Funérailles de Marie-Thérèse à Versailles (1683)

Versailles, Chapelle Royale. Samedi 10 octobre 2015, 20h. Requiem pour Marie-Thérèse. L’année du tricentenaire de la mort de Louis XIV, le Centre de musique baroque de Versailles célèbre aussi la disparition de son épouse, mariée en 1660, alors de fastueuses représentations du Xerse du compositeur vénitien Cavalli, invité à grands frais et grand train par le Cardinal Mazarin.

marie-therese-autriche-reine-epouse-de-louis-XIV-messeLa Reine Marie-Thérèse décéda le 30 juillet 1683 après une maladie de quatre jours. Le 10 août suivant, le corps embaumé est inhumé à la Basilique Saint-Denis : « La Musique de la Reyne chantait le De Profundis » rapporte la Gazette. Mais dès le 2 août, on avait chanté un service solennel à la Cathédrale Notre-Dame de Paris avec une Pompe funèbre conçu par le décorateur renommé (à juste titre) Bérain. Louis XIV qui n’aimait guère son épouse, mais qu’il « honorait » chaque nuit (entre deux maîtresses ?), épousa peu après la mort de la Reine, et en secret Madame de Maintenon. A propos de la mort de marie-Thérèse, Lous XIV déclara non sans ironie et cynisme : « Voilà le seul chagrin qu’elle m’ait causé ». Propre au décorum lié aux personnalités royales, les Funérailles sont un théâtre et un rituel spectaculaire. Grâce à l’abondante documentation conservée, il est possible de se faire une idée très précise des Funérailles à Saint-Denis. Le dispositif musical comprenait trois entités distinctes avec leur répertoire propre qui alternaient en permanence : plain-chant pour les chantres placés près du catafalque, messe polyphonique pour les chanteurs de la Musique de la Chapelle (Missa pro defunctis de Charles d’Helfer) et motets à grands chœur pour les chanteurs et instrumentistes de la Musique de la Chambre (les fameux Dies iræ et De profundis de Jean-Baptiste Lully créés pour la circonstance).

Musiques de Charpentier pour les funérailles royales

marie_therese_bdHélas pour les cérémonies organisées à Versailles, on ne sait rien. À la vérité, on ne sait trop quels compositeurs et Maîtres de Chapelle participèrent aux nombreuses cérémonies organisées à cette occasion, tant à Versailles, à Paris et partout en province. C’est pourquoi la figure de Marc-Antoine Charpentier prend ici un sens et une portée légitime. Le corpus des trois Å“uvres composées par Charpentier, est unique en son genre, autant par l’importance historique qu’il revêt que par sa profonde qualité artistique. En effet, dans les trois Å“uvres, dans le Luctus écrit pour 3 voix solistes, dans l’impressionnant In obitum qui revêt toutes les caractéristiques des motets dramatiques et Histoires sacrées du compositeur, – c’est à dire dans une écriture italienne, sensuelle et raffinée apprise à Rome auprès de son maître Carissimi-, dans le De profundis enfin, on retrouve au plus haut degré d’inspiration, le génie de Charpentier, son originalité inégalée en matière de musique sacrée en cette seconde moitié du XVIIème siècle. Une telle musique de funérailles, plus somptueuse encore que ne le seront les Funeral Sentences écrites par Purcell pour la Reine Anne bouleverse toujours l’auditeur du XXIème siècle, comme les contemporains de la Reine Marie-Thérèse purent être touchés voire bouleversés par le spectacle funèbre des Funérailles de la Reine en 1683. Outre sa grande qualité et son éloquence funéraire d’une gravité prenante directe, avant celle d’un Rameau par exemple (et qu’Olivier Schneebeli a précédemment abordé à l’occasion en 2014, charpentier marc antoinedes 250 ans de la mort de Rameau), la musique de Charpentier jouée ainsi dans l’écrin le plus sacré et le plus solennelle du Château de Versailles pose clairement la question de la place et de l’estime de sa musique à la Cour de Louis XIV : s’il n’a jamais occupé de fonctions officielles comme Lully, Charpentier fut un tempérament très apprécié du Roi qui n’a cessé de lui témoigner un soutien constant pendant le règne. Jouer Charpentier est donc légitime d’autant que sans réelles sources précises ni témoignages fiables, aucun document n’indique les compositeurs sollicités pour la Messe des funérailles de Marie-Thérèse. Au regard de la qualité et de la justesse de l’écriture de chaque partition, on peut facilement imaginer qu’elles aient pu être écrites à cette occasion.

 

 

 

boutonreservationVersailles, Chapelle Royale
Samedi 10 octobre 2015, 20h.
Musiques pour les funérailles de la Reine Marie-Thérèse, 1683.

 

Marc-Antoine Charpentier : Luctus de Morte Augustissimae, In obitum augustissimae, De Profundis…

Les Pages et Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
La Rêveuse
Benjamin Perrot et Florence Bolton, direction
Olivier Schneebeli, direction

 

 

CMBV, grand reportage vidéo : Atelier vocal sur le récitatif italien et français au 17ème (Versailles, juillet 2015)

cmbv-atelier-vocal-parole-chantee-venise-a-paris-copyright-classiquenews-2015CMBV, grand reportage vidéo : Atelier vocal sur le récitatif italien et français au 17ème (Versailles, juillet 2015). En juillet 2015, le CMBV, Centre de musique baroque de Versailles a organisé un atelier de pratique vocale dédié au récitatif des opéras italiens et français du XVIIè / Seicento : La parole chantée de Venise à Paris. A l’école de Cavalli et de Lully principalement, les élèves chanteurs, pilotés par leurs coachs apprennent l’art si complexe du récitatif, élément essentiel dans la continuité des opéras baroque du XVIIème siècle.

