COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts

COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts. Révélé il y trois ans à Munich, lors d’un mémorable concert et enregistré dans la foulée avant une reprise à Versailles, le Dante de Benjamin Godard reçoit enfin les honneurs d’une recréation scénique. Mise en scène et direction d’acteurs efficace pour une partition qui regorge de beautés compensant une intrigue quelque peu statique.

 

 

 

La lyrique Comédie

 

DANTE godard paul gaugler frederic caton

 

 

 

En apparence, le drame d’Édouard Blau et de Benjamin Godard reproduit la structure du Grand Opéra : quatre actes, une juxtaposition de tableaux plus qu’un entremêlement d’intrigues complexes, une grande importance accordée aux masses chorales et une inscription dans l’Histoire, ici la Florence du XIIIe siècle troublée par les luttes intestines entre Guelfes et Gibelins. C’est un bref et dramatique interlude qui nous plonge directement au cœur du sujet à travers un double chœur véhément opposant les deux factions rivales. Le lien avec le poème de Dante est assez ténu et c’est à un épisode de la vie sentimentale du poète que l’intrigue de l’opéra s’intéresse : à la rivalité politique qui sert de toile de fond à l’histoire, fait écho la rivalité amoureuse entre Dante et son ami Simeone Bardi pour la jeune et belle Béatrice. Celle-ci est secondée par sa confidente Gemma, tandis que l’ombre de Virgile sert de contrepoint au voyage du poète dans les Enfers – précédé d’une très entrainante tarentelle – occasion pour évoquer quelques épisodes de la Divine Comédie (Paolo et Francesca, Ugolin) opposés à une vision fantasmée du Paradis dans une synthèse dramatiquement efficace.
La mise en scène de Jean-Romain Vesperini, les décors sobres de Bruno de Lavenère et les costumes superbes de Cédric Tirado, constituent un écrin idéal pour cette recréation (quelques colonnes entourées d’une passerelle et des escaliers en hélice), un décor unique amovible permettant de suggestifs changements d’angle, magnifié par les lumières chaleureuses de Christophe Chaupin.
La distribution réunie pour cette recréation mondiale, qui diffère de celle du disque (seule Diana Axentii fit partie de la première aventure) brille par sa cohésion et sa cohérence. Dans le rôle-titre, le ténor Paul Gaugler révèle des accents héroïques souvent convaincants, une légèreté de timbre qui trahit la fragilité du personnage, même s’il est parfois à la peine quand il est sollicité dans le registre aigu (« Ah, de tous mes espoirs ») ; la Béatrice de Sophie Marin-Degor n’est pas vraiment la jeune fille de quinze ans qu’elle est censé incarner et si son chant traduit sa riche et longue expérience, notamment dans ses brillants aigus, le registre médium manque de moelleux et la diction en pâtit quelque peu (« Comme deux oiseaux que leur vol rassemble »). L’autre interprète féminine, la Gemma de la mezzo Aurhélia Varak, bouleverse par un timbre mordant, riche et ample, notamment dans la romance du dernier acte (« Au milieu de vous, dans ce monastère ») et dans le superbe duo avec Bardi au début du second acte (« À lui, dès son enfance »). Mais la palme revient justement au baryton Jérôme Boutiller, incarnation admirable du noble chant à la française ; diction et projection impeccables, chacune de ces interventions est un concentré d’énergie pathétique qui rendrait sublime le plus médiocre livret. Dans le rôle de l’ombre de Virgile, la basse Frédéric Caton est sombre à souhait dans ses interventions de la vision dantesque du 3e acte. Contraste saisissant avec le timbre solaire de son écolier Diana Axentii qui, bien que souffrante le soir de la première, a fort bien tiré son épingle du jeu dans son ode à Virgile. Le héraut d’armes Jean-François Novelli, qu’on ne voit pourtant guère sur scène, complète efficacement la distribution.
Dans la fosse, la baguette alerte de Mihhail Gerts rend justice à cette partition qui combine efficacement les registres – les volutes miroitantes de la tarentelle et celles hypnotiques du tourbillon infernal –, privilégiant dans tous les cas une grande lisibilité des pupitres. On saluera également la magnifique prestation des chœurs (préparés par Laurent Touche), plus engagés encore qu’au disque. Malgré quelques menues coupures, cette résurrection du Dante de Godard poursuit le travail de défrichage de l’opéra de Saint-Étienne qui se poursuivra en mai avec la rare Cendrillon d’Isouard.  Dernière demain, mardi 12 mars 2019.
http://www.opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Paul Gaugler (Dante), Sophie Marin-Degor (Béatrice), Jérôme Boutiller  (Bardi), Aurhélia Varak (Gemma), Frédéric Caton (L’ombre de Virgile / Un vieillard), Diana Axentii (L’écolier), Jean-François Novelli (Un héraut d’armes), Claire Babel, Émilie Broyer, Brigitte Chosson, Véronique Richard (Les religieuses), Jean-Romain Vesperini (mise en scène), Claire Manjarrès (assistante à la mise en scène), Bruno de Lavenère (décors), Cédric Tirado (costumes), Christophe Chaupin (lumières), Laurent Touche (Chef de chÅ“urs), Orchestre symphonique Saint- Étienne, Mihhail Gerts  (direction). Photos : © Cyrille Cauvet – Opéra de Saint-Étienne

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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théâtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor… Vesperini / Gerts.

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théâtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor… Vesperini / Gerts. SAINT-ETIENNE confirme son étonnante disposition à dévoiler des trésors oubliés de notre patrimoine. Pour ce Dante dont il n’existe q’un enregistrement (assez inégal en raison de chanteurs peu nuancés voire inintelligibles et d’un orchestre « routinier »), voici sur la scène stéphanoise, impliquant tous les ateliers de fabrication locaux (décors, costumes, machinerie), la version scénique de l’ouvrage. Une récréation mondiale car l’opéra de Benjamin Godard n’avait pas été produit sur les planches depuis sa création (malheureuse) en 1890. La révélation est majeure car elle souligne un génie du drame et de l’onirisme noir, souvent sombre, dont l’orchestre et le chœur sont constamment sollicités, en teintes expressives, raffinées, particulièrement oniriques. L’écriture de Godard synthétise le meilleur à son époque, Massenet et Verdi pour le drame, Gounod, Berlioz pour la distinction, sans omettre des couleurs et des harmonies puissantes qui rappellent Tchaikovski et annonce bientôt la transparence d’un Ravel. C’est dire.
En outre l’architecture de l’opéra est claire ; les deux premiers actes (à Florence) évoquent l’ambition et la chute politique de Dante qui fut dans les faits, et de façon très fugace, Prieur de la capitale toscane ; puis à partir de l’acte III, et le fameux « songe de Dante », la réalisation de l’idéal artistique et poétique de l’artiste ; une célébration qui vaut aussi identification pour Godard. Comme Wagner, le Français aborde le thème de l’artiste et de la société, en précisant la grandeur du destin du premier ; la violence stérile de la seconde (guerre Gibelins / Guelfes).

 
 
 

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Le continuum dramatique est assuré par les options du metteur en scène Jean-Romain Vesperini qui, -ouf, et pour notre plaisir, écarte toute tentation vidéo, préférant la magie d’une machinerie XIXè, somptueux dispositif de passerelles et d’escaliers en colimaçon, sur une tournette centrale. L’esthétique de l’ensemble (changements à vue) renforce la force de la vision de l’acte III.
Confirmant Dante sur son chemin de gloire, afin qu’il accomplisse sa vocation poétique, Béatrice, la femme aimée, convoitée, devient sa muse ; et Virgile qui apparaît sur la colline napolitaine lui révèle la vision des enfers : de fait, Godard nous livre une puissante et mordante figuration infernale qui n’a rien à envier aux opéras baroques ni aux évocations fantastiques d’un Berlioz. Tout concourt d’ailleurs à la sublimation de la vocation artistique du héros : l’opéra incarne son apothéose, ce que confirme la dernière scène qui voit le poète Dante à présent conscient et sûr de son œuvre à venir (La Divine Comédie).
La séduction des mélodies (Gounod n’est pas loin), la couleur ombrée générale, la puissance du chœur, surtout l’orchestre de Godard affirment un très grand talent taillé pour l’opéra.

