CD, compte rendu critique. Félicien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014)

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, compte rendu critique. Félicien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). L’opéra de Félicien David, Herculanum, fusionne spectaculaire antique, souffle épique hérité des grands oratorios chrétiens, et aussi souvenir des opéras du premier romantisme français, signés Meyerbeer, Auber, Halévy. Sans avoir l’audace visionnaire et fantastique de Berlioz (Damnation de Faust), lequel témoin de la création a regretté malgré d’évidentes qualités expressives, musicales, dramatiques, l’orchestration plutôt terne de la partition (non sans raison d’ailleurs), Herculanum méritait absolument cette recréation par le disque. Tout en servant son sujet chrétien, l’ouvrage est aussi sur la scène un formidable spectacle : riche en péripéties et en effets de théâtre (Berlioz toujours a loué le luxe des décors, aussi convaincants/impressionnants que les talents de la peinture d’histoire dont le peintre Martin, auteur fameux alors de La destruction de Ninive). Ici l’irruption du Vésuve est favorisée par Satan qui tout en fustigeant l’indignité humaine, et favorisant / condamnant le règne décadent de la reine d’Herculanum, Olympia, ne peut empêcher la pureté exemplaire des deux élus, martyrs chrétiens par leur abnégation extrêmiste, Hélios et la chrétienne Lilia. Le tableau final qui est celui de la destruction de la ville par les laves et les fumées (-un moment qui nourrit le suspens et qu’attend chaque spectateur), est aussi l’apothéose dans la mort, des deux martyrs chrétiens.

Créé en 1859, après le succès de son oratorio, Le Désert (précisément étiquetté « ode symphonique »), Félicien David accède à une notoriété justifiée que soulignera encore sa nomination à l’Institut, en 1869, à la succession de… Berlioz justement.

david felicienQue pensez d’Herculanum donc à la lueur de ce double cd ? Evacuons d’abord ce qui reste faible. Dans le déroulement de l’action, David se laisse souvent tenté par des formules standards, guère originales, ainsi le style souvent pompeux du choeur statique et pontifiant sans vrai finesse, soulignant la solennité des ensembles et des finaux… on veut bien que l’auteur précédemment stimulé pour le rituel saint simonien pour lequel il a écrit maints choeurs, se soit montré inspiré, pourtant force est de constater ici, sa piètre écriture chorale. Ainsi dans le pur style du grand opéra signé Meyerbeer, Halévy, Auber. .. David n’est pas un grand orchestrateur et malgré des duos amoureux, de grandes scènes sataniques, plusieurs situations d’intense confrontation, la plume du compositeur cherche surtout l’effet dramatique moins les scintillements troubles d’une partition miroitante. N’est pas l’égal de Berlioz  qui veut et tout orientaliste qu’il soit même ayant comme Delacroix approché, – et vécu,  de près les suaves soirées d’orient  (surtout égyptiennes), l’exotisme antique de monsieur David n’a guère de gènes en commun avec les sublimes Troyens du grand Hector. De ce point de vue, la fin spectaculaire où le Vésuve fait son éruption, est campée à grands coups de tutti orchestraux sans guère de nuances : c’est un baisser de rideau sans prétention instrumentale mais dont la déflagration monumentale convoque de fait les effets les plus rutilants de la peinture d’histoire.

 

 

 david felicien herculanum

 

 

Paris, 1859. Quand Gounod créée son Faust, David affirme sa théâtralité lyrique dans Herculanum… 

Noir et somptueux Nicolas Courjal, Satan de braise

Voilà pour nos réserves. Concrètement cependant, en véritable homme de théâtre, David se montre plus convaincant dans duos et trios, nettement plus intéressants. Celui ou la reine Olympia séduit et envoûte Helios sous la houlette de Satan (III) n’est pas sans s’identifier -similitude simultanée- au climat mephistophélien de la séduction et de l’hypnose cynique  tels qu’ils sont traités et magnifiés dans Faust de Gounod (également créé en mars 1859). Postérieur à Berlioz, le satanisme de David s’embrouille cependant par une écriture souvent formellement académique : là encore, le génie fulgurant du grand Hector ou l’intelligence de transitions dramatique de Gounod lui manquent.

