CD événement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015)

mondonville grands motets pircell choir orfeo orchestra Gyorgy vashegyi glossa cd critique review cd CLCI de classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015). Le geste des baroqueux essaime jusqu’en Hongrie : György Vashegyi est en passe de devenir par son implication et la sĂ»retĂ© de sa direction, le William Christie Hongrois
 C’est un dĂ©fricheur au tempĂ©rament gĂ©nĂ©reux, surtout Ă  la vision globale et synthĂ©tique propre aux grands architectes sonores. C’est aussi une affaire de sensibilitĂ© et de goĂ»t : car le chef hongrois goĂ»te et comprend comme nul autre aujourd’hui, Ă  l’égal de nos grands Baroqueux d’hier, la subtile alchimie de la musique française.

 

György Vashgyi, maßtre du Baroque Français

Artisan d’un Mondonville plus dĂ©taillĂ©, clair que dramatique, le chef hongrois affirme l’éloquence rĂ©jouissante de son geste : un nouvel accomplissement Ă  Budapest.

 

 

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LE BAROQUE FRANCAIS : UNE PASSION HONGROISE. György Vashegyi a ce sens du verbe et de la clartĂ© semblable aux pionniers indĂ©modables
 Il se passe Ă©videmment plusieurs Ă©vĂ©nements intĂ©ressants en Hongrie et Ă  Budapest : depuis quelques annĂ©es, chacun de ses enregistrements est attendu et lĂ©gitimement saluĂ© (Ă©ditĂ© par Glossa : son dernier Rameau, un inĂ©dit Les FĂȘtes de Polymnie, a remportĂ© le CLIC de classiquenews 2015 pour l’annĂ©e Rameau, de loin le titre le plus convaincant avec celui de l’ensemble ZaĂŻs / Paul Goussot et BenoĂźt Babel, autre CLIC de classiquenews Ă©ditĂ© par PARATY)
 Mais ici, aprĂšs la furie intensive et sensuelle de rameau-cd-fetes-de-polymnie-1745-orfeo-orchestra-gyorgy-Vashegyi-2-cd-glossa-clic-de-classiquenewsRameau, le chef et ses Ă©quipes (choeur Purcell et orchestre sur instruments anciens Orfeo) s’attaque Ă  un sommet de la ferveur chorale et lyrique du XVIIIĂš, les Grands Motets de Mondonville. Le compositeur est l’un des plus douĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration, un dramaturge nĂ©, un virtuose du drame, maniant et cultivant la virtuositĂ© Ă  tous les niveaux : solistes, choeurs, orchestre. Son Ă©criture fulmine, tempĂȘte, s’exclame mais avec un raffinement sonore, une Ă©lĂ©gance instrumentale inouĂŻe propre aux annĂ©es 1730 et 1740. De fait ses Grands Motets d’abord destinĂ©s aux cĂ©lĂ©brations purement liturgiques Ă  Versailles, ont Ă©tĂ© ensuite repris Ă  Paris dans la salle du Concert Spirituel, piliers d’une programmation particuliĂšrement applaudie par les auditeurs du XVIIIĂš (virtuositĂ© ciselĂ©e du rĂ©cit Exultabunt pour basse et violoncelle solo, digne d’un JS Bach !). VOIR notre reportage vidĂ©o Györgyi Vashegyi ressuscite Les FĂȘtes de Polymnie Ă  Budapest (2014, avec Mathias Vidal et VĂ©ronique Gens, pour l’anniversaire Rameau / 250 Ăšme anniversaire).
Ici, György Vashegyi s’attaque Ă  4 d’entre eux, parmi les plus ambitieux, vrais dĂ©fis en expressivitĂ©, Ă©quilibrage, dynamique globale : les plus connus tels Nisi Dominus (1743), et De Profundis (1748), et les plus rares voire inĂ©dits : Magnus Dominus (1734, donc contemporain des Grands Motets de Rameau) et surtout Cantate Domino de 1742 (la rĂ©vĂ©lation du prĂ©sent double album). Le chef hongrois complĂšte astucieusement l’apport premier, fondateur de William Christie (qui dĂ©voilait les Dominus Regnavit, In Exitu Israel, De Profundis
 dĂšs 1996). 20 ans plus tard, György Vashegyi affirme une lecture habitĂ©e, personnelle particuliĂšrement convaincante qui touche par son Ă©tonnante cohĂ©rence et sa suavitĂ© comme son dramatisme millimĂ©trĂ©s.

 

 

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Evidemment d’emblĂ©e cette lecture n’a ni la classe ni le souffle Ă©lĂ©gantissime d’un William Christie, – artisan inĂ©galĂ© pour Rameau ou Mondonville dont il a ressuscitĂ© les Grands Motets il y a donc 20 ans dĂ©jĂ . Pourtant
 ce que rĂ©alise le chef hongrois György Vashegyi relĂšve du 
 miracle, tout simplement. C’est une passionnante relecture des Grand Motets Ă  laquelle il nous invite :  une interprĂ©tation qui convainc par sa sincĂ©ritĂ© et aussi sa franchise, Ă©vitant tout ce que l’on retrouve ordinairement chez les autres chefs trop verts ou trop ambitieux et souvent mal prĂ©parĂ©s : instabilitĂ©, maniĂ©risme, sĂ©cheresse, grandiloquence… A contrario de tout cela, l’ex assistant de Rilling ou de Gardiner possĂšde une Ă©loquence exceptionnelle des ensembles – orchestre, choeur, solistes ; une conscience des Ă©quilibres et des Ă©tagements entre les parties qui rĂ©vĂšle et confirme une Ă©tonnante pensĂ©e globale, une vision d’architecte. Le sentiment qui traverse chaque sĂ©quence, le choix des solistes dont surtout les hommes s’avĂšrent spĂ©cifiquement convaincant : le baryton Alain Buet (partenaire familier des grandes rĂ©surrection baroques Ă  Versailles) incarne une noblesse virile et une fragilitĂ© humaine, passionnante Ă  suivre ; le tĂ©nor (haute-contre) Mathias Vidal qui sait tant frĂ©mir, projeter, prendre des risques aussi tout en sculptant le verbe lyrique français, Ă©blouit littĂ©ralement dans l’articulation tendre des textes latins : chacune de ses interventions par leur engagement individualisĂ© et le souci de l’éloquence, est un modĂšle du genre ; l’immense artiste est au sommet actuellement de ses possibilitĂ©s : il serait temps enfin qu’on lui confie des rĂŽles dramatiques dans les productions lyriques digne de sa juste intuition.
Le chƓur Purcell dĂ©montre Ă  chaque production ou enregistrement initiĂ© par le chef, une science de la prĂ©cision collective, Ă  la fois autoritaire, des plus sĂ©duisantes
 sans pourtant ici atteindre au chatoiement choral des Arts Flo (inĂ©galĂ©s dans ce sens).
Souvenons nous de leur IsbĂ©, somptueux opĂ©ra du mĂȘme Mondonvile, ressuscitĂ© en mars dernier (2016), dĂ©couverte absolue et rĂ©jouissante et chef d’oeuvre lyrique qu’il a fallu Ă©couter jusqu’à Budapest pour en mesurer l’éclat, le raffinement, l’originalitĂ© (qui prĂ©figure comme chez Rameau, la comĂ©die musicale française Ă  venir
). L’opĂ©ra donnĂ© en version de concert a Ă©tĂ© l’une des grandes rĂ©vĂ©lations de ces derniĂšres annĂ©es.