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CMBV-atelier-vocal-recitatif-parole-chantee-paris-venise--copyright-classiquenews Outre les éléments techniques précis que l’interprète doit maîtriser, l’atelier met en relief tout ce que doit l’opéra français au genre fixé en Italie par Cavalli qu’il exporte à la Cour de France, entre autres à l’époque du mariage de Louis XIV (Xerse, de Cavalli avec ballets du premier Lulli, 1660). Grand reportage vidéo © studio CLASSIQUENEWS 2015. Réalisation : Philippe Alexandre Pham

L’Atelier vocal intitulé “La Parole chantée de Venise à Paris” proposé par le Centre de musique baroque de Versailles est d’autant plus pertinent au vu des nombreuses réalisations intéressant actuellement ou prochainement, Lully et Cavalli.

VIDEO, reportage. Nouvelle Armide de Lully à Innsbruck (août 2015)

Nouvelle production d'Armide de Lully à Innsbruck et PostdamVIDEO, reportage. Nouvelle Armide de Lully à Innsbruck (août 2015). Août 2015 : le Festival de musique ancienne et baroque à Innsbruck (Autriche) accueille pour la première fois de son histoire, un opéra français : Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production réalisée par le Centre de musique baroque de Versailles dans laquelle participent jeunes instrumentistes sur instruments d’époque, jeunes chanteurs dont les lauréats du Concours Cesti 2014. Dans Armide dernière opéra de Lully, l’interaction de la danse et du drame intérieur de l’enchanteresse impuissante face à Renaud est exceptionnelle. La partition permet aussi au CMBV Centre de musique baroque de Versailles de diffuser l’opéra baroque français à l’étranger, tout en transmettant aux jeunes chanteurs le goût du théâtre et de la langue baroques. Reportage vidéo : entretiens avec les chanteurs, Benoît Dratwicki, Deda Cristina Colonna (mise en scène), Patrick Cohen-Akénine (direction musicale). Durée : 15mn © studio CLASSIQUENEWS.TV – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham. Lire aussi notre présentation de la production d’Armide de Lully à Innsbruck (août 2015)

 

 

 

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Rio, Brésil. Bruno Procopio dirige Rameau et Clérambault

procopio_bruno_chemise_bleueRio, salle C. Mereiles, les 19 et 22 septembre 2015. Mondonville et Rameau. Ambassadeur de choc, le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio retrouve son pays natal pour deux concerts de musique baroque française. Un programme qu’il a coutume de défendre sous les tropiques, – le maestro impétueux et articulé a déjà enregistré un superbe disque d’extraits d’opéras de Rameau, ouvertures et ballets de Rameau avec le Symphonique Simon Bolivar du Venezuela à Caracas (1 cd Paraty : vrai défi d’un éclat étincelant sur instruments modernes : ” Rameau in Caracas “). Rio 2015 voit le prolongement d’un travail spécifique sur le Baroque français en Amérique Latine. Une vision artistique entre les deux Mondes, de chaque côté de l’Atlantique qui s’était déjà illustrée par un jalon précédent en mars dernier, et dans le même lieu avec la création carioca de l’opéra français néoclassique Renaud de Sacchini (1782), emblème du goût lyrique parisien favorisé par Marie-Antoinette (VOIR le reportage Renaud de Sacchini recréé à Rio par Bruno Procopio, mars 2015). Le 19 septembre (20h), concert de musique de chambre où la virtuosité concertante de Mondonville et le génie recréateur de Rameau dialoguent. Sons harmoniques du premier (1738, où Mondonville s’inspire et prolonge l’exemple de Leclair), puis cinq Concerts des Pièces pour clavecin en concert (1741).  Après les Pièces de clavecin en sonates (avec violon) de Mondonville, Rameau surpasse tout ce qui fut écrit avant lui, inventant pour chaque pièce, un titre aux références biographiques (pour certaines secrètes aux allusions à démêler par les spécialistes), qui récapitule en leur rendant hommage, tous les soutiens, patrons protecteurs, mécènes qui l’ont accompagné et soutenu pendant ses premières années parisiennes. Le cycle est l’un des favoris défendus depuis ses années d’apprentissage à Paris par Bruno Procopio qui assure la partie de clavecin.

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Le 22 septembre, 20h, concert orchestral comprenant surtout Clérambault et Mondonville et quelques autres pour lequel Bruno Procopio quitte le clavecin pour la baguette, afin de diriger l’Orchestre baroque de l’Université de Rio (OBU).  Au programme deux pièces aussi rares qu’exceptionnelles : Pièces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) de Mondonville et surtout La Muse de l’Opéra ou Les Caractères lyriques, Cantate à voix seule et symphonie (1716) de Clérambault. Editée séparément en 1716, sur un poème d’Auguste Paradis de Moncrif, la cantate avec des moyens ambitieux (proches du divertissement) fait paraître la muse de l’Opéra, qui décrit les ficelles et artifices du théâtre pour exprimer les « caractères lyriques » : la variété des airs et des formes dévoile l’intelligence dramatique de Clérambault : air de triomphe avec trompette, scène pastorale avec musette, évocation de chasses au son des cors, tempête, sommeil, ramage d’oiseau, scène infernale… c’est un catalogue intelligemment combiné soit tous les motifs de l’opéra français, ici traités par un compositeur qui souhaite en démontrer et aussi cultiver sa profondeur, entre virtuosité italianisante et noblesse de la déclamation française.