Néanmoins, musicalement la caractérisation des protagonistes saisit par sa justesse et sa profondeur. Olympia est un superbe personnage plein d’assurance séductrice : une sirène royale (c’est la reine d’Herculanum), instance arrogante mêlant pouvoir et magie : elle a jeté son dévolu sur Helios (voir sa grande scène de séduction)… conçu pour le contralto rossinien Borghi-Mamo, le rôle est avec Satan, le plus captivant de la partition : décadent, manipulateur, cynique. Ductile et habitée, la mezzo Karine Deshayes trouve la couleur du personnage central.

A contrario, la pure Lilia a l’intensité de la vierge chrétienne appelée aux grands sacrifices (son Credo est la vraie déclaration d’une foi sincère qui donne la clé du drame : après la mort, l’immortalité attend les croyants) : elle forme avec son fiancé Helios,  le couple héroïque exemplaire de cette fresque antique conçue comme une démonstration des vertus chrétiennes. Même usé, le timbre de la soprano Véronique Gens d’une articulation à toute épreuve, campe la vierge sublime avec un réel panache.

En Helios coule le sang des traîtres sympathique, c’est un pêcheur fragile et coupable trop humain pour être antipathique : sa faiblesse le rend attachant;  il a le profil idéal du pêcheur coupable, toujours prêt à expier, s’amender, payer la faute que sa faiblesse lui a fait commettre. C’est la proie idéale de la tentation, qui tombe dans les rets tendus par Olympia et Satan au III. Duo enflammé d’un très fort impact dramatique et contrepointant le couple des élus Helios / Lilia, le duo noir, Olympia/Satan est subtilement manipulateur, néfaste.  D’une articulation tendue et serrée, surjouant en permanence, le style du ténor Edgaras Montvidas finit par agacer car il semble expirer à chaque fin de phrase. … tout cela manque de naturel et d’intelligence dans l’architecture du rôle; du moins eût-il été plus juste de réserver tant de pathos concentré en fin d’action quand le traître coupable, terrassé, embrasé, exhorte Lilia à lui pardonner son ignominie.

COURJAL Nicolas-Courjal1-159x200Véritable révélation ou confirmation pour ceux que le connaissaient déjà, le baryton  basse rennais Nicolas Courjal (né en 1973) éblouit littéralement dans le double rôle de Nicanor (le proconsul romain, frère d’Olympia) puis surtout de Satan : métal clair et fin,  timbré et naturellement articulé, le chanteur sait nuancer toutes les couleurs du lugubre sardonique, trouvant ce cynisme dramatique glaçant et séducteur qui demain le destine à tous les personnages goethéens / faustéens, sa couleur étant idéalement méphistophélienne : une carrière prochaine se dessine dans le sillon de ce Satan révélateur  (évidemment Mephistopheles de La Damnation de Faust de Berlioz), sans omettre le personnage clé du Diable aux visages multiples comme chez David, dans Les Contes d’Hoffmann. Au début du IV, son monologue où Satan démiurge suscite ses cohortes d’esclaves marcheurs, démontre ici plus qu’un interprète intelligent et mesuré : un diseur qui maîtrise le sens du texte (“l’esclave est le roi de la terre. .. »). Magistrale incarnation et l’argument le plus convaincant de cette réalisation.

