Si la musique m’Ă©tait contĂ©e… 4 Ă©pisodes sur l’histoire musicale

arte_logo_2013arte si l amusique m etait contee serie arte presentation critique janvier 2015 classiquenewsARTE. SĂ©rie Si la musique m’était contĂ©e : les 10, 17, 24 et 31 janvier 2015. Chaque Dimanche Ă  17h30, leçon de musique sur Arte : en quatre volets plutĂŽt synthĂ©tiques (donc rĂ©ducteurs), toutes les esthĂ©tiques musicales sont abordĂ©es en un vaste raccourci historique. La formule passe par l’incarnation : pour chaque volet / pĂ©riode, un artiste (en particulier un pianiste), illustre son propos et Ă©voque les grandes Ă©volutions de l’histoire musicale. Le 10 janvier, Francesco Tristano explicite et illustre le passage de la Renaissance polyphonique au Baroque monodique. Le 17 janvier, Gabriela Montero raconte la « rigueur, la justice et le bon goĂ»t », vertus esthĂ©tiques et valeurs musicales propres au siĂšcle des LumiĂšres et Ă  l’esprit de la rĂ©volution. Puis le 24 janvier, Chilly Gonzales et son Kaiser Quartett analyse les facettes du romantisme au XIXĂšme, non sans raccourcis lĂ  encore. Enfin, « avant-garde, apocalypse et superstars » sont autant de valeurs esthĂ©tiques qui permettent Ă  Cameron Carpenter Ă  l’orgue de raconter l’aventure musicale au XXĂšme siĂšcle. DĂ©chaĂźnements Ă  l’époque de la premiĂšre guerre mondiale, Jazz venu des AmĂ©riques et intĂ©grĂ© dans l’impressionnisme millimĂ©trĂ© d’un Ravel, puis dodĂ©caphonisme, jusqu’aux bandes son d’Hollywood, telles que les sublima l’exilĂ© aux USA, Korngold. C’est aussi le temps, (aprĂšs guerre), des stars de la musique, idolĂątrĂ©es grĂące Ă  l’émergence des nouveaux mĂ©dias : Callas, Karajan, Pavarotti et jusqu’au aujourd’hui Anna Netrebko (et Jonas Kaufmann ?)

En quatre films, Arte a sĂ©lectionnĂ© une approche de l’histoire de la musique classique sur quatre siĂšcles. Avec pour sujet central de chaque volet, une esthĂ©tique spĂ©cifique. En commençant Ă  l’époque baroque, c’est aussi l’histoire de l’Europe que la musique reflĂšte. Pour chaque Ă©pisode, un pianiste exprime sur un piano Ă  queue ses prĂ©fĂ©rences et prĂ©sente les particularitĂ©s de tel style ou tel compositeur Ă  partir d’exemples prĂ©cis.  Par ailleurs des scĂšnes d’animation, des extraits de films et de concerts ainsi que des entretiens avec des grands noms du monde musical actuel resituent le contexte historique.

SĂ©rie « Si la musique m’était contĂ©e »  Sur Arte, chaque dimanche de janvier 2015. SĂ©rie musicale de Dag Freyer, Axel BrĂŒggemann, Nicole Kraack, Lena Kupatz  (Allemagne, 2014/2015, 4 Ă©pisodes de 1h30mn chacun). Notre avis : bien.

arte_logo_2013Dimanche 10 janvier 2016, 17h30. Si la musique m’était contĂ©e : Baroque / Fantaise, excĂšs et falbalas. Si Ă  la Renaissance, les instruments Ă©taient avant tout au service de la voix chantĂ©e, Ă  l’époque baroque ils s’émancipent et rĂ©vĂšlent tout leur potentiel. C’est aussi proche de la rĂ©volution picturale que le peintre Caravage rĂ©alise alors Ă  l’extrĂȘme fin du XVI!, l’affirmation d’un nouveau rĂ©alisme incarnĂ© par une voix unique (style monodique), Ă  laquelle les instruments apportent comme un Ă©crin dramatique (la basse continue). Vivaldi est une star, Monteverdi invente l’opĂ©ra, Lully cĂ©lĂšbre le Roi-soleil, puis au XVIIIĂšme siĂšcle, HĂ€ndel fait carriĂšre Ă  Londres et Bach trace dĂ©jĂ  la voie Ă  ses successeurs. Autour d‘eux, les guerres font rage et les rois vivent dans le faste. Le jeune virtuose Francesco Toledano fait vivre cette Ă©poque riche en ambiguitĂ©s.

 

 

arte_logo_2013gabriella-montero-piano-si-la-musique-m-etait-contee-arte-diffusion-presentation-classiquenewsDimanche 17 janvier 2015, 17h30. Gabriella Montero (piano) raconte le classicisme viennois (« Rigueur, justice, bon goĂ»t »). Vienne capitale musicale de l’Europe fixe les rĂšgles de l’équilibre en musique auxquels Haydn, Mozart puis Beethoven offrent les plus brillantes manifestations.

 

 

 

arte_logo_2013Dimanche 24 janvier 2015, 17h30. Si la musique m’était contĂ©e  : le Romantisme.  Suite ou volet 3 de la sĂ©rie : Si la musique m’était contĂ©e
  AprĂšs le Baroque, dimanche dernier (17 janvier), voici une approche explicative de l’esthĂ©tique romantique en musique. Le XIXe privilĂ©gie dans un premier temps des formes plus lĂ©gĂšres avec le lied et le piano. Puis l’opĂ©ra devient drame musical (il l’était dĂ©jĂ  et avec quel Ă©clat au XVIIĂš et XVIIIĂš, avec Monteverdi puis Cavalli au XVIIĂš puis surtout Rameau, Haendel, Gluck et Mozart au XVIIIĂš), tandis que les identitĂ©s nationales s’affirment notamment Ă  travers les compositions de Verdi et de Wagner. Cet Ă©pisode Ă©claircit aussi la notion mĂȘme de romantisme assimilĂ©e comme une certaine vision de la vie. Le bouillonnant Chilly Gonzales et son Kaiser Quartett montrent qu’il y a du suspense dans la musique romantique, que Brahms est « adorable » et Wagner « perturbé ».  De tels raccourcis paraissent rĂ©ducteurs. Mais comment faire autrement dans le cadre d’une Ă©mission de synthĂšse et de vulgarisation ?

 

 

 

arte_logo_2013si-la-musique-m-etait-contee-ARTE-le-XX-eme-presentation-classiquenewsDimanche 31 janvier 2015, 17h30. Star system, secousses et tremblements au XXĂšme. Cameron Carpenter Ă  l’orgue Ă©voque l’aventure musicale du XXĂšme, depuis Stravinsky et Ravel jusqu’au dodĂ©caphonisme (2Ăš Ă©cole de Vienne, aprĂšs les classiques Haydn et Mozart), sans omettre l’essor de musiques de film Ă  Hollywood qui a cultivĂ© le genre symphonique. C’est aussi l’émergence du star systĂšme avec les nouvelles icĂŽnes du classique : Callas, Karajan, Pavarotti


 

 

 

 

 

Ce soir sur Arte, 20h45 : Dorothea Röschmann chante la Comtesse

arte_logo_2013Ce soir sur Arte, Dorothea Röschmann chante Mozart… Divine Mozartienne. Hier Ă©blouissante Susanna, ardente, juvĂ©nile, la soprano Dorothea Röschamnn consacrĂ©e Ă  Salzbourg comme subtile mozartienne, chante ce soir sur Arte, en direct de Berlin, la Comtesse des Noces de Figaro de Mozart. Rosina est devenue la Comtesse Almaviva : hier courtisĂ©e, aimĂ©e, dĂ©sirĂ©e, elle est dĂ©sormais une Ă©pouse respectable et rangĂ©e mais nĂ©gligĂ©e par son mari le Comte plus excitĂ© Ă  l’idĂ©e de conquĂ©rir sa soubrette Susanna justement… Ame tendre et nostalgique d’un temps rĂ©volu, la Comtesse Almaviva se dĂ©sespĂšre puis fomente un complot bien troussĂ© pour piĂ©ger l’inconstance de son Ă©poux… avec la complicitĂ© de Figaro et de sa future Ă©pouse Susanna, femme humiliĂ©e et serviteurs libertaires donnent une leçon d’humanisme et respect au despote domestique… les Noces sont morales… mais pour combien de temps ?

 

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Sous la baguette de l’impĂ©tueux vĂ©nĂ©zuĂ©lien Gustavo Dudamel que l’on connaĂźt moins en chef lyrique, la soprano Dorothea Röschmann chante la Comtesse des Noces de Figaro de Mozart en direct de Berlin.
dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-arte_logo_2013Arte. En direct : Les Noces de Figaro de Mozart. Vendredi 13 novembre 2015. Gustavo Dudamel, direction.  En direct du Staatsoper im Schiller Theater Unter der linden de Berlin, le vĂ©nĂ©zuĂ©lien actuel direction musical du Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel, l’élĂšve le plus douĂ© et le plus mĂ©diatisĂ© du Sistema vĂ©nĂ©zuĂ©lien s’essaie (enfin) Ă  la direction lyrique en pilotant la Staatskapelle de Berlin. AprĂšs ses rĂ©alisations rĂ©ussies, toutes enregistrĂ©es par Deutsche Grammophon (Symphonie de Mahler en particulier), le jeune maestro joue de la baguette opĂ©ratique dans le sommet sentimental de Mozart et da Ponte d’aprĂšs Beaumarchais. La Folle JournĂ©e mozartienne trĂ©pigne d’une indicible excitation, que rendent explicite les airs de ChĂ©rubin, jeune cƓur Ă©perdu bientĂŽt enrĂŽlĂ© (mais si troublĂ© par la Comtesse) … Lire notre prĂ©sentation complĂšte des Noces de Figaro de Mozart avec Dorothea Röschmann

 

 

 

Dorothea_Ro_schmann_Mozart_Arias_Sony_Classical_Daniel_HardingCD, compte rendu critique. Dorothea Röschmann : Mozart Arias (1 cd Sony classical). Le timbre mĂ»r, Ă©loquent, charnel et aussi trĂšs investi de la soprano allemande Dorothea Röschmann (nĂ©e en Allemagne, Ă  Flensbourg en juin 1967) nous touche infiniment : depuis sa coopĂ©ration avec RenĂ© Jacobs dans des rĂ©alisations qui demeurent Ă©blouissantes (Alessandro Scarlatti: Il Primo Omicidio, entre autres – pilier de toute discographie pour les amoureux d’oratorios et d’opĂ©ras baroques du XVIIĂš), la chanteuse sait colorer, phraser, nuancer et surtout articuler le texte comme peu, avec une intelligence de la situation qui Ă©claire son sens de la prosodie. Un chant intĂ©rieur, souvent embrasĂ© qui la conduit naturellement aux emplois lyriques Ă©videmment mozartiens. LIRE notre compte rendu critique du CD MOZART Arias par Dorothea Röschmann

 