Jean-Joseph_CassanĂ©a_de_Mondonville_(original_replica)_by_Maurice_Quentin_de_La_TourDe toute Ă©vidence, la sensibilitĂ© du chef György Vashegyi dispose Ă  Budapest d’un collectif admirablement inspirĂ©, avec propre Ă  sa direction, une exigence quant Ă  la clartĂ©, Ă  une absolue sobriĂ©tĂ© qui fouille le dĂ©tail, au risque parfois de perdre le souffle et la tension
 sans omettre la caractĂ©risation, moins contrastĂ©e moins spectaculaire et profonde que chez William Christie qui faisait de chaque Ă©pisode une peinture d’histoire, un drame, une cosmogonie humaine d’une tenue irrĂ©sistible, d’une gravitĂ© saisissante.
Cependant la lecture de György Vashegyi dĂ©ploie de rĂ©elles affinitĂ©s avec la musique baroque française ; d’Helmut Rilling, il a acquis une prĂ©cision impressionnante dans l’architecture globale ; de Gardiner, un souci de l’expressivitĂ© juste. Les qualitĂ©s d’une telle vision savent ciseler le chant des instruments avec une grande justesse poĂ©tique : car ici la virtuositĂ© de l’orchestre est au moins Ă©gale Ă  celle des voix. ‹Les spectateurs et auditeurs Ă  la Chapelle royale de Versailles le savaient bien, tous venaient Ă  l’Ă©glise Ă©couter Mondonville comme on va Ă  l’opĂ©ra. Le drame et le souffle manquent parfois ici, – point faible qui creuse l’écart avec Les Arts Flo, en particulier dans les choeurs fuguĂ©s : Requiem aeternam du De Profundis de 1748, un peu faible – mais tension redoublĂ©e, davantage exaltĂ©e du Gloria Patri dans le Motet de 1734.
Cependant Ă  Budapest, l’esthĂ©tique toute en retenue, mettant surtout le français au devant de la scĂšne, se justifie pleinement, en cohĂ©rence comme en expressivitĂ©. Vashegyi sait construire un Ă©difice musical dont la ferveur, la cohĂ©sion sonore et le feu touchent ; comptant par l’engagement de ses solistes particuliĂšrement impliquĂ©s, soignant chacun leur articulation 
RĂ©serve : dommage que la haute-contre Jeffrey Thompson manque de justesse dans ses aigus souvent dĂ©timbrĂ©s et tirĂ©s : Ă  cause de ses dĂ©faillances manifestes, le chanteur est hors sujet et déçoit considĂ©rablement dĂšs son grand rĂ©cit avec choeur : Magnus Dominus, dĂ©but du Magnus Dominus de 1734 ; surtout dans son rĂ©cit avec choeur : Laudent nomen ejus ... en totale dĂ©route et faillite sur le plan de la justesse ; il aurait fallu reprendre en une autre session ce qui relĂšve de l’amateurisme. Erreur de casting qui revient Ă  la supervision artistique de l’enregistrement.

vashegy gyorgyi 7564019_7dd0b09a6e13299277c488951c57b2a1_wmORCHESTRE SUPERLATIF. Heureusement ce que rĂ©alise le chef Ă  l’orchestre saisit par sa prĂ©cision et lĂ  encore, son sens des Ă©quilibres (hautbois accompagnant le dessus dans la section qui suit). Confirmant un dĂ©faut principal dĂ©jĂ  constatĂ© dans ses prĂ©cĂ©dentes gravures, Chantal Santon n’articule pas – mĂȘme si ses vocalises sont aĂ©riennes et d’une fluiditĂ© toute miellĂ©e ; la Française ne partage pas cette diction piquante qui fait tout le sel de sa consƓur Daniela Skorva, ex laurĂ©ate du Jardin des voix de William Christie (sĂ»retĂ© idĂ©ale du Quia beneplacitum du Cantate Dominum). Le meilleur dramatique et expressif du choeur se dĂ©voile dans la rhĂ©torique maĂźtrisĂ©e du choeur spectaculaire « Ipsi videntes  » : acuitĂ© perçante du choeur et surtout agilitĂ© prĂ©cise de l’orchestre. L’un des apports de l’album tient au choix des Motets : ce Magnus Dominus de 1734, est le moins connu ; dans l’écriture, moins spectaculaire que les autres (malgrĂ© l’Ipsi videntes prĂ©cĂ©demment citĂ© et sa fureur chorale), ne dĂ©ployant pas ce souffle expressif d’une sĂ©quence Ă  l’autre.

