VERTIGES SYMPHONIQUES CHEZ VOUS / L’orchestre chez vous

BLOCH-alexandre-orchestre-national-de-lille-maestro-classiquenews-MAHLER-symphonie-8-des-mille-reportage-video-classiquenewsSYMPHONIQUE CHEZ VOUS… Le confinement apporte son lot d’avantages non négligeables. alors que le Président Macron a début mai 2020 précisé qu’il fallait désormais réinventer les formes d’accès à l’art et à la culture, tout au moins pour les 5 à 6 mois qui viennent, force est de constater que naturellement les éléments de cette évolution se sont mis en place. La toile est désormais la vitrine la plus riche actuellement en terme de concerts et opéras. Chaque institution, orchestres ou salles et théâtres ayant soin d’offrir pour chacun, désormais à domicile, un vaste choix d’oeuvres et de partitions accessibles gratuitement. CLASSIQUENEWS sélectionne les meilleures propositions actuelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Symphonies de GUSTAV MAHLER
par l’ON LILLE et Alexandre Bloch

 

 

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertLES SYMPHONIES de GUSTAV MAHLER par L’Orchestre National de Lille. Ce fut l’événement symphonique de l’année 2019 : les Symphonies de Gustav Mahler interprété en un cycle continu par les instrumentistes lillois et leur directeur musical Alexandre Bloch. Classiquenews a relayé et critiqué la plupart des sessions de cette quasi intégrale événement dans la vie et l’histoire de l’Orchestre fondé par Jean-Claude Casadesus. En voici les jalons marquants, qui permettent de suivre au sein dy cycle mahlérien, les avancées d’un collectif désormais soudé autour du charisme énergique de son chef…

 

 

Toutes les symphonies de Mahler par l’ON LILLE Orchestre National de LILLE / Alexandre Bloch, accessibles sur la chaîne youtube de l’ONLILLE ici : https://www.youtube.com/watch?v=ydAPBd2lC60&list=PLjt12Zt-aSM0swrZbY682lAH9fdCN8L1y (captations de chaque symphonie et aussi courts reportage sur chaque partition, présentation par Alexandre Bloch)…

 

 

Commencer par exemple par la symphonie n°1 TITAN :

 

 

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REPORTAGE vidéo : La 8ème Symphonie des “Mille” de Gustav Mahler par L’ONL LILLE et Alexandre Bloch / nov 2019 / ultime épisode et assurément le plus éblouissant du cycle Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille en 2019 :

 

mahler-mille-ONL-LILLE-alexandre-Bloch-vignette-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 BEETHOVEN sur instruments d’époque

 

Vertiges symphoniquesBEETHOVEN : Symphonie n°7, Les Siècles, FX Roth (janvier 2020). Jusqu’au 14 mars 2021. Voici une version hautement recommandable qui classe l’orchestre sur instruments d’époque parmi les meilleures phalanges actuelles : son fondateur et directeur musical François-Xavier Roth explore en orfèvre chaque mouvement, avec ce souci de l’architecture et de la profondeur qui s’avèrent passionnant. Entre intellectualisme et élégance, relief des timbres, gradation millimétrée et clarté architecturale, la lecture des Siècles et de leur chef et fondateur François-Xavier Roth poursuivent un parcours d’excellence. La 7è (Vienne, 1813) gagne une nervosité éloquente, une rondeur expressive… nouvelles et comme régénérées. Beethoven leur va comme un gant : d’une rare précision rythmique, d’une exceptionnelle vitalité dans la caractérisation de chaque pupitre ; des cordes vives, affûtées ; des percussions persiflantes et des basses roboratives, des respirations qui ponctuent et galbent le discours et le déroulement symphonique.

