Cinéma. L’Elektra de Chéreau en direct du Met

Télé, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice ChéreauCinéma. Strauss : ELEKTRA, le 30 avril 2016, 18h45. En direct du Metropolitan opera New York, samedi 30 avril 2016,1845h. Rôle incandescent, voix hurlante embrasée proche de la rupture et du cri primal, animée par une fureur vengeresse … que seul son frère Oreste saura apaiser (en prenant sa défense et l’aidant à réaliser son projet), Elektra est l’un des rôles pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’écriture du chant, du fait a surtout de la présence scénique du personnage quasiment toujours en scène (comme Suzanna dans les Noces de Figaro de Mozart ou à présent depuis la création mondiale réalisée à Nantes le 19 avirl dernier, Maria Republica dans l’opéra éponyme signé François Paris, d’après Agostin-Gomez Arcos). Il n’y a guère que lorsque sa mère paraît, criminelle irresponsable, Klytemnestre, que sa fille éreintée, possédée, rentre dans le silence (pour mieux rugir ensuite).
Pas d’équivalent à ce profil de jeune femme détruite et impuissante dont la fureur humiliée se déverse dans un chant éruptif et animal jamais écouté, écrit, déployé auparavant… Nina Stemme s’empare du personnage avec une intensité féline, organique, animale, dans la mise en scène – mythique-, de Patrice Chéreau, laquelle fait ses débuts attendus à New York. Aux côtés de la wagnérienne Nina Stemme, l’immense Waltraud Meier reprend le rôle de la mère fauve, hallucinée (Klytemnestre), cepedant que Adrianne Pieczonka et le baryton basse Eric Owen, incarnent les personnages non sans profondeur et d’une humanité bouleversante, Crysotémis et Oreste). Ainsi la terrible légende des Atrides peut se déployer en un théâtre de sang et de terreur sublime sur la scène du Metropolitan. La vision essentiellement théâtrale de Chéreau, son travail sur le profil de chaque silhouette, en restituant la place du théâtre sur la scène lyrique, bascule l’opéra de Strauss vers une arène haletante, à la tension irrésistible. Au centre de cette furieuse imprécation féminine, les retrouvailles de la soeur et du frère : Elektra / Oreste, sont un sommet de vérité, un rencontre bouleversante.

LIRE aussi notre critique développée du DVD ELEKTRA (Aix en Provence 2013) – Elektra : Evelyn Herlitzius – Klytämnestra : Waltraud Meier
Chrysothemis : Adrianne Pieczonka – Orest : Mikhail Petrenko… Essa Pekka Salonen, direction.

EXTRAIT de la critique du dvd, en 2013 : L’espace scénique et ses décors (monumentaux/intimes) reste étouffant et ne laisse aucune issue à ce drame tragique familial. Chacun des protagonistes, chacun des figurants exprime idéalement cette fragilité inquiète, ce déséquilibre inhérent à tout être humain. Le doute, l’effroi, la panique intérieure font partie des cartes habituelles de Chéreau (une marque qu’il partage avec les réalisations de la chorégraphes Pina Bausch) : l’homme de théâtre aura tout apporté pour la vérité de l’opéra, ciselant le moindre détail du jeu de chaque acteur. Dans la fosse, disposant d’un orchestre qui n’est pas le mieux chantant, Salonen sculpte la matière musicale avec une épure tranchante, un sens souvent jubilatoire de l’acuité expressionniste. Volcan qui éructe ou dragon qui souffle et respire avant l’attaque et le brasier, l’orchestre se met au diapason de cette vision scénographie à jamais historique. On regrette d’autant plus Chéreau à l’opéra qu’aucun jeune scénographe après lui, parmi les nouveaux noms, ne semblent partager un tel sens du théâtre… (Benjamin Ballifh)

+ D’INFOS sur le site du Metropolitan Opera de New York, page dédiée ELEKTRA

CD. Richard Strauss : Elektra (Evelyn Herlitzius, Thielemann, 2014)

