans sa robe rouge, rĂ©alise un parcours semĂ© de perles indiscutables.

Sonya YONCHEVA chante pour le MET
ECLECTISME D’UNE DIVA VOLUPTUEUSE

La cantatrice d’abord formĂ©e au baroque, aime jongler avec les styles, les Ă©critures, les langues. D’emblĂ©e, Ă©vacuons son air d’ouverture : « Ritorna Vincitor » d’Aida de Verdi : air trop immense pour une voix vite dĂ©passĂ©e et Ă  saturation. Dommage. Impression mitigĂ©e Ă©galement Ă©rpouvĂ©e dans son second Verdi : sa Leonora du TrouvĂšre « Tacea la notte placida » manque de contrastes, d’ampleur, de souffle hallucinĂ©. C’est bien chantĂ©, mais rien de plus. Heureusement il y a Puccini et sa BohĂšme pour laquelle dĂ©jĂ  au Met en 2018, la sirĂšne bulgare retrouve le galbe de son timbre crĂ©meux. Sur les pas de l’incomparable couleur nuancĂ© de Fleming, La Yoncheva poursuit ensuite avec la priĂšre Ă  la lune de Russalka de Dvorak : malgrĂ© la tendresse sensuelle du timbre, la soprano manque de teintes mordorĂ©es, de finesse, de variations. C’est lisse et trop « sage ».
La captation orchestrĂ©e et prĂ©sentĂ©e depuis New York rappelle les prises de rĂŽles de la diva sur la scĂšne du Met : ainsi l’Ave Maria de Desdemona d’Otello de Verdi (2015) ; puis Tosca en 2018. La cantatrice s’affirme enfin en Didon abandonnĂ©e (Purcell), au sombre chant crĂ©pusculaire dans lequel l’interprĂšte captent et cultivent des nuances intĂ©rieures enfin maĂźtrisĂ©es. Dommage que le pianiste Julien Quientin, remplaçant au pied levĂ© Malcolm Martineau, ne parvient pas Ă  articuler et nuancer chaque sĂ©quence, avec l’intĂ©rioritĂ© requise.
En français, et encore sur les traces de RenĂ©e Fleming qui la chanta Ă  Bastille, Yoncheva dĂ©fend l’air dĂ©chirant « Adieu ma petite table » d’une Manon (Massenet) grave et voluptueuse. Pour conclure, l’Hymne Ă  l’amour d’Edith Piaf s’impose comme le plus bel effet de la soirĂ©e (avec ses Puccini). Photo : Sonya Yoncheva © Metopera

REPLAY jusqu’au 12 mars 2021 sur cette page :
https://metstarslive.brightcove-services.com/events/6170940907001

The Program / me
“Ritorna vincitor!”
From Verdi’s Aida

“Tacea la notte placida … Di tale amor”
From Verdi’s Il Trovatore

“Donde lieta uscì”
From Puccini’s La Bohùme

Song to the Moon
From Dvoƙák’s Rusalka

“Se come voi piccina io fossi”
From Puccini’s Le Villi

“Thy hand, Belinda 
 When I am laid in earth” (Dido’s Lament)
From Purcell’s Dido and Aeneas

“Lascia ch’io pianga”
From Handel’s Rinaldo

“Un bel dì”
From Puccini’s Madama Butterfly

“Ah! je suis seule … Dis-moi que je suis belle”
From Massenet’s Thaïs

“Adieu, notre petite table”
From Massenet’s Manon

“L’amour est un oiseau rebelle” (Habanera)
From Bizet’s Carmen

“Hymne à l’amour”
By Marguerite Monnot and Édith Piaf

L’OpĂ©ra chez soi, depuis le METROPOLITAN OPERA New York

Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach au MetMETROPOLITAN OPERA : l’opĂ©ra chez soi. RETROUVEZ ici les opĂ©ras accessibles depuis le site du METROPOLITAN OPERA pendant la pĂ©riode du confinement. Attention, visitez rĂ©guliĂšrement le site du MET car les mises en ligne sont rapidement renouvelĂ©es et il n’existe pas de planning pour organiser les sĂ©ances de visionnage…

 

 

 

 

 

 

 

 

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MASSENET : MANON / Anna Netrebko

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VoilĂ  une trĂšs convaincante production de 2012 (malgrĂ© la mise en scĂšne des plus dĂ©pouillĂ©e et finalement terne de Laurent Pelly) : preuve nĂ©anmoins que l’opĂ©ra romantique français est solidement dĂ©fendu outre Atlantique. En sublime robe blanche et chapeau Ă  larges bords, la diva austro russe chante la priĂšre hĂ©doniste du Cours la Reine, vraie priĂšre Ă  profitez bien de la jeunesse (nous n’aurons pas toujours 20 ans) : si elle n’est pas coloratoure, Anna Netrebko (« ravissante Manon ») Ă©blouit par la suretĂ© du timbre, la tendresse diamantine de sa voix, certes peu agile mais d’une sincĂ©ritĂ© troublante. La diva dĂ©ploie sa fabuleuse plastique, idĂ©ale beautĂ© qui ressuscite la figure de la tentatrice devenue pĂȘcheresse inventĂ©e par son concepteur moralisateur au XVIIIĂš, l’AbbĂ© PrĂ©vost (1731). Le chef Fabio Luisi n’a pas non plus cette Ă©lĂ©gance dĂ©tachĂ©e – parisienne (Ă  la mode viennoise) d’un Massenet qui regarde vers le XVIIIĂš, mais la direction ne manque pas de caractĂšre ni de souci d’équilibre, veillant par exemple Ă  ne pas couvrir les voix pour les nombreuses scĂšnes de thĂ©Ăątre accompagnĂ©. Depuis que l’ex marraine du Met Beverly Sills, coloratoure mĂ©morable a marquĂ© le rĂŽle-titre, – avant la no moins divine RenĂ©e Fleming qui l’a chantĂ© Ă  Bestille, l’Ɠuvre a sa tradition Ă  New York et continue d’ĂȘtre un dĂ©fi de taille pour toute soprano dĂ©sireuse de vivre son adoubement mĂ©tropolitain. C’est assurĂ©ment le cas pour Anna Netrebko, d’autant que le DesGrieux de Piotr Beczala ne manque ni de finesse ni de profondeur, ayant cet allant juvĂ©nile (et l’articulation du français), rĂ©ellement crĂ©dible (« Ah fuyez douces images  », air radical et amoureux qui vaut bien celui de Don JosĂ© dans Carmen de Bizet : « La fleur que tu m’avais jeté » )

Leur duo Ă  Saint-Sulpice, Ă©pisode clĂ© oĂč la courtisane parisienne reconquiert son ex amant, 
 devenu pourtant abbĂ©, fait mouche (« écoute moi, rappelle toi ; n’est ce plus ma main que cette main presse  »)  : grande scĂšne de thĂ©Ăątre lyrique oĂč les deux chanteurs protagonistes doivent ĂȘtre aussi / autant acteurs : angĂ©lisme terrassĂ© de la sirĂšne, vaine rĂ©sistance du faux ecclĂ©siastique.