MoĂŻse et Aaron sur Arte

moise_michelangelo-moise-schoenberg-moses-und-aaron-opera-de-schoenberg-presentation-critique-classiquenewsarte_logo_2013Arte, vendredi 23 octobre 2015, 22h15. Schoenberg : MoĂŻse et Aaron. Depuis l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, aprĂšs sa diffusion en direct sur Arte Concert dĂšs le 20 octobre, la chaĂźne Arte diffuse l’opĂ©ra laissĂ© inachevĂ© par Schoenberg et qui a pour sujet la forme musicale et le sens du chant, c’est Ă  dire l’opĂ©ra lui-mĂȘme. Moise et Aaron propose comme opĂ©ra philosophique voire thĂ©orique deux concepts du Dieu des fervents : le Dieu incarnĂ© et reprĂ©sentĂ© par l’image et par la langue ici le chant, celui d’Aaron ; l’idĂ©e abstraite d’une force et d’une autoritĂ© (invisible, inconcevable, infinie) qui ne se reprĂ©sente pas et ne peut pas mĂȘme ĂȘtre exprimĂ©e, celui de MoĂŻse qui de fait dans l’écriture mĂȘme de l’opĂ©ra de Schoenberg, ne chante pas mais s’exprime dans un parlĂ© chantĂ© permanent (sprechgesang, rĂŽle parlĂ© donc), plutĂŽt synthĂ©tique. La parole dĂ©forme et dĂ©nature plutĂŽt qu’elle transmet et communique
 Dans la carriĂšre de l’auteur, Moses und Aaron crĂ©Ă© en 1954 Ă  Hambourg (en version de concert renforçant ainsi la force de l’abstraction idĂ©ologique selon MoĂŻse), annonce l’essor proche de la nouvelle langue contemporaine et moderne, l’atonalitĂ©. Contradiction frappante et stimulante que de reprĂ©senter sur la scĂšne un opĂ©ra dont l’une des composantes tend Ă  l’invisibilitĂ© et l’abstraction.  ConcrĂštement, Schoenberg utilise dans la partition une seule sĂ©rie dodĂ©caphonique dont il sait dĂ©velopper les variations : dans les faits, le compositeur occupĂ© par ce chantier lyrique contradictoire et d’une certaine façon handicapant Ă  dĂ©faut Ă©reintant, dĂšs 1934, n’acheva jamais l’édifice, laissant sous forme d’esquisse tout l’acte III (jamais mis en musique). Pierre Boulez, Solti, Michael Gielen ont soulignĂ© en l’abordant la cohĂ©rence d’une oeuvre qui rĂ©concilie idĂ©e et formalisme, concept et rĂ©alisation. Juif inquiĂ©tĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1920, l’allemand Arnold Schoenberg dĂ©veloppe trĂšs tĂŽt une lecture personnelle de la religion juive qui concentre l’essence de propre identitĂ©, une question esthĂ©tique et autobiographique, dont tĂ©moigne son ouvrage, d’abord cantate puis ouvrage thĂ©ologique enfin opĂ©ra. Ici pĂšse le sens de la parole exacte peu gĂ©nĂ©reuse face Ă  une foule instable et mouvante, mais omniprĂ©sente (le choeur des hĂ©breux incrĂ©dules). En dĂ©finitive outre la cristallisation d’un nouveau langage musical, Schoenberg exprime la recherche de toute une vie : comment tĂ©moigner malgrĂ© les rĂ©voltes et la montĂ©e de la haine raciste, la vĂ©ritĂ© de sa propre identitĂ© ? La question le hante sa vie durant et explique pourquoi il eut tant de mal Ă  terminer son oeuvre.

schoenberg arnold moses und aaron opera classiquenews presentation reviewL’action se dĂ©roule en Egypte, au moment oĂč MoĂŻse reçoit les tables de la Loi d’un Dieu invisible et omniscient. Le peuple hĂ©breu fuit les troupes de Pharaon qui les avait rĂ©duit en esclavage. Tout l’acte I reprĂ©sente MoĂŻse et Aaron en un duo complĂ©mentaire : Aaron exprimant en langage intelligible, les vĂ©ritĂ©s divines que MoĂŻse Ă©nonce synthĂ©tiquement; mais quand il faut croire en Dieu, Aaron use des miracles (l’eau du Nil changĂ© en sang ; la verge de MoĂŻse, en serpent, etc
) afin de convertir le peuple HĂ©breux.
A l’acte II, MoĂŻse quitte le peuple hĂ©breu pour se rapprocher de Dieu. En son absence, les adorateurs se livrent Ă  l’adoration du Veau d’or, reprĂ©sentation concrĂšte du dieu Ă  honorer : ballets, orgies, dĂ©cadence collective.. Quand MoĂŻse redescend, il dĂ©truit le Veau et reproche Ă  Aaron de l’avoir trahi.
Acte III, MoĂŻse dĂ©fend l’idĂ©e de l’essence de Dieu qui ne peut ĂȘtre rĂ©duit Ă  aucune reprĂ©sentation. Aaron meurt. MoĂŻse guide le peuple dans le dĂ©sert, hors du joug de Pharaon.

En direct sur Arte. A Berlin, Gustavo Dudamel dirige les Noces de Figaro de Mozart

dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-arte_logo_2013Arte. En direct : Les Noces de Figaro de Mozart. Vendredi 13 novembre 2015. Gustavo Dudamel, direction.  En direct du Staatsoper im Schiller Theater Unter der linden de Berlin, le vĂ©nĂ©zuĂ©lien actuel direction musical du Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel, l’élĂšve le plus douĂ© et le plus mĂ©diatisĂ© du Sistema vĂ©nĂ©zuĂ©lien s’essaie (enfin) Ă  la direction lyrique en pilotant la Staatskapelle de Berlin. AprĂšs ses rĂ©alisations rĂ©ussies, toutes enregistrĂ©es par Deutsche Grammophon (Symphonie de Mahler en particulier), le jeune maestro joue de la baguette opĂ©ratique dans le sommet sentimental de Mozart et da Ponte d’aprĂšs Beaumarchais. La Folle JournĂ©e mozartienne trĂ©pigne d’une indicible excitation, que rendent explicite les airs de ChĂ©rubin, jeune cƓur Ă©perdu bientĂŽt enrĂŽlĂ© (mais si troublĂ© par la Comtesse) ; l’opĂ©ra souligne surtout le gĂ©nie de Mozart dans la peinture  de l’ñme fĂ©minine : La Comtesse (qui palpite et s’alanguit mĂ©lancoliquement au souvenir des annĂ©es perdues oĂč Almaviva l’aimait encore), Suzanne, vivace et pĂ©tillante, jeune Ă©pouse de Figaro ; sans omettre Barberine et son dĂ©licieux air au clair de lune, d’une Ă©motivitĂ© Ă  fleur de peau
 Il semble que Mozart et Da Ponte aient finalement produit un miracle de justesse psychologique dans chacun des portraits des femmes ici prĂ©sentes.

Le duo de la lettre entre Suzanne et La Comtesse y serait sans doute le point d’orgue, d’une vĂ©ritĂ© Ă©motionnelle, d’une justesse musicale, irrĂ©sistibles. Qu’en sera-t-il sous la baguette du jeune vĂ©nĂ©zuĂ©lien Gustavo Dudamel ? Le maestro que tout le monde attend, se revĂšlera-t-il brillant chef lyrique ? RĂ©ponse ce soir sur Arte en direct de Berlin.

LIRE aussi notre dossier spĂ©cial Les Nozze di Figaro, Les Noces de Figaro : l’opĂ©ra de femmes 

 

 

ARTE, Vendredi 13 novembre 2015, 20h45dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-
Mozart : Les Noces de Figaro – en direct de Berlin
A l’affiche du Staatsoper im Schiller Theater unter den Linden de Berlin
Les 7, 9, 11, 13, 15 novembre 2015

Direction musicale : Gustavo Dudamel
Mise en scĂšne : JĂŒrgen Flimm
Staatskapelle Berlin
Staatsopernchor sous la direction de Frank Flade

CinquiĂšme mise en scĂšne des Nozze di Figaro par JĂŒrgen Flimm, directeur-gĂ©nĂ©ral du Berliner Staatsoper Unter den Linden. La commedia mozartienne est ici transposĂ©e en Espagne Ă  Cadiz oĂč la bonne sociĂ©tĂ© se rafraichit en bord de mer au coeur de l’étĂ©.

Avec Ildebrando D’Arcangelo et Dorothea Röschmann en Comte et Comtesse Almaviva, Anna Prohaska en Susanne, Marianne Crebassa en Cherubino, Lauri Vasar en Figaro
 À la baguette, le trĂšs prisĂ© chef vĂ©nĂ©zuĂ©lien Gustavo Dudamel dirige le Staaskapelle Berlin.

LIRE la présentation des Noces de Figaro sur le site du Staatsoper de Berlin

 

 

Approfondir : dossier spécial

Les Noces de Figaro : partition des LumiÚres, opéra des femmes ?

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernitĂ© des Noces de Figaro. En pleine pĂ©riode dite des LumiĂšres, au moment oĂč Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opĂ©ra, qui est l’enfant d’une collaboration Ă  quatre mains aux apports irrĂ©sistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirĂše sur les scĂšnes du monde entier : c’est que sa musique berce l’ñme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinĂ©e, accordĂ©e, idĂ©alement associĂ©e. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir … LIRE notre dossier complet Les Noces de Figaro

L’Elixir d’amour Ă  l’AĂ©roport de Milan

arte_logo_2013DONIZETTI_Gaetano_Donizetti_1Arte. Jeudi 17 septembre 2015, 20h50. Donizetti : L’Elixir d’amour Ă  l’aĂ©roport de Milan. Pour l’Expo Milano 2015, La Scala s’invite Ă  l’aĂ©roport Malpensa de Milan et y reprĂ©sente devant les camĂ©ras d’Arte (et de la RAI), l’Elisir d’amore de Donizetti crĂ©Ă© en 1832 Ă  Milan mais au Teatro della Canobbiana. L’intrigue est mince mais remaniĂ©e pour les planches lyriques, par l’excellent Romani (le librettiste de Bellini, d’aprĂšs Scribe). Dans un village basque, un jeune paysan timide Nemorino en pince pour l’ardente arrogante Adina. Histoire d’amour teintĂ©e de romantisme dĂ©suet, le garçon n’ose dĂ©clarer sa flamme alors que la jeune fille n’attend que cela. Elle feint d’en aimer un autre, le sergent Belcore qu’elle compte mĂȘme Ă©pouser sans dĂ©lai… pour mieux Ă©prouver le cƓur de Nemorino. Avant le Tristan de Wagner (1865), dĂ©jĂ  ici Nemorino se fait rouler par le charlatan Dulcamara qui lui vend une bouteille de Bordeaux pour un philtre d’amour (l’Elixir) : s’il boit, il deviendra irrĂ©sistible et Adina ne pourra lui rĂ©sister. Mais au II, on prĂ©pare dĂ©jĂ  la noce d’Adina et de Belcore : pour acheter Ă  Dulcamara une autre bouteille d’Elixir (et faire boire Adina), Nemorino s’engage dans la troupe militaire de Belcore… Adina apprend cela, rachĂšte le brevet de son fiancĂ© et l’Ă©pouse, d’autant qu’entre temps, Nemorino a hĂ©ritĂ© de son oncle richissime. Ils seront jeunes, fortunĂ©s et dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbres…

donizetti-687La partition de Donizetti revisite et l’opĂ©ra bouffa napolitain (personnage de Dulcamara pour un baryton dĂ©lirant et burlesque), mais aussi le seria et l’opĂ©ra comique français par la profondeur Ă©motionnelle des protagonistes dont le lunaire et tragique Nemorino (son air Una furtiva lagrima au II exprime avec une exceptionnelle intensitĂ© lunaire, le dĂ©sespoir d’un cƓur abandonnĂ© qui se sent trahi…) ; les duos Ă©blouissent par leur parure expressive, d’un lyrisme Ă©chevelĂ©, Ă©perdu : la musique, raffinĂ©e, mĂ©lodiquement prenante dĂ©passent un simple exercice comique. Et le personnage d’Adina, comme celui de Norina dans Don Pasquale (1843), semble ressusciter les piquantes astucieuses finalement au grand cƓur, une Ă©volution des figures fĂ©minines si mordantes et palpitantes du buffa napolitain depuis Pergolesi (La Serva padrona) et Jommelli (Don Trastullo).