 

 

 

 

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BEETHOVEN : Symphonie n°7, « Apothéose de la danse »
Jusqu’au 14 mars 2021

 

 

 

 

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Filmé à Versailles mars 2020 / 250è anniversaire de Beethoven – 46 mn  - VISIONNEZ le CONCERT 7è SYMPHONIE de BEETHOVEN par Les Siècles / François-Xavier Roth, direction :
https://www.france.tv/france-2/integrale-des-symphonies-de-beethoven/1315743-symphonies-n-5-et-7-de-beethoven-par-les-siecles-a-l-opera-royal-de-versailles.html

 

 

 

 

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François Xavier Roth produit un Beethoven racé, trépidant Elégance et nervosité des instruments d’époque. 
Peut-être malgré la suavité heureuse hautbois / flûte accentuant l’énergique Vivace du premier mouvement, on eut souhaiter davantage de furie viscérale en fin d’épisode, vrai appel à la transe ultime du dernier mouvement… mais cette élégance racée, ce souci du détail qui fait sens, rappellent à un Beethoven cérébral (et pas que sauvagement impétueux) ; Roth souligne derrière le génie furieux du geste, l’élégance viennoise de la sonorité d’un maître qui doit beaucoup à Haydn.
L’Allegretto (2è mouvement) est idéalement respecté : pas mortuaire ni pesant mais lui aussi d’une élocution à la fois simple, sobre, d’une clarté absolue. Cette simplicité formelle renvoie à leur épaisseur emplombée (et donc surannée) bien des versions sur instruments modernes : il coule ici une lueur intérieure, à la fois recueillie et tendre absente des lectures précédentes. Ce caractère intimiste restitue au mouvement ailleurs apothéose de grandeur funèbre, sa vitalité heureuse, son indicible pastoralisme (clarinettes, flûte, cor…) chantant qui renvoie pour le coup à la symphonie précédente (la 6è « Pastorale)… La filiation inédite jamais écoutée à ce point de délicatesse, éclairant aussi différemment la tension du contrepoint fuguée, renforce la valeur de cette lecture.
L’apothéose de la danse, de la trépidation rythmique se déploie plus encore dans le Scherzo qui est un presto (3è mouvement), subtilement énoncé, avec une grâce ineffable dans la caractérisation de chaque timbre : vents, bois, cordes, percussions. Le nerf sculpte une fresque dansante aux scintillements ciselés, où gonfle et enfle la caresse en second champs des bois et des vents. Cela relève d’une compréhension profonde de l’espace chez Beethoven, génie de l’orchestration et des plans étagés. FX Roth sait nuancer ; surtout trouver les pauses et les respirations justes qui creusent davantage la profondeur de Ludwig dont la forme semble penser. Remarquable sens du tempo et de la « dramaturgie sonore ».

Avons nous pour autant la transe impérieuse qui doit conduire toute l’énergie du dernier mouvement noté « Allegro con brio »? le galop final est trempé dans l’ardeur et la vaillance, l’esprit de combat, avec des cuivres pétaradants, que l’élégance des cordes adoucit ; d’une rare précision rythmique, le chef insuffle cette vie gorgée d’espoir, de frénésie convulsive, d’esprit de conquête. Eperdu, génial, Beethoven se révèle ici dans un bain de jouvence dyonisiaque. En plus de l’énergie, Roth nous abreuve de sonorités délicates dont chaque accent fait gravir l’architecture lumineuse. Un régal.
Voilà qui confirme l’étonnant et nécessaire apport des instruments d’époque chez Beethoven, d’autant qu’ils sont conduits ici avec une rare intelligence expressive, une claire maîtrise des nuances. Magistral.

TOURCOING : FX Roth dirige les 8è et 9è de Beethoven sur instruments historiques

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les Siècles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250è anniversaire de la naissance, en déc 1770 à Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les Siècles « célèbre la joie et la fraternité des peuples » à travers les 2 dernières symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste à la fraternité concrète et sincère qui s’exprime évidemment dans l’élan exalté, conquérant de son écriture, en particulier dans la dernière, avec chœur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opéra symphonique. Pour les Siècles à venir, en fils de la Révolution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’êtres » ; ce goût du partage et d’un destin commun où chaque homme est frère, illumine et inspire le flux irrépressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9è.