MĂȘme les rĂ©cits en français sont majoritairement intelligibles. La proposition est aussi intĂ©ressante car elle est intĂšgre le fameux opĂ©ra qui comporte son ballet, emblĂšme du grand opĂ©ra Ă  la française, surenchĂšre nĂ©obaroque traitĂ© comme il se doit par un Massenet fĂ©ru d’exotisme historique dans le style de Couperin
 prĂ©texte pour, sur scĂšne, dĂ©voiler les regards avides des hauts de forme noirs Ă  l’encontre des jeunes danseuses en tutus longs blancs
 un clin d’Ɠil Ă  ce que dĂ©nonça Degas dans son Ɠuvre opĂ©ratique. Une superbe galanterie destinĂ©e Ă  divertir Manon, laquelle ne songe dĂ©jĂ  qu’à l’abbĂ© de Saint-Sulpice. La captation est remarquablement rĂ©alisĂ©e, dĂ©voilant justement avant l’épisode de reconquĂȘte, les coulisses et la prĂ©paration du dĂ©cor saint-sulpicien, ses chaises, ses pilastres colossaux
 et ses bigotes affairĂ©es, concentrĂ©es n’ayant d’intĂ©rĂȘt que pour le bel abbĂ© de Saint-Sulpice. A voir indiscutablement. Y compris les entretiens en coulisse, dont celui avec Anna, aprĂšs la scĂšne sulpicienne, oĂč Anna dĂ©taille toutes les robes qu’elle porte, avec la complicitĂ© de Deborah Voigt
 et la responsable des costumes du Met. En n’omettant pas de prĂ©ciser ce qu’elle apprĂ©cie dans le personnage de Manon. Avec Mortefontaine (Christophe Montagne), DesGrieux pĂšre (David Pittsinger) / Fabio  Luisi, direction / Laurent Pelly (mise en scĂšne).

 

 

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PUCCINI : TURANDOTTurandot-christine-Goerke-zeffirelli-nezet-seguin-opera-critique-classiquenews
NĂ©zet-SĂ©guin / Zeffirelli / Christine Goerke, TurandotJusqu’au 22 mai, 6.30 pm (heure locale New York / donc + 6h en France, Minuit trente)  -  Volet de la saison 2019, voici un grand spectacle hollywoodien (avec mouvements de camĂ©ras cinĂ©matographiques, – captation dans les salles obscures oblige ; figurants costumĂ©s, acrobates, danseurs
) ; la vision de Zeffirelli certes un rien kitsh est propre Ă  Ă©voquer la Chine impĂ©riale, cruelle et flamboyante, celle de la terreur et des dĂ©capitations en sĂ©rie. La direction de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin trouve des accents dĂ©taillĂ©s, pittoresques, parfois trĂšs finement ciselĂ©s et justes ; la distribution est hĂ©las inĂ©gale : seuls les 3 ministres des rites (excellent dĂ©but du II, surtout orchestralement), un Empereur Altoum crĂ©dible (Carlo Bosi), une princesse pure mais inflexible et dĂ©terminĂ©e Ă  venger son aĂźnĂ©e Lo u ling, au chant solide et bien timbrĂ© (Christine Goerke). Finale en apothĂ©ose, oĂč Puccini a des accents straussiens
oĂč enfin la princesse frigide s’éveille miraculĂ©e Ă  l’amour. DurĂ©e 2h40.
VISIONNER Turandot de Puccini au Mettropolitan Opera de New York
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Production mise en scĂšne par Franco Zeffirelli, auquel elle est dĂ©diĂ©e, en raison de son dĂ©cĂšs en 2019 – prĂ©sentĂ©e en backstage par Angel Blue. Entretien avec le chef en fin de partie…
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R. STRAUSS / HOFFMANNSTHAL : ARIADNE AUF NAXOS (1988, Levine)
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ARIADNE-AUF-NAXOS-STRAUSS-JESSYE-NORMAN-opera-critique-review-CLASSIQUENEWSProduction mythique sous la direction de James Levine, avec la diva articulĂ©e, ciselĂ©e, au timbre de velours, au verbe habitĂ© : Jessye Norman. La diva exprime d’abord la prima donna, capricieuse, volubile (Prologue) ; puis, dans l’opĂ©ra proprement dit (Ă  00h45mn10), Ariane, Ăąme dĂ©truite, trahie, abandonnĂ©e (par ThĂ©sĂ©e qu’elle a pourtant sauvĂ© du labyrinthe Ă  Cnosos) qui rĂ©alise les aspirations morales que le Componist (Tatyana Troyanos) incarne dans le Prologue : Ariane tragique se lamente, s’alanguit devant la grotte ; la contredit alors la lĂ©gĂšretĂ© vertigineuse de Zerbinette (Kathleen Battle) associĂ©e aux comĂ©diens italiens, d’essence comique. Puis, c’est la rencontre avec Dyonisos / Bacchus, dieu salvateur qui la sauve et permet sa mĂ©tamorphose finale
 Somptueux accomplissement lyrique. A voir en urgence (avant que le MET ne retire ce replay). On vous aura prĂ©venu.

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THOMAS : HAMLET (1868)
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Production filmée en 2010
diffusion de mai 2020

hamlet-thomas-metropolitan-keenlyside-ophelie-review-critique-opera-classiquenewsPrĂ©sentĂ©e par RenĂ©e Fleming toujours d’une rare Ă©lĂ©gance, la production d’Hamlet prĂ©sentĂ©e par le Metropolitan Opera de New York bĂ©nĂ©ficie de la prestance bien articulĂ©e et intelligible du nuancĂ© Simon Keenlyside; de surcroĂźt intelligemment mis en scĂšne par le duo dĂ©sormais lĂ©gendaire Patrice Caurier et Mosche Leiser. Ici la scĂ©nographie suit le drame musical avec une clartĂ© efficace manifeste. L’opĂ©ra de Thomas, raffinĂ© par son orchestration (le solo du saxo pour la pantomime cynique d’Hamlet devant le roi), troublant dans le portrait dĂ©veloppĂ© d’Hamlet et d’OphĂ©lie (Marlis Petersen palpitante et sobre elle aussi dans sa scĂšne de folie suicidaire), dĂ©ploie sa texture sombre et tragique, noire et tĂ©nĂ©breuse. Voici un chef d’oeuvre de l’opĂ©ra français romantique, mĂ©sestimĂ©, et souvent minorĂ© face Ă  l’ouvrage prĂ©cĂ©dent de Thomas, mieux accueilli et certes d’une Ă©gale ferveur poĂ©tique, Mignon de 1866. IdĂ©alement dĂ©fendu par un baryton fin et au chant souple et naturel, trĂšs bien complĂ©tĂ© par le LaĂ«rte lui aussi trĂšs intelligible et fin de l’excellent Toby Spence. Ainsi en Hamlet voici un rĂŽle trĂšs bien incarnĂ©, qui avant Verdi, met en avant le baryton tel un chanteur acteur accompli. Keenlyside relĂšve ce dĂ©fi. Incontournable.
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MOZART : LE NOZZE DI FIGARO
Fleming, Bartoli, Terfel,… (Metropolitan Opera NY, 1998)

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Energie collective sous la direction trĂšs articulĂ©e, vivace de James Levine, alors grand ordonnateur du Met, voici une affiche qui ne se refuse pas et incarne un Ăąge d’or des distributions, propre aux annĂ©es 1990 (ici en 1998) : RenĂ©e Fleming (Comtessa), Cecilia Bartoli (Suzanna), Bryn Terfel (Figaro), 
 actuellement en mai 2020

