France Musique en direct d’Aix en Provence : du 11 au 18 juil 2022 (Idomeneo / SalomĂ© / Il Viaggio, Dante / MoĂŻse et Pharaon

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique en direct d’Aix en Provence : du 11 au 18 juil 2022 / De l’édition 2002 du Festival d’Aix en Provence, France Musique diffuse 6 opĂ©ras, 5 en direct et 1 en diffĂ©rĂ©. Un cycle lyrique Ă  suivre absolument pour mesurer les prises de risques et l’effort de crĂ©ativitĂ© du premier festival estival français


 

 

 

Planning des 6 retransmissions sur France Musique :
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11 JUILLET | 21h30 / Idomeneo, Mozart (ArchevĂȘchĂ©)
12 JUILLET | 20h / Salomé, Strauss (GTP)
13 JUILLET | 20h / Il Viaggio, Dante, Pascal Dusapin (GTP)
14 JUILLET | 21h30 / MoĂŻse et Pharaon, Rossini (ArchevĂȘchĂ©)
15 JUILLET | 20h / L’incoronazione di Poppea (Jeu de Paume)

En différé

18 JUILLET | 20h Norma, Bellini (GTP)

 

 

 

 

 

 

Présentation de chaque production diffusée sur FRANCE MUSIQUE
depuis le Festival d’Aix en Provence 2022 :

 

 

 

Lundi 11 juillet 2022, 21h30 / MOZART : Idomeneo
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Le premier grand succĂšs lyrique de Mozart – et l’un de ses serias les plus ambitieux aprĂšs Lucio Silla et Mitridate, est loin d’ĂȘtre le plus reprĂ©sentĂ© sur les scĂšnes mondiales. À l’affiche pour la troisiĂšme fois seulement du Festival d’Aix-en-Provence, il s’annonce tel l’un des Ă©vĂ©nements de l’édition 2022. AprĂšs Requiem, en 2019, RaphaĂ«l Pichon dirige Ă  nouveau l’orchestre et le choeur Pygmalion dans la cour du ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©. Avec Michael Spyres (IdomĂ©nĂ©e), Sabine Devieilhe (Ilia), Anna Bonitatibus (Idamante)… Satoshi Miyagi, (dĂ©buts europĂ©ens dans une mise en scĂšne d’opĂ©ra) croise Ă©chos romantiques de la GrĂšce antique et esthĂ©tique visuelle du Japon contemporain. Au cƓur du drame : le roi de CrĂšte doit sacrifier son fils s’il veut apaiser les dieux. Mais s’élĂšve la voix de l’amour, celui de la princesse Ilia par laquelle la rĂ©solution de la tragĂ©die pourra s’accomplir. Mozart signe une partition d’une force inouĂŻe, au souffle orchestral nouveau qui exalte davantage sa comprĂ©hension majeure du cƓur humain. Que donnera cette nouvelle lecture aixoise ? La rĂ©fĂ©rence inĂ©galĂ©e demeure la version dirigĂ©e par Nikolaus Harnoncourt, d’une sincĂ©ritĂ© et d’une poĂ©sie remarquables.

Direction musicale : RaphaĂ«l Pichon – Mise en scĂšne : Satoshi Miyagi – Avec : Michael Spyres, Sabine Devieilhe, Anna Bonitatibus, Siobhan Stagg, Linard Vrielink, Kresimir Spicer, Alexandros Stavrakakis, le choeur et l’orchestre Pygmalion, les danseurs Sophie Blet, Idir Chatar, Apolline Di Fazio, AnaĂŻs Michelin, Yumi Osanai et Ken Sugiyama – A retrouver aussi sur ARTE et ARTEconcert, Samedi 16 juillet 2022 vers 22h40

 

 

 

Mardi 12 juillet 2022, 20h / R STRAUSS : Salomé
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A l’affiche aixoise 2022, du 5 au 19 juil, l’opĂ©ra incandescent de Strauss inspirĂ© d’Oscar Wilde et crĂ©Ă© Ă  Dresde en 1905, est « portĂ© » cette annĂ©e par la soprano française Elsa Dreisig dans le rĂŽle-titre de la jeune fille de 17 ans, adolescente saisie par la beautĂ© du prophĂšte Iokanaan, lequel ne cesse de dĂ©noncer la rĂ©putation sulfureuse de sa mĂšre Herodias (Angela Denoke). AprĂšs avoir dansĂ© la fameuse danse des 7 voiles, sommet de l’écriture symphonique Ă©rotique, SalomĂ© demande Ă  Herodes, sorte de phallocrate pĂ©dophile, la tĂȘte de Iokanaan
 pour qu’elle bisie ses lĂšvres. Erotisme, barbarie, cruautĂ©, manipulation
 Strauss Ă©crit un opĂ©ra d’une violence et d’une flamboyance sensuelle, inĂ©dites. Photo © B Uhlig. Orchestre de Paris / Ingo Metzmacher, direction.

Plus d’infos sur le site du Festival d’Aix en Provence 2022 / page dĂ©diĂ©e SalomĂ© :

https://festival-aix.com/fr/evenement/salome

 

 

 

Mercredi 13 juillet 2022, 20h / DUSAPIN : Il Viaggio, Dante
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CrĂ©ation mondiale Ă  l’affiche du Festival d’Aix en Provence, du 8 au 17 juillet 2022. Livret de FrĂ©dĂ©ric Boyer, d’aprĂšs Dante (Vita nova, Divina Commedia)  -  Sommet de la littĂ©rature europĂ©enne dont on fĂȘte les 700 ans, la Divine ComĂ©die est Ă  la fois un poĂšme-monde synthĂ©tisant tous les savoirs et le tĂ©moignage concret d’une vie plongĂ©e dans les turpitudes de son temps – Florence en l’an 1300, ses querelles politiques et religieuses qui ont failli mener Dante au bĂ»cher. Avec « Il Viaggio, Dante », Pascal Dusapin (Passion, 2008) et FrĂ©dĂ©ric Boyer proposent un voyage intime Ă  travers le voyage d’un individu exemplaire, tissĂ© de tout ce qui fait l’humain – jusqu’à son accomplissement dans la lumiĂšre et dans la joie. Saisi Ă  trois Ăąges de la vie, Dante passe des cercles de l’enfer, avec sa litanie des damnĂ©s culminant dans la rencontre avec Lucifer, au paradis, oĂč retentit le rire Ă©nigmatique de BĂ©atrice. ChƓur et l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon / Kent Nagano, direction. PremiĂšre pour Claus Guth (mise en scĂšne) qui place son protagoniste entre la vie et la mort ; entre-deux incertains, le hĂ©ros explore et s’égare dans l’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© de notre monde contemporain.

En lire plus sur le site du Festival d’Aix en Provence 2022 / page dĂ©diĂ©e Dusapin : Il Viaggio, dante
 :

https://festival-aix.com/fr/evenement/il-viaggio-dante

 

 

 

Jeudi 14 juillet 2022, 21h30 / ROSSINI : MoĂŻse et Pharao.
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Nouvelle production à l’affiche aixoise du 7 au 20 juillet 2022.

GĂ©nie opportuniste, Rossini, nouvelle coqueluche des Français en pleine Ă©gyptomanie, adapte un ancien opĂ©ra crĂ©Ă© Ă  Naples pour la scĂšne de l’OpĂ©ra de Paris. La sortie d’Égypte des HĂ©breux opprimĂ©s (avec la fameuse traversĂ©e de la mer Rouge) est le prĂ©texte d’un grand opĂ©ra spectaculaire ponctuĂ© de plaies et de prodiges dont la puissance, la noblesse, le sens dĂ©jĂ  cinĂ©matographique annoncent Meyerbeer et suscitent l’admiration de Stendhal et Balzac. Michele Mariotti dirige le choeur et l’orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon avec un plateau dominĂ© par le MoĂŻse de Michele Pertusi
 Avec Adrian SĂąmpetrean (Pharaon), Jeanine De Bique (AnaĂŻ)
 Photo : © M Rittershaus

ROSSINI : MoĂŻse et Pharaon / OPÉRA EN QUATRE ACTES – LIVRET DE LUIGI BALOCCHI ET D’ÉTIENNE DE JOUY – CRÉÉ LE 26 MARS 1827 À L’ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE (SALLE LE PELETIER, PARIS)

Plus d’infos sur le site du Festival d’Aix en Provence 2022 / page dĂ©diĂ©e Rossini : MoĂŻse et Pharaon :

https://festival-aix.com/fr/evenement/moise-et-pharaon

 

 moise-et-pharaon-rossini-aix-en-provence-mariotti-pertusi-critique-opera-classiquenews-2022

 

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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts. RĂ©vĂ©lĂ© il y trois ans Ă  Munich, lors d’un mĂ©morable concert et enregistrĂ© dans la foulĂ©e avant une reprise Ă  Versailles, le Dante de Benjamin Godard reçoit enfin les honneurs d’une recrĂ©ation scĂ©nique. Mise en scĂšne et direction d’acteurs efficace pour une partition qui regorge de beautĂ©s compensant une intrigue quelque peu statique.

 

 

 

La lyrique Comédie

 

DANTE godard paul gaugler frederic caton

 

 

 

En apparence, le drame d’Édouard Blau et de Benjamin Godard reproduit la structure du Grand OpĂ©ra : quatre actes, une juxtaposition de tableaux plus qu’un entremĂȘlement d’intrigues complexes, une grande importance accordĂ©e aux masses chorales et une inscription dans l’Histoire, ici la Florence du XIIIe siĂšcle troublĂ©e par les luttes intestines entre Guelfes et Gibelins. C’est un bref et dramatique interlude qui nous plonge directement au cƓur du sujet Ă  travers un double chƓur vĂ©hĂ©ment opposant les deux factions rivales. Le lien avec le poĂšme de Dante est assez tĂ©nu et c’est Ă  un Ă©pisode de la vie sentimentale du poĂšte que l’intrigue de l’opĂ©ra s’intĂ©resse : Ă  la rivalitĂ© politique qui sert de toile de fond Ă  l’histoire, fait Ă©cho la rivalitĂ© amoureuse entre Dante et son ami Simeone Bardi pour la jeune et belle BĂ©atrice. Celle-ci est secondĂ©e par sa confidente Gemma, tandis que l’ombre de Virgile sert de contrepoint au voyage du poĂšte dans les Enfers – prĂ©cĂ©dĂ© d’une trĂšs entrainante tarentelle – occasion pour Ă©voquer quelques Ă©pisodes de la Divine ComĂ©die (Paolo et Francesca, Ugolin) opposĂ©s Ă  une vision fantasmĂ©e du Paradis dans une synthĂšse dramatiquement efficace.
La mise en scĂšne de Jean-Romain Vesperini, les dĂ©cors sobres de Bruno de LavenĂšre et les costumes superbes de CĂ©dric Tirado, constituent un Ă©crin idĂ©al pour cette recrĂ©ation (quelques colonnes entourĂ©es d’une passerelle et des escaliers en hĂ©lice), un dĂ©cor unique amovible permettant de suggestifs changements d’angle, magnifiĂ© par les lumiĂšres chaleureuses de Christophe Chaupin.
La distribution rĂ©unie pour cette recrĂ©ation mondiale, qui diffĂšre de celle du disque (seule Diana Axentii fit partie de la premiĂšre aventure) brille par sa cohĂ©sion et sa cohĂ©rence. Dans le rĂŽle-titre, le tĂ©nor Paul Gaugler rĂ©vĂšle des accents hĂ©roĂŻques souvent convaincants, une lĂ©gĂšretĂ© de timbre qui trahit la fragilitĂ© du personnage, mĂȘme s’il est parfois Ă  la peine quand il est sollicitĂ© dans le registre aigu (« Ah, de tous mes espoirs ») ; la BĂ©atrice de Sophie Marin-Degor n’est pas vraiment la jeune fille de quinze ans qu’elle est censĂ© incarner et si son chant traduit sa riche et longue expĂ©rience, notamment dans ses brillants aigus, le registre mĂ©dium manque de moelleux et la diction en pĂątit quelque peu (« Comme deux oiseaux que leur vol rassemble »). L’autre interprĂšte fĂ©minine, la Gemma de la mezzo AurhĂ©lia Varak, bouleverse par un timbre mordant, riche et ample, notamment dans la romance du dernier acte (« Au milieu de vous, dans ce monastĂšre ») et dans le superbe duo avec Bardi au dĂ©but du second acte (« À lui, dĂšs son enfance »). Mais la palme revient justement au baryton JĂ©rĂŽme Boutiller, incarnation admirable du noble chant Ă  la française ; diction et projection impeccables, chacune de ces interventions est un concentrĂ© d’énergie pathĂ©tique qui rendrait sublime le plus mĂ©diocre livret. Dans le rĂŽle de l’ombre de Virgile, la basse FrĂ©dĂ©ric Caton est sombre Ă  souhait dans ses interventions de la vision dantesque du 3e acte. Contraste saisissant avec le timbre solaire de son Ă©colier Diana Axentii qui, bien que souffrante le soir de la premiĂšre, a fort bien tirĂ© son Ă©pingle du jeu dans son ode Ă  Virgile. Le hĂ©raut d’armes Jean-François Novelli, qu’on ne voit pourtant guĂšre sur scĂšne, complĂšte efficacement la distribution.
Dans la fosse, la baguette alerte de Mihhail Gerts rend justice Ă  cette partition qui combine efficacement les registres – les volutes miroitantes de la tarentelle et celles hypnotiques du tourbillon infernal –, privilĂ©giant dans tous les cas une grande lisibilitĂ© des pupitres. On saluera Ă©galement la magnifique prestation des chƓurs (prĂ©parĂ©s par Laurent Touche), plus engagĂ©s encore qu’au disque. MalgrĂ© quelques menues coupures, cette rĂ©surrection du Dante de Godard poursuit le travail de dĂ©frichage de l’opĂ©ra de Saint-Étienne qui se poursuivra en mai avec la rare Cendrillon d’Isouard.  DerniĂšre demain, mardi 12 mars 2019.
http://www.opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Paul Gaugler (Dante), Sophie Marin-Degor (BĂ©atrice), JĂ©rĂŽme Boutiller  (Bardi), AurhĂ©lia Varak (Gemma), FrĂ©dĂ©ric Caton (L’ombre de Virgile / Un vieillard), Diana Axentii (L’écolier), Jean-François Novelli (Un hĂ©raut d’armes), Claire Babel, Émilie Broyer, Brigitte Chosson, VĂ©ronique Richard (Les religieuses), Jean-Romain Vesperini (mise en scĂšne), Claire ManjarrĂšs (assistante Ă  la mise en scĂšne), Bruno de LavenĂšre (dĂ©cors), CĂ©dric Tirado (costumes), Christophe Chaupin (lumiĂšres), Laurent Touche (Chef de chƓurs), Orchestre symphonique Saint- Étienne, Mihhail Gerts  (direction). Photos : © Cyrille Cauvet – OpĂ©ra de Saint-Étienne