 

 

Nouveau directeur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
François-Xavier Roth dirige Les Siècles pour les 250 ans de Ludvig…

BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Dans le dernier volet, Beethoven met en musique l’Hymne à la joie de Friedrich von Schiller, selon un plan tracé dès ses vingt-deux ans : c’est une prière ardente adressée à tous les être humains, en les exhortant à la joie, l’amitié, la fraternité. Il fusionne dans son oeuvre tous ses idéaux, sa psychologie tourmentée, sa volonté de fer et sa générosité en un style artistique personnel. Comme le chant des instruments, la voix des solistes et du chœur chante l’avènement d’un monde nouveau, d’une société enfin réconciliée et pacifiée… Une vision toujours actuelle et jamais réalisée. L’intérêt du concert est d’offrir une lecture musicale et esthétique de premier plan, utilisant les instruments de l’époque de Beethoven, au moment de la composition et de la création des deux massifs symphoniques ainsi révélés à Tourcoing, soit des années 1820. Concert événement.

 

TOURCOING-ROTH-6-mars-582

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TOURCOING, Théâtre Municipal R. Devosboutonreservation
BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
Gala Beethoven (250e anniversaire)
Vendredi 6 mars 2020 à 20h

INFOS, RESERVATIONS
achetez directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chœur : Mathieu Romano)
Chœur Régional Hauts-de-France
(Chef de chœur : Éric Deltour)

Les Siècles
François-Xavier Roth, direction

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TARIFS
25€, 23€, 10€ -28 ans, 6€ -18 ans
BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

I

TOURCOING, Symphonies n°8 et 9. BEETHOVEN sur instruments d’époque (1820)

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les Siècles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250è anniversaire de la naissance, en déc 1770 à Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les Siècles « célèbre la joie et la fraternité des peuples » à travers les 2 dernières symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste à la fraternité concrète et sincère qui s’exprime évidemment dans l’élan exalté, conquérant de son écriture, en particulier dans la dernière, avec chœur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opéra symphonique. Pour les Siècles à venir, en fils de la Révolution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’êtres » ; ce goût du partage et d’un destin commun où chaque homme est frère, illumine et inspire le flux irrépressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9è.

 

 

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François-Xavier Roth dirige Les Siècles pour les 250 ans de Ludvig…

BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Dans le dernier volet, Beethoven met en musique l’Hymne à la joie de Friedrich von Schiller, selon un plan tracé dès ses vingt-deux ans : c’est une prière ardente adressée à tous les être humains, en les exhortant à la joie, l’amitié, la fraternité. Il fusionne dans son oeuvre tous ses idéaux, sa psychologie tourmentée, sa volonté de fer et sa générosité en un style artistique personnel. Comme le chant des instruments, la voix des solistes et du chœur chante l’avènement d’un monde nouveau, d’une société enfin réconciliée et pacifiée… Une vision toujours actuelle et jamais réalisée. L’intérêt du concert est d’offrir une lecture musicale et esthétique de premier plan, utilisant les instruments de l’époque de Beethoven, au moment de la composition et de la création des deux massifs symphoniques ainsi révélés à Tourcoing, soit des années 1820. Concert événement.

 

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BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
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Vendredi 6 mars 2020 à 20h

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chœur : Mathieu Romano)
Chœur Régional Hauts-de-France
(Chef de chœur : Éric Deltour)

Les Siècles
François-Xavier Roth, direction

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TARIFS
25€, 23€, 10€ -28 ans, 6€ -18 ans
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I

TOURCOING, Symphonies n°8 et 9 de BEETHOVEN sur instruments d’époque (1820)

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les Siècles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250è anniversaire de la naissance, en déc 1770 à Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les Siècles « célèbre la joie et la fraternité des peuples » à travers les 2 dernières symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste à la fraternité concrète et sincère qui s’exprime évidemment dans l’élan exalté, conquérant de son écriture, en particulier dans la dernière, avec chœur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opéra symphonique. Pour les Siècles à venir, en fils de la Révolution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’êtres » ; ce goût du partage et d’un destin commun où chaque homme est frère, illumine et inspire le flux irrépressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9è.

