PARIS. RĂ©cital de piano : Jean-Nicolas DIATKINE Ă  GAVEAU

Jean-Nicolas Diatkine Ă  GaveauPARIS, Gaveau. 3 avril 2019, 20h. RĂ©cital JN DIATKINE, piano. Classiquenews avait dĂ©jĂ  remarquĂ© le jeu facĂ©tieux mais prĂ©cis, imaginatif mais juste du pianiste Jean-Nicolas Diatkine (Ă  Gaveau aussi en nov 2014 : programme Ravel, Chopin…). C’est un lutin Ă©clairĂ© et cultivĂ© qui lui-mĂŞme cherche et trouve des filiations poĂ©tiques secrètes d’un musicien l’autre, d’une partition Ă  un Ă©crivain (ainsi Proust parlant de Chopin…). L’éclectisme des programmes nourrit en rĂ©alitĂ© une riche rĂ©flexion sur le jeu des inspirations, sur la construction des Ă©difices poĂ©tiques… C’est Ă©videmment le cas de ce nouveau rĂ©cital qui marie Mozart (gluckiste, et d’une gravitas enfin apaisĂ©e dans l’Adagio k540), Beethoven (passionnĂ©, conquĂ©rant, inflexible) et Chopin (mĂ©lancolique et langoureux mais surtout vif, nerveux, fier…).

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDDans l’Appassionnata, Beethoven alors au service du Prince Lichnowsky, refuse de jouer pour les Français de Napoléon qui occupent son palais : Lichnowsky fait enfoncer la porte de la chambre du compositeur qui s’y était réfugié ; mais Beethoven fier comme un paon, s’obstine et quitte les lieux (et son protecteur à Vienne). Dans une lettre demeurée fameuse, il exprime comme Mozart, l’unicité et l’indépendance non serviles de son génie : « « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-même. Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven – signé : Beethoven ». JN Diatkine saura souligner entre chaque note musicale, cette assurance qui n’est pas arrogance mais suprême conscience de la pureté de son art. Inflexible Beethoven et tellement naïf aussi.

Puis la main preste, allégée, s’accorde à la pensée fugace des Préludes, ceux de Chopin : 24 esquisses dont l’acuité critique du pianiste révélera surtout le fourmillement des idées, jaillissantes, fulgurantes. Mais le génie de Chopin tient surtout à sa relecture du genre emblématique de la dignité de sa nation, occupée, meurtrie, martyrisée : dans la Polonaise opus 53, il y a certes le souvenir de la marche noble des princes en représentation ; il y a surtout l’expression intime d’une blessure qui sublime la souffrance en … grâce. Magie de l’acte créateur et poétique.

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RĂ©cital Jean-Nicolas DIATKINE, piano

PARIS, Salle Gaveau
Mercredi 3 avril 2019, 20h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.sallegaveau.com/spectacles/jean-nicolas-diatkine-piano

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Programme: 

Mozart :
Adagio K. 540 et Variations sur un thème de Gluck K. 455

Beethoven :
Sonate n°23 op.57 « Appassionata”

Chopin :
24 Préludes (1839)
Polonaise op. 53 “HĂ©roĂŻque” (1842)

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Salle Gaveau Ă  PARIS
45-47 rue La Boétie
75008 PARIS
01.49.53.05.07