 

OBU orchestre baroque de l'université de Rio Orquesra barroca da Unirio

 

 

Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio. Grâce au CMBV, Centre de musique baroque de Versailles, le Baroque français s’exporte. Le concert est l’aboutissement d’un cycle de masterclasses et de répétitions avec les jeunes instrumentistes brésiliens, sensibilisés au style baroque français et formés à la pratique sur instruments d’époque. Un défi qui fusionne transmission et pédagogie auprès des jeunes instrumentistes encore néophytes dans l’interprétation de la musique française du XVIIIème siècle, et aussi expérience professionnelle grâce à ce concert public. Le projet fait partie des nombreux chantiers initiés par le Centre de musique baroque de Versailles, désormais ouvert à l’international, soucieux depuis quelques années de faire rayonner la connaissance et l’interprétation de la musique baroque française dans le monde. Partitions, équipe pédagogique sont les nouveaux moyens de l’institution versaillaise pour réaliser de nouveaux types de concerts, permettant aux jeunes professionnels de se perfectionner toujours et encore en se frottant  à l’accomplissement du concert publique. Il s’agit de deux premières mondiales à Rio. L’été 2015 a réalisé un autre projet du CMBV à Innsbruck en août : le festival de musique ancienne et baroque mondialement reconnu accueillait pour la première fois de son histoire, son premier opéra français, Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production, mise en scène par Cristina Colonna sous la direction de Patrick Cohen-Akénine et avec le concours de jeunes instrumentistes et chanteurs accompagnés par le CMBV, dont pour certains, les  lauréats du Concours Cesti 2014. Reportage vidéo : Armide de Lully à Innsbruck (août 2015)

 

 

 Bruno Procopio et le CMBV : Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio

Concert du 19 septembre 2015, 20h
Durée : 1h25 sans entracte

 

Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Les Sons harmoniques, Sonates à violon seul avec la basse continue (1738)

Sonate opus 4 n°1 en si mineur : Grave – Allegro – Aria. Amoroso – Allegro

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Pièces de clavecin en concert (1741)

PREMIER CONCERT :
La Coulicam. Rondement – La Livry. Rondeau gracieux – Le Vézinet. Gaiement, sans vitesse

DEUXIÈME CONCERT :
La Laborde. Rondement – La Boucon. Air, gracieux – L’Agaçante. Rondement – 1er et 2e Menuet

TROISIÈME CONCERT :
La Lapoplinière. Rondement – La Timide. 1er et 2e Rondeau gracieux – 1er et 2e Tambourin

QUATRIÈME CONCERT :
La Pantomime. Loure vive – L’Indiscrète. Vivement – La Rameau. Rondement

CINQUIÈME CONCERT :
La Forqueray. Fugue – La Cupis. Rondement – La Marais. Rondement

 

Concert du 22 septembre 2015, 20h
Durée : 1h20 sans entracte

 

Eugénie Lefebvre, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Orchestre baroque de l’Université de Rio (OBU)
Laura Ronai, direction artistique

 

Jean-Henry d’Anglebert (1629-1691)
Prélude en sol majeur, pour clavecin

Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782)
La Leclair, pour clavecin

Antoine Forqueray (1672-1745)
Premier Livre de Pièces de viole avec la basse continue (1747) – extraits
La Couperin – La Buisson

Claude Balbastre (1727-1799)
La Lugeac, pour clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Pièces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) – extraits

Amoroso « Paratum cor meum… » – Allegro « In Domino laudabitur… »

Paratum cor meum, Deus,
Paratum cor meum,
Cantabo et psalmum dicam

(Psaume 56 verset 10)

Mon cœur est préparé, ô mon Dieu ;
Mon cœur est tout préparé :
Je chanterai, et je ferai retentir vos louanges sur les instruments.

In Domino laudabitur anima mea :
Audiant mansueti et laetentur.
(Psaume 33 verset 7)

Mon âme ne mettra sa gloire que dans le Seigneur.
Que ceux qui sont doux et humbles écoutent ceci, et qu’ils se réjouissent.

Jean-Marie Leclair (1697-1764)
Concerto pour violon opus 10 n°6 en sol mineur (ca 1743)

Allegro ma poco – Andante – Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
La Muse de l’Opéra ou Les Caractères lyriques. Cantate à voix seule et symphonie (1716)

Prélude – Récitatif – Air gai – Tempête – Récitatif – Air – Sommeil – Prélude infernal – Récitatif – Air

LA MUSE DE L’OPÉRA ou LES CARACTÈRES LYRIQUES. Cantate à voix seule et symphonie

Récitatif (fort gravement)

Mortels, pour contenter vos désirs curieux
Cessez de parcourir tous les climats du monde,
Par le puissant effort de l’art qui nous seconde,
Ici tout l’Univers se découvre à vos yeux.

Air gai
Au son des trompettes bruyantes
Mars vient embellir ce séjour ;
Diane avec toute sa cour
Vous offre des fêtes galantes ;
Et mille chansons éclatantes
Réveillent l’écho d’alentour.
Des bergers la troupe légère
Vient folâtrer sur ces gazons ;
À leurs danses, à leurs chansons,
On voit que le Dieu de Cythère
Leur a donné de ses leçons.

Tempête (fort et marqué)

Mais quel bruit interrompt ces doux amusements ?
Le soleil s’obscurcit, la mer s’enfle et s’irrite ;
Dieux ! quels terribles flots ! et quels mugissements !
La terre tremble, l’air s’agite,
Tous les vents déchainés, mille effrayants
Éclairs, semblent confondre l’Univers.
Quels sifflements affreux ! Quel horrible tonnerre !
Le ciel est-il jaloux du repos de la terre ?

Récitatif
Non, les Dieux attendris par nos cris éclatants,
Ramènent les beaux jours de l’aimable printemps.

Air
Oiseaux, qui sous ces feuillages
Formez des accents si doux,
L’Amour quand il vous engage
Vous traite bien mieux que nous ;
Il n’est jamais parmi vous
Jaloux, trompeur, ni volage.

Sommeil (doucement)
Vos concerts, heureux oiseaux,
Éveillent trop tôt l’aurore,
Laissez les mortels encore
Plongés au sein du repos.