Les costumes et leurs couleurs héraldiques développent une vision « rétrofuturiste » qui modernise le Moyen-Âge selon le goût de Godard. La poésie (lumières vaporeuses) est constante et continue de dessiner le profil du poète artiste face à la sauvagerie de la société.

dante-paul-gaugler-opera-benjamin-godard-opera-reportage-partition-opera-evenement-saint-etienne-operaLe plateau vocal est globalement convaincant. L’émission du ténor Paul Gaugler dans le rôle-titre pourra en rebuter plus d’un, mais son articulation, son sens du texte, ses phrasés proches de la mélodie, comme ses aigus en force, composent in fine un Dante, crédible, consistant qui souffre et trouve enfin sa vocation de poète (prêt à immortaliser son amour et sa quête). A ses côtés, la muse justement et l’âme-sœur, Sophie Marin-Degor affirme une vérité stylistique qui éclaire de façon immédiate la noblesse de cette âme amoureuse et loyale : c’est elle qui verrouille le destin poétique de Dante (« pour être aimé, fais ton devoir », tout est dit dès l’acte I). Godard dans le dernier acte, celui où elle est cloîtrée, et juste avant de succomber sur l’épaule de son aimé, lui réserve un air bouleversant : l’enfant se rebelle contre la volonté de son père (qui l’a promise à un autre… Bardi, le rival de Dante), et l’amoureuse radicale y expose clairement l’intensité de son sacrifice. S’il est maudit sur cette terre, Dante immortalisera leur amour.

Le compositeur renforce le chant soliste par un second couple, plus sombre et noir ; celui de Simeone Bardi dont l’esprit de haine et la jalousie précipite la chute du Dante politique à Florence (valeureux et intelligible Jérôme Boutillier) ; tandis que dans le rôle de Gemma, la confidente de Béatrice (et qui aime elle aussi Dante), Aurhélia Varak réserve un timbre séduisant, digne d’une Dalila, mais l’articulation demeure imprécise.
L’excellent Frédéric Caton (basse ample et articulée) rayonne en Virgile dans le songe de Dante. Le Chœur lyrique Saint-Etienne Loire défend chaque partie, d’autant que l’énergie du chef estonien Mihhail Gerts montre combien ce Dante vaut bien des Werther de Massenet (même librettiste) ou des Faust de Gounod. Vite, d’autres dates et une reprise de ce chef d’œuvre oublié, enfin ressuscité, de l’Opéra romantique français. Il reste une dernière date à Saint-Etienne, demain mardi 12 mars 2019. Must absolu.

 
 
 
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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théâtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor… Vesperini / Gerts.

Mise en scène : Jean-Romain Vesperini
Décors : Bruno de Lavenère
Costumes : Cédric Tirado

Dante : Paul gaugler
Béatrice : Sophie Marin-Degor
Bardi : Jérôme Boutillier
Gemma : Aurhélia Varak
Un vieillard / Virgile : Frédéric Caton
L’écolier : Diana Axentii
Un héraut : Jean-François Novelli

Chœur lyrique Saint-Etienne Loire
Laurent Touche, direction

Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire
Mihhail Gerts, direction. Photos grands formats © C Cauvet / Opéra de Saint-Etienne 2019

 
 
 
 
 
 

REPORTAGE vidéo 2/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidéo 2/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. Pourquoi mettre en scène l’ouvrage de Godard, opéra féerique, infernal et onirique créé en 1890 à l’Opéra Comique à Paris ? Présence du chÅ“ur (personnage à part entière et d’une force « verdienne »), tableaux spectaculaires dont l’acte des enfers ; personnages intenses, absolus (Dante et sa muse bien aimée Béatrice) ; second couple exalté, noir pour Bardi ; porté par la bonté (Gemma), surtout raffinement et souplesse d’un orchestre somptueux… et si Dante était le chef d’oeuvre oublié de l’opéra romantique français ? Godard à l’époque du wagnérisme triomphant sait fusionner le meilleur de Bizet, Massenet, Verdi et même Tchaikovski. Un ouvrage majeur, aujourd’hui ressuscité par les forces vives de l’Opéra de Saint-Etienne. Présentation, explication… reportage par © studio CLASSIQUENEWS.TV – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM 2019

 
 
 

 

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VOIR aussi notre REPORTAGE 1 :

dante opera de saint etienneREPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : Recréation événement à l’Opéra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas été remonté sur scène depuis sa création (malheureuse) à l’Opéra Comique en 1890. Grâce aux ressources de l’Opéra stéphanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nécessaires à la réalisation d’une nouvelle production (décors, costumes, machinerie…), l’ouvrage renaît les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dédié à la résurrection d’un chef d’œuvre de l’opéra romantique français, alternative convaincante au wagnérisme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur général et Jean-Romain Vesperini, metteur en scène. Témoignent aussi Cédric Tirado, créateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur… La production est un événement « made in Opéra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont été sollicités. L’Opéra de Saint-Etienne est le seul opéra en France, avec l’Opéra national de Paris, à regrouper en son sein, tous les métiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des équipes artistiques, ici dédiées à la réestimation d’une partition éblouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

 

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard,récréé à Saint-Etienne - Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)  

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : Recréation événement à l’Opéra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas été remonté sur scène depuis sa création (malheureuse) à l’Opéra Comique en 1890. Grâce aux ressources de l’Opéra stéphanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nécessaires à la réalisation d’une nouvelle production (décors, costumes, machinerie…), l’ouvrage renaît les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dédié à la résurrection d’un chef d’œuvre de l’opéra romantique français, alternative convaincante au wagnérisme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur général et Jean-Romain Vesperini, metteur en scène. Témoignent aussi Cédric Tirado, créateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur… La production est un événement « made in Opéra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont été sollicités. L’Opéra de Saint-Etienne est le seul opéra en France, avec l’Opéra national de Paris, à regrouper en son sein, tous les métiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des équipes artistiques, ici dédiées à la réestimation d’une partition éblouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

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REPORTAGE 2/2 : Présentation de la partition ; pourquoi remonter aujourd’hui Dante de Benjamin Godard ? Et si Dante était un ouvrage majeur de l’opéra romantique français, oublié, enfin révélé ?

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard, récréé à Saint-Etienne - Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

TEASER vidéo. DANTE de Benjamin Godard à l’Opéra de Saint-Etienne (8,10,12 mars 2019)

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsTeaser vidéo. Opéra de SAINT-ETIENNE, Benjamin Godard : DANTE. Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son Å“uvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son Å“uvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chÅ“ur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

 

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

OPERA DE SAINT-ETIENNE, CE SOIR, première de la recréation mondiale de Dante de Benjamin Godard

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, Opéra. Ce soir  vend 8 mars puis les 10 et 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. Recréation mondiale d’un opéra romantique français oublié (1890). Dans sa VIDEOLETTER de février mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne présente son actualité scénique dont à partir de 1mn17, l’opéra en recréation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oublié de 1890 qui ose inventer sur la scène lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouï. Présentation vidéo (Sujet Dante à 1mn17)

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son Å“uvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son Å“uvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chÅ“ur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

 

 DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 
 

 
 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD
 

OPERA DE SAINT-ETIENNE, DANTE. Présentation vidéo

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, Opéra. Les 8, 10, 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. Recréation mondiale d’un opéra romantique français oublié (1890). Dans sa VIDEOLETTER de février mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne présente son actualité scénique dont à partir de 1mn17, l’opéra en recréation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oublié de 1890 qui ose inventer sur la scène lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouï. Présentation vidéo

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ? 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son Å“uvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son Å“uvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chÅ“ur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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dante-virgile-operasaitn-etienne-godard

 

 

LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD
 

Opéra de SAINT-ETIENNE : DANTE, nouvelle production événement

SAINT-ETIENNE, Opéra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’Opéra de Saint-Etienne promet une réalisation ambitieuse et spectaculaire à la mesure d’un ouvrage méconnu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers ; à l’acte III, le poète exilé reçoit en rêve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnés et des élus… Une évocation où pèsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spécialement pour ce spectacle prometteur. Créé à l’Opéra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mérite bien cette recréation très attendue. GODARD REINVENTE L’OPERA ROMANTIQUE FANTASTIQUE ET SPECTACULAIRE…

 

 

 

Pour conquérir Beatrice,
le poète DANTE, guidé par Virgile,
découvre les Enfers…

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

La musique écrite par Benjamin Godard relève le défi d’une action riche en rebondissements et variétés des tableaux. Romantique traditionnel, et même considéré comme « réactionnaire » en son temps, Godard sait résister au wagnérisme ambiant, adepte des formes françaises classiques. Doué pour l’orchestration, la mélodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maîtrise dans DANTE, opéra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particulièrement affinées ici. La femme aimée, désirée est un thème chers aux Romantiques français (cf. Ester, Ophélie chez Berlioz…).
L’Opéra de Saint-Etienne présente en nouvelle production, la récréation de l’opéra de Godard, dans une mise en scène originale, première version scénique de l’ouvrage depuis 130 ans. LIRE NOTRE PRESENTATION complète de l’opéra Dante de Benjamin Godard