VISIONNER Les Noces de Figaro (Levine, 1998) : ici, https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6152411274001

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Metropolitan Opera
DONIZETTI : Roberto Devereux
(production de juin 2016)

Somptueuse production, Ă  la rĂ©alisation cinĂ©matographique servie par des tempĂ©ramentsroberto-devereux-donizetti-metropolitan-opera-opera-critique-classiquenews-sandra-Sandra-Radvanovsky-opera-chez-soi-confienment-classiquenews fĂ©minins de premier plan, au chant belcantiste manifeste. Presque vĂ©riste le traitement de chaque profil offre un portrait sans concession des personnalitĂ©s politiques, dĂ©chirĂ©es, rongĂ©es par leur dĂ©sir mais qu’Ă©touffe la nĂ©cessitĂ© du devoir politique. En 1837, Donizetti marquĂ© par le deuil aprĂšs la mort de ses proches dĂ©veloppe un drame noir et tragique : Robert, Comte d’Essex, favori adulĂ© de la reine Elizabeth, est aussi aimĂ© de la Duchesse de Nottingham : il mourra dĂ©capitĂ©. Le compositeur dĂ©ploie un rĂ©alisme nouveau dans le portrait des Ăąmes affrontĂ©es, dĂ©chirĂ©es, annonçant au delĂ  de Verdi, le vĂ©risme de Puccini.
Si le tĂ©nor Matthew Polenzani n’offre pas la palette des nuances requises pour Ă©clairer son personnage (Roberto), l’Elizabeth de Sandra Radvanovsky en revanche sait doubler sa stature politique par la fragilitĂ© de la femme qui aime et donc souffre. Elizabeth rongĂ©e par la jalouse impuissante est manipulĂ©e par le duc de Nottingham qui ne pardonne pas Ă  sa femme et Ă  Roberto leur liaison. McVicar privilĂ©gie les affrontements dans l’esprit d’un huis clos thĂ©Ăątral qui resserre ses flets sur la souffrance muette des protagonistes. Superbe incarnation.

Sandra Radvanovsky, Queen Elizabeth
Matthew Polenzani, Robert Devereux
Elina Garanca, Sarah, duchesse de Nottingham
Mariusz Kwiecien, duc de Nottingham

Maurizio Benini, direction
David McVicar, mise en scĂšne
Présenté par Deborah Voigt

VISIONNER Roberto Devereux,
sur le site du Metropolitan Opera
https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6150535015001

actuellement (avril et mai 2020)

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EN DIRECT DU MET, Sam 25 avril 2020, 19h : 40 artistes lyriques internationaux font leur GALA virtuel   -   Le MET diffuse en direct sur son site : www.metopera.org samedi 25 avril 2020 Ă  19h (heure de Paris) un concert de gala virtuel qui rĂ©unit plus de 40 artistes lyriques du monde entier, chacun participant depuis sa rĂ©sidence de confinement
 annoncĂ©s : Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak, Piotr Beczala, Angel Blue, Joseph Calleja, Javier Camarena, Nicole Car et Etienne Dupuis, Diana Damrau, RenĂ©e Fleming, Elina Garanca, Jonas Kaufmann, Peter Mattei, Anna Netebko et Yusif Eyvazov, RenĂ© Pape, Anita Rachvelishvili, Bryn Terfel, Pretty Yende, Sonya Yoncheva.
 soit autant de solistes qui ont rĂ©cemment marquĂ© par leurs incarnations les derniĂšres productions new yorkaises
 PrĂ©sentĂ© par Peter Gelb, directeur gĂ©nĂ©ral du Met, et Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, directeur musical, le concert virtuel sera ensuite disponible 24h en ligne.

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Visitez le site du Metropolitan Opera New York
https://www.metopera.org

Plateforme digitale du MET
articles, reportages, contenus videos exclusifs
https://www.metopera.org/user-information/nightly-met-opera-streams/week-6/

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Communiqué édité par le MET, éclairant la préparation de cet événement digital :

 

New York (13 avril 2020) – Le Metropolitan Opera (Met) annonce la diffusion d’un concert en live en ligne samedi 25 avril Ă  19h – heure de Paris, avec la participation de nombreux artistes de stature internationale. Ils se produiront en direct du monde entier depuis leurs lieux de quarantaine. Ce gala virtuel diffusĂ© gratuitement sur le site du Met sera prĂ©sentĂ© par Peter Gelb, directeur gĂ©nĂ©ral du Metropolitan Opera depuis New York et par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, directeur musical depuis MontrĂ©al.

« Le Met est connu avant tout pour ses retransmissions au cinĂ©ma en haute-dĂ©finition, il s’agit aujourd’hui d’une opĂ©ration Ă  haute valeur artistique Ă  dĂ©faut de faire appel Ă  une technologie de pointe, » a dĂ©clarĂ© M. Gelb, en prĂ©cisant que chaque artiste participera en temps rĂ©el depuis leurs ordinateurs, via Skype, transformant ainsi ce concert en un exercice compliquĂ© en terme de logistique et de prise en compte des fuseaux horaires. « Nous espĂ©rons donner un rĂ©confort lyrique Ă  la fois Ă  nos publics, mais aussi Ă  nos chanteurs, qui sont impatients de retrouver leurs fans. »

Tandis que M. Gelb sera en direct depuis son appartement du Upper West Side de Manhattan, M. NĂ©zet-SĂ©guin co-animera ce live depuis MontrĂ©al. Il participera lui-mĂȘme au gala en temps que pianiste.

« Je ne peux vous dire Ă  quel point je suis heureux que tous ces artistes merveilleux soient capables de se rĂ©unir et de se produire de cette maniĂšre-lĂ  en ces temps de crise, » a dit M. NĂ©zet-SĂ©guin, directeur musical du Met’s Lerman-Neubauer. « Alors que nous avons vraiment hĂąte de pouvoir remonter sur la scĂšne du Met, c’est pour l’instant la meilleur chose qui puisse nous arriver. »

Le gala dĂ©marrera Ă  13h – heure de New York (soit 19h – heure de Paris), l’horaire habituel des matinĂ©es du samedi au Met. Il sera disponible sur le site du Met : metopera.org. AprĂšs la session live, ce programme restera disponible gratuitement jusqu’au lendemain dimanche 26 avril Ă  18h30 – heure de New-York). Le programme dĂ©taillĂ© du concert sera dĂ©voilĂ© prochainement.

Ce concert de gala “chez soi” prend la suite du succĂšs des « Nightly Met Opera Streams », une sĂ©rie de reprĂ©sentations en direct et en HD rendues disponibles chaque jour gratuitement sur le site du

Met, dans l’idĂ©e d’un rappel du spectacle jouĂ© le soir-mĂȘme. Depuis ces diffusions nocturnes lancĂ©es le 16 mars dernier, plus de 4 millions de spectateurs du monde entier y ont assistĂ© pour plus de 200 millions de minutes de visionnage.