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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théùtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts.

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, ThĂ©Ăątre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts. SAINT-ETIENNE confirme son Ă©tonnante disposition Ă  dĂ©voiler des trĂ©sors oubliĂ©s de notre patrimoine. Pour ce Dante dont il n’existe q’un enregistrement (assez inĂ©gal en raison de chanteurs peu nuancĂ©s voire inintelligibles et d’un orchestre « routinier »), voici sur la scĂšne stĂ©phanoise, impliquant tous les ateliers de fabrication locaux (dĂ©cors, costumes, machinerie), la version scĂ©nique de l’ouvrage. Une rĂ©crĂ©ation mondiale car l’opĂ©ra de Benjamin Godard n’avait pas Ă©tĂ© produit sur les planches depuis sa crĂ©ation (malheureuse) en 1890. La rĂ©vĂ©lation est majeure car elle souligne un gĂ©nie du drame et de l’onirisme noir, souvent sombre, dont l’orchestre et le chƓur sont constamment sollicitĂ©s, en teintes expressives, raffinĂ©es, particuliĂšrement oniriques. L’écriture de Godard synthĂ©tise le meilleur Ă  son Ă©poque, Massenet et Verdi pour le drame, Gounod, Berlioz pour la distinction, sans omettre des couleurs et des harmonies puissantes qui rappellent Tchaikovski et annonce bientĂŽt la transparence d’un Ravel. C’est dire.
En outre l’architecture de l’opĂ©ra est claire ; les deux premiers actes (Ă  Florence) Ă©voquent l’ambition et la chute politique de Dante qui fut dans les faits, et de façon trĂšs fugace, Prieur de la capitale toscane ; puis Ă  partir de l’acte III, et le fameux « songe de Dante », la rĂ©alisation de l’idĂ©al artistique et poĂ©tique de l’artiste ; une cĂ©lĂ©bration qui vaut aussi identification pour Godard. Comme Wagner, le Français aborde le thĂšme de l’artiste et de la sociĂ©tĂ©, en prĂ©cisant la grandeur du destin du premier ; la violence stĂ©rile de la seconde (guerre Gibelins / Guelfes).

 
 
 

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Le continuum dramatique est assurĂ© par les options du metteur en scĂšne Jean-Romain Vesperini qui, -ouf, et pour notre plaisir, Ă©carte toute tentation vidĂ©o, prĂ©fĂ©rant la magie d’une machinerie XIXĂš, somptueux dispositif de passerelles et d’escaliers en colimaçon, sur une tournette centrale. L’esthĂ©tique de l’ensemble (changements Ă  vue) renforce la force de la vision de l’acte III.
Confirmant Dante sur son chemin de gloire, afin qu’il accomplisse sa vocation poĂ©tique, BĂ©atrice, la femme aimĂ©e, convoitĂ©e, devient sa muse ; et Virgile qui apparaĂźt sur la colline napolitaine lui rĂ©vĂšle la vision des enfers : de fait, Godard nous livre une puissante et mordante figuration infernale qui n’a rien Ă  envier aux opĂ©ras baroques ni aux Ă©vocations fantastiques d’un Berlioz. Tout concourt d’ailleurs Ă  la sublimation de la vocation artistique du hĂ©ros : l’opĂ©ra incarne son apothĂ©ose, ce que confirme la derniĂšre scĂšne qui voit le poĂšte Dante Ă  prĂ©sent conscient et sĂ»r de son Ɠuvre Ă  venir (La Divine ComĂ©die).
La sĂ©duction des mĂ©lodies (Gounod n’est pas loin), la couleur ombrĂ©e gĂ©nĂ©rale, la puissance du chƓur, surtout l’orchestre de Godard affirment un trĂšs grand talent taillĂ© pour l’opĂ©ra.

Les costumes et leurs couleurs hĂ©raldiques dĂ©veloppent une vision « rĂ©trofuturiste » qui modernise le Moyen-Âge selon le goĂ»t de Godard. La poĂ©sie (lumiĂšres vaporeuses) est constante et continue de dessiner le profil du poĂšte artiste face Ă  la sauvagerie de la sociĂ©tĂ©.

dante-paul-gaugler-opera-benjamin-godard-opera-reportage-partition-opera-evenement-saint-etienne-operaLe plateau vocal est globalement convaincant. L’émission du tĂ©nor Paul Gaugler dans le rĂŽle-titre pourra en rebuter plus d’un, mais son articulation, son sens du texte, ses phrasĂ©s proches de la mĂ©lodie, comme ses aigus en force, composent in fine un Dante, crĂ©dible, consistant qui souffre et trouve enfin sa vocation de poĂšte (prĂȘt Ă  immortaliser son amour et sa quĂȘte). A ses cĂŽtĂ©s, la muse justement et l’ñme-sƓur, Sophie Marin-Degor affirme une vĂ©ritĂ© stylistique qui Ă©claire de façon immĂ©diate la noblesse de cette Ăąme amoureuse et loyale : c’est elle qui verrouille le destin poĂ©tique de Dante (« pour ĂȘtre aimĂ©, fais ton devoir », tout est dit dĂšs l’acte I). Godard dans le dernier acte, celui oĂč elle est cloĂźtrĂ©e, et juste avant de succomber sur l’épaule de son aimĂ©, lui rĂ©serve un air bouleversant : l’enfant se rebelle contre la volontĂ© de son pĂšre (qui l’a promise Ă  un autre
 Bardi, le rival de Dante), et l’amoureuse radicale y expose clairement l’intensitĂ© de son sacrifice. S’il est maudit sur cette terre, Dante immortalisera leur amour.

Le compositeur renforce le chant soliste par un second couple, plus sombre et noir ; celui de Simeone Bardi dont l’esprit de haine et la jalousie prĂ©cipite la chute du Dante politique Ă  Florence (valeureux et intelligible JĂ©rĂŽme Boutillier) ; tandis que dans le rĂŽle de Gemma, la confidente de BĂ©atrice (et qui aime elle aussi Dante), AurhĂ©lia Varak rĂ©serve un timbre sĂ©duisant, digne d’une Dalila, mais l’articulation demeure imprĂ©cise.
L’excellent FrĂ©dĂ©ric Caton (basse ample et articulĂ©e) rayonne en Virgile dans le songe de Dante. Le ChƓur lyrique Saint-Etienne Loire dĂ©fend chaque partie, d’autant que l’énergie du chef estonien Mihhail Gerts montre combien ce Dante vaut bien des Werther de Massenet (mĂȘme librettiste) ou des Faust de Gounod. Vite, d’autres dates et une reprise de ce chef d’Ɠuvre oubliĂ©, enfin ressuscitĂ©, de l’OpĂ©ra romantique français. Il reste une derniĂšre date Ă  Saint-Etienne, demain mardi 12 mars 2019. Must absolu.

 
 
 
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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théùtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts.

Mise en scĂšne : Jean-Romain Vesperini
DĂ©cors : Bruno de LavenĂšre
Costumes : CĂ©dric Tirado

Dante : Paul gaugler
BĂ©atrice : Sophie Marin-Degor
Bardi : JĂ©rĂŽme Boutillier
Gemma : Aurhélia Varak
Un vieillard / Virgile : Frédéric Caton
L’écolier : Diana Axentii
Un héraut : Jean-François Novelli

ChƓur lyrique Saint-Etienne Loire
Laurent Touche, direction

Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire
Mihhail Gerts, direction. Photos grands formats © C Cauvet / Opéra de Saint-Etienne 2019

 
 
 
 
 
 

REPORTAGE vidĂ©o 2/2 : DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidĂ©o 2/2 : DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. Pourquoi mettre en scĂšne l’ouvrage de Godard, opĂ©ra fĂ©erique, infernal et onirique crĂ©Ă© en 1890 Ă  l’OpĂ©ra Comique Ă  Paris ? PrĂ©sence du chƓur (personnage Ă  part entiĂšre et d’une force « verdienne »), tableaux spectaculaires dont l’acte des enfers ; personnages intenses, absolus (Dante et sa muse bien aimĂ©e BĂ©atrice) ; second couple exaltĂ©, noir pour Bardi ; portĂ© par la bontĂ© (Gemma), surtout raffinement et souplesse d’un orchestre somptueux
 et si Dante Ă©tait le chef d’oeuvre oubliĂ© de l’opĂ©ra romantique français ? Godard Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant sait fusionner le meilleur de Bizet, Massenet, Verdi et mĂȘme Tchaikovski. Un ouvrage majeur, aujourd’hui ressuscitĂ© par les forces vives de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. PrĂ©sentation, explication
 reportage par © studio CLASSIQUENEWS.TV – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM 2019

 

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VOIR aussi notre REPORTAGE 1 :

dante opera de saint etienneREPORTAGE vidĂ©o 1/2 : DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : RecrĂ©ation Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas Ă©tĂ© remontĂ© sur scĂšne depuis sa crĂ©ation (malheureuse) Ă  l’OpĂ©ra Comique en 1890. GrĂące aux ressources de l’OpĂ©ra stĂ©phanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation d’une nouvelle production (dĂ©cors, costumes, machinerie
), l’ouvrage renaĂźt les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dĂ©diĂ© Ă  la rĂ©surrection d’un chef d’Ɠuvre de l’opĂ©ra romantique français, alternative convaincante au wagnĂ©risme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur gĂ©nĂ©ral et Jean-Romain Vesperini, metteur en scĂšne. TĂ©moignent aussi CĂ©dric Tirado, crĂ©ateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur
 La production est un Ă©vĂ©nement « made in OpĂ©ra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s. L’OpĂ©ra de Saint-Etienne est le seul opĂ©ra en France, avec l’OpĂ©ra national de Paris, Ă  regrouper en son sein, tous les mĂ©tiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des Ă©quipes artistiques, ici dĂ©diĂ©es Ă  la rĂ©estimation d’une partition Ă©blouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

 

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard,rĂ©crĂ©Ă© Ă  Saint-Etienne - RecrĂ©ation mondiale de la version scĂ©nique, l’opĂ©ra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra Comique Ă  Paris en 1890) ressuscite Ă  Saint-Etienne, grĂące aux Ă©quipes du Grand ThĂ©Ăątre Massenet. Nouvelle production Ă©vĂ©nement, les 8, 10, 12 mars 2019 Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne – teaser vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, fĂ©vrier – mars 2019 (le sujet DANTE est traitĂ©, prĂ©sentĂ© Ă  partir de 1mn17)

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’OpĂ©ra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REPORTAGE vidĂ©o 1/2 : DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidĂ©o 1/2 : DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : RecrĂ©ation Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas Ă©tĂ© remontĂ© sur scĂšne depuis sa crĂ©ation (malheureuse) Ă  l’OpĂ©ra Comique en 1890. GrĂące aux ressources de l’OpĂ©ra stĂ©phanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation d’une nouvelle production (dĂ©cors, costumes, machinerie
), l’ouvrage renaĂźt les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dĂ©diĂ© Ă  la rĂ©surrection d’un chef d’Ɠuvre de l’opĂ©ra romantique français, alternative convaincante au wagnĂ©risme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur gĂ©nĂ©ral et Jean-Romain Vesperini, metteur en scĂšne. TĂ©moignent aussi CĂ©dric Tirado, crĂ©ateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur
 La production est un Ă©vĂ©nement « made in OpĂ©ra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s. L’OpĂ©ra de Saint-Etienne est le seul opĂ©ra en France, avec l’OpĂ©ra national de Paris, Ă  regrouper en son sein, tous les mĂ©tiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des Ă©quipes artistiques, ici dĂ©diĂ©es Ă  la rĂ©estimation d’une partition Ă©blouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

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REPORTAGE 2/2 : PrĂ©sentation de la partition ; pourquoi remonter aujourd’hui Dante de Benjamin Godard ? Et si Dante Ă©tait un ouvrage majeur de l’opĂ©ra romantique français, oubliĂ©, enfin rĂ©vĂ©lĂ© ?

