OPERA, New York. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin succĂšde Ă  James Levine au Metropolitan Opera

seguin_yannick_nezet_chef_maetroOPERA, New York. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin succĂšde Ă  James Levine au Metropolitan Opera. Le directeur du Metropolitan Opera de New York, Peter Gelb, confirme avoir nommĂ© le jeune chef canadien Yannick-NĂ©zet SĂ©guin (41 ans, nĂ© en 1975), directeur musical, successeur de James Levine (72 ans), empĂȘchĂ© rĂ©cemment Ă  cause de problĂšmes de santĂ©. C’est la premiĂšre nomination nouvelle depuis 40 ans dans l’histoire de l’institution new yorkaise. YNZ est directeur musical de l’Orchestre Metropoltain de MontrĂ©al depuis 2000, du Phildephia Orchestra depuis 2012 (mandat renouvelĂ© jusqu’à la saison 2025-2026), du Rotterdam Philharmonic depuis 2008. Sa prise de fonction au Metropolitan Opera sera effective progressivement, Ă  partir de la saison 2017-2018 (oĂč il dirigera 2 productions lyriques dont une nouvelle Traviata), puis Ă  partir de la saison 2020-21, dirigeant in loco 5 productions lyriques, devenant de fait, le nouveau rĂ©el directeur musical du Met, avec des projets signĂ©s : Wagner, Strauss, Puccini, Poulenc et Verdi. L’emploi du temps du maestro NĂ©zet-SĂ©guin ne pouvant pas permettre un engagement new yorkais plus tĂŽt.
Signe distinctif : direction analytique et fiĂ©vreuse, d’une Ă©nergie souvent irrĂ©sistible, « viscĂ©rale », assurĂ©ment l’une des meilleures baguettes de l’heure – Autrement : tatouage (tortue) Ă  l’épaule droite, rĂ©alisĂ© lors d’un sĂ©jour Ă  Tahiti. C’est une reprĂ©sentation de La BohĂšme, justement au Met
 alors qu’il avait 16 ans, qui aurait dĂ©cidĂ© de sa vocation musicale.

 

NĂ©zet-SĂ©guin : un jeune maestro au Met

 

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Serait-ce le signe d’une volontĂ© de renouvellement spectaculaire Ă  la direction musicale du Met ? Force est de constater que malgrĂ© la politique mĂ©diatique spectaculaire sur le plan mondial (grĂące Ă  ses sĂ©ries de directs Live des productions retransmises au cinĂ©ma, dans le monde entier), le Metropolitan Opera qui aujourd’hui ne totalise plus que 72% de remplissage en moyenne, a dĂ» procĂ©der Ă  des coupes sombres sur son budget annuel courant de 300 millions de dollars.

De son cĂŽtĂ©, Yannick NĂ©zet SĂ©guin s’est dit ravi d’organiser dans les annĂ©es Ă  venir son travail symphonique et lyrique, aux USA, principalement entre Philadelphie et New York. James Levine prend sa retraite progressive, devenant dĂšs ce printemps, directeur musical « emeritus »

 

 

 

CD dirigés par Yannick Nézet-Séguin, récemment critiqués, distingués par CLASSIQUENEWS :

CHEF LYRIQUE… Evidemment le cycle des opĂ©ras live de Mozart, jouĂ©s / enregistrĂ©s chaque Ă©tĂ© au festival de Baden Baden :

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonCD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle… LIRE notre critique complĂšte de L’enlĂšvement au sĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aux rem Serail de Mozart par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

LIRE aussi notre compte rendu critique de DON GIOVANNI et de COSI FAN TUTTE par la mĂȘme Ă©quipe Villazon / NĂ©zet-SĂ©guin qui fait actuellement l’affiche de Banden Baden chaque Ă©tĂ© (cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden)

