Riccardo Chailly dirige la 8ème de Mahler à Lucerne

arte_logo_2013ARTE. Mahler: Symphonie n°8. Dimanche 28 août 2016,17h30. Riccardo Chailly à Lucerne, pilote les effectifs locaux dans la gigantesque et goethéenne symphonie n°8, dite « des Mille », sommet symphonique et choral signé par le grand Gustav en quête d’absolution. C’est le temps fort du Festival de Lucerne 2016 (Suisse). Comment parcourir les séquences vertigineuses de cette grande messe symphonique ? La 8ème de Mahler est l’un des plus grands défis qui se dressent face à l’orchestre et son chef…

Riccardo Chailly dirigeantL’Éternel Féminin / Nous entraîne en haut », sur les pas de Wagner, Mahler achève sur ces ultimes mots (extraits du Second Faust de Goethe), sa Symphonie n°8, l’une des plus ambitieuses jamais écrites. Si le désir masculin est vorace et sans fin, l’éternel féminin (incarné probablement par son épouse Alma) permet d’atteindre au renoncement et à la paix ultime, tant recherchés. D’emblée, l’hymne du début, ouvrant la première partie de la Symphonie, inscrit la partition comme le parcours d’une quête surtout spirituelle voire mystique (l’Hymne de la Pentecôte Veni Creator Spiritus, invocation du Saint-Esprit y façonne comme au début de la Messe en si de JS Bach, un portique d’ouverture aux proportions vertigineuses et colossales). A ceux qui lui reprochait de n’avoir pas composé de cycle sacré, Mahler arguait que “sa Huitième Symphonie était une messe”… Enregistré à Lucerne, les 12 et 13 août 2016.

LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA
Chœur de la Radio bavaroise
Latvian Radio Choir
Orfeón Donostiarra
Chœur d’enfants de Tölz
Riccardo Chailly, direction
Ricarda Merbeth, Magna Peccatrix
Christine Goerke, Una poenitentium
Anna Lucia Richter, Mater gloriosa
Sara Mingardo, Mulier Samaritana
Mihoko Fujimura, Maria Aegyptiaca
Andreas Schager, Doctor Marianus
Peter Mattei, Pater ecstaticus
Samuel Youn, Pater profundus

Gustav Mahler (1860–1911) : Symphonie n° 8 en mi bémol majeur Symphonie des Mille . ARTE, dimanche 28 août 2016, 17h30. LIRE aussi la page dédiée à la Symphonie n°8 par Riccardo Chailly, les 12 et 13 août 2016 sur le site du Festival de Lucerne 2016

 

CD. Claudio Abbado dirige la 9ème de Bruckner (Lucerne 2013)

bruckner-9-abbado-cd-lucerne-festival-orchestraCD. Claudio Abbado dirige la 9ème de Bruckner (Lucerne 2013). Deutsche Grammophon édite fin juin, le dernier concert public du chef d’orchestre Claudio Abbado. C’était à Lucerne le 23 août 2013, le chef italien dirigeait “son” orchestre suisse, dans deux pièces maîtresses du répertoire symphonique romantique : l’Inachevée (8e Symphonie) de Schubert et la Symphonie n° 9 de Bruckner (elle aussi inachevée…). D’une intériorité irréelle conférant à sa direction un état de grâce inoubliable pour les spectateurs d’alors, Claudio Abbado semblait bien y faire son adieu au monde et aux hommes…. Fin juin 2014, paraît le premier volet de ce concert mémorable : la 9ème Symphonie de Bruckner, ainsi révélée et transfigurée, dans son inachèvement originel (trois premiers mouvements).