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard, rĂ©crĂ©Ă© Ă  Saint-Etienne - RecrĂ©ation mondiale de la version scĂ©nique, l’opĂ©ra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra Comique Ă  Paris en 1890) ressuscite Ă  Saint-Etienne, grĂące aux Ă©quipes du Grand ThĂ©Ăątre Massenet. Nouvelle production Ă©vĂ©nement, les 8, 10, 12 mars 2019 Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne – teaser vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, fĂ©vrier – mars 2019 (le sujet DANTE est traitĂ©, prĂ©sentĂ© Ă  partir de 1mn17)

dante-virgile-operasaitn-etienne-godard

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’OpĂ©ra DANTE de Benjamin GODARD

TEASER vidĂ©o. DANTE de Benjamin Godard Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne (8,10,12 mars 2019)

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsTeaser vidĂ©o. OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE, Benjamin Godard : DANTE. RecrĂ©ation mondiale de la version scĂ©nique, l’opĂ©ra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra Comique Ă  Paris en 1890) ressuscite Ă  Saint-Etienne, grĂące aux Ă©quipes du Grand ThĂ©Ăątre Massenet. Nouvelle production Ă©vĂ©nement, les 8, 10, 12 mars 2019 Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne – teaser vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE Ă  l’OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour rĂ©aliser la recrĂ©ation scĂ©nique d’un sommet de l’opĂ©ra français romantique Ă  l’Ă©poque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opĂ©ra inspirĂ© de la vie du poĂšte florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et Ă©perdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnĂ©risme ambiant. Dans Dante, Godard cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du poĂšte et du crĂ©ateur, comme Wagner et Berlioz l’ont rĂ©alisĂ© aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dĂšs l’acte I, BĂ©atrice la femme aimĂ©e sublimĂ©e convoitĂ©e, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaĂźt en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poĂšte Ă  rĂ©aliser son Ɠuvre poĂ©tique.
La premiĂšre ardente et amoureuse (synthĂšse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poĂšte Ă  se dĂ©dier Ă  sa lyre poĂ©tique (“pour ĂȘtre aimĂ© fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, rĂ©vĂšle Ă  Dante les horreurs et la grĂące des Enfers, propres Ă  stimuler sa verve crĂ©ative. Que serait il ce poĂšte que les Ă©vĂ©nement politiques ont brisĂ©, sans sa muse et son mentor ? La premiĂšre lui inspire son Ă©lan vital ; le second, le thĂšme des Enfers pour la ComĂ©die Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… RĂ©alisant sa premiĂšre mise en scĂšne avec dĂ©cors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’OpĂ©ra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacitĂ© et le grand esthĂ©tisme du dispositif visuel et scĂ©nographique (de surcroit sans l’artifice de la vidĂ©o) relĂšvent les dĂ©fis d’une recrĂ©ation mondiale spectaculaire.

Les nĂ©ophytes s’y dĂ©lecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, trĂšs finement brossĂ©s ; d’une mise en scĂšne qui impressionne par ses effets millimĂ©trĂ©s. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grĂące Ă  une plateforme sur tournette, le tableau du feu rĂ©el, bĂ»cher central symbolisant toutes les sphĂšres infernales bientĂŽt dĂ©crites par le poĂšte dans son Ɠuvre Ă  venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante Ă  l’acte III) ; la rĂ©alitĂ© changeante du chƓur constamment sollicitĂ©… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oubliĂ© renaĂźt aujourd’hui pour rĂ©activer la magie de l’opĂ©ra et enchanter le public. Dante est un Ă©vĂ©nement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la dĂ©monstration que les opĂ©ras en rĂ©gion sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de rĂ©pertoire.
AprĂšs Les fĂ©es du Rhin, opĂ©ra fantastique et fĂ©erique de Jacques Offenbach (1864) recrĂ©Ă© en français par l’OpĂ©ra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, dĂ©fendu par l’OpĂ©ra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de premiĂšre importance, Ă  la fois Ă©perdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe dĂ©couverte et nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, fĂ©vrier – mars 2019 (le sujet DANTE est traitĂ©, prĂ©sentĂ© Ă  partir de 1mn17)

 

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

 

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5 scĂšnes et tableaux remarquables, Ă  ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone Ă  l’acte II
Le duo d’amour Dante /BĂ©atrice Ă  la fin du mĂȘme acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mùne aux enfers, acte III
Le dernier air de BĂ©atrice au couvent , acte IV, dont l’intensitĂ© de la priĂšre amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans RomĂ©o et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’OpĂ©ra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

OPERA DE SAINT-ETIENNE, CE SOIR, premiÚre de la recréation mondiale de Dante de Benjamin Godard

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. Ce soir  vend 8 mars puis les 10 et 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. RecrĂ©ation mondiale d’un opĂ©ra romantique français oubliĂ© (1890). Dans sa VIDEOLETTER de fĂ©vrier mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente son actualitĂ© scĂ©nique dont Ă  partir de 1mn17, l’opĂ©ra en recrĂ©ation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oubliĂ© de 1890 qui ose inventer sur la scĂšne lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouĂŻ. PrĂ©sentation vidĂ©o (Sujet Dante Ă  1mn17)

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE Ă  l’OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour rĂ©aliser la recrĂ©ation scĂ©nique d’un sommet de l’opĂ©ra français romantique Ă  l’Ă©poque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opĂ©ra inspirĂ© de la vie du poĂšte florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et Ă©perdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnĂ©risme ambiant. Dans Dante, Godard cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du poĂšte et du crĂ©ateur, comme Wagner et Berlioz l’ont rĂ©alisĂ© aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dĂšs l’acte I, BĂ©atrice la femme aimĂ©e sublimĂ©e convoitĂ©e, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaĂźt en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poĂšte Ă  rĂ©aliser son Ɠuvre poĂ©tique.
La premiĂšre ardente et amoureuse (synthĂšse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poĂšte Ă  se dĂ©dier Ă  sa lyre poĂ©tique (“pour ĂȘtre aimĂ© fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, rĂ©vĂšle Ă  Dante les horreurs et la grĂące des Enfers, propres Ă  stimuler sa verve crĂ©ative. Que serait il ce poĂšte que les Ă©vĂ©nement politiques ont brisĂ©, sans sa muse et son mentor ? La premiĂšre lui inspire son Ă©lan vital ; le second, le thĂšme des Enfers pour la ComĂ©die Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… RĂ©alisant sa premiĂšre mise en scĂšne avec dĂ©cors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’OpĂ©ra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacitĂ© et le grand esthĂ©tisme du dispositif visuel et scĂ©nographique (de surcroit sans l’artifice de la vidĂ©o) relĂšvent les dĂ©fis d’une recrĂ©ation mondiale spectaculaire.

Les nĂ©ophytes s’y dĂ©lecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, trĂšs finement brossĂ©s ; d’une mise en scĂšne qui impressionne par ses effets millimĂ©trĂ©s. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grĂące Ă  une plateforme sur tournette, le tableau du feu rĂ©el, bĂ»cher central symbolisant toutes les sphĂšres infernales bientĂŽt dĂ©crites par le poĂšte dans son Ɠuvre Ă  venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante Ă  l’acte III) ; la rĂ©alitĂ© changeante du chƓur constamment sollicitĂ©… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oubliĂ© renaĂźt aujourd’hui pour rĂ©activer la magie de l’opĂ©ra et enchanter le public. Dante est un Ă©vĂ©nement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la dĂ©monstration que les opĂ©ras en rĂ©gion sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de rĂ©pertoire.
AprĂšs Les fĂ©es du Rhin, opĂ©ra fantastique et fĂ©erique de Jacques Offenbach (1864) recrĂ©Ă© en français par l’OpĂ©ra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, dĂ©fendu par l’OpĂ©ra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de premiĂšre importance, Ă  la fois Ă©perdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe dĂ©couverte et nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

 

 DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 
 

 
 

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5 scĂšnes et tableaux remarquables, Ă  ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone Ă  l’acte II
Le duo d’amour Dante /BĂ©atrice Ă  la fin du mĂȘme acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mùne aux enfers, acte III
Le dernier air de BĂ©atrice au couvent , acte IV, dont l’intensitĂ© de la priĂšre amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans RomĂ©o et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’OpĂ©ra DANTE de Benjamin GODARD
 

OPERA DE SAINT-ETIENNE, DANTE. Présentation vidéo

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. Les 8, 10, 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. RecrĂ©ation mondiale d’un opĂ©ra romantique français oubliĂ© (1890). Dans sa VIDEOLETTER de fĂ©vrier mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente son actualitĂ© scĂ©nique dont Ă  partir de 1mn17, l’opĂ©ra en recrĂ©ation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oubliĂ© de 1890 qui ose inventer sur la scĂšne lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouĂŻ. PrĂ©sentation vidĂ©o

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE Ă  l’OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE ? 

 

DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour rĂ©aliser la recrĂ©ation scĂ©nique d’un sommet de l’opĂ©ra français romantique Ă  l’Ă©poque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opĂ©ra inspirĂ© de la vie du poĂšte florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et Ă©perdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnĂ©risme ambiant. Dans Dante, Godard cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du poĂšte et du crĂ©ateur, comme Wagner et Berlioz l’ont rĂ©alisĂ© aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dĂšs l’acte I, BĂ©atrice la femme aimĂ©e sublimĂ©e convoitĂ©e, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaĂźt en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poĂšte Ă  rĂ©aliser son Ɠuvre poĂ©tique.
La premiĂšre ardente et amoureuse (synthĂšse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poĂšte Ă  se dĂ©dier Ă  sa lyre poĂ©tique (“pour ĂȘtre aimĂ© fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, rĂ©vĂšle Ă  Dante les horreurs et la grĂące des Enfers, propres Ă  stimuler sa verve crĂ©ative. Que serait il ce poĂšte que les Ă©vĂ©nement politiques ont brisĂ©, sans sa muse et son mentor ? La premiĂšre lui inspire son Ă©lan vital ; le second, le thĂšme des Enfers pour la ComĂ©die Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… RĂ©alisant sa premiĂšre mise en scĂšne avec dĂ©cors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’OpĂ©ra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacitĂ© et le grand esthĂ©tisme du dispositif visuel et scĂ©nographique (de surcroit sans l’artifice de la vidĂ©o) relĂšvent les dĂ©fis d’une recrĂ©ation mondiale spectaculaire.