DEFIS RELEVÉS. La plus grande rĂ©ussite s’impose dans les deux Motets du cd2 : Cantate Domino (1742) et Nisi Dominus (1743). Le geste s’impose Ă  l’orchestre : ample, suave, d’une articulation souveraine (dĂ©but du Nisi ; intĂ©rioritĂ© calibrĂ©e dans Cantate Domino et le solo de violoncelle de l’exaltabunt
). Vocalement, il est heureux que le chef ait dĂ©fendu l’option de solistes français car ici c’est la langue et sa dĂ©clamation naturelle qui articulent tout l’édifice musical. Le sens du verbe, l’intelligence rhĂ©torique et discursive, la mise en place se distinguent indiscutablement. Et jusque lĂ  instable, la haute-contre Jeffrey Thompson reprend le dessus avec un panache recouvrĂ© dans la tenue prosodique hallucinante de l’ultime Ă©pisode de Cantate Domino. Le Trio du mĂȘme motet s’impose comme une autre rĂ©vĂ©lation : 3 voix tĂ©moins qui touchent par leur humanitĂ© terrassĂ©e (Ad Alligandos Reges – expression de la force des Ă©lus de Dieu-, dont l’expressivitĂ© Ă  trois, sonne comme un temps dramatique suspendu d’un profondeur inĂ©dite).

VIDAL Mathias haute contre tenor francais portrait critique presentation classiquenews accueilARDENT, PERCUTANT MATHIAS VIDAL. Dans le Nisi Dominus, on ne saurait trop souligner la justesse stylistique des deux solistes dans ce sens, Alain Buet et Mathias Vidal, dont l’assise et l’expressivitĂ© mesurĂ©e alliĂ©es Ă  un exemplaire sens du verbe apportent un Ă©clairage superlatif sur le plan de l’incarnation : la couleur et le timbre font de chacun de leur rĂ©cit non pas une dĂ©claration/dĂ©clamation sophistiquĂ©e et pĂ©dante, mais un tĂ©moignage humain, fortement individualisĂ©, Ă©clat intĂ©rieur et drame intime que ne partagent absolument pas leur partenaires, surtout fĂ©minins (autant de caractĂšre distincts qui font d’ailleurs l’attrait particulier du duo dessus / basse-taille et choeur du « Vanum est vobis »). Le rĂ©cit pour haute-contre : « Cum delectis » affirme la maĂźtrise stupĂ©fiante de MATHIAS VIDAL dans la caractĂ©risation, l’éloquence, l’articulation, le style. Le chanteur diffuse des aigus tenus, timbrĂ©s, mordants d’une intensitĂ© admirable. Certes acide parfois (ce que nous apprĂ©cions justement par sa singularitĂ© propre), le timbre du Français projette le texte avec une franchise et une clartĂ© exemplaire (« merces fructus ventris » ), trouvant un Ă©quilibre idĂ©al entre drame et ferveur : Mathias Vidal mord dans chaque mot, en restitue la saveur gutturale, le jeu des consonnes avec une rare intelligence
 expression la plus juste d’un texte de certitude qui cĂ©lĂšbre la gĂ©nĂ©rositĂ© divine ; Ă  ses cĂŽtĂ©s, chef et orchestre offrent le meilleur dans cette vision lumineuse, prĂ©cise, d’une architecture limpide et puissante. Toute la modernitĂ© Ă©ruptive et spectaculaire de Mondonville Ă©clate littĂ©ralement dans le choeur « Sicut sagittae » dont le chef fait un duo passionnant entre chanteurs (droits, sĂ»rs, lĂ  aussi d’une prĂ©cision collective parfaite) et orchestre. Plus habitĂ© et sĂ»r sur le plan de la justesse, Jeffrey Thompson – qui a chantĂ© sous la direction de William Christie dans le motet In Convertendo (absent du prĂ©sent coffret), convainc davantage (moins exposĂ© dans les aigus) dans le Non confundetur final, qui n’est que verbe et travail linguistique, un prolongement du gĂ©nie du Rameau de PlatĂ©e. Chef, chanteurs, instrumentistes prennent tous les risques dans cette sĂ©quence oĂč ils se lĂącheraient presque, alliant souffle et majestĂ©, deux qualitĂ©s qui faisaient la rĂ©ussite des Arts Flo.

vasgehyi gyorgy maitre du baroque francais review presentation critique classiquenews 7564039_49590ebf43acd665399c35834a4ee143_wmCOMPLEMENT ESSENTIEL. VoilĂ  donc un coffret qui complĂšte notre connaissance des Grands Motets de Mondonville, rĂ©vĂ©lant la science dramatique et fervente de deux opus moins connus : Magnus Dominus de 1734 et Cantate Domino de 1742. Une lecture superlative malgrĂ© les petites rĂ©serves exprimĂ©es. De toute Ă©vidence, c’est le goĂ»t et la mesure du chef György Vashegyi qui s’imposent ici par son intelligence, sa probitĂ©, sa passion de la clartĂ© expressive. DĂ©sormais Ă  Budapest rĂšgne une comprĂ©hension exceptionnelle du Baroque Français : c’est le fruit d’un travail spĂ©cifique dĂ©fendu par un connaisseur passionnant. Superbe rĂ©alisation qui rend justice au gĂ©nie de Mondonville. N’hĂ©sitez plus, s’il vous manquait un argument ou un prĂ©texte pour un prochain sĂ©jour Ă  Budapest, profitez d’un concert du chef György Vashegyi au MUPA (salle de concerts nationale) pour visitez la citĂ© hongroise, nouveau foyer baroque Ă  suivre absolument. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016.