La 9ème (et ultime de Bruckner) lui coûta un long délai de gestation : plus de 7 ans…. des premières esquisses en 1887 à l’achèvement du 3è mouvement (Adagio) en 1894. Entretemps, l’échec de la 8ème Symphonie lui valut une semi dépression : Bruckner ne reprit la plume qu’en avril 1891. Au terme de sa vie, le compositeur si peu estimé pour son art, puisa dans les deux dernières années de sa vie, l’énergie pour terminer sa dernière oeuvre … en vain. La pleurésie usa ses dernières ressources et le final demeura à l’état d’ébauches et d’annotations diverses… un casse tête pour les musicologues et interprètes contemporains.
La 9ème comme c’est le cas de Schubert (mais pas de Beethoven qui finit son ultime opus, ni de Mahler, auteur d’une presque 10ème), la 9ème de Bruckner est donc une bouleversante inachevée. En place du dernier mouvement esquissé, Bruckner invita à jouer en guise d’ultime épisode, son Te Deum… tel fut le cas lors de la création des trois premiers mouvements en 1903, ce que depuis, beaucoup de musiciens ont fait et font toujours. D’autres écartant les versions en reconstitutions signés Nowak et Haas, préfèrent terminer le cycle symphonique de Bruckner par le 37me mouvement (Adagio), tel l’adieu d’un homme de coeur et de ferveur sincère qui n’aspirait qu’à la paix de son âme : un auto requiem en quelques sorte.

CLICK_classiquenews_dec13Abbado nous laisse ici l’un de ses ultimes accomplissements symphoniques réalisés avec l’orchestre qu’il a fondé pour le festival de Lucerne. Le chef semble graver dans le marbre cette nouvelle lecture recherchant la part de l’ombre,  le surgissement de l’inéluctable qui s’exprime dans le grandiose et  l’expression directe brute âpre du fatum (2 ème mouvement). Gageure réjouissante l’effet des masses sonores n’empêche pas la ciselure des épisodes plus introspectifs voire intimes : les éclairs plus évanescents s’appuyant sur la légèreté sautillante et ciselée des violons et des bois, contrastent idéalement avec le motif d’une tragédie puissante (cuivres rugissants) qui s’accomplit après les pizz des cordes. Si Giulini, autre immense Brucknérien nous fait ressentir les vertigineuses architectures, Abbado réussit également en sondant jusqu’au tréfonds des ténèbres, la désespérance humaine. Il parvient à résoudre l’enchaînement des parties colossales des blocs pupitres affrontés sans perdre jamais la tension ni la continuité du discours formel.
Un cap est franchi avec les passages d’une sourde profondeur plus tenue encore dans le 3 ème mouvement qui en une coloration wagnérienne somptueuse pleinement assumée et manifeste – citation à peine voilée du testament du maître si vénéré : Parsifal. Ils apportent les éclairs mordorés d’une révélation visiblement éprouvée puis cultivée grâce au maître de Bayreuth. Les éclairages que tisse alors Abbado réussissent à transmettre l’idée d’une expérience intime qui se fond avec le prope destin du chef dont la mine physique, celle alors d’un frêle aigle à peine remis de sa longue maladie… la direction investie est aussi celle d’une bouleversante tragédie personnelle. Ces deux lectures se mêlent et dialoguent ici avec une intensité, une justesse de ton,  une sincérité prenante et ineffable, immédiate et presque frontale, entre ressentiment  pudique et proclamation gorgée d’espoir triomphant,  jamais écoutée chez Bruckner jusque là.  Une telle profondeur de vue vécue comme une odyssée en apné, parfaitement conduite, fait entendre une réflexion critique intérieure riche et très intense qui se rapproche de… Mahler, compositeur que Claudio Abbado connaît et approche de la même  manière : impétuosité de la lutte, tensions et vertiges avant l’illumination finale, aux murmures pleins de renoncement et de sérénité enfin recouvrée.
La riche texture de l’orchestre aux effectifs wagnériens déploie un paysage spectaculaire et investi,  humain et cosmique comme si chaque volet de la symphonie inachevée était l’émanation du Ring wagnériens.   Bruckner s’inscrit dans les pas de son prédécesseur avec une justesse à la fois respectueuse et fraternelle.   Le cheminement n’est pas sans rappeler le parcours des symphonies de Mahler.  Le souffle qui s’y déploie est celui d’un dragon puissant et serein. Sans forcer le trait dans l’opposition des pupitres cordes/cuivres que d’autres chefs s’emploie à sculpter jusqu’à la démonstration conflictuelle, Ababdo réalise plutôt la fluidité des épisodes en creusant pour chacun, leur climat, leur profond équilibre.C’est donc pour Abbado une expérience intime, l’offrande inespérée de son éblouissante sensibilité orchestrale. Respectueux du manuscrit original transmis par le Bruckner incomplet, Abbado nous gratifie ainsi des trois mouvements autographes et achevés dont l’unité et la cohérence interne n’auront jamais été aussi mieux investies. Ici le testament de Bruckner rejoint celui du chef italien. Bouleversant.  Évidemment CLIC de classiquenews.