Enfin, ce concert fait partie du programme d’urgence et de la campagne de levĂ©e de fonds « The Voice must be heard » / « La voix doit ĂȘtre entendue » pour venir en soutien aux artistes du Met. “

 

Joyce DiDonato chante Agrippina de Haendel en direct du MET

agrippina-joyce-didonato-metropolitan-opera-opera-baroqueEN DIRECT du MET : le 29 fĂ©v 2020. HAENDEL : AGRIPPINA, Joyce DiDonato. CinĂ©mas PathĂ©. C’est l’une des divas les plus charismatiques de l’heure, actrice autant que chanteuse et mĂȘme tragĂ©dienne (elle l’a encore montrĂ© en Didon et Marguerite chez Berlioz (Les troyens puis La damnation de Faust), Joyce DiDonato sait ciseler son tempĂ©rament de louve et de dragon comme peu, offrant Ă  sa conception d’Agrippina, la mĂšre conquĂ©rante de NĂ©ron, un visage viscĂ©ral voire hallucinĂ©, mais profondĂ©ment humain. C’est ce qui ressort de ses diverses prises du rĂŽle, en concert, sur scĂšne (dirigĂ©e par Barrie Kosky), et dans cette mise en scĂšne de David McVicar, production « dĂ©jĂ  voue » comme disent les agnlo-saxons, Ă  La Monnaie et au TCE, vision acide du pouvoir romain oĂč les manipulations d’Agrippina ressortent quasi monstrueuses. A ses cĂŽtĂ©s, un parterre de chanteurs aguerris Ă  la passion haendĂ©lienne : Kate Lindsey (NĂ©ron, le fils d’Agrippine), Brenda Rae (PoppĂ©e dont est Ă©pris NĂ©ron), Iestyn Davies (Ottone, le favori de l’empereur Claude qu’il a choisi comme successeur), Matthew Rose (Claude)
 Direction musicale : Harry Bicket

 

 

 

 

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EN DIRECT du MET : le 29 fĂ©v 2020. HAENDEL : AGRIPPINA, Joyce DiDonato – dans les salles en France Ă  partir de 18h55

 

 

 
 

 

 
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PLUS D’INFOS sur le site du Metropolitan Opera de New York / Agrippina de Handel
https://www.metopera.org/season/2019-20-season/agrippina/

VOIR ici le réseau des cinémas Pathé diffusant en direct Agrippina de Haendel
https://www.pathelive.com/agrippina-19-20

Diffusion : salle de cinéma Pathé / radio SiriusXM channel 75 : https://www.siriusxm.com/metropolitanopera

A vivre aussi en streaming sur www.metopera.org
https://www.metopera.org/season/on-demand/

 

 

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EXTRAIT VIDEO
Joyce DiDonato sings “Pensieri, voi mi tormentate” (from Agrippina, HWV 6, Act 2)
https://www.youtube.com/watch?v=0v3MzJ7mqKU

Air le plus long dĂ©volu Ă  la primadonna, dans lequel l’intrigante politique est tourmentĂ©e soudainement par les remords et la pensĂ©e qu’elle tomber et Ă©chouer dans son projet de mettre son fils NĂ©ron sur le trĂŽne impĂ©rial – c’est Ă  dire d’obtenir de l’empereur Claude qu’il reconnaisse ce fils qui n’est pas le sien


 

 

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CD : ERATO vient de publier l’Agrippina de Joyce DiDonato avec une distribution diffĂ©rente de celle new yorkaise :
LIRE notre critique du cd Erato Joyce DiDonato chante Agrippina de Haendel – CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2020
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-handel-agrippina-didonato-fagioli-vistoli-3-cd-erato-2019/

didonato-joyce-agrippina-fagioli-pisaroni-orlinski-vistoli-lemieux-maxim-EMELYANYCHEV-il-pomo-doro-cd-opera-cd-review-opera-concert-orchestre-classiquenews-gd-formatEXTRAIT de notre critique : Joyce DiDonato, Agrippina impérieuse

«  Haendel invente littĂ©ralement des scĂšnes mythiques indissociables de l’histoire mĂȘme du genre opĂ©ra : le Baroque fabrique ici une scĂšne promise Ă  un grand avenir sur les planches, en particulier Ă  l’ñge romantique : comment ne pas songer Ă  l’air des bijoux de Marguerite du Faust de Gounod, en Ă©coutant « Vaghe perle », premier air qui dĂ©peint la badine et lĂ©gĂšre Poppea, ici premiĂšre coquette magnifique en sa vacuitĂ© profonde ?
Sur cet Ă©chiquier, oĂč l’ambition et les manigances flirtent avec folie et dĂ©sir de meurtre, triomphe Ă©videmment Agrippine, parce qu’elle est sans scrupule ni morale, et pourtant hantĂ©e par l’échec, ainsi que le dĂ©voile l’air sublime du II comme nous l’avons soulignĂ© (« Pensieri, voi mi tormentate ») : diva ardente et volubile, viscĂ©ralement ancrĂ©e dans la passion exacerbĂ©e, Joyce DiDonato souligne la louve et le dragon chez la mĂšre de NĂ©ron, avec les moyens vocaux et l’implication organique, requis. C’est elle qui rĂšgne incontestablement dans cet enregistrement, comme l’indique du reste le visuel de couverture : Agrippina / Joyce trĂšs Ă  l’aise, en majestĂ© sur le trĂŽne
. » par Camille de Joyeuse

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Depuis le MET, Joyce DiDonato chante AGRIPPINA au cinéma

agrippina-joyce-didonato-metropolitan-opera-opera-baroqueCINEMA, en direct du MET : HAENDEL, AGRIPPINA. Le 29 fĂ©v 2020. Joyce DiDonato, impĂ©ratrice haendĂ©lienne chante la mĂšre de NĂ©ron, prĂȘte Ă  tout pour que l’empereur Claude son Ă©poux, nomme comme son successeur le fils qu’elle a eu en premiĂšres noces. NĂ©ron ne pouvait trouver mĂšre plus ambitieuse et travailleuse, et manipulatrice, d’une obsession quasi maladive
 au bord de la folie. ERATO vient de publier l’intĂ©grale d’AGRIPPINA avec le trĂšs fougueux Maxym Emelyanychev pilotant la nervositĂ© expressive de son ensemble Il Pomo d’Oro. A New York, dans la nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  New york (dĂ©jĂ  vue Ă  Bruxelles), David McVICAR met en scĂšne, et Harry Bicket dirige…

 didonato-joyce-agrippina-fagioli-pisaroni-orlinski-vistoli-lemieux-maxim-EMELYANYCHEV-il-pomo-doro-cd-opera-cd-review-opera-concert-orchestre-classiquenews-gd-format… “Sur cet Ă©chiquier, oĂč l’ambition et les manigances flirtent avec folie et dĂ©sir de meurtre, triomphe Ă©videmment Agrippine, parce qu’elle est sans scrupule ni morale, et pourtant hantĂ©e par l’échec, ainsi que le dĂ©voile l’air sublime du II comme nous l’avons soulignĂ© (« Pensieri, voi mi tormentate ») : diva ardente et volubile, viscĂ©ralement ancrĂ©e dans la passion exacerbĂ©e, Joyce DiDonato souligne la louve et le dragon chez la mĂšre de NĂ©ron, avec les moyens vocaux et l’implication organique, requis. C’est elle qui rĂšgne incontestablement dans cet enregistrement, comme l’indique du reste le visuel de couverture : Agrippina / Joyce trĂšs Ă  l’aise, en majestĂ© sur le trĂŽne.
A ses pieds, tous les hommes sont soumis….” extrait de la critique du cd Agrippina par Joyce DiDonato