Gaveau : Elizabeth Sombart joue les Concertos de Chopin

SOMBART_NB_260_clavier_elisabeth_sombartParis, salle Cortot. RĂ©cital Chopin. Elizabeth Sombart, le 14 fĂ©vrier 2016, 17h30. Pianiste engagĂ©e, soucieuse de transmettre et de rendre accessible au plus grand nombre, la musique classique, Elizabeth Sombart aborde Ă  Paris, un compositeur qu’elle sert avec passion et profondeur, FrĂ©dĂ©ric Chopin. Etre lĂ©gendaire, d’une tendresse mozartienne qui ouvrit des perspectives inĂ©dites, crĂ©pusculaires et intimes, alors Ă  l’Ă©poque oĂą Liszt enflammait par son brio virtuose voire pĂ©taradant, les audiences europĂ©ennes, Chopin a nĂ©anmoins traitĂ© la forme concertante d’une virtuositĂ© cependant introspective et mĂŞme passionnĂ©e. En tĂ©moignent ses deux Concertos de jeunesse, composĂ©s en Pologne avant sa dĂ©part pour Vienne et la France. D’une subtilitĂ© allusive dont elle a le secret, la pianiste Elizabeth Sombart, crĂ©atrice de la Fondation RĂ©sonnance depuis 1998, ne cesse de s’impliquer dans l’explicitation gĂ©nĂ©reuse et limpide du pianisme chopinien. En fondant la fondation RĂ©sonnance (qui a son siège Ă  Morges en Suisse et compte de nombreuses Ă©coles de musique), Elizabeth Sombart s’engage pour rendre accessible l’expĂ©rience de la musique classique au plus large public, le public habituĂ© des concerts certes mais aussi les patients et rĂ©sidents des lieux de souffrance (maison de vie, retraitĂ©s, hĂ´pitaux) : en un dialogue tĂ©nu, silencieux et pourtant immĂ©diat, la pianiste sait rĂ©tablir ce lien entre auditeurs et instrumentiste, dans ce cycle dĂ©sormais rĂ©unifiĂ© que suscite le temps du jeu musical… Son approche a Ă©tĂ© marquĂ©e par la phĂ©nomĂ©nologie apprise auprès du chef d’orchestre Sergiu Cilibidace entre autres.

SOmbart Quatuor resonances elizabeth sombart concert Chopin concertos pour piano version de chambreConcentrĂ© et inspirĂ©, le jeu d’Elizabeth Sombart tĂ©moigne d’une quĂŞte permanente, exigente et sincère, que stimule une sensibilitĂ© Ă©tonnante aux champs intĂ©rieurs. Son Chopin toujours fraternel et hypnotique ne laisse pas de nous captiver. Le 14 fĂ©vrier 2016, salle Cortot Ă  Paris, l’interprète s’intĂ©resse Ă  nous offrir sa version des deux Concertos pour piano de Chopin, en effectif chambriste (avec un quatuor Ă  cordes) soit la complicitĂ© de musiciens qui partagent avec elle, cet amour du jeu et du don collectif. Concert Ă  Paris, Salle Cortot, incontournable.

 

 

 

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Le Concerto pour piano n°1 est dĂ©diĂ© au prodige Kalkbrenner qui le crĂ©Ă©e Ă  Varsovie le 11 octobre 1830. Chopin y signe sa dernière offrande encore juvĂ©nile mais très inspirĂ©e (comme le souligne Ravel contre les dĂ©tracteurs qui le tiennent pour une maladresse fruit de l’inexpĂ©rience…), avant son dĂ©part pour Vienne puis Paris, oĂą ne rejoignant jamais Londres comme il en avait fait le projet, il meurt prĂ©cocĂ©ment en 1849 (Ă  l’âge de 30 ans). Plan : allegro maestoso, Romance (larghetto), Rondo vivace. La Romance centrale est celle qui dĂ©voile dĂ©jĂ  le mieux ce qu’est le caractère intime et profond de Chopin : elle annonce ses futurs Nocturnes, inscrits voire ensevelis dans plis et replis d’une vie intĂ©rieure secrète mais riche et active.

chopin_frederic portrait chopin classiquenewsLe Concert pour piano n°2 est crĂ©Ă© Ă  Varsovie lui aussi mais avant le n°1, c’est Ă  dire le 17 mars 1830 Ă  Varsovie, en hommage Ă  la Comtesse Potocka. Il est plus contrastĂ© voire impĂ©tueux que le Concerto n°1. Plan : Maestoso. Larghetto puis Allegro vivace. Le larghetto est en fait une longue cantilène Ă  l’italienne : allusivement dĂ©diĂ©e Ă  une femme aimĂ©e, Konstanze Gladowska, la pièce suit les mĂ©andres d’une douce dĂ©clartion amoureuse Ă  peine masquĂ©e dont Chopin aime cultiver la ligne suspendue Ă©tirĂ©e. Son impact se ressent jusqu’Ă  Schumann et Liszt qui s’en souviendront dans leurs Concertos respectifs (en mi bĂ©mol majeur pour le second). Loin d’ĂŞtre ses esquisses maladroites qu’on a bien voulu Ă©crire et rĂ©pandre, les deux Concertos polonais de Chopin expriment au plus près, l’âme ardente, Ă©prise du Mozart romantique, nĂ© pour faire chanter le piano.
Elizabeth Sombart en révèle à Paris, la tendresse éperdue, juvénile, ardente, dans une version chambriste pour piano et instruments à cordes.