CHEF SYMPHONIQUE… 

schumann robert schumann nezet seguin  chamber orchestra of europe symphonies deutsche grammophon cdCD. Schumann : 4 Symphonies (Chamber orchestra of Europe, NĂ©zet SĂ©guin, 2013). Le chef Yannick NĂ©zet SĂ©guinpublie chez Deutsche Grammophon les 4 Symphonies de Robert Schumann. Le feu bouillonnant du chef quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin (36 ans en 2014) nouvellement arrivĂ© chez Deutsche Grammophon (pour lequel il a gravĂ© une intĂ©grale de la trilogie mozartienne en cours : ne manque plus que Les Nozze di Figaro Ă  paraĂźtre d’ici fin 2014) s’est rĂ©alisĂ© auparavant au concert en octobre 2012 Ă  Paris lors d’une intĂ©grale des Symphonies de Schumann. L’enregistrement de Deutsche Grammophon qui paraĂźt en mars 2014 reflĂšte ce travail sur la texture orchestrale et la vitalitĂ© d’une Ă©criture exaltĂ©e, volcanique qui dit assez outre l’autobiographie qui s’écrit alors, la volontĂ© radicale d’un ĂȘtre passionnĂ©, dĂ©terminĂ© Ă  s’inscrire dans la lumiĂšre, l’antithĂšse de ses dĂ©rĂšglements psychiques qui ne tarderont pas Ă  poindre. Exaltation, juvĂ©nilitĂ©, feu et embrasement, voire excitation des finales, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin pourrait bien bouleverser la donne discographique en place (car les Ă©pisodes plus intĂ©rieurs et introspectifs : adagio de la 2, Feierlich de la 3, Romanze de la 4
 y gagnent en mystĂšre et en sombres questionnements). La direction affĂ»tĂ©e se montre proche d’un cƓur ardent dont le diapason versatile incarne toute la complexitĂ© et l’ambivalence de la sensibilitĂ© romantique
 DouĂ© d’une baguette vive et articulĂ©e, disposant d’un collectif ductile et Ă©nergique, la lecture du chef montrĂ©alais s’impose trĂšs honorablement par sa gĂ©nĂ©rositĂ© sensible, si proche du jeu incessant des humeurs d’un Schumann ambivalent, imprĂ©visible, contrastĂ©. Du pain bĂ©ni pour un orchestre qui souhaite en dĂ©coudre comme galvanisĂ© par l’appĂ©tit scintillante du maestro. Compte rendu dĂ©taillĂ© de chaque symphonie pour mieux identifier l’apport de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin. Le double cd Schumann par Yannick NĂ©zet SĂ©guin est «  CLIC » de CLASSIQUENEWS.COM. LIRE notre critique complĂšte des Symphonies de Schumann par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

 

 

Berg : Lulu en direct du Metropolitan Opera.

Berg-Alban-06Berg : Lulu en direct du Metropolitan Opera. Nouvelle Lullu du Met, samedi 21 octobre 2016, 18h30. Nouvel Ă©vĂ©nement lyrique planĂ©taire, la nouvelle Lulu new yorkaise s’annonce prometteuse… en grand Ă©cran, dans les salles de cinĂ©ma et en direct. Le Metropolitan Opera de New York diffuse en direct dans le cinĂ©ma sa nouvelle production de l’opĂ©ra Lulu d’Alban Berg. Le sud-africain  William Kentridge en signe la mise en scĂšne. Le spectacle est retransmis  en direct au cinĂ©ma par satellite, en HD et son 5.1, le  samedi 21 novembre 2015 Ă  18h30 dans les salles de cinĂ©mas partenaires de la diffusion en France : les cinĂ©mas Gaumont PathĂ©, Kinepolis, CinĂ©ville, Cap CinĂ©ma, Cinemovida, CinĂ© Alpes et des dizaines de cinĂ©mas indĂ©pendants (Liste des cinĂ©mas participants sur www.pathelive.com).