 

 

 

CLIC-de-classiquenews-les-meilleurs-cd-dvd-livres-spectacles-250-250CD, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi. 2 cd Glossa GCD 923508 – DurĂ©e : 43:20 + 52:47 – Enregistrement Ă  Budapest (BĂ©la BartĂłk National Concert Hall, MÜPA), Hongrie, les 2-4 novembre 2015. TrĂšs bonne prise de son, claire, aĂ©rĂ©e, respectant l’équilibre soistes, choeurs, orchestre dĂ©fendu dans son geste et son esthĂ©tique par le chef hongrois, György Vashegy. Un prochain concert Ă  Versailles est annoncĂ© au second semestre 2016, prochain Ă©vĂ©nement au concert prĂ©sentĂ© par ChĂąteau de Versailles spectacles. A suivre prochainement sur classiquenews.com

 

 

 

JEAN-JOSEPH DE MONDONVILLE : Grands Motets

CD I
De profundis (1748)
01 ChƓur: De profundis clamavi
02 RĂ©cit de basse-taille: Fiant aures
03 RĂ©cit de haute-contre: Quia apud te propitiatio
04 ChƓur: A custodia matutina
05 RĂ©cit de dessus: Quia apud Dominum
06 RĂ©cit de dessus et chƓur: Et ipse redimet IsraĂ«l
07 ChƓur: Requiem éternam

Magnus Dominus (1734)
08 RĂ©cit de haute-contre et chƓur: Magnus Dominus
09 RĂ©cit de dessus: Deus in domibus ejus cognoscetur
10 ChƓur: Ipsi videntes sic admirati sunt
11 RĂ©cit de dessus: Secundum nomen tuum
12 RĂ©cit de dessus et chƓur: LĂŠtetur mons Sion
13 Duo de dessus: Quoniam hic est Deus
14 ChƓur: Gloria Patri

CD II
Nisi Dominus (1743)
01 RĂ©cit de basse-taille: Nisi Dominus
02 Duo de dessus et basse-taille et chƓur: Vanum est vobis
03 RĂ©cit de haute-contre: Cum dederit dilectis
04 ChƓur: Sicut sagitté
05 Duo de basses-tailles: Beatus vir
06 Air de basse-taille et chƓur: Non confundetur

Cantate Domino (1742)
07 ChƓur: Cantate Domino
08 Duo de dessus: LÊtetur Israël
09 RĂ©cit de haute-contre: Adorate et invocate
10 RĂ©cit de haute-contre et chƓur: Laudent nomen ejus
11 RĂ©cit de dessus: Quia beneplacitum
12 RĂ©cit de basse-taille: Exultabunt sancti in gloria
13 ChƓur: Exaltationes Dei
14 Trio de dessus, haute-contre et basse-taille: Ad alligandos Reges
15 ChƓur: Gloria Patri
16 Duo de haute-contre et basse-taille et chƓur: Sicut erat in principio

—

Chantal Santon-Jeffery, dessus
Daniela Skorka, dessus
Mathias Vidal, haute-contre
Jeffrey Thompson, haute-contre
Alain Buet, basse-taille
Purcell Choir
Orfeo Orchestra
György Vashegyi, direction musicale

 

 

 

 

 

Approfondir
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30 mai – 7 juin 2016

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OpĂ©ra d’état de BaviĂšre, Munich
les 24, 26, 27, 29 et 30 juillet 2016

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LIRE aussi Isbé de Mondonville ressuscite grùce au tempérament du chef György Vashegyi à Budapest (mars 2016)

Compte rendu critique, opĂ©ra. Budapest, MUPA, le 6 mars 2016. Mondonville : IsbĂ©, 1742. RecrĂ©ation (version de concert). Katherine Watson, Thomas DoliĂ©… György Vashegyi, direction.

koncert-20150115-13633-vashegyi-gyorgy-es-az-orfeo-zenekar-btf-original-61372Depuis presque 30 ans dĂ©jĂ , le chef hongrois György Vashegyi dĂ©fend l’interprĂ©tation baroque historiquement informĂ©e depuis Budapest ; une activitĂ© mĂ©connue ici en France et pourtant d’une acuitĂ© fĂ©conde qui compte dĂ©jĂ  de nombreuses rĂ©alisations plutĂŽt convaincantes. L’an dernier pour les cĂ©lĂ©brations Rameau, si le chef et ses troupes ne sont pas venus jusqu’Ă  Versailles, ils ont cependant ressuscitĂ© la pastorale hĂ©roĂŻque, Les FĂȘtes de Polymnie du Dijonais, grĂące Ă  un disque dĂ©sormais capitale, couronnĂ© par le CLIC de CLASSIQUENEWS (parution de fĂ©vrier 2015). On y soulignait ce sens de la clartĂ© et de l’Ă©loquence articulĂ©e, un bel Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral (chƓur, orchestre et solistes) ; l’efficacitĂ© d’une direction soucieuse d’unitĂ© comme de cohĂ©rence. S’y dĂ©ploie le fonctionnement d’une “machine” collective, bien rodĂ©e dĂ©sormais : orchestre sur instruments d’Ă©poque (Orfeo Zenekar) et choeur formĂ© Ă  l’articulation baroque (Purcell Korus), deux effectifs complĂ©mentaires crĂ©Ă©s par le chef dĂšs ses premiers pas au concert au dĂ©but des annĂ©es 1990.

L’ex assistant de Gardiner, – celui qui fut confirmĂ© dans sa passion de Jean-SĂ©bastien Bach (il en connaĂźt chaque cantate) grĂące Ă  l’illustre Helmut Rilling (son autre mentor), prĂ©sente au MUPA, vaste concert hall de la capitale hongroise, une sĂ©rie de concerts, dans le cadre d’un festival de musique ancienne et baroque, dont mars 2016 marque la 2Ăš Ă©dition.
La France est Ă  l’honneur cette annĂ©e au MUPA (le nom du site culturel dont la gestion relĂšve de l’Etat hongrois, et qui compte en plus des cycles de musique ancienne et baroque, un musĂ©e d’art contemporain, et le lieu de rĂ©sidence du Ballet national et du Philharmonique hongrois) ; car aprĂšs l’Ă©tonnante rĂ©surrection lyrique Ă  laquelle nous venons d’assister, se tiendra en septembre 2016, un nouveau festival dĂ©diĂ© cette fois plus gĂ©nĂ©reusement Ă  la France.