CLIC D'OR macaron 200elektra strauss thielemann herlitzius papeCD, critique. Richard Strauss : Elektra (Evelyn Herlitzius, Thielemann, 2014). Enregistrée à la Philharmonie de Berlin, en janvier 2014, voici la nouvelle réalisation éditée par Deutsche Grammophon pour fêter l’année Richard Strauss. Soulignons des noms déjà remarqués dans cette distribution dresdoise qui compte avec celle aixoise de Chéreau (juillet 2013) : l’Elektra embrasée d’Evelyn Hertzilius et le mezzo sombre, halluciné de Waltraud Meier dans le duo fille / mère, duo axial si capital dans le dévoilement de chaque personnalité féminines, opposée, affrontée ; ici sans le support visuel du dvd et la fulgurante mise en scène du Français, les voix paraissent un rien “atténuées” : criarde, parfois laide mais si investie et expressionniste pour la première : – avec le recul, totalement engagée, prête à prendre tous les risques, et mieux convaincante en seconde partie à partir de sa confrontation finale avec sa sÅ“ur Chrysotémis puis surtout avec son frère Oreste, revenu en associé de sa sÅ“ur pour leur acte vengeur : Evelyn Herlitzius nous rappelle un Luana de Vol, même implication au delà de la vocalité, d’une même humanité brûlée, capable enfin comme peu de nous rappeler combien l’opéra straussien est d’abord du théâtre, une formidable opportunité de caractérisation qui passe autant par le corps que le voix ; à ses côtés, petite et usée, parfois sans soutien Waltraud Meier (malgré un sens du texte digne du théâtre : verbe entâché de sang et de culpabilité de cette peur animale qui fait de l’immense Waltraud une Kundry et une Atride, ici, passionnante à écouter) ne peut masquer une voix qui a beaucoup perdu).

 

 

 

Passionnante Evelyn Herlitzius

 

Herlitzius evelynHeureusement l’Oreste de René Pape est somptueux de noblesse mâle et droite : un loup tenu dans l’ombre prêt à porter le coup de la vengeance sous la chauffe de sa sÅ“ur exténuée, irradiante. En Chrysotémis, Anne Schwanewilms straussienne méritante pourtant dans le rôle entre autres de la Maréchale du Chevalier à la rose). reste terne et sans l’angélisme ivre du personnage (son rapport avec Elektra hurlante qui profère à sa sÅ“ur pétrifiée sa malédiction est hélas sans éclat : la voix de Chrysotémis n’est pas assez caractérisée et contrastée avec Elektra). Dommage.

L’orchestre quant à lui en dépit de sa robe somptueuse, de sa sonorité rayonnante et si naturelle (historiquement) pour Strauss,  – avec des détails jouissifs, … patine, fait du surplace. Il étonne par son dramatisme statique : la faute en incombe à Christian Thielemann, trop épais, trop riche et voluptueux : pas assez tranchant, fluide et théâtral (tout le final est d’une pompe monolithique assez assommante). La direction de Salonen pour la production aixoise était d’une toute autre fulgurance. Quant à Karajan, il savait insuffler l’éclair et la foudre qui manquent tellement ici. Mais tout n’est pas à écarter : les retrouvailles d’Elektra avec son frère est un grand moment, le meilleur assurément, car les voix sont ici superbement habitées et Herlitzius profite en son réalisme embrasé, du métal fraternel d’un René Pape de grande classe. Le baryton basse trouve exactement les couleurs sombres et lugubres, se faisant d’abord passé pour mort, et finalement au nom révélé d’Elektra, confesse son identité princière et se répand en compassion avant le fameux air en monologue, le plus bouleversant de l’opéra – où la bête se fait humaine et aimante : C’est ici que Evelyn Herlitzius confirme que son incarnation est bien celle de toute sa carrière..; et que l’orchestre se montre rien que narratif, sans gouffres amères, sans lyrisme exsangue, sans troubles ni vertiges éperdus. L’enregistrement vaut par ce déséquilibre, mais il reste intéressant voire captivant grâce aux deux chanteurs, le frère et la sÅ“ur. Pape, viril cynique, monstre tendre ; Herlitzius, incandescente, irrésistible même en ses faiblesses vocales…  CLIC de classiquenews pour eux deux.

Richard Strauss:  Elektra. Evelyn Herlitzius (Elektra), Anne Schwanewilms (Chrysotemis), Waltraud Meier (Clytemnestre), Rene Pape (Oreste), Staatskapelle Dresden. Christian Thielemann, direction. 2cd Deutsche Grammophon 002890479 3387.