Les nĂ©ophytes s’y dĂ©lecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, trĂšs finement brossĂ©s ; d’une mise en scĂšne qui impressionne par ses effets millimĂ©trĂ©s. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grĂące Ă  une plateforme sur tournette, le tableau du feu rĂ©el, bĂ»cher central symbolisant toutes les sphĂšres infernales bientĂŽt dĂ©crites par le poĂšte dans son Ɠuvre Ă  venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante Ă  l’acte III) ; la rĂ©alitĂ© changeante du chƓur constamment sollicitĂ©… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oubliĂ© renaĂźt aujourd’hui pour rĂ©activer la magie de l’opĂ©ra et enchanter le public. Dante est un Ă©vĂ©nement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la dĂ©monstration que les opĂ©ras en rĂ©gion sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de rĂ©pertoire.
AprĂšs Les fĂ©es du Rhin, opĂ©ra fantastique et fĂ©erique de Jacques Offenbach (1864) recrĂ©Ă© en français par l’OpĂ©ra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, dĂ©fendu par l’OpĂ©ra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de premiĂšre importance, Ă  la fois Ă©perdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe dĂ©couverte et nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

 

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5 scĂšnes et tableaux remarquables, Ă  ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone Ă  l’acte II
Le duo d’amour Dante /BĂ©atrice Ă  la fin du mĂȘme acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mùne aux enfers, acte III
Le dernier air de BĂ©atrice au couvent , acte IV, dont l’intensitĂ© de la priĂšre amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans RomĂ©o et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’OpĂ©ra DANTE de Benjamin GODARD
 

Opéra de SAINT-ETIENNE : DANTE, nouvelle production événement

SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’OpĂ©ra de Saint-Etienne promet une rĂ©alisation ambitieuse et spectaculaire Ă  la mesure d’un ouvrage mĂ©connu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers ; Ă  l’acte III, le poĂšte exilĂ© reçoit en rĂȘve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnĂ©s et des Ă©lus
 Une Ă©vocation oĂč pĂšsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spĂ©cialement pour ce spectacle prometteur. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mĂ©rite bien cette recrĂ©ation trĂšs attendue. GODARD REINVENTE L’OPERA ROMANTIQUE FANTASTIQUE ET SPECTACULAIRE…

 

 

 

Pour conquérir Beatrice,
le poÚte DANTE, guidé par Virgile,
dĂ©couvre les Enfers…

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

La musique Ă©crite par Benjamin Godard relĂšve le dĂ©fi d’une action riche en rebondissements et variĂ©tĂ©s des tableaux. Romantique traditionnel, et mĂȘme considĂ©rĂ© comme « rĂ©actionnaire » en son temps, Godard sait rĂ©sister au wagnĂ©risme ambiant, adepte des formes françaises classiques. DouĂ© pour l’orchestration, la mĂ©lodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maĂźtrise dans DANTE, opĂ©ra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particuliĂšrement affinĂ©es ici. La femme aimĂ©e, dĂ©sirĂ©e est un thĂšme chers aux Romantiques français (cf. Ester, OphĂ©lie chez Berlioz
).
L’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente en nouvelle production, la rĂ©crĂ©ation de l’opĂ©ra de Godard, dans une mise en scĂšne originale, premiĂšre version scĂ©nique de l’ouvrage depuis 130 ans. LIRE NOTRE PRESENTATION complĂšte de l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard

 

 

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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DANTE, la nouvelle production événement de Saint-Etienne

SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’OpĂ©ra de Saint-Etienne promet une rĂ©alisation ambitieuse et spectaculaire Ă  la mesure d’un ouvrage mĂ©connu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers, quand Ă  l’acte III, le poĂšte exilĂ© reçoit en rĂȘve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnĂ©s et des Ă©lus
 Une Ă©vocation oĂč pĂšsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spĂ©cialement pour ce spectacle prometteur. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mĂ©rite bien cette recrĂ©ation trĂšs attendue.

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 Dante conduit par Virgile sur la barque aux enfers (Delacroix)

 

 

 
 

 
 

PRESENTATION de DANTE de Benjamin Godard
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godard-benjamin-opera-dante-critique-annonce-reportage-video-critiqueopera-par-classiquenewsEn pleine guerre entre les Guelfes et les Gibelins, Simeone Bardi et Dante Alighieri se disputent l’amour de BĂ©atrice. D’aprĂšs La Divine ComĂ©die, le livret d’Édouard Blau aborde le thĂšme de l’amour en rĂ©Ă©crivant les tensions nĂ©es de la confrontation tourments infernaux et grĂąces cĂ©lestes. Le dĂ©sir, l’extase, la bĂ©atitude
 La musique Ă©crite par Benjamin Godard relĂšve le dĂ©fi d’une action riche en rebondissements et variĂ©tĂ©s des tableaux. Romantique traditionnel, et mĂȘme considĂ©rĂ© comme « rĂ©actionnaire » en son temps, Godard sait rĂ©sister au wagnĂ©risme ambiant, adepte des formes françaises classiques. DouĂ© pour l’orchestration, la mĂ©lodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maĂźtrise dans DANTE, opĂ©ra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particuliĂšrement affinĂ©es ici. La femme aimĂ©e, dĂ©sirĂ©e est un thĂšme chers aux Romantiques français (cf. Ester, OphĂ©lie chez Berlioz
).
L’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente en nouvelle production, la rĂ©crĂ©ation de l’opĂ©ra de Godard, dans une mise en scĂšne originale, premiĂšre version scĂ©nique de l’ouvrage depuis 130 ans.

 

 

UN OPERA TARDIF
 DANTE est un ouvrage qui s’inscrit Ă  la fin de la carriĂšre de Godard. « A 40 ans, le professeur de musique de chambre au Conservatoire, qui a livrĂ© pour La Monnaie de Bruxelles son opĂ©ra Jocelyn en 1888, fait crĂ©er Dante Ă  l’OpĂ©ra Comique, 2 ans plus tard, en 1890. FrappĂ© par la tuberculose, Godard devait mourir Ă  Cannes en janvier 1895 ». Godard, Ă©lĂšve d’Henri Rebert a dĂ©jĂ  abordĂ© le genre lyrique avec « Le Tasse », symphonie dramatique de 1878 qui obtient le 1er Prix de la Ville de paris (avec Le Paradis perdu de Dubois)

 

L’OPERA SELON LE METTEUR EN SCENE, Jean-Romain VESPERINI
 Pour le metteur en scĂšne Jean-Romain Vesperini, Godard plonge dans le Moyen-Age et s’intĂ©resse Ă  un pan de la vie du poĂšte florentin Dante. A l’évocation des amours du poĂšte, le compositeur aborde aussi une part significative de son Ɠuvre littĂ©raire, en particulier, extrait de La Divine ComĂ©die (L’Enfer), la descente de Dante accompagnĂ© par Virgile, aux enfers. Une traversĂ©e semĂ© de visions terrifiantes et fantastiques que Liszt (Dante Symphonie, 1857) ou les peintres tels Delacroix ont traitĂ© avant lui.
La conception de Godard et de son librettiste est franche, directe, sans dilution : l’action mĂšne le spectateur, d’une place publique de Florence au mont Pausilippe, en passant par une salle des palais de Florence, pour finir Ă  Naples dans un couvent. « On passe ainsi de scĂšne en scĂšne dans une unitĂ© de temps Ă©tendue mais toujours avec fluiditĂ©. L’environnement des tableaux est tour Ă  tour rĂ©aliste, fantastique, bucolique, romantique
 Cet opĂ©ra rĂ©pond ainsi Ă  plusieurs codes thĂ©Ăątraux et c’est ce qui en fait son originalité », prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

 

ITALIE ANTIQUE, EXIL, FORÊT
 & LE FEU DANS LA DESCENTE AUX ENFERS
Pour assurer au drame, l’unitĂ© et la cohĂ©rence de son dĂ©roulement, de Florence 
 Ă  Naples, sans omettre le tableau infernal, JR Vesperini s’est plongĂ© dans la conception que Godard avait du Moyen-Age. Pas de rĂ©alisme ni de restitution archĂ©ologique, mais la vision d’un compositeur sur le monde du poĂšte toscan. A la marge du milieu musical de son temps, Godard frappe par l’originalitĂ© et la puissante imagination de son art : son Moyen-Age est celui de Victor Hugo (autre romantique tardif et sublimement nĂ©ogothique) ; revisitĂ©, fantasmĂ©, stylisé  Ainsi s’est prĂ©cisĂ©e une vision spĂ©cifique, « ouverte » propre Ă  l’époque de Dante, entre AntiquitĂ© et Renaissance, une Ă©vocation d’un monde « rĂ©volu », « en ruines qui fait place Ă  un autre » et oĂč la notion d’exil et d’errance emblĂ©matique de Dante soit aussi prĂ©sente. D’oĂč des colonnes et des pilastres puissants en briques qui rappellent l’Italie antique; une passerelle exprimant l’idĂ©e du mouvement et permettant aussi les actions simultanĂ©es, dans une structure sur tournette afin les changements Ă  vue soient possibles et soulignent l’énergie de la partition.
Au monde minĂ©ral rĂ©pond, celui vĂ©gĂ©tal de la forĂȘt, trĂšs prĂ©sent dans la musique de Godad car il exprime l’errance. Ainsi aux actes III (dĂ©but) et IV, des murs vĂ©gĂ©talisĂ©s descendent des cintres.
PiĂšce maĂźtresse de l’opĂ©ra (style « grand opĂ©ra français »), la descente aux enfers (intermĂšde) est essentiel pour le climat onirique et fantastique de l’Ɠuvre; le traitement pictural du feu (feu magique, feu infernal) s’y dĂ©veloppe ; le rĂ©sultat dĂ©coule d’un travail particulier avec les Ă©quipes de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne.

LES CHOEURS
La place de la masse chorale est primordiale elle aussi dans DANTE : peuples de Florence, arbitre de l’élection puis de l’exil de Dante, paysans et Ă©tudiants et surtout damnĂ©s de l’enfer
 l’action est rythmĂ©e par la prĂ©sence chorale. Presque comme une « chorĂ©graphie », le metteur en scĂšne travaille la prĂ©sence physique du chƓur dans le tableau des enfers, en rĂ©fĂ©rence Ă  Bosh et Brueghel.

COSTUMES RETRO FUTURISTES
« Coupes Ă©purĂ©es, droites, structurĂ©es. Nous nous sommes aussi rapprochĂ©es de l’univers retro-futuriste de certaines bandes dessinĂ©es qui puisent leurs inspirations dans cette Ă©poque, Ă  l’instar de l’heroic fantasy. »

Tout en recrĂ©ant un monde visuel fantasmagorique qui doit ĂȘtre clair et fluide, c’est Ă  dire respecter le mouvement et la direction de la partition, Jean-Romain Vesperini souhaite surtout susciter l’imaginaire et l’onirisme dans l’esprit des spectateurs.

 
 

 
 

TEASER VIDEO

 

 

TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I : l’élection de Dante
Une place publique Ă  Florence
La guerre entre les Guelfes et les Gibelins bat son plein. Le peuple entre dans le Palais du gouvernement pour dĂ©signer un prieur comme mĂ©diateur. Simeone Bardi apprend Ă  son ami le poĂšte Dante stupĂ©fait, qu’il va Ă©pouser celle qu’il aime secrĂštement, BĂ©atrice. Celle-ci sort de la chapelle avec sa confidente Gemma : elle avoue son amour pour Dante. Ce dernier est nommĂ© chef suprĂȘme de Florence. BĂ©atrice l’encourage (« pour ĂȘtre aimĂ©, fais ton devoir »).

 

 

ACTE II : l’exil de Dante
Florence, le palais des Seigneurs
Gemma demande Ă  Bardi de renoncer Ă  Beatrice ; d’autant qu’elle aussi aime Dante. Ayant entendu leur discussion, Beatrice, touchĂ©e par l’amour de Gemma pour Dante, dĂ©cide de renoncer elle-mĂȘme Ă  Dante. Mais celui paraĂźt et d’abord distants, les deux ĂȘtres s’unissent en un duo amoureux embrasĂ©, dĂ©finitif : «  Oui ! Je t’aime ! Je t’aime ! Éclos du premier jour jusqu’à l’heure suprĂȘme doit vivre notre amour ». Surviennent Gibelins et Guelfes. Bardi dĂ©clare que Charles de Valois est entrĂ© dans Florence : il rĂ©clame l’exil de Dante. Le rival de Dante jubile dans la haine et la dĂ©nonciation : « Pour lui la mort… ou pour vous le couvent ! ».

 

 

ACTE III : le spectre de Virgile
dante-virgile-delacroix-barque-de-dante-opera-musique-classique-peinture-de-godard-et-delacroix-critique-opera-par-classiquenews-582Le mont Pausilippe. Un tombeau creusé dans le roc.
Devant le tombeau de Virgile, Dante entonne une derniĂšre invocation. Le jour baisse, les yeux de Dante se ferment. C’est le songe du poĂšte brisĂ© par l’existence terrestre et la trahison des hommes. Du tombeau, vĂȘtu d’une robe blanche et couronnĂ© de lauriers, Virgile paraĂźt comme guide : il montre Ă  Dante l’enfer oĂč errent les Ăąmes d’Ugolin, de Francesca et Paolo ; et le paradis oĂč rayonnent BĂ©atrice et les anges. Si Dante achĂšve son oeuvre, il pourra s’unir Ă  son aimĂ©e pour l’éternitĂ©.

