Concerto pour violoncelle d’Edward ELGAR

ELGAR-edawrd-critique-cd-concert-opera-classiquenews-portrait-focus-classiquenews-edward-elgar-1-1551094201ARTE, Dim 1er mars 2020, 18h55. ELGAR : Concerto pour violoncelle. Daniel MĂŒller-Schott interprĂšte le “Concerto pour violoncelle et orchestre op.85″ d’Edward Elgar (1919)  -  Le violoncelliste Daniel MĂŒller-Schott interprĂšte le Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, dirigĂ© par le chef d’orchestre britannique sir Mark Elder. Chef-d’Ɠuvre postromantique au XXĂš, la partition compte parmi les Ɠuvres emblĂ©matiques du “premier moderniste anglais”, comme le qualifiait son contemporain Richard Strauss. Nostalgie et douleur de la sĂ©paration s’y expriment puissamment, suivies d’un sursaut combatif, que le violoncelliste fait rĂ©sonner dans toute son Ă©loquente introspection. Aucune complexitĂ© ici mais la vibration d’une profondeur qui sait aussi externaliser avec un style propre au compositeur officiel de lĂšre victorienne. Le concert a lieu dans le musĂ©e Lenbachhaus de Munich : musique et art graphique ; le concert Ă©tait aussi une performance incluant la rĂ©alisation d’un graffiti, Ă©laborĂ© par Daniel MĂŒller-Schott et l’un de ses amis, le street artist Daniel Man.

RĂ©cemment le violoncelliste nouvelle gĂ©nĂ©ration SHEKU a enregistrĂ© pour DECCA, une version trĂšs convaincante du mĂȘme concerto pour violoncelle d’ELGAR, vĂ©ritable pilier du rĂ©pertoire des violoncellistes actuels. LIRE ici notre CD, critique. SHEKU : ELGAR : Concerto pour violoncelle (LSO, Rattle – 1 cd DECCA 2019).
sheku-violoncelle-review-critique-cd-classiquenews-decca-clic-de-classiquenews-ELGAR-london-symph-orchestraLe Concerto d’Elgar (opus 85) est dense, entiĂšrement dĂ©volu au chant solo du violoncelle, ce dĂšs l’Adagio d’ouverture. L’écriture est serrĂ©e, faire valoir de l’expressivitĂ© parfois Ăąpre de l’orchestre ; un peu trop Ă©pais dans la lecture de Rattle avec le LSO (London Symph Orchestra). L’agilitĂ© et la prĂ©cision du soliste exprime son jeu Ă©loquent et habitĂ©, qui contraste souvent avec le bloc, dur et « pompier » de l’orchestre ; distinguons de fait, l’agilitĂ© aĂ©rienne et pleine de subtilitĂ© qui rĂ©vĂšle chez Sheku, un talent pour une volubilitĂ© arachnĂ©enne.

 

 

 

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arte_logo_2013ARTE, Dim 1er mars 2020, 18h55. ELGAR : Concerto pour violoncelle. Daniel MĂŒller-Schott interprĂšte le “Concerto pour violoncelle et orchestre op.85″ d’Edward Elgar (1919)

 

 

 

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VIDÉOS

 

VOIR un extrait du concert « Sir Edward Elgar & Graffiti »
https://www.arte.tv/fr/videos/068381-000-A/sir-edward-elgar-graffiti/

 

 

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PERLE DU NET : Jacqueline Du PrĂ© joue le Concerto pour violoncelle d’ELGAR, sous la direction de son Ă©poux Daniel Barenboim

 

 

 

 

CD, critique. SHEKU : ELGAR : Concerto pour violoncelle (LSO, Rattle – 1 cd DECCA 2019)