 

 

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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DANTE, la nouvelle production événement de Saint-Etienne

SAINT-ETIENNE, Opéra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’Opéra de Saint-Etienne promet une réalisation ambitieuse et spectaculaire à la mesure d’un ouvrage méconnu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers, quand à l’acte III, le poète exilé reçoit en rêve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnés et des élus… Une évocation où pèsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spécialement pour ce spectacle prometteur. Créé à l’Opéra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mérite bien cette recréation très attendue.

dante-virgile-enfers-opera-barque-de-dante-delacroix-dante-de-godard-opera-peinture-musique-classique-opera-critique-annonce-opera-de-saint-etienne-critique-annonce-classiquenews

 

 Dante conduit par Virgile sur la barque aux enfers (Delacroix)

 

 

 
 

 
 

PRESENTATION de DANTE de Benjamin Godard
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godard-benjamin-opera-dante-critique-annonce-reportage-video-critiqueopera-par-classiquenewsEn pleine guerre entre les Guelfes et les Gibelins, Simeone Bardi et Dante Alighieri se disputent l’amour de Béatrice. D’après La Divine Comédie, le livret d’Édouard Blau aborde le thème de l’amour en réécrivant les tensions nées de la confrontation tourments infernaux et grâces célestes. Le désir, l’extase, la béatitude… La musique écrite par Benjamin Godard relève le défi d’une action riche en rebondissements et variétés des tableaux. Romantique traditionnel, et même considéré comme « réactionnaire » en son temps, Godard sait résister au wagnérisme ambiant, adepte des formes françaises classiques. Doué pour l’orchestration, la mélodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maîtrise dans DANTE, opéra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particulièrement affinées ici. La femme aimée, désirée est un thème chers aux Romantiques français (cf. Ester, Ophélie chez Berlioz…).
L’Opéra de Saint-Etienne présente en nouvelle production, la récréation de l’opéra de Godard, dans une mise en scène originale, première version scénique de l’ouvrage depuis 130 ans.

 

 

UN OPERA TARDIF… DANTE est un ouvrage qui s’inscrit à la fin de la carrière de Godard. « A 40 ans, le professeur de musique de chambre au Conservatoire, qui a livré pour La Monnaie de Bruxelles son opéra Jocelyn en 1888, fait créer Dante à l’Opéra Comique, 2 ans plus tard, en 1890. Frappé par la tuberculose, Godard devait mourir à Cannes en janvier 1895 ». Godard, élève d’Henri Rebert a déjà abordé le genre lyrique avec « Le Tasse », symphonie dramatique de 1878 qui obtient le 1er Prix de la Ville de paris (avec Le Paradis perdu de Dubois)

 

L’OPERA SELON LE METTEUR EN SCENE, Jean-Romain VESPERINI… Pour le metteur en scène Jean-Romain Vesperini, Godard plonge dans le Moyen-Age et s’intéresse à un pan de la vie du poète florentin Dante. A l’évocation des amours du poète, le compositeur aborde aussi une part significative de son œuvre littéraire, en particulier, extrait de La Divine Comédie (L’Enfer), la descente de Dante accompagné par Virgile, aux enfers. Une traversée semé de visions terrifiantes et fantastiques que Liszt (Dante Symphonie, 1857) ou les peintres tels Delacroix ont traité avant lui.
La conception de Godard et de son librettiste est franche, directe, sans dilution : l’action mène le spectateur, d’une place publique de Florence au mont Pausilippe, en passant par une salle des palais de Florence, pour finir à Naples dans un couvent. « On passe ainsi de scène en scène dans une unité de temps étendue mais toujours avec fluidité. L’environnement des tableaux est tour à tour réaliste, fantastique, bucolique, romantique… Cet opéra répond ainsi à plusieurs codes théâtraux et c’est ce qui en fait son originalité », précise le metteur en scène.

 

 

ITALIE ANTIQUE, EXIL, FORÊT… & LE FEU DANS LA DESCENTE AUX ENFERS
Pour assurer au drame, l’unité et la cohérence de son déroulement, de Florence … à Naples, sans omettre le tableau infernal, JR Vesperini s’est plongé dans la conception que Godard avait du Moyen-Age. Pas de réalisme ni de restitution archéologique, mais la vision d’un compositeur sur le monde du poète toscan. A la marge du milieu musical de son temps, Godard frappe par l’originalité et la puissante imagination de son art : son Moyen-Age est celui de Victor Hugo (autre romantique tardif et sublimement néogothique) ; revisité, fantasmé, stylisé… Ainsi s’est précisée une vision spécifique, « ouverte » propre à l’époque de Dante, entre Antiquité et Renaissance, une évocation d’un monde « révolu », « en ruines qui fait place à un autre » et où la notion d’exil et d’errance emblématique de Dante soit aussi présente. D’où des colonnes et des pilastres puissants en briques qui rappellent l’Italie antique; une passerelle exprimant l’idée du mouvement et permettant aussi les actions simultanées, dans une structure sur tournette afin les changements à vue soient possibles et soulignent l’énergie de la partition.
Au monde minéral répond, celui végétal de la forêt, très présent dans la musique de Godad car il exprime l’errance. Ainsi aux actes III (début) et IV, des murs végétalisés descendent des cintres.
Pièce maîtresse de l’opéra (style « grand opéra français »), la descente aux enfers (intermède) est essentiel pour le climat onirique et fantastique de l’œuvre; le traitement pictural du feu (feu magique, feu infernal) s’y développe ; le résultat découle d’un travail particulier avec les équipes de l’Opéra de Saint-Etienne.

LES CHOEURS
La place de la masse chorale est primordiale elle aussi dans DANTE : peuples de Florence, arbitre de l’élection puis de l’exil de Dante, paysans et étudiants et surtout damnés de l’enfer… l’action est rythmée par la présence chorale. Presque comme une « chorégraphie », le metteur en scène travaille la présence physique du chœur dans le tableau des enfers, en référence à Bosh et Brueghel.

COSTUMES RETRO FUTURISTES
« Coupes épurées, droites, structurées. Nous nous sommes aussi rapprochées de l’univers retro-futuriste de certaines bandes dessinées qui puisent leurs inspirations dans cette époque, à l’instar de l’heroic fantasy. »

Tout en recréant un monde visuel fantasmagorique qui doit être clair et fluide, c’est à dire respecter le mouvement et la direction de la partition, Jean-Romain Vesperini souhaite surtout susciter l’imaginaire et l’onirisme dans l’esprit des spectateurs.

 
 

 
 

TEASER VIDEO

 

 

TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I : l’élection de Dante
Une place publique à Florence
La guerre entre les Guelfes et les Gibelins bat son plein. Le peuple entre dans le Palais du gouvernement pour désigner un prieur comme médiateur. Simeone Bardi apprend à son ami le poète Dante stupéfait, qu’il va épouser celle qu’il aime secrètement, Béatrice. Celle-ci sort de la chapelle avec sa confidente Gemma : elle avoue son amour pour Dante. Ce dernier est nommé chef suprême de Florence. Béatrice l’encourage (« pour être aimé, fais ton devoir »).

 

 

ACTE II : l’exil de Dante
Florence, le palais des Seigneurs
Gemma demande à Bardi de renoncer à Beatrice ; d’autant qu’elle aussi aime Dante. Ayant entendu leur discussion, Beatrice, touchée par l’amour de Gemma pour Dante, décide de renoncer elle-même à Dante. Mais celui paraît et d’abord distants, les deux êtres s’unissent en un duo amoureux embrasé, définitif : «  Oui ! Je t’aime ! Je t’aime ! Éclos du premier jour jusqu’à l’heure suprême doit vivre notre amour ». Surviennent Gibelins et Guelfes. Bardi déclare que Charles de Valois est entré dans Florence : il réclame l’exil de Dante. Le rival de Dante jubile dans la haine et la dénonciation : « Pour lui la mort… ou pour vous le couvent ! ».