 

 

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BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

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BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
Gala Beethoven (250e anniversaire)
Vendredi 6 mars 2020 à 20h

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chœur : Mathieu Romano)
Chœur Régional Hauts-de-France
(Chef de chœur : Éric Deltour)

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François-Xavier Roth, direction

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I

CD, événement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mère l’Oye / Shéhérazade / Le Tombeau de Couperin, Orchestre Les Siècles, FX Roth – (1 CD – Harmoni mundi / – Avril 2018)

ravel mamere loye oye critique cd review cd les siecles fx roth maestro clic de classiquenews compte rendu critique cd classqiue news musique classique newsCD, événement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mère l’Oye / Shéhérazade / Le Tombeau de Couperin, Orchestre Les Siècles, FX Roth – (1 CD – 56 mn – Harmoni mundi / HMM905281 – Avril 2018). Ma Mère L’Oye, ici, dans sa version complète est ce ballet féerique dont chef et instrumentistes soulignent la richesse inouïe, appelant le rêve, l’innocence et l’émerveillement total ; les interprètes montrent combien Ravel inscrit la fable instrumentale dans l’intimité et la pudeur les plus ciselées, dans cette sensibilité active dont il a le secret. Rien n’est dit : tout est suggéré et nuancé avec le goût le plus discret mais le plus précis.
La partition de 1912 marque une révolution dans l’esthétique symphonique française, – marquante par la cohérence et l’ambition du langage instrumental, marquante surtout par l’extrême raffinement de l’écriture qui explore et réinvente, après Rameau, Berlioz, les notions de couleurs, de nuances, de phrasés. Ravel est un peintre, d’une éloquence vive, soucieux de drame comme de sensualité dans la forme. Il veille aussi à la spatialité des pupitres, imagine de nouveaux rapports instrumentaux : c’est tout cela que l’étonnante lecture des Siècles et de leur chef fondateur François-Xavier Roth nous invite à mesurer et comprendre.

Ravel enchante les contes de Perrault
Magie des instruments historiques

 

ravel-maurice-portrait-compositeur-dossier-ravel-classiquenewsDès le début, l’orchestre chante l’onirisme par ses couleurs détaillés, la pudeur des secrets par des nuances infimes et murmurées ; cette élégance dans l’intonation qui fait de Maurice Ravel, le souverain français du récit et du conte. La douceur magicienne se dévoile avec une puissance d’évocation irrésistible (par la seule magie des bois : Pavane puis Entretiens de la Belle et de la Bête) ; ainsi se précise cette énigme poétique qui est au coeur de la musique, dans les plis et replis d’une Valse, claire et immédiate évocation d’un passé harmonique révolu ?, en sa volupté languissante et dansante.
Le geste du chef, les attaques des instrumentistes cultivent la transparence, la clarté, un nouvel équilibre sonore qui transforment le flux en musical en respirations, élans, désirs caressés, pensées, souvenirs… FX Roth sur le sillon tracé par Ravel fait surgir l’activité des choses enfouies qui ne demandaient qu’à ressusciter sous un feu aussi amoureusement sculpté. Même tendresse et mystère ineffable de « Petit Poucet » (hautbois puis cor anglais nostalgiques, précédant les bruits de la nature la nuit,… très court tableau qui préfigure ce que Ravel développera dans L’Enfant et les sortilèges). Même climat du rêve pour « Laideronnette, impératrice des Pagodes », autre songe enivré dont la matière annonce la texture de Daphnis et Chloé…
Voici assurément une page emblématique de cet âge d’or des la facture française des instruments à vents (Roussel écrit à la même période Le Festin de l’Araignée ; et Stravinksyn bientôt son Sacre printanier, lui aussi si riche en couleurs et rythmes mais dans un caractère tout opposé à la pudeur ravélienne).

La direction de François-Xavier Roth éblouit par sa constance détaillée, murmurée, enveloppante et caressante : un idéal de couleurs sensuelles et de nuances ténues, d’une pudeur enivrante.
D’un tempérament suggestif et allusif, Ravel atteint dans la version pour orchestre et dans le finale « Apothéose / le jardin féerique », un autre climat idéal, berceau d’interprétations multiples, entre plénitude et ravissement. La concrétisation d’un rêve où l’innocence et l’enfance s’incarnent dans le solo du violon… céleste, d’une tendresse enfouie (avant l’explosion de timbres en une conclusion orgiaque).

Magistral apport des instruments d’époque. A tel point désormais que l’on ne peut guère imaginer écouter ce chef d’œuvre absolu, sans le concours d’un orchestre avec cordes en boyau, bois et cuivres historiques.