Vivante et nerveuse souvent idéalement articulée (Pas des Muses du III), la baguette d’Hervé Niquet démontre constamment  (écoutez cette musique méconnue comme elle est belle et comme j’ai raison de la ressusciter), et il est vrai que l’on se laisse convaincre mais il y manque une profondeur, une ivresse, de vraies nuances qui pourraient basculer de la fresque académique à la vérité de tableaux humainement tragiques. Maillon faible, le choeur patine souvent, reste honnête sans plus, certes articulé mais absent et curieusement timoré aux points clés du drame. Au final, un couple noir (Olympia et Satan) parfait, nuancé, engagé ; un chef et un orchestre trop poli et bien faisant ; surtout des choeurs et un Hélios (dont on regrette aussi le vibrato systématisé et uniformément appuyé pour chaque situation), trop absents. Néanmoins, malgré nos réserves, voici l’une des gravures les plus intéressantes (avec La mort d’Abel, Thérèse, les récentes Danaïdes) de la collection de déjà 10 titres « Opéra français / French opera » du Palazzetto Bru Zane.

 

 

CD, compte rendu critique. Félicien David : Herculanum, 1859. Karine Deshayes (Olympia), Nicolas Courjal (Nicanor / Satan), Véronique Gens (Lilia)… Flemish Radio Choir, Brussels Philhamronic. Hervé Niquet, direction (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). Enregistré à Bruxelles en février et mars 2014.

 

 

CD, annonce. Herculanum de Félicien David (1859), 2 cd éditions Palazzetto Bru Zane

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, annonce. Herculanum de Félicien David (1859). Ressuscité en mars 2014, voici le disque qui prolonge la recréation d’Herculanum de Félicien David (1859).  Le succès d’Herculanum, en partie financé par les amis saint-simoniens du compositeur, permet d’assoir le génie lyrique de Félicien David à Paris; méditation, rêverie, mais aussi violence théâtrale voire frénésie dramatique (tam-tam satanique) : il y a tout dans l’opéra de David, qui est une commande de l’Opéra de Paris. Suivront les sommets de sa carrière à la scène : Lalla-Roukh (1862) puis Le Saphir (1865), son ultime ouvrage lyrique. David, d’une certaine manière, assimilant Verdi, réalise le passage du grand opéra à effets (Meyerbeer et Auber), au romantisme lyrique réformé de Gounod, Thomas, Bizet, Massenet. Dans le Paris du Second Empire, l’Opéra comme les autres institutions officielles favorise les œuvres qui permettent par leur sujet et les moyens mis en œuvre, de rechristianiser les foules (à Paris comme en Province) : comme un précédent inédit révélé par le Palazzetto, Le Paradis Perdu de Dubois - de 30 ans postérieur-, Herculanum, apparemment fresque antique et romaine, développe clairement des intentions d’évangélisation dont témoigne avec force entre autres (outre le choeur des chrétiens), la figure de Lilia. Satan, réincarné dans la personne du Proconsul (final du II) menace directement l’humanité pécheresse, chrétiens et romains : en dépit de l’éruption et de la malédiction satanique, seules les deux âmes méritantes, Lilia et Hélios, dans la mort, sont comme délivrés (du poids de leur existence terrestre) : après la catastrophe, pour eux, le ciel et la félicité après la mort (le ciel, c’est la vie).

David_Felicien_DavidTemps fort du festival Félicien David défendu (avril-mai 2014) par le Palazzetto Bru Zane, cet Herculanum était affiché tel un événement lyrique. Nombre de critiques ont boudé leur plaisir : œuvre démonstrative et tonitruante, plus spectaculaire que profonde… ; pourtant mieux que Le Vaisseau Fantôme de Dietsch en 2013 (qui ne méritait pas la résurrection dont il fut l’objet), Herculanum est une œuvre forte qui vaut mieux que la promesse du spectaculaire éruptif que laisse supposé son titre (comme dans La Muette de Portici d’Auber, créée en 1828, le spectateur est tenu en haleine jusqu’à l’irruption du Vésuve) : mais ici, dès l’ouverture et les premières scènes, le grondement des éléments et la présence sourde de la catastrophe sont permanents.  Proche de Thomas, Félicien David s’y montre fin mélodiste, d’un dramatise ardent, flamboyant parfois, efficace toujours : au cœur de l’intensité de l’action, la sirène païenne Olympia se dresse telle une pythie magnifique contre les chrétiens : l’italianisme de ses airs contrepointant la déclamation française de ses ennemis.