 

Jean-Joseph_CassanĂ©a_de_Mondonville_(original_replica)_by_Maurice_Quentin_de_La_TourISBE DE MONDONVILLE, PASSIONNANTE REDECOUVERTE. Pour l’heure en cette soirĂ©e du 6 mars dernier, c’est un chef d’oeuvre oubliĂ© du languedocien Jean-Joseph CassanĂ©a de Mondonville (1711-1772 : soit presque l’exact contemporain du napolitain Jommelli) qui s’offre Ă  l’Ă©coute, premiĂšre mondiale ou plus justement recrĂ©ation sur instruments d’Ă©poque. Violoniste virtuose, auteur adulĂ© pour ses Grands Motets (qui ont fait la fortune du Concert Spirituel, et aussi e sujet d’une prĂ©cĂ©dente rĂ©surrection orchestrĂ©e par William Christie), Mondonville affirme un superbe tempĂ©rament dramatique, d’une indiscutable originalitĂ©, alliant puissance thĂ©Ăątrale, vitalitĂ© rythmique, grande sĂ©duction mĂ©lodique; surtout vision architecturale que son contemporain, incontournable rival, Rameau, ne possĂšde pas avec autant de maĂźtrise (on imagine dĂ©jĂ  la rĂ©sistance outrĂ©e des puristes ramistes confrontĂ©e Ă  ce nouveau jugement). De fait, le concert de Budapest confirme ce que les opĂ©ras dĂ©jĂ  connus du compositeur (Titon et l’aurore de 1753, ou Les FĂȘtes de Paphos de 1758…) ont indiquĂ© Ă  leur Ă©poque : Mondonville est un gĂ©nie du drame lyrique dont on apprĂ©cie ainsi de mesurer Ă  sa juste valeur la cohĂ©rence et l’indiscutable originalitĂ© de l’Ă©criture.

A Budapest, le chef hongrois György Vashegyi ressuscite avec cohérence

Mondonville, génie lyrique enfin révélé

 

RSBA-ThomasDolie5(C)AlixLaveau_displayADAMAS, VRAI PROTAGONISTE DE LA PARTITION DE 1742. PĂ©pite surgissant d’un plateau aux profils convenus, c’est Ă  dire vrai personnage ayant de l’Ă©paisseur psychologique, le traitement d’Adamas (baryton) annonce tous les politiques porteurs de clĂ©mence et de pardon fraternel, tels que l’opĂ©ra de la fin du XVIIIĂš saura bientĂŽt les imposer Ă  la scĂšne, selon l’idĂ©al des LumiĂšres. Bien qu’il aime IsbĂ©, le grand prĂȘtre sait maĂźtriser ses passions et point culminant de la partition, accepte de laisser la belle dans les bras d’un autre (Coridon : articulĂ© mais un peu lisse Reinoud von Mechelen : on aurait mieux suivi ici le chant plus engagĂ© d’un Mathias Vidal, autrement plus nerveux et mordant, en particulier dans la scĂšne du sacrifice oĂč les deux jeunes Ăąmes rĂ©vĂ©lĂ©es Ă  l’amour s’offrent Ă  la mort pour Ă©pargner l’autre). Si tous les personnages restent dans le mĂȘme registre expressif, Adamas se montre Ă  diffĂ©rents angles, d’une force et d’une intensitĂ© rare, aux rĂ©citatifs en majoritĂ©s accompagnĂ©s d’une exceptionnelle beautĂ© ; c’est de toute Ă©vidence lui dont l’opĂ©ra aurait du porter le nom. La tempĂȘte aux cordes, d’une inspiration et d’une fougue toute vivaldienne, s’identifie alors aux tourments intĂ©rieurs de l’amoureux impuissant : on a rarement vĂ©cu une telle assimilation d’un personnage aux forces vives de l’orchestre. Certes les plus pinailleurs regretteront une orchestration infiniment moins raffinĂ©e que Rameau (quoique), mais le souffle de l’architecture, les choix poĂ©tiques privilĂ©giant nettement le chant de l’orchestre et ses aptitudes atmosphĂ©riques affirment le saisissant gĂ©nie d’un Mondonville, d’une vraie carrure dramaturgique, gĂ©nial dans sa caractĂ©risation psychologique, Ă  redĂ©couvrir d’urgence; la couleur mĂąle, l’intĂ©rioritĂ© subtile avec lesquelles le baryton Thomas DoliĂ© (photo ci dessus) saisit son personnage, demeurent Ă©poustouflantes : un chant semĂ© de naturel et d’impact Ă©motionnel qui savent rĂ©vĂ©ler et dĂ©ployer la profondeur comme la finesse du rĂŽle. Mais, dĂ©jĂ  dans Les FĂȘtes de Polymnie (SĂ©leucus), nous avions relevĂ© la finesse de son approche, alliant Ă  la diffĂ©rence de ses partenaires, intelligibilitĂ©, relief linguistique, exceptionnelle implication dramatique, le tout, – profil du personnage oblige-, avec une noblesse de style et une intensitĂ© qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©es captivantes. Le protagoniste de cette rĂ©surrection admirable, c’est lui.

A ses cĂŽtĂ©s, dolente, languissante, possĂ©dĂ©e par un dĂ©sir qui lui fait peur, l’IsbĂ© de Katherine Watson (presque tous ses airs ouvrent chacun des actes) a l’Ă©lĂ©gance d’une fĂ©minitĂ© angĂ©lique, plus lumineuse qu’ardente, dont la douceur – tragique et intense du timbre s’impose naturellement. A contrario, en coquette dĂ©lurĂ©e / dĂ©jantĂ©e, la soprano Chantal Santon se distingue tout autant en une incarnation de l’amour plus dĂ©sinvolte et insouciante. Mais on avoue ĂȘtre plus Ă©mus voire troublĂ©s par l’excellente diction de l’Ă©cossaise Rachel Redmond qui dans cette arĂ©opage de cƓurs Ă©prouvĂ©s solitaires, sait enfin exprimer l’Ă©clat rayonnant d’un amour partagĂ© qui ne se cache pas : comme Thomas DoliĂ©, Rachel Redmond touche sans limite par son exquise tendresse articulĂ©e, un timbre qui sait trouver d’ineffable rondeur dans les aigus les plus perchĂ©s. De mĂȘme la mezzo Blandine Folio-Peres, engagĂ©e percutante, fait une sorciĂšre magicienne (CĂ©phise) qui impose piquant et personnalitĂ©. ImpliquĂ©e par l’enjeu dramatique de chaque situation, l’excellent Alain Buet confirme toujours ses affinitĂ©s avec le thĂ©Ăątre baroque français : il est en Iphis un caractĂšre toujours naturellement expressif, et bonus dĂ©lectable, intelligible.