lulu-metropolitan-opera-direct-cinemaUltime incarnation pour une Lulu anthologique
 La  soprano allemande presque quinqua Marlis Petersen (nĂ©e en 1968) qui chante le personnage et en exprime toutes les facettes dĂ©concertantes depuis 18 annĂ©es, incarne le rĂŽle-titre. Celle qui a participĂ© depuis sa prise de rĂŽle, Ă  plus de dix productions diffĂ©rentes de Lulu, devrait caractĂ©riser avec prĂ©cision et subtilitĂ© chaque sĂ©quence de la vie de Lulu, femme fatale, fille immature, monstre inconscient, ingĂ©nue sublime et terrifiante, entre haine et fascination, l’image de la femme provocante innocente reste un dĂ©fi vertigineux pour toute interprĂšte et dans la carriĂšre d’une soprano, surtout de langue allemande, un accomplissement dĂ©cisif. Face Ă  la camĂ©ra, et en plans serrĂ©s, la soprano incarnera sa derniĂšre Lulu. William Kentridge applique son systĂšme graphique en noir et blanc sur la scĂšne, les dĂ©cors, jusqu’aux costumes des chanteurs. Le noir de l’encre qu’il utilise et compose le centre de son travail, rappelle Ă©videmment le sang des sacrifiĂ©s qui jalonnent la vie de Lulu. Kentridge annonce un esthĂ©tisme glaçant Ă  la Hitchcock, rĂ©fĂ©rence claire aux films noirs amĂ©ricains. Ici l’homme (la femme en particulier) est une saloperie dĂ©licieuse
 qui exploite et consomme sans scrupule ni morale jusqu’à la mort. Lulu, une bĂȘte humaine dĂ©shumanisĂ©e ? Le comble de l’horreur ? La musique elle, atonale, exprime cette dĂ©sintĂ©gration profonde, fait entendre le bruit interne d’une implosion intĂ©rieure…

 

Approfondir Alban Berg et Lulu

Livres. Alban Berg et Hanna Fuchs : Suite lyrique pour deux amants. Par Constantin Floros (Actes Sud).

DVD. Berg : Lulu. Barbara Hannigan (La Monnaie, Bruxelles, 2012). On attendait encore une mise en scÚne décalée, déjantée du perturbateur et souvent rien que provocateur Krzysztof Warlikowski : de facto sa Lulu dont il fait une frustrée de la danse classique, est prévisible et guÚre réellement mordante : certes noire et sombre mais pas fulgurante.

DVD, critique. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon). Berlin, avril 2012 : au thĂ©Ăątre Unter den Linden, Barenboim dirige Wozzek puis Lulu, ici dans la version non de Friedrich Cerha, mais celle, s’agissant du III, de D R Coleman. A partir des fragments laissĂ©s par Berg en 1935, le musicologue a reconcentrĂ© les sections parvenues, dĂ©cousu l’ordre de Cerha (plus de prologue ni de scĂšne parisienne habituelles dans le III) mais une formule resserrĂ©e, dense, prĂ©cipitant la mort de Lulu (en coulisses), afin de « prĂ©server l’effet de symĂ©trie » souhaitĂ© par Berg dans l’architecture globale de son second opĂ©ra. Andrea Breth peine Ă  rĂ©vĂ©ler une vision cohĂ©rente et prĂ©cise d’un drame scĂ©nique qui Ă©blouit par son Ă©trangetĂ© pourtant. Il y a de la confusion dans ce dispositif quoique la tension reste palpable.

 

 

 

 

 

Lulu de Berg au Metropolitan Opera de New York
Samedi 21 novembre 2015 Ă  18h30

Opéra en un prologue 3 actes.
Durée : 4h16

Compositeur : Alban Berg
Mise en scĂšne : Willam Kentridge

Direction musicale : Lothar Koenigs
En allemand sous-titré français

Avec Marlis Petersen (Lulu), Susan Graham (Geschwitz), Daniel Alwa (Alwa), Johan Reuter (Dr. Schön/Jack l’Eventreur).

