Livres, annonce. François Couperin (Actes Sud)

Francois_Couperin_portraitLivres, annonce. François Couperin (Actes Sud). En prévision de l’année 2018, l’éditeur Actes Sud publie une nouvelle biographie d’un auteur inspiré par la fusion des styles – français et italiens (les fameux et si fertiles “Goûts réunis” : soit François Couperin (1668-1733) dont 2018 marquera le 350ème anniversaire. On reste médusé par l’enivrement sonore, hypnotique et intérieur des fameuses Barricades mystérieuse… un sommet de grâce poétique écrit pour le clavecin (il faut absolument les écouter par Bruno Procopio, d’une subtilité naturelle désarmante : VOIR la vidéo Les Barricades Mystérieuses de Couperin par Bruno Procopio, clavecin Colesse de 1748 (Collection Laurent Soumagnac). Le chef et claveciniste Christophe Rousset reprend ici la plume (après un Rameau chez le même éditeur — paru en 2007), et s’appuyant sur sa connaissance musicale comme interprète, délivre son propre portrait de Couperin le Grand : « ensorcelant révélateur », dont la carrière à cheval entre deux règnes, celui long et solennel de Louis XIV, celui court et jouisseur du Régent, confirme un tempérament synthétique d’une profondeur inédite. Mais à l’égal d’un Watteau (1684-1721), peintre de l’élégance et de la nostalgie absolues à la fin du règne versaillais, Couperin indique une nouvelle sensibilité moins solennelle, plus intime et humaine, dans l’esprit galant de l’époque : une vision moins théâtralisée, plus individuelle, qui recherche l’expression de la conversation, moins de la représentation. Notre « Bach français » a la puissance inventive de son contemporain de Leipzig ; il a aussi l’élégance et la poésie humaniste du Saxon résidant à Londres : Handel. Mais il ajoute les vertus et qualités de son génie personnel : un raffinement intime unique à son époque. Un sens de la couleur instrumentale qui annonce les grands coloristes modernes jusqu’à Berlioz, Debussy, Ravel… Une écriture qui parlant au cœur, berce l’âme et excite l’esprit. Prochaine critique du livre François Couperin édité par Actes Sud, dans le mag cd dvd livres de classiquenews, d’ici le 30 septembre 2016.

LIVRES : François Couperin (Actes Sud). Parution : Septembre, 2016 / 10,0 x 19,0 / 224 pages — ISBN 978-2-330-06585-0 — Prix indicatif : 18 €

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Compte rendu, concert. Versailles. Chapelle Royale, 1er avril 2015. François Couperin (1668-1733) Les Leçons de Ténèbres. Louis Nicolas Clerambault (1676-1749) Miserere Sophie Junker et Ana Quintas, dessus ; Lucile Richardot, bas-dessus. Vincent Dumestre, théorbe, direction musicale.

Francois_Couperin_portraitL’Opéra Royal/Château de Versailles Spectacle, offre à son public à l’occasion des fêtes de Pâques, une série de concerts dont les œuvres et les interprètes sont une promesse d’enchantements ; promesse belle et bien tenue dès le premier soir. Le Poème Harmonique a enregistré et donné une première fois en la Chapelle royale en novembre 2013, les Leçons de Ténèbres de François Couperin. Alors que le CD vient de sortir, ces pièces composées pour le Mercredi Saint ne pouvaient pas être symboliquement mieux indiquées pour ouvrir les célébrations de la Semaine Sainte.
Chef-d’œuvre incontesté d’un genre qui accompagna la fin du règne du Roi Soleil, ces trois Leçons sont les seules du compositeur à nous être parvenues, les 6 autres étant malheureusement perdues. Elles furent composées pour le Couvent de Longchamp dans les années 1714-1715, alors que dans les églises et les couvents, un public nombreux, composé de courtisans et de membres de la bonne société citadine, se pressait. Cette passion pour un art vocal raffiné, sensuel, dramatique est fille de l’air de cour, art spécifiquement français. Pour compléter le programme on trouve ici le Miserere de Clérambault, contemporain de Couperin, où se déploie une palette expressive intense et ardente, si italienne.

Leçons de Ténèbres éblouissantes…

Vincent Dumestre et ses trois interprètes sont parvenus ce soir à soutenir ce miracle d’équilibre, qu’appellent ces œuvres et à les transfigurer jusqu’à l’incandescence. Aurait-on pu mieux nous donner à entendre toute la splendeur du beau chant français tel qu’il était pratiqué au tout début du XVIIIe siècle, donnant sens à cette union de la vocalité et de la spiritualité. ?Les trois voix féminines étaient parfaitement appariées. Trois timbres uniques, dont les couleurs se complètent, s’unissent jusqu’à embraser les mélismes sur les lettres introductives hébraïques, maintenant avec ferveur la souplesse de la ligne entre arioso et récit. Le timbre fruité et suave d’Ana Quintans, celui plus juvénile de Sophie Junker soulignent avec justesse les caractères des deux premières leçons. Ici tout n’est qu’élévation, nuances et humilité. Plus la nuit se fait autour de nous, -car comme à l’époque, venant souligner la dramaturgie, un officiant éteint les cierges après chaque psaume-, plus la lumière qui émane de la musique, par la grâce des interprètes,  prend possession de la Chapelle Royale et de nos âmes. Lucile Richardot, au timbre profond et charnel, apporte une présence éloquente et une ampleur de ton bouleversante.
L’interprétation du Miserere de Louis-Nicolas Clérambault, par les trois interprètes est tout simplement envoûtante. Jamais les couleurs de la voûte de Charles de la Fosse, ne nous ont semblé, aussi étincelantes et irradiantes qu’à l’instant où la voix d’Ana Quintans a lancé cet appel à la miséricorde.
L’accompagnement des trois musiciens est subtil et élégant. Sylvia Abramowicz à la basse de viole si tendre et mélancolique et Philippe Grisvard à l’orgue et clavecin si inventif, donnent corps à une basse continue pourtant si dépouillée. Vincent Dumestre au théorbe et à la direction a réuni ici une distribution idéale et bien au-delà crée une palette intemporelle et sensuelle, signature du Poème Harmonique. Tout ici est émotion intime, sensible et mystérieuse. La musique  s’harmonise avec un lieu qui dépasse son caractère religieux pour devenir un lieu « source ».