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Opéra au cinéma, en direct
LIVE performance from the MET / LIVE HD
Samedi 29 fĂ©vrier 2020 – 12h55 pm local
EUROPE – rĂ©seau des salles PATHE LIVE : 18h55
INFOS sur le site du METROPOLITAN OPERA / Agrippina
https://www.metopera.org/season/in-cinemas/2019-20-season/agrippina-live-in-hd/

Joyce DiDonato : Agrippina
Kate Lindsey : Nerone
Brenda Rae : Poppea
Iestyn Davies : Ottone
Matthew Rose : Claudius

 

 

INFOS et BILLETTERIE sur le site des cinémas Pathé Gaumont

 https://www.cinemaspathegaumont.com/evenements/agrippina-metropolitan-opera

 

 

 

LIRE aussi notre critique du coffret événement AGRIPPINA de HANDEL / HAENDEL par Joyce DiDonato / Franco Fagioli
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-handel-agrippina-didonato-fagioli-vistoli-3-cd-erato-2019/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. NEW YORK, Met, le 1er fév 2020. GERSHWIN : Porgy and Bess.David Robertson / James Robinson


COMPTE-RENDU, opéra. NEW YORK, Met, le 1er fév 2020. GERSHWIN : Porgy and Bess.David Robertson / James Robinson
. Avec Wozzeck, dirigĂ© par Yannck NĂ©zet-SĂ©guin, voici l’autre production Ă©vĂ©nement qui atteste de l’excellente santĂ© artistique du Met
 Porgy and Bess (1935) fait un retour remarquĂ© et rĂ©ussi sur la scĂšne du Met aprĂšs plus de 30 annĂ©es d’absence, avec retransmission en direct en bonus, – trĂšs apprĂ©ciĂ©. L’opĂ©ra black que Georg Gershwin Ă©crit avec son frĂšre Ira (pour le livret) doit ĂȘtre chantĂ© par une distribution uniquement black : clause respectĂ©e ici Ă  la lettre
 La mise en scĂšne de James Robinson ressuscite ainsi le village de Catfish Row et ses habitants si attachants. Pour dĂ©cor unique, une vaste rĂ©sidence d’un Ă©tat du sud amĂ©ricain, oĂč l’action prend place dans chaque piĂšce ; sa mobilitĂ© puisque le dispositif tourne sur lui-mĂȘme dynamise tous les ensembles, en particulier les danses et les chƓurs dont le souffle collectif si essentiel au sujet est assurĂ© par le chƓur du Met trĂšs bien chauffĂ© (trĂšs rĂ©ussi, solide et prenant, choeur « Gone, gone, gone »). La ferveur en Dieu relĂšve toujours cette humanitĂ© tant de fois mise Ă  terre


 

 

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Dans la fosse, le chef David Robertson rend grĂące Ă  une partition qui Ă©lĂšve le jazz au genre opĂ©ra, soulignant l’éclat de l’orchestration qui fait la part belle aux cuivres. C’est carrĂ©, solide, percutant, incisif car certains protagonistes ne font rien dans la dentelle
 s’ils ne tirent un profit concret et immĂ©diat. Rien Ă  dire Ă  l’ensemble des chanteurs dont l’égal investissement renforce les dĂ©tails de cette fresque humaine trĂšs prenante.

Voir le plateau général :

https://www.youtube.com/watch?v=NghjBMn6ZJM&feature=emb_logo

 

 

Le couple Jake / Clara (Donovan Singletary et Golda Schultz) offrent des profils puissants et sensuels de leur personnage (convaincant Summertime du dĂ©but par Golda Schultz). Belle Ă©nergie aussi pour Denyce Grave aux graves sirupeux et assurĂ©s (Maria), capables de faire face aux manipulations du dealer sans scrupules et venimeux Sportin’life (trĂšs juste et mĂȘme mordant comme un serpent, Frederik Ballentine, au trĂšs sensuel lui aussi It ain’t necessarily so). Troublante et touchante, saluons la Serena trĂšs humaine de Latonia Moore dans son air de femme trahie, abandonnĂ©e (My man’s gone now) ; comme le presque mystĂ©rieux et fin Crown de Alfred Walker (acte II surtout) : on comprend que Bess un temps se soit entichĂ©e de lui, pour revenir vers Porgy. D’autant que le Porgy de Eric Owens s’inscrit lui aussi dans une humanitĂ© sobre et caractĂ©risĂ©e, voire naĂŻve et candide, dont la vĂ©ritĂ© fait relief (beau duo avec la Bess d’Angel Blue).

 
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VIDEO, extrait, duo Porgy / Bess :

Eric Owens et Angel Blue dans le duo de Porgy and Bess’s (Acte I) – avec citation du motif de Summertime
 FilmĂ© lors de la gĂ©nĂ©rale – Production: James Robinson. Conductor: David Robertson. 2019–20 season.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=dQb3FxyKw-c&feature=emb_logo

 

 

 

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A l’affiche du METROPOLITAN OPERA NEW YORK : Porgy and Bess
Direction : David Robertson. Mise en scĂšne : James Robinson. Angel Blue (Bess), Eric Owens (Porgy), Golda Schultz (Clara), Latonia Moore (Serena), Denyce Graves (Maria), Frederick Ballentine (Sportin’ Life), Alfred Walker (Crown), Donovan Singletary (Jake)
 Le 1er fĂ©vrier 2020. Reprise : 28 mars, 30 mars, 1er et 5 avril 2020. Illustration : © K Howard / Metropolitan Opera NY

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OPERA, New York. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin succĂšde Ă  James Levine au Metropolitan Opera

seguin_yannick_nezet_chef_maetroOPERA, New York. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin succĂšde Ă  James Levine au Metropolitan Opera. Le directeur du Metropolitan Opera de New York, Peter Gelb, confirme avoir nommĂ© le jeune chef canadien Yannick-NĂ©zet SĂ©guin (41 ans, nĂ© en 1975), directeur musical, successeur de James Levine (72 ans), empĂȘchĂ© rĂ©cemment Ă  cause de problĂšmes de santĂ©. C’est la premiĂšre nomination nouvelle depuis 40 ans dans l’histoire de l’institution new yorkaise. YNZ est directeur musical de l’Orchestre Metropoltain de MontrĂ©al depuis 2000, du Phildephia Orchestra depuis 2012 (mandat renouvelĂ© jusqu’à la saison 2025-2026), du Rotterdam Philharmonic depuis 2008. Sa prise de fonction au Metropolitan Opera sera effective progressivement, Ă  partir de la saison 2017-2018 (oĂč il dirigera 2 productions lyriques dont une nouvelle Traviata), puis Ă  partir de la saison 2020-21, dirigeant in loco 5 productions lyriques, devenant de fait, le nouveau rĂ©el directeur musical du Met, avec des projets signĂ©s : Wagner, Strauss, Puccini, Poulenc et Verdi. L’emploi du temps du maestro NĂ©zet-SĂ©guin ne pouvant pas permettre un engagement new yorkais plus tĂŽt.
Signe distinctif : direction analytique et fiĂ©vreuse, d’une Ă©nergie souvent irrĂ©sistible, « viscĂ©rale », assurĂ©ment l’une des meilleures baguettes de l’heure – Autrement : tatouage (tortue) Ă  l’épaule droite, rĂ©alisĂ© lors d’un sĂ©jour Ă  Tahiti. C’est une reprĂ©sentation de La BohĂšme, justement au Met
 alors qu’il avait 16 ans, qui aurait dĂ©cidĂ© de sa vocation musicale.