Dans un Paris art dĂ©co, Lulu est une femme fatale Ă  qui personne ne rĂ©siste. Admirateurs, maris ou amants, ses charmes inĂ©luctables mĂšnent ses conquĂȘtes sur un chemin oĂč l’amour, l’obsession et la mort fusionnent
 PhĂ©nix terrifiant qui renaĂźt aprĂšs chaque catastrophe, Lulu rencontre finalement en un face Ă  face ultime – comme Carmen face Ă  JosĂ© lors de leurs retrouvailles fatales-, son bourreau : Jack l’éventreur.

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Billets en vente directement aux caisses des cinémas et/ou sur les sites internet des cinémas

Liste des cinĂ©mas partenaires de l’opĂ©ration sur www.pathelive.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 prochains rvs lyriques en direct du Metropolitan Opera :

 

 

Samedi 16 janvier 2016, 18h55
nouvelle production
BIZET : LES PÊCHEURS DE PERLES
Gianandrea Noseda, direction
Penny Woolcock, mise en scĂšne
Avec Diana Damrau, Matthew Polenzani, Mariusz Kwiecien

 

 

 

 

Nina Stemme chante deux personnages Ă©blouissants :

TURANDOT de Puccini : samedi 30 janvier 2016, 18h55

ELEKTRA de Richard Strauss (nouvelle production) : samedi 30 avril 2016, 18h55 avec à ses cÎtés : Adrianne Pieczonka (Chrysotemis), Waltraud Meier (Clytemnestre)

 

 

 

 

Puis, Kristine Opolais incarne deux héroïnes de Puccini :

Manon Lescaut : samedi 5 mars 2016, 18h55, avec le Des Grieux de Joans Kaufmann

Madame Butterfly : samedi 2 avril 2016, 18h55, avec le Pimkerton de Roberto Alagna

 

 

 

 

Ne manquez pas non plus :

Sondra Radvanovsky, Elina Garanca chantent la nouvelle production lyrique de l’opĂ©ra Roberto Devereux de Donizetti : samedi 16 avril 2016, 18h55 (nouvelle production).

 

 

Anna Netrebko chante Iolanta

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaOpĂ©ra. Janvier, juin 2015. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©rieux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra son 10Ăšme et dernier, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour. A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire aux rĂ©sonances psychanalytiques de la jeune fille, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : huit clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde. AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta.

Résumé

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1L’OpĂ©ra Iolantha est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

synopsis de l’acte acte unique

1. Dans le verger du Palais oĂč elle est tenue Ă  l’écart du monde et des hommes, la fille du Roi RenĂ©,Iolanta, se dĂ©sespĂšre s’interroge : sa nourrice Martha dissimule une terrible vĂ©ritĂ© : elle est aveugle mais ne doit pas comprendre la nature de son handicap. Pourtant Iolanta a le sentiment que pour vivre il faut souffrir. Ses compagnes lui chantent une berceuse pour la rassurer.

2. Survient le Roi RenĂ© et le mĂ©decin maure Ebn Hakia : son diagnostic est clair : pour que Iolanta dĂ©passe sa cĂ©citĂ©, il faut qu’elle en prenne conscience afin de vouloir en guĂ©rir. Le Roi, coupable, hĂ©site.

3. Le duc Robert de Bourgogne et le chevalier VaudĂ©mont arrivent dans le parc du Palais. VaudĂ©mont tombe immĂ©diatement amoureux de la princesse Iolanta quand il la voit. Il lui demande par deux fois une rose rouge mais elle lui tend une rose blanche
il comprend qu’elle est aveugle. VaudĂ©mont parle alors Ă  Iolanta de lumiĂšre et l’invite Ă  dĂ©couvrir le monde Ă  ses cĂŽtĂ©s


4. Pour stimuler sa fille sur la voie de la guĂ©rison, le Roi RenĂ© annonce qu’il exĂ©cutera VaudĂ©mont si le traitement du mĂ©decin Ebn Hakia Ă©choue. Iolanta, pour sauver son fiancĂ©, se dĂ©clare prĂȘte Ă  tout : elle suit le docteur maure.