Télé. Arte : Richard Strauss, un génie controversé, le 11 juin à 21h

richard-strauss-102~_v-image360h_-ec2d8b4e42b653689c14a85ba776647dd3c70c56Arte : Richard Strauss, un génie controversé, le 11 juin à 21h. Arte diffuse ce portrait docu de Richard Strauss en «  génie controversée »…. pour les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur bavarois, né en 1864. Le regard est forcément sélectif : sont évoqués poèmes symphoniques (Don Juan, Don Quichotte…) : un terreau expérimental et purement instrumental, mené jusqu’aux ultimes années du XIXème finissant… grâce auquel Strauss se forge sa propre identité musicale, bientôt appliquée à l’opéra. En prince de l’instrumentation, le compositeur qui a pu bénéficier d’un foyer familial propice à sa maturation artistique, affirme alors un tempérament unique sur le plan des audaces harmoniques, de la construction dramatique… Evidemment sur le registre lyrique sont mentionnés, le Chevalier à la rose, créé triomphalement à Dresde – foyer des créations straussiennes par excellence, en 1911 : toute l’Europe cultivée se pressa lors pour applaudir à ce miracle musical qui renoue avec la grâce et le raffinement mozartiens (de fait, le rôle d’Octavian est un personnage travesti comme celui de Cherubin dans les Noces de Figaro, principe classique par excellence et avant l’époque des Lumières, tant de fois utilisé à l’âge baroque de Vivaldi à Haendel)…
Aux côtés de la carrière du compositeur d’opéras (Elektra, Salomé également créées à Dresde en 1905 puis 1908 sont évoquées), le parcours du chef d’orchestre est précisément jalonné : Meiningen où Hans van Bulow l’appelle à ses côtés, puis Weimar (1889) où il rencontre Brahms, Wagner et surtout la soprano Pauline de Ahna qui deviendra son épouse… Weimar synthétise alors sa double renommée : compositeur adulé de Don Juan, chef célébré dans Tristan une Isolde de Wagner, compositeur qu’il adore tout en prenant distance avec sa conception messianique de la musique.
Le docu souligne combien Strauss fut au début du siècle, le tenant de la modernité lyrique, auteur d’une musique furieuse, spectaculaire et raffinée à la fois, faisant de Dresde, ce lieu d’expérimentation, véritable laboratoire des avancées et renouvellements lyriques avec Elektra et Salomé… Dommage que les grandes oeuvres orchestrales ne sont pas évoquées ni même citées : La Femme sans ombre, Hélène égyptienne, puis les opéras crépusculaires et nostalgiques Capriccio, Daphné ou l’Amour de Danaé…

strauss mosaique richard straussUn génie empêtré dans la honte… Le chapitre que l’on attend concerne la collusion honteuse de Strauss avec le régime nazi : une complaisance qui dure 12 années et qui n’est pas à son honneur ni à son avantage. Aux jeux Olympiques de Berlin en 1936, Strauss, président de la chambre de musique du Reich compose l’hymne olympique, il est le compositeur le plus célèbre en Allemagne depuis les années 1920… Hitler et Gobbels utilisent et instrumentalisent à des fins de propagande sa célébrité honorable, d’autant que l’humanisme lettré et classique de Strauss n’a jamais été militant ni engagé. Son éducation le conduit à se soumettre et servir le pouvoir : comme il l’a fait auprès de l’Empereur François Joseph, puis Guillaume II, enfin Hitler. Cet aveuglement reste déconcertant, d’autant que dans lettres et conversations rapportées, Strauss exprime clairement sa distance d’un régime dont il annonce très vite la fin attendue. En 1944, il fait une visite au camp de musiciens de Theresienstadt pour y faire libérer la grand mère de sa belle fille : Strauss avait la naïveté de croire que son crédit et son statut suffiraient à obtenir cette libération sans la résistance des tortionnaires… Evidemment, personne n’est libéré. Voilà qui en dit long sur cet aveuglement de la honte. En 1949, le chef hongrois juif Solti soutient sa totale dénazification et l’accueille triomphalement dan la ville de ses anciens succès : Dresde. Tout un symbole. Avec les Quatre derniers lieder (qui sont en vérité 5 à présent), – hymne flamboyant et mélancolique, Strauss semble faire amande honorable, prier pour son rachat et en même temps exprimer un adieu qui est renoncement au monde.
Le témoignages des artistes : Thomas Hampson (qui chante Mandryka dans Arabella à Salzbourg 2014 aux côtés de René Fleming), la mezzo Brigitte Fassbaender (interprète légendaire de Octavian… qui témoigne son harcèlement des fans que sa prise de rôle à suscité à Munich en 1979), le chef Christian Thielemann …

Soirée Richard Strauss sur Arte

première partie de programme

arte_logo_2013Concert à Dresde pour les 150 ans : Christian Thielemann dirige au Semperoper de Dresde, la Staatskapelle de Dresde dans un cycle comprenant des extraits symphoniques et lyriques : Elektra, Le Chevalier à la rose, Feuersnot et surtout perles orchestrales néobaroques : l’ouverture de Hélène l’Égyptienne et en particulier le final de Daphné qui narre musicalement la métamorphose de la nymphe aimée d’Apollon en laurier, selon la légende féerique et fantastique léguée par Ovide entre autres.

