COMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Etoile. Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Etoile.  Avec Carl Ghazarossian, Alain Buet, Ambroisine BrĂ©, Nicolas Rivenq
 Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux… A l’occasion d’une visite dans les Hauts-de-France, on ne saurait trop conseiller de faire halte Ă  Tourcoing, troisiĂšme ville de la rĂ©gion aprĂšs Lille et Amiens ; qui peut s’enorgueillir d’avoir vu naĂźtre des compositeurs aussi illustres que Gustave Charpentier ou Albert Roussel. Indissociable de la personnalitĂ© charismatique de son fondateur Jean-Claude Malgoire (1940-2018),  l’Atelier lyrique de Tourcoing donne depuis 1981 une rĂ©sonance internationale Ă  cette ancienne capitale du textile, reconnue pour cette ambition artistique de haut niveau. DĂ©sormais, il revient Ă  François-Xavier Roth (nĂ© en 1971) de prendre la relĂšve du regrettĂ© Malgoire Ă  la direction artistique de l’Atelier lyrique, tandis qu’Alexis Kossenko (nĂ© en 1977) fait de mĂȘme Ă  la tĂȘte de l’orchestre sur instruments d’époque, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy.

 

 

 

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Lazuli / Laoula : Ambroisine Bré et Anara Khassenova  © Simon Gosselin

 

 

 

C’est prĂ©cisĂ©ment le jeune flĂ»tiste et chef d’orchestre français que l’on retrouve Ă  Tourcoing pour l’une des productions les plus attendue de la saison, l’ébouriffante Etoile (1877) d’Emmanuel Chabrier (voir notre prĂ©sentation : https://www.classiquenews.com/letoile-de-chabrier-a-tourcoing/). On avoue ne pas comprendre pourquoi un tel chef d’Ɠuvre de malice et d’intelligence ne figure pas plus souvent au rĂ©pertoire hexagonal – au moins pendant les fĂȘtes de fin d’annĂ©e, aux cĂŽtĂ©s des grands succĂšs d’Offenbach. On se rĂ©jouit par consĂ©quent de cette heureuse initiative, et ce d’autant plus que le plateau vocal rĂ©uni se montre d’un niveau proche de l’idĂ©al.
Ainsi de la rayonnante Ambroisine Bré qui donne Ă  son Lazuli un brio vocal d’une rare conviction dans l’équilibre entre vĂ©ritĂ© thĂ©Ăątrale et raffinement vocal, tandis que Carl Ghazarossian (Ouf 1er) ne lui cĂšde en rien dans sa composition dĂ©sopilante, entre morgue cruelle et lassitude feinte. Si Anara Khassenova (la Princesse Laoula) affiche Ă©galement un haut niveau, Juliette Raffin-Gay (AloĂšs) est plus en retrait du fait d’une Ă©mission parfois Ă©troite, hormis dans son air bien travaillĂ© au II. La production doit beaucoup Ă  l’aisance comique des impayables Alain Buet (trĂšs solide Siroco), Nicolas Rivenq (superbe d’autodĂ©rision) ou Denis Mignien (Ă  la folie douce-amĂšre). Les chƓurs un rien timides au dĂ©but, avec quelques dĂ©calages notables, se montrent de plus en plus affirmĂ©s tout au long de la soirĂ©e, avant de pleinement convaincre.