Le formidable choeur Purcell (Purcell KĂłrus) traduit la passion de son chef fondateur pour l’articulation d’un français fin, racĂ©, d’une ambition intelligible, souvent trĂšs juste.

L’orchestre de son cĂŽtĂ© (Orfeo Zenekar) en particulier les violons trĂšs exposĂ©s (Mondonville n’est pas violoniste surdouĂ© pour rien) affirme un tempĂ©rament taillĂ© pour le thĂ©Ăątre : pas d’altos mais un chƓur renforcĂ© de cordes aiguĂ«s dont l’unisson et la motricitĂ© font mouche dans toutes les vagues impĂ©tueuses d’une partition des plus vertigineuses. La tenue des bois et des vents (flĂ»tes omniprĂ©sentes) en revanche laisse clairement Ă  dĂ©sirer; la conception du drame lyrique, l’enchaĂźnement des sĂ©quences, l’agencement des scĂšnes chorales, des intermĂšdes orchestraux, l’intelligence d’une Ă©criture flamboyante mais pas creuse emporte les 3 derniers actes. Jusqu’au final amoureux, duo des deux amants enfin confessĂ©s (Coridon / IsbĂ©) qui mĂȘlĂ©s au choeur et Ă  tout l’orchestre, rejoint la fiĂšvre incandescente des Grands Motets. On peut certes regretter une direction parfois trop lisse et sage, mais le souci de l’Ă©loquence demeure l’argument le plus convaincant de cette recrĂ©ation.

 

 

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MĂȘme en version de concert (mais au juste, qu’aurait apportĂ© de plus – Ă  part la restitution visuelle des ballets et des divertissements, une production scĂ©nique?), l’ouvrage de Mondonville captive de bout en bout. IsbĂ© crĂ©Ă© en 1742 est contemporaine de la reprise d’Hippolyte et Aricie de Rameau (crĂ©Ă© en 1733), avec la restitution du fameux Trio des Parques aux impossibles vertiges harmoniques. Mondonville curieux et scrupuleux de ce que faisaient ses contemporains, met en scĂšne lui aussi un trio de voix masculines. InĂ©vitablement comparĂ© Ă  Rameau, Mondonville se distingue pourtant sans difficultĂ©s : son Ă©criture apporte un autre type d’Ă©clat, un autre point d’accomplissement d’une exceptionnelle cohĂ©rence. C’est cette unitĂ© de la vision globale qui fusionne mieux qu’ailleurs (Ballets, divertissements, intermĂšdes…) la continuitĂ© du drame, qui surprend et convainc totalement. En cela, Mondonville annonce Gluck, par son souci du drame, avant l’essor des tableaux pris sĂ©parĂ©ment.
Artistiquement cette recrĂ©ation fait mouche et montre encore l’ampleur des redĂ©couvertes possibles s’agissant du XVIIIĂš Français. C’est Ă©videmment un Ă©vĂ©nement baroque dans l’agenda 2016 et l’on attend avec impatience le disque qui prolongera cette formidable redĂ©couverte.

 

 

RecrĂ©ation d’IsbĂ© de Mondonville (1742) au MUPA, Palais des Arts de Budapest, le 6 mars 2016.

Katherine Watson : Isbé
Reinoud Van Mechelen : Coridon
Thomas Dolié : Adamas
Chantal Santon-Jeffery : Charite
Alain Buet : Iphis, hamadryade 3
Blandine Folio-Peres : CĂ©phise
Rachel Redmond : Amour, Egy, ClymĂšne
Artavazd Sargsyan : Tircis, Hamadryade 1
KomĂĄromi MĂĄrton : Hamadryade 2

Orfeo Zenekar
Purcell KĂłrus
Vashegyi György, direction

Compte rendu, opéra. Budapest, MUPA, le 6 mars 2016. Mondonville : Isbé. György Vashegy, direction. Coproduction Orfeo, CMBV.

VISITER le site du MUPA Budapest, Palais des Arts de Budapest

VIDEO : voir notre reportage exclusif Les FĂȘtes de Polymnie de Rameau, extraits musicaux de la production dirigĂ©e en Hongrie par György Vashegyi

BUDAPEST : György Vashegyi ressuscite Isbé de Mondonville (1742)

Jean-Joseph_CassanĂ©a_de_Mondonville_(original_replica)_by_Maurice_Quentin_de_La_TourBUDAPEST, 6 mars 2016. IsbĂ© de Mondonville (1742, recrĂ©ation). Nouveau volet majeur des recrĂ©ations baroque françaises sous la direction du chef hongrois, György Vashegyi Ă  Budapest. Initiateur de la redĂ©couverte de Rameau Ă  Budapest, le chef Vashegyi, ex assistant de John Eliot Gardiner, ressuscite le 6 mars prochain l’opĂ©ra oubliĂ© du grand rival de Rameau sous le rĂšgne de Louis XV, IsbĂ© du provençal Joseph CassĂ©na de Mondonville, nĂ© languedocien (1711-1772) dont le caractĂšre flamboyant et raffinĂ© illustre aussi l’Ăąge d’or de la musique française des LumiĂšres.  En tĂ©moigne son opĂ©ra IsbĂ©, jouĂ©e en version de concert, et chantĂ© Ă  Budapest par un plateau de chanteurs français dont les deux voix Ă  suivre particuliĂšrement, celles de la soprano britannique Katherine Watson (IsbĂ©) et l’excellent baryton Thomas DoliĂ© (Adamas). CrĂ©Ă© en 1742, IsbĂ© est le premier ouvrage lyrique d’un Mondonville trentenaire, dramatiquement Ă©loquent et instrumentalement gĂ©nĂ©reux dont le gĂ©nie de la caractĂ©risation, la grande sĂ©duction orchestrale comme le sens des mĂ©lodies vocales devraient convaincre Ă  Budapest. IsbĂ© est une partition contemporaine de l’ascension du compositeur, personnalitĂ© devenue incontournable du Versailles de Louis XV (comme Colin de Blamont ou Destouches, il compose aussi plusieurs ouvrages pour les Concerts de la Reine, ainsi IsbĂ© est jouĂ© devant la Reine dans ses petits appartement versaillais en juin 1742, aprĂšs les reprĂ©sentations Ă  l’AcadĂ©mie royale de musique) : nommĂ© violoniste de la Chapelle et de la chambre, puis Intendant en 1744. IsbĂ© prĂ©cĂšde ses grands succĂšs lyrique tels que Le Carnaval du Parnasse (en rĂ©alitĂ© ballet hĂ©roĂŻque, 1749) et Titon et l’Aurore (1753).
On connaĂźt ses Grands Motets, rĂ©vĂ©lĂ©s par William Christie, Ă  la fois puissant et d’une bouleversante Ă©nergie funĂšbre, qui font surgir Ă  l’Ă©glise, la force expressive de l’opĂ©ra. Mondonville possĂšde le sens du drame, le sens de la grandeur et tout autant, la profondeur comme l’Ă©quilibre. MaĂźtre de chƓur de la Chapelle royale de Versailles, excellent violoniste (un portrait fameux de Maurice Quentin Latour datĂ© de 1747, fixe ses traits souriants avec l’instrument), Mondonville fournit aussi la plupart de la musique pour les concerts trĂšs prisĂ©s du Concert Spirituel. C’est une immense personnalitĂ© du monde musical de la France des LumiĂšres qui est ainsi rĂ©estimĂ©e grĂące au chef hongrois qui de rĂ©alisation en programme, ne cesse d’affirmer ses affinitĂ©s avec l’art baroque français.