 

 

 

Concertos de Chopin (version pour quatuor)
Concerto n°1 en mi mineur, op. 11
Concerto n°2 en fa mineur, op. 21

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et le Quatuor RĂ©sonance
Fabienne Stadelman, alto
Lucie Bessière, violon
Nathanaëlle Marie, violon
Christophe Beau, violoncelliste

 

 

boutonreservationEn concert Ă  la Salle Cortot
Le Dimanche 14 février 2016 à 17h30
78, rue Cardinet – 75017 Paris
Tarifs: de 16 Ă  25 euros
Location: 01 43 37 60 71

 

 

VOIR notre reportage Elizabeth Sombart joue auprès des patients en souffrance…

 

Elizabeth Sombart, piano, la musique à l'hôpital, récital, RésonnanceLa musique à l’hôpital. La pianiste Elizabeth Sombart se dédie totalement à la diffusion de la musique classique hors des salles de concerts. En témoigne son récital offert aux résidents de la Maison Saint-Jean de Malte (Paris 19ème ardt). Le programme est choisi par les résidents ; le partage, la rencontre sont au coeur d’une expérience intense, profondément humaniste et fraternelle. Reportage vidéo exclusif CLASSIQUENEWS.COM (réalisé en novembre 2013). VOIR notre reportage vidéo complet

 

Festival Arpeggiata, Christina Pluhar Ă  Gaveau

pluhar PLUHAR CHRISTINA arpeggiata festival 2015 CLASSIQUENEWSPARIS, salle Gaveau. Festival L’Arpeggiata. les 14 et 15 novembre 2015. Week end L’Arpeggiata / Christina Pluhar : 4 concerts.  1 concert le samedi, 3 concerts enchaĂ®nĂ©s dans l’esprit d’une fĂŞte familiale dimanche. La thĂ©orbiste et chef d’orchestre, Christina Pluhar qui a la goĂ»t des autres et du partage, propose un week end mĂ©morable fondĂ© sur les mĂ©tissages, la rencontre, les regards croisĂ©s, et la souveraine sensualitĂ© baroque (celle en particulier de Cavalli et de Purcell…), autour de la pratique sur instruments anciens baroque et l’improvisation jazz… Au programme : tarentelles trĂ©pidantes et improvisations, voix fabuleuses, danses endiablĂ©es, humour et cocktail de surprises… Pour fĂŞter ses 15 ans d’existence, comme fondatrice de l’ensemble sur instruments anciens L’Arpeggiata, Christina Pluhar au thĂ©orbe dirige ses amis et partenaires de longue date pour un cycle de concerts commĂ©moratifs oĂą l’amitiĂ©, la complicitĂ© et le partage au service des oeuvres baroque sont Ă  l’honneur.

 

 

samedi 14 novembre 2015


Cavalli révélé
21h : Francesco Cavalli « L’Amore innamorato »
Programme du nouveau disque de l’Arpeggiata (parution le 23 octobre chez Erato, CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2015, critique complète sur classiquenews.com).

dimanche 15 novembre 2015
16h30 : concert anniversaire « Arpeggiata – 15 ans ! » programme surprise
20h30 : « Music for a while », cycle d’improvisations d’après les musiques d’Henry Purcell
23h : « JAM SESSION – Late Night Club »

 

 

 

Samedi 14 novembre 2015

Cavalli_francesco21h : Francesco Cavalli « L’Amore innamorato ». Programme du nouveau disque de l’Arpeggiata (parution le 23 octobre chez Erato).
Pour fĂŞter la sortie du nouveau disque de l’Arpeggiata, le festival 15 ans! s’ouvrira le 14 novembre avec un beau programme composĂ© d’arie et lamenti des opĂ©ras de Francesco Cavalli. Pour l’occasion, les sopranos Nurial Rial et Hana BlazĂ­ková, qui ont participĂ© Ă  l’album, chanteront la lyre sensuelle et Ă©rotique de Cavalli, le plus grand compositeur d’opĂ©ras au XVIIè, grand invitĂ© de Mazarin pour jouer Ă  Paris, Xerse (1660) et Ercole Amante (1661) pour le mariage du jeune Louis XIV avec l’Infante Marie-ThĂ©rèse d’Autriche. Les musiciens de l’Arpeggiata joueront Ă©galement une sĂ©lection de pièces instrumentales virtuoses et feront renaitre au cĹ“ur de Paris, l’éclat de la flamboyante Venise…