Prélude infernal (lentement, fort et marqué)
Mais quels nouveaux accords dont l’horreur est extrême ?
Qui fait ouvrir le séjour infernal ?
Que de démons sortis de ce gouffre fatal !

Les implacables Sœurs suivent Pluton lui-même.

Récitatif

Ne craignons rien, un changement heureux
Vient nous offrir de doux présages,
Et les démons changés sous d’aimables images,
Amusent nos regards par d’agréables jeux.

Air gai et piqué
Ce n’est qu’une belle chimère
Qui satisfait ici vos vœux ;
Eh ! n’êtes-vous pas trop heureux
Qu’on vous séduise pour vous plaire ?
Dans ce qui flatte vos désir
Croyez tout ce qu’on fait paraître ;
On voit s’envoler les plaisirs
Lorsque l’on cherche à les connaître.

 

 

CD. LIRE notre critique du cd Pièces pour clavecin en concerts de Rameau par Bruno Procopio

 

VOIR notre reportage vidéo : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio à Cuenca (Espagne), Avec Maria Bayo (avril 2014)

CD, compte rendu critique. Campra : Tancrède, version 1729 (3 cd Alpha, Schneebeli, 2014)

campra-tancrede-cd-alpha-olivier-schneebeli-isabelle-druet-critique-du-cd-CLIC-de-classiquenews-mai-2015CD, compte rendu critique. Campra : Tancrède, version 1729. Orchestre Les Temps Présents & les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Travail exceptionnel sur l’articulation du texte, l’un des livrets les plus forts et “viril” du compositeur (signé Antoine Danchet) qui renoue ainsi avec la coupe noble et héroïque de son aîné et modèle Lully (aidé du poète Quinault). Tous les chanteurs excellent dans la projection naturelle et souple du français et Olivier Schneebeli ajoute les inflexions dramatiques et sensuels d’un orchestre destiné à exprimer les passions de l’âme, en particulier la passion naissante des deux guerriers opposés : le chrétien Tancrède et la Sarrazine Clorinde. Ici l’opéra français égale sinon dépasse l’impact expressif du théâtre classique parlé et déclamé de Racine. S’y glissent et triomphent aussi les divertissements, instants de grâce qui alliant choeurs, ballets, et séquences portés par les seconds rôles, apportent ces détentes propices, véritables temps de pure poésie entre des tableaux à l’épure tragique d’une tension irrésistible. Saluons dans ce sens les deux dessus au verbe ciselé autant qu’au jeu d’une solide justesse (Anne-Marie Beaudette et en particulier Marie Favier au timbre rond et palpitant). Chacune de leur prestation fait mouche, les divertissements gagnent un surcroît de profondeur. Tout concourt à tisser le lent et inéluctable fil tragique vers la mort de la sublime guerrière, Clorinde.

 

 

 

Olivier Schneebeli réalise un sommet tragique et poétique dans ce Tancrède de 1702

Tristan et Isolde baroque

 

CLIC_macaron_2014Le couple noir et jaloux : Argant / Herminie exalte de pulsations haineuses et pourtant d’une sincérité magicienne (Alain Buet et Chantal Santon) : leurs personnages surtout celui d’Herminie s’expose sans épaisseur, avec la même finesse prosodique au début du III. Pour les rôles de Clorinde et de Tancrède, les deux protagonistes Isabelle Druet et Benoît Arnould ont la jeunesse, la justesse et la sincérité de deux timbres admirablement engagés. On se délecte dans leurs oppositions, confrontations successives, le point d’orgue de leur union pudique admirablement exprimée sur la scène demeurant le duo d’une économie souveraine et d’une grande poésie du IV (” Gloire inhumaine, hélas ! que tu troubles nos coeurs ” : sommet de la lyre tragique vécue par les deux 2 coeurs blessés).
Une réserve cependant pour la tenue vocale du baryton : s’il a le timbre idéalement sombre et virile, sa ligne vocale manque parfois de justesse comme de simplicité.
L’acte IV, celui de la haine active (sous le feu d’Herminie et du mage Isménor) est aussi surtout celui de la confession amoureuse quand (scène 6), Clorinde avoue son amour pour lui à Tancrède. Quand au V, la gloire toute acquise à Tancrède est le sujet de sa profonde douleur car il y perd Clorinde qui s’épuise et meurt dans ses bras en un duo tristanesque d’un lugubre digne qui est un autre absolu poétique.
clorinde isabelle druet tancredeC’est fidèle à la poésie sombre et lugubre du Tasse que Danchet et Campra brossent un portrait noir des amours guerriers : la pompe victorieuse, la gloire qui jaillit et étincelle sur l’armure de Tancrède sombre immédiatement dans le gouffre de la douleur quand le Chrétien découvre son aimée Clorinde, touchée au coeur expirante. La noblesse, le raffinement, la suavité mesurée et allusive des divertissements, le chant perpétuellement soucieux de son intelligibilité font toute la qualité de cet enregistrement pris sur le vif à l’Opéra royal de Versailles, les 6 et 7 mai 2014. VOIR. Les caméras de classiquenews étaient fort heureusement présentes lors de la performance : visionner notre reportage vidéo Tancrède de Campra, recréation de la version de 1729.
Voici au disque le meilleur enregistrement de la collection Château de Versailles. CLIC de classiquenews de mai 2015.