 

 

ACTE III : le spectre de Virgile
dante-virgile-delacroix-barque-de-dante-opera-musique-classique-peinture-de-godard-et-delacroix-critique-opera-par-classiquenews-582Le mont Pausilippe. Un tombeau creusé dans le roc.
Devant le tombeau de Virgile, Dante entonne une dernière invocation. Le jour baisse, les yeux de Dante se ferment. C’est le songe du poète brisé par l’existence terrestre et la trahison des hommes. Du tombeau, vêtu d’une robe blanche et couronné de lauriers, Virgile paraît comme guide : il montre à Dante l’enfer où errent les âmes d’Ugolin, de Francesca et Paolo ; et le paradis où rayonnent Béatrice et les anges. Si Dante achève son oeuvre, il pourra s’unir à son aimée pour l’éternité.

 

 

ACTE IV : les retrouvailles de Dante et Béatrice
Bardi pris de remord, rejoint Dante et lui propose de retrouver Béatrice au couvent de Naples où elle est enfermée.  Dans le jardin d’un couvent, à Naples, Béatrice confie à Gemma qu’elle sent sa mort venir. Dante la retrouve : souffrante, expirante, Béatrice meurt sur l’épaule du Poète. Celui-ci comme illuminé, affirme « Oui ! Je dois vivre encore ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, Moi, je veux l’immortaliser ! ».

 

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation de Dante de Benjamin Godard : http://www.classiquenews.com/saint-etienne-dante-de-godard-au-grand-theatre-massenet/

 

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

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GODARD : DANTE
Nouvelle production Рpremi̬re mondiale en version sc̩nique

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’après L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHÅ’UR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

 

 

 
 

 
 

 
Pr̩sentation vid̩o 1 DANTE Рr̩p̩titions
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OPERA DE SAINT ETIENNE РVideoletter F̩vrier 2019 РDANTE de Godard (1890) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 
 Présentation vidéo 2 / Teaser vidéo : DANTE – répétitions
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TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 
 
 
 
 

SAINT-ETIENNE : Dante de Godard au Grand Théâtre Massenet

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsSAINT-ETIENNE, Opéra. GODARD : DANTE, 8, 10, 12 mars 2019. Chef d’oeuvre du romantisme français, plutôt fin XIXè, c’est à dire à l’époque du wagnérisme triomphant, l’opéra Dante de Benjamin Godard (créé en 1890) électrise la lyre amoureuse et tragique et s’intéresse à la rivalité entre Simeone Bardi et Dante Alighieri pour l’amour de la belle Beatrice. Le librettiste Edouard Blau adapte librement l’Enfer de Dante, quand Godard (1849-1895) évoque l’époque des guerres entre Guelfes et Gibelins, la Florence du poète Dante, entre évocations infernales et quête ardente de l’amour idéal… Récente révélation, Benjamin Godard sait construire un drame puissant et poétique dont la réussite passe par la maîtrise des constructions chorales. Les aspirations du héros offrent de somptueux tableaux sonores dignes de la peinture d’histoire de l’époque.
UN AMOUR INFERNAL… DANTE sur les traces de Beatrice. En coloriste, voire en narrateur épique, réinventant le surnaturel et le fantastique, Godard écrit un ouvrage dans la tradition visionnaire de Berlioz : orchestralement raffiné, formellement audacieux… comme en témoigne au sein d’une partition généreuse, certains épisodes particulièrement réussis, à la théâtralité accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rêve, dans le célèbre « Rêve de Dante. La production de l’Opéra de Saint-Etienne offre la première mise en scène en France. Nouvelle production in loco, le spectacle est un événement.

    

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

    

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’après L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHÅ’UR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

  

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

    

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Approfondir  
LIRE notre critique du CD GODARD : DANTE (Gens, Montvidas… / 2 cd – collection «  opéra français » – P B Zane, 2016)

GODARD benjamin DANTE cd presentation cd critique compte rendu par classiquenewsCD, critique. GODARD : DANTE (2 cd P Bru Zane, 2016). Le dramatisme de Benjamin Godard (1849-1895) surgit parfois dans cet oratorio annoncé, datant de 1890, mais au dramatisme parfois copieux et d’une clarté dramatique pas toujours égale. Au sein d’une partition généreuse, percent certains épisodes plus réussis, d’une théâtralité accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rêve, dans le célèbre « Rêve de Dante. Pas sûr pour autant que l’équipe artistique réunie ne se montre digne des finesses de la partition : déséquilibres et outrances persistent (dont le manque de caractère de l’orchestre… sur instruments modernes). Côté voix, cela manque là aussi de cohésion et d’unité. En abordant en musique, la poétique de Dante, sa quête de l’aimée inaccessible (la belle et fantasmé Béatrice), Godard maîtrise les climats de l’épopée fantastique qui pilote et conduit le Poète / héros jusqu’aux Enfers, grâce à l’entremise initiatrice de Virgile. Visions infernales, tension amoureuse… tous les éléments sont là pour produire une fantasmagorie musicale prenante…

http://www.classiquenews.com/cd-critique-godard-dante-2-cd-p-bru-zane-2016/

  

Munich, Versailles. Dante de Godard, redécouverte

godard-dante-oratorio-musique-romantique-francaise-presentation-critique-compte-rendu-classiquenewsMunich, Versailles : les 31/1, 2/2 2016. Recréation de Dante de Godard. 2 dates pour une récréation attendue, celle de l’opéra en quatre actes de Benjamin Godard (1849-1895), Dante, créé à l’Opéra Comique (place du Châtelet), le 13 mai 1890. On connaît bien à présent Benjamin Godard, doué d’un vrai sens dramatique, d’une rare intelligence structurelle dont les développements ne sont jamais gratuits (en cela un Liszt à la française) ; il est l’élève du symphoniste – récemment révélé : Napoléon Henri Reber. Malgré ses dons incontestables, il échoue deux fois au Prix de Rome, or après la ruine paternelle, il doit gagner sa vie comme… compositeur. Un rythme effréné de compositions le motive alors pour affirmer sa place dans le milieu parisien. Emule de Beethoven, Schumann, Mendelssohn, le “germaniste Godard se targauit de n’avoir jamais ouvert de partition de Wagner (selon Bruneau, un rien partial). Dans la décennie 1888 où s’impose le wagnérisme, Godard cultive une esthétique à rebours, schumanienne et beethovénienne, qui passe alors pour “réactionnaire”. Un nostalgique décalé dont le profil maigre, l’air d’un ermite possédé ne laissait pas ses contemporains indifférents : “il passait dans la rue, raidissant sa grande taille, portant haut la tête et dardant un regard fixe, ainsi que certains jeunes prêtres angoissés, torturés. Sa démarche automatique, ses geste saccadés, sa maigre silhouette, sa figure osseuse et ravagée où poussait une barbe rare, ses cheveux drus s’échappant du chapeau, faisaient se retourner les promeneurs, intéressés et inquiétés à la fois par ce singulier homme sombre” ainsi que le décrit dans un élan romanesque Alfred Bruneau dans Gil Blas, 11 janvier 1895).

Proche de la simplicité et de l’évidence mozartienne, prônée par Gounod, Godard affirme un tempérament nettement original qui allie finesse, sens de l’architecture, efficacité dramatique, séduction mélodique. En cela il fut immédiatement admiré par Massenet qui citait Le Tasse comme un sommet dramatique à redécouvrir (d’autant que la partition complète pour orchestre, signalée comme perdue, vient d’être redécouverte au USA). Le Tasse demeure l’un des plus grands succès de Godard en 1878 (commande de la Ville de Paris, comme Le Paradis Perdu, fresque académique, un rien compassée et mièvre de son contemporain Théodore Dubois : lire notre critique de l’oratorio Le Paradis perdu de Dubois).