Plus onctueuse encore et d’une légèreté badine qui enchante par la finesse de son intonation, la suite d’orchestre « Le Tombeau de Couperin », saisit elle aussi par la justesse du geste comme de la conception globale. L’orchestre se fait aussi arachnéen et précis qu’un… clavecin du XVIIIè français, mais avec ce supplément de couleurs et d’harmonies qui sont propres à un orchestre raffiné, d’autant plus suggestif sur instruments historiques. Le caractère de chaque danse héritée du siècle de Rameau (Forlane, Menuet, surtout le Rigaudon final qui est révérence à Charbier et sa Danse villageoise…) s’inscrit dans une étoffe filigrané, intensifiant le timbre et l’élégance dans la suggestion. Là encore, exigence esthétique de Ravel, le retour aux danses baroques s’accompagnent aussi d’une révérence aux amis décédés, comme un portrait musical et caché : à chaque danse, l’être auquel pense Ravel. D’où l’orthodoxie musicale du compositeur vis à vis du genre : le Tombeau est bien cet hommage posthume au défunt estimé (« tombé sur le champs de bataille »). On peine à croire que ces pièces initialement pour piano, trouve ainsi dans la parure orchestrale, une nouvelle vie. Leur identité propre, magnifiée par le chatoiement nuancé des instruments historiques. Magistrale réalisation. Avec le cd Daphnis et Chloé, l’un des meilleurs (également salué par un CLIC de CLASSIQUENEWS).

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CLIC D'OR macaron 200CD, événement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mère l’Oye / Shéhérazade / Le Tombeau de Couperin. 1 CD – 56 mn – Harmoni mundi / HMM905281 – Avril 2018 – CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de mars 2019.

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tracklisting :

Ma mère l’Oye
Ballet (1911-12)
1 – Prélude. Très lent / 3’05
2 – Premier tableau : Danse du rouet et scène. Allegro / 1’58
3 – Interlude. Un peu moins animé / 1’15
4 – Deuxième tableau : Pavane de la Belle au bois dormant. Lent / 1’38
5 – Interlude. Plus lent / 0’50
6 – Troisième tableau : Les Entretiens de la Belle et de la Bête. Mouvement de valse modéré / 4’00
7 – Interlude. Lent / 0’40
8 – Quatrième tableau : Petit Poucet. Très modéré / 3’32
9 – Interlude. Lent / 1’20
10 – Cinquième tableau : Laideronnette, impératrice des pagodes. Mouvement de marche / 3’24
11 – Interlude. Allegro / 1’07
12 – Apothéose : le jardin féerique. Lent et grave / 3’35

13 – Shéhérazade : Ouverture de féerie (1898) / 13’13

Le Tombeau de Couperin
Suite d’orchestre (1914-1917)
14 – I. Prélude. Vif : 3’00
15 – II. Forlane. Allegretto : 5’39
16 – III. Menuet. Allegro moderato : 4’42
17 – IV. Rigaudon. Assez vif : 3’16

CD, critique. BERLIOZ : Harold en Italie / Les Nuits d’été (Zimmermann, Degout, Les Siècles / FX Roth – 1 cd Harmonia Mundi, 2018).

BERLIOZ nuits d ete harold en itlaie les siecles roth zimmermann cd review critique cd par classiquenews musique classique news clic de classiquenews 3149020936825CD, critique. BERLIOZ : Harold en Italie / Les Nuits d’été (Zimmermann, Degout, Les Siècles / FX Roth – 1 cd Harmonia Mundi, 2018). D’emblée, s’impose à nous, le souffle à l’échelle du cosmique, exprimant ce grand désir de Berlioz de faire corps et de communiquer avec une surréalité spectaculaire, à la mesure de sa quête idéaliste. De telle vision conduisent l’orchestre en un parcours expérimental que le collectif sur instruments anciens, Les Siècles concrétise avec une rigueur instrumentale bénéfique ; l’attention et la précision continue du chef fondateur François Xavier Roth font merveille dans une partition inclassable : poème symphonique et concerto pour alto, opéra pour instrument : chaque mesure soliste est ciselée, creusée, habitée ; chaque couleur harmonique intensifiée… en un cycle de visions superlatives qui placent d’abord le geste instrumental au cœur d’une vaste dramaturgie orchestrale.
Dans le I d’Harold (« aux montagnes : mélancolie, bonheur et joie »), le héros / alto s’alanguit, s’enivre, affirmant à l’orchestre prêt à le suivre, ses élans, ses désirs, sa profonde nostalgie (l’Italie reste malgré un contexte médicéen difficile pour Hector,jeune pensionnaire de la villa Medicis à Rome, la source finale d’un grand bonheur artistique). Le premier mouvement du cycle orchestral nuance cet état d’enivrement personnel et un rien narcissique, auquel la vitlalité fruitée de l’orchestre d’instruments d’époque, apporte un soutien palpitant et même électrisée (bien dans la mouvance de l’euphorie révolutionnaire de la Fantastique).
Tout ce premier tableau exprime la facilité du héros (Hector lui-même) à s’enivrer de son propre désir et de son propre rêve, de manière échevelée et éperdue. La fusion sonore entre la soliste (Tabea Zimmermann, qui ne tire jamais la couverture à elle) et de l’orchestre est jubilatoire ; offrant cette extase instrumentale millémétrée, emblème captivant du génie berliozien, divin orchestrateur, alchimiste des couleurs.