sheku-violoncelle-review-critique-cd-classiquenews-decca-clic-de-classiquenews-ELGAR-london-symph-orchestraCD, critique. SHEKU : ELGAR : Concerto pour violoncelle (LSO, Rattle – 1 cd DECCA 2019). DECCA a bien raison de dĂ©velopper un marketing de personnalitĂ©, s’agissant du violoncelliste Sheku (Kanneh-Mason, de son nom en dĂ©veloppĂ©), le concept est direct et immĂ©diatement porteur : SHEKU, cinq lettres qui composent une trĂšs forte individualitĂ© dont on apprĂ©cie le sens de la mesure comme de la finesse. Rattle parle mĂȘme d’un « poĂšte »  on aimerait bue le chef suive ici le soliste sur les ailes nuancĂ©es de la musique
 Car le violoncelliste britannique est bien une sensibilitĂ© affirmĂ©e, au chant intĂ©rieur indiscutable. Cela s’entend d’emblĂ©e Ă  travers les 10 piĂšces de ce programme plutĂŽt variĂ© et consistant, et parfois singuliĂšrement intimes. Le Concerto d’Elgar (opus 85) est dense, entiĂšrement dĂ©volu au chant solo du violoncelle, ce dĂšs l’Adagio d’ouverture. L’écriture est serrĂ©e, faire valoir de l’expressivitĂ© parfois Ăąpre de l’orchestre ; un peu trop Ă©pais dans la lecture de Rattle avec le LSO (London Symph Orchestra). L’agilitĂ© et la prĂ©cision du soliste exprime son jeu Ă©loquent et habitĂ©, qui contraste souvent avec le bloc, dur et « pompier » de l’orchestre ; distinguons de fait, l’agilitĂ© aĂ©rienne et pleine de subtilitĂ© qui rĂ©vĂšle chez Sheku, un talent pour une volubilitĂ© arachnĂ©enne.

Ayant jouĂ© par le royal wedding en 2018 (le mariage de Harry et Meghan), Sheku a gagnĂ© en peu de temps un surcroĂźt de cĂ©lĂ©britĂ©, comme en son temps une certaine soprano australienne Kiri te Kanawa pour le mariage de Lady Diana. Le jeune violoncelliste britannique nĂ© en avril 1999, Ă  peine ĂągĂ© de 20 ans donc, fait montre d’une troublante maturitĂ© qui s’affirme dans la profondeur d’un jeu discret, direct, volubile et trĂšs articulĂ©, sans fard ni effets. Cet Ă©quilibre et cet esprit de la mesure intĂ©riorisĂ©e, ce son enfin, souverain par sa sincĂ©ritĂ©, se dĂ©ploient vĂ©ritablement dans l’Adagio d’Elgar, dont les qualitĂ©s sont mĂ©lodiques et introspectives. Le tact, la pudeur Ă©cartent – trĂšs heureusement -, tout affĂšterie, ailleurs souvent automatique, soulignant chez Elgar sa solennitĂ© plutĂŽt que ses brĂ»lures mĂ©ditatives (dĂ©veloppĂ©es jusqu’à la fin du dernier mouvement Allegro, presque bavard oĂč l’on sent chez le violoncelle l’envie d’en dĂ©coudre sans conclure vraiment). Sheku se montre souple, fin, et presque racĂ©, d’une sonoritĂ© de fait filigranĂ©e, Ă©largie qui semble Ă©tendre et dĂ©tendre le temps avec une clartĂ© dans le geste, captivante.

CLIC D'OR macaron 200L’interprĂšte sait varier son jeu : tout en souplesse, rondeur, vibration, introspection dans la Romance de ce volet majeur Elgar. MĂȘme souplesse et finesse de son vibrato, douĂ© de phrasĂ©s intĂ©rieurs dans Nimrod des Enigma varations d’ELGAR : la pudeur du geste, l’éloquence rentrĂ©e et pourtant trĂšs intense font mouche. Sheku convainc, car Elgar lui va comme un gant sur une main preste.

 

 

 

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VIDEO PEOPLE / SHEKU joue au mariage royal de 2018 (Harry & Meghan) :

 

 

 

Commentaire : The footage was taken from St George’s Chapel, Windsor for the wedding of the Duke and Duchess of Sussex. Sheku Kanneh-Mason performs von Paradis’ ‘Sicilienne in E Flat Major’, FaurĂ©’s ‘AprĂšs Un RĂȘve’ and Schubert’s ‘Ave Maria’.