seconde partie de programme

arte_logo_2013La Femme sans ombre de Richard StraussDocumentaire de Reinhold Jaretszky : portrait de Richard Strauss en” génie controversé”. Bilan sur sa carrière pendant le régime hitlérien : Strauss compositeur germanique vivant incontournable ne fut-il qu’instrumentalisé par les nazis ou chercha-t-il sciemment à pactiser avec le diable pour recueillir privilèges et statuts officiels? Sa complicité avérée alors avec le chef Clemens Krauss lui aussi complaisant vis à vis du régime hitlérien ajoute au trouble… Nommé président de la Chambre de musique du Reich dès 1933, adoubé par Hitler, auteur d’hymnes de pure obéissance (comme celui pour les Jeux Olympiques de 1936), Strauss même s’il démissionna de sa charge présidentielle, prit parti pour son librettiste juif, Zweig, au moment de la création de La Femme silencieuse en 1935 (sous la direction de Karl Böhm)… Le documentaire offre un large spectre d’analyse, soulignant combien le génie de l’artiste fut grand, mais plus douteuses ses errances politiques et culturelles… A chacun de se faire son propre jugement. L’immense stature du compositeur dans la première moitié du XXè s’affirme elle de façon indiscutable.

 

Arte. Mercredi 11 juin 2014,20h50. Soirée Richard Strauss : concert et docu.

DVD. Richard Strauss : Elektra (Meier, Salonen, Chéreau, 2013)

ELEKTRA chereau straussDVD. Richard Strauss : Elektra (Chéreau, 2013). La production aixoise de 2013 s’impose à nous après le décès de Patrice Chéreau : le document édité aujourd’hui en dvd prend valeur de testament artistique d’un metteur en scène qui avant cette Elektra légendaire avait de la même façon révolutionné en 1976 avec Boulez, la perception du Ring de Wagner à Bayreuth (de surcroît pour le centenaire du festival lyrique wagnérien). On retrouve ici le réalisateur Stéphane Metge qui avait déjà réussit la captation du sublime et noir opéra de Janacek : De la maison des morts, autre accomplissement de Chéreau à Aix.
Chéreau s’immerge dans la psyché des êtres, aucun n’est vraiment coupable ou littéralement conformes à ce que l’on attend de lui, ni totalement blanc ni fatalement noir : l’homme de théâtre bannit les frontières habituelles, gomme les manichéismes caricaturaux, façonnant de Clytemnestre, le visage d’une mère faible, détruite elle aussi par le poids du crime qu’elle a commandité (Waltraud Meier articulée, théâtrale, diseuse légendaire qui avait déjà chanté le rôle chez Nikolaus Lehnoff à Salzbourg en 2010) ; sa fille, corps suant, souffrant, sensuel : Evelyn Herlitzius incarne idéalement ce théâtre lyrique physique avant d’être vocal, dramatique avent d’être lyrique qui est la marque même de Chéreau à l’opéra. A elles deux, le spectacle vaut bien des palmes. Moins évidente la Chrysothémis d’Adrianne Pieczonka qui reste épaisse et moins soucieuse du verbe que ses partenaires. Les hommes sont eux aussi accablés, victimes, noirs.

chereau aix elektra meierL’espace scénique et ses décors (monumentaux/intimes) reste étouffant et ne laisse aucune issue à ce drame tragique de famille. Chacun des protagonistes, chacun des figurants exprime idéalement cette fragilité inquiète, ce déséquilibre inhérent à tout être humain. Le doute, l’effroi, la panique intérieure font partie des cartes habituelles de Chéreau (une marque qu’il partage avec les réalisations de la chorégraphes Pina Bausch) : l’homme de théâtre aura tout apporté pour la vérité de l’opéra, ciselant le moindre détail du jeu de chaque acteur. Dans la fosse, disposant d’un orchestre qui n’est pas le mieux chantant, Salonen sculpte la matière musicale avec une épure tranchante, un sens souvent jubilatoire de l’acuité expressionniste. Volcan qui éructe ou dragon qui souffle et respire avant l’attaque et le brasier, l’orchestre se met au diapason de cette vision scénographie à jamais historique. On regrette d’autant plus Chéreau à l’opéra qu’aucun jeune scénographe après lui, parmi les nouveaux noms, ne semblent partager un tel sens fulgurant, incandescent du théâtre. DVD événement, forcément CLIC de classiquenews.com.