david felicienAujourd’hui, le disque est d’autant plus nécessaire pour mesurer l’intérêt de l’oeuvre que, pour le concert de la recréation, la cantatrice Karine Deshayes, sous la direction d’Hervé Niquet,  avait été diminuée par un mauvais coup de froid, empêchant la juste expression du personnage central. Or Félicien David avait écrit le rôle d’Olympia spécialement pour le grand mezzo dramatique Adelaïde Borghi-Mamo (43 ans alors), sorte de contralto rossinien à tempérament (qui savait surtout vocaliser). Face à elle, droite comme une élue investie, Véronique Gens incarne la chrétienne Lilia avec d’autant plus de conviction que la maîtrise déclamatoire (signature de la soprano) s’accompagne – l’âge aidant- d’une ampleur charnue du timbre absent à ses débuts et très justement assortie au profil du rôle. Ténor engagé et naturellement puissant, Edgaras Montvidas fait un vaillant Hélios, quant Nicolas Courjal déploie sa magnifique et profonde basse en Nicanor et Satan. Alors partition attachante et nuancée ou fresque hollywoodienne, solennelle et pompeuse ? Réponse dans la prochaine grande critique du double cd d’Herculanum de Félicien David, collection Opéra français / Palazzetto Bru Zane.

 

 

 

LIRE aussi notre présentation d’Herculanum en concert (mars 2014)

Cd, annonce.
Félicien David : Herculanum 2 cd – sortie annoncée le 8 septembre 2015.
Opéra en quatre actes, livret de Joseph Méry et Térence Hadot
Créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1859

Lilia: Véronique Gens
Olympia: Karine Deshayes
Hélios : Edgaras Montvidas
Nicanor: Nicolas Courjal
Magnus: Julien Véronèse

Chœur de la Radio Flamande
Brussels Philharmonic
Direction musicale
Hervé Niquet

2 cd Palazzetto Bru Zane / collection French Opera / Opéra français. Enregistré à Bruxelles  en mars 2014. Consulter la page du cd Herculanum de Félicien David sur le site du Palazzetto Bru Zane

 

 

 

Herculanum de Félicien David (1859) ressuscité à Versailles, ce soir

David_Felicien_DavidHerculanum de Félicien David (1859), ressuscite ce soir à Versailles … l’Opéra royal de Versailles ressuscite le péplum romantique français signé Félicien David : Herculanum (1859). Voici ce grand opéra à la française mais «  seconde génération » : après Rossini, Halévy et Meyerbeer, auteurs pionniers, Félicien David incarnerait le style tardif du grand opéra, très inspiré par… Verdi. Créé à l’Opéra de Paris en 1859, Herculanum incarne l’essor du drame romantique inspiré par l’Antiquité romaine, où tragédie et héroïsme s’exacerbent grâce à la tension des voix requises : entre autres, grand mezzo languissant pour Olympia ; grand soprano déclamée à la manière de Gluck… à ses côtés, pour une défense à peine masquée de la ferveur chrétienne. Berlioz si difficile mais au goût pénétrant distinctif indiscutable (à l’endroit de Gluck justement ou de Spontini qu’il admira), acclame l’opéra de David. Voici donc un jalon à redécouvrir à l’Opéra royal de Versailles ce soir, samedi 8 mars 2014 à 20h.