 

Notre avis. Alors qu’a Ă  faire une comĂ©die de Donizetti dans l’aĂ©roport de Milan ? A l’heure du tout sĂ©curitaire, depuis l’attentat dĂ©jouĂ© du Thalys, et quand le renforcement des mesures de sĂ©curitĂ© des avions est le sujet essentiel, ce dispositif filmĂ© par les camĂ©ras de tĂ©lĂ© (Arte et la Rai) frĂŽle l’ineptie surrĂ©aliste : on veut nous mettre de la lĂ©gĂšretĂ© dans un monde qui tourne sur la tĂȘte ; un nouvel effet du dĂ©ni collectif dans lequel nous vivons… D’autant que l’opĂ©ra va trĂšs bien et n’a guĂšre besoin de renouveler ses publics… non, un aĂ©roport est un lieu idĂ©al pour placer camĂ©ras et micros, faire jouer tout un orchestre et des acteurs chanteurs. Et dire que la rĂ©alisatrice de l’opĂ©ration (Grischa Asagaroff) craint des interfĂ©rences provoquant des dĂ©rĂšglements dans la tour de contrĂŽle !  Qu’a Ă  gagner l’opĂ©ra dans cette opĂ©ration technicomĂ©diatique ? L’aĂ©roport Malpensa se refait une image (Ă  l’italienne), mais tous ceux qui auraient pu dĂ©couvrir l’opĂ©ra par un autre biais que la salle du thĂ©Ăątre si Ă©litiste ou impressionnante… attendront leur tour.

Songeons Ă  l’argent investi pour cette opĂ©ration : il aurait Ă©tĂ© mieux dĂ©pensĂ© dans les multiples actions pĂ©dagogiques auprĂšs des scolaires ou d’autres publics. Artistiquement, la production affiche le tĂ©nor italien en vogue : Vittorio Grigolo en Nemrino qui donnera la rĂ©plique Ă  l’Adina de Eleonora Buratto. Cette production tient l’affiche de La Scala du 21 septembre au 17 octobre 2015 ; l’opĂ©ration Malpensa est donc une sorte de gĂ©nĂ©rale avant les soirĂ©es classiques sur la scĂšne scaligĂšne. On se souvient d’une prĂ©cĂ©dente opĂ©ration (La BohĂšme de Puccini en septembre 2009) dans la banlieue de Berne…  action autrement plus bĂ©nĂ©fique pour la dĂ©mocratisation de l’opĂ©ra et pour toucher des spectateurs certainement dĂ©concertĂ©s convaincus par cette confrontation bĂ©nĂ©fique. Les thĂ©Ăątres d’opĂ©ra Ă©tant pour une bonne part subventionnĂ©s par l’Etat et les collectivitĂ©s, il serait urgent que chaque action profitent surtout Ă  ses principaux financeurs : les contribuables et les population (d’autant que le dispositif avait Ă©tĂ© une rĂ©ussite largement relayĂ©e par classiquenews). Tout cela avait fait sens. L’Elixir Ă  l’aĂ©roport ne serait-il pas qu’une question d’opportunitĂ© marketing et de dĂ©fi technique ? Les artistes, directeurs et scĂ©nographes feraient tout pour qu’on parle d’eux.

Les amateurs de Donizetti et de cette perle lyrique de 1832 seront eux ravis par un dispositif qui renouvellera peut-ĂȘtre la lecture de l’oeuvre…. A voir sur Arte, le 17 septembre 2015, Ă  partir de 20h50.

 

 

 

 

 

Arte. Jeudi 17 septembre 2015, 20h50. Donizetti : L’Elixir d’amour Ă  l’aĂ©roport de Milan.

Voir la page de La Scala L’Elixir d’amour / L’Elisir d’amore de Donizetti

 

SpĂ©ciale FĂȘte de la musique sur Arte Ă  partir de 12h55

arte_logo_2013TĂ©lĂ©, Arte. Dimanche 21 juin 2015 : dĂšs 12h55, spĂ©ciale fĂȘte de la musique. Ecoutez Daniel Barenboim, Offenbach, les 3 tĂ©nors, Davide Pentiente (un must Ă  18h40 avec le ballet Ă©questre de Bartabas), les Philharmonics, enfin La Traviata de Baden Baden avec Olga Peretyatko
 Ce 21 juin Arte fĂȘte la musique, en superbes accents lyriques. Consulter le programme complet sur classiquenews

 

Davide Penitente de Mozart : un oratorio Ă©questre

 

 

Davide Penitente, l’oratorio Ă©questre de Bartabas

Arte, Davide Penitente de Mozart par Bartabas. Le 21 juin 2015, 18h40. C’est assurĂ©ment le point fort de cette programmation spĂ©ciale FĂȘte de la musique, le 21 juin 2015 sur Arte. FilmĂ© Ă  Salzbourg en janvier 2015, le spectacle saisit par son esthĂ©tisme et la prĂ©sence enivrante des chevaux dans le ManĂšge des rochers Ă  Salzbourg, lieu historiquement liĂ© Ă  la prĂ©sence des Ă©quidĂ©s dans la ville festival, berceau de Mozart. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10 (certes c’est tĂŽt au matin mais le spectacle vaut largement que vous vous forciez Ă  quitter le lit pour regarder la performances des cavaliers et des chanteurs…).

 

 

arte_logo_2013Arte. SpĂ©cial fĂȘte de la musique, le 21 juin 2015, 18h40 : spectacle Ă©questre saisissant. Arte met les petits plats dans les grands pour la fĂȘte de la musique. Le programme annoncĂ© mĂȘlant tous les genres commence Ă  13h, enchaĂźne des genres et formes variĂ©es jusqu’Ă  23h (dĂ©but du dernier programme dĂ©diĂ© Ă  John Williams). LIRE la prĂ©sentation des 7 rvs programmĂ©e sur Arte, exemplaires par leur diversitĂ© bien que le chant et l’opĂ©ra soient majoritaires.

 

 

 

Davide Penitente de Mozart

Opéra équestre de Bartabas

 

mozart_portrait-300Pendant la derniĂšre Semaine Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015, le chorĂ©graphe et Ă©cuyer Bartabas a prĂ©sentĂ© sa nouvelle crĂ©ation sur un oratorio mĂ©connu de Mozart, « Davide Penitente » dans l’ancien manĂšge de Salzbourg, le cĂ©lĂšbre « ManĂšge des rochers ». Espace clos rythmĂ© par les galeries superposĂ©es en fond de scĂšne sans omettre l’arbre isolĂ© qui tient lieu d’axe structurant. Bartabas conçoit une Ɠuvre d’art totale et unique en son genre, qui marie musique et art Ă©questre. Comment l’action sacrĂ©e de David gagne-t-elle un sens particulier grĂące au concours des chevaux pendant le spectacle?  RĂ©ponse par l’image sur Arte ce 21 juin 2015, 18h40.

La Cantate oratorio K649 ” Davide Penitente” sur un texte de Saverio Mattei (et non Da Ponte comme on continue depuis trop longtemps de l’écrire) est crĂ©Ă©e le 13 mars 1785 Ă  Vienne (Burgtheater). L’ouvrage est une commande de la TonkĂŒnstler SocietĂ€t de Vienne. Mozart y recycle de nombreuses sĂ©quences de sa Messe en ut (8 au total issus de la K 427 composĂ©e auparavant en 1782/83, c’est Ă  dire en plein essor des idĂ©es des LumiĂšres).  Souvent mĂ©sestimĂ©, l’oratorio met en lumiĂšre la trĂšs grande maturitĂ© du Mozart viennois. Ses sĂ©quences inĂ©dites composĂ©es en 1785 en tĂ©moignent : l’air du tĂ©nor « A te fra tanti affanni » (passionnant dialogue avec hautbois), puis « Tra l’oscure ombre funeste » pour soprano, surtout le trio « Tutte le mie speranze » ont la profondeur et l’éclat de Cosi ou des Noces de Figaro, c’est dire.

Bartabas au ManĂšge des rochers : une prĂ©sence historiquement lĂ©gitime car c’est lĂ  que l’ArchevĂȘque de Salzbourg entraĂźnait sa cavalerie (impressionnante). 96 arcades y sont creusĂ©es dans la roche de la montagne au moment de sa construction par Johann Bernhard von Erlach en 1693.

Pour Bartabas, premier Ă©cuyer crĂ©ateur de France l’Ă©quitation est d’essence chorĂ©graphique. « Monter Ă  cheval, c’est danser. Le cavalier danse tout en dirigeant son cheval. Il doit gĂ©rer le travail de l’animal, l’intention du mouvement et sa qualitĂ©. Il forme un tout, un couple avec l’animal et devient une sorte de danseur-cheval » dĂ©clare le concepteur du spectacle Davide penitente de Mozart. Bartabas a crĂ©Ă© l’AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles en 2003, oĂč les jeunes apprentis Ă©cuyers qui ont pour seuls maĂźtres les chevaux, font l’expĂ©rience de la vie collevtive elle mĂȘme matrice propice a leur crĂ©ativitĂ©. Le foyer expĂ©rimental a Ă©tĂ© rebaptisĂ© Ă  l’occasion de son dixiĂšme anniversaire Centre ChorĂ©graphique Ă©questre, renforce sa propre rĂ©flexion entre Ă©quitation et danse.
La formation des Ă©lĂšves  est pluridisciplinaire comprenant la danse, l’escrime artistique, du chant, du Kyudo – tir Ă  l’arc traditionnel japonais. Ce sont des sportifs avertis formant Ă  prĂ©sent un vĂ©ritable corps de ballet Ă©questre. L’Ă©lĂ©gance du geste, l’harmonie des positions, l’Ă©quilibre des figures rĂ©alisĂ©s par l’homme – cheval produisent le sens :  « Le rendu final tient surtout pour moi de l’intention du geste », prĂ©cise encore Bartabas.