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VIDEO

 

 

 

Music video by Sheku Kanneh-Mason performing Traditional: Blow The Wind Southerly (Arr. Kanneh-Mason). © 2020 Decca Music Group Limited

 

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralto / Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO

lemieux-MERS-erato-cd-homepage-concerts-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralto / Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO. Somptueux programme sur le thĂšme marin et ici selon l’esthĂ©tique et les fantasmes propres Ă  la fin et l’extrĂȘme fin du XIXĂš, wagnĂ©rienne et post wagnĂ©rienne. Le disque est avant tout une immersion majeure dans l’orchestre hollywoodien fin de siĂšcle / Belle-Époque, celle de Richard Strauss, de Puccini, et bientĂŽt de Ravel
 C’est d’abord sur le plan chronologique, la premiĂšre mondiale de la MER, ode – symphonie du trĂšs wagnĂ©rien Victorin JonciĂšres dont on connaĂźt bien la Symphonie romantique, rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ©e : ici la partition de 1881 pour choeur, mezzo et grand orchestre dĂ©ploie des effluves vaporeuses, celle des facettes de l’ocĂ©an, tout Ă  tour, qui berce, fascine et hypnotise, emporte, foudroie et enveloppe
 mer tueuse et mer sirĂšne, l’ocĂ©an selon JonciĂšres est un animal indomptable d’une puissance poĂ©tique manifeste, qui profite ici de ses avancĂ©es aprĂšs son opĂ©ra triomphal Dimitri de 1876.

MN Lemieux chante Elgar, Chausson, JonciĂšres
Extases marines


Toute aussi wagnĂ©rienne est la lyre d’Ernest Chausson qui dans le triptyque du PoĂšme de l’amour et de la mer (1892), de la dĂ©cennie suivante, dĂ©ploie une plus grande rĂ©vĂ©rence Ă  Wagner tout en la renouvelant totalement : la dĂ©licatesse picturale de l’orchestre renforce nĂ©anmoins la profonde langueur dĂ©pressive de l’écriture qui plonge dans les trĂ©fonds de l’ñme humaine (la mort de l’amour)
 Enfin, en anglais, et sublimĂ©s par la formidable musique de Sir Edward Elgar, le plus impĂ©rial des compositeurs du british empire, les 5 poĂšmes symphoniques ou SEA PICTURES de 1899, offrent une flamboyante fresque orchestrale inspirĂ©e des Ă©lĂ©ments ocĂ©aniques dont le premier, « Berceuse de la mer » (Sea slumber song), le plus enivrĂ© et extatique, exprime un Ă©merveillement perpĂ©tuel
 La voix ample, chaude, si charnelle et maternelle de Marie-Nicole Lemieux, en guest star, apporte ce grain humain fraternel souvent irrĂ©sistible. Critique complĂšte Ă  venir le jour de la parution du cd MER(S) Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel, le 13 sept 2019.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralo / l’Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO – CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019

TOURS. Premier concert symphonique de Benjamin Pionnier dans son théùtre

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'OpĂ©ra de ToursTours. Les 5 et 6 novembre 2016 : Elgar, Tanguy, Rachmaninov. Nouveau directeur de l’OpĂ©ra de Tours, Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre « maison », dans un programme apparemment Ă©clectique, mais en rĂ©alitĂ© riche en filiations tĂ©nues, en Ă©chos et correspondances d’une piĂšce Ă  l’autre. A la diversitĂ© affichĂ©e, le programme sait aussi proposer Ă  l’écoute des oeuvres aussi rares que somptueuses, tels les Variations Enigma de Elgar, – dont rĂ©cemment Daniel Barenboim a enregistrĂ© les superbes Symphonies 1 et 2 chez Decca avec la Staatskapelle de Berlin. Lectures enthousiasmantes qui expriment au plus juste la caractĂšre intĂ©rieure, le raffinement instrumental et la grande finesse mĂ©lodique d’Elgar. Les Variations Enigma opus 36 sont crĂ©Ă©es Ă  Londres Ă  la fin du siĂšcle industriel, soit 1899. Le triomphe immĂ©diat de la partition affirme le gĂ©nie de l’auteur, alors quadragĂ©naire (42 ans). Il y a bien 2 Ă©nigmes musicales dont la clĂ© et le secret se trouvent prĂ©servĂ©s dans la musique elle-mĂȘme: la premiĂšre (6 mesures en sol mineur pour cordes seules) serait ĂȘtre le contrepoint d’un hymne cĂ©lĂšbre (God save the King?) ; la seconde englobe les 14 variations qui suivent et qui, selon Elgar, dresse le portrait intime de ses proches. Chacun devait alors se reconnaĂźtre
 La facĂ©tie, l’humour et l’allusion n’écarte pas un sentiment de grandiose et de solennel qui inscrit naturellement Elgar tel le compositeur de l’Empire Britannique, chantre de la grandeur du rĂšgne de la Reine Victoria