Dimanche 15 novembre 2015

pluhar PLUHAR CHRISTINA arpeggiata festival 2015 CLASSIQUENEWS16h30 : Arpeggiata – 15 ans ! Concert anniversaire – programme surprise
Quinze ans déjà que l’ensemble l’Arpeggiata enchante les auditeurs du monde entier !
Ce concert anniversaire est l’occasion de revenir sur quinze années d’aventures musicales, en partageant avec le public un spectacle exceptionnel et unique. On y retrouvera bien entendu les fidèles musiciens et chanteurs de l’ensemble. Au programme : tarentelles trépidantes, improvisations entre baroque et jazz, voix envoûtantes, danses endiablées, humour, complicité, partage : Christina Pluhar s’est entendu comme personne à culitver les amitiés artistiques, regroupant autour d’elle des partenaires forts comme Philippe Jaroussky à ses débuts, toute une nouvelle génération de chanteurs et d’instrumentistes passionnés par l’interprétation historiquement informée et la maîtrise des instruments d’époque… L’intuition et le tempérament de la théorbiste fondatrice de L’Arpeggiata l’ont conduit à défricher, explorer, expérimenter, parfois en associant des styles en périphérie de la pratique orthodoxe, ce qui lui a valu des critiques souvent excessives : pourtant et jazz ont en gène commun, l’art subtil de l’improvisation.

20h30 : « Music for a while » Improvisations sur Henry Purcell
Purcell-portraitRetrouvons Christina Pluhar et l’Arpeggiata à la croisée des mondes avec le programme «Music for a while», une parenthèse audacieuse, mêlant la pure tradition baroque et l’improvisation jazz. Avec les solistes Céline Scheen et Vincenzo Capezzuto, la musique de Purcell révèle toute sa finesse, sa beauté et se pare d’une dimension nouvelle grâce aux chaleureuses improvisations des musiciens de l’Arpeggiata, rejoints pour l’occasion par le clarinettiste Gianluigi Trovesi et son phrasé unique. C’est une véritable invitation au rêve, qui révèle la justesse émotionnelle et la modernité extraordinaire de la musique de Henry Purcell, le plus grand auteur britannique du XVIIè, l’égal de Cavalli à Venise.

23h : « JAM SESSION – Late Night Club »
Christina Pluharfoto: Marco BorggreveLe mélange des genres musicaux est aujourd’hui devenu une spécialité de Christina Pluhar et de son ensemble audacieux. Si les incursions jazzistiques de l’ensemble et les multiples talents musicaux des musiciens de l’Arpeggiata ont su vous séduire voire vous envoûter, ce concert de clôture du festival est fait pour vous. Christina Pluhar invite les musiciens jazzy de l’ensemble et leur donne carte blanche pour une joute virtuose et expérimentale unique et prometteuse.

 

 

Artistes annoncĂ©s au festival L’Arpeggiata – 15 ans !

L’Arpeggiata – Christina Pluhar

Nuria Rial, soprano
Vincenzo Capezzuto, alto
Nahuel Pennisi, voix & guitare
Ensemble Barbara Furtuna
Gianluigi Trovesi, clarinette
Anna Dego, teatro-danza
et invitĂ©s surprise…!

Doron Sherwin, cornet Ă  bouquin
Veronika Skuplik, violon baroque
Margit Übellacker, psaltérion
Sarah Ridy, harpe baroque
Eero Palviainen, archiluth, guitare baroque
Marcello Vitale, chitarra battente, guitare baroque
Rodney Prada, viole de gambe
David Mayoral & Sergey Saprichev, percussions
Boris Schmidt, contrebasse
Francesco Turrisi, clavecin & piano
Haru Kitamika, clavecin & orgue positif

Christina Pluhar, théorbe & direction

Christina Pluharfoto: Marco BorggreveEn 2000 naissait l’ensemble l’Arpeggiata, collectif ou plutôt famille fondé par la théorbiste, harpiste et chef d’orchestre Christina Pluhar. Leur succès dure depuis 15 ans maintenant. Depuis sa création, L’Arpeggiata a donné environ 800 concerts en Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Asie et Australie. L’ensemble a enregistré 13 albums (près de 600.000 disques vendus…) dédiés principalement à l’expression des passions humaines à l’âge baroque, avec une prédilection pour les compositeurs italiens du Seicento, dont Monteverdi bien sûr et aujourd’hui, Cavalli et Purcell.