 

 

bartabas-davide-penitente-mozart-salzbourg-grande-largeur-classiquenews-presentation-critique

 

 

NOTRE AVIS. TrĂšs sĂ©duisant, moins musicalement que visuellement, ce David Penitente de Mozart en version “oratorio Ă©questre” est d’une beauté  Ă  couper le souffle. Dans le ManĂšge des rochers Ă  Salzbourg, haut lieu des passions Ă©questres, historiquement dĂ©fendues par les Princes ArchevĂȘques locaux (c’est dans le ManĂšge qu’au XVIIĂš, le Prince ArchevĂšque avait rĂ©servĂ© un lieu dĂ©signĂ© pour l’entretien de ses montures, trĂšs nombreuses), les chevaux aux robes sublimes (qu’aurait peint Ă©videmment un GĂ©ricault) s’Ă©brouent sur la terre du manĂšge salzbourgeois aux sons du David de Mozart. Tous les musiciens, choristes, solistes et instrumentistes sont disposĂ©s sous les arcades creusĂ©es dans la roche sur 3 Ă©tages, face au chef.
Les Musiciens du Louvre rĂ©cemment affaiblis aprĂšs l’annulation de la subvention de la ville de Grenoble (prĂšs de 250000 euros quand mĂȘme) peinent Ă  la tĂąche, et les solistes n’ont pas la grĂące des chevaux eux, impeccables sur la piste. Notons le solo du tĂ©nor français Stanislas de Barbeyrac dont la tension tendre de la voix est la plus intĂ©ressante : fragile mais timbrĂ©).

Sur la terre battue, 6 cavaliers et cavaliĂšres composent des figures collectives tandis qu’un magnifique cheval blanc semble caler son pas souverain et altier sur le rythme de la musique. On croit revivre des sensations comparables Ă  celle suscitĂ©es face au Sacre de Stravinsky version Pina Baush : mĂȘme corps sculptĂ©s dans la lumiĂšre et comme mis Ă  nu sur la terre, mĂȘme beautĂ© animale, archaĂŻque et raffinĂ©e Ă  la fois… mais ici, l’Ă©lĂ©gance musculaire des montures, la silhouette racĂ©e des Ă©cuyers, centaures ou amazones dansant sur la piste, et chantant mĂȘme (par interaction avec les musiciens situĂ©s au fond), la nervositĂ© prĂ©cise et raffinĂ©e des magnifiques Ă©quidĂ©s font toute la magie de ce spectacle qui dĂ©montre l’excellence de l’Ă©cole Ă©questre fondĂ©e par Bartabas. Dommage qu’il faille dĂ©couvrir l’ivresse et la perfection d’une telle Ă©quation Ă  Salzbourg. A quand Ă  Versailles dans les Grandes Ecuries oĂč Bartabas Ă  ses locaux ? A suivre de prĂšs.  Le programme est le point fort de la programmation FĂȘte de la musique sur Arte le 21 juin 2015 (Ă  18h40 donc).

Avec les musiciens du Louvre-Grenoble (M. Minkowski, direction), ChƓur Bach de Salzbourg, AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles. EnregistrĂ© pendant la Semaine de Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10.

 

 

 

Arte : journĂ©e spĂ©ciale FĂȘte de la musique

arte_logo_2013Arte. SpĂ©cial fĂȘte de la musique, le 21 juin 2015 : 13h>00h50. Concerts, opĂ©ras, spectacle Ă©questre, Arte met les petits plats dans les grands pour la fĂȘte de la musique. Le programme annoncĂ© mĂȘlant tous les genres commence Ă  13h, enchaĂźne des genres et formes variĂ©es jusqu’Ă  23h (dĂ©but du dernier programme dĂ©diĂ© Ă  John Williams). Voici la prĂ©sentation des 7 rvs, exemplaires par la diversitĂ© bien que le chant et l’opĂ©ra soient majoritaires.

 

 

 

Dimanche 21 juin 2015 Ă  partir de 12h55
7 programmes musicaux et lyrique pour la fĂȘte de la musique

 

 

 

12h50
Daniel Barenboim en direct de Berlin

barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007Avec plus de 40.000 spectateurs rĂ©unis sur la Bebelplatz de Berlin le 1er juin 2014, le programme “Staatsoper fĂŒr alle” a battu tous les records. C’est un rituel aujourd’hui bien rodĂ© qui accorde musique et grand public. Depuis 2007, le Staatskapelle Berlin dirigĂ©e par Daniel Barenboim donne un grand concert gratuit en plein air sur la Bebelplatz. Cet Ă©vĂšnement exceptionnel attire chaque annĂ©e un nombre croissant de visiteurs (ainsi plus de 35 000 l’an dernier). Autour d’eux, la prestigieuse avenue “Unter den Linden” avec ses lieux et bĂątiments chargĂ©s d’histoire au cƓur de la capitale allemande et qui mĂšne Ă  l’opĂ©ra bien connu.
Le concert berlinois est un grand moment classique partagé  par tous. Venus de prĂšs et de loin, les auditeurs se pressent avec leurs siĂšges pliants, leurs paniers de pique-nique, leurs thermos de cafĂ©. DĂ©tendus, dans une atmosphĂšre bon enfant, ils savent faire silence quand tel ou tel passage du concert l’exige. Cette annĂ©e, cette manifestation a lieu dimanche 21 juin, fĂȘte de l’Ă©tĂ© et surtout journĂ©e europĂ©enne de la musique.
Programme retransmis en direct sur Arte et Arte Concert.
Au menu : Wagner, Tchaikovsky, Beethoven

Daniel Barenboim en direct de Berlin
Concert en plein en direct de Berlin
Sous la direction de Daniel Barenboim
Avec le  Staatskapelle Berlin
Programme musical : Wagner, Tchaikovsky, Beethoven
Présenté par Annette Gerlach

 

 

 

15h
La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach

offenbachPour cette nouvelle production de La Belle HĂ©lĂšne, le ThĂ©Ăątre du ChĂątelet reforme le couple Pierrick Sorin/ Giorgio Barberio Corsetti dĂ©jĂ  associĂ©s pour la mise en scĂšne de la « Pietra del Paragone » de Rossini,  production dĂ©lirante et astucieuse, restĂ©e lĂ©gitimement dans les mĂ©moires. L’artiste plasticien Pierrick Sorin est un crĂ©ateur d’illusions, de thĂ©Ăątres optiques dĂ©calĂ©s oĂč la projection vidĂ©o de sĂ©quences assemblĂ©es en temps rĂ©el rĂ©alise l’imbrication des images vidĂ©os et des acteurs chanteurs sur la scĂšne dans la continuitĂ© de l’action scĂ©nique. Depuis 2006, il se consacre pour une grande part au spectacle vivant. Pour cette nouvelle production, il s’est associĂ© au metteur en scĂšne Giorgio Barberio Corsetti dont on connaĂźt la vitalitĂ© des mises en scĂšne. S’il est dĂ©sormais banal d’utiliser la vidĂ©o Ă  l’opĂ©ra, la proposition de Pierrick Sorin marque une Ă©volution du genre  d’emblĂ©e dans le sens d’une narration humoristique Ă  la façon d’une bande dessinĂ©e : Ă  droite et Ă  gauche de la scĂšne, des techniciens manipulent des dĂ©cors miniatures filmĂ©s par des mini camĂ©ras et projetĂ©s sur deux rampes d’Ă©crans suspendus derriĂšre les chanteurs. Ces derniers sont simultanement filmĂ©s et incrustĂ©s aux dĂ©cors.

Du drame dĂ©calĂ© surtout fantasque et drolatique, il en faut pour rĂ©ussir mais avec finesse, le thĂ©Ăątre d’Offenbach, crĂ©ation dĂ©jantĂ©e qui se moque des dieux de l’olympe comme des figures et situations lĂ©guĂ©es par la mythologie grecque romaine.

 

DĂ©jantĂ©, parfois dĂ©lirante mais astucieuse, La Belle HĂ©lĂšne 2015 au ChĂątelet remplit son office comique et lyrique. Le tandem Giorgio Barberio Corsetti/Pierrick Sorin rĂ©cidivent au Chatelet, apres La pietra del Paragone (2007, puis reprise en 2014) et il y a trois ans  “Pop’pea” (2012) d’aprĂšs Monteverdi. Ils font de l’opĂ©ra bouffe plutĂŽt parodique et mordant  de Jacques Offenbach, “La Belle HĂ©lĂšne”, une kitcherie loufoque proche de la BD, style pieds nickelĂ©s avec une sĂ©millante galeries de portraits finement caractĂ©risĂ©s.

Il y a 4 000 ans dans la GrĂšce antique, la delicieuse et jolie HĂ©lĂšne, bien que mariĂ©e (au roi de Sparte, MĂ©nĂ©las) est une sĂ©rieuse croqueuse d’hommes. La sirĂšne vorace assume sa destinĂ©e car c’est la fatalitĂ©. Sa mĂšre, VĂ©nus a promis au prince troyen PĂąris la plus belle femme du monde
 qui ne peut ĂȘtre qu’HĂ©lĂšne. DĂšs l’apparition du beau berger, HĂ©lĂšne au mĂ©pris de toute fidĂ©litĂ© conjugale s’abandonne aux bras de son nouvel amant. Plus Ă©pouse maladroite mais nostalgique de sa libertĂ© passĂ©e que dĂ©voreuse volontaire, HĂ©lĂšne est un personnage qui gagne Ă  ne pas ĂȘtre jouĂ© dans la caricature et les raccourcis rĂ©ducteurs. Offenbach gĂ©nie de la scĂšne comique sous couvert d’amusement et de divertissement Ă©pingle les travers et dĂ©fauts humains : dĂ©loyautĂ©, traĂźtrise, jalousie, hypocrisie. … mĂȘme chez les dieux, demi dieux, hĂ©ros et souverains la nature humaine et les passions dirigent la marche du monde. ParticuliĂšrement dĂ©noncĂ©e, l’insouciance corrompue et irresponsable des puissants

On prend plaisir dĂšs le dĂ©but Ă  rire des hĂ©ros ainsi parodiĂ©s:  Oreste, fils du roi Agamemnon (incarné  par le jeune contre-tĂ©nor Kangmin Justin Kim) est un fĂȘtard entourĂ© de courtisanes, qui chante dĂšs le premier acte : “C’est avec ces dames qu’Oreste fait danser l’argent Ă  papa ; Papa s’en fiche bien du reste, car c’est la GrĂšce qui paiera”.

En transposant aujourd’hui (c’est l’Europe qui paiera), les sĂ©quences peuvent ĂȘtre appliquĂ©es Ă  notre Ă©poque : certains politique corrompus se faisant prendre la main dans le sac… ainsi chez Offenbach, l’Augure Calchas qui triche au jeu de l’oie)
 les frasques de certains sont aussi clairement exposĂ©s comme au moment de la punition de Venus,  l’apparition d’une sirĂšne  (Leda) Ă  peine vĂȘtue que butine un cygne excitĂ© …

Le dispositif vidĂ©o qui a fait ses preuves dans le des derniĂšres productions des deux complices est reconstituĂ© pour Offenbach. Les chanteurs dĂ©filent en jouant sur la scĂšne devant un fond bleu qui permet – seconde lecture offerte en temps rĂ©el -  de les intĂ©grer simultanĂ©ment dans des dĂ©cors tels qu’ils paraissent en triptyque au dessus de la scĂšne;  les personnes nus  sont ainsi agencĂ©s dans un dĂ©cor  (tableaux videos crĂ©es par compositing) qui donne au moment de leur prestations vocales un surcroĂźt de sens et de prĂ©cisions profitable Ă  la situation qui s’intensifie ou se dĂ©noue alors. Cette fabrique Ă  images suit l’action lyrique ou se permet des Ă©chappĂ©es  poĂ©tiques  dignes de MĂ©liĂšs.