 

 

ACTE IV : les retrouvailles de Dante et Béatrice
Bardi pris de remord, rejoint Dante et lui propose de retrouver BĂ©atrice au couvent de Naples oĂč elle est enfermĂ©e.  Dans le jardin d’un couvent, Ă  Naples, BĂ©atrice confie Ă  Gemma qu’elle sent sa mort venir. Dante la retrouve : souffrante, expirante, BĂ©atrice meurt sur l’épaule du PoĂšte. Celui-ci comme illuminĂ©, affirme « Oui ! Je dois vivre encore ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, Moi, je veux l’immortaliser ! ».

 

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation de Dante de Benjamin Godard : http://www.classiquenews.com/saint-etienne-dante-de-godard-au-grand-theatre-massenet/

 

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

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GODARD : DANTE
Nouvelle production – premiĂšre mondiale en version scĂ©nique

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’aprùs L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHƒUR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

 

 

 
 

 
 

 
PrĂ©sentation vidĂ©o 1 DANTE – rĂ©pĂ©titions
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OPERA DE SAINT ETIENNE – Videoletter FĂ©vrier 2019 – DANTE de Godard (1890) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 
 PrĂ©sentation vidĂ©o 2 / Teaser vidĂ©o : DANTE – rĂ©pĂ©titions
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TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 
 
 
 
 

SAINT-ETIENNE : Dante de Godard au Grand Théùtre Massenet

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. GODARD : DANTE, 8, 10, 12 mars 2019. Chef d’oeuvre du romantisme français, plutĂŽt fin XIXĂš, c’est Ă  dire Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant, l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard (crĂ©Ă© en 1890) Ă©lectrise la lyre amoureuse et tragique et s’intĂ©resse Ă  la rivalitĂ© entre Simeone Bardi et Dante Alighieri pour l’amour de la belle Beatrice. Le librettiste Edouard Blau adapte librement l’Enfer de Dante, quand Godard (1849-1895) Ă©voque l’époque des guerres entre Guelfes et Gibelins, la Florence du poĂšte Dante, entre Ă©vocations infernales et quĂȘte ardente de l’amour idĂ©al
 RĂ©cente rĂ©vĂ©lation, Benjamin Godard sait construire un drame puissant et poĂ©tique dont la rĂ©ussite passe par la maĂźtrise des constructions chorales. Les aspirations du hĂ©ros offrent de somptueux tableaux sonores dignes de la peinture d’histoire de l’époque.
UN AMOUR INFERNAL… DANTE sur les traces de Beatrice. En coloriste, voire en narrateur Ă©pique, rĂ©inventant le surnaturel et le fantastique, Godard Ă©crit un ouvrage dans la tradition visionnaire de Berlioz : orchestralement raffinĂ©, formellement audacieux
 comme en tĂ©moigne au sein d’une partition gĂ©nĂ©reuse, certains Ă©pisodes particuliĂšrement rĂ©ussis, Ă  la thĂ©ĂątralitĂ© accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rĂȘve, dans le cĂ©lĂšbre « RĂȘve de Dante. La production de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne offre la premiĂšre mise en scĂšne en France. Nouvelle production in loco, le spectacle est un Ă©vĂ©nement.

    

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

    

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’aprĂšs L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHƒUR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

  

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

    

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Approfondir  
LIRE notre critique du CD GODARD : DANTE (Gens, Montvidas
 / 2 cd – collection «  opĂ©ra français » – P B Zane, 2016)

GODARD benjamin DANTE cd presentation cd critique compte rendu par classiquenewsCD, critique. GODARD : DANTE (2 cd P Bru Zane, 2016). Le dramatisme de Benjamin Godard (1849-1895) surgit parfois dans cet oratorio annoncĂ©, datant de 1890, mais au dramatisme parfois copieux et d’une clartĂ© dramatique pas toujours Ă©gale. Au sein d’une partition gĂ©nĂ©reuse, percent certains Ă©pisodes plus rĂ©ussis, d’une thĂ©ĂątralitĂ© accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rĂȘve, dans le cĂ©lĂšbre « RĂȘve de Dante. Pas sĂ»r pour autant que l’équipe artistique rĂ©unie ne se montre digne des finesses de la partition : dĂ©sĂ©quilibres et outrances persistent (dont le manque de caractĂšre de l’orchestre
 sur instruments modernes). CĂŽtĂ© voix, cela manque lĂ  aussi de cohĂ©sion et d’unitĂ©. En abordant en musique, la poĂ©tique de Dante, sa quĂȘte de l’aimĂ©e inaccessible (la belle et fantasmĂ© BĂ©atrice), Godard maĂźtrise les climats de l’épopĂ©e fantastique qui pilote et conduit le PoĂšte / hĂ©ros jusqu’aux Enfers, grĂące Ă  l’entremise initiatrice de Virgile. Visions infernales, tension amoureuse
 tous les Ă©lĂ©ments sont lĂ  pour produire une fantasmagorie musicale prenante


http://www.classiquenews.com/cd-critique-godard-dante-2-cd-p-bru-zane-2016/

  

Munich, Versailles. Dante de Godard, redécouverte

godard-dante-oratorio-musique-romantique-francaise-presentation-critique-compte-rendu-classiquenewsMunich, Versailles : les 31/1, 2/2 2016. RecrĂ©ation de Dante de Godard. 2 dates pour une rĂ©crĂ©ation attendue, celle de l’opĂ©ra en quatre actes de Benjamin Godard (1849-1895), Dante, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra Comique (place du ChĂątelet), le 13 mai 1890. On connaĂźt bien Ă  prĂ©sent Benjamin Godard, douĂ© d’un vrai sens dramatique, d’une rare intelligence structurelle dont les dĂ©veloppements ne sont jamais gratuits (en cela un Liszt Ă  la française) ; il est l’Ă©lĂšve du symphoniste – rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© : NapolĂ©on Henri Reber. MalgrĂ© ses dons incontestables, il Ă©choue deux fois au Prix de Rome, or aprĂšs la ruine paternelle, il doit gagner sa vie comme… compositeur. Un rythme effrĂ©nĂ© de compositions le motive alors pour affirmer sa place dans le milieu parisien. Emule de Beethoven, Schumann, Mendelssohn, le “germaniste Godard se targauit de n’avoir jamais ouvert de partition de Wagner (selon Bruneau, un rien partial). Dans la dĂ©cennie 1888 oĂč s’impose le wagnĂ©risme, Godard cultive une esthĂ©tique Ă  rebours, schumanienne et beethovĂ©nienne, qui passe alors pour “rĂ©actionnaire”. Un nostalgique dĂ©calĂ© dont le profil maigre, l’air d’un ermite possĂ©dĂ© ne laissait pas ses contemporains indiffĂ©rents : “il passait dans la rue, raidissant sa grande taille, portant haut la tĂȘte et dardant un regard fixe, ainsi que certains jeunes prĂȘtres angoissĂ©s, torturĂ©s. Sa dĂ©marche automatique, ses geste saccadĂ©s, sa maigre silhouette, sa figure osseuse et ravagĂ©e oĂč poussait une barbe rare, ses cheveux drus s’échappant du chapeau, faisaient se retourner les promeneurs, intĂ©ressĂ©s et inquiĂ©tĂ©s Ă  la fois par ce singulier homme sombre” ainsi que le dĂ©crit dans un Ă©lan romanesque Alfred Bruneau dans Gil Blas, 11 janvier 1895).

Proche de la simplicitĂ© et de l’Ă©vidence mozartienne, prĂŽnĂ©e par Gounod, Godard affirme un tempĂ©rament nettement original qui allie finesse, sens de l’architecture, efficacitĂ© dramatique, sĂ©duction mĂ©lodique. En cela il fut immĂ©diatement admirĂ© par Massenet qui citait Le Tasse comme un sommet dramatique Ă  redĂ©couvrir (d’autant que la partition complĂšte pour orchestre, signalĂ©e comme perdue, vient d’ĂȘtre redĂ©couverte au USA). Le Tasse demeure l’un des plus grands succĂšs de Godard en 1878 (commande de la Ville de Paris, comme Le Paradis Perdu, fresque acadĂ©mique, un rien compassĂ©e et miĂšvre de son contemporain ThĂ©odore Dubois : lire notre critique de l’oratorio Le Paradis perdu de Dubois).

Mort trĂšs jeune, Ă  46 ans,

Solitaire et mélancolique, Godard, Schumann à la française

Godard dĂ©dicace sa partition au maĂźtre Ambroise Thomas (Ă  sa Françoise de Rimini, insuccĂšs de 1882). Si Thomas Ă©voque surtout les Enfers et le pardon permis par l’amour de BĂ©atrice, l’opĂ©ra de Godard porte bien son nom : il interroge plutĂŽt l’homme et le poĂšte florentin du XIIIĂšme dans son Ă©poque (sur fond de guerre des Guelfes contre les Gibelins) ; Guelfe blanc, le poĂšte s’est montrĂ© ardent dĂ©fenseur pour un dĂ©mocratie laĂŻque, rĂ©sistant contre le Pape, soutenant plutĂŽt l’Empereur. Dans l’opĂ©ra de Godard, le hĂ©ros admirable est restituĂ© dans sa vie intime ; y paraissent les deux figures de femmes complĂ©mentaires et rivales : Gemma l’Ă©pousĂ©e Ă©cartĂ©e et BĂ©atrice, l’aimĂ©e idĂŽlatrĂ©e. La crĂ©ation poĂ©tique la plus significative de Godard dans Dante, reste au III, une Ă©vocation synthĂ©tique qui renouvelle le genre des Ă©vocations infernales et fantastiques (d’oĂč le culte de Godard pour Schumann et ses oratorios et mĂ©lodrames dont Manfred entre autres) : Apparition de Virgile, ChƓur de DamnĂ©s, Tourbillon infernal, Divine ClartĂ© et ApothĂ©ose de BĂ©atrice. C’est une “Vision” (celle du rĂȘve de Dante), d’un caractĂšre poĂ©tique proche de la musique pure oĂč le gĂ©nie de Godard, dramaturge, allusif et subtil, s’affirme entre Gounod et Massenet. Le tableau infernal et fantstique s’ouvre par l’apparition rĂȘvĂ©e de Virgile, passeur vers l’au-delĂ … JonciĂšres rĂ©servĂ©, y distingue nettement dans le fracas de l’orchestre, les hurlements des damnĂ©s (en l’occurrence, les cris des Ăąmes condamnĂ©e d’Ugolin, de Francesca et Paolo), comme les silhouettes grimaçantes des Jugements Derniers de Michel-Ange ou Tintoret (des accents plus ennuyeux que saisissants).
Sur les traces des germaniques, et aussi de Berlioz, le compositeur poĂšte imagine dans le sillon de Dante, le parcours hallucinant de l’Ă©lu, auquel il est permis aprĂšs le Christ de descendre jusqu’aux Enfers (comme OrphĂ©e), puis invitĂ© Ă  gravir les cimes montagneuses du Purgatoire jusqu’au Paradis oĂč la vision poĂ©tique peut embrasser le vaste paysage qui s’y dĂ©roule Ă  la mesure du cosmos insondable, impĂ©nĂ©trable, mystĂ©rieux. Comme d’habitude les historiens attribuent aux moyens de la crĂ©ation, un effet dĂ©testable Ă  l’audience, soulignant les imperfections ou les manques de tel interprĂšte, l’indigence ou l’imbĂ©cilitĂ© crasse des scĂ©nographes, ou l’indisposition du chef… autant de critĂšres incontrĂŽlables aujourd’hui, mais auquel l’Ă©coute contemporaine pourra apporter confirmation ou dĂ©menti : la juste valeur de la partition de Dante (Ă  dĂ©faut du Tasse qui est une partition plus intĂ©ressante selon nous : Ă  quand sa recrĂ©ation). avec Dante qui au IVĂš acte voit la mort de BĂ©atrice, et la lyre tragique Ă©tendre son empire, c’est toute l’introspection langoureuse et “Ă©trange” de Godard qui s’exprime, totalement incomprise Ă  son Ă©poque. Mais alors, Godard serait-il le Schumann français de cette fin du XIXĂš ? EugĂšne de SoleniĂšre en tĂ©moigne Ă  sa façon (Notules et impressions musicales, 1902) , soulignant combien atypique et solitaire, hantĂ© par la mort (comme Robert), Godard rete un auteur mĂ©connu, aussi tĂ©nĂ©breux, mĂ©lancolique (Bruneau) que Dubois fut solaire et acadĂ©mique : “… il Ă©tait un rĂȘveur, un romantique attardĂ©, un Ă©motionnel intĂ©rieur avec des naĂŻvetĂ©s expressives et ce qu’on pourrait appeler des pudeurs d’écriture ; il avait la sincĂ©ritĂ© de sentiments simples, la franchise d’une pensĂ©e claire en ses inquiĂ©tudes de nerveux pessimiste”.