 

NĂ©zet-SĂ©guin : un jeune maestro au Met

 

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Serait-ce le signe d’une volontĂ© de renouvellement spectaculaire Ă  la direction musicale du Met ? Force est de constater que malgrĂ© la politique mĂ©diatique spectaculaire sur le plan mondial (grĂące Ă  ses sĂ©ries de directs Live des productions retransmises au cinĂ©ma, dans le monde entier), le Metropolitan Opera qui aujourd’hui ne totalise plus que 72% de remplissage en moyenne, a dĂ» procĂ©der Ă  des coupes sombres sur son budget annuel courant de 300 millions de dollars.

De son cĂŽtĂ©, Yannick NĂ©zet SĂ©guin s’est dit ravi d’organiser dans les annĂ©es Ă  venir son travail symphonique et lyrique, aux USA, principalement entre Philadelphie et New York. James Levine prend sa retraite progressive, devenant dĂšs ce printemps, directeur musical « emeritus »

 

 

 

CD dirigés par Yannick Nézet-Séguin, récemment critiqués, distingués par CLASSIQUENEWS :

CHEF LYRIQUE… Evidemment le cycle des opĂ©ras live de Mozart, jouĂ©s / enregistrĂ©s chaque Ă©tĂ© au festival de Baden Baden :

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonCD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle… LIRE notre critique complĂšte de L’enlĂšvement au sĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aux rem Serail de Mozart par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

LIRE aussi notre compte rendu critique de DON GIOVANNI et de COSI FAN TUTTE par la mĂȘme Ă©quipe Villazon / NĂ©zet-SĂ©guin qui fait actuellement l’affiche de Banden Baden chaque Ă©tĂ© (cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden)

CHEF SYMPHONIQUE… 

schumann robert schumann nezet seguin  chamber orchestra of europe symphonies deutsche grammophon cdCD. Schumann : 4 Symphonies (Chamber orchestra of Europe, NĂ©zet SĂ©guin, 2013). Le chef Yannick NĂ©zet SĂ©guinpublie chez Deutsche Grammophon les 4 Symphonies de Robert Schumann. Le feu bouillonnant du chef quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin (36 ans en 2014) nouvellement arrivĂ© chez Deutsche Grammophon (pour lequel il a gravĂ© une intĂ©grale de la trilogie mozartienne en cours : ne manque plus que Les Nozze di Figaro Ă  paraĂźtre d’ici fin 2014) s’est rĂ©alisĂ© auparavant au concert en octobre 2012 Ă  Paris lors d’une intĂ©grale des Symphonies de Schumann. L’enregistrement de Deutsche Grammophon qui paraĂźt en mars 2014 reflĂšte ce travail sur la texture orchestrale et la vitalitĂ© d’une Ă©criture exaltĂ©e, volcanique qui dit assez outre l’autobiographie qui s’écrit alors, la volontĂ© radicale d’un ĂȘtre passionnĂ©, dĂ©terminĂ© Ă  s’inscrire dans la lumiĂšre, l’antithĂšse de ses dĂ©rĂšglements psychiques qui ne tarderont pas Ă  poindre. Exaltation, juvĂ©nilitĂ©, feu et embrasement, voire excitation des finales, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin pourrait bien bouleverser la donne discographique en place (car les Ă©pisodes plus intĂ©rieurs et introspectifs : adagio de la 2, Feierlich de la 3, Romanze de la 4
 y gagnent en mystĂšre et en sombres questionnements). La direction affĂ»tĂ©e se montre proche d’un cƓur ardent dont le diapason versatile incarne toute la complexitĂ© et l’ambivalence de la sensibilitĂ© romantique
 DouĂ© d’une baguette vive et articulĂ©e, disposant d’un collectif ductile et Ă©nergique, la lecture du chef montrĂ©alais s’impose trĂšs honorablement par sa gĂ©nĂ©rositĂ© sensible, si proche du jeu incessant des humeurs d’un Schumann ambivalent, imprĂ©visible, contrastĂ©. Du pain bĂ©ni pour un orchestre qui souhaite en dĂ©coudre comme galvanisĂ© par l’appĂ©tit scintillante du maestro. Compte rendu dĂ©taillĂ© de chaque symphonie pour mieux identifier l’apport de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin. Le double cd Schumann par Yannick NĂ©zet SĂ©guin est «  CLIC » de CLASSIQUENEWS.COM. LIRE notre critique complĂšte des Symphonies de Schumann par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

 

 

Berg : Lulu en direct du Metropolitan Opera.

Berg-Alban-06Berg : Lulu en direct du Metropolitan Opera. Nouvelle Lullu du Met, samedi 21 octobre 2016, 18h30. Nouvel Ă©vĂ©nement lyrique planĂ©taire, la nouvelle Lulu new yorkaise s’annonce prometteuse… en grand Ă©cran, dans les salles de cinĂ©ma et en direct. Le Metropolitan Opera de New York diffuse en direct dans le cinĂ©ma sa nouvelle production de l’opĂ©ra Lulu d’Alban Berg. Le sud-africain  William Kentridge en signe la mise en scĂšne. Le spectacle est retransmis  en direct au cinĂ©ma par satellite, en HD et son 5.1, le  samedi 21 novembre 2015 Ă  18h30 dans les salles de cinĂ©mas partenaires de la diffusion en France : les cinĂ©mas Gaumont PathĂ©, Kinepolis, CinĂ©ville, Cap CinĂ©ma, Cinemovida, CinĂ© Alpes et des dizaines de cinĂ©mas indĂ©pendants (Liste des cinĂ©mas participants sur www.pathelive.com).

lulu-metropolitan-opera-direct-cinemaUltime incarnation pour une Lulu anthologique
 La  soprano allemande presque quinqua Marlis Petersen (nĂ©e en 1968) qui chante le personnage et en exprime toutes les facettes dĂ©concertantes depuis 18 annĂ©es, incarne le rĂŽle-titre. Celle qui a participĂ© depuis sa prise de rĂŽle, Ă  plus de dix productions diffĂ©rentes de Lulu, devrait caractĂ©riser avec prĂ©cision et subtilitĂ© chaque sĂ©quence de la vie de Lulu, femme fatale, fille immature, monstre inconscient, ingĂ©nue sublime et terrifiante, entre haine et fascination, l’image de la femme provocante innocente reste un dĂ©fi vertigineux pour toute interprĂšte et dans la carriĂšre d’une soprano, surtout de langue allemande, un accomplissement dĂ©cisif. Face Ă  la camĂ©ra, et en plans serrĂ©s, la soprano incarnera sa derniĂšre Lulu. William Kentridge applique son systĂšme graphique en noir et blanc sur la scĂšne, les dĂ©cors, jusqu’aux costumes des chanteurs. Le noir de l’encre qu’il utilise et compose le centre de son travail, rappelle Ă©videmment le sang des sacrifiĂ©s qui jalonnent la vie de Lulu. Kentridge annonce un esthĂ©tisme glaçant Ă  la Hitchcock, rĂ©fĂ©rence claire aux films noirs amĂ©ricains. Ici l’homme (la femme en particulier) est une saloperie dĂ©licieuse
 qui exploite et consomme sans scrupule ni morale jusqu’à la mort. Lulu, une bĂȘte humaine dĂ©shumanisĂ©e ? Le comble de l’horreur ? La musique elle, atonale, exprime cette dĂ©sintĂ©gration profonde, fait entendre le bruit interne d’une implosion intĂ©rieure…

 

Approfondir Alban Berg et Lulu

Livres. Alban Berg et Hanna Fuchs : Suite lyrique pour deux amants. Par Constantin Floros (Actes Sud).