Ici l’opĂ©ra se fait thĂ©Ăątre  et les chanteurs doivent s’engager dans une fantaisie riche en surenchĂšres d’autodĂ©rision. Ainsi la prĂ©sence dĂ©lectable de Kangmin Justin Kim (Oreste), du baryton-basse Jean-Philippe Lafont (Calchas, grand augure de Jupiter), du baryton Marc Barrard (le roi des rois, Agamemnon dont il fait un Al Pacino lui aussi dĂ©lirant  ; du tĂ©nor Gilles Ragon, MĂ©nĂ©las,  scrupuleusement dĂ©nudĂ© pendant le dernier acte ; du tenor turc Merto Sungu (PĂąris), enfin de la mezzo-soprano GaĂ«lle Arquez, Belle HĂ©lĂšne assurĂ©e et volontaire trĂšs en appĂ©tit de rencontres et de conquĂȘtes nouvelles ! Sa tirade acte I scĂšne 4 est en ce sens une dĂ©claration : “Plus d’amour ! plus de passion ! Et nos pauvres Ăąmes malades Se meurent de consomption… Ecoute-nous, VĂ©nus la blonde, Il nous faut de l’amour, n’en fut-il plus au monde !”

Offenbach : La Belle HĂ©lĂšne
Livret : Ludovic Halévy

HélÚne : Gaëlle Arquez
PĂąris : Bogdan Mihai
Oreste : Kangmin Justin Kim , Agamemnon : Marc Barrard
Calchas : Jean-Philippe Lafont
Ménélas : Gilles Ragon
Lorenzo Viotti, direction

Mise en scÚne, scénographie, vidéo : Giorgio Barberio Corsetti, Pierrick Sorin

Réalisation : Philippe Béziat
Productions (2015- 2h40 minutes)
Enregistré au Théùtre du Chùtelet le 8 juin 2015

 

 

 

17h15
Concert des 3 ténors
Pavarotti – Domingo – Carreras,  les trois tĂ©nors Ă  Rome

Trilogie cathodique. Voici  il y a 25 ans un concert de lĂ©gende de JosĂ© Carrerras, Placido Domingo et Luciano Pavarotti, trois tĂ©nors sur engagĂ©s que le jeu collectif inspire en une surenchĂšre jamais trop dĂ©monstrative ,  trois dieux du gosier  aux timbres respectifs si caractĂ©risĂ©s et autant prenants, dirigĂ©s par Zubin Mehta, donnĂ© Ă  Rome en 1990. Il est  entiĂšrement remontĂ© pour la diffusion sur ARTE avec des sĂ©quences documentaire et d’interviews.

 

 

 

18h40

Davide Penitente de Mozart


Opéra équestre de Bartabas

mozart_portrait-300Pendant la derniĂšre Semaine Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015, le chorĂ©graphe et Ă©cuyer Bartabas a prĂ©sentĂ© sa nouvelle crĂ©ation sur un oratorio mĂ©connu de Mozart, « Davide Penitente » dans l’ancien manĂšge de Salzbourg, le cĂ©lĂšbre « ManĂšge des rochers ». Espace clos rythmĂ© par les galeries superposĂ©es en fond de scĂšne sans omettre l’arbre isolĂ© qui tient lieu d’axe structurant. Bartabas conçoit une Ɠuvre d’art totale et unique en son genre, qui marie musique et art Ă©questre. Comment l’action sacrĂ©e de David gagne-t-elle un sens particulier grĂące au concours des chevaux pendant le spectacle?  RĂ©ponse par l’image sur Arte ce 21 juin 2015, 18h40.

La Cantate oratorio K649 ” Davide Penitente” sur un texte de Saverio Mattei (et non Da Ponte comme on continue depuis trop longtemps de l’écrire) est crĂ©Ă©e le 13 mars 1785 Ă  Vienne (Burgtheater). L’ouvrage est une commande de la TonkĂŒnstler SocietĂ€t de Vienne. Mozart y recycle de nombreuses sĂ©quences de sa Messe en ut (8 au total issus de la K 427 composĂ©e auparavant en 1782/83, c’est Ă  dire en plein essor des idĂ©es des LumiĂšres).  Souvent mĂ©sestimĂ©, l’oratorio met en lumiĂšre la trĂšs grande maturitĂ© du Mozart viennois. Ses sĂ©quences inĂ©dites composĂ©es en 1785 en tĂ©moignent : l’air du tĂ©nor « A te fra tanti affanni » (passionnant dialogue avec hautbois), puis « Tra l’oscure ombre funeste » pour soprano, surtout le trio « Tutte le mie speranze » ont la profondeur et l’éclat de Cosi ou des Noces de Figaro, c’est dire.

Bartabas au ManĂšge des rochers : une prĂ©sence historiquement lĂ©gitime car c’est lĂ  que l’ArchevĂȘque de Salzbourg entraĂźnait sa cavalerie (impressionnante). 96 arcades y sont creusĂ©es dans la roche de la montagne au moment de sa construction par Johann Bernhard von Erlach en 1693.

Pour Bartabas, premier Ă©cuyer crĂ©ateur de France l’Ă©quitation est d’essence chorĂ©graphique. « Monter Ă  cheval, c’est danser. Le cavalier danse tout en dirigeant son cheval. Il doit gĂ©rer le travail de l’animal, l’intention du mouvement et sa qualitĂ©. Il forme un tout, un couple avec l’animal et devient une sorte de danseur-cheval » dĂ©clare le concepteur du spectacle Davide penitente de Mozart. Bartabas a crĂ©Ă© l’AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles en 2003, oĂč les jeunes apprentis Ă©cuyers qui ont pour seuls maĂźtres les chevaux, font l’expĂ©rience de la vie collevtive elle mĂȘme matrice propice a leur crĂ©ativitĂ©. Le foyer expĂ©rimental a Ă©tĂ© rebaptisĂ© Ă  l’occasion de son dixiĂšme anniversaire Centre ChorĂ©graphique Ă©questre, renforce sa propre rĂ©flexion entre Ă©quitation et danse.
La formation des Ă©lĂšves  est pluridisciplinaire comprenant la danse, l’escrime artistique, du chant, du Kyudo – tir Ă  l’arc traditionnel japonais. Ce sont des sportifs avertis formant Ă  prĂ©sent un vĂ©ritable corps de ballet Ă©questre. L’Ă©lĂ©gance du geste, l’harmonie des positions, l’Ă©quilibre des figures rĂ©alisĂ©s par l’homme – cheval produisent le sens :  « Le rendu final tient surtout pour moi de l’intention du geste », prĂ©cise encore Bartabas.

bartabas-davide-penitente-mozart-salzbourg-grande-largeur-classiquenews-presentation-critique

 

NOTRE AVIS. TrĂšs sĂ©duisant, moins musicalement que visuellement, ce David Penitente de Mozart en version “oratorio Ă©questre” est d’une beauté  Ă  couper le souffle. Dans le ManĂšge des rochers Ă  Salzbourg, haut lieu des passions Ă©questres, historiquement dĂ©fendues par les Princes ArchevĂȘques locaux (c’est dans le ManĂšge qu’au XVIIĂš, le Prince ArchevĂšque avait rĂ©servĂ© un lieu dĂ©signĂ© pour l’entretien de ses montures, trĂšs nombreuses), les chevaux aux robes sublimes (qu’aurait peint Ă©videmment un GĂ©ricault) s’Ă©brouent sur la terre du manĂšge salzbourgeois aux sons du David de Mozart. Tous les musiciens, choristes, solistes et instrumentistes sont disposĂ©s sous les arcades creusĂ©es dans la roche sur 3 Ă©tages, face au chef.
Les Musiciens du Louvre rĂ©cemment affaiblis aprĂšs l’annulation de la subvention de la ville de Grenoble (prĂšs de 250000 euros quand mĂȘme) peinent Ă  la tĂąche, et les solistes n’ont pas la grĂące des chevaux eux, impeccables sur la piste. Notons le solo du tĂ©nor français Stanislas de Barbeyrac dont la tension tendre de la voix est la plus intĂ©ressante : fragile mais timbrĂ©).

Sur la terre battue, 6 cavaliers et cavaliĂšres composent des figures collectives tandis qu’un magnifique cheval blanc semble caler son pas souverain et altier sur le rythme de la musique. On croit revivre des sensations comparables Ă  celle suscitĂ©es face au Sacre de Stravinsky version Pina Baush : mĂȘme corps sculptĂ©s dans la lumiĂšre et comme mis Ă  nu sur la terre, mĂȘme beautĂ© animale, archaĂŻque et raffinĂ©e Ă  la fois… mais ici, l’Ă©lĂ©gance musculaire des montures, la silhouette racĂ©e des Ă©cuyers, centaures ou amazones dansant sur la piste, et chantant mĂȘme (par interaction avec les musiciens situĂ©s au fond), la nervositĂ© prĂ©cise et raffinĂ©e des magnifiques Ă©quidĂ©s font toute la magie de ce spectacle qui dĂ©montre l’excellence de l’Ă©cole Ă©questre fondĂ©e par Bartabas. Dommage qu’il faille dĂ©couvrir l’ivresse et la perfection d’une telle Ă©quation Ă  Salzbourg. A quand Ă  Versailles dans les Grandes Ecuries oĂč Bartabas Ă  ses locaux ? A suivre de prĂšs.  Le programme est le point fort de la programmation FĂȘte de la musique sur Arte le 21 juin 2015 (Ă  18h40 donc).

Avec les musiciens du Louvre-Grenoble (M. Minkowski, direction), ChƓur Bach de Salzbourg, AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles. EnregistrĂ© pendant la Semaine de Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015

 

 

 

20h
The Philhamonics Ă  Vienne

The Philharmonics est la formation rĂ©unissant sept musiciens (quatuor Ă  cordes, contrebasse, clarinette et piano), instrumentistes Ă  l’origine du Philharmonique de Berlin et du Philharmonique de Vienne qui osent ainsi sortir de leur rĂ©pertoire habitue et jouer la complicitĂ©. Lors d’un concert de mai 2015 au Wiener Konzerthaus, ils interprĂštent les airs cĂ©lĂšbres de l’empire austro-hongrois du temps de sa splendeur. Des morceaux classiques alliĂ©s Ă  des sonoritĂ©s de danses et de musiques populaires qui venaient aussi bien de Vienne que de Prague, Budapest et Bucarest. Avec notamment quelques mĂ©lodies klezmer et tsiganes. Creuset des nations Ă  l’est de l’Europe, l’empire des Habsbourg a su jusqu’Ă  sa chute en 1918 intĂ©grer la diversitĂ© des cultures en une mosaĂŻque harmonieuse dont tĂ©moigne lors de ce concert, la combinaison éclectique qui prĂ©vaut dans le programme. Concert enregistrĂ© le 1er mai 2015 Ă  Wiener Konzerthaus.