tourcoing-atelier-lyrique-Kossenko-etoile-chabrier-annonce-critique-classiquenewsMais c’est peut-ĂȘtre plus encore l’énergie insufflĂ© dans la fosse qui impressionne par son Ă -propos : si vous n’avez jamais su ce que voulait dire « faire chanter un orchestre », Ă©coutez Alexis Kossenko (photo ci contre) ! Autant les attaques sĂšches que la prĂ©cision et la virtuositĂ© des affrontements entre pupitres donnent des accents inouĂŻs de vitalitĂ©, le tout au service d’une expression dramatique qui n’en oublie jamais de faire ressortir les dĂ©tails humoristiques de l’orchestration. Ce tourbillon de bon humeur rĂ©pond Ă  la non moins rĂ©ussie mise en scĂšne de Jean-Philippe Desrousseaux – dont le travail pour Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© en 2017 par le prix du Meilleur crĂ©ateur d’élĂ©ments scĂ©niques, dĂ©cernĂ© par l’Association professionnelle de la critique, thĂ©Ăątre, danse et musique. Desrousseaux revisite son dĂ©cor unique pendant toute la reprĂ©sentation avec maestria, autant par un travail sur les Ă©clairages qu’une mise en valeur des Ă©lĂ©ments scĂ©niques. Son imaginative direction d’acteur donne beaucoup de plaisir par son double regard qui s’adresse autant aux plus petits qu’à leurs ainĂ©s : on retient notamment les nombreux gags visuels intemporels façon Iznogoud ou les dĂ©licieux animaux exotiques animĂ©s Ă  l’ancienne par deux comĂ©diens. Les rires des tout petits ne trompent pas quant Ă  la rĂ©ussite du projet, vivement applaudi par le chaleureux public de Tourcoing.

   

 
 
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Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er) © Simon Gosselin

 

    
 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. Tourcoing, Atelier lyrique, le 9 fĂ©vrier 2020. Chabrier : L’Etoile. Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Juliette Raffin-Gay(AloĂšs), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er), Alain Buet (Siroco), Nicolas Rivenq (HĂ©risson de Porc-Epic), Denis Mignien (Tapioca), Denis Duval  (le chef de la police). Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy, Alexis Kossenko (direction musicale) / Jean-Philippe Desrousseaux (mise en scĂšne). A l’affiche de l’Atelier lyrique de Tourcoing, du 7 au 11 fĂ©vrier 2020. Photo : © Simon Gosselin / Atelier Lyrique de Tourcoing, service de presse.

 

 

 

VOIR aussi notre TEASER et notre REPORTAGE VIDEO de l’Étoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING Kossenko / Desrousseaux, fĂ©v 2020

 

 

TOURCOING. L’Etoile de Chabrier, 1877, Ă  l’affiche de l’Atelier Lyrique, les 7, 9, 11 fĂ©vrier 2020

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien
 sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

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VOIR LE REPORTAGE VIDEO

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien
 sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

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REPORTAGE : L’Etoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING (7, 9 et 11 fĂ©v 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien
 sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

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TOURCOING : l’Atelier Lyrique joue L’Étoile de Chabrier (7,9,11 fĂ©vrier 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGTEASER. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »  sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! – TEASER @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

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TOURCOING, 7 – 11 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production

LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de L’Étoile de Chabrier (1877) Ă  l’affiche de l’Atelier Lyrique de TOURCOING – la nouvelle production scelle la collaboration entre l’orchestre sur instruments d’Ă©poque La Grande Ecurie et la Chambre du Roi, et le chef et flĂ»tiste Alexis Kossenko qui vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur de la phalange fondĂ© par Jean-Claude Malgoire

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théùtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Bré
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
AloĂšs Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
HĂ©risson de Porc-Ă©pic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko (portrait ci  contre)

Mise en scÚne : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scÚne :  Denis Duval

DĂ©cors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

LumiÚres : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

L’Etoile de Chabrier Ă  TOURCOING

TOURCOING : Nouvelle production de l'Etoile de ChabrierTOURCOING, 7 – 11 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »  sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original,  iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empĂąlĂ© !

 

 

Sous le rÚgne du rire et de la poésie

La fabrique du Nord
L’Atelier Lyrique de Tourcoing
prĂ©sente une nouvelle production de L’Etoile de Chabrier

 

 

Au pays de l’absurde, qui Ă©pingle en rĂ©alitĂ© la folie humaine, Chabrier durcit le portrait du potentat insupportable : le souverain est fou d’astrologie, plus enclin Ă  suivre ce que disent les astres, plutĂŽt que de servir son peuple.