Mort très jeune, à 46 ans,

Solitaire et mélancolique, Godard, Schumann à la française

Godard dédicace sa partition au maître Ambroise Thomas (à sa Françoise de Rimini, insuccès de 1882). Si Thomas évoque surtout les Enfers et le pardon permis par l’amour de Béatrice, l’opéra de Godard porte bien son nom : il interroge plutôt l’homme et le poète florentin du XIIIème dans son époque (sur fond de guerre des Guelfes contre les Gibelins) ; Guelfe blanc, le poète s’est montré ardent défenseur pour un démocratie laïque, résistant contre le Pape, soutenant plutôt l’Empereur. Dans l’opéra de Godard, le héros admirable est restitué dans sa vie intime ; y paraissent les deux figures de femmes complémentaires et rivales : Gemma l’épousée écartée et Béatrice, l’aimée idôlatrée. La création poétique la plus significative de Godard dans Dante, reste au III, une évocation synthétique qui renouvelle le genre des évocations infernales et fantastiques (d’où le culte de Godard pour Schumann et ses oratorios et mélodrames dont Manfred entre autres) : Apparition de Virgile, ChÅ“ur de Damnés, Tourbillon infernal, Divine Clarté et Apothéose de Béatrice. C’est une “Vision” (celle du rêve de Dante), d’un caractère poétique proche de la musique pure où le génie de Godard, dramaturge, allusif et subtil, s’affirme entre Gounod et Massenet. Le tableau infernal et fantstique s’ouvre par l’apparition rêvée de Virgile, passeur vers l’au-delà… Joncières réservé, y distingue nettement dans le fracas de l’orchestre, les hurlements des damnés (en l’occurrence, les cris des âmes condamnée d’Ugolin, de Francesca et Paolo), comme les silhouettes grimaçantes des Jugements Derniers de Michel-Ange ou Tintoret (des accents plus ennuyeux que saisissants).
Sur les traces des germaniques, et aussi de Berlioz, le compositeur poète imagine dans le sillon de Dante, le parcours hallucinant de l’élu, auquel il est permis après le Christ de descendre jusqu’aux Enfers (comme Orphée), puis invité à gravir les cimes montagneuses du Purgatoire jusqu’au Paradis où la vision poétique peut embrasser le vaste paysage qui s’y déroule à la mesure du cosmos insondable, impénétrable, mystérieux. Comme d’habitude les historiens attribuent aux moyens de la création, un effet détestable à l’audience, soulignant les imperfections ou les manques de tel interprète, l’indigence ou l’imbécilité crasse des scénographes, ou l’indisposition du chef… autant de critères incontrôlables aujourd’hui, mais auquel l’écoute contemporaine pourra apporter confirmation ou démenti : la juste valeur de la partition de Dante (à défaut du Tasse qui est une partition plus intéressante selon nous : à quand sa recréation). avec Dante qui au IVè acte voit la mort de Béatrice, et la lyre tragique étendre son empire, c’est toute l’introspection langoureuse et “étrange” de Godard qui s’exprime, totalement incomprise à son époque. Mais alors, Godard serait-il le Schumann français de cette fin du XIXè ? Eugène de Solenière en témoigne à sa façon (Notules et impressions musicales, 1902) , soulignant combien atypique et solitaire, hanté par la mort (comme Robert), Godard rete un auteur méconnu, aussi ténébreux, mélancolique (Bruneau) que Dubois fut solaire et académique : “… il était un rêveur, un romantique attardé, un émotionnel intérieur avec des naïvetés expressives et ce qu’on pourrait appeler des pudeurs d’écriture ; il avait la sincérité de sentiments simples, la franchise d’une pensée claire en ses inquiétudes de nerveux pessimiste”.

A la création, La créatrice du Roi d’Ys, Cécile Simmonet écorche le rôle trop haut pour elle de Béatrice ; et l’orchestre, critiqué comme désordonné et hystérique atténue le succès de l’ouvrage. D’autant que les voix s’élèvent contre l’instrumentation et les couleurs de l’orchestre trop scintillant voire anecdotique qui manquait surtout de “grandeur” comme de souffle.

Dante de Banjamin Godard, recréation.
Munich, Prinzregenttheater, dimanche 31 janvier 2016, 19h
Versailles, Opéra royal, mardi 2 février 2016, 20h

ORCHESTRE DE LA RADIO DE MUNICH
CHÅ’UR DE LA RADIO BAVAROISE
Ulf Schirmer, direction
Dante, Edgaras Montvidas
Béatrice, Véronique Gens
Gemma, Rachel Frenkel
Bardi, Jean-François Lapointe
L’Ombre de Virgile, Andrew Foster-Williams
L’Écolier, Sarah Laulan
La Voix du Hérault, Topi Lethi Meyer

Des deux représentations, un disque est annoncé.
Diffusion en direct du concert du 31 janvier 2016 sur BR-Klassik

Dante de Benjamin Godard. Synopsis

ACTE I
Une place publique à Florence. La ville est déchirée par une querelle entre Guelfes et Gibelins. Tandis que le Collège du peuple se prépare à nommer un prieur qui devra apaiser les tensions, Simeone Bardi révèle à son ami le poète Dante – de retour dans la cité – qu’il s’unira bientôt à celle qu’il aimait secrètement : la belle Béatrice. À ces mots, Dante, épris de la même jeune fille, réprime son émotion. Après le départ des deux hommes, Béatrice entre, suivie de sa confidente Gemma : elle lui avoue sa tendresse pour Dante, qu’elle croit pourtant ne jamais revoir. La foule sort du palais. On annonce que le Collège du peuple nomme Dante chef suprême de la ville. Béatrice tressaille à ce nom, tandis que Dante, paraissant, s’apprête à refuser cet honneur. La jeune fille s’avance alors et lui redonne confiance : « Pour être aimé, fais ton devoir ». Cet aveu ambigu inquiète Bardi, tandis que le peuple acclame son héros.

ACTE II
Une salle du palais des Seigneurs, à Florence. Bardi fulmine de rage contre Dante. Gemma vient alors lui demander de renoncer à la main de Béatrice. Et quand il veut la chasser, lui disant qu’elle ne sait pas ce qu’est la jalousie, elle avoue qu’elle se consume aussi d’un amour non partagé : son cœur est épris du même Dante dont Béatrice est aimée. Ils s’éloignent tout deux ; Béatrice paraît, qui a tout entendu, cachée
derrière une tapisserie. Ces paroles de haine et cet aveu de tendresse la décident à renoncer à Dante. Le jeune homme entre justement. À Béatrice qui le repousse, il redit toute sa passion. Submergée par l’émotion, la jeune femme finit par se laisser vaincre. Paraît alors un groupe de Gibelins et de Guelfes suivi de Bardi. Charles de Valois est entré dans Florence et proclame l’exil de Dante, tandis que Bardi condamne Béatrice à finir ses jours dans un couvent.

ACTE III
Le Mont Pausilippe. À gauche, un tombeau creusé dans le roc, ombragé de lauriers-roses. Alors que des groupes de paysans dansent au son d’instruments champêtres, un vieillard désigne à un groupe de jeunes
écoliers venus de la ville le tombeau de Virgile. Tous l’ornent de palmes et de couronnes en chantant une hymne à sa gloire. Ils s’éloignent, le jour baisse lentement. Dante paraît, gravissant la montagne avec peine, épuisé et l’âme brisée. Il adresse à Virgile une ultime supplique : qu’il lui donne l’inspiration pour retrouver la gloire, en lui dictant le poème idéal. Il retrouvera ainsi l’estime de Béatrice. Ses yeux se ferment de fatigue, et tandis qu’il s’endort, le tombeau s’ouvre lentement ; Virgile en sort, couronné de lauriers. Dans une vision sublime et terrible à la fois, il fait voir à Dante l’Enfer – où voisinent notamment les âmes déchues d’Ugolin, de Francesca et Paolo – puis le Paradis. Une ultime vision céleste laisse voir Béatrice entourée d’anges :
que Dante achève son œuvre, et elle celle-ci promet l’union des deux amants.

ACTE IV
Premier tableau : même décor qu’à l’acte précédent . Dante est réveillé par des chants de pâtres. Enivré par son rêve, il est décidé à retrouver Béatrice. Suivant les indications de Gemma, Bardi arrive alors et confie son repentir : la jalousie a fait place aux remords. Il propose d’emmener Dante dans le couvent de Naples où Béatrice est enfermée. Dante pardonne à celui qui lui rend le bonheur. Ils partent.