Et pour ceux d’entre vous , piqués par le style méconnu (à torts) de Félicien David (1810-1876), véritable précurseur de l’orientalisme musical, un cycle de concerts initié par le Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française, toujours soucieux de ressusciter les maîtres oubliés du romantisme français, s’offre à vous tout au long de l’année 2014. Après Herculanum ce 8 mars, rendez vous le 28 mars à l’Opéra de Clermont-Ferrand pour l’oratorio Moïse au Sinaï ; puis le 19 juin 2014 à l’Opéra-Comique pour Le Saphir. Autres joyaux lyriques de cette année David 2014. Prochaine critique de l’opéra Herculanum de Félicien David (version de concert) sur CLASSIQUENEWS.COM.

Lire aussi notre présentation du cycle des concerts Félicien David en Europe en 2014

Herculanum de Félicien David ressuscité !

Félicien DavidVersailles, Opéra royal: Herculanum, le 8 mars 2014, 20h. Premier volet du festival David 2014… Qui est Félicien David ? 2014 : année Félicien David (1810-1876). Oratorios et musique de chambre sont aujourd’hui rejoués dans le cadre d’un ” festival Félicien David ” dont les concerts ont lieu partout en Europe … Un visionnaire oublié, l’inventeur de l’orientalisme musical en France, un déraciné en quête d’identité , un idéaliste non commercial – de fait, saint-simonien fervent? Un peu tout cela. Mais il est certain que le compositeur contemporain de Berlioz et donc l’un des piliers à redécouvrir du romantisme hexagonal a trouvé sa voix, comme Delacroix, en Orient. Il a le choc de l’Afrique et reste ébloui par l’Egypte : il rêvera sous la voûte étoilée du Temple égyptien à l’ombre des pyramides de Saqqarah ; il arpentera à dos de chameau les dunes dorées des déserts brûlants au-delà du Caire… Pour en juger, voici un grand festival international Félicien David à l’initiative du Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française dont la première étape a lieu à l’Opéra royal de Versailles, ce 8 mars 2014 à 20h. En lire + 

 

Herculanum de Félicien David (1859)

ressuscite à Versailles en mars 2014

 

Felicien_david_concerts_operas_festivalsRésurrection attendue à venir en mars 2014, – le 8 mars précisément à l’Opéra Royal de Versailles – : Le compositeur saintsimonien, voyageur en Orient, Félicien David (1810-1876), admiré de Berlioz auquel il succède à l’Institut en 1869, est l’heureux auteur d’une prochaine recréation : Herculanum (1859). L’ouvrage créé à l’Académie impériale de musique n’a pas eu le succès mérité, au regard des perles mélodiques et des épisodes symphoniques qu’il contient. A leurs côtés, le sombre métal, satanique de Nicolas Courjal et le chant éclatant, droit et athlétique du ténor Edgaras Montvidas souligneront la valeur de la partition où s’impose selon le sujet choisi, l’évocation de l’antiquité romaine saisie dans l’un de ses cataclysmes les plus spectaculaires : de fait, sur la scène, Félicien David a bien exprimé l’éruption du Vésuve et ses effets terrifiants. Fastes pompiers, démesure spectaculaire mais expressivité tragique et souffle symphonique … Herculanum bientôt recréé à Versailles a tout pour vous séduire. Il est temps de réserver maintenant. En lire +

Pourquoi ne pas manquer la résurrection d’Herculanum ce 8 mars 2014 ?

- Herculanum inspire à Félicien David l’une de ses partitions les plus colorées, emblème de son écriture inventive, poétique, très originale …
- la production présentée à Versailles réunit en un duo prometteur deux chanteuses françaises au tempérament bien affirmé : Karine Deshayes y côtoie Véronique Gens : mezzo velouté et soprano déclamatoire.
- Herculamnum assure le lancement du festival Félicien David comprenant de nombreux autres événements et recréations tout au long de l’année 2014 : consultez notre agenda ci après.