Car le compositeur qui connaĂźt ses classiques français comme Wagner et la mĂ©canique du bel canto, Ă©crit un cycle de perles lyriques inoubliables comme La Romance de l’étoile de Lazuli, les Couplets du pal (le supplice officiel). La nouvelle production Ă  Tourcoing devrait laisser se dĂ©ployer la finesse d’une Ă©criture taillĂ©e pour la surprise poĂ©tique, le vertige facĂ©tieux
 l’insolence et la sincĂ©ritĂ©.

 

 

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théùtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Br
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
AloĂšs Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
HĂ©risson de Porc-Ă©pic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoingtourcoing-atelier-lyrique-Kossenko-etoile-chabrier-annonce-critique-classiquenews
La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko (portrait ci  contre)

Mise en scĂšne : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scÚne :  Denis Duval

DĂ©cors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

LumiÚres : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

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Emmanuel Alexis Chabrier

C’est l’ami des peintres et des poĂštes (de Manet, Baudelaire et Verlaine), Emmanuel Chabrier, fonctionnaire du ministĂšre de l’IntĂ©rieur a la verve facile et met en musique son esprit facĂ©tieux, jugĂ© par ses contemporains « vulgaire ». En rĂ©alitĂ©, sa musique comme ses livrets sont aussi touchants et subtils que ceux d’Offenbach qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© sur le mode fantasque, comique voire scabreux. Mais l’époque a changĂ© : exit l’esprit lĂ©ger, licencieux du Second Empire. Chabrier incarne la veine lĂ©gĂšre l’époque su wagnĂ©risme bientĂŽt incontournable (avec l’initiative de Charles Lamoureux, crĂ©ateur de Lohengrin et de Tristan und Isolde Ă  Paris, Ă  partir de 1887 et surtout 1891/92
). Double voire triple lecture, Chabrier manie le verbe et la note avec gĂ©nie ; un tempĂ©rament proche de l’ineffable et du sublime, tel que les aimait
 Ravel (grand admirateur de Chabrier). « Je veux que ça pĂšte » proclame l’auteur de l’Etoile.

 

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AUTOUR DU PIANO
 tableau d’Henri Fantin-Latour (1885)

huile sur toile – H. 1.6 ; L. 2.22  -  MusĂ©e d’Orsay, Paris

Autour du piano, 8 personnalitĂ©s, proches du peintre et reprĂ©sentants de l’active vie culturelle parisienne ; de gauche Ă  droite :
Assis : Emmanuel Chabrier au piano, Edmond Maßtre et, en retrait, Amédée Pigeon.

Debout : Adolphe Julien, Arthur Boisseau, Camille BenoĂźt, Antoine Lascoux et Vincent d’Indy.

 

 

COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. OLDENBURG, le 16 fev 2019. RAMEAU : Les Paladins. de Carpentries / Kossenko.

COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opĂ©ra. OLDENBURG, le 16 fev 2019. RAMEAU : Les Paladins. de Carpentries / Kossenko. Parler de pĂšlerinage est plutĂŽt une notion d’ordre liturgique. Faire le pĂšlerinage aussi est un acte de foi, une action qui bouleverse Ă  tout jamais les individus qui l’entament. Au cƓur de la dĂ©marche, il y a un sens mystique, tout pĂšlerin est un tĂ©moin. En 1760, Rameau a 77 ans, pour l’époque c’était un vieillard, mais les gĂ©nies n’ont pas d’ñge. Dans la partition des Paladins, truffĂ©e d’hĂ©donisme et de passages d’une grande virtuositĂ©, Rameau dĂ©ploie la plus belle de ses palettes. L’intrigue, inspirĂ©e du conte erotique de Lafontaine « Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries », mĂȘme si elle est expurgĂ©e de certains passages licencieux, reste un livret empreint de sensualitĂ©. Les personnages paraissent des caricatures d’eux mĂȘmes. Le barbon, la jeune fille emprisonnĂ©e et le jeune cavalier incognito rappellent furieusement les Bartolo, Rosine et Almaviva du Barbier de Beaumarchais.