Autre temps forts de ce programme riche et diversifiĂ©, la Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini opus 43, qui permet Ă  l’Orchestre de s’associer le feu trĂ©pidant de la jeune pianiste Lise de la Salle : Ă©crit en Suisse, crĂ©Ă© Ă  Baltimore en 1934, la Rhapsodie tĂ©moigne du dernier Rachma pianiste compositeur, car la partition est bien son ultime et 5Ăšme Concerto pour piano 
 L’intensitĂ© du morceau, sa forme libre, proche de l’improvisation inspira Ă  Fokine un ballet qui fut rĂ©alisĂ© avec l’accord de l’auteur en 1939. La Rhapsodie cumule 24 variations sur le thĂšme du 24Ăš Caprice de Paganini : un dĂ©fi pour le compositeur et une transe progressive pour l’interprĂšte. C’est aussi l’affirmation d’un principe crĂ©ateur qui joue de la Variation comme d’un cadre Ă  la fois inspirant et pourtant conforme au canevas de dĂ©part. En somme Rachmaninov suit la mĂȘme rĂšgle que Brahms dans ses Variations sur un thĂšme de Haydn. De sorte que cohĂ©rent et divers pourtant, le programme porte bien son titre : « Variations ». Premier concert de la saison symphonique 2016 – 2017 de l’OpĂ©ra de Tours.

OpĂ©ra de Tours, saison symphonique 2016 – 2017
Concert inaugural : « Variations »
Samedi 5 novembre 2016 – 20h
Dimanche 6 novembre 2016 – 17h

Conférences : présentation des oeuvres au programme :
Samedi 5 novembre – 19h
Dimanche 6 novembre – 16h
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Johannes BRAHMS
Variations sur un thĂšme de Haydn – Op.56

Edward ELGAR
Variations Enigma – Op.36

Eric TANGUY
Adagio pour cordes (2009)

SergueĂŻ RACHMANINOV
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini – Op.43 pour piano et orchestre
Lise de la Salle, piano

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours
02.47.60.20.00

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 Ă  12h00 / 13h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Cd, compte rendu critique. ELGAR : SYMPHONIE N1, 1908. Staatskappelle de Dresde, Daniel Barenboim  (1 cd Decca 2014). CLIC de classiquenews de mai et juin 2016.

Elgar-Barenboim-Stastskapelle-BerlinCd, compte rendu critique. ELGAR : SYMPHONIE N°1, 1908. Staatskappelle de Dresde, Daniel Barenboim  (1 cd Decca 2014). CLIC de classiquenews de mai et juin 2016. La symphonie nÂș 1 en la bĂ©mol majeur op. 55 a Ă©tĂ© Ă©crite par Edward Elgar en 1907. Le compositeur projetait dĂšs 1898 d’Ă©crire une symphonie à programme sur la vie du gĂ©nĂ©ral victorien Charles Gordon, mais il en abandonna peu Ă  peu l’idĂ©e pour Ă©crire une partition purement musicale. Il s’agit de la premiĂšre de ses trois symphonies (la troisiĂšme n’existe qu’Ă  l’Ă©tat d’amorce et laissĂ©e Ă  l’Ă©tat de fragments). La puissance et le souffle n’Ă©cartent pas un rĂ©el sens du raffinement en particulier orchestral. CrĂ©Ă©e le 3 dĂ©cembre 1908 sous la direction de Hans Richter, avec le HallĂ© Orchestra à Manchester, la premiĂšre symphonie de Elgar fut immĂ©diatement applaudie triomphalement, totalisant prĂšs de 80 rĂ©alisations des la premiĂšre annĂ©e. Pour Nikkish,  il s’agissait de la 5Ăšme symphonie de Brahms. A l’Ă©poque oĂč rĂšgne la sensibilitĂ© Belle Époque d’un Proust, qui vient de commencer l’Ă©criture de sa Recherche  (1906…), Elgar exprime simultanĂ©ment une vision tout autant raffinĂ©e, aux resonances multiples, d’une profondeur qui saisit malgrĂ© la langue des plus classiques, nĂ©o brahmsienne du musicien de l’Empire.