A la crĂ©ation, La crĂ©atrice du Roi d’Ys, CĂ©cile Simmonet Ă©corche le rĂŽle trop haut pour elle de BĂ©atrice ; et l’orchestre, critiquĂ© comme dĂ©sordonnĂ© et hystĂ©rique attĂ©nue le succĂšs de l’ouvrage. D’autant que les voix s’Ă©lĂšvent contre l’instrumentation et les couleurs de l’orchestre trop scintillant voire anecdotique qui manquait surtout de “grandeur” comme de souffle.

Dante de Banjamin Godard, recréation.
Munich, Prinzregenttheater, dimanche 31 janvier 2016, 19h
Versailles, Opéra royal, mardi 2 février 2016, 20h

ORCHESTRE DE LA RADIO DE MUNICH
CHƒUR DE LA RADIO BAVAROISE
Ulf Schirmer, direction
Dante, Edgaras Montvidas
BĂ©atrice, VĂ©ronique Gens
Gemma, Rachel Frenkel
Bardi, Jean-François Lapointe
L’Ombre de Virgile, Andrew Foster-Williams
L’Écolier, Sarah Laulan
La Voix du HĂ©rault, Topi Lethi Meyer

Des deux représentations, un disque est annoncé.
Diffusion en direct du concert du 31 janvier 2016 sur BR-Klassik

Dante de Benjamin Godard. Synopsis

ACTE I
Une place publique Ă  Florence. La ville est dĂ©chirĂ©e par une querelle entre Guelfes et Gibelins. Tandis que le CollĂšge du peuple se prĂ©pare Ă  nommer un prieur qui devra apaiser les tensions, Simeone Bardi rĂ©vĂšle Ă  son ami le poĂšte Dante – de retour dans la citĂ© – qu’il s’unira bientĂŽt Ă  celle qu’il aimait secrĂštement : la belle BĂ©atrice. À ces mots, Dante, Ă©pris de la mĂȘme jeune fille, rĂ©prime son Ă©motion. AprĂšs le dĂ©part des deux hommes, BĂ©atrice entre, suivie de sa confidente Gemma : elle lui avoue sa tendresse pour Dante, qu’elle croit pourtant ne jamais revoir. La foule sort du palais. On annonce que le CollĂšge du peuple nomme Dante chef suprĂȘme de la ville. BĂ©atrice tressaille Ă  ce nom, tandis que Dante, paraissant, s’apprĂȘte Ă  refuser cet honneur. La jeune fille s’avance alors et lui redonne confiance : « Pour ĂȘtre aimĂ©, fais ton devoir ». Cet aveu ambigu inquiĂšte Bardi, tandis que le peuple acclame son hĂ©ros.

ACTE II
Une salle du palais des Seigneurs, Ă  Florence. Bardi fulmine de rage contre Dante. Gemma vient alors lui demander de renoncer Ă  la main de BĂ©atrice. Et quand il veut la chasser, lui disant qu’elle ne sait pas ce qu’est la jalousie, elle avoue qu’elle se consume aussi d’un amour non partagĂ© : son cƓur est Ă©pris du mĂȘme Dante dont BĂ©atrice est aimĂ©e. Ils s’éloignent tout deux ; BĂ©atrice paraĂźt, qui a tout entendu, cachĂ©e
derriĂšre une tapisserie. Ces paroles de haine et cet aveu de tendresse la dĂ©cident Ă  renoncer Ă  Dante. Le jeune homme entre justement. À BĂ©atrice qui le repousse, il redit toute sa passion. SubmergĂ©e par l’émotion, la jeune femme finit par se laisser vaincre. ParaĂźt alors un groupe de Gibelins et de Guelfes suivi de Bardi. Charles de Valois est entrĂ© dans Florence et proclame l’exil de Dante, tandis que Bardi condamne BĂ©atrice Ă  finir ses jours dans un couvent.

ACTE III
Le Mont Pausilippe. À gauche, un tombeau creusĂ© dans le roc, ombragĂ© de lauriers-roses. Alors que des groupes de paysans dansent au son d’instruments champĂȘtres, un vieillard dĂ©signe Ă  un groupe de jeunes
Ă©coliers venus de la ville le tombeau de Virgile. Tous l’ornent de palmes et de couronnes en chantant une hymne Ă  sa gloire. Ils s’éloignent, le jour baisse lentement. Dante paraĂźt, gravissant la montagne avec peine, Ă©puisĂ© et l’ñme brisĂ©e. Il adresse Ă  Virgile une ultime supplique : qu’il lui donne l’inspiration pour retrouver la gloire, en lui dictant le poĂšme idĂ©al. Il retrouvera ainsi l’estime de BĂ©atrice. Ses yeux se ferment de fatigue, et tandis qu’il s’endort, le tombeau s’ouvre lentement ; Virgile en sort, couronnĂ© de lauriers. Dans une vision sublime et terrible Ă  la fois, il fait voir Ă  Dante l’Enfer – oĂč voisinent notamment les Ăąmes dĂ©chues d’Ugolin, de Francesca et Paolo – puis le Paradis. Une ultime vision cĂ©leste laisse voir BĂ©atrice entourĂ©e d’anges :
que Dante achùve son Ɠuvre, et elle celle-ci promet l’union des deux amants.

ACTE IV
Premier tableau : mĂȘme dĂ©cor qu’à l’acte prĂ©cĂ©dent . Dante est rĂ©veillĂ© par des chants de pĂątres. EnivrĂ© par son rĂȘve, il est dĂ©cidĂ© Ă  retrouver BĂ©atrice. Suivant les indications de Gemma, Bardi arrive alors et confie son repentir : la jalousie a fait place aux remords. Il propose d’emmener Dante dans le couvent de Naples oĂč BĂ©atrice est enfermĂ©e. Dante pardonne Ă  celui qui lui rend le bonheur. Ils partent.

DeuxiĂšme tableau. À Naples. Le jardin d’un couvent. On voit passer BĂ©atrice parmi les religieuses, pĂąle et se soutenant Ă  peine. Elle confie Ă  Gemma, venue la visiter, que sa mort semble prochaine. Elle se ressaisit pourtant lorsqu’on annonce la visite de deux hommes en qui elle espĂšre retrouver Dante. C’est bien lui qui s’avance, suivi de Bardi. Les deux jeunes gens s’enivrent des mĂȘmes paroles d’amour qu’ils avaient partagĂ©es Ă  Florence. Mais la souffrance a trop altĂ©rĂ© la santĂ© de BĂ©atrice, qui subitement dĂ©faille. MalgrĂ© l’empressement de Gemma et de Dante pour la secourir, ses yeux se ferment pour la derniĂšre fois, aprĂšs avoir fixĂ© le ciel. Elle expire en redisant les douces paroles que Dante avait entendues en rĂȘve. DĂ©sespĂ©rĂ©, il entend nĂ©anmoins les mots consolateurs de Gemma et se redresse, comme illuminĂ© : « Oui ! je dois vivre encor ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, moi, je veux l’immortaliser ! »

Benjamin Godard (1849-1895) : contre Wagner, le premier romantisme de Schumann… Violoniste surdouĂ© (Ă©lĂšve d’Henri Vieuxtemps), Benjamin Godard entre au Conservatoire de Paris oĂč il Ă©tudie la composition avec Henri Reber, symphoniste rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ©. Candidat malheureux par deux fois au Prix de Rome, Godard s’affirme nĂ©anmoins tel un tempĂ©rament musicien de premiĂšre qualitĂ© au dĂ©but de la IIIĂš RĂ©publique. Le chambriste sait convaincre la clientĂšle aisĂ©e et volatile des salons parisiens : au piano, au violon et surtout Ă  l’alto, Godard devient un partenaire et un soliste particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©.
Comme chef d’orchestre, il crĂ©e en 1884 la SociĂ©tĂ© des Concerts modernes avec les musiciens des Concerts populaires de Pasdeloup. Professeur au Conservatoire de Paris, Godard pilote la classe d’ensemble instrumental Ă  partir de 1887. Le compositeur laisse un catalogue riche d’environ 150 numĂ©ros d’opus, dans tous les genres : six opĂ©ras, dont Jocelyn (1888, cĂ©lĂšbre « Berceuse »), et La VivandiĂšre (succĂšs posthume), Dante (1890) ; plusieurs symphonies Ă  programme (Symphonie orientale, Symphonie lĂ©gendaire avec chƓurs, ou encore Le Tasse, symphonie dramatique avec soli et chƓurs qui lui vaut le Prix de la Ville de Paris en 1878) ; plusieurs concertos, de la musique de chambre, des mĂ©lodies et toutun cycle original de musiques pour piano. En marge du wagnĂ©risme triomphant et omniprĂ©sent alors en 1880 / 1890, – voir Victorin de JonciĂšres et sa wagnĂ©rite aiguĂ«, ou Chabrier et ses souvenirs de Bayreuth-, Godard cultive Ă  contrecourant du vent dominant, un style bien Ă  lui, plutĂŽt tournĂ© vers les premiers romantiques français, tels Thomas, Gounod… revisitant les sources des “pionniers” du romantisme : Chopin, Mendelssohn et Schumann. Sa carriĂšre s’achĂšve brusquement : il meurt Ă  moins de 50 ans en 1895 Ă  Cannes, Ă  46 ans.

Dante, poĂšte et dĂ©mocrate laĂŻque… D’origine noble mais de moyens modestes, Dante (1265-1321), orphelin prĂ©coce, tĂ©moigne de la force de dĂ©passement subime que lui a suscitĂ© celle qu’il a adorĂ©, platoniquement, mystiquement : BĂ©atrice. C’est une source de sublimation et l’amour de toute une vie ; il la rencontre Ă  9 ans, la retrouve Ă  18 ans : elle mourra Ă  25 ans. En 1291, le jeune homme (26 ans) expose les vertus qui façonne toute une vie : le bien moral (Il Convivo, Le Banquet, publiĂ© en 1307). L’homme qui aime la beautĂ©, aime Dieu mĂȘme sans le savoir. Dans l’Italie politiquement secouĂ©e de 1293, Dante choisit la voie des apothicaires et des mĂ©decins (qui est celle aussi des libraires) pour gagner sa vie ; son aura et sa lumineuse prĂ©sence comme sa pensĂ©e admirable le font choisir comme reprĂ©sentant des Guelfes blancs, aux idĂ©aux dĂ©mocratiques, pour une laĂŻcitĂ© encore Ă  inventer, soucieux de sĂ©parer pouvoir politique et Ă©glise. Une telle vision est loin de susciter la majoritĂ© des Guelfes, sĂ©parĂ©s en “noirs” et blancs”. Le Pape Boniface VIII oeuvre pour les Guelfes noirs (dĂ©mocrates moins ouvertement laĂŻques que les blancs). Le Pape retient Dante au moment oĂč les Guelfes noirs s’emparent du pouvoir Ă  Florence (1301) : Dante le traĂźtre blanc est exilĂ© avec ses proches (il a 36 ans). Mais Dante organise la rĂ©sistance, soutenant la cause de l’Empereur contre le Pape : il voyage Ă  Bologne, VĂ©rone ; rencontre le nouveau ponte BenoĂźt XI, abandonne peu Ă  peu ses engagements auprĂšs des Guelfes blancs, car son Ɠuvre de poĂšte thĂ©oricien le passionne exclusivement : il Ă©crit Ă  partir de 1307 et achĂšve La Divine ComĂ©die, publiĂ©e en 1555). PoĂšte engagĂ©, dĂ©mocrate et laĂŻque avant l’heure, Dante meurt le 14 septembre 1321.

CD. En plus de l’intĂ©grale de l’opĂ©ra Dante de Godard, est aussi annoncĂ© chez CPO, la Symphonie n°2, Trois Morceaux et la Symphonie gothique, sous la direction de l’excellent jeune maestro David Reiland (Ă  la tĂȘte de l’Orchestre de la radio de Munich). A suivre….

Les informations, citations, prĂ©cisions de notre article proviennent de l’excellent texte d’introduction signĂ© GĂ©rard CondĂ©, diffusĂ© dans le communiquĂ© de presse annonçant la recrĂ©ation de l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard.