DVD. Berg : Lulu. Barbara Hannigan (La Monnaie, Bruxelles, 2012). On attendait encore une mise en scÚne décalée, déjantée du perturbateur et souvent rien que provocateur Krzysztof Warlikowski : de facto sa Lulu dont il fait une frustrée de la danse classique, est prévisible et guÚre réellement mordante : certes noire et sombre mais pas fulgurante.

DVD, critique. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon). Berlin, avril 2012 : au thĂ©Ăątre Unter den Linden, Barenboim dirige Wozzek puis Lulu, ici dans la version non de Friedrich Cerha, mais celle, s’agissant du III, de D R Coleman. A partir des fragments laissĂ©s par Berg en 1935, le musicologue a reconcentrĂ© les sections parvenues, dĂ©cousu l’ordre de Cerha (plus de prologue ni de scĂšne parisienne habituelles dans le III) mais une formule resserrĂ©e, dense, prĂ©cipitant la mort de Lulu (en coulisses), afin de « prĂ©server l’effet de symĂ©trie » souhaitĂ© par Berg dans l’architecture globale de son second opĂ©ra. Andrea Breth peine Ă  rĂ©vĂ©ler une vision cohĂ©rente et prĂ©cise d’un drame scĂ©nique qui Ă©blouit par son Ă©trangetĂ© pourtant. Il y a de la confusion dans ce dispositif quoique la tension reste palpable.

 

 

 

 

 

Lulu de Berg au Metropolitan Opera de New York
Samedi 21 novembre 2015 Ă  18h30

Opéra en un prologue 3 actes.
Durée : 4h16

Compositeur : Alban Berg
Mise en scĂšne : Willam Kentridge

Direction musicale : Lothar Koenigs
En allemand sous-titré français

Avec Marlis Petersen (Lulu), Susan Graham (Geschwitz), Daniel Alwa (Alwa), Johan Reuter (Dr. Schön/Jack l’Eventreur).

Dans un Paris art dĂ©co, Lulu est une femme fatale Ă  qui personne ne rĂ©siste. Admirateurs, maris ou amants, ses charmes inĂ©luctables mĂšnent ses conquĂȘtes sur un chemin oĂč l’amour, l’obsession et la mort fusionnent
 PhĂ©nix terrifiant qui renaĂźt aprĂšs chaque catastrophe, Lulu rencontre finalement en un face Ă  face ultime – comme Carmen face Ă  JosĂ© lors de leurs retrouvailles fatales-, son bourreau : Jack l’éventreur.

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Billets en vente directement aux caisses des cinémas et/ou sur les sites internet des cinémas

Liste des cinĂ©mas partenaires de l’opĂ©ration sur www.pathelive.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 prochains rvs lyriques en direct du Metropolitan Opera :

 

 

Samedi 16 janvier 2016, 18h55
nouvelle production
BIZET : LES PÊCHEURS DE PERLES
Gianandrea Noseda, direction
Penny Woolcock, mise en scĂšne
Avec Diana Damrau, Matthew Polenzani, Mariusz Kwiecien

 

 

 

 

Nina Stemme chante deux personnages Ă©blouissants :

TURANDOT de Puccini : samedi 30 janvier 2016, 18h55

ELEKTRA de Richard Strauss (nouvelle production) : samedi 30 avril 2016, 18h55 avec à ses cÎtés : Adrianne Pieczonka (Chrysotemis), Waltraud Meier (Clytemnestre)

 

 

 

 

Puis, Kristine Opolais incarne deux héroïnes de Puccini :

Manon Lescaut : samedi 5 mars 2016, 18h55, avec le Des Grieux de Joans Kaufmann

Madame Butterfly : samedi 2 avril 2016, 18h55, avec le Pimkerton de Roberto Alagna

 

 

 

 

Ne manquez pas non plus :

Sondra Radvanovsky, Elina Garanca chantent la nouvelle production lyrique de l’opĂ©ra Roberto Devereux de Donizetti : samedi 16 avril 2016, 18h55 (nouvelle production).

 

 

Anna Netrebko chante Iolanta

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaOpĂ©ra. Janvier, juin 2015. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©rieux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra son 10Ăšme et dernier, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour. A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire aux rĂ©sonances psychanalytiques de la jeune fille, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : huit clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde. AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta.

Résumé

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1L’OpĂ©ra Iolantha est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

synopsis de l’acte acte unique

1. Dans le verger du Palais oĂč elle est tenue Ă  l’écart du monde et des hommes, la fille du Roi RenĂ©,Iolanta, se dĂ©sespĂšre s’interroge : sa nourrice Martha dissimule une terrible vĂ©ritĂ© : elle est aveugle mais ne doit pas comprendre la nature de son handicap. Pourtant Iolanta a le sentiment que pour vivre il faut souffrir. Ses compagnes lui chantent une berceuse pour la rassurer.

2. Survient le Roi RenĂ© et le mĂ©decin maure Ebn Hakia : son diagnostic est clair : pour que Iolanta dĂ©passe sa cĂ©citĂ©, il faut qu’elle en prenne conscience afin de vouloir en guĂ©rir. Le Roi, coupable, hĂ©site.

3. Le duc Robert de Bourgogne et le chevalier VaudĂ©mont arrivent dans le parc du Palais. VaudĂ©mont tombe immĂ©diatement amoureux de la princesse Iolanta quand il la voit. Il lui demande par deux fois une rose rouge mais elle lui tend une rose blanche
il comprend qu’elle est aveugle. VaudĂ©mont parle alors Ă  Iolanta de lumiĂšre et l’invite Ă  dĂ©couvrir le monde Ă  ses cĂŽtĂ©s


4. Pour stimuler sa fille sur la voie de la guĂ©rison, le Roi RenĂ© annonce qu’il exĂ©cutera VaudĂ©mont si le traitement du mĂ©decin Ebn Hakia Ă©choue. Iolanta, pour sauver son fiancĂ©, se dĂ©clare prĂȘte Ă  tout : elle suit le docteur maure.

5. Quand Ebn Hakia ĂŽte la bandeau qui protĂ©geait les yeux de Iolanta, la princesse peut dĂ©sormais voir toutes les merveilles du monde et vivre son amour. Le Roi bĂ©nit l’union de Iolanta et de VaudĂ©mont : tous chantent la gloire divine qui a permis un tel prodige.