CLIC D'OR macaron 200Richard Strauss : Elektra, opéra en un acte. 
Livret d’Hugo von Hofmannsthal d’après Electre de Sophocle
Elektra : Evelyn Herlitzius
Klytämnestra : Waltraud Meier
Chrysothemis : Adrianne Pieczonka
Orest : Mikhail Petrenko
Orchestre de Paris
Direction musicale : Esa-Pekka Salonen
Mise en scène : Patrice Chéreau

Réalisation: Stéphane Metge
Bonus: Interview de Patrice Chéreau
Dur̩e: 1h50 min + 23 min (docu, entretiens) РImage: Couleur, 16/9, NTSC. Audio: PCM Stereo, Dolby Digital 5.1
Sous-titres: FR / ANGL / ALL / ITAL / ESP
Zones: Toutes zones – 1 disque(s) – Date de sortie: 20-05-2014

L’incandescente Elektra de Chéreau sur Arte

Télé,  Arte. Strauss : Elektra par Chéreau. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. Dans une arène dépouillée qui laisse tout voir du mouvement des figures sur la scène, l’action tragique aux accents expressionnistes hystériques se dévoile retrouvant la noblesse épurée et la grandeur austère des drames d’Eschyle et de Sophocle. Patrice Chéreau nous laisse une vision personnelle et très engagée de la mise en scène à l’opéra. Il reste l’un des plus récents réformateurs du théâtre lyrique. Dans cette production du troisième opéra de Richard Strauss (et son premier ouvrage avec l’immense poète Hugo van Hofmannsthal), Chéreau travaille le corps de ses interprètes comme s’il s’agissait d’une facette de l’âme. Sans a priori le metteur en scène redéfinit les enjeux psychologiques de chacun des protagonistes, en fouillant en particulier le livret parvenu, en interrogeant chaque mot du texte d’Hofmannsthal.

 

 

 Télé, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice Chéreau

 

 

Patrice Chéreau laisse avec Elektra (créé en 1909),  son ultime scénographie à l’opéra,  l’une de ses réalisations les plus abouties.  Fille tiraillée entre le désir de vengeance de celui qui lui a donné l’amour -son père Agamemnon-, et la volonté de tuer celle qui ne lui a rien donné,  sa mère Clytemnestre (qui a tué le père), la pauvre fille crie son impuissante volonté, elle hurle sa douleur solitaire (car sa sœur Chrysostémis elle veut tourner la page et vivre), c’est d’abord une victime blessée,  une ombre errante en quête d’identité;  en s’appuyant sur les intentions de Strauss et de son librettiste, Chéreau brosse un nouveau portrait d’Elektra en éclairant sa relation avec la mère… Interprète familière et qui connaît idéalement le rôle de Clytemnestre, la mezzo incandescente Waltraud Meier répond magnifiquement au travail de Chéreau. .. c’est aussi aux côtés de la fille,  la figure ambiguë et bouleversante de la mère qui frappe immédiatement.
Créée à l’été 2013 (festival d’Aix en Provence juillet 2013), la production d’Elektra que diffuse Arte montre combien Chereau décédé en octobre 2013, plaçait l’humain au centre de son travail avec un sens de l’économie et du rythme sans équivalent (sauf peut être Pina Baush, celle du Sacre du printemps….). Même ivresse fulgurante, même fascination pour le chant du corps embrasé dont la danse/transe relaie la vocalité de la musique quand cette dernière ne suffit plus. Production événement d’autant plus opportune pour l’année 2014 du 150 ème anniversaire de Strass et aussi comme hommage à l’apport de Patrice Chereau à la scène lyrique. En lire +, lire notre critique du spectacle Elektra de Strauss par Chéreau (Aix 2013)

 

Télé,  Arte. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. 

 

 

L’incandescente Elektra de Chéreau sur Arte

Télé,  Arte. Strauss : Elektra par Chéreau. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. Dans une arène dépouillée qui laisse tout voir du mouvement des figures sur la scène, l’action tragique aux accents expressionnistes hystériques se dévoile retrouvant la noblesse épurée et la grandeur austère des drames d’Eschyle et de Sophocle. Patrice Chéreau nous laisse une vision personnelle et très engagée de la mise en scène à l’opéra. Il reste l’un des plus récents réformateurs du théâtre lyrique. Dans cette production du troisième opéra de Richard Strauss (et son premier ouvrage avec l’immense poète Hugo van Hofmannsthal), Chéreau travaille le corps de ses interprètes comme s’il s’agissait d’une facette de l’âme. Sans a priori le metteur en scène redéfinit les enjeux psychologiques de chacun des protagonistes, en fouillant en particulier le livret parvenu, en interrogeant chaque mot du texte d’Hofmannsthal.