CLIC_macaron_2014La marche d’ouverture du premier mouvement indique clairement l’appartenance d’Elgar Ă  la grande tradition qui le lie Ă  Beethoven et Ă  Brahms mais aussi Ă  une certaine pompe cĂ©rĂ©monielle, majestueuse et noble  propre Ă  la grandeur de l’Empire britannique. La langue trĂšs classique et instrumentalement, extrĂȘmement raffinĂ©e d’Elgar montre combien le compositeur s’inscrit dans la grande Ă©criture philharmonique celle du post wagnĂ©rien et si original Franck, du flamboyant Richard Strauss dont l’excellente instrumentation et la grande sĂ©duction mĂ©lodique ont Ă©tĂ© idĂ©alement assimilĂ©s (la suavite mĂ©lodique d’un Puccini est aussi trĂšs prĂ©sente ). Elgar mĂȘle avec une fluiditĂ© pleine d’Ă©lĂ©gance, une prĂ©cision portĂ©e par une belle Ă©nergie, et la quĂȘte permanente d’une innocence (pourtant Ă  jamais perdue). MaĂźtre incomparable des alliages de timbres comme de l’Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral, Daniel Barenboim soigne cette alliance subtile de sentiments et d’atmosphĂšres en apparence contradictoires : certitude majestueuse, tendresse nostalgique, entre pompe, circonstance et pudeur plus intime. ..

La rondeur impressionnante des cuivres somptueux, – d’une portĂ©e wagnĂ©rienne, et l’Ă©mergence des mĂ©lodies plus lĂ©gĂšres sont remarquables d’Ă©loquence et d’ intonation car la baguette n’est jamais Ă©paisse mais au contraire dĂ©taillĂ©e, analytique et finement dramatique, d’une expressivitĂ© intĂ©rieure et fluide.

Le chef sait aussi mette en lumiĂšre l’unitĂ© prĂ©servĂ©e du cycle dans son entier grĂące Ă  la rĂ©itĂ©ration cyclique de la mĂ©lodie Ă  la flĂ»te dont il sait exprimer cette insouciance enchanteresse spĂ©cifique.

Le 2Ăšme mouvement convainc idĂ©alement grĂące Ă  l’Ă©quilibre souverain des pupitres lĂ  encore ; Barenboim convainc par la motricitĂ© exemplaire, prĂ©cise, nuancĂ©e, par un allant gĂ©nĂ©ral jamais lourd, trĂ©pidant qui Ă©lectrise tout le grand corps orchestral mis en dialogue avec des Ă©clats tendres au bois et vents d’une douceur rĂ©ellement  ineffable; sa direction tĂ©moigne d’un art de la direction qui sait cultiver les effets et tout le potentiel d’un grand orchestre pourtant Ă©tonnement ciselĂ© et poĂ©tique,   avec un sens inouĂŻ des dĂ©tails de la fluiditĂ© dramatique (violon solo, harpe, cordes gorgĂ©es d’exaltante vitalitĂ©); c’est assurĂ©ment ce mouvement qui combine le mieux allusivement la pompe du dĂ©but, une innocence mĂ©lodieuse, cultivant aussi un souffle irrĂ©pressible, avant l’Ă©mergence  du superbe Adagio que le chef choisit de dĂ©ployer dans la continuitĂ© enchaĂźnĂ©e avec une pudeur et une profondeur impressionnante voire le sentiment d’une  grandeur impĂ©riale  (superbes cors). Le chef exprime tout ce que le mouvement contient de la blessure coupable (wagnĂ©rienne : alliance cors / timbales, rĂ©fĂ©rence Ă  Tristan), – sublime fusion de la noblesse et de la nostalgie.

Daniel Barenboim excelle dans la richesse de ton obtenue avec une prĂ©cision admirablement sculptĂ©e  (sens Ă©tonnant du dĂ©tail : chant des clarinettes, vibrato filigranĂ© des cordes) diffusant un sentiment de dĂ©tente, de suspension, de plĂ©nitude, alors dans la continuitĂ© de la Symphonie. En en rĂ©vĂ©lant comme peu avant lui, la profonde unitĂ© souterraine qui solidifie sa puissante structure, en sachant ciseler toute la somptueuse parure instrumentale, pointilliste et scintillante, le chef signe une lecture superlative, l’une de ses meilleures rĂ©alisations symphoniques de surcroĂźt au service d’un compositeur mĂ©connu, rĂ©guliĂšrement absent des salles de concerts. Clic de classiquenews de mai et juin 2016.