 

 

 

 

vashegyi Gyorgy VashegyiEVASION. Un week end à Budapest avec Isbé de Mondonville. Mondonville, Isbé à Budapest, recréation (version de concert)
Budapest, Palais des Arts / Palace of Arts
BĂ©la Bartok National Concert Hall
Dimanche 6 mars 2016, 18h-22h

La recrĂ©ation d’IsbĂ© de Mondonville profite de quelques chanteurs vraiment convaincants dont Ă©videmment dans le rĂŽle titre Katherine Watson (si la soprano articule son français) et le trĂšs naturel et souple baryton français Thomas DoliĂ© (dĂ©jĂ  Ă©coutĂ© Ă  Budapest dans Les FĂȘtes de Polymnie de Rameau en 2015)…

Katherine Watson, Isbé,
Chantal Santon-Jeffery, Charite, la Volupté
Blandine Folio-Peres, Céphise, la Mode
Rachel Redmond, L’Amour, une Bergùre, Climùne, une Nymphe
Reinoud Van Mechelen, Coridon
Thomas Dolié, Adamas
Alain Buet, Iphis,  Hamadryade 3
Artavazd Sargsyan, Tircis, Hamadryade 1, un dieu des bois
Mårton Komåromi, Hamadryade 2
Purcell Choir
Orfeo Orchestra
György Vashegyi, direction musicale

 

 

VOIR aussi notre reportage vidéo JOUER MONDOVILLE A RIO par Bruno Procopio (septembre 2015)

William Christie dirige Mondonville

William Christie joue les Grands Motets de Mondonville (Versailles, octobre 2014)

 

 

Gyorgy Vashegyi dirige Purcell en direct sur internet

koncert-20150115-13633-vashegyi-gyorgy-es-az-orfeo-zenekar-btf-original-61372En direct sur internet. Fairy Queen en direct sur internet, ce jour 19h30 sur le www.mupa.hu. C’est le chef dont on parle en Hongrie : Gyorgy Vashegyi, qui a dirigĂ© de mains de maĂźtre Les FĂȘtes de Polymnie de Rameau en 2015 (l’un des meilleurs apports de l’annĂ©e Rameau Ă  ce jour, avec le programme Rameau par le jeune ensemble ZaĂŻs de BenoĂźt Babel : 2 disques ” CLIC” de CLASSIQUENEWS en 2014 et 2015), rĂ©alise en direct sur internet ce soir, 19h30 sur le site du Palais des Arts De Budapest (www. mupa.hu), la fantaisie lyrique Fairy Queen d’Henry Purcell. MĂ©ticuleux et dramatique, le maestro sait rĂ©vĂ©lĂ© trĂšs convaincant dans Rameau mais aussi dans plusieurs programmes de musique baroque dont le style lui convient indiscutablement. Direction structurĂ©e et finement caractĂ©risĂ©e, souci de l’articulation, intelligence dramatique, Gyorgy Vashegyi devrait particuliĂšrement rĂ©ussir cette nouvelle production de Fairy Queen. Avec son ensemble instrumental Orfeo Orchestra (sur instruments d’Ă©poque), mais aussi une plĂ©ĂŻade de jeunes solistes particuliĂšrement impliquĂ©s dans l’art du chant ardent et articulĂ©, Gyorgy Vashegyi devrait dĂ©fendre la lyre purcellienne avec la finesse stylistique et les vertiges expressifs requis. Ce Purcell accessible sur internet devrait compter dans la maturitĂ© et l’enrichissement interprĂ©tatif de l’Ă©quipe rĂ©unie pour Fairy Queen. Gyorgy Vashegyi se passionne actuellement pour les oratorios de Michael Haydn, un compositeur dramatique injustement mĂ©sestimĂ©.