 

 

 

boutonreservationInfos, réservations sur le site de la salle Gaveau, Paris
Samedi 14 novembre 2015 Ă  21h
Dimanche 15 novembre 2015 Ă  16h30, 20h30, 23h

Cocktail offert l’issue du concert pour toutes les places en CATEGORIE OR

Tarif Abonnement* : -20% Ă  partir de deux concerts de l’Arpeggiata les 14 et 15 novembre (sauf “Jam Session – Late Night Club”)

 

 

Cavalli rĂ©vĂ©lĂ©CD. LIRE notre critique complète du disque L’amore innamorato : Cavalli, extrait d’opĂ©ras par L’Arpeggiata et Christina Pluhar … “Ne distinguons que quelques exemples d’un programme très cohĂ©rent oĂą deux voix fĂ©minines incarnent intensĂ©ment les accents les plus expressifs et les plus divers de la lyre cavallienne.  Saluons l’éloquence ciselĂ©e très finement articulĂ©e de la soprano ibĂ©rique Nuria Rial qui traversant tous les paysages Ă©motionnels du programme nouveau de L’Arpeggiata, captive par sa subtilitĂ© dramatique et la suavitĂ© de son chant incarnĂ©”…

Cyril Huvé fête le centenaire Scriabine

Cyrilhuve_webParis, Salle Gaveau. Cyril HuvĂ©, piano. RĂ©cital Scriabine, le 3 mars 2015, 20h30. Elève de Claudio Arrau et de György Cziffra, Cyril HuvĂ© – Victoire de la musique classique 2010 (pour un superbe programme Mendelssohn sur instrument d’époque), offre Ă  l’occasion du centenaire Scriabine, un rĂ©cital dĂ©diĂ© Ă  l’auteur de Vers la flamme, aphorisme musical d’une profondeur inĂ©galĂ©e. Entre ivresse et vertige, quĂŞte mystique et sublimation musicale, l’écriture d’Alexandre Scriabine prolonge Chopin et Liszt et annonce Satie, Debussy, Stockhausen… les modernes Ă  venir après lui. ProfondĂ©ment touchĂ© par la thĂ©osophie, Scriabine double l’expĂ©rience musicale et donc pianistique, d’une exigence spirituelle oĂą les notions de mort, de rĂ©surrection, de salut sont manifestement abordĂ©es. LIRE notre dossier Alexandre Scriabine 2015.

Alexandre ScriabineConcis, suggestif, essentiel, l’art de Scriabine témoigne d’un penseur hors normes qui contemporain et ami de Rachmaninov, fut un prophète. Salle Gaveau, mardi 3 mars 2015, Cyril Huvé joue :

Alexandre Scriabine

Préludes opus 9, 11 et 13

Etudes opus 8 n°2, n°12

Fantaisie opus 28 en si mineur

Sonate n°5

Masque opus 63

Etrangeté opus 63

Poème nocturne opus 61

Vers la flamme opus 72

Le récital commence par la Sonate funèbre opus 35 de Chopin.

Cyril Huvé vient de publier un nouveau cd chez Paraty : dédié à Franz Liszt (Carnet d’un Pèlerin, sur piano Steinweg 1875 : Sposalizio, Il Penseroso, Sonnet de Pétrarque, Après une lecture de Dante…).

Le pianiste Jean-Nicolas Diatkine Ă  Gaveau

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDParis, Salle Gaveau, le 12 novembre 2014, 20h30. RĂ©cital Jean-Nicolas Diatkine, piano. Beethoven, Brahms, Ravel, Chopin marquent chacun un jalon dans les traversĂ©es intĂ©rieures que propose le pianiste Jean-Nicolas Diatkine. Dans la Vienne du premier romantisme, les Sonates pour piano de Beethoven font l’admiration des mĂ©lomanes : dans les salons de la bonne sociĂ©tĂ© oĂą le dĂ©coratif et le moderne stimulent l’attrait pour l’Ă©lĂ©gance musicale, la personnalitĂ© de monsieur Ludwig Van Beethoven intrigue dĂ©jĂ . Victime de son succès fracassant, le compositeur pianiste regrette que bon nombre d’Ă©diteurs publient sans son contrĂ´le, de nombreuses transcriptions de ses oeuvres. La Sonate n°9 prend le contrecoup de cette usurpation organisĂ©e : Beethoven en Ă©crit lui-mĂŞme la transcription pour quatuor Ă  cordes : dans sa conception mĂŞme pour le piano, Ludwig y concentre et renouvelle dans le mĂŞme temps le principe des 4 voix dialoguĂ©es (dans l’esprit facĂ©tieux, resserrĂ©, Ă©lĂ©gantissime du modèle pour tous, Haydn). Les 4 parties discutent et concertent sur le clavier avec une telle souplesse et vivacitĂ© que l’on pense Ă  l’inverse : Beethoven n’aurait-il pas Ă©crit d’abord le quatuor puis sa transcription pour le piano seul ?… Depuis la madrigal monteverdien, jamais le musique n’aura Ă  ce point exprimer la volubilitĂ© concertante, le plaisir rare et d’un instant partagĂ©, vĂ©cu Ă  … quatre, comme l’emblème d’une conversation fraternelle… dĂ©jĂ  se profile la fraternitĂ© de l’Hymne Ă  la joie, composĂ© effectivement 25 ans après.