5. Quand Ebn Hakia ĂŽte la bandeau qui protĂ©geait les yeux de Iolanta, la princesse peut dĂ©sormais voir toutes les merveilles du monde et vivre son amour. Le Roi bĂ©nit l’union de Iolanta et de VaudĂ©mont : tous chantent la gloire divine qui a permis un tel prodige.

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaCD, OpĂ©ra
 En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de TchaĂŻkovski. La soprano austro russe rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, Ă©gĂ©rie des festivals de Baden Baden et de Salzbourg (entre autres), continue ses prises de rĂŽles ; aprĂšs Leonora du TrouvĂšre, Lady Macbeth chez Verdi en 2013 et 2014, la soprano vedette enregistre et chante Iolanta, 10Ăšme et ultime opĂ©ra de Tchaikovski (1892). Intimiste, aux rĂ©sonances psychanalytiques, l’ouvrage est d’une beautĂ© austĂšre, un drame resserrĂ© comme une piĂšce de thĂ©Ăątre ou un mĂ©lodrame (un acte seul) qui simultanĂ©ment au ballet Casse-Noisette (crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e et au cours de la mĂȘme soirĂ©e), affirme le gĂ©nie d’orchestrateur de Piotr Illiytch. Le disque est publiĂ© le 5 janvier 2015 par Deutsche Grammophon (sous la direction d’Emmanuel Villaume). CĂŽtĂ© scĂšne, Anna Netrebko chante Iolanta sur les planches du Metropolitan Opera de New York du 26 janvier au 21 fĂ©vrier 2015 sous la direction de ValĂ©ry Gergiev. L’opĂ©ra en un acte raconte l’émancipation d’une jeune princesse française tenue Ă  l’égard du monde et des hommes par son pĂšre le Roi RĂ©ne de Provence : l’action du maure (Ibn-Hakia) lui dĂ©voile le vrai monde, celui qu’elle peut d’abord imaginer, puis voir et vivre pleinement, aprĂšs avoir pris conscience de sa cĂ©citĂ©, et exprimĂ© le dĂ©sir d’en guĂ©rir. Iolanta, surprotĂ©gĂ©e par son pĂšre, parviendra-t-elle Ă  s’émanciper et vivre sa propre vie ?

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume. Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko dans le mag cd dvd livres de classiquenews, le 5 janvier 2015.

Netrebko iolanta, tchaikovski metropolitanopera new york opera monte carlo metoperaiolanta1900x506Anna Netrebko au Metropolitan Opera de New York. Anna Netrebko chante en janvier 2015, Iolanta de Tchaikovski sur les planches du Metropolitan Opera de New York : 26, 29 janvier puis 3,7,10,14,18, 21 fĂ©vrier 2015, 20h. Sous la direction de avec Piotr Beczala (VaudĂ©mont)
 Oeuvre couplĂ©e avec Le Chateau de Barbe Bleue de Bartok (avec Nadja Michael). Les deux opĂ©ras sont mis en scĂšne par Mariusz Trelinski, sous la direction musicale de Valery Gergiev.

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutsche grammophonSimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises, Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski s’entend Ă  merveille Ă  exprimer les aspirations profondes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

 Iolanta au cinéma

Iolanta et Le Chùteau de Barbe-Bleue. Retransmission dans les salles de cinéma, le 14 février 2015

DVD. Wagner : Parsifal (Kaufmann, Mattei, Pape, Gatti, 2013)

Parsifal Jonas KaufmannDVD. Wagner : Parsifal (Kaufmann, Mattei, Pape, Gatti, 2013). De toute Ă©vidence, dans le rĂŽle-titre, le tĂ©nor Jonas Kaufmann (44 ans en 2014) poursuit l’une des carriĂšres wagnĂ©riennes les plus passionnantes : superbe Siegmund au disque (Decca), Ă©blouissant Lohengrin Ă  Bayreuth, son Parsifal new yorkais touche par sa sobriĂ©tĂ©, sa musicalitĂ© envoĂ»tante qui dĂ©voile l’intense et juvĂ©nile curiositĂ© du jeune homme enchanteur, qui tournĂ© vers l’Autre, assure l’avĂšnement du miracle final. Le munichois nĂ© en 1969 incarne un hĂ©ros habitĂ© par un drame intĂ©rieur, tragĂ©dien et humain, celui qui recueille et Ă©prouve la malĂ©diction de l’humanitĂ© pour la sauver
. par compassion, maĂźtre mot de la derniĂšre partition de Wagner.