CD, compte rendu critique. Campra : Tancrède, version 1729. Orchestre Les Temps Présents & les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Avec Benoît Arnould, Tancrède. Isabelle Druet, Clorinde. Chantal Santon, Hermoinie. Alain Buet, Argant. Eric Martin-Bonnet, Isménor. erwin Aros, Anne-Marie Beaudette et Marie Favier (seconds rôles divers). 3 cd Alpha baroque Outhere music 2h46mn. Référence : 3 760014 199585

Reportage vidéo : L’Inde Galante par les collégiens de Trappes et les Pages du CMBV (février 2015)

visuel-_-inde-galante-cmbv-trappes-et-Versailles-Rameau-classiquenews-le-quatuor-de-solistes-les-pages-de-la-Maitrise-du-cmbv-10-fevrier-2015-compte-rendu-critique-inde-galante-de-RameauL’Inde Galante d’après Rameau (février 2015). Rencontre pédagogique. A l’initiative du Cmbv, Centre de musique Baroque de Versailles, les collégiens de Trappes et les Pages du Centre de musique baroque de Versailles travaillent ensemble pour un spectacle inspiré des Indes Galantes de Rameau : L’Inde Galante. Répétitions et séances de travail à Trappes (cours de danse, de déclamation et de chant) puis représentation à Trappes (La Merise) et à l’Opéra royal de Versailles (les 10 puis 12 février 2015), la performance étonne et convainc en réussissant la rencontre entre jeunes de la même génération mais  d’univers différents. La transmission, l’apprentissage du collectif autour d’une Å“uvre baroque majeure à laquelle sont associés des textes des Lumières (maximes de l’Abbé Raynal) percutants par leur engagement humaniste font tout l’intérêt de cette production atypique, aux vertus pédagogiques et culturelles multiples.  Edifiant. Reportage vidéo de 22 mn © studio CLASSIQUENEWS.com 2015

Reportage vidéo : Le Temple de la Gloire de Rameau et Voltaire, 1745. Recréation

RameauVIDEO, reportage. Le Temple de la Gloire de Rameau et Voltaire, 1745. Recréation. Temps fort de l’année Rameau 2014, la recréation par le CMBV (Centre de musique baroque de Versailles), du Temple de la Gloire témoigne de la collaboration entre Rameau et Voltaire en 1745. C’est l’année des prodiges pour le compositeur : Platée, La Princesse de Navarre et donc Le Temple de la Gloire : universel, génie imaginatif, Rameau imagine dans le ballet héroïque, trois opéras en un. Bacchanale pour la première entrée (Bélus), bacchanale pour la seconde entrée (Bacchus), tragédie pour la troisième entrée (Trajan). Même le Prologue est l’un des plus raffinés et aboutis, suscitant dans le personnage de l’Envie trépignant aux abords du Temple, l’un des personnages graves et tragiques, accompagné par les bassons, parmi les plus saisissants conçus par Rameau. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM © 2015

Reportage vidéo. Rameau : Zaïs (1748), recréation par le CMBV (novembre 2014)

rameau 2014 logo 2014VIDEO. Recréation : Zaïs (1748) de Rameau à l’Opéra royal de Versailles. Temps fort de l’année Rameau 2014, le 18 novembre 2014, à l’Opéra royal de Versailles, le CMBV présente la recréation de la Pastorale héroïque ZAïS, ouvrage merveilleux inspiré par les idées des Lumières. C’est en vérité la ténacité de Zélidie, très éprouvée par son amant Zaïs soupçonneux, qui triomphe ici malgré les épreuves et les tromperies qu’elle doit subir. Pour la soprano Marie Fel et la haute contre Jélyotte, – deux chanteurs d’exception, Rameau écrit deux rôles d’une grâce et d’un charme irrésistibles. Recréation événement. Reportage vidéo © CLASSIQUENEWS.TV 2015

Compte rendu, opéra. Trappes, La Merise, le 10 février 2015. L’Inde Galante d’après les Indes Galantes de Rameau. Collégiens de Trappes, Pages et instrumentistes du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Michel Verschaeve, mise en scène. Françoise Deniau, chorégraphie.

visuel-_-inde-galante-cmbv-trappes-et-Versailles-Rameau-classiquenews-le-quatuor-de-solistes-les-pages-de-la-Maitrise-du-cmbv-10-fevrier-2015-compte-rendu-critique-inde-galante-de-RameauSpectacle pédagogique et humaniste. L’éducation et la musique forment-t-elle la jeunesse ? A quoi précisément, et de quelle manière ? A cette question, aux enjeux si brûlants depuis la terrible actualité française de janvier 2015, répond le CMBV dont l’engagement pour la résurrection des grandes machines lyriques et chorégraphiques de la monarchie triomphante s’intéresse aussi comme en un pendant imprévu à des actions d’un autre type : toute l’équipe artistique et les jeunes chanteurs du CMBV savent ici impliquer plusieurs classes de collégiens à Trappes (Collèges Youri Gagarine, Gustave Courbet, Le Village) et les initier à l’esthétique baroque, à la délicate machinerie d’un spectacle qui mêle selon les codes du XVIIIè : chant, déclamation, danse : certains dansent, chantent dans les choeurs, déclament surtout de savoureux textes intégrés entre les scènes de l’opéra ballet de Rameau choisi pour l’occasion. Supplément d’âme à une scène lyrique et chorégraphique des plus raffinées (1736), les producteurs ajoutent aussi la délectation de pensées choisies signées de l’Abbé Raynal, auteur en 1781 de L’Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens dans les deux Indes… vaste recension qui malgré le déroulé de son titre, concentre une vision étonnamment fraternel et humaniste vis à vis de l’Indigène. Un manifeste pour la paix entre les peuples qui a aussi sensibilisé les jeunes interprètes aux enjeux du vivre ensemble.

C’est un travail spécifique qui fait travailler les jeunes Pages de la Maîtrise avec les collégiens des trois établissements de Trappes (78). Choc culturel, expérience pédagogique, rencontre surtout entre des milieux et des univers si différents qui cependant apprennent à se connaître, à partager, puis s’accomplir dans la réalisation d’un formidable spectacle dont la finesse et l’intelligence transforment aussi la partition retenue : la dernière entrée des Indes Galantes de Rameau : les Sauvages, ajouté lors de la reprise de l’opéra-ballet en 1736,  un an seulement après sa création.