 

 

 

A 20h45
La Traviata de Verdi  à Baden-Baden

Vague verdienne en juin 2014À l’occasion du Festival de PentecĂŽte du Festspielhaus de Baden-Baden, Rolando VillazĂłn met en scĂšne La Traviata de Verdi. AprĂšs une mise en scĂšne remarquĂ©e de L’Élixir d’amour de Donizetti, l’équipe de Rolando VillazĂłn et Johannes Leiacker assure la mise en scĂšne et la scĂ©nographie de La Traviata, sommet psychologique de Verdi que Rolando  Villazon  connaĂźt  bien pour l’avoir chantĂ© avec Anna Netrebko au festival estival de Salzbourg. Lors de ses passages sur les scĂšnes de Lyon, Berlin et Baden-Baden, VillazĂłn a prouvĂ© qu’il Ă©tait un conteur nĂ©. Son expĂ©rience de chanteur lyrique lui permet de mettre en valeur plus que tout autre les qualitĂ©s d’une formation de chanteurs, tout en se servant de tous les dispositifs du thĂ©Ăątre avec imagination. La Traviata de Baden-Baden quitte les salons parisiens du XIXĂšme siĂšcle pour se transporter dans l’univers implacable des managers. Avec des flash backs, des allers-retours entre cauchemar et revue de variĂ©tĂ©s, des mascarades et des scĂšnes d’amour, l’histoire tragique se tisse autour du destin de Violetta qui est prĂ©sentĂ©e avec ses cĂŽtĂ©s les plus brillants et les plus sombres.  L’action se fait labyrinthe, manĂšge des illusions dans lequel se perd l’Ăąme de la jeune courtisane dans une course Ă  l’abĂźme et aux dĂ©sillusions. Grandeur et dĂ©cadence.

Dans le rĂŽle de la courtisane, Olga Peretyatko, jeune Ă©toile montante et dans celui d’Alfredo le jeune tĂ©nor brĂ©silien  Attala Ayan consituent les deux piliers de la production. Le chef espagnol Pablo Heras-Casado pilote le Balthasar-Neumann-Ensemble qu’il avait dĂ©jĂ  dirigĂ© dans L’Élixir d’amour.

La Traviata de Verdi  à Baden-Baden (mai 2015)
Mise en scĂšne par Rolando Villazon
Direction musicale : Pablo Heras-Casado

Avec
Olga Peretyatko (Violetta)
Attala Ayan (Alfredo)
Et le Balthasar-Neumann-Ensemble

Enregistré au Festival de PentecÎte du Festspielhaus de Baden-Baden le 29 mai 2015

 

 

23h
Gala John Williams 

À 83 ans, John Williams, compte parmi les plus grands compositeurs de musique de film de l’histoire. Au cours de sa longue carriĂšre, il a rĂ©alisĂ© les bandes originales de plus de 80 films, notamment les inoubliables thĂšmes de Star Wars, Indiana Jones, Harry Potter. En septembre 2014, le Los Angeles Philharmonic Orchestra, dirigĂ© par Gustavo Dudamel, cĂ©lĂ©brait son Ɠuvre dans un exceptionnel concert de gala.

Concert enregistré au  Walt Disney Concert Hall de Los Angeles

avec
Itzhak Perlman, violon
Dan Higgins, saxophone
Glenn Paulson, vibraphone
Michael Valerio, contrebasse

Au programme, les musiques de :
La liste de Schindler, Un violon sur le toit les aventures de Tintin, Catch me if you can, Star Wars, Amistad, Les dents de la mer, L’empire contre-attaque,


 

 

Portrait de Rameau en génie baroque

Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieArte, samedi 6 juin, 20h50. Rameau, maĂźtre du baroque. Documentaire inĂ©dit (2014, Olivier Simonnet).Cadet de deux ans des autres gĂ©nies du XVIIIĂšme, Haendel et Bach, Rameau, nĂ© sous la rĂšgne de Louis XIV (en 1683), atteint la pleine maturitĂ© lyrique la cinquantaine passĂ©e (1733 : crĂ©ation de son premier chef d’oeuvre scandaleusement gĂ©nial : Hippolyte et Aricie). Inventeur de nouvelles formes entre l’opĂ©ra tragique, le ballet, la comĂ©die, Rameau ne cesse de se dĂ©rober Ă  toute catĂ©gorisation rĂ©ductrice : un conscience des lumiĂšres, le Dijonais a subtilement colorĂ© chacune de ses partitions d’une lecture humaniste trĂšs engagĂ©e pour l’Ă©poque ; ce qui en fait un compositeur moins officiel et complaisant que complexe, critique, lettrĂ©, allusivement humaniste, un compositeur philosophe qui a de facto collaborĂ© avec Voltaire (Samson avortĂ©, puis La Princesse de Navarre et ZaĂŻs dont le profil de la princesse ZĂ©lidie synthĂ©tise les idĂ©aux maçonniques et fraternels du musicien).
Le docu diffusĂ© par Arte souligne d’abord la premiĂšre carriĂšre de Rameau – avant l’opĂ©ra, comme organiste (comme son pĂšre) : Ă  Dijon, Clermont-, Saint-Etienne, Avignon puis Lyon (c’est probablement pour la capitale des Gaules que Rameau compose dans un contexte encore imprĂ©cis, ses fameux et grandioses Grands Motets).
Parisien, Rameau s’impose par sa science musicale : son Hippolyte et Aricie de 1733 affirme plus qu’un talent : son gĂ©nie. Dans son Ă©criture, coule dĂ©sormais la grĂące tragique et la noblesse hĂ©roĂŻque de Racine, dont la langue dĂ©clamĂ©e est sublimĂ©e par une Ă©criture musicale d’une inspiration inĂ©dite jusqu’alors.

 

 

 

Le portrait docu que diffuse Arte restitue hélas une facette convenue

Rameau, esprit baroque ou conscience des LumiĂšres ?

 

rameau-documentaire-2015-ARTE-philippe-villiersDevenu compositeur de la chambre en 1745, Rameau, premier musicien du rĂšgne de Louis XV, renouvelle le faste poĂ©tique des cĂ©lĂ©brations dynastiques Ă  Versailles, comme ce fut le cas au siĂšcle prĂ©cĂ©dent grĂące Ă  Lully, compositeur officiel de Louis XIV. Certes, le portrait prĂ©sentĂ© par Arte ne manque pas d’intĂ©rĂȘt mais il y manque les spĂ©cialistes français du compositeur dont le pionnier William Christie et l’un des meilleurs connaisseurs actuels parmi la nouvelle gĂ©nĂ©ration des ramistes inspirĂ©s : le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio. De fait, le docu qui se veut exhaustif manque son enjeu mĂȘme s’il est riche en Ă©vocations et sĂ©quences musicales lyriques : le thĂ©oricien sensuel, passionnĂ© par les effets de la Nature comme les vertiges du sentiments est gommĂ© par un portrait assez lisse et convenable, qu’incarne avec une absence de profondeur le comĂ©dien Philippe Villiers. Y paraissent la soprano Sabine Devielhe, le tĂ©nor Cyril Dubois, les chefs Pichon, Minkowski, Rouset. Diantre, le gĂ©nie de Rameau dont on fĂȘtait en 2014, les 250 ans de la disparition, mĂ©ritait un tout autre Ă©clairage, plus intimement connaisseur des derniĂšres trouvailles sur la personnalitĂ© comme l’esprit du musicien : un crĂ©ateur qui depuis les Indes Galantes (Ă  l’humanisme inouĂŻ Ă  son Ă©poquegrĂące aussi au livret de Fuzelier, se montre dans sa derniĂšre oeuvre de 1764, Les BorĂ©ades, trop moderne et engagĂ©… pour ĂȘtre de facto interdit : l’ultime opĂ©ra sera annulĂ© car on y dĂ©cela des critiques Ă  peine masquĂ©es contre la torture, comme en tĂ©moigne ce que subit sur scĂšne la princesse Alphise, victime dĂ©signĂ©e du roi BorĂ©e… Louis XVI abolira aprĂšs la mort de Rameau la torture contre les prisonniers. Cette modernitĂ© humaniste de Rameau est totalement gommĂ©e du documentaire. Triste oubli entre autres qui continue de nourrir sur le compositeur toujours les mĂȘmes idĂ©es rĂ©ductrices : Rameau est un gĂ©nie baroque emperruquĂ©e, trop savant… Or il est moins baroque que des LumiĂšres et son orchestre annonce le romantisme tourmentĂ© et ciselĂ© de Berlioz. Dommage.

Arte, samedi 6 juin, 20h50. Rameau, maßtre du baroque. Documentaire inédit (2014, 1h32. Réalisation : Olivier Simonnet)

SĂ©rie docu : L’opĂ©ra, quelle histoire ?!

opera quelle histoire arte serie 2015 dimanche 8h20Arte.L’opĂ©ra, quelle histoire ? Du 4 janvier au 29 mars 2015. Pendant 3 mois, chaque dimanche Ă  8h, Arte reprend en mains l’accessibilitĂ© du classique et la diffusion de l’opĂ©ra vers une large audience, plutĂŽt jeune et mĂȘme familiale de prĂ©fĂ©rence. Les derniĂšre Ă©tudes sont catastrophiques pour le monde du classique en France, prĂ©cisĂ©ment pour les directeurs de thĂ©Ăątres, festivals et salles de concert : l’Ăąge moyen du spectateur de concert serait passĂ© de 37 ans Ă  … 61 ans. C’est tout d’un coup l’ensemble de la filiĂšre du spectacle vivant qui pourrait avoir perdu un nombre inestimable de fidĂšles spectateurs. Aucun doute, le grand dĂ©fi des annĂ©es Ă  venir restera le renouvellement des publics. Autant dire que sans actions culturelles ciblĂ©es, l’Ă©rosion du public actuel augmentera inĂ©luctablement. Heureusement l’accĂšs au classique ne passe pas nĂ©cessairement par le concert ou l’opĂ©ra : mais l’expĂ©rience concrĂšte du spectacle vivant demeure inestimable. Et la sensibilisation des plus jeunes pourrait bien se concrĂ©tiser sur Arte, grĂące Ă  une sĂ©rie de ce genre…

 

 

 

l’opĂ©ra, ses hĂ©ros, ses histoires… en 15 mn

 

arte_logo_175Car l’amour du classique comme des arts en gĂ©nĂ©ral s’apprend bel et bien, grĂące Ă  l’Ă©ducation, et dĂšs le premier Ăąge. La sĂ©rie rĂ©alisĂ©e par le sud-corĂ©en Lee Yong-Jun rĂ©ussit son pari grĂące Ă  l’intelligence de sa conception et des dialogues restituĂ©s qui par le truchement du rĂ©cit, rĂ©sume chaque action de chaque opĂ©ra et accroche incontestablement l’intĂ©rĂȘt et la curiositĂ© du tĂ©lĂ©spectateur (jeune, nĂ©ophyte ou mĂ©lomane passionnĂ©). L’opĂ©ra se relit par ses personnages, leur situation, l’action.
Films d’animation, les Ă©pisodes choisis et diffusĂ©s ainsi chaque dimanche sur Arte et jusqu’Ă  la fin mars 2015, dĂ©cortique les enjeux dramatiques des opĂ©ras les plus cĂ©lĂšbres, ils en exposent clairement les Ă©lĂ©ments et les personnages du rĂ©cit, de la lĂ©gende, du conte : La flĂ»te enchantĂ©e de Mozart (les Ă©preuves imposĂ©es au Prince Tamino et sa fiancĂ©e Pamina), Carmen de Bizet (la passion rebelle de la cigaretiĂšre qui Ă©carte finalement son amant JosĂ©), Le Barbier de SĂ©ville de Rossini (comment avec l’aide du barbier Figaro, le comte Almaviva Ă©pousera Rosine), Aida de Verdi (l’amour tragique mais lumineux de l’esclave Aida et du gĂ©nĂ©ral Ă©gyptien RadamĂšs Ă  la cour de Pharaon…). Soit quatre ouvrages qui sont aussi 4 drames intenses et trĂšs expressifs. Chaque ouvrage fait l’objet de plusieurs volets (entre 3 et 4 parties) qui se lisent comme autant de feuilletons d’une histoire haletante. Au final combien de nouveaux mĂ©lomanes auront Ă©tĂ© sĂ©duits, conquis, fidĂ©lisĂ©s… ? Si le rendez vous conquiert son public, donc chaque dimanche Ă  8h (quand mĂȘme c’est un peu tĂŽt : l’audience pourrait bien en partir. heureusement il y a la vod of course sur le site Arte.fr), la chaĂźne pourrait installer ce feuilleton dans sa grille, de façon durable.  A suivre.