 

 

La perfection au masculin

 

CLIC_macaron_2014Il y a toujours chez le compositeur et particuliĂšrement dans Parsifal le poids d’un passĂ© immĂ©morial qui inflĂ©chit le profil psychique de chaque personnage. Le seul affranchi d’un cycle de malĂ©dictions fatales reste le pur Parsifal, l’étranger, l’agent de la mĂ©tamorphose espĂ©rĂ©e, ultime. La production du Met a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2012 Ă  Lyon (coproduction). Peter Gelb en poste depuis 2006 l’intĂšgre au Met dans une distribution assez Ă©poustouflante et certainement mieux chantante et plus cohĂ©rente que celle française. Ni trop chrĂ©tienne ni trop abstraite, la mise en scĂšne de François Girard reste claire, sans en rajouter, centrĂ©e sur la possibilitĂ© pour chacun – pourtant dĂ©truit ou rescapĂ© (Amfortas, prĂȘtre ensanglantĂ© et mourant qui agonise sans cicatriser ; Klingsor qui a renoncĂ© Ă  l’amour pour dĂ©truire et manipuler (Evgeny Nikitin assez terne) ; Kundry la vĂ©nĂ©neuse, pĂȘcheresse Ă©reintĂ©e en quĂȘte de salut
, de renaĂźtre.

Katarina_Dalayman_Rene_Pape_Jonas_Kaufmann_Parsifal_2013_MET_Francois_Girard_wagner_KonigEfficace, la direction de Daniele Gatti sait imprimer le sens du rythme dramatique sauf au II oĂč malgrĂ© la puissance sauvage et sensuelle Ă  l’Ɠuvre, la baguette Ă©tire au risque de diluer. Il est vrai que, – hier Ă  Bastille Brunnhilde un peu courte, Katarina Dalayman accuse une sĂ©rieuse Ă©troitesse Ă©motionnelle et langoureuse en Kundry : on reste comme Parsifal Ă©tranger Ă  sa froideur voluptueuse. Elle est, avec Nikitin trop prosaĂŻque et rustaud, le maillon faible du plateau. MĂȘme les filles fleurs sont tout sauf Ă©nigmatiques et sensuelles, … une mĂȘlĂ©e de glaçons bien ordinaires.
Les hommes en revanche sont
 parfaits. RenĂ© Pape familier du rĂŽle et sur les mĂȘmes planches mĂ©tropolitaines offre son dernier Gurnemanz, racĂ©, articulĂ©, nuancĂ© : un modĂšle dont on ne se lasse guĂšre. DĂ©jĂ  honorĂ© et saluĂ© pour un OnĂ©guine fabuleux et un Don Giovanni non moins ardemment dĂ©fendu, Peter Mattei dĂ©croche lui aussi la timbale d’or : son Amfortas exprime le dĂ©sarroi d’une Ăąme perdue, dĂ©chirĂ©e, anĂ©antie et mĂȘme le Titurel de Runi Brattaberg emporte l’adhĂ©sion par sa noblesse sans chichi : une humanitĂ© souterraine qui sait chanter sans schĂ©matiser ni caricaturer. Quels chanteurs !

Wagner : Parsifal. Jonas Kaufmann : Parsifal. René Pape : Gurnemanz. Peter Mattei : Amfortas. Katarina Dalayman : Kundry. Metropolitan Opera Orchestra and Chorus / Daniele Gatti, direction. Mise en scÚne : François Girard. Enregistrement live réalisé au Metropolitan Opera de New York en février 2013. 2 dvd Sony classical / Sony 88883725729