Recréation de Dante, opéra de Benjamin Godard

godard-dante-oratorio-musique-romantique-francaise-presentation-critique-compte-rendu-classiquenewsMunich, Versailles : les 31 janvier, 2 fĂ©vrier 2016. RecrĂ©ation de Dante de Godard. 2 dates pour une rĂ©crĂ©ation attendue, celle de l’opĂ©ra en quatre actes de Benjamin Godard (1849-1895), Dante, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra Comique (place du ChĂątelet), le 13 mai 1890. On connaĂźt bien Ă  prĂ©sent Benjamin Godard, douĂ© d’un vrai sens dramatique, d’une rare intelligence structurelle dont les dĂ©veloppements ne sont jamais gratuits (en cela un Liszt Ă  la française) ; il est l’Ă©lĂšve du symphoniste – rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© : NapolĂ©on Henri Reber. MalgrĂ© ses dons incontestables, il Ă©choue deux fois au Prix de Rome, or aprĂšs la ruine paternelle, il doit gagner sa vie comme… compositeur. Un rythme effrĂ©nĂ© de compositions le motive alors pour affirmer sa place dans le milieu parisien. Emule de Beethoven, Schumann, Mendelssohn, le “germaniste Godard se targauit de n’avoir jamais ouvert de partition de Wagner (selon Bruneau, un rien partial). Dans la dĂ©cennie 1888 oĂč s’impose le wagnĂ©risme, Godard cultive une esthĂ©tique Ă  rebours, schumanienne et beethovĂ©nienne, qui passe alors pour “rĂ©actionnaire”. Un nostalgique dĂ©calĂ© dont le profil maigre, l’air d’un ermite possĂ©dĂ© ne laissait pas ses contemporains indiffĂ©rents : “il passait dans la rue, raidissant sa grande taille, portant haut la tĂȘte et dardant un regard fixe, ainsi que certains jeunes prĂȘtres angoissĂ©s, torturĂ©s. Sa dĂ©marche automatique, ses geste saccadĂ©s, sa maigre silhouette, sa figure osseuse et ravagĂ©e oĂč poussait une barbe rare, ses cheveux drus s’échappant du chapeau, faisaient se retourner les promeneurs, intĂ©ressĂ©s et inquiĂ©tĂ©s Ă  la fois par ce singulier homme sombre” ainsi que le dĂ©crit dans un Ă©lan romanesque Alfred Bruneau dans Gil Blas, 11 janvier 1895).

Proche de la simplicitĂ© et de l’Ă©vidence mozartienne, prĂŽnĂ©e par Gounod, Godard affirme un tempĂ©rament nettement original qui allie finesse, sens de l’architecture, efficacitĂ© dramatique, sĂ©duction mĂ©lodique. En cela il fut immĂ©diatement admirĂ© par Massenet qui citait Le Tasse comme un sommet dramatique Ă  redĂ©couvrir (d’autant que la partition complĂšte pour orchestre, signalĂ©e comme perdue, vient d’ĂȘtre redĂ©couverte au USA). Le Tasse demeure l’un des plus grands succĂšs de Godard en 1878 (commande de la Ville de Paris, comme Le Paradis Perdu, fresque acadĂ©mique, un rien compassĂ©e et miĂšvre de son contemporain ThĂ©odore Dubois : lire notre critique de l’oratorio Le Paradis perdu de Dubois).

Mort trĂšs jeune, Ă  46 ans,

Solitaire et mélancolique, Godard, Schumann à la française

Godard dĂ©dicace sa partition au maĂźtre Ambroise Thomas (Ă  sa Françoise de Rimini, insuccĂšs de 1882). Si Thomas Ă©voque surtout les Enfers et le pardon permis par l’amour de BĂ©atrice, l’opĂ©ra de Godard porte bien son nom : il interroge plutĂŽt l’homme et le poĂšte florentin du XIIIĂšme dans son Ă©poque (sur fond de guerre des Guelfes contre les Gibelins) ; Guelfe blanc, le poĂšte s’est montrĂ© ardent dĂ©fenseur pour un dĂ©mocratie laĂŻque, rĂ©sistant contre le Pape, soutenant plutĂŽt l’Empereur. Dans l’opĂ©ra de Godard, le hĂ©ros admirable est restituĂ© dans sa vie intime ; y paraissent les deux figures de femmes complĂ©mentaires et rivales : Gemma l’Ă©pousĂ©e Ă©cartĂ©e et BĂ©atrice, l’aimĂ©e idĂŽlatrĂ©e. La crĂ©ation poĂ©tique la plus significative de Godard dans Dante, reste au III, une Ă©vocation synthĂ©tique qui renouvelle le genre des Ă©vocations infernales et fantastiques (d’oĂč le culte de Godard pour Schumann et ses oratorios et mĂ©lodrames dont Manfred entre autres) : Apparition de Virgile, ChƓur de DamnĂ©s, Tourbillon infernal, Divine ClartĂ© et ApothĂ©ose de BĂ©atrice. C’est une “Vision” (celle du rĂȘve de Dante), d’un caractĂšre poĂ©tique proche de la musique pure oĂč le gĂ©nie de Godard, dramaturge, allusif et subtil, s’affirme entre Gounod et Massenet. Le tableau infernal et fantstique s’ouvre par l’apparition rĂȘvĂ©e de Virgile, passeur vers l’au-delĂ … JonciĂšres rĂ©servĂ©, y distingue nettement dans le fracas de l’orchestre, les hurlements des damnĂ©s (en l’occurrence, les cris des Ăąmes condamnĂ©e d’Ugolin, de Francesca et Paolo), comme les silhouettes grimaçantes des Jugements Derniers de Michel-Ange ou Tintoret (des accents plus ennuyeux que saisissants).
Sur les traces des germaniques, et aussi de Berlioz, le compositeur poĂšte imagine dans le sillon de Dante, le parcours hallucinant de l’Ă©lu, auquel il est permis aprĂšs le Christ de descendre jusqu’aux Enfers (comme OrphĂ©e), puis invitĂ© Ă  gravir les cimes montagneuses du Purgatoire jusqu’au Paradis oĂč la vision poĂ©tique peut embrasser le vaste paysage qui s’y dĂ©roule Ă  la mesure du cosmos insondable, impĂ©nĂ©trable, mystĂ©rieux. Comme d’habitude les historiens attribuent aux moyens de la crĂ©ation, un effet dĂ©testable Ă  l’audience, soulignant les imperfections ou les manques de tel interprĂšte, l’indigence ou l’imbĂ©cilitĂ© crasse des scĂ©nographes, ou l’indisposition du chef… autant de critĂšres incontrĂŽlables aujourd’hui, mais auquel l’Ă©coute contemporaine pourra apporter confirmation ou dĂ©menti : la juste valeur de la partition de Dante (Ă  dĂ©faut du Tasse qui est une partition plus intĂ©ressante selon nous : Ă  quand sa recrĂ©ation). avec Dante qui au IVĂš acte voit la mort de BĂ©atrice, et la lyre tragique Ă©tendre son empire, c’est toute l’introspection langoureuse et “Ă©trange” de Godard qui s’exprime, totalement incomprise Ă  son Ă©poque. Mais alors, Godard serait-il le Schumann français de cette fin du XIXĂš ? EugĂšne de SoleniĂšre en tĂ©moigne Ă  sa façon (Notules et impressions musicales, 1902) , soulignant combien atypique et solitaire, hantĂ© par la mort (comme Robert), Godard rete un auteur mĂ©connu, aussi tĂ©nĂ©breux, mĂ©lancolique (Bruneau) que Dubois fut solaire et acadĂ©mique : “… il Ă©tait un rĂȘveur, un romantique attardĂ©, un Ă©motionnel intĂ©rieur avec des naĂŻvetĂ©s expressives et ce qu’on pourrait appeler des pudeurs d’écriture ; il avait la sincĂ©ritĂ© de sentiments simples, la franchise d’une pensĂ©e claire en ses inquiĂ©tudes de nerveux pessimiste”.

A la crĂ©ation, La crĂ©atrice du Roi d’Ys, CĂ©cile Simmonet Ă©corche le rĂŽle trop haut pour elle de BĂ©atrice ; et l’orchestre, critiquĂ© comme dĂ©sordonnĂ© et hystĂ©rique attĂ©nue le succĂšs de l’ouvrage. D’autant que les voix s’Ă©lĂšvent contre l’instrumentation et les couleurs de l’orchestre trop scintillant voire anecdotique qui manquait surtout de “grandeur” comme de souffle.

Dante de Banjamin Godard, recréation.
Munich, Prinzregenttheater, dimanche 31 janvier 2016, 19h
Versailles, Opéra royal, mardi 2 février 2016, 20h

ORCHESTRE DE LA RADIO DE MUNICH
CHƒUR DE LA RADIO BAVAROISE
Ulf Schirmer, direction
Dante, Edgaras Montvidas
BĂ©atrice, VĂ©ronique Gens
Gemma, Rachel Frenkel
Bardi, Jean-François Lapointe
L’Ombre de Virgile, Andrew Foster-Williams
L’Écolier, Sarah Laulan
La Voix du HĂ©rault, Topi Lethi Meyer

Des deux représentations, un disque est annoncé.
Diffusion en direct du concert du 31 janvier 2016 sur BR-Klassik

Dante de Benjamin Godard. Synopsis

ACTE I
Une place publique Ă  Florence. La ville est dĂ©chirĂ©e par une querelle entre Guelfes et Gibelins. Tandis que le CollĂšge du peuple se prĂ©pare Ă  nommer un prieur qui devra apaiser les tensions, Simeone Bardi rĂ©vĂšle Ă  son ami le poĂšte Dante – de retour dans la citĂ© – qu’il s’unira bientĂŽt Ă  celle qu’il aimait secrĂštement : la belle BĂ©atrice. À ces mots, Dante, Ă©pris de la mĂȘme jeune fille, rĂ©prime son Ă©motion. AprĂšs le dĂ©part des deux hommes, BĂ©atrice entre, suivie de sa confidente Gemma : elle lui avoue sa tendresse pour Dante, qu’elle croit pourtant ne jamais revoir. La foule sort du palais. On annonce que le CollĂšge du peuple nomme Dante chef suprĂȘme de la ville. BĂ©atrice tressaille Ă  ce nom, tandis que Dante, paraissant, s’apprĂȘte Ă  refuser cet honneur. La jeune fille s’avance alors et lui redonne confiance : « Pour ĂȘtre aimĂ©, fais ton devoir ». Cet aveu ambigu inquiĂšte Bardi, tandis que le peuple acclame son hĂ©ros.

ACTE II
Une salle du palais des Seigneurs, Ă  Florence. Bardi fulmine de rage contre Dante. Gemma vient alors lui demander de renoncer Ă  la main de BĂ©atrice. Et quand il veut la chasser, lui disant qu’elle ne sait pas ce qu’est la jalousie, elle avoue qu’elle se consume aussi d’un amour non partagĂ© : son cƓur est Ă©pris du mĂȘme Dante dont BĂ©atrice est aimĂ©e. Ils s’éloignent tout deux ; BĂ©atrice paraĂźt, qui a tout entendu, cachĂ©e
derriĂšre une tapisserie. Ces paroles de haine et cet aveu de tendresse la dĂ©cident Ă  renoncer Ă  Dante. Le jeune homme entre justement. À BĂ©atrice qui le repousse, il redit toute sa passion. SubmergĂ©e par l’émotion, la jeune femme finit par se laisser vaincre. ParaĂźt alors un groupe de Gibelins et de Guelfes suivi de Bardi. Charles de Valois est entrĂ© dans Florence et proclame l’exil de Dante, tandis que Bardi condamne BĂ©atrice Ă  finir ses jours dans un couvent.

ACTE III
Le Mont Pausilippe. À gauche, un tombeau creusĂ© dans le roc, ombragĂ© de lauriers-roses. Alors que des groupes de paysans dansent au son d’instruments champĂȘtres, un vieillard dĂ©signe Ă  un groupe de jeunes
Ă©coliers venus de la ville le tombeau de Virgile. Tous l’ornent de palmes et de couronnes en chantant une hymne Ă  sa gloire. Ils s’éloignent, le jour baisse lentement. Dante paraĂźt, gravissant la montagne avec peine, Ă©puisĂ© et l’ñme brisĂ©e. Il adresse Ă  Virgile une ultime supplique : qu’il lui donne l’inspiration pour retrouver la gloire, en lui dictant le poĂšme idĂ©al. Il retrouvera ainsi l’estime de BĂ©atrice. Ses yeux se ferment de fatigue, et tandis qu’il s’endort, le tombeau s’ouvre lentement ; Virgile en sort, couronnĂ© de lauriers. Dans une vision sublime et terrible Ă  la fois, il fait voir Ă  Dante l’Enfer – oĂč voisinent notamment les Ăąmes dĂ©chues d’Ugolin, de Francesca et Paolo – puis le Paradis. Une ultime vision cĂ©leste laisse voir BĂ©atrice entourĂ©e d’anges :
que Dante achùve son Ɠuvre, et elle celle-ci promet l’union des deux amants.