VOIR le direct Fairy Queen sur www.mupa.hu

Adriåna Kalafszky, Ágnes Kovåcs, Ágnes Pintér (sopranos)
Péter Båråny, Zoltån Gavodi (contre-ténors)
Mårton Komåromi, Zoltån Megyesi (ténors)
Ákos Borka, Dåvid Csizmår (basses)

Purcell Chorus,
Orfeo Orchestra (sur instruments d’Ă©poque)

Simon Standage, premier violon

György Vashegyi, direction musicale

Purcell-portraitFAIRY QUEEN de PURCELL. Le Songe d’une nuit d’étĂ© du grand William (Shakespeare), devient The Fairy Queen, une fĂ©erie musicale et thĂ©Ăątrale, semi-opĂ©ra (genre emblĂ©matique de l’art musical britannique des derniers Stuart dont Purcell est le meilleur ambassadeur.) L’ouvrage du musicien britannique mort en 1696, Ă  seulement 36 ans, a Ă©tĂ© crĂ©Ă© le 2 mai 1692 au thĂ©Ăątre de la Reine Ă  Londres. Le sujet a sĂ©duit aprĂšs Purcell, Mendelssohn et aussi Britten. Les souverains Oberon et Titiana, roi et reine des elfes, se disputent un jeune page. La forĂȘt qu’ils habitent devient lieu des enchantements et des envoĂ»tements oĂč chacun fait l’expĂ©rience de la soumission et de la perte de son identitĂ© profonde. En un parcours initiatique et mĂ©taphorique, chacun revient Ă  la rĂ©alitĂ©, comme purifiĂ© aprĂšs un rite poĂ©tique dĂ©cisif. Il s’agit moins d’une action cohĂ©rente que d’une succession de tableaux oniriques qui inscrit la partition dans une recherche d’atmosphĂšres, celles de la nuit propice aux rĂ©vĂ©lations et aux mĂ©tamorphoses
 Propre Ă  l’esthĂ©tique Baroque, de vertiges en songes, d’illusions en vertiges, toujours se perdre pour mieux se retrouver et se connaĂźtre.

CD

LIRE notre critique complĂšte des FĂȘtes de Polymnie par Gyorgy Vasheguy

LIRE notre critique complĂšte du disque RAMEAU / HANDEL par ZaĂŻs, Paul Goussot et BenoĂźt Babel

Ariadne auf Naxos Ă  Budapest

hofmannsthal Hugo_von_Hofmannsthal richard straussBudapest. Hungarian State Opera (Hongrie). Strauss: Ariadne auf Naxos. Les 20,22,27,29 mars 2015. CrĂ©Ă© juste avant la premiĂšre guerre (crĂ©ation Ă  Stuttgart en octobre 1912, puis dans sa version dĂ©finitive Ă  Vienne en octobre 1916 pendant le conflit), Ariadne est d’abord une comĂ©die dĂ©licatement irrĂ©vĂ©rencieuse, oĂč le duo Strauss et son librettiste Hugo von Hofmmansthal rivalise avec l’intelligence Ă  quatre mains de MoliĂšre et Lully. Les deux germaniques ont toujours cultivĂ© leur admiration pour le Baroque Français : ils y ont puisĂ© une source formellement crĂ©ative pour jouer avec les forme thĂ©Ăątrales et lyriques.

Il s’agit d’associer une troupe de comĂ©diens italiens plutĂŽt comiques, Ă  l’action tragique d’Arianne abandonnĂ©e par ThĂ©sĂ©e sur l’Ăźle de Naxos puis ressuscitĂ©e Ă  la vie grĂące Ă  sa rencontre avec Bacchus… le lamento d’Arianne rencontre l’insouciance ivre et Ă©chevelĂ©e de Zerbinette ; voici deux figures fĂ©minines apparemment opposĂ©es et contradictoires mais pas tant que cela : Ariane reste inconsolable aprĂšs avoir Ă©tĂ© trahie par ThĂ©sĂ©e ; Zerbinette l’exhorte Ă  jouir de l’instant prĂ©sent et de multiplier les aventures tant que le coeur le lui inspire. Seul le vĂ©ritable amour se fera connaĂźtre…

La Femme sans ombre de Richard StraussThĂ©Ăątre dans le thĂ©Ăątre, les auteurs imaginent la prĂ©paration de l’opĂ©ra dans les coulisses, brossant une galerie de portrait dĂ©jantĂ© des interprĂštes hors scĂšne : la primadonna, les acteurs secondaires, surtout le compositeur (sorte de jeune Mozart), passionnĂ© et dĂ©fenseur radical de son art… La premiĂšre version de 1912 Ă©tait encore maladroite : il s’agissait de faire succĂ©der Ă  la piĂšce du Bourgeois gentilhomme de MoliĂšre, le divertissement chantĂ© conçu par Strauss et Hofmannsthal. Dans le version finale de 1916, les deux fusionnent totalement et l’opĂ©ra reprend ses droits infĂ©odant Ă  l’architecture globale, ses rĂšgles de dĂ©veloppement habituel.  Mais avec un sens du timing recouvrĂ© : Monsieur Jourdain devenu le plus riche mĂ©cĂšne de la ville, ordonne que la reprĂ©sentation commence sans dĂ©lai afin que l’on donne le feu d’artifice programmĂ© de la longue date et Ă  l’heure annoncĂ©e. Soit un prologue qui rĂ©unit tous les artistes de la troupe avant la reprĂ©sentation, puis la soirĂ©e lyrique proprement dite oĂč trouvaille gĂ©niale, troupe comique et personnages tragiques sont imbriquĂ©s avec une rare science poĂ©tique.

boutonreservationAriadne auf Naxos / Arianne Ă  Naxos de Strauss Ă  l’OpĂ©ra d’Ă©tat de Budapest
Budapest. Hungarian State Opera (Hongrie).
Les 20,22,27,29 mars 2015

Der Haushofmeister – Franz Tscherne
Die Music Master – TamĂĄs Busa
Der Komponist – ViktĂłria Vizin
Der Tenor, Bacchus – IstvĂĄn KovĂĄcshĂĄzi
Die Dancing Master – ZoltĂĄn Megyesi
Der PerĂŒckenmacher – RĂłbert RezsnyĂĄk
Ein Lakai – TamĂĄs Szule
Zerbinetta – Erika MiklĂłsa
Die Prima Donna, Ariadne – TĂŒnde SzabĂłki
Harlekin – Csaba Szegedi
Scaramuccio – DĂĄniel VadĂĄsz
Truffaldin – KrisztiĂĄn Cser
Brighella – IstvĂĄn HorvĂĄth
Najade – Zita VĂĄradi
Dryad – Atala Schöck
Echo – Eszter Wierdl

Illustrations : Hofmannsthal et Strauss, duo miraculeux Ă  l’opĂ©ra (DR)