 

 

« Pilgrim’s progress »

 

 

opera-critique-classiquenews-annonce-critique-concerts-opera-festivals-classiquenews-paladins_1©Aurélie-Remy
 

 
 

S’engager Ă  faire un opĂ©ra si français dans un thĂ©Ăątre tel que celui d’Oldenburg, semblait une opĂ©ration dĂ©licate. En effet le style Français baroque avec ses codes et ses spĂ©cificitĂ©s, semble parfois inaccessible pour les interprĂštes Ă©trangers. Or, grĂące Ă  l’enthousiasme des Ă©quipes artistiques et le courage de la direction du thĂ©Ăątre, cette magnifique production a eu lieu. Oldenburg est une ancienne citĂ© ducale dans le giron de la ville HansĂ©atique de BrĂȘme. Avec son ancien palais ducal, d’un jaune pastel charmant, ses belles ruelles et surtout son sublime thĂ©Ăątre Ă  la salle lambrissĂ©e du XIXeme siĂšcle. Le soutien du Centre de Musique Baroque de Versailles a contribuĂ© Ă  parfaire cette production hors pair.

Ces Paladins ont rĂ©uni les forces vives de la maison avec les chanteurs de la troupe dont les jeunes talents, les extraordinaires danseurs du ballet d’Oldenburg et l’orchestre du cru, nous remarquons un ensemble artistique homogĂšne et enthousiasmant. Chaque soliste a pris Ă  bras le corps le style et affrontĂ© les obstacles de cette Ɠuvre. Nous remarquons l’Argie aux couleurs puissantes de Martyna Cymerman, le fabuleux Orcan de Stephen K. Foster, la Nerine pĂ©tillante de Sooyeon Lee et dans le double rĂŽle d’Atis et de Manto l’inĂ©narrable Philipp Kapeller. Dans une moindre mesure l’Anselme de Ill-Hoong Choung a relevĂ© les dĂ©fis du rĂŽle du barbon.

Les danseurs du Ballet d’Oldenburg ont offert Ă  la musique de Rameau, une interprĂ©tation Ă©clatante. On remarque d’ailleurs l’inventivitĂ© chorĂ©graphique d’Antoine Jully. Le chorĂ©graphe Français, rĂ©vĂšle ainsi des bijoux insoupçonnĂ©s dans la partition de Rameau.

L’orchestre moderne avec des membres jouant sur instruments anciens est impressionnant par la souplesse et la couleur. On se plaĂźt Ă  oublier par moments que c’est un orchestre ne jouant pas intĂ©gralement sur boyaux. MenĂ©s par l’immarcescible talent d’Alexis Kossenko, qui est un des grands chefs Ramistes de tous les temps, on peut saisir chaque nuance de la partition de Rameau la plus proche de Telemann et de l’Ecole de Mannheim. Vivement Acanthe et Cephise avec ce formidable artiste !

Au sommet de l’art dramaturgique, François de Carpentries nous offre encore une fois une magnifique mise en scĂšne ! A la fois simple dans le dĂ©roulĂ© de la narration et profonde dans l’expression des sentiments, la mise en scĂšne de François de Carpentries Ă©voque trĂšs poĂ©tiquement, la nĂ©cessitĂ© de fantaisie dans la vie pour la croquer Ă  pleines dents. Le besoin irrĂ©pressible de candeur pour rĂ©vĂ©ler toute l’humanitĂ© qui nous habite. Nous encourageons vivement les professionnels Ă  se pencher et ressentir le travail de François de Carpentries, trop absent de nos scĂšnes Françaises.

A l’issue de cette production on semble s’éveiller du rĂȘve poĂ©tique et philosophique qui peuple l’illusion de l’opĂ©ra. On se sent beaucoup plus sensible au beau, on se vit encore plus humain, comme une renaissance bĂ©nĂ©fique au calme de la douce lumiĂšre nordique d’Oldenburg.

  

 

opera-paladins-concerts-festival-annonce-critiqueopera-concerts-classiquenews-classique-news-musique-classique-news-paladins_11©-Stephan-Walzl
 

  

 
 

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COMPTE-RENDU, CRITIQUE, opéra. OLDENBURG, le 16 fev 2019. RAMEAU : Les Paladins. de Carpentries / Kossenko.