Harold captivant, suractif…

150 ans de la mort de BERLIOZLe II permet l’apaisement après la première décharge collective : marqué par la marche des pèlerins dans cette même campagne italienne, Berlioz en capte la douce et pénétrante sérénité crépusculaire : la sobriété, le naturel font la saveur de cette « pause » qui berce par le chant orchestral en béatitude, sur lequel l’alto étire ses longues caresses rassérénées, comme l’écho aux accents des cors enveloppants. Roth respecte à la lettre l’indication « allegretto », allant, léger, veillant à la transparence malgré le chant instrumental là encore d’une grande richesse. L’alto bercé, s’hypnotise, s’enivre dans la paix murmurée : là encore louons l’intonation très juste et foncièrement poétique de Tabea Zimmermann.Soliste et chef adoptent de concert et en complicité un tempo de marche noble et tranquille, à l’énoncé final arachnéen d’une finesse irrésistible.
La volupté du désir amoureux n’est jamais loin chez Berlioz : en témoigne l’épisode III : la Sérénade d’un montagnard des Abruzzes… lui aussi languissant, dans le désir et donc l’attente (pas la frustration) : le caractère rustique se déploie dans le frottement des timbres d’époque, en un élan plein d’espoir (et de promesses pour l’amoureux éperdu ?) : bavard, assez terne dans l’écriture, le tableau pourrait être le moins intéressant : c’était oublié l’hyperactivité des instruments dont on loue encore l’équilibre sonore.
Mordant, le geste de Roth éclaire comme jamais la langueur plus incisive et presque douloureuse de l’orgie de brigands, dont l’énoncé premier sera réutilisé dans le Requiem… de plus en plus syncopé, le flux se fait nerveux, idéalement profilé, jusqu’à la transe collective qui évoque son opéra Benvenuto Cellini et tant d’évocations italiennes ; cette orgie confine au cauchemar dans ses à-coups trépidants, électriques ; ses résurgences symphoniques à la coupe shakespearienne. Brillant, mordant, incisif, d’une finesse permanente, l’orchestre fait mouche dans ce festival de couleurs et d’accents symphoniques.

… mais tristes Nuits

On reste moins convaincus par Les Nuits d’été dans la version pour baryton qu’en offre Stéphane Degout : l’émission manque de naturel, vibrée, comme maniérée (la ligne vocale manque d’équilibre et de continuité, avec des aigus étrangement couverts mais nasalisés, des fins de phrases effilochées, détimbrées…), et dans une prise de son surprenante, qui semble superposer la voix SUR l’orchestre, plutôt comme fusionné avec lui. Pourtant, Les Siècles dévoilent là encore, une suractivité instrumentale réjouissante, faisant de ses Nuits d’été, un voyage d’extase, de ravissement, de plénitude sensoriel, d’une tension inouïe.
Pourtant le choix d’un chanteur masculin s’avère juste dans l’énoncé des poèmes, renforçant l’impression de prise à témoins du public (« Ma belle est morte » / Lamento, « Sur les lagunes » ; »Reviens, reviens ma bien aimée », dans « Absence » ; L’île inconnue…). Avec un autre soliste plus simple dans le style et l’articulation du français, nous tenions là une version superlative.
Nos réserves s’agissant des Nuits d’été ne retire rien à l’excellente lecture d’Harold dont la texture instrumentale et la réalisation expressive produisent une lecture de référence : voilà qui atteste l’apport indiscutable des instruments d’époque dans le répertoire berliozien, et l’on s’étonne que toujours aujourd’hui, prédomine la tenue plus brumeuse et moins caractérisée des orchestres modernes pour Hector comme pour le romantisme français en général.