A l’inverse, Brahms dans ses huit pièces de l’opus 76 se replie en une introspection fĂ©conde, d’une rare intĂ©rioritĂ© qui sait pourtant comme Sibelius, interroger le mystère de la nature, comme s’il s’agissait d’Ă©tablir une secrète correspondance entre les Ă©lans de l’âme solitaire avec les phĂ©nomènes du cosmos. En rĂ©fĂ©rences Ă  Mendelssohn, le critique Hansslick, son champion, vivement remontĂ© contre Wagner alors, y  parle de “Romances sans paroles” : plĂ©nitude expressive des notes, aussi puissantes que les mots du poète.

 

 

 

De la Structure Ă  la Magie

Jean-Nicolas Diatkine Ă  Gaveau

 

diatkine jean nicolas piano salle gaveauDans Gaspard de La Nuit, d’après les trois poèmes d’Aloysius Bertrand (1820), Ravel  ressuscite les mondes enchantĂ©s fantastiques du romantisme germanique le plus troublant. Jean-Nicolas Diatkine prĂ©cise combien l’Ă©criture filigranĂ©e et ciselĂ©e du musicien rĂ©pond prĂ©cisĂ©ment au raffinement parfois dĂ©lirant mais subjuguant du poème originel : “Soulignons seulement comment Ravel y  exprime le caractère diabolique du lutin Scarbo : Tout en se dilatant jusqu’ Ă  devenir aussi grand qu’une cathĂ©drale puis rĂ©trĂ©cir et disparaĂ®tre sous le lit, il Ă©met toutes sortes de sons inquiĂ©tants auxquels se mĂŞlent des caractères de danse hispaniques parfaitement reconnaissables. La fĂ©minitĂ© de ces rythmes diaboliques nous emmène  bien loin  de MĂ©phistophĂ©lès tel que Liszt le conçoit dans sa valse du mĂŞme nom, valse dont la virtuositĂ© a pourtant certainement  influencĂ© Ravel dans sa composition “, l’on ne saurait ĂŞtre plus sensible et ouvert Ă  la puissante et fĂ©conde magie du miroitement poĂ©tique.

Diatkine jean nicolas piano salle gaveau diatkine jean nicolas ditakine pianiste 428589_jean-nicolas-diatkine-recital-de-piano-1_203319Le rĂ©cital Ă©vĂ©nement de Jean-Nicolas Diatkine se conclue par les Trois Mazurkas, et la Sonate N°3 op.58 de FrĂ©dĂ©ric Chopin dont on ne souligne pas assez l’intensitĂ© douloureuse parfois impĂ©tueuse et puissante de l’Ă©toffe musicale : si Liszt brille et pavane, volontiers dĂ©monstratif et toujours très virtuose, surtout pendant sa pĂ©riode de rĂ©citaliste-, FrĂ©dĂ©rici Chopin tout en cultivant le murmure crĂ©pusculaire et les climats allusifs, exprime tout autant une Ă©tonnante force de dĂ©termination.  Jean-Nicolas Diatkine nous rappelle l’expression du compositeur, ici particulièrement emblĂ©matique : « La plume me brĂ»le les doigts ». Le pianiste ajoute, pour conclure sa prĂ©sentation du programme Ă  Gaveau : “Laissons donc le dernier mot Ă  Marcel Proust : « Les phrases au long col sinueux et dĂ©mesurĂ© de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent par chercher et essayer leur place en dehors et bien loin de la direction de leur dĂ©part, bien loin du point oĂą on avait su espĂ©rer qu’atteindrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet Ă©cart de fantaisie que pour revenir plus dĂ©libĂ©rĂ©ment – d’un retour plus prĂ©mĂ©ditĂ©, avec plus de prĂ©cision, comme sur un cristal qui rĂ©sonnerait jusqu’à faire crier – vous frapper au cĹ“ur. »

RĂ©cital du pianiste Jean-Nicolas Diatkine. Paris, Salle Gaveau, mercredi 12 novembre 2014, 20h30.