 

 

 Télé, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice Chéreau

 

 

Patrice Chéreau laisse avec Elektra (créé en 1909),  son ultime scénographie à l’opéra,  l’une de ses réalisations les plus abouties.  Fille tiraillée entre le désir de vengeance de celui qui lui a donné l’amour -son père Agamemnon-, et la volonté de tuer celle qui ne lui a rien donné,  sa mère Clytemnestre (qui a tué le père), la pauvre fille crie son impuissante volonté, elle hurle sa douleur solitaire (car sa sœur Chrysostémis elle veut tourner la page et vivre), c’est d’abord une victime blessée,  une ombre errante en quête d’identité;  en s’appuyant sur les intentions de Strauss et de son librettiste, Chéreau brosse un nouveau portrait d’Elektra en éclairant sa relation avec la mère… Interprète familière et qui connaît idéalement le rôle de Clytemnestre, la mezzo incandescente Waltraud Meier répond magnifiquement au travail de Chéreau. .. c’est aussi aux côtés de la fille,  la figure ambiguë et bouleversante de la mère qui frappe immédiatement.
Créée à l’été 2013 (festival d’Aix en Provence juillet 2013), la production d’Elektra que diffuse Arte montre combien Chereau décédé en octobre 2013, plaçait l’humain au centre de son travail avec un sens de l’économie et du rythme sans équivalent (sauf peut être Pina Baush, celle du Sacre du printemps….). Même ivresse fulgurante, même fascination pour le chant du corps embrasé dont la danse/transe relaie la vocalité de la musique quand cette dernière ne suffit plus. Production événement d’autant plus opportune pour l’année 2014 du 150 ème anniversaire de Strass et aussi comme hommage à l’apport de Patrice Chereau à la scène lyrique. En lire +, lire notre critique du spectacle Elektra de Strauss par Chéreau (Aix 2013)

 

Télé,  Arte. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. 

 

 

Strauss : l’Elektra de Patrice Chéreau (Aix 2013)

Télé,  Arte. Strauss : Elektra par Chéreau. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. Patrice Chéreau nous laisse une vision personnelle et très engagée de la mise en scène à l’opéra. Il reste l’un des plus récents réformateurs du théâtre lyrique. Dans cette production du troisième opéra de Richard Strauss (et son premier ouvrage avec l’immense poète Hugo van Hofmannsthal), Chéreau travaille le corps de ses interprètes comme s’il s’agissait d’une facette de l’âme.  Dans une arène dépouillée qui laisse tout voir du mouvement des figures sur la scène, l’action tragique aux accents expressionnistes hystériques se dévoile retrouvant la noblesse épurée et la grandeur austère des drames d’Eschyle et de Sophocle. Sans à priori le metteur en scène redéfinit les enjeux psychologiques de chacun des protagonistes, en fouillant en particulier le livret parvenu, en interrogeant chaque mot du texte d’Hofmannsthal.

 

elektra,M116011Patrice Chéreau laisse avec Elektra (créé en 1909),  son ultime scénographie à l’opéra,  l’une de ses réalisations les plus abouties.  Fille tiraillée entre le désir de vengeance de celui qui lui a donné l’amour -son père Agamemnon-, et la volonté de tuer celle qui ne lui a rien donné,  sa mère Clytemnestre (qui a tué le père), la pauvre fille crie son impuissante volonté, elle hurle sa douleur solitaire (car sa sÅ“ur Chrysostémis elle veut tourner la page et vivre), c’est d’abord une victime blessée,  une ombre errante en quête d’identité;  en s’appuyant sur les intentions de Strauss et de son librettiste, Chéreau brosse un nouveau portrait d’Elektra en éclairant sa relation avec la mère… Interprète familière et qui connaît idéalement le rôle de Clytemnestre, la mezzo incandescente Waltraud Meier répond magnifiquement au travail de Chéreau. .. c’est aussi aux côtés de la fille,  la figure ambiguë et bouleversante de la mère qui frappe immédiatement.
Créée à l’été 2013 (festival d’Aix en Provence juillet 2013), la production d’Elektra que diffuse Arte montre combien Chereau décédé en octobre 2013, plaçait l’humain au centre de son travail avec un sens de l’économie et du rythme sans équivalent (sauf peut être Pina Baush, celle du Sacre du printemps….). Même ivresse fulgurante, même fascination pour le chant du corps embrasé dont la danse/transe relaie la vocalité de la musique quand cette dernière ne suffit plus. Production événement d’autant plus opportune pour l’année 2014 du 150 ème anniversaire de Strass et aussi comme hommage à l’apport de Patrice Chereau à la scène lyrique.

Télé,  Arte. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. 

Avec Clytemnestre (Waltraud Meier), Chrysotémis (Adrianne Pieczonka), Elektra (Evelyn Herlitzius)… Mise en scène : Patrice Chéreau. Orchestre de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction. Enregistré en juillet 2013 au festival d’Aix en Provence.

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Ce que nous en pensons …..On sait en voyant un spectacle de Chéreau combien le corps, les gestes millimétrés, le jeu des mouvements et des regards et la face expressive des chanteurs acteurs seront mis en avant. De fait, cette Elektra aixoise n’échappe à cette règle. L’homme de théâtre fait de chaque opéra investi et questionnés selon sa grille, d’abord une performance théâtrale et… physique.