Cd, compte rendu critique. ELGAR : SYMPHONIE N°1, 1908. Staatskappelle de Dresde, Daniel Barenboim  (1 cd Decca 2014). CLIC de classiquenews de mai et juin 2016.

 

Barenboim-elgar-symphonie-1-decca-staatkapelle-dresden-critique-presentation-critique-cd-582

 

CD. Elgar : Symphonie n°2 (Barenboim, 2013)

elgar symphony elgar symphony 2 Barenboim staatskapelle BerlinCD. Elgar : Symphonie n°2 (Barenboim, 2013). Plus proche de la nature ambivalente en rĂ©alitĂ© brahmsienne de son auteur, la Symphonie n°2 d’Edward Elgar (1857-1934) est l’ultime massif symphonique achevĂ© par le compositeur britannique
 l’ouvrage est crĂ©Ă© avec applaudissements polis en mai 191. De fait, l’ample Larghetto affiche une couleur hĂ©ritiĂšre de Brahms et de Wagner (la Symphonie n°1 n’était-elle pas estimĂ©e telle la 5Ăšme de Brahms?). La superbe noblesse du Staatkapelle de Berlin assure haut la main les dĂ©fis multiples d’une partition ambivalente aux climats souvent contradictoires voire opposĂ©s (c’est Ă  dire dĂ©concertants pour les premiers auditeurs). Fin interprĂšte elgarien, Barenboim fait vrombir le rugissement des cuivres (cors remarquables) comme la suractivitĂ© murmurĂ©e et liquide des cordes. EmblĂ©matique de la souffrance secrĂšte teintĂ©e de cette majestĂ© affleurant continument (la symphonie est un hommage au roi Édouard VII rĂ©cemment disparu, dĂ©cĂ©dĂ© en mai 1910), le second mouvement est l’un des plus aboutis du cycle (gloire des harpes). Les teintes Ă©vanouies et introspectives que sait capter et diffuser le chef rendent hommage Ă  une Ă©criture infiniment moins superficielle qu’on le dit abusivement.

Elgar et le Roi 


Le Rondo presto est un pur jeu rythmique magnifiquement contrÎlé par Barenboim auquel répond la coda maestosa, elle aussi finalement plus wagnérienne que strausienne du Moderato final -au panache trÚs Maßtres chanteurs.

CLIC_macaron_2014ComposĂ©e quand Strauss et Hoffmansthal livraient l’enchantement nĂ©obaroque du Chevalier Ă  la rose (crĂ©Ă© en janvier 1911), la DeuxiĂšme d’Elgar ne manque ni de souffle ni de grandeur. Barenboim sait lui insuffler une prodigieuse vie intĂ©rieure,  les mauvaise langue diront bavarde, inutilement autobiographique, mais la sĂ»retĂ© articulĂ©e de la baguette du maestro argentino-israĂ©lo-palestinien sait surtout lui restituer son Ă©quilibre voire son flux organique. Entre solennitĂ© et affect plus intime,  le chef captive par une retenue et une pudeur imprĂ©vues (dernier mouvement dĂ©cidĂ©ment trĂšs convaincant par sa finesse). Au moment oĂč il publie ce nouvel album symphonique chez Decca,  Daniel Barenboim annonce le lancement de son propre label : « Peral Music », initiative 100% numĂ©rique oĂč les amateurs et connaisseurs du travail du maestro, retrouveront tous ses chantiers musicaux Ă  la tĂȘte de ses deux orchestres de prĂ©dilection : la Staatskapelle de Berlin et le West-Eastern Divan Orchestra, mais aussi ses derniĂšres rĂ©alisations comme pianiste solo ou concertant au sein de formations chambristes. Sont annoncĂ©es comme premiĂšres propositions de Peral Music : Symphonies 1-3 de Bruckner (Chicago Symphony, 1970 et Berliner Philharmoniker 1990)
  Ă  suivre.

Elgar : Symphonie N°2. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction.  1 Decca 0289 478 6677 0 CD DDD DH. Durée : 56mn. Enregistré en à la Philharmonie de Berlin en octobre 2013.