L’équipe artistique réunit des pointures du genre et des disciplines réunies : Françoise Deniau pour la chorégraphie, Michel Verschaeve pour la mise en scène et Olivier Schneebeli, chef permanent dont les qualités de pédagogue font merveille dans ce type de travail. La valeur du projet tient à la confrontation directe et franche des univers en présence : les jeunes pages du CMBV, véritables professionnels de la musique, nourris d’éloquence et de gestuelle baroques, de souci du texte comme de musicalité du chant ; et les collégiens trappistes, dont l’ordinaire demeure bien éloigné de l’esthétisme monarchique comme de la déclamation des idées philosophiques du XVIIIè. Pourtant les jeunes réalisent ici une production convaincante où Michel Verschaeve a opportunément intégré plusieurs  textes de Raynal, au regard généreux et plein d’humanité pour les Indiens d’Amériques. L’action des Indes Galantes souvent mésestimée révèle a contrario des préjugés sur la soit disant faiblesse poétique et littéraire des opéras ramistes, la modernité et la pertinence de Rameau et de son librettiste : ici s’affirme déjà avant le thème du bon sauvage de Rousseau,  un humanisme fraternel et admiratif, respectueux et tendre même vis à vis des “Sauvages” : autour de la belle indigène Zima s’affairent les colons européens, Alvar et Damon. Convoitée, courtisée, Zima choisit finalement pour élu de son coeur son semblable Adario : Rameau réalise en une véritable apothéose (la fameuse danse du calumet de la paix), la célébration de l’amour sincère : les Indiens d’Amérique affirmant ainsi une leçon de vertu amoureuse aux plus tendres élans. La vision est d’une incroyable intelligence : les Indiens n’y sont pas vus comme une race inférieure mais au contraire comme un peuple admirable en tout point, vision positive et fraternelle partagée par Raynal dans ses textes.

 

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Pages et collégiens défendent la liberté et l’esprit fraternel

L’Inde Galante ou Rameau revisité

 

 

Parmi le quatuor vocal assuré par les Pages du CMBV, distinguons le charme et l’aisance scénique de la jeune soprano Chimène Smith dans le rôle virtuose et redoutable de Zima (Régnez, Plaisirs et jeux, combiné aux trompettes brillantes, fait retentir le triomphe simple des amants magnifiques) : elle a le port gracieux sans préciosité, et le naturel d’un chant qui sait s’attendrir. Ses partenaires masculins affirment des tempéraments vocaux naturellement caractérisés : le Damon, vrai soprano flûté de Clément Peaucelle, et l’Alvar, à la diction la plus parfaite de Karl-Loïs de Lastic Saint-Jal, au chant puissant, sûr, affûté.
A leurs côtés, les collégiens en tee-shirts colorés (jaune, bleu, rouge) apprennent l’élégance des pas chorégraphiés, les défis de la synchronicité, la finesse et la grâce d’une partition flamboyante et étourdissante par son raffinement et sa complexité. C’est aussi jusqu’aux deux représentations publiques programmées à La Merise de Trappes puis à l’Opéra royal de Versailles, les 10 et 12 février 2015, un apprentissage de la discipline et du jeu collectif sans lesquels la magie du spectacle ne se réalise pas. Actualisation inévitable, les trappistes réalisent une version hip hop de la Chaconne finale dont les accents soulignent là encore combien la rythmique de Rameau nous paraît toujours aussi proche et familière.
Rien de plus vivant que ce Baroque là, de plus stimulant que ce Rameau revisité par un collectif d’enfants, associés imprévus d’une entreprise aux enjeux salutaires. Que garderons les trappistes comme les Pages plus habitués à l’exercice de la scène ? Des sons, des rencontres, la magie de la scène et surtout grâce aux textes combinés (qui ont été on l’imagine, sources de débats à l’école entre enfants et professeurs), l’expérience du respect et de l’écoute de l’autre, l’estime des autres, le goût de la paix partagée : des valeurs clés à préserver coûte que coûte.  En prolongement de son anniversaire 2014, Rameau ne pouvait trouver transposition pédagogique aussi réussie.

 

 

Compte rendu, opéra. L’Inde Galante d’après Les Indes Galantes de Rameau, 1736. Elèves des collèges de Trappes (Gagarine, Courbet). Pages et instrumentistes du CMBV. Olivier Schneebeli, direction. Michel Vershaeve, mis en scène. François Deniau / Marc Barret, chorégraphie.

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

Les Indes Galantes de Rameau pour et par les jeunes

Trappes, La Merise. Rameau : L’Inde Galante, les Sauvages. Le 10 février 2015, 19h30.  Lycéens, Pages de la Maîtrise du CMBV. L’Inde dansante :quand le baroque suscite un projet de jumelage pour les jeunes… Le CMBV réalise une nouvelle production comprenant la 4ème entrée des Indes Galantes de Rameau, Les Sauvages en associant les Pages de la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles et plusieurs classes des lycées de Trappes.  Une expérience collective qui transmet l’écoute, le partage, la rencontre comme valeurs premières.

cmbv-rameau-2015-les-indes-galantes,-l'inde-dansante-Trappe-Versailles-opera-olivier-schneebeli-582Dans un bosquet d’une forêt de l’Amérique, une belle Sauvage, Zima (soprano), fille d’un chef puissant et redouté est courisée par les officiers européens, le français Damon (haute-contre) et l’espagnol Don Alvar (baryton). Un temps dépaysée par tant de courtoisies exotiques, la Sauvagesse préfère l’un de ses semblables le guerrier Adario (baryton). Rameau dépeint l’amour imprévu et aussi la guerre qui se conclue par la pacification des nations affrontées (fameuse danse du calumet de la paix). A l’époque, Les Indiens d’Amérique étaient réputés dansant nus et fumant de longs calumets, d’après les chroniques des voyageurs ou les gravures de Bernard (Cérémonies et coutumes religieuses, 1723), ou de Lafitau (Mœurs des Sauvages Américains (1724). Le compositeur réutilise la pièce fameuse de son recueil de pièces pour le clavecin, Les Sauvages publiée en 1728 d’après la danse de vrais indiens de Louisiane danseurs, qu’il avait pu voir au Théâtre Italien en 1725.