 

 

 

Arte. L’opĂ©ra, quelle histoire, Ă  partir du 4 janvier jusqu’au 29 mars 2015, chaque dimanche Ă  8h20. SĂ©rie animĂ©e en 13 Ă©pisodes de 15 mn chacun.

PremiÚres diffusions : La Flûte enchantée de Mozart en 4 parties : les 4,11,18,25 janvier 2015, 8h30.

 

Le Fidelio de KF Vogt en direct de La Scala sur Arte

Fidelio de BeethovenArte. Beethoven : Fidelio, en direct de la Scala de Milan, dimanche 7 dĂ©cembre 2014, 20h45. Comme chaque annĂ©e pour la Saint Ambroise,  la Scala de Milan ouvre solennellement sa nouvelle saison lyrique, en dĂ©but d’hiver, cette annĂ©e point de lancement de sa programmation 2015-2016, une nouvelle production du seul opĂ©ra de Beethoven : Fidelio. CrĂ©Ă© Ă  Vienne dans sa version finale en 1814, l’ouvrage est une cĂ©lĂ©bration des plus vertus humaines, inspirĂ©es par la fidĂ©litĂ© et l’amour.  Beethoven ne fait pas que livrer un hymne dĂ©chirant pour la libertĂ© et l’amour universel … Le musicien accomplit surtout un sommet lyrique qui conclut la pĂ©riode du premier romantisme viennois portĂ© par l’esprit des LumiĂšres (depuis surtout l’oratorio de Haydn La CrĂ©ation de 1800)… Beethoven inspirĂ© par des idĂ©aux fraternels et humanistes y Ă©labore le premier opĂ©ra populaire en langue allemande accomplissant un travail amorcĂ© par Mozart avant lui dans La FlĂ»te enchantĂ©e (1791).

arte_logo_2013barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007Beethoven : Fidelio. Daniel Barenboim, direction. Avec Klaus Florian Vogt (Fidelio), Anja Kampe (Leonore)
 Deborah Warner (mise en scĂšne). Outre la direction toujours exaltĂ©e et puissante de Daniel Barenboim chez Beethoven, La Scala offre au tĂ©nor wagnĂ©rien Klaus Florian Vogt une nouvelle prise de rĂŽle : chanter Florestan aprĂšs tant de Lohengrin angĂ©liques presque dĂ©sincarnĂ©s mais d’une douceur Ă©lĂ©gante saisissante, pourrait conduire le chanteur germanique Ă  une nouvelle expressivitĂ©. Plus de drame et de prĂ©sence, plus de chair moins d’air… mĂȘme si son timbre lui, restera lumineux, Ă©tincelant. De toute Ă©vidence, des qualitĂ©s Ă  suivre dans un rĂŽle oĂč l’incandescence rejoint l’ardeur la plus brĂ»lante (en particulier dans la scĂšne oĂč Florestan exprime sa solitude et sa souffrance au fond de sa cellule…)

 

 

 

Fidelio, femme amoureuse

 

fayard daniel barenboim la musique est un toutUnique opĂ©ra du symphoniste Beethoven, Fidelio est composĂ© durant prĂšs de 10 ans, du premier Ă©chec de 1805, jusqu’à la version finale de 1814. Les diffĂ©rentes versions de l’ouverture en tĂ©moignent : la genĂšse en fut longue,  difficile,  le compositeur Ă©tant probablement trĂšs investi dans l’Ă©laboration d’un opĂ©ra germanique et populaire,  un chantier laissĂ© vacant depuis La flĂ»te enchantĂ©e de Mozart (1791).  IntitulĂ©e LĂ©onore I,  II ou III, la piĂšce est devenue un morceau de choix pour tous les orchestres soucieux d’Ă©nergie, de drame mais aussi de finesse instrumentale. C est aussi prĂ©figuration du drame Ă  venir, le miroir annonciateur des points forts de l’action qui va ĂȘtre dĂ©veloppĂ©e aprĂšs le lever de rideau. Comme Wozzeck de Berg,  Fidelio s’inspire d’un fait divers rĂ©el survenu pendant la RĂ©volution française : par amour, une femme, dĂ©guisĂ©e en homme (Fidelio), infiltre la prison dans laquelle son mari est incarcĂ©rĂ©. Elle rĂ©ussit Ă  l’en libĂ©rer. Proche des valeurs morales des LumiĂšres,  le drame suit la lente et sublime avancĂ©e vers la lumiĂšre : des tĂ©nĂšbres de la geĂŽle humide et sombre oĂč est prisonnier l’aimĂ© de Fidelio, Florestan…  vers l’Ă©blouissement de la libĂ©ration finale. PortĂ© par l’amour et la fidĂ©litĂ© conjugale, l’action cĂ©lĂšbre la loyautĂ©,  une valeur d’absolu Ă  mettre Ă©videmment en parallĂšle avec l’idĂ©al dĂ©fendu dans la derniĂšre partie de sa 9Ăšme Symphonie,  qui incarne dans le choix du texte fraternel de Schiller,  un mĂȘme sentiment universel de dĂ©passement et de rĂ©alisation humaniste.  De mĂȘme,  le finale de La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart Ă©galement inspirĂ© par l’esprit des loges maçonniques et donc proche des valeurs des LumiĂšres,  affiche aussi un mĂȘme sentiment final d’entente civilisatrice et de rĂ©conciliation collective. L’aube d’une humanitĂ© enfin rĂ©formĂ©e.

L’intelligence de l’Ă©criture en fait une partition saisissante par sa force expressive et poĂ©tique,  brossant de trĂšs subtiles Ă©pisodes , tous dramatiquement trĂšs intense : l’univers carcĂ©ral que dĂ©couvre Leonore,  la prison sombre,  caverne inquiĂ©tante d’oĂč surgit le cri solitaire de Florestan prisonnier,  enfin le salut final, la dĂ©livrance qui efface souffrance et entraves…

Résumé, synopsis

LĂ©onore dĂ©guisĂ©e en homme s’est prĂ©sentĂ©e sous le nom de Fidelio pour se faire engager  comme aide-geĂŽlier dans la prison oĂč son mari Florestan est injustement incarcĂ©rĂ© sur l’ordre du cruel Don Pizzaro. Entre temps,  Fidelio a suscitĂ© l’amour de Marzelline, la fille du geĂŽlier. La courageuse et persĂ©vĂ©rante Ă©pouse sauve finalement son mari de la mort que lui rĂ©serve Pizzaro, ennemi politique et infĂąme manipulateur dont la traĂźtrise est enfin mise Ă  jour.

Acte 1. L’aristocrate espagnol Florestan (tĂ©nor), est incarcĂ©rĂ© sur ordre de Don Pizarro (baryton), le cruel gouverneur d’une prison d’État. Pour le libĂ©rer, sa femme LĂ©onore (soprano) se dĂ©guise en homme : elle devient Fidelio et y obtient un emploi : pour assoir sa position carcĂ©rale, Fidelio sĂ©duit la fille du geĂŽlier Rocco (basse), Marcelline (soprano). L’infĂąme Pizarro s’inquiĂ©tant de la visite imminente du ministre Don Fernando, entend supprimer tout ce qui pleut tĂ©moigner contre lui : il demande Ă  Rocco de tuer Florestan dans sa cellule. Leonore/Fidelio obtient de l’accompagner dans le cachot.

Acte 2. Dans sa cellule, s’exprime le chant solitaire et libertaire de Florestan, toujours vaillant. Mais quand Pizarro s’apprĂȘte Ă  tuer le prisonnier, Leonore s’interpose et se dresse contre le barbare. Les trompettes annoncent l’arrivĂ©e du ministre Fernando dans la prison pour son inspection. En un geste de clĂ©mence empruntĂ© Ă  l’opĂ©ra seria fixĂ© par MĂ©tastase, Beethoven Ă©crit un final choral qui chante la libertĂ© partagĂ©e et fraternelle : Fernando libĂšre Florestan et tous les prisonniers, punit Pizarro.

 

Les 300 ans de l’OpĂ©ra-Comique : super gala sur ARTE

opĂ©ra-comique, salle favart, opĂ©ra comiqueARTE concert. Gala OpĂ©ra comique. 28 dĂ©cembre 2014, 17h30. En direct sur ARTE CONCERT, le gala des 300 ans de l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris. Le spectacle retrace les grandes heures de la salle Favart, petite soeur insolente du Palais Garnier, souvent plus audacieuse et novatrice sur le plan formel que l’OpĂ©ra et sa grande machine souvent lourde et poussiĂ©reuse. Ainsi sont Ă©voquĂ©es les partitions emblĂ©matiques de l’histoire de l’opĂ©ra comique, le genre et le lieu : Carmen de Bizet (1876), Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, Manon de Massenet, PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy (1902), La voix humaine de Poulenc
 Une distribution de tempĂ©raments reconnus s’associent Ă  la succession des Ă©pisodes lyriques, dans la mise en scĂšne de Michel Fau : Patricia Petibon, Julie Fuchs, Anna Caterina Antonacci, Sabine Devielhe (sopranos), FrĂ©dĂ©ric Antoun (tĂ©nor)
 les rejoignent aussi les chanteurs de l’AcadĂ©mie de l’OpĂ©ra Comique : Sandrine Buendia, ElĂ©onore Pancrazi, Ronan Debois, Vianney Guyonnet
 Pour l’occasion le chef François Xavier-Roth dirige son orchestre sur instruments d’époque, Les SiĂšcles (avec le choeur Accentus). L’OpĂ©ra comique c’est autant le chant que le thĂ©Ăątre (grĂące aux dialogues particuliĂšrement prĂ©sents entre chaque Ă©pisode chantĂ©, complĂ©ment scĂ©nique et dĂ©clamĂ© que dĂ©fendent ici JĂ©rĂŽme Deschamps, Michel Fau, Christian Hecq
 ).

L’OpĂ©ra Comique : 300 ans d’histoire. En 1714, naĂźt l’OpĂ©ra Comique portĂ© alors par deux petites troupes parisiennes. Le genre s’appelle d’abord « comĂ©die en vaudeville » puis « comĂ©die mĂȘlĂ©es d’ariettes », c’est un thĂ©Ăątre oĂč s’intercalent de nombreux Ă©pisodes parlĂ©s comme au thĂ©Ăątre. Il s’oppose Ă©videment Ă  l’opĂ©ra totalement chantĂ©. DĂšs 1715, annĂ©e de la mort du souverain Louis XIV, François Boucher, Noverre, Favart participent Ă  l’essor de l’OpĂ©ra comique; en 1783, le genre se fixe dans son propre thĂ©Ăątre, la salle Favart. AprĂšs de nombreux incendies en 1838, 1887, la salle 3Ăšme salle Favart est reconstruite par Louis Bernier… LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du Gala des 300 ans de l’OpĂ©ra-comique.. 