ACTE IV
Premier tableau : mĂȘme dĂ©cor qu’à l’acte prĂ©cĂ©dent . Dante est rĂ©veillĂ© par des chants de pĂątres. EnivrĂ© par son rĂȘve, il est dĂ©cidĂ© Ă  retrouver BĂ©atrice. Suivant les indications de Gemma, Bardi arrive alors et confie son repentir : la jalousie a fait place aux remords. Il propose d’emmener Dante dans le couvent de Naples oĂč BĂ©atrice est enfermĂ©e. Dante pardonne Ă  celui qui lui rend le bonheur. Ils partent.

DeuxiĂšme tableau. À Naples. Le jardin d’un couvent. On voit passer BĂ©atrice parmi les religieuses, pĂąle et se soutenant Ă  peine. Elle confie Ă  Gemma, venue la visiter, que sa mort semble prochaine. Elle se ressaisit pourtant lorsqu’on annonce la visite de deux hommes en qui elle espĂšre retrouver Dante. C’est bien lui qui s’avance, suivi de Bardi. Les deux jeunes gens s’enivrent des mĂȘmes paroles d’amour qu’ils avaient partagĂ©es Ă  Florence. Mais la souffrance a trop altĂ©rĂ© la santĂ© de BĂ©atrice, qui subitement dĂ©faille. MalgrĂ© l’empressement de Gemma et de Dante pour la secourir, ses yeux se ferment pour la derniĂšre fois, aprĂšs avoir fixĂ© le ciel. Elle expire en redisant les douces paroles que Dante avait entendues en rĂȘve. DĂ©sespĂ©rĂ©, il entend nĂ©anmoins les mots consolateurs de Gemma et se redresse, comme illuminĂ© : « Oui ! je dois vivre encor ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, moi, je veux l’immortaliser ! »

Benjamin Godard (1849-1895) : contre Wagner, le premier romantisme de Schumann… Violoniste surdouĂ© (Ă©lĂšve d’Henri Vieuxtemps), Benjamin Godard entre au Conservatoire de Paris oĂč il Ă©tudie la composition avec Henri Reber, symphoniste rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ©. Candidat malheureux par deux fois au Prix de Rome, Godard s’affirme nĂ©anmoins tel un tempĂ©rament musicien de premiĂšre qualitĂ© au dĂ©but de la IIIĂš RĂ©publique. Le chambriste sait convaincre la clientĂšle aisĂ©e et volatile des salons parisiens : au piano, au violon et surtout Ă  l’alto, Godard devient un partenaire et un soliste particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©.
Comme chef d’orchestre, il crĂ©e en 1884 la SociĂ©tĂ© des Concerts modernes avec les musiciens des Concerts populaires de Pasdeloup. Professeur au Conservatoire de Paris, Godard pilote la classe d’ensemble instrumental Ă  partir de 1887. Le compositeur laisse un catalogue riche d’environ 150 numĂ©ros d’opus, dans tous les genres : six opĂ©ras, dont Jocelyn (1888, cĂ©lĂšbre « Berceuse »), et La VivandiĂšre (succĂšs posthume), Dante (1890) ; plusieurs symphonies Ă  programme (Symphonie orientale, Symphonie lĂ©gendaire avec chƓurs, ou encore Le Tasse, symphonie dramatique avec soli et chƓurs qui lui vaut le Prix de la Ville de Paris en 1878) ; plusieurs concertos, de la musique de chambre, des mĂ©lodies et toutun cycle original de musiques pour piano. En marge du wagnĂ©risme triomphant et omniprĂ©sent alors en 1880 / 1890, – voir Victorin de JonciĂšres et sa wagnĂ©rite aiguĂ«, ou Chabrier et ses souvenirs de Bayreuth-, Godard cultive Ă  contrecourant du vent dominant, un style bien Ă  lui, plutĂŽt tournĂ© vers les premiers romantiques français, tels Thomas, Gounod… revisitant les sources des “pionniers” du romantisme : Chopin, Mendelssohn et Schumann. Sa carriĂšre s’achĂšve brusquement : il meurt Ă  moins de 50 ans en 1895 Ă  Cannes, Ă  46 ans.

Dante, poĂšte et dĂ©mocrate laĂŻque… D’origine noble mais de moyens modestes, Dante (1265-1321), orphelin prĂ©coce, tĂ©moigne de la force de dĂ©passement subime que lui a suscitĂ© celle qu’il a adorĂ©, platoniquement, mystiquement : BĂ©atrice. C’est une source de sublimation et l’amour de toute une vie ; il la rencontre Ă  9 ans, la retrouve Ă  18 ans : elle mourra Ă  25 ans. En 1291, le jeune homme (26 ans) expose les vertus qui façonne toute une vie : le bien moral (Il Convivo, Le Banquet, publiĂ© en 1307). L’homme qui aime la beautĂ©, aime Dieu mĂȘme sans le savoir. Dans l’Italie politiquement secouĂ©e de 1293, Dante choisit la voie des apothicaires et des mĂ©decins (qui est celle aussi des libraires) pour gagner sa vie ; son aura et sa lumineuse prĂ©sence comme sa pensĂ©e admirable le font choisir comme reprĂ©sentant des Guelfes blancs, aux idĂ©aux dĂ©mocratiques, pour une laĂŻcitĂ© encore Ă  inventer, soucieux de sĂ©parer pouvoir politique et Ă©glise. Une telle vision est loin de susciter la majoritĂ© des Guelfes, sĂ©parĂ©s en “noirs” et blancs”. Le Pape Boniface VIII oeuvre pour les Guelfes noirs (dĂ©mocrates moins ouvertement laĂŻques que les blancs). Le Pape retient Dante au moment oĂč les Guelfes noirs s’emparent du pouvoir Ă  Florence (1301) : Dante le traĂźtre blanc est exilĂ© avec ses proches (il a 36 ans). Mais Dante organise la rĂ©sistance, soutenant la cause de l’Empereur contre le Pape : il voyage Ă  Bologne, VĂ©rone ; rencontre le nouveau ponte BenoĂźt XI, abandonne peu Ă  peu ses engagements auprĂšs des Guelfes blancs, car son Ɠuvre de poĂšte thĂ©oricien le passionne exclusivement : il Ă©crit Ă  partir de 1307 et achĂšve La Divine ComĂ©die, publiĂ©e en 1555). PoĂšte engagĂ©, dĂ©mocrate et laĂŻque avant l’heure, Dante meurt le 14 septembre 1321.

CD. En plus de l’intĂ©grale de l’opĂ©ra Dante de Godard, est aussi annoncĂ© chez CPO, la Symphonie n°2, Trois Morceaux et la Symphonie gothique, sous la direction de l’excellent jeune maestro David Reiland (Ă  la tĂȘte de l’Orchestre de la radio de Munich). A suivre….

Les informations, citations, prĂ©cisions de notre article proviennent de l’excellent texte d’introduction signĂ© GĂ©rard CondĂ©, diffusĂ© dans le communiquĂ© de presse annonçant la recrĂ©ation de l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard.

CD. Cyril HuvĂ©, piano. Liszt : Carnets d’un PĂšlerin (1 cd La Grange aux pianos)

liszt-carnets-d-un-pelerin-cyril-huve-piano-steinweg-1875-classiquenews-compte-rendu-critique-mars-2015CD. Cyril HuvĂ©, piano. Liszt : Carnets d’un PĂšlerin (1 cd La Grange aux pianos). Programme dense mais Ă©quilibrĂ©, en 7 stations, qui puise ces bornes expressives dans deux recueils : “Seconde annĂ©es de pĂšlerinage – Italie” et “Harmonies poĂ©tiques et religieuses” (pour BĂ©nĂ©diction de Dieu dans la solitude et FunĂ©railles). EnregistrĂ© dans son antre, au Pays de Georges Sand, dans la Grange aux pianos en aoĂ»t 2011 (oĂč il organise et accueille un festival de PentecĂŽte aussi), Cyril HuvĂ© exprime les dĂ©lices suggestifs souvent Ă©noncĂ©s dans un murmure Ă  peine articulĂ©, portĂ© et comme traversĂ© par un frĂ©missement soudain, celui produit par une rĂ©vĂ©lation. Cheminement promis Ă  des visions de plus en plus spirituelles, chaque sĂ©quence dit ici, effectivement, le poĂ©tique et le religieux. Le pianiste joue sur l’ampleur symphonique du piano Steinweg requis pour l’enregistrement. SonoritĂ© puissante mais jamais dure, ronde et mordante Ă  la fois qui assure la carrure et l’aspiration mystique de chaque Ɠuvre. Le doute haletant (Il Penseroso), la volontĂ© de l’indicible et le lugubre ensorcelant qui cultive l’Ă©tat d’endormissement souhaitĂ©. Cyril HuvĂ© balance d’un Ă©tat de conscience Ă  un autre, en un jeu qui enveloppe et berce (rĂ©sonances dĂ©jĂ  wagnĂ©riennes du mĂȘme Penseroso).
L’amour et ses brĂ»lures innerve l’itinĂ©raire plus choatique, exaltĂ©, passionnel du Sonnet de PĂ©trarque n°104 : ivresse panique du transi amoureux dĂ©muni, dĂ©pendant totalement de sa chĂšre et inaccessible Laura… l’interprĂšte cultive la rĂ©sonance des accords, laissant un temps d’incertitude mais aussi d’accomplissement et d’inĂ©luctable dans un jeu profond et intĂ©rieur qui sait respirer.

 

 

Pour le premier disque de son propre label, Cyril Huvé se révÚle convaincant

Mystique lisztéenne

 

CLIC_classiquenews_2014La conception est claire et structurĂ©e pour BĂ©nĂ©diction de Dieu dans la solitude au calme spirituel progressif. L’Ă©tape la plus dĂ©veloppĂ©e (plus de 16mn) avec AprĂšs une lecture de Dante (presque 18mn) permet au jeu de s’Ă©panouir pleinement rĂ©alisant une somptueuse plĂ©nitude qui inspire un toucher de plus en plus doux et vaporeux pour exprimer le scintillement aĂ©rien grandissant qui s’achĂšve en un ruissellement liquide immatĂ©riel. Les signes tangibles vers la lĂ©vitation. Le choix du Steinweg de 1875 paraĂźt particuliĂšrement bĂ©nĂ©fique grĂące Ă  sa sonoritĂ© charpentĂ©e et structurĂ©e, ronde et puissante, ses harmonies naturelles, ses aigus crĂ©pitants.
MĂȘme pĂ©nĂ©tration suggestive particuliĂšrement pour le lugubre vaporeux de FunĂ©railles qui envoĂ»te littĂ©ralement par son balancement harmoniquement presque irrĂ©solu…, son allure de marche inexorable et dĂ©sespĂ©rĂ©e et sa lente priĂšre dĂ©chirĂ©e, dĂ©chirante. L’approfondissement spirituel y Ă©clate en Ă©clairs et tempĂȘtes, dĂ©voilant les climats paniques du PĂšlerin dĂ©muni. La lutte intĂ©rieure que Cyril HuvĂ© exprime, rĂ©ussit particuliĂšrement ici. Le pianiste se fond dans l’esprit insatiable et insatisfait de Liszt, portĂ©e par une ardente et dĂ©vorante quĂȘte spirituelle.

Le dernier morceau de ces Carnets d’un PĂšlerin se referme sur la houle tout autant prenante d’AprĂšs une lecture de Dante… Cyril HuvĂ© sait enflammer l’Ă©nergie brute que suscitent les images dantesques. Jaillissements de gravitĂ©, ombres mouvantes, sorte de tourbillon en implosion, bain primaire qui concentre les forces primordiales et les contient sans les contenir, voici le grand chaudron magique et fantastique Ă  la(dĂ©)mesure du grand Liszt, conteur en diable, capable seul, de faire jaillir d’un tumulte, un murmure enchantĂ© criblĂ© de nouveaux scintillements Ă©perdus. Aucun doute Cyril HuvĂ© confirme dans ce premier cd inaugurant son propre label, ses affinitĂ©s lisztĂ©ennes dans ce rĂ©cital trĂšs abouti.

Franz Liszt : Carnets d’un PĂšlerin. Cyril HuvĂ©, piano Steinweg 1875. EnregistrĂ© en aoĂ»t 2011 dans le Berry, 1 cd La Grange aux pianos GAP01

 
 

CONCERT Ă  Paris

Cyril HuvĂ© fĂȘte le centenaire Alexandre Scriabine, salle Gaveau, mardi 3 mars 2015, 20h30.