 

 

 

 

Année Félicien David 2014 : notre agenda

Festival Félicien David à Venise : l’essentiel de la musique de chambre
Palazzetto Bru Zane – 5 avril > 17 mai 2014


les événements lyriques : 5 ouvrages majeurs à redécouvrir

Herculanum
8.03.2014 : 
Opéra royal de Versailles
Véronique Gens / Karine Deshayes
Vlaams Radio Koor / Brussels Philharmonic / Hervé Niquet

Moïse au Sinaï
26.03.2014, Salle Bulgaria, Sofia (Bulgarie)
28.03. 2014, Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand
Chœur et Orchestre de la Philharmonie de Sofia / Amaury du Closel
03.10.2014, Megaro Musikis, Thessalonique (Grèce)
Chœur et Orchestre Symphonique d’État de Thessalonique / Amaury du Closel

Le Saphir
5.04.2014
 : Scuola Grande San Giovanni Evangelista Venise (Italie)
19.06.2014 : 
Théâtre des Bouffes du Nord
Solistes du Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin

Le Désert
6.05.2014
 : Cité de la musique
Accentus / Orchestre de chambre de Paris
Laurence Équilbey / Sébastien Droy

Christophe Colomb
22.08.2014 : Festival Berlioz
Les Siècles / François-Xavier Roth

approfondir
Herculanum de Félicien David, 1859
Quatuors à cordes (1,2,4)

Festival Félicien David, l’orientaliste, à Venise, Paris, Versailles …

Félicien David, génie romantique !Festival Félicien David, à compter du 5 avril 2014… Qui est Félicien David ? 2014 : année Félicien David (1810-1876). Oratorios et musique de chambre sont aujourd’hui rejoués dans le cadre d’un ” festival Félicien David ” dont les concerts ont lieu partout en Europe … Un visionnaire oublié, l’inventeur de l’orientalisme musical en France, un déraciné en quête d’identité , un idéaliste non commercial – de fait, saint-simonien fervent? Un peu tout cela. Mais il est certain que le compositeur contemporain de Berlioz et donc l’un des piliers à redécouvrir du romantisme hexagonal a trouvé sa voix, comme Delacroix, en Orient. Il a le choc de l’Afrique et reste ébloui par l’Egypte : il rêvera sous la voûte étoilée du Temple égyptien à l’ombre des pyramides de Saqqarah ; il arpentera à dos de chameau les dunes dorées des déserts brûlants au-delà du Caire… Conjonction exceptionnelle du calendrier des concerts – plutôt nouvel initiative fédératrice du « Palazzetto » (entendez PBZ, Palazzetto Bru Zane), Félicien David voit nombre de ses oeuvres majeures être jouées et donc réhabilitées en plusieurs lieux européens, de Venise, Versailles, Paris, à Clermont Ferrand, Sofia, Thessalonique et jusqu’au Festival Berlioz de la Côte-Saint-André, de mars à août 2014, avec en point d’orgue, le festival Félicien David à Venise (5 avril > 17 mai 2014 où sont ressuscitées surtout les jalons de sa musique de chambre majoritairement composée à la fin de sa vie vers 1870 : l’intimisme et la petite forme étant plus adaptés au salon de musique du Palazzetto vénitien..). On rêverait demain de voir rayonner tous ces noms du romantisme français en Asie et en Amérique du Sud. Un pari relevé bientôt par le Centre de musique romantique française ?  Pour l’heure, faîtes donc votre cure David, à Venise ou à Sofia, à Versailles ou à Paris, en cette fin d’hiver et pour le printemps à venir. EN LIRE +