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CLIC_macaron_20dec13CD, événement critique. BERLIOZ : Harold (soliste : Tabea Zimmermann, alto), Nuits d’été (soliste : Stéphane Degout) – (Les Siècles, François-Xavier Roth – 1 cd HM Harmonia Mundi). Enregistrements réalisés en août 2018 (Les Nuits d’été, Alfortville) et mars 2018 (Paris, Philharmonie).

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APPROFONDIR

LIRE AUSSI notre grand dossier HECTOR BERLIOZ 2019 :

BERLIOZ 2019 : dossier pour les 150 ans de la mort

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsBERLIOZ 2019 : les 150 ans de la mort. 2019 marque les 150 ans de la mort du plus grand compositeur romantique français (avec l’écrivain Hugo et le peintre Delacroix) : Hector Berlioz. Précisément le 8 mars prochain (il est décédé à Paris, le 8 mars 1869). Triste anniversaire qui comme ceux de 2018, pour Gounod ou Debussy, ne lève pas le voile sur des incompréhensions ou des méconnaissances mais les augmentent en réalité ; car les célébrations souvent autoproclamées et pompeuses, n’apportent que peu d’avancées pour une juste et meilleure connaissance des intéressés. Qu’ont précisément apporté en 2018, les anniversaires Gounod et Debussy ? Peu de choses en vérité, sauf venant de la province, soit disant culturellement plus pauvre et moins active que Paris : voyez Le Philémon et Baucis, joyau lyrique du jeune Gounod révélé par l’Opéra de Tours / fev 2018 ; et le Pelléas et Mélisande de Debussy désormais légendaire du regetté Jean-Claude Malgoire à Tourcoing / mars 2018… LIRE notre grand dossier Hector Berlioz 2019

 

 

JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames, Saintes. Stage estival 2014. Reportage vidéo

concert-joa saintes JOAA l’été 2014, dans le cadre du Festival estival de Saintes, le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames à Saintes, travaille et propose sous la voûte de l’Abbaye, un nouveau programme, d’autant plus formateur qu’il réunit Grande Fugue de Beethoven, Concerto en ré de Stravinsky, Concerto pour violon de Robert Schumann… un défi sur instruments d’époque qui nécessite outre une technique particulière sur les cordes, de changer d’archets, sous la conduite du chef et violoniste Alexander Janiczek, à la fougue rare et communicante… grand reportage vidéo © CLASSIQUENEWS.COM 2014

Nouvelle tournée du Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames en novembre 2014 :

 

Moccia-alessandro-violon-Orchestre-des-champs-elysees-saintes-JOA-jeune-orchestre-de-l--abbayeHaydn, Beethoven :
le JOA à l’épreuve symphonique
Nouvelle tournée du JOA
Du 17 au 23 novembre 2014
3 concerts publiques, les 21, 22 et 23 novembre 2014

Concert au lycée Bellevue à Saintes le 21 novembre
(dans le cadre des actions de médiations, rencontre avec les élèves, véritable échange avec les musiciens : les jeunes instrumentistes rencontrent les élèves internes pour discuter avec eux de musique classique)

Concert à Saintes, Abbatiale le 22 novembre, 20h30

Concert à Paris, Hôtel des Invalides, le 23 novembre 2014
3ème concert de ce type à Paris

 

 

VIDEO : voir le JOA sous la direction de Philippe Herreweghe interpréter la Symphonie N°1 “Titan” de Gustav Mahler (Abbatiale de Saintes, festival de Saintes, juillet 2013)

Vidéo. La Symphonie des Lumières (Nicolas Simon, direction)