Samedi 16 fĂ©vrier 2019 Ă  19h30 – Oldenburgisches Staatstheater – Oldenburg (Allemagne)

Jean-Philippe Rameau
Les Paladins

Argie – Martyna Cymerman
Atis / Manto – Philipp Kapeller
NĂ©rine – Sooyeon Lee
Orcan – Stephen K. Foster
Anselme – Ill-Hoon Choung
Un Paladin – Logan Rucker

Musette – Jean-Pierre Van Hees

BallettCompagnie Oldenburg
Opernchor des Oldenburgischen Staatstheater

Oldenburgisches Staatsorchester
Dir. Alexis Kossenko

Mise en scĂšne – François de Carpentries
ChorĂ©graphie – Antoine Jully

Photos : Paladins © A REMY – S WALZL

  

  

 

Concerts Rameau : Procopio / Kossenko. Les 6 et 25 août 2014.

video_procopio_manon Rameau : Procopio / Kossenko. Les 6 et 25 aoĂ»t 2014.  Deux ramistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, Bruno Procopio et Alexis Kossenko cĂ©lĂšbrent le gĂ©nie de Jean-Philippe Rameau pour l’annĂ©e des 250 ans de sa disparition en 1764. Le premier, claveciniste et chef d’orchestre, a enregistrĂ© et publiĂ© chez Paraty deux disques particuliĂšrement remarquĂ©s : un cycle d’extraits des ouvertures et ballets des opĂ©ras avec l’orchestre Simon Bolivar sur instruments modernes (album intitulĂ© ” Rameau in Caracas “), puis une nouvelle lecture des PiĂšces pour clavecin en concerts.  Le second, flĂ»tiste, a Ă©ditĂ© chez  Erato un rĂ©cital instrumental et lyrique dĂ©diĂ© au Rameau amoureux avec la soprano Sabine Devielhe et son ensemble Les Ambassadeurs. Les deux musiciens ont tous les deux Ă©tudiĂ© au Conservatoire SupĂ©rieur de Paris (CNSMDP).

Bruno Procopio / Alexis Kossenko

Rameau new generation

 

 

 

procopio-kossenko-clavecin-flute-baroque-Rameau-CPE-BACH

 

 

CPE Bach 2014. ParallĂšlement les deux interprĂštes s’engagent Ă©galement pour rĂ©tablir le gĂ©nie d’un autre compositeur baroque, Carl Philipp Emanuel Bach dont 2014 marque le tricentenaire. Par son Ɠuvre, son style et son activitĂ© musicale en particulier Ă  Hambourg, Carl Philipp montre qu’il ne doit pas sa cĂ©lĂ©britĂ© uniquement pour ĂȘtre le fils de Bach dont il a ƓuvrĂ© Ă  rĂ©Ă©diter les Ɠuvres et Ă©ditĂ© le catalogue : c’est un auteur majeur de l’Ă©poque classique, illustre reprĂ©sentant de l’esthĂ©tique Empfindsamkeit.
En 2014, Alexis Kossenko s’apprĂȘte Ă  publier d’ici l’hiver 2014, un nouveau disque dĂ©diĂ© aux Trios et aux Concertos (Alpha 821). De son cĂŽtĂ©, Bruno Procopio vient d’enregistrer au clavecin, les fameuses Sonates WĂŒrttembeg, considĂ©rĂ©es comme l’un des plus importants recueils de Sonates pour clavier de la premiĂšre moitiĂ© du XVIIIĂšme siĂšcle. L’album devrait sortir Ă©galement dans le dernier trimestre de cette annĂ©e (Ă©galement pour le label Paraty, distribuĂ© par Harmonia Mundi). Le claveciniste connaĂźt d’autant mieux le style et l’Ă©criture de CPE Bach qu’il a enregistrĂ© avec le mĂȘme Orchestre Simon Bolivar (et pour cette session, premiĂšre pour la phalange vĂ©nĂ©zuĂ©lienne) sur instrument d’Ă©poque, plusieurs Sinfonie du compositeur baroque.