Bruckner : 9ème Symphonie. Lucerne festiaval orchestra. Claudio Abbado, direction. 1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement réalisé en août 2013 à Lucerne.

William Christie dirige La Scintilla

Christie William portrait 290Lucerne, KKL: William Christie dirige La Scintilla, le 30 décembre 2013,19h30. Mozart, Anfossis: airs de concert...  William Christie quitte ses fonctions habituelles de chef au sein des Arts Florissants, le temps d’un concert événement à Lucerne, en Suisse, pour un programme Mozart, avec les solistes Anna Stéphany (soprano) et Mauro Peter (ténor) et la complicité des instrumentistes de l’orchestre d’époque, La Scintilla.

 
 

La Scintilla est l’orchestre sur instruments anciens fondé par l’Opéra de Zurich en 1996, dans le prolongement des cycles des opéras de Monteverdi et Mozart sous la direction de Nikolaus Harnoncourt, approches décisives désormais légendaires. Depuis la phalange est l’une des formations les plus admirées au monde par sa précision et sa sonorité : Cecilia Bartoli chante souvent avec l’orchestre zurichois.
Rien ne remplace l’apport d’un chef aussi expérimenté que William Christie pour les musiciens de La Scintilla dont le programme de ce 30 décembre 2013 à  Lucerne devrait souligner les qualités d’articulation et de finesse poétiques.
Au programme, airs de concerts pour soprano et ténor, mais aussi Concerto pour cor et surtout en un final plein d’élégance et de suavité émotionnelle, l’admirable Exsultate  jubilate de Mozart, motet pour soprano qui éblouit par sa grâce virtuose…

 
 
 
Progamme

 

W. A. Mozart:
- Divertimento für Streicher B-Dur, KV 137
- «Per pieta, non ricercate», KV 420 (Arie für Tenor zu Pasquale Anfossis Oper «Il curioso indiscreto»)
- «Chi sa, chi sa, qual sia», KV 582 und «Vado, ma dove», KV 583 (Einlagearien für Sopran zu Vicente Martín y Solers Opera buffa «Il burbero di buon cuore»)
- Konzert für Horn und Orchester D-Dur, KV 412 (Glen Borling, Horn)
- «Con ossequio, con rispetto», KV 210 (Konzertarie für Tenor)
- Serenade c-Moll für Bläseroktett, KV 388 («Nacht Musique»)
- «Exsultate, jubilate», KV 165 (Motette für Sopran und Orchester)

 
 
 

William Christie
dirige La scintilla

 
 


KKL Luzern
Kultur und Kogresszentrum de Luzern (Lucerne)

lundi 30 décembre 2013, 19h30

réservations, informations

 
 

Wagner en Suisse (Lucerne, 2013)

Arte. Concert Wagner en Suisse, le 19 mai 2013, 19hRichard Wagner a passé six ans avec sa famille à Tribschen en Suisse. Durant cette période, le compositeur assoit sa respectabilité comme chef d’orchestre dirigeant Rossini, Beethoven et bien sûr ses oeuvres propres comme Le Vaisseau Fantôme, ou une première version du premier acte de La Walkyrie… En Suisse, le fugitif condamné en pays germanique, trouve un refuge créateur…  il compose quelques-unes de ses Å“uvres les plus connues.  Elisabeth Kulman et Eduard Kutrowatz interprétent « Siegfried Idyll », cadeau d’anniversaire du compositeur à sa femme Cosima  et les « Wesendonck Lieder », sur les poèmes de Mathilde Wesendonck dont le compositeur était tombé très amoureux.

Concert avec : Elisabeth Kulman, soprano et Eduard Kutrowatz, piano (Solistes de l’Orchestre du Festival de Lucerne 2013)