Au début, ces laveuses, balais et seaux d’eau (pour enlever les traces des crimes ensanglantés qui y ont été commis?), le dialogue hystérique et exclusivement féminin entre les partisanes de la princesse Elektra et ses dénonciatrices… installent un climat d’abattoir, de terreur, de conspiration à la fois malsaine et animale. Le choix de la grande niche monumentale – vide et néant en miroir de la solitude de la princesse -, mais aussi ombre mouvante avec le soleil qui se déplace comme sur un cadran solaire est magnifique dans son épure austère et antique. Il rappelle aussi que tout se passe ici en une journée.

C’est d’ailleurs le seul insigne de l’Antiquité grecque ici abordée par Strauss et son librettiste Hofmannsthal. C’est peu dire que le travail du scénographe s’est concentré surtout sur la relation entre Elektra et sa mère Clytemnestre : une mère détruite elle aussi, dévorée par ses rêves de terreur et ses nuits sans sommeil. Apeurée, inquiète, mais aussi hallucinée par la nécessité d’un nouveau sacrifice, Waltraud Meier fait une performance saisissante. Plus encore captivante, Elektra elle-même dont Chéreau transmet au delà des cris et des hurlements félins, la blessure secrète d’une âme jeune sevrée trop tôt, en manque d’amour et de tendresse, endeuillée par la mort de son père assassiné qui lui avait tout donné… bouleversante humanité.

Lire aussi notre dossier sur le personnage d’Elektra, figure féminine fascinante de l’opéra de Richard Strauss, aux côtés de Salomé, Daphné, Hélène …

Illustration : P.Victor Artcomart 2014

 

Compte-rendu : Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence, le 10 juillet 2013. Strauss, Elektra. Evelyn Herlitzius, Waltraud Meier, Adrianne Pieczonka… Orchestre de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction. Patrice Chéreau, mise en scène.

Elektra Aix ChéreauC’était le grand événement de cette saison 2013 du festival d’Aix-en-Provence (dernière représentation le 13 juillet dernier).
Une superproduction (en partenariat avec la Scala, le Met, le Liceu, les opéras de Berlin et Helsinki) dont laffiche faisait déjà saliver. Le résultat s’est révélé encore supérieur aux attentes, extraordinaire à tous points de vue et bouleversant de la première à la dernière seconde.

 

 

Intelligence et profondeur

 

Tout dans la mise en scène de Patrice Chéreau, depuis la scénographie jusqu’à la direction d’acteurs, met en valeur le drame implacable qui se déroule sous nos yeux. Il offre une lecture plus psychologique qu’ « expressionniste », sans diminuer la force du drame, et surtout avec une lintelligence et la sensibilité qui ont fait sa renommée. Si le décor aux tons gris reste fidèle aux descriptions d’une cour intérieure de palais grec, le fond de la scène est entièrement occupé par une alcôve vide que l’on imagine accueillant autrefois une statue du roi Agamemnon. Cette absence devient aussi omniprésente pour le public que pour Elektra, qui vit recluse comme une mendiante en attendant que son père soit vengé.

La chanteuse Evelyn Herlitzius se fond à merveille dans ce rôle de femme blessée, sans jamais verser dans l’hystérie caricaturale. Elle possède une rare palette d’expressions qui la rend beaucoup plus cohérente et fouillée.
D’un strict point de vue vocal, le timbre n’est pas très joli, le vibrato envahissant et les attaques parfois fausses. Mais peut-être est-ce le prix à payer pour offrir au public un tel impact en salle et une telle expressivité. Seule une voix aussi large peut passer l’immense orchestre straussien avec aisance, profitant dune projection proprement hallucinante. Sans doute les retransmissions gommeront-elles cette dimension spectaculaire pour faire ressortir les défauts techniques.

L’art de l’équivoque

La grande inventivité de cette production est également la lecture donnée par Chéreau du personnage de Klytämnestra et de sa relation avec sa fille. Traditionnellement, la reine régicide à Mycènes est interprétée de manière outrancière, si ce n’est expressionniste, se réfugiant dans une vaine cruauté pour expier son crime. Ici, le metteur en scène exploite l’ambiguïté de leurs rapports, oscillant entre l’aversion et une complicité presque tendre : ainsi Elektra enlace affectueusement sa mère avant de l’inviter à se trancher la gorge. Waltraud Meier, une grande habituée du rôle, achève par ses talents d’actrice de rendre le personnage plus humain et plus sensible, si bien que lon se prend pour elle dune étrange empathie.

Elektra entretient également une relation très ambiguë avec avec sa soeur Chrysothemis, à qui Adrianne Pieczonka prête sa voix ample et fruitée. Si son interprétation est plus discrète, la mise en scène exploite de façon intéressante le trouble incestueux qui saisit les deux soeurs, notamment dans leur second duo. Mikhail Petrenko incarne avec sa voix sombre et sa haute stature un bel Oreste, mais scéniquement presque maladroit.