 

 

 

agenda

 

En aoĂ»t 2014, avant la sortie de leur albums CPE Bach, les deux ramistes reconnus abordent l’intĂ©grale des PiĂšces pour clavecin en concert de Jean-Philippe Rameau, les 6 aoĂ»t  au festival  Musique et nature en Bauges, puis 25 aoĂ»t au festival Berlioz de la CĂŽte Saint-AndrĂ©.

Rameau : PiĂšces pour clavecin en concert
Bruno Procopio, clavecin
Alexis Kossenko, flûte
Patrick Bismuth, violon
Romina Lischka, viole de gambe

VOIR Bruno Procopio jouer les PiĂšces pour clavecin en concerts

Mercredi 6 août 2014, 21h (Eglise de Pugny-Chatenod)
Lundi 25 août 2014, 17h (Couvent des Carmes, Beauvoir en Royans)

 

Premier concert : La Coulicam – La Livri – Le VĂ©zinet
DeuxiĂšme Concert : La Laborde – La Boucon – L’Agaçante – Premier Menuet et DeuxiĂšme Menuet
TroisiĂšme Concert : La PopliniĂšre – La Timide – Premier tambourin et DeuxiĂšme tambourin en rondeau
QuatriĂšme Concert : La Pantomime – L’indiscrĂšte – La Rameau
CinquiĂšme concert : Fugue La Forqueray – La Cupis – La Marais

 

 

 

L’art de la conversation en musique

 

Rameau_Joseph_Aved-Portrait_de_Jean-Philippe_Rameau_vers_1728Les PiĂšces pour clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Au dĂ©but de sa carriĂšre et bien avant les premiers accomplissements lyriques, Rameau a publiĂ© trois livres de piĂšces de clavecin entre 1706 et 1728, puis sont venues les PiĂšces de clavecin en concerts
 C’est son seul cycle de musique de chambre et le plus inventif de son temps.  Rameau explique dans la prĂ©face (intitulĂ©e « Avis aux concertants »), qu’ayant constatĂ© le succĂšs immĂ©diat de la forme mĂȘlant clavecin et violon, il a souhaitĂ© Ă©crire pour cette combinaison particuliĂšrement concertante, riche en possibilitĂ©s de dialogues, telle une vĂ©ritable conversation en musique : « Le quatuor y rĂšgne le plus souvent, Ă©crit-il. Il faut non seulement que les trois instruments se confondent entre eux, mais encore que les concertants s’entendent les uns les autres, et que surtout le violon et la viole se prĂȘtent au clavecin, en distinguant ce qui n’est qu’accompagnement, de ce qui fait partie du sujet. C’est en saisissant bien l’esprit de chaque piĂšce, que le tout s’observe Ă  propos. » Chaque instrumentiste doit donc maĂźtriser qualitĂ© d’Ă©coute et virtuositĂ© caractĂ©risĂ©e.
Jamais relĂ©guĂ© au second plan tel un instrument d’accompagnement, le clavecin a souvent un rĂŽle concertant, mais il peut ĂȘtre Ă  l’unisson avec les dessus ou leur servir d’accompagnateur colorĂ©. “Cinq de ces piĂšces ont d’ailleurs Ă©tĂ© adaptĂ©es par lui-mĂȘme pour clavecin seul. Lors de notre enregistrement, nous nous sommes donc interrogĂ© sur la position du clavecin Ă  cĂŽtĂ© des deux dessus. Comment respecter son rĂŽle concertant ? Nous avons donc choisi de le mettre au centre de l’enregistrement, car la difficultĂ© a Ă©tĂ© pour nous de situer les instruments les uns par rapport aux autres” ajoute Bruno Procopio.