Les Sauvages est la quatrième Entrée de son opéra ballet les Indes Galantes, entrée ajoutée pour la reprise de l’ouvrage en 1736 (un an après sa création en 1735). C’est l’occasion d’utiliser de brillantes trompettes, des airs d’agilité d’esprit italien : ainsi l’air de Zima « Régnez plaisirs et jeux » où s’associent trompettes, timbales et flûtes. Comme plus tard (1745) dans Le Temple de la gloire et l’acte de Bacchus (bacchanale sensuelle), Rameau alterne en particulier dans la Chaconne finale des Sauvages, accents guerriers et pastoraux, nerf et suavité, caractère et douceur. L’air des Sauvages publié en 1728 innerve toute la danse collective à l’ouverture et dans le rondeau final. La mélodie géniale comme l’est Frère Jacques (attribué depuis 2014 à Rameau donc), sera repris immédiatement par nombre de compositeurs de Suites orchestrales ou d’opéras (Corette, Tapray, Guignon, Dalayrac…), la pièce traverse même l’Atlantique pour rejoindre les côtes des Antilles Françaises, sur l’île de Dominique : un témoin d’époque rend compte du jeu d’un claveciniste très versé dans l’art de Rameau.

Après la Ritournelle d’entrée, Rameau imagine d’abord la confrontation entre Alvar et Damon, colons aux Amériques, rivaux en amour.

Puis paraît les Indiens : Adario amoureux qui fusionne bientôt avec la belle et convoitée par tous, Zima. Les deux indigènes inspirés par l’amour se jurent fidélité.

Ensuite, la Danse du grand calumet de la Paix est portée par les Indiens et le couple d’amoureux Zima et Adario ; puis c’est la danse qui conclue l’ouvrage indien : menuet des Françaises en Amazones, air de ZIma victorieuse : « Régnez plaisirs et jeux », enfin Chaconne finale.

Partition débordante de sensualité et d’italianisme, Les Sauvages sont l’objet d’un travail spécifique entre les Pages de la Maîtrise du Centre de Musique Baroque de Versailles et plusieurs lycéens de Trappes. Chant, déclamation, danse et jeu scénique sont les étapes d’un jeu collectif où les jeunes professionnels rencontrent les jeunes publics autour du génie musical de Rameau. La vivacité dansante de l’opéra ballet fascine toujours autant depuis le XVIIIème siècle. Une équipe chevronnée de professionnels (Olivier Schneebeli, direction musicale ; Françoise Deniau, chorégraphie ; Michel Verschaeve, mise en scène) encadrent les jeunes apprentis. Sous leurs auspices, certains pourraient même se dépasser porté par la magie du théâtre baroque.

 

 

 

 

boutonreservationSoirée les Indes Galantes au Théâtre La Merise de Trappesmardi 10 février 2015, 19h30

Direction Musicale : Olivier Schneebeli
Direction des Chœurs: Sarah Boissou (collège Youri Gagarine), Marjolaine Martel (collège Le Village) et Marie-Pascale Perillon (collège Gustave Courbet),
Mise en scène : Michel Verschaeve
Chorégraphie : Françoise Deniau
Régie : Thierry Carreau

Solistes et choristes : Pages du CMBV
Choristes : Elèves des collèges Youri Gagarine, Le Village et Gustave Courbet de Trappes.
Instrumentistes : Elèves du CRR de Versailles et du CRD de la Vallée de Chevreuse.
Danseurs et comédiens : Elèves de Lycée Plaine de Neauphle (à confirmer)
Régisseurs : stagiaires Ecole de la deuxième chance (ZA-Trappes-Elancourt).

Infos et réservations

Théâtre La Merise à Trappes

01 30 13 98 51  tarif unique : 5 euros.

Spectacle repris le 12 février 2015 à l’Opéra royal de Versailles

CD. M-A. Charpentier: Judith (Schneebeli, 2012)

CD. M.-A. Charpentier: Judith, le massacre des innocents (1 cd K617)

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Charpentier: Judith, Massacre des Innocents (Schneebeli, 2012). Pour qui a assisté au concert originel dans la Chapelle royale de Versailles, début octobre 2012, sait que cet enregistrement rend compte d’une partie du programme qui aux côtés de Judith et du Massacre des Innocents (le sommet émotionnel de la soirée) comprenait aussi le remarquable Jugement dernier et son évocation spectaculaire de la violence divine contre sa création… Nonobstant voici les deux versants convaincants d’un inoubliable témoignage à Versailles, porté par les troupes conduites par Olivier Schneebeli : Chantres et Pages de la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles dont le label K617 a rendu pas à pas les avancées musicales et interprétatives sur la durée (lire notre critique du coffret Musiques sacrées à Versailles, édité par K617 et qui en février 2013 obtient le Prix de l’Académie Charles Cros).