Deuxième tableau. À Naples. Le jardin d’un couvent. On voit passer Béatrice parmi les religieuses, pâle et se soutenant à peine. Elle confie à Gemma, venue la visiter, que sa mort semble prochaine. Elle se ressaisit pourtant lorsqu’on annonce la visite de deux hommes en qui elle espère retrouver Dante. C’est bien lui qui s’avance, suivi de Bardi. Les deux jeunes gens s’enivrent des mêmes paroles d’amour qu’ils avaient partagées à Florence. Mais la souffrance a trop altéré la santé de Béatrice, qui subitement défaille. Malgré l’empressement de Gemma et de Dante pour la secourir, ses yeux se ferment pour la dernière fois, après avoir fixé le ciel. Elle expire en redisant les douces paroles que Dante avait entendues en rêve. Désespéré, il entend néanmoins les mots consolateurs de Gemma et se redresse, comme illuminé : « Oui ! je dois vivre encor ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, moi, je veux l’immortaliser ! »

Benjamin Godard (1849-1895) : contre Wagner, le premier romantisme de Schumann… Violoniste surdoué (élève d’Henri Vieuxtemps), Benjamin Godard entre au Conservatoire de Paris où il étudie la composition avec Henri Reber, symphoniste récemment révélé. Candidat malheureux par deux fois au Prix de Rome, Godard s’affirme néanmoins tel un tempérament musicien de première qualité au début de la IIIè République. Le chambriste sait convaincre la clientèle aisée et volatile des salons parisiens : au piano, au violon et surtout à l’alto, Godard devient un partenaire et un soliste particulièrement apprécié.
Comme chef d’orchestre, il crée en 1884 la Société des Concerts modernes avec les musiciens des Concerts populaires de Pasdeloup. Professeur au Conservatoire de Paris, Godard pilote la classe d’ensemble instrumental à partir de 1887. Le compositeur laisse un catalogue riche d’environ 150 numéros d’opus, dans tous les genres : six opéras, dont Jocelyn (1888, célèbre « Berceuse »), et La Vivandière (succès posthume), Dante (1890) ; plusieurs symphonies à programme (Symphonie orientale, Symphonie légendaire avec chÅ“urs, ou encore Le Tasse, symphonie dramatique avec soli et chÅ“urs qui lui vaut le Prix de la Ville de Paris en 1878) ; plusieurs concertos, de la musique de chambre, des mélodies et toutun cycle original de musiques pour piano. En marge du wagnérisme triomphant et omniprésent alors en 1880 / 1890, – voir Victorin de Joncières et sa wagnérite aiguë, ou Chabrier et ses souvenirs de Bayreuth-, Godard cultive à contrecourant du vent dominant, un style bien à lui, plutôt tourné vers les premiers romantiques français, tels Thomas, Gounod… revisitant les sources des “pionniers” du romantisme : Chopin, Mendelssohn et Schumann. Sa carrière s’achève brusquement : il meurt à moins de 50 ans en 1895 à Cannes, à 46 ans.

Dante, poète et démocrate laïque… D’origine noble mais de moyens modestes, Dante (1265-1321), orphelin précoce, témoigne de la force de dépassement subime que lui a suscité celle qu’il a adoré, platoniquement, mystiquement : Béatrice. C’est une source de sublimation et l’amour de toute une vie ; il la rencontre à 9 ans, la retrouve à 18 ans : elle mourra à 25 ans. En 1291, le jeune homme (26 ans) expose les vertus qui façonne toute une vie : le bien moral (Il Convivo, Le Banquet, publié en 1307). L’homme qui aime la beauté, aime Dieu même sans le savoir. Dans l’Italie politiquement secouée de 1293, Dante choisit la voie des apothicaires et des médecins (qui est celle aussi des libraires) pour gagner sa vie ; son aura et sa lumineuse présence comme sa pensée admirable le font choisir comme représentant des Guelfes blancs, aux idéaux démocratiques, pour une laïcité encore à inventer, soucieux de séparer pouvoir politique et église. Une telle vision est loin de susciter la majorité des Guelfes, séparés en “noirs” et blancs”. Le Pape Boniface VIII oeuvre pour les Guelfes noirs (démocrates moins ouvertement laïques que les blancs). Le Pape retient Dante au moment où les Guelfes noirs s’emparent du pouvoir à Florence (1301) : Dante le traître blanc est exilé avec ses proches (il a 36 ans). Mais Dante organise la résistance, soutenant la cause de l’Empereur contre le Pape : il voyage à Bologne, Vérone ; rencontre le nouveau ponte Benoît XI, abandonne peu à peu ses engagements auprès des Guelfes blancs, car son Å“uvre de poète théoricien le passionne exclusivement : il écrit à partir de 1307 et achève La Divine Comédie, publiée en 1555). Poète engagé, démocrate et laïque avant l’heure, Dante meurt le 14 septembre 1321.

CD. En plus de l’intégrale de l’opéra Dante de Godard, est aussi annoncé chez CPO, la Symphonie n°2, Trois Morceaux et la Symphonie gothique, sous la direction de l’excellent jeune maestro David Reiland (à la tête de l’Orchestre de la radio de Munich). A suivre….

Les informations, citations, précisions de notre article proviennent de l’excellent texte d’introduction signé Gérard Condé, diffusé dans le communiqué de presse annonçant la recréation de l’opéra Dante de Benjamin Godard.

Recréation de Dante, opéra de Benjamin Godard

godard-dante-oratorio-musique-romantique-francaise-presentation-critique-compte-rendu-classiquenewsMunich, Versailles : les 31 janvier, 2 février 2016. Recréation de Dante de Godard. 2 dates pour une récréation attendue, celle de l’opéra en quatre actes de Benjamin Godard (1849-1895), Dante, créé à l’Opéra Comique (place du Châtelet), le 13 mai 1890. On connaît bien à présent Benjamin Godard, doué d’un vrai sens dramatique, d’une rare intelligence structurelle dont les développements ne sont jamais gratuits (en cela un Liszt à la française) ; il est l’élève du symphoniste – récemment révélé : Napoléon Henri Reber. Malgré ses dons incontestables, il échoue deux fois au Prix de Rome, or après la ruine paternelle, il doit gagner sa vie comme… compositeur. Un rythme effréné de compositions le motive alors pour affirmer sa place dans le milieu parisien. Emule de Beethoven, Schumann, Mendelssohn, le “germaniste Godard se targauit de n’avoir jamais ouvert de partition de Wagner (selon Bruneau, un rien partial). Dans la décennie 1888 où s’impose le wagnérisme, Godard cultive une esthétique à rebours, schumanienne et beethovénienne, qui passe alors pour “réactionnaire”. Un nostalgique décalé dont le profil maigre, l’air d’un ermite possédé ne laissait pas ses contemporains indifférents : “il passait dans la rue, raidissant sa grande taille, portant haut la tête et dardant un regard fixe, ainsi que certains jeunes prêtres angoissés, torturés. Sa démarche automatique, ses geste saccadés, sa maigre silhouette, sa figure osseuse et ravagée où poussait une barbe rare, ses cheveux drus s’échappant du chapeau, faisaient se retourner les promeneurs, intéressés et inquiétés à la fois par ce singulier homme sombre” ainsi que le décrit dans un élan romanesque Alfred Bruneau dans Gil Blas, 11 janvier 1895).

Proche de la simplicité et de l’évidence mozartienne, prônée par Gounod, Godard affirme un tempérament nettement original qui allie finesse, sens de l’architecture, efficacité dramatique, séduction mélodique. En cela il fut immédiatement admiré par Massenet qui citait Le Tasse comme un sommet dramatique à redécouvrir (d’autant que la partition complète pour orchestre, signalée comme perdue, vient d’être redécouverte au USA). Le Tasse demeure l’un des plus grands succès de Godard en 1878 (commande de la Ville de Paris, comme Le Paradis Perdu, fresque académique, un rien compassée et mièvre de son contemporain Théodore Dubois : lire notre critique de l’oratorio Le Paradis perdu de Dubois).