Nicolas Simon, symphonie des lumièresLa Symphonie des Lumières … En mai 2013, le violoniste Nicolas Simon, ancien apprenti musicien au sein du JOA, Jeune Orchestre Atlantique, propose l’un de ses premiers concerts comme chef d’orchestre avec l’ensemble qu’il vient de fonder, La Symphonie des Lumières. Entretien avec le chef fondateur passionné par la recherche et l’interprétation sur instruments anciens…
La Symphonie des Lumières & Nicolas Simon, direction
Tempête et passion

Nouvelle phalange sur instruments d’époque née en 2012, La Symphonie des Lumières entend restituer le jeu et l’espace sonore des oeuvres symphoniques anciennes, de 1750 à 1850, soit du néoclassicisme post baroque au plein romantisme. Il s’agit d’éclairer d’une nouvelle manière, la sonorité comme les conditions d’écoute dont l’éclairage d’époque par exemple… Clarté mesurée, mais expressivité et présence renforcées, la proposition a tout pour séduire. Cordes en boyaux, vents et bois, cuivres et percussions historiques, jeu millimétré, la palette des bénéfices est multiple ; elle a déjà démontré ses apports grâce aux orchestres précédents dont l’Orchestre des Champs-Elysées, surtout Les Siècles, ensemble exemplaire à ce titre dont Nicolas Simon, fondateur des Lumières, est un ancien membre… et le brillant disciple de François-Xavier Roth. Alliages des timbres plus éclatants et mordants, acuité des aspérités de chaque pupitre, sonorité restituée selon la richesse et l’éclat retrouvé de chaque instrument, la Symphonie des Lumières prolonge l’acte défricheur et régénérateur de ses aînés, avec une sensibilité nouvelle : rétablir l’équation magicienne entre clarté sonore, scintillement musical, écriture orchestrale, mais aussi environnement d’écoute et de réception.

Tournée :
La Coupole (Scène Nationale de Sénart), 5 avril 2013
Abbaye aux Dames (Saintes), 21 mai 2013 à 20h30 

Clarté et sonorité d’époque

Lumières révélatrices. A la différence des instruments modernes, les instruments d’époque restituent les oeuvres dans leurs proportions d’origine, leurs couleurs initiales avec un mordant expressif, une finesse d’attaque, des alliages idéalement vifs et dévoilés dans leur richesse première. Tout cela compose un enjeu esthétique de première importance qui fonde la démarche du chef et de son nouvel orchestre si bien nommé. Le choix des instruments est ici majeur car il influence directement la nature du son, son intensité, sa couleur : les perces anciennes sont souvent plus fines, produisant une sonorité plus  typée et caractérisée ; moins puissante mais plus riche et plus profonde. Le gain en terme de timbre et de couleur l’emporte sur la puissance globalisante.

Le programme ” Tempête et Passion ” éclaire les contrastes passionnés (néoclassiques ou préromantiques?), le clair-obscur des partitions qui en font sur le mode instrumental, des opéras frappant par leurs vertiges dramatiques, voire leur justesse psychologique. Sturm und Drang, tempête et passion, voilà un courant esthétique propre aux pays germaniques vers 1770 quand Goethe, premier romantique européen, à l’époque où Mozart enflammait les cœurs lyriques de son Lucio Silla, et Gluck réalisait sa révolution à Paris-, écrivait Les souffrances du jeune Werther (1774). En musique, les accords et les plaintes, les élans et les suspensions de l’âme dessinent d’aussi contrastés passages: ici, règnent la sincérité du geste, la criante et brûlante vérité du verbe instrumental grâce à la lumière retrouvé des sons d’origine. Haydn, Mozart et Carl Philipp Emanuel Bach, fils surdoué de son père expriment chacun à sa manière, dans le genre symphonique et concertant, éclairs et crépuscules du Strum und drang musical.

“Tempête et Passion”
La Symphonie des Lumières
Direction, Nicolas Simon
Piano solo : Vanessa Wagner

Carl Philipp Emanuel Bach, Symphonie hambourgeoise en si bémol majeur
Joseph Haydn, Symphonie n°49 en fa mineur
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n°9 K 271 en mi bémol majeur

le 5 avril 2013, à 20h30
La Coupole
(Scène Nationale de Sénart, Combs-la-Ville)

 

le 21 mai 2013, à 20h30
Abbaye aux Dames
Nicolas Simon © P.Charles (noir et blanc) idem; dirigeant (couleur) © N.Colmez