Incandescence théâtrale de Charpentier

Il existe peu de chÅ“urs d’enfants aussi investis, chantant et jouant l’action théâtrale avec un goût aussi accompli. Tout le mérite en revient au chef, directeur musical de la phalange choral: qu’il s’agisse des gardes ivres de sang, excités par la barbarie infanticide d’Hérode (impeccable Arnaud Richard), du chÅ“ur bouleversant des mères endeuillées (d’abord chanté par le trio féminin, puis repris par les deux sopranos masculins auquel se joint l’excellent chantre Paul Figuier), l’intense et brûlant théâtre de Charpentier se dévoile ici dans toute son urgence, sa concision, sa forme resserrée, à laquelle les interprètes restituent non sans justesse la tendresse, la sincérité, l’âpreté expressive. Le voici ce Charpentier qui nous passionne, plus ardent et efficace que toutes les tragédies lyriques de Lully. Aussi bouleversant que son maître à Rome, Carissimi soi-même. Le Massacre des Innocents H411 souligne le travail de la Maîtrise, une phalange qui outre le souci de restitution des partitions historiques sait surtout exalter la lyre dramatique, la vitalité théâtrale des Å“uvres, en servant l’arête vive du verbe incantatoire et suggestif: à l’engagement des chanteurs, répond aussi la cohérence de la sonorité globale dont on en soulignera jamais assez la richesse des couleurs grâce à l’équilibre des timbres associés: voix de femmes, des enfants et des hommes. Issu de la formation du CMBV, l’Angelus d’Erwin Aros convainc en particulier par la fluidité de son chant et son scrupule linguistique.

En cela il incarne le versant masculin de sa consÅ“ur Dagmar Saskova, elle aussi formée par les équipes du CMBV à l’éloquence et à la rhétorique baroque: sa Judith a la noblesse des martyrs mais aussi la tendre sincérité des êtres traversés par un pur mysticisme. Son Domine Deus reste irrésistible par ses brûlures d’une pureté incandescente. Entre réalisme individuelle et idéalisme et grâce d’une fervente guerrière de Dieu, son verbe superbement articulé fait honneur au Centre dont elle est la meilleure ambassadrice. Son art très abouti des nuances éclaire vocalement le peintre caravagesque français choisi pour illustrer le cd: Valentin de Boulogne dont on ne sait s’il faut admirer le plus pour sa Judith triomphante, la suavité de la palette chromatique ou la séduction ineffable du type humain…

L’aplomb des solistes, la richesse active et hautement dramatique du chÅ“ur, la direction toute en élégance et expressivité d’Olivier Schneebeli réalisent ici l’un des meilleurs accomplissements discographiques du CMBV. Un nouveau jalon qui témoigne avec de sérieux arguments du niveau atteint par la Maîtrise dirigée par Olivier Schneebeli. Magistral.

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704): Judith ou B̩thulie lib̩r̩e РLe Massacre des innocents. Pages & Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction.

Judith sive Bethulia liberata H391
(Judith ou Béthulie libérée)

Dagmar Sasková, Judith


Erwin Aros, historicus
ex Israel I
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis, historici ex filiis Israel,
duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Jean-François Novelli, Ozias,
historicus ex Israel II,
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,
duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Arnaud Richard, Holofernes,
historicus ex Assyriis, historicus ex filiis Israël,
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,
historici ex filiis Israel, chorus ex Israel
Marie Favier, (Chantre), ancilla
Jozsef Gal, (Chantre), soliste in historici ex filiis Israel

Hugo Vincent, (Page), soliste in chorus ex Israel

Caedes Sanctorum Innocentium H411
(Le Massacre des Innocents)
Solistes
Erwin Aros, Angelus

soliste in tres ex choro fidelium

Jean-François Novelli, Historicus

soliste in tres ex choro fidelium
Arnaud Richard, Herodes
soliste in tres ex choro fidelium
Dagmar Sasková, Mylène Bourbeau (Chantre), Marie Favier (Chantre), chorus matrum A

Paul Figuier (Chantre), Alix de la Motte de Broöns et Hugo Vincent (Pages), chorus matrum B
Les Pages, les Chantres & les Symphonistes du Centre de musique baroque de Versailles
Les Pages
Henri Baguenier Desormeaux, Lucie Camps, Calixte Desjobert, Martin Dosseur,
Adèle Huber, Antoine Khairallah, Mathilde Lonjon, Romain Mairesse, Samuel Menant,
Alix de la Motte de Broöns, Guilhem Perrier, Claire Renard, Chimène Smith,
Gauthier de Touzalin, Jean Vercherin, Hugo Vincent
Les Chantres
Mylène Bourbeau, Marie Favier, Marine Lafdal-Franc, Caroline Villain, dessus
Paul-Antoine Bénos, Paul Figuier,
Atsushi Murakami, Florian Ranc, contre-ténors et hautes-contre
Martin Candela, József Gál, Benoît-Joseph Meier, tailles
Fabien Aubé, Pierre Beller, Renaud Bres, Vlad Crosman,
François Renou, Roland Ten Weges, basses tailles et basses
Les Symphonistes
Benjamin Chénier, violon 1
Léonor de Recondo, violon 2
Pierre Boragno, flûte 1
Jean-Pierre Nicolas, flûte 2
Krzysztof Lewandowski, basson
Sylvia Abramowicz, viole de gambe
Eric Bellocq, théorbe
Fabien Armengaud, orgue positif et clavecin
Olivier Schneebeli, direction

Centre de musique baroque de Versailles

Histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier I à la Chapelle royale

temps fort de la saison musicale 2012

Maîtrise (Pages & Chantres), Olivier Schneebeli


Premier volet sur trois d’un cycle Marc Antoine Charpentier à La Chapelle royale de Versailles : Olivier Schneebeli dirige les forces vives du CMBV (les Pages, les Chantres, les Symphonistes) dans 3 oratorios ou histoires sacrées du grand rival de Lully à l’époque de Louis XIV : Le Jugement dernier, Judith et Le Massacre des Innocents. Présentation du chÅ“ur historique souhaité par Louis XIV, travail de la maîtrise créée par le Centre de musique baroque de Versailles…. Entretiens avec Olivier Schneebeli et les deux solistes anciens élèves de la Maîtrise: Erwin Aros et Dagmar Saskova (Judith)… Voir le clip vidéo