Une performance unique

Chez Strauss, le personnage principal est souvent détenu par l’orchestre. Esa Pekka-Salonen, à la tête de lOrchestre de Paris, tient la gageure. Rarement l’on aura entendu la partition servie aussi admirablement : à l’art de la précision et des détails orchestraux s’ajoute une gestion magistrale du flux orchestral. Les crescendos sont gérés à la perfection, et finissent par éclater avec une force implacable qui vous laisse rivé à votre siège. L’Orchestre de Paris, généralement quelque peu routinier, s’enflamme à Aix sous la baguette du chef finlandais et déborde littéralement d’énergie, transfiguré.
Au-delà de l’incroyable degré technique, de la qualité de chacun des éléments qui composent ce spectacle, – chanteurs, orchestre, mise en scène -, la véritable et rare cohérence de l’ensemble est à saluer. Une performance qui fera date, à n’en pas douter.

Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence, le 10 juillet 2013. Richard Strauss, Elektra. Tragédie en un acte dHugo von Hofmannsthal, créée à Dresde en 1909. Avec : Evelyn Herlitzius, Elektra ; Waltraud Meier, Klytämnestra ; Adrianne Pieczonka, Chrysothemis ; Mikhail Petrenko, Orest ; Tom Randle, Aegisth. Coro Gulbenkian ; Orchestre de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction. Patrice Chéreau, mise en scène.

Elektra de Richard Strauss

elektra_opera_bastille_2013Paris, Opéra Bastille, jusqu’au 1er décembre 2013. Strauss : Elektra   …   La pièce de Wilde, Elektra cimente l’une des collaborations les plus fructueuses à l’opéra, après celle de Mozart et Da Ponte ou avant eux, Monteverdu et Busenello, Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal : ils se rencontrent pour produire d’après la pièce de théâtre de Oscar Wilde, un opéra efficace, fulgurant, sauvage, dès 1906.
Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme flambe une dernière fois dans cette tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. Dans Elektra, les forces de la psyché sont à l’oeuvre : comment une fille peut-elle rompre le lien à la mère ? C’est à dire achever de réaliser sa vengeance sur celle qui a fait assassiner son père pour en épouser un autre… Ivre d’impuissance, éprouvant à son comble le sentiment de l’injustice, l’hystérique ne parvient pas à surmonter l’horreur d’un drame familial. Et tout est là, dans les rugissements fauves d’un orchestre apocalyptique qui pourtant expriment l’insoutenable folie d’une seule âme éprouvée. Un orchestre océan, miroir d’une solitude apeurée… Avec Elektra, Richard Strauss démontre qu’il est désormais possible de composer un opéra après Wagner.

Richard Strauss (1864-1949)
Elektra, 1909
LIVRET DE HUGO VON HOFMANNSTHAL
TRAGÉDIE EN UN ACTE, OP. 58 (1909)

Robert Carsen, mise en scène

Paris, Opéra Bastille, du 27 octobre au 1er décembre 2013.

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Elektra de Richard Strauss

elektra_opera_bastille_2013Elekra de Strauss … Paris, Opéra Bastille, jusqu’au 1er décembre 2013  …   La pièce de Wilde, Elektra cimente l’une des collaborations les plus fructueuses à l’opéra, après celle de Mozart et Da Ponte ou avant eux, Monteverdu et Busenello, Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal : ils se rencontrent pour produire d’après la pièce de théâtre de Oscar Wilde, un opéra efficace, fulgurant, sauvage, dès 1906.
Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme flambe une dernière fois dans cette tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. Dans Elektra, les forces de la psyché sont à l’oeuvre : comment une fille peut-elle rompre le lien à la mère ? C’est à dire achever de réaliser sa vengeance sur celle qui a fait assassiner son père pour en épouser un autre… Ivre d’impuissance, éprouvant à son comble le sentiment de l’injustice, l’hystérique ne parvient pas à surmonter l’horreur d’un drame familial. Et tout est là, dans les rugissements fauves d’un orchestre apocalyptique qui pourtant expriment l’insoutenable folie d’une seule âme éprouvée. Un orchestre océan, miroir d’une solitude apeurée… Avec Elektra, Richard Strauss démontre qu’il est désormais possible de composer un opéra après Wagner.

Richard Strauss (1864-1949)
Elektra, 1909
LIVRET DE HUGO VON HOFMANNSTHAL
TRAGÉDIE EN UN ACTE, OP. 58 (1909)

Robert Carsen, mise en scène

Paris, Opéra Bastille, du 27 octobre au 1er décembre 2013.

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