Compte rendu, concert. Versailles. Chapelle Royale, 1er avril 2015. François Couperin (1668-1733) Les Leçons de Ténèbres. Louis Nicolas Clerambault (1676-1749) Miserere Sophie Junker et Ana Quintas, dessus ; Lucile Richardot, bas-dessus.  Vincent Dumestre, théorbe, direction musicale.

Poitiers : 2 concerts Baroques au TAP

Poitiers, TAP. 2 concerts baroques, les 24 et 31 mars 2015. Le Théâtre Auditorium de Poitiers offre en mars 2 événements de musique baroque, les 24 et 31 mars 2015.

DOWLAND-john-luth-angleterre-John-Dowland-MaturePoitiers, TAP. Le 24 mars 2015, 20h30. Thomas Dunford, théorbe, archiluth. John Dowland : Lachrimæ. Un luth, quatre chanteurs : Thomas Dunford explore la tendre mélancolie du répertoire de John Dowland, entre Renaissance et Baroque. Les « chansons et airs à jouer ou chanter avec le luth » sont ici donnés tels qu’ils furent écrits et pratiqués à l’époque : la polyphonie vocale dialogue avec le luth, tantôt accompagnant, tantôt soliste, restituant ainsi une pratique intimiste “around the table”, si chère aux musiciens de cette période. Tous les ensembles baroques du moment s’arrachent Thomas Dunford, 25 ans, dont le disque consacré à ce répertoire a gravi les sommets de ventes et mis la critique à genoux. Il s’entoure d’une équipe de merveilleux chanteurs, majoritairement anglophones, rompus à cet exercice si particulier du « consort ».

John Dowland. Probablement né à Londres, Dowland suit son patron Sir Henry Cobhams, diplomate anglais à Paris, de 1579 à 1584. Il s’y convertit au catholicisme. Il se voyait successeur du luthiste attiré de la Cour anglaise, John Johnson, Dowland séjourne finalement à Cassel, Florence, Nuremberg. Début 1597, le musicien est à Londres sans poste officiel. Jusqu’en 1606, Dowaln est luthiste officiel due Christian IV de Danemark. Avant de renter à Londres où enfin, le poste de luthiste officiel lui est attribué.

Avec Lacrymae antiqua, son opus le plus célèbre demeure « Lachrimae or Seaven Teares Figured in Seaven Passionate Pavans (Pleurs ou Sept larmes représentées par sept pavanes passionnées) »,  cycle de sept pavanes pour cinq violes et luth, chacune reprenant le célèbre air à la mode :Flow My Tears. Compositeur pour le luth, la voix et le consort de violes, Dowland réalise une œuvre inégalée, par sa grâce nostalgique, sa profonde mélancolie, sa pudeur sensuelle. Sa pièce : « Semper Dowland, semper dolens (toujours Dowland, toujours souffrant), riche en dissonance inquiète et coloriste pourrait résumer à elle seule l’ensemble de son inspiration.

 

 

John Dowland : Lachrimæ

Thomas Dunford, luth et direction
Ruby Hughes, soprano
Reinoud Van Mechelen, ténor
Paul Agnew, ténor
Christian Immler, baryton

 Le 24 mars 2015, 20h30

Offre spéciale pour les 2 concerts achetés :
Offre duo baroque 30€
Dowland/Thomas Dunford +
Couperin/Le Concert Spirituel du 31 mars 2015
Offre valable du 9 février au 24 mars

 

 

couperinPoitiers, TAP. Le 31 mars 2015, 20h30. Couperin, Hervé Niquet. Les Leçons de Ténèbres de Couperin, chantées pendant la semaine de la Passion, sans égales en beauté, en grâce, en poésie, en émotion contenue, atteignirent leur apogée avec les œuvres de Couperin, Charpentier et Delalande. Elles sont ici confiées par Hervé Niquet à un ensemble de six chanteuses, au service de textes prophétiques, dramatiques, voire douloureux. La musique y est d’une grande expressivité mélodique et d’une vraie richesse harmonique où alternent des récitatifs et d’autres passages de style plus figuré et déclamatoire, notamment sur les lettres hébraïques où rayonne en permanence une sensualité qui contraste avec les textes. Sans effets appuyés, par le simple déroulement d’une voix de soprano ou d’un duo accompagné par l’orgue et la viole de gambe, c’est la musique la plus bouleversante qui soit, née de la plume de ce musicien poète et contemplatif.

 

 

Le Concert Spirituel / Hervé Niquet
Couperin : Leçons de Ténèbres
Hervé Niquet, orgue et direction

Le 31 mars 2015, 20h30

Tormod Dalen, violoncelle
Yuka Saïto, viole de gambe
Caroline Delume et Bruno Helstroffer, théorbes
Elisabeth Geiger, clavecin

Marie-Pierre Wattiez, Aude Fenoy, Agathe Boudet, Marie Griffet, Nadia Lavoyer et Anne-Marie Jacquin, sopranos

François Couperin : Leçons de Ténèbres

Marc-Antoine Charpentier : Répons
Michel-Richard Delalande : Miserere