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaCD, OpĂ©ra
 En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de TchaĂŻkovski. La soprano austro russe rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, Ă©gĂ©rie des festivals de Baden Baden et de Salzbourg (entre autres), continue ses prises de rĂŽles ; aprĂšs Leonora du TrouvĂšre, Lady Macbeth chez Verdi en 2013 et 2014, la soprano vedette enregistre et chante Iolanta, 10Ăšme et ultime opĂ©ra de Tchaikovski (1892). Intimiste, aux rĂ©sonances psychanalytiques, l’ouvrage est d’une beautĂ© austĂšre, un drame resserrĂ© comme une piĂšce de thĂ©Ăątre ou un mĂ©lodrame (un acte seul) qui simultanĂ©ment au ballet Casse-Noisette (crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e et au cours de la mĂȘme soirĂ©e), affirme le gĂ©nie d’orchestrateur de Piotr Illiytch. Le disque est publiĂ© le 5 janvier 2015 par Deutsche Grammophon (sous la direction d’Emmanuel Villaume). CĂŽtĂ© scĂšne, Anna Netrebko chante Iolanta sur les planches du Metropolitan Opera de New York du 26 janvier au 21 fĂ©vrier 2015 sous la direction de ValĂ©ry Gergiev. L’opĂ©ra en un acte raconte l’émancipation d’une jeune princesse française tenue Ă  l’égard du monde et des hommes par son pĂšre le Roi RĂ©ne de Provence : l’action du maure (Ibn-Hakia) lui dĂ©voile le vrai monde, celui qu’elle peut d’abord imaginer, puis voir et vivre pleinement, aprĂšs avoir pris conscience de sa cĂ©citĂ©, et exprimĂ© le dĂ©sir d’en guĂ©rir. Iolanta, surprotĂ©gĂ©e par son pĂšre, parviendra-t-elle Ă  s’émanciper et vivre sa propre vie ?

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume. Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko dans le mag cd dvd livres de classiquenews, le 5 janvier 2015.

Netrebko iolanta, tchaikovski metropolitanopera new york opera monte carlo metoperaiolanta1900x506Anna Netrebko au Metropolitan Opera de New York. Anna Netrebko chante en janvier 2015, Iolanta de Tchaikovski sur les planches du Metropolitan Opera de New York : 26, 29 janvier puis 3,7,10,14,18, 21 fĂ©vrier 2015, 20h. Sous la direction de avec Piotr Beczala (VaudĂ©mont)
 Oeuvre couplĂ©e avec Le Chateau de Barbe Bleue de Bartok (avec Nadja Michael). Les deux opĂ©ras sont mis en scĂšne par Mariusz Trelinski, sous la direction musicale de Valery Gergiev.

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutsche grammophonSimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises, Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski s’entend Ă  merveille Ă  exprimer les aspirations profondes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

 Iolanta au cinéma

Iolanta et Le Chùteau de Barbe-Bleue. Retransmission dans les salles de cinéma, le 14 février 2015

DVD. Wagner : Parsifal (Kaufmann, Mattei, Pape, Gatti, 2013)

Parsifal Jonas KaufmannDVD. Wagner : Parsifal (Kaufmann, Mattei, Pape, Gatti, 2013). De toute Ă©vidence, dans le rĂŽle-titre, le tĂ©nor Jonas Kaufmann (44 ans en 2014) poursuit l’une des carriĂšres wagnĂ©riennes les plus passionnantes : superbe Siegmund au disque (Decca), Ă©blouissant Lohengrin Ă  Bayreuth, son Parsifal new yorkais touche par sa sobriĂ©tĂ©, sa musicalitĂ© envoĂ»tante qui dĂ©voile l’intense et juvĂ©nile curiositĂ© du jeune homme enchanteur, qui tournĂ© vers l’Autre, assure l’avĂšnement du miracle final. Le munichois nĂ© en 1969 incarne un hĂ©ros habitĂ© par un drame intĂ©rieur, tragĂ©dien et humain, celui qui recueille et Ă©prouve la malĂ©diction de l’humanitĂ© pour la sauver
. par compassion, maĂźtre mot de la derniĂšre partition de Wagner.

 

 

La perfection au masculin

 

CLIC_macaron_2014Il y a toujours chez le compositeur et particuliĂšrement dans Parsifal le poids d’un passĂ© immĂ©morial qui inflĂ©chit le profil psychique de chaque personnage. Le seul affranchi d’un cycle de malĂ©dictions fatales reste le pur Parsifal, l’étranger, l’agent de la mĂ©tamorphose espĂ©rĂ©e, ultime. La production du Met a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2012 Ă  Lyon (coproduction). Peter Gelb en poste depuis 2006 l’intĂšgre au Met dans une distribution assez Ă©poustouflante et certainement mieux chantante et plus cohĂ©rente que celle française. Ni trop chrĂ©tienne ni trop abstraite, la mise en scĂšne de François Girard reste claire, sans en rajouter, centrĂ©e sur la possibilitĂ© pour chacun – pourtant dĂ©truit ou rescapĂ© (Amfortas, prĂȘtre ensanglantĂ© et mourant qui agonise sans cicatriser ; Klingsor qui a renoncĂ© Ă  l’amour pour dĂ©truire et manipuler (Evgeny Nikitin assez terne) ; Kundry la vĂ©nĂ©neuse, pĂȘcheresse Ă©reintĂ©e en quĂȘte de salut
, de renaĂźtre.

Katarina_Dalayman_Rene_Pape_Jonas_Kaufmann_Parsifal_2013_MET_Francois_Girard_wagner_KonigEfficace, la direction de Daniele Gatti sait imprimer le sens du rythme dramatique sauf au II oĂč malgrĂ© la puissance sauvage et sensuelle Ă  l’Ɠuvre, la baguette Ă©tire au risque de diluer. Il est vrai que, – hier Ă  Bastille Brunnhilde un peu courte, Katarina Dalayman accuse une sĂ©rieuse Ă©troitesse Ă©motionnelle et langoureuse en Kundry : on reste comme Parsifal Ă©tranger Ă  sa froideur voluptueuse. Elle est, avec Nikitin trop prosaĂŻque et rustaud, le maillon faible du plateau. MĂȘme les filles fleurs sont tout sauf Ă©nigmatiques et sensuelles, … une mĂȘlĂ©e de glaçons bien ordinaires.
Les hommes en revanche sont
 parfaits. RenĂ© Pape familier du rĂŽle et sur les mĂȘmes planches mĂ©tropolitaines offre son dernier Gurnemanz, racĂ©, articulĂ©, nuancĂ© : un modĂšle dont on ne se lasse guĂšre. DĂ©jĂ  honorĂ© et saluĂ© pour un OnĂ©guine fabuleux et un Don Giovanni non moins ardemment dĂ©fendu, Peter Mattei dĂ©croche lui aussi la timbale d’or : son Amfortas exprime le dĂ©sarroi d’une Ăąme perdue, dĂ©chirĂ©e, anĂ©antie et mĂȘme le Titurel de Runi Brattaberg emporte l’adhĂ©sion par sa noblesse sans chichi : une humanitĂ© souterraine qui sait chanter sans schĂ©matiser ni caricaturer. Quels chanteurs !

Wagner : Parsifal. Jonas Kaufmann : Parsifal. René Pape : Gurnemanz. Peter Mattei : Amfortas. Katarina Dalayman : Kundry. Metropolitan Opera Orchestra and Chorus / Daniele Gatti, direction. Mise en scÚne : François Girard. Enregistrement live réalisé au Metropolitan Opera de New York en février 2013. 2 dvd Sony classical / Sony 88883725729