Mort très jeune, à 46 ans,

Solitaire et mélancolique, Godard, Schumann à la française

Godard dédicace sa partition au maître Ambroise Thomas (à sa Françoise de Rimini, insuccès de 1882). Si Thomas évoque surtout les Enfers et le pardon permis par l’amour de Béatrice, l’opéra de Godard porte bien son nom : il interroge plutôt l’homme et le poète florentin du XIIIème dans son époque (sur fond de guerre des Guelfes contre les Gibelins) ; Guelfe blanc, le poète s’est montré ardent défenseur pour un démocratie laïque, résistant contre le Pape, soutenant plutôt l’Empereur. Dans l’opéra de Godard, le héros admirable est restitué dans sa vie intime ; y paraissent les deux figures de femmes complémentaires et rivales : Gemma l’épousée écartée et Béatrice, l’aimée idôlatrée. La création poétique la plus significative de Godard dans Dante, reste au III, une évocation synthétique qui renouvelle le genre des évocations infernales et fantastiques (d’où le culte de Godard pour Schumann et ses oratorios et mélodrames dont Manfred entre autres) : Apparition de Virgile, ChÅ“ur de Damnés, Tourbillon infernal, Divine Clarté et Apothéose de Béatrice. C’est une “Vision” (celle du rêve de Dante), d’un caractère poétique proche de la musique pure où le génie de Godard, dramaturge, allusif et subtil, s’affirme entre Gounod et Massenet. Le tableau infernal et fantstique s’ouvre par l’apparition rêvée de Virgile, passeur vers l’au-delà… Joncières réservé, y distingue nettement dans le fracas de l’orchestre, les hurlements des damnés (en l’occurrence, les cris des âmes condamnée d’Ugolin, de Francesca et Paolo), comme les silhouettes grimaçantes des Jugements Derniers de Michel-Ange ou Tintoret (des accents plus ennuyeux que saisissants).
Sur les traces des germaniques, et aussi de Berlioz, le compositeur poète imagine dans le sillon de Dante, le parcours hallucinant de l’élu, auquel il est permis après le Christ de descendre jusqu’aux Enfers (comme Orphée), puis invité à gravir les cimes montagneuses du Purgatoire jusqu’au Paradis où la vision poétique peut embrasser le vaste paysage qui s’y déroule à la mesure du cosmos insondable, impénétrable, mystérieux. Comme d’habitude les historiens attribuent aux moyens de la création, un effet détestable à l’audience, soulignant les imperfections ou les manques de tel interprète, l’indigence ou l’imbécilité crasse des scénographes, ou l’indisposition du chef… autant de critères incontrôlables aujourd’hui, mais auquel l’écoute contemporaine pourra apporter confirmation ou démenti : la juste valeur de la partition de Dante (à défaut du Tasse qui est une partition plus intéressante selon nous : à quand sa recréation). avec Dante qui au IVè acte voit la mort de Béatrice, et la lyre tragique étendre son empire, c’est toute l’introspection langoureuse et “étrange” de Godard qui s’exprime, totalement incomprise à son époque. Mais alors, Godard serait-il le Schumann français de cette fin du XIXè ? Eugène de Solenière en témoigne à sa façon (Notules et impressions musicales, 1902) , soulignant combien atypique et solitaire, hanté par la mort (comme Robert), Godard rete un auteur méconnu, aussi ténébreux, mélancolique (Bruneau) que Dubois fut solaire et académique : “… il était un rêveur, un romantique attardé, un émotionnel intérieur avec des naïvetés expressives et ce qu’on pourrait appeler des pudeurs d’écriture ; il avait la sincérité de sentiments simples, la franchise d’une pensée claire en ses inquiétudes de nerveux pessimiste”.

A la création, La créatrice du Roi d’Ys, Cécile Simmonet écorche le rôle trop haut pour elle de Béatrice ; et l’orchestre, critiqué comme désordonné et hystérique atténue le succès de l’ouvrage. D’autant que les voix s’élèvent contre l’instrumentation et les couleurs de l’orchestre trop scintillant voire anecdotique qui manquait surtout de “grandeur” comme de souffle.

Dante de Banjamin Godard, recréation.
Munich, Prinzregenttheater, dimanche 31 janvier 2016, 19h
Versailles, Opéra royal, mardi 2 février 2016, 20h

ORCHESTRE DE LA RADIO DE MUNICH
CHÅ’UR DE LA RADIO BAVAROISE
Ulf Schirmer, direction
Dante, Edgaras Montvidas
Béatrice, Véronique Gens
Gemma, Rachel Frenkel
Bardi, Jean-François Lapointe
L’Ombre de Virgile, Andrew Foster-Williams
L’Écolier, Sarah Laulan
La Voix du Hérault, Topi Lethi Meyer

Des deux représentations, un disque est annoncé.
Diffusion en direct du concert du 31 janvier 2016 sur BR-Klassik

Dante de Benjamin Godard. Synopsis

ACTE I
Une place publique à Florence. La ville est déchirée par une querelle entre Guelfes et Gibelins. Tandis que le Collège du peuple se prépare à nommer un prieur qui devra apaiser les tensions, Simeone Bardi révèle à son ami le poète Dante – de retour dans la cité – qu’il s’unira bientôt à celle qu’il aimait secrètement : la belle Béatrice. À ces mots, Dante, épris de la même jeune fille, réprime son émotion. Après le départ des deux hommes, Béatrice entre, suivie de sa confidente Gemma : elle lui avoue sa tendresse pour Dante, qu’elle croit pourtant ne jamais revoir. La foule sort du palais. On annonce que le Collège du peuple nomme Dante chef suprême de la ville. Béatrice tressaille à ce nom, tandis que Dante, paraissant, s’apprête à refuser cet honneur. La jeune fille s’avance alors et lui redonne confiance : « Pour être aimé, fais ton devoir ». Cet aveu ambigu inquiète Bardi, tandis que le peuple acclame son héros.

ACTE II
Une salle du palais des Seigneurs, à Florence. Bardi fulmine de rage contre Dante. Gemma vient alors lui demander de renoncer à la main de Béatrice. Et quand il veut la chasser, lui disant qu’elle ne sait pas ce qu’est la jalousie, elle avoue qu’elle se consume aussi d’un amour non partagé : son cœur est épris du même Dante dont Béatrice est aimée. Ils s’éloignent tout deux ; Béatrice paraît, qui a tout entendu, cachée
derrière une tapisserie. Ces paroles de haine et cet aveu de tendresse la décident à renoncer à Dante. Le jeune homme entre justement. À Béatrice qui le repousse, il redit toute sa passion. Submergée par l’émotion, la jeune femme finit par se laisser vaincre. Paraît alors un groupe de Gibelins et de Guelfes suivi de Bardi. Charles de Valois est entré dans Florence et proclame l’exil de Dante, tandis que Bardi condamne Béatrice à finir ses jours dans un couvent.

ACTE III
Le Mont Pausilippe. À gauche, un tombeau creusé dans le roc, ombragé de lauriers-roses. Alors que des groupes de paysans dansent au son d’instruments champêtres, un vieillard désigne à un groupe de jeunes
écoliers venus de la ville le tombeau de Virgile. Tous l’ornent de palmes et de couronnes en chantant une hymne à sa gloire. Ils s’éloignent, le jour baisse lentement. Dante paraît, gravissant la montagne avec peine, épuisé et l’âme brisée. Il adresse à Virgile une ultime supplique : qu’il lui donne l’inspiration pour retrouver la gloire, en lui dictant le poème idéal. Il retrouvera ainsi l’estime de Béatrice. Ses yeux se ferment de fatigue, et tandis qu’il s’endort, le tombeau s’ouvre lentement ; Virgile en sort, couronné de lauriers. Dans une vision sublime et terrible à la fois, il fait voir à Dante l’Enfer – où voisinent notamment les âmes déchues d’Ugolin, de Francesca et Paolo – puis le Paradis. Une ultime vision céleste laisse voir Béatrice entourée d’anges :
que Dante achève son œuvre, et elle celle-ci promet l’union des deux amants.

ACTE IV
Premier tableau : même décor qu’à l’acte précédent . Dante est réveillé par des chants de pâtres. Enivré par son rêve, il est décidé à retrouver Béatrice. Suivant les indications de Gemma, Bardi arrive alors et confie son repentir : la jalousie a fait place aux remords. Il propose d’emmener Dante dans le couvent de Naples où Béatrice est enfermée. Dante pardonne à celui qui lui rend le bonheur. Ils partent.

Deuxième tableau. À Naples. Le jardin d’un couvent. On voit passer Béatrice parmi les religieuses, pâle et se soutenant à peine. Elle confie à Gemma, venue la visiter, que sa mort semble prochaine. Elle se ressaisit pourtant lorsqu’on annonce la visite de deux hommes en qui elle espère retrouver Dante. C’est bien lui qui s’avance, suivi de Bardi. Les deux jeunes gens s’enivrent des mêmes paroles d’amour qu’ils avaient partagées à Florence. Mais la souffrance a trop altéré la santé de Béatrice, qui subitement défaille. Malgré l’empressement de Gemma et de Dante pour la secourir, ses yeux se ferment pour la dernière fois, après avoir fixé le ciel. Elle expire en redisant les douces paroles que Dante avait entendues en rêve. Désespéré, il entend néanmoins les mots consolateurs de Gemma et se redresse, comme illuminé : « Oui ! je dois vivre encor ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, moi, je veux l’immortaliser ! »