 

 

 

arte_logo_2013Diffusion en direct sur France Musique
Sur Arte, Dimanche 28 décembre 2014 à 17h30.

Programme

Les Troqueurs d’Antoine Dauvergne (1753)
« Ne me rebute pas »
avec Sandrine Buendia, Eléonore Pancrazi, Ronan deBois, Vianney Guyonnet
L’oeuvre a Ă©tĂ© ressuscitĂ© par William Christie en un enregistrement toujours de rĂ©fĂ©rence : Dauvergne en pleine Querelle des Bouffons fait la preuve du gĂ©nie français dans la veine comique douce amĂšre, renouant avec le gĂ©nie poĂ©tique de PergolĂšse, dans l’esprit de Marivaux, lĂ©ger, fin, mordant.

La FĂ©e UrgĂšle de Sharles-Simon Favart (1765)
« Ce qui plaßt aux dames »
avec Eléonore Pancrazi et Christian Hecq

La Fille du régiment de Gaetano donizetti (1840)
« c’en est donc fait »
avec Julie Fuchs

La damnation de Faust d’Hector Berlioz (1846)
«la marche de rakoczy»
« d’amour l’ardente Flamme »
avec Anna Caterina Antonacci

Carmen de Georges Bizet (1875)
« ouverture »
« habanera »
avec Anna Caterina Antonacci

Les Contes d’Hoffmann de Jacques OffenBach (1881)
« les oiseaux dans la charmille »
avec Sabine Devieilhe
« scintille, diamant »
avec Laurent Alvaro

Lakmé de Léo Delibes (1883)
« Fantaisies, Î divin mensonge »
avec Frédéric Antoun
« oĂč va la Jeune hindoue »
avec Sabine Devieilhe

Manon de Jules Massenet (1884)
air du cour-la-reine : « Je marche sur tous les chemins »
avec Patricia Petibon
« duo de saint sulpice »
avec Patricia Petibon et Frédéric Antoun

Mignon d’Ambroise Thomas
Gavotte »

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (1902)
« scÚne de la tour »
avec Michel Fau et JĂ©rĂŽme Deschamps
« la sortie des souterrains »
avec Stéphane Degout et Laurent Alvaro

MĂąrouf, Savetier du Caire de Henri Rabaud (1914)
« à travers le désert »
avec Stéphane Degout

La voix humaine de Francis Poulenc (1959)
la tentative de suicide
Anna Caterina Antonacci

Les contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach (1881)
« Barcarolle »
Final avec tous les artistes

Soirée spéciale Richard Strauss sur Arte

richard-strauss.jpgArte. Mercredi 11 juin 2014,20h50. SoirĂ©e spĂ©ciale Richard Strauss : concert et docu. Pour les 150 ans de Richard Strauss (ce 11 juin 2014 : il est nĂ© Ă  Munich le 11 juin 1864), Arte dĂ©die une soirĂ©e spĂ©ciale au compositeur bavarois, gĂ©nie du poĂšme symphonique et de l’opĂ©ra au passage des deux siĂšcles, 19Ăš/20Ăš : un crĂ©ateur immense aussi sĂ©duisant que contradictoire voire rĂ©prĂ©hensible car ses agissements pendant le rĂ©gime nazi ne finissent pas de susciter d’inĂ©vitables interrogations, prĂ©fĂ©rant rester dans l’Allemagne barbare plutĂŽt que comme certains s’en Ă©loigner. Le brahmsien osa et avec quelle inventivitĂ© fĂ©conde, combiner Mozart et … Wagner, recherchant dans tous ses opĂ©ras, la fusion idĂ©ale entre drame thĂ©Ăątral et Ă©criture musicale, renouvelant la langue lyrique avec un sens du naturel et de la fluiditĂ© inĂ©galĂ©e Ă  son Ă©poque.

 

 

 

premiĂšre partie de programme

arte_logo_2013strauss richard maestro chef d orchestreConcert Ă  Dresde pour les 150 ans : Christian Thielemann dirige au Semperoper de Dresde, la Staatskapelle de Dresde dans un cycle comprenant des extraits symphoniques et lyriques : Elektra, Le Chevalier Ă  la rose, Feuersnot et surtout perles orchestrales nĂ©obaroques : l’ouverture de HĂ©lĂšne l’Égyptienne et en particulier le final de DaphnĂ© qui narre musicalement la mĂ©tamorphose de la nymphe aimĂ©e d’Apollon en laurier, selon la lĂ©gende fĂ©erique et fantastique lĂ©guĂ©e par Ovide entre autres.

 

 

seconde partie de programme

arte_logo_2013La Femme sans ombre de Richard StraussDocumentaire de Reinhold Jaretszky : portrait de Richard Strauss en” gĂ©nie controversĂ©”. Bilan sur sa carriĂšre pendant le rĂ©gime hitlĂ©rien : Strauss compositeur germanique vivant incontournable ne fut-il qu’instrumentalisĂ© par les nazis ou chercha-t-il sciemment Ă  pactiser avec le diable pour recueillir privilĂšges et statuts officiels? Sa complicitĂ© avĂ©rĂ©e alors avec le chef Clemens Krauss lui aussi complaisant vis Ă  vis du rĂ©gime hitlĂ©rien ajoute au trouble… NommĂ© prĂ©sident de la Chambre de musique du Reich dĂšs 1933, adoubĂ© par Hitler, auteur d’hymnes de pure obĂ©issance (comme celui pour les Jeux Olympiques de 1936), Strauss mĂȘme s’il dĂ©missionna de sa charge prĂ©sidentielle, prit parti pour son librettiste juif, Zweig, au moment de la crĂ©ation de La Femme silencieuse en 1935 (sous la direction de Karl Böhm)… Le documentaire offre un large spectre d’analyse, soulignant combien le gĂ©nie de l’artiste fut grand, mais plus douteuses ses errances politiques et culturelles… A chacun de se faire son propre jugement. L’immense stature du compositeur dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš s’affirme elle de façon indiscutable.

 

Arte. Mercredi 11 juin 2014,20h50. Soirée Richard Strauss : concert et docu.

 

De Vienne Ă  Broadway avec Ida Falk Winland

Télé, Arte.De Vienne à Broadway, le 28 avril, 19h

falk_winland_idaProgramme festif pour ce concert Ă©clectique qui de Vienne Ă  Broadway, mĂȘle Gershwin et Johann Strauss avec la complicitĂ© de la soprano suĂ©doise Ida Falk Winland. Au programme: Gershwin, Strauss donc mais aussi Franz Lehar, Bernstein (Candide, West side Story)… Orchestre national de France, MaĂźtrise de Radio France. EnregistĂ© Ă  Paris au Cirque d’Hiver.

Illustration: les beaux yeux d’Ida Falk Winland (DR)

Gala du tricentenaire de l’Ecole française de danse

TĂ©lĂ©. Arte. Gala 300 ans de l’Ecole française de danse, 28 avril 2013,20h45

Ballet. Soirée chorégraphique.

Casse-NoisetteLe 11 janvier 1713, Louis XIV Ă  la fin de son rĂšgne, dĂ©crĂšte l’existence de l’institution qui est aujourd’hui, l’Ecole française de danse. La tradition chorĂ©graphique officielle en France remonte aux Valois et avant eux aux monarques hexagonaux qui avaient bien compris l’usage structurant des ballets de cour dans la vie politique. En 2013, pour le tricentenaire de l’Ecole, Arte diffuse une sĂ©rie (Graines d’Ă©toiles) dĂ©voilant le quotidien des jeunes danseurs de 8 Ă  18 ans, confrontĂ©s Ă  la discipline et Ă  l’Ă©mulation chorĂ©graphique. C’est aussi comme ce soir, la diffusion de la soirĂ©e de gala Ă  l’OpĂ©ra Garnier Ă  Paris, oĂč les Etoiles et le corps du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris fait dĂ©monstration de son excellence technique et stylistique entretenue ainsi depuis 300 ans.

Télé. Arte célÚbre le bicentenaire Verdi 2013

Giuseppe VerdiLa Traviata de Verdi, le 15 décembre 2012 depuis Bruxelles
ARTE cĂ©lĂšbre le bicentenaire Verdi 2013 dĂšs dĂ©cembre 2012, en diffusant sur le web et Ă  l’antenne, de nombreux opĂ©ras du compositeur italien nĂ© en 183.  Lancement de l’annĂ©e verdi avec La Traviata en direct sur ARTE Live Web depuis la Monnaie de Bruxelles samedi 15 dĂ©cembre Ă  20h sur arteliveweb.com. C’est la premiĂšre d’une sĂ©rie de 3 productions de La Traviata diffusĂ©e par Arte au cours du cycle Verdi 2013…

La Traviata, le 15 décembre 2012 sur Arteliveweb
un opéra de Giuseppe Verdi
Direction musicale : Ádåm Fischer
Mise en scĂšne : Andrea Breth
avec Simona Ć aturovĂĄ , SalomĂ© Haller, Carole Wilson, SĂ©bastien GuĂšze, Scott Hendricks, Till Fechner, Dietmar Kerschbaum, Jean-Luc Ballestra et l’Orchestre symphonique et les chƓurs de la Monnaie

Les événements Verdi sur ARTE en 2013
Mars 2013: La Traviata enregistrée à Aix-en-Provence en juillet 2011 avec Natalie Dessay
Juin 2013: AĂŻda aux ArĂšnes de VĂ©rone
Juillet 2013: Rigoletto au Festival d’Aix-en-Provence
Août 2013:  Don Carlo au Festival de Salzbourg
Octobre 2013: Gala anniversaire ” Passion Verdi “,
Requiem sous la direction de Daniel Barenboim, enregistré à la Scala de Milan en août 2012,
Nabucco, sous la direction de Riccardo Muti enregistrĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rome en 2011.
Novembre 2013:  Il Trovat ore, avec Plåcido Domingo et Anna Netrebko au Schillertheater à Berlin
DĂ©cembre 2013: La Traviata Ă  la Scala de Milan, nouvelle production

TĂ©lĂ©. Arte fĂȘte Verdi en 2013

Verdi et son librettiste Arigo Boito pour Boccanegra, Otello et Falstaff

L’annĂ©e du bicentenaire Verdi s’annonce prometteuse en particulier sur Arte qui dĂ©die une sĂ©rie de diffusion d’opĂ©ras certains en direct depuis plusieurs villes europĂ©ennes: coup d’envoi le 15 dĂ©cembre, avec La Traviata (sur arteliveweb ; Adam Fischer, direction. Andrea Breth, mise en scĂšne). L’opĂ©ra crĂ©Ă© Ă  Venise sans succĂšs (!) revient sur Arte tout au long de l’annĂ©e 2013 (mars: La Traviata, production Aix en Provence juillet 2011 avec Natalie Dessay; enfin derniĂšre Traviata depuis La Scala de Milan en dĂ©cembre 2013). Vient ensuite AĂŻda aux arĂšnes de VĂ©rone (juin 2013), Rigoletto Ă  Aix (juillet 2013), Don Carlo Ă  Salzbourg (aoĂ»t 2013), puis en octobre, le gala Verdi et le Requiem sous la direction de Daniel Barenboim… Dates et horaires de diffusion sur Arte Ă  venir dans notre mag tĂ©lĂ©