Félicien David, l’orientaliste

David_Felicien_DavidQui est Félicien David ? 2014 : année Félicien David (1810-1876). Oratorios et musique de chambre sont aujourd’hui rejoués dans le cadre d’un ” festival Félicien David ” dont les concerts ont lieu partout en Europe … Un visionnaire oublié, l’inventeur de l’orientalisme musical en France, un déraciné en quête d’identité , un idéaliste non commercial – de fait, saint-simonien fervent? Un peu tout cela. Mais il est certain que le compositeur contemporain de Berlioz et donc l’un des piliers à redécouvrir du romantisme hexagonal a trouvé sa voix, comme Delacroix, en Orient. Il a le choc de l’Afrique et reste ébloui par l’Egypte : il rêvera sous la voûte étoilée du Temple égyptien à l’ombre des pyramides de Saqqarah ; il arpentera à dos de chameau les dunes dorées des déserts brûlants au-delà du Caire… Conjonction exceptionnelle du calendrier des concerts – plutôt nouvel initiative fédératrice du « Palazzetto » (entendez PBZ, Palazzetto Bru Zane), Félicien David voit nombre de ses oeuvres majeures être jouées et donc réhabilitées en plusieurs lieux européens, de Venise, Versailles, Paris, à Clermont Ferrand, Sofia, Thessalonique et jusqu’au Festival Berlioz de la Côte-Saint-André, de mars à août 2014, avec en point d’orgue, le festival Félicien David à Venise (5 avril > 17 mai 2014 où sont ressuscitées surtout les jalons de sa musique de chambre majoritairement composée à la fin de sa vie vers 1870 : l’intimisme et la petite forme étant plus adaptés au salon de musique du Palazzetto vénitien..). On rêverait demain de voir rayonner tous ces noms du romantisme français en Asie et en Amérique du Sud. Un pari relevé bientôt par le Centre de musique romantique française ?  Pour l’heure, faîtes donc votre cure David, à Venise ou à Sofia, à Versailles ou à Paris, en cette fin d’hiver et pour le printemps à venir.

 

L’art d’être romantique et … saint-simonien

Felicien_david_concerts_operas_festivals« J’aime à être romantique à la manière de Beethoven et de Weber, c’est-à-dire neuf, original, profond comme eux », déclare David. Un visionnaire et un original, on vous l’a dit. Son ode symphonique (notez l’originalité de la forme, à la manière de l’inventivité berliozienne, celui qui compose une légende dramatique pour le mythe de Faust : ici à la fois oratorio et mélodrame, avec récitant) : Le Désert (1844) qui lui a permis de se faire définitivement connaître, comme fondateur de la mode orientaliste en France (les peintres l’avaient en vérité déjà lancé…). Mais musicalement, David ne fait que prolonger ce goût exotique déjà marqué par Rameau (Les Indes Galantes), Grétry (La Caravane du Caire), Catel (Les Bayadères)… œuvres parfois fourre-tout, aux épisodes décousus, mais si stimulantes pour l’imaginaire artistique. Un laboratoire. Les quatre préludes de Christophe Colomb (1847, autre oratorio d’un genre renouvelé) aiguise cette habilité à peindre par l’orchestre de vastes paysages sonores à l’infini poétique, riche en lointains évocatoires,  en perspectives heureuses (mais Haydn ne l’avait-il pas déjà réalisé dans son oratorio La Création de 1800, lui-même s’inspirant du souffle visionnaire de leur père à tous, Haendel?).
Monumentale fresque à l’époque de l’échec du Tannhaüser de Wagner, Herculanum (1859) associe antique et exotique, fantastique (romantique) et politique (religieux) : une sorte d’épopée hollywoodienne, un peplum d’un style ambitieux inédit alors qui recycle les grands emplois de la tradition opératique : un mezzo rossinien gazouille aux côtés d’un grand soprano dramatique et tragique venu de chez Gluck. Comme Wagner, David s’y frotte au grand format de la grande Boutique.
Plus subtil et moins systématique que cela, Félicien David surprend davantage encore dans son seul opéra Lalla-Roukh (1862) où la liberté souveraine de la poésie engage de nouvelles voies instrumentales et une conception plus fine et psychologique que le grand format lyrique à la Meyerbeer. Caractère introspectif, David aime la couleur et la chaleur du sentiment. C’est un mélancolique heureux qui chante sa lyre parfois sombre et désespérée par le chant des sopranos légers et des ténors aigus. Il aime contempler les vastes horizons. Il semble revisiter le spleen suspendu de la Sensucht  (mélancolie) schubertienne : une extase nouvelle diffuse ses parfums hypnotiques et le compositeur dévoile ainsi son talent de coloriste, de climatologue envoûté/envoûtant dont le raffinement dit l’hypersensibilité.