Benjamin Godard (1849-1895) : contre Wagner, le premier romantisme de Schumann… Violoniste surdoué (élève d’Henri Vieuxtemps), Benjamin Godard entre au Conservatoire de Paris où il étudie la composition avec Henri Reber, symphoniste récemment révélé. Candidat malheureux par deux fois au Prix de Rome, Godard s’affirme néanmoins tel un tempérament musicien de première qualité au début de la IIIè République. Le chambriste sait convaincre la clientèle aisée et volatile des salons parisiens : au piano, au violon et surtout à l’alto, Godard devient un partenaire et un soliste particulièrement apprécié.
Comme chef d’orchestre, il crée en 1884 la Société des Concerts modernes avec les musiciens des Concerts populaires de Pasdeloup. Professeur au Conservatoire de Paris, Godard pilote la classe d’ensemble instrumental à partir de 1887. Le compositeur laisse un catalogue riche d’environ 150 numéros d’opus, dans tous les genres : six opéras, dont Jocelyn (1888, célèbre « Berceuse »), et La Vivandière (succès posthume), Dante (1890) ; plusieurs symphonies à programme (Symphonie orientale, Symphonie légendaire avec chÅ“urs, ou encore Le Tasse, symphonie dramatique avec soli et chÅ“urs qui lui vaut le Prix de la Ville de Paris en 1878) ; plusieurs concertos, de la musique de chambre, des mélodies et toutun cycle original de musiques pour piano. En marge du wagnérisme triomphant et omniprésent alors en 1880 / 1890, – voir Victorin de Joncières et sa wagnérite aiguë, ou Chabrier et ses souvenirs de Bayreuth-, Godard cultive à contrecourant du vent dominant, un style bien à lui, plutôt tourné vers les premiers romantiques français, tels Thomas, Gounod… revisitant les sources des “pionniers” du romantisme : Chopin, Mendelssohn et Schumann. Sa carrière s’achève brusquement : il meurt à moins de 50 ans en 1895 à Cannes, à 46 ans.

Dante, poète et démocrate laïque… D’origine noble mais de moyens modestes, Dante (1265-1321), orphelin précoce, témoigne de la force de dépassement subime que lui a suscité celle qu’il a adoré, platoniquement, mystiquement : Béatrice. C’est une source de sublimation et l’amour de toute une vie ; il la rencontre à 9 ans, la retrouve à 18 ans : elle mourra à 25 ans. En 1291, le jeune homme (26 ans) expose les vertus qui façonne toute une vie : le bien moral (Il Convivo, Le Banquet, publié en 1307). L’homme qui aime la beauté, aime Dieu même sans le savoir. Dans l’Italie politiquement secouée de 1293, Dante choisit la voie des apothicaires et des médecins (qui est celle aussi des libraires) pour gagner sa vie ; son aura et sa lumineuse présence comme sa pensée admirable le font choisir comme représentant des Guelfes blancs, aux idéaux démocratiques, pour une laïcité encore à inventer, soucieux de séparer pouvoir politique et église. Une telle vision est loin de susciter la majorité des Guelfes, séparés en “noirs” et blancs”. Le Pape Boniface VIII oeuvre pour les Guelfes noirs (démocrates moins ouvertement laïques que les blancs). Le Pape retient Dante au moment où les Guelfes noirs s’emparent du pouvoir à Florence (1301) : Dante le traître blanc est exilé avec ses proches (il a 36 ans). Mais Dante organise la résistance, soutenant la cause de l’Empereur contre le Pape : il voyage à Bologne, Vérone ; rencontre le nouveau ponte Benoît XI, abandonne peu à peu ses engagements auprès des Guelfes blancs, car son Å“uvre de poète théoricien le passionne exclusivement : il écrit à partir de 1307 et achève La Divine Comédie, publiée en 1555). Poète engagé, démocrate et laïque avant l’heure, Dante meurt le 14 septembre 1321.

CD. En plus de l’intégrale de l’opéra Dante de Godard, est aussi annoncé chez CPO, la Symphonie n°2, Trois Morceaux et la Symphonie gothique, sous la direction de l’excellent jeune maestro David Reiland (à la tête de l’Orchestre de la radio de Munich). A suivre….

Les informations, citations, précisions de notre article proviennent de l’excellent texte d’introduction signé Gérard Condé, diffusé dans le communiqué de presse annonçant la recréation de l’opéra Dante de Benjamin Godard.

CD. Cyril Huvé, piano. Liszt : Carnets d’un Pèlerin (1 cd La Grange aux pianos)

liszt-carnets-d-un-pelerin-cyril-huve-piano-steinweg-1875-classiquenews-compte-rendu-critique-mars-2015CD. Cyril Huvé, piano. Liszt : Carnets d’un Pèlerin (1 cd La Grange aux pianos). Programme dense mais équilibré, en 7 stations, qui puise ces bornes expressives dans deux recueils : “Seconde années de pèlerinage – Italie” et “Harmonies poétiques et religieuses” (pour Bénédiction de Dieu dans la solitude et Funérailles). Enregistré dans son antre, au Pays de Georges Sand, dans la Grange aux pianos en août 2011 (où il organise et accueille un festival de Pentecôte aussi), Cyril Huvé exprime les délices suggestifs souvent énoncés dans un murmure à peine articulé, porté et comme traversé par un frémissement soudain, celui produit par une révélation. Cheminement promis à des visions de plus en plus spirituelles, chaque séquence dit ici, effectivement, le poétique et le religieux. Le pianiste joue sur l’ampleur symphonique du piano Steinweg requis pour l’enregistrement. Sonorité puissante mais jamais dure, ronde et mordante à la fois qui assure la carrure et l’aspiration mystique de chaque Å“uvre. Le doute haletant (Il Penseroso), la volonté de l’indicible et le lugubre ensorcelant qui cultive l’état d’endormissement souhaité. Cyril Huvé balance d’un état de conscience à un autre, en un jeu qui enveloppe et berce (résonances déjà wagnériennes du même Penseroso).
L’amour et ses brûlures innerve l’itinéraire plus choatique, exalté, passionnel du Sonnet de Pétrarque n°104 : ivresse panique du transi amoureux démuni, dépendant totalement de sa chère et inaccessible Laura… l’interprète cultive la résonance des accords, laissant un temps d’incertitude mais aussi d’accomplissement et d’inéluctable dans un jeu profond et intérieur qui sait respirer.

 

 

Pour le premier disque de son propre label, Cyril Huvé se révèle convaincant

Mystique lisztéenne

 

CLIC_classiquenews_2014La conception est claire et structurée pour Bénédiction de Dieu dans la solitude au calme spirituel progressif. L’étape la plus développée (plus de 16mn) avec Après une lecture de Dante (presque 18mn) permet au jeu de s’épanouir pleinement réalisant une somptueuse plénitude qui inspire un toucher de plus en plus doux et vaporeux pour exprimer le scintillement aérien grandissant qui s’achève en un ruissellement liquide immatériel. Les signes tangibles vers la lévitation. Le choix du Steinweg de 1875 paraît particulièrement bénéfique grâce à sa sonorité charpentée et structurée, ronde et puissante, ses harmonies naturelles, ses aigus crépitants.
Même pénétration suggestive particulièrement pour le lugubre vaporeux de Funérailles qui envoûte littéralement par son balancement harmoniquement presque irrésolu…, son allure de marche inexorable et désespérée et sa lente prière déchirée, déchirante. L’approfondissement spirituel y éclate en éclairs et tempêtes, dévoilant les climats paniques du Pèlerin démuni. La lutte intérieure que Cyril Huvé exprime, réussit particulièrement ici. Le pianiste se fond dans l’esprit insatiable et insatisfait de Liszt, portée par une ardente et dévorante quête spirituelle.

Le dernier morceau de ces Carnets d’un Pèlerin se referme sur la houle tout autant prenante d’Après une lecture de Dante… Cyril Huvé sait enflammer l’énergie brute que suscitent les images dantesques. Jaillissements de gravité, ombres mouvantes, sorte de tourbillon en implosion, bain primaire qui concentre les forces primordiales et les contient sans les contenir, voici le grand chaudron magique et fantastique à la(dé)mesure du grand Liszt, conteur en diable, capable seul, de faire jaillir d’un tumulte, un murmure enchanté criblé de nouveaux scintillements éperdus. Aucun doute Cyril Huvé confirme dans ce premier cd inaugurant son propre label, ses affinités lisztéennes dans ce récital très abouti.

Franz Liszt : Carnets d’un Pèlerin. Cyril Huvé, piano Steinweg 1875. Enregistré en août 2011 dans le Berry, 1 cd La Grange aux pianos GAP01

 
 

CONCERT à Paris

Cyril Huvé fête le centenaire Alexandre Scriabine, salle Gaveau, mardi 3 mars 2015, 20h30.