Programme

Beethoven, Sonate N°9 op.14 N°1
Brahms, Huit pièces pour piano op.76
Ravel, Gaspard de la Nuit
Chopin, Trois Mazurkas, Sonate N°3 op.58

Jean-Nicolas Diatkine : en savoir plus

À lire et à écouter 

Critique musicale sur France Musique, émission « Changez de disque » : 
http://bit.ly/1lPndjQ
Interview de Jean-Nicolas Diatkine par Thierry Vagne: 
http://vagnethierry.fr/jean-nicolas-diatkine/ 
Vidéo du concert de Jean-Nicolas Diatkine du 5 décembre 2011, salle >
Gaveau: http://youtu.be/B-PQGZe_IGY
Son CD consacré à Liszt, Schumann & Bonet, est disponible sur 
Qobuz.com: http://bit.ly/131bciE
La page officielle facebook de JN Diatkine: https://www.facebook.com/jean.nicolas.diatkine.pianiste 

Discographie 

Beethoven : n° 21 en do Majeur, opus 53,Waldstein –  Robert Schumann : Carnaval, opus 9. Enregistrement 2012.   Franz Liszt : Sonate en si mineur - Robert Schumann : Kreisleriana - Narcis Bonet : Cincos Noturnos (ParnassiĂ© Editions 2007).  SĂ©lection de MĂ©lodies de Georges Bizet avec Zeger Vandersteene, tĂ©nor (Gents MuzikaalArchief 2006).  Les 16 MĂ©lodies de Henri Duparc avec Zeger Vandersteene, tĂ©nor (Gents MuzikaalArchief 2005). 

 

Informations pratiques salle Gaveau 

Mercredi 12 novembre 2014 Ă  20h30
Salle Gaveau
45 rue de la Boétie
75008 Paris
Tarifs : 45 €, 35 €, 25 €, 15 €
RĂ©servation : 01 49 53 05 07
www.sallegaveau.com 

Compte rendu, concert. Paris. Salle Gaveau, le 14 février 2014. Le mystère Bizet, de et par Eric-Emanuel Schmitt. Avec Karine Deshayes, mezzo soprano. Philippe Do, ténor. Nicolas Stavy, piano.

bizet_mystere_schmitt_theatre_operaCompte-rendu : Le Mystère Bizet … En près de deux heures, Eric-Emanuel Schmitt dĂ©mĂŞle la carrière d’un gĂ©nie romantique français : Georges Bizet. Un gĂ©nie prĂ©coce et trop prometteur, puis des alĂ©as et beaucoup de compromis (malheureux ?), enfin l’accomplissement grâce Ă  son dernier opĂ©ra (il Ă©tait temps) : Carmen, coup de gĂ©nie mais qui demeure de son vivant totalement incompris.
Il y a bien un mystère Bizet qui interroge surtout sa mort et donc rĂ©clame des Ă©claircissements … ce en quoi le dĂ©roulement du spectacle nous satisfait.
Georges qui vient de livrer l’Ĺ“uvre de sa vie : Carmen, en 1875, son opĂ©ra le plus abouti et aussi le plus autobiographique, ne se remettra jamais d’une mauvaise baignade Ă  Bougival. Il n’avait que 36 ans. Acte suicidaire manquĂ© (Ă  quelques jours de dĂ©calage cependant) ou assassinat astucieusement maquillĂ©, nul le saura peut-ĂŞtre jamais, quoiqu’en dernier recours, – Ă  l’extrĂŞme fin de la soirĂ©e, Eric Emmanuel Schmitt apporte en enquĂŞteur zĂ©lĂ© et passionnant, une pièce nouvelle au dossier : pièce maĂ®tresse en vĂ©ritĂ© qui permet de comprendre le contexte sentimental dans lequel le compositeur a vĂ©cu ses derniers instants.

 

le dernier spectacle musical d’Eric-Emanuel Schmitt

Le mystère Bizet : Carmen… c’est moi !