 
 
 

Année Félicien David 2014 : notre agenda

Festival Félicien David à Venise : l’essentiel de la musique de chambre
Palazzetto Bru Zane – 5 avril > 17 mai 2014


les événements lyriques : 5 ouvrages majeurs à redécouvrir

Herculanum
8.03.2014 : 
Opéra royal de Versailles
Véronique Gens / Karine Deshayes
Vlaams Radio Koor / Brussels Philharmonic / Hervé Niquet

Moïse au Sinaï
26.03.2014, Salle Bulgaria, Sofia (Bulgarie)
28.03. 2014, Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand
Chœur et Orchestre de la Philharmonie de Sofia / Amaury du Closel
03.10.2014, Megaro Musikis, Thessalonique (Grèce)
Chœur et Orchestre Symphonique d’État de Thessalonique / Amaury du Closel

Le Saphir
5.04.2014
 : Scuola Grande San Giovanni Evangelista Venise (Italie)
19.06.2014 : 
Théâtre des Bouffes du Nord
Solistes du Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin

Le Désert
6.05.2014
 : Cité de la musique
Accentus / Orchestre de chambre de Paris
Laurence Équilbey / Sébastien Droy

Christophe Colomb
22.08.2014 : Festival Berlioz
Les Siècles / François-Xavier Roth

approfondir
Herculanum de Félicien David, 1859
Quatuors à cordes (1,2,4)

Herculanum de Félicien David (1859)

Versailles, Opéra royal, le 8 mars 2014 : récréation attendue …  Certes il ne s’agit pas de la réussite très applaudie du vivant de David : Lulla Roukh, son ultime opéra (1862), mais la fresque Herculanum offre un plateau vocal prometteur réunissant enfin deux chanteuses françaises au chant ciselé parfait pour une telle résurrection lyrique : Véronique Gens et Karine Deshayes. C’est selon l’intention des producteurs, une combinaison féconde entre la posture digne et noble, idéalement gluckiste de la première contrastant opportunément avec le feu pétillant rossinien de la seconde.

 

 

Il est temps de réserver …
opéra, recréation

 

Herculanum de Félicien David (1859)

ressuscite à Versailles en mars 2014

 

Félicien DavidRésurrection attendue à venir en mars 2014, – le 8 mars précisément à l’Opéra Royal de Versailles – : Le compositeur saintsimonien, voyageur en Orient, Félicien David (1810-1876), admiré de Berlioz auquel il succède à l’Institut en 1869, est l’heureux auteur d’une prochaine recréation : Herculanum (1859). L’ouvrage créé à l’Académie impériale de musique n’a pas eu le succès mérité, au regard des perles mélodiques et des épisodes symphoniques qu’il contient. A leurs côtés, le sombre métal, satanique de Nicolas Courjal et le chant éclatant, droit et athlétique du ténor Edgaras Montvidas souligneront la valeur de la partition où s’impose selon le sujet choisi, l’évocation de l’antiquité romaine saisie dans l’un de ses cataclysmes les plus spectaculaires : de fait, sur la scène, Félicien David a bien exprimé l’éruption du Vésuve et ses effets terrifiants. Fastes pompiers, démesure spectaculaire mais expressivité tragique et souffle symphonique … Herculanum bientôt recréé à Versailles a tout pour vous séduire. Il est temps de réserver maintenant.

 

Herculanum de Félicien David, grand opéra tragique, recréé à Versailles, Opéra royal le 8 mars 2014. Recréation proposée par le Palazzetto Bru Zane à Versailles.

Illustration : Félicien David (DR)