 

Les deux heures de spectacle s’Ă©coulent ainsi comme une Ă©vocation théâtrale et musicale plutĂ´t bien rythmĂ©e, alternant rĂ©cit et musique, que le piano de Nicolas Stavy (pas toujours Ă  l’Ă©coute rĂ©elle des chanteurs car il joue souvent trop fort) rehausse encore en jouant des Chants du Rhin (1865), L’Aurore et Le Retour… La musique de Bizet commence ici par une baignade pour finir comme un anĂ©antissement liquide, en une Ă©vocation magistralement pilotĂ©e par l’Ă©crivain comĂ©dien, avocat argumentĂ© pour la dĂ©fense du gĂ©nial compositeur.
Après avoir Ă©tĂ© ce symphoniste inouĂŻ de 17 ans (Symphonie en ut) capable de dĂ©passer son maĂ®tre Gounod, Bizet poursuit Ă  l’Ă©poque du Second Empire quand règne le comique dĂ©jantĂ© d’Offenbach, une carrière parisienne plutĂ´t chaotique, jalonnĂ©e d’Ĺ“uvres souvent inĂ©gales (Ă©voquĂ©es par extraits : Le docteur Mircale de 1857 ; La Jolie fille de Perth de 1867 …), surtout dĂ©truites par la compromission d’un esprit qui veut rĂ©ussir et plaire. Pourtant ce que dĂ©voile la soirĂ©e, tel un fil conducteur très bien identifiĂ©, c’est la quĂŞte d’une sensualitĂ© toujours plus immĂ©diate et âpre Ă  laquelle le mezzo veloutĂ© et de plus en plus assurĂ©e de Karine Deshayes offre son timbre rayonnant, sa prĂ©sence ensorcelante jusqu’Ă  incarner une Carmen d’une justesse exemplaire. Quelle cantatrice et quelle prĂ©sence. Sans chichi, d’une sincĂ©ritĂ© admirable.

Des Adieux de l’hĂ´tesse arabe (sur le poème de Victor Hugo), Ă  Djamileh (1872), se profile et s’impose peu Ă  peu, sur fond d’orientalisme, la figure de la femme libre et audacieuse, furieuse et passionnĂ©e, l’Ă©gal fĂ©minin de Don Giovanni : Carmen. Tout le spectacle prĂ©pare Ă  comprendre ce qui fait la modernitĂ© et la grandeur philosophique du personnage inspirĂ© de MĂ©rimĂ©e… pas moins de cinq extraits (solos et duos) exprime la chair incandescente de cette femme monstrueusement humaine. GĂ©nĂ©reux dans son enquĂŞte, le rĂ©citant habitĂ© nous immerge mĂŞme dans l’atelier de Bizet occupĂ© Ă  composer sa fameuse habanera ” l’amour est un enfant rebelle ” : inspirĂ© par une mĂ©lodie originelle signĂ©e Sebastian Yradier ( El Arreglito), Bizet reprend, rĂ©Ă©crit le texte pour accoucher d’un air Ă  jamais universel : les deux versions comparĂ©e sont d’un apport Ă©loquent. Bizet est bien comme le peintre Manet, ce passionnĂ© d’Espagne, au style franc, immĂ©diat, d’une sensualitĂ© directe voire scandaleuse.

Accessible, prĂ©cis, souvent drĂ´le, le texte Ă©crit par Eric-Emmanuel Schmitt compose le plus bel hommage rendu Ă  Bizet. Son admiration pour Carmen s’expose en un playdoyer très argumentĂ© qui nous fait prendre conscience de la sauvagerie fascinante d’une Ĺ“uvre qui scandalisa par sa cruditĂ©. DouĂ© d’une bel empathie, le charismatique Ă©crivain nous fait aimer Carmen… une partition qui aurait pu ĂŞtre composĂ©e par Mozart sur un livret de Nietzsche. Et si Ă  l’opĂ©ra, le seul vĂ©ritable hĂ©ros, digne de tous les Ă©loges Ă©tait une … femme ? L’art d’apprendre et de se divertir nous est ici rĂ©vĂ©lĂ©. A voir et Ă  Ă©couter de toute urgence. Brillant.

 

Paris. Salle Gaveau, le 14 février 2014. Le mystère Bizet, de et par Eric-Emanuel Schmitt. Avec Karine Deshayes, mezzo soprano. Philippe Do, ténor. Nicolas Stavy, piano.