Le cas des PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau reflĂšte idĂ©alement le goĂ»t des LumiĂšres en France au XVIIIĂšme : c’est l’emblĂšme d’un art de vivre copiĂ© comme modĂšle dans toute l’Europe. A Rameau revient le prodige d’offrir au temps de Voltaire et des Rois Ă©clairĂ©s (Louis XV et La Pompadour, FrĂ©dĂ©ric II de Prusse, L’impĂ©ratrice Catherine…) l’expression musicale d’un raffinement inĂ©dit oĂč les instruments Ă©voque le jeu et les enjeux de la conversation telle qu’elle a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e au moment oĂč toute l’Europe cultivĂ©e parlait français.
“Les PiĂšces de clavecin en concerts constituent une sorte de maillon entre les sonates en trio italiennes ou les trios polyphoniques de Bach, comme la sonate en trio qui clĂŽt L’Offrande musicale,  et les sonates pour clavier – clavecin ou piano-forte – avec accompagnement de violon obligĂ© ou ad libitum qui se dĂ©veloppĂšrent considĂ©rablement Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle, en France notamment. Dans ce genre de compositions oĂč le clavier se taillait la part du lion, l’instrument Ă  cordes se bornait Ă  doubler la mĂ©lodie ou Ă  ponctuer les basses. AnimĂ© par son expĂ©rience de musicien de thĂ©Ăątre, Rameau s’émancipe du cadre forgĂ© par les Italiens et par ses prĂ©dĂ©cesseurs français et raffine sur les dĂ©tails. Il compose de vĂ©ritables trios, car chaque « Concert » est un trio presque symphonique oĂč le clavecin, affranchi de toute fonction polyphonique, devient un instrument soliste Ă  part entiĂšre Ă  cĂŽtĂ© de ses deux partenaires qui lui apportent un lumineux complĂ©ment de richesse sonore “, complĂšte Bruno Procopio Ă  propos des PiĂšces pour clavecin en concerts. Contribution rĂ©alisĂ©e pour la sortie de son disque Rameau (d’aprĂšs les propos recueillis par AdĂ©laĂŻde de Place).

 

 

discographie : 3 cd incontournables

Lire notre critique du cd Rameau : PiĂšces pour clavecin en concerts par Bruno Procopio

Lire notre critique du cd Rameau : ouvertures et ballets des opĂ©ras de Rameau par Bruno Procopio avec l’orchestre Simon Bolivar du Venezuela

Lire notre critique du cd Rameau : le grand thĂ©Ăątre de l’amour par Les Ambassadeurs, Sabine Devielhe et Alexis Kossenko

Rameau : Sabine Devieilhe, le grand thĂ©Ăątre de l’amour

CD. Sabine Devieilhe : Rameau (Erato, 2013)   … Le Grand thĂ©Ăątre de l’Amour. Les Ambasadeurs. Alexis Kossenko, direction. Le sentiment de notre rĂ©dacteur Benjamin Ballif suscite l’unanimitĂ© de la rĂ©daction de classiquenews : le nouvel album des Ambassadeurs, complices du premier rĂ©cital lyrique de la jeune diva française Sabine Devieilhe Ă©merveille. La chanteuse Ă©tait sacrĂ©e ” rĂ©vĂ©lation lyrique” aux derniĂšres Victoires de la musique 2013. Voici un Rameau inventif et audacieux, expressif et intelligent qui convainc absolument. Il est d’autant plus pertinent qu’il met en avant cette sensualitĂ© raffinĂ©e propre au XVIIIĂš français et qui fait aussi de Rameau, Ă  cĂŽtĂ© du scientifique et du savant, un poĂšte du coeur et du sentiment d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ©.

 

 

Rameau au sommet

 

Devieilhe_sabine_ERATO_rameau_theatre_amour_ambassadeursRousseau avait bien raison de prendre en grippe le divin Dijonais : son art dĂ©passe tout ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit et composĂ© avant lui sur la scĂšne lyrique et Ă  l’appui de ce rĂ©cital enchanteur, le compositeur n’est-il pas finalement trĂšs proche lui aussi de la nature humaine ? … A la vocalitĂ© orfĂ©vrĂ©e de la cantatrice rĂ©pond l’investissement passionnant des instrumentistes de l’ensemble fondĂ© par le flĂ»tiste Alexis Kossenko.
En avant premiÚre du cd qui paraßt le 28 octobre prochain, voici un extrait de la critique développée de notre rédacteur :

” Voici un programme audacieux crĂąnement dĂ©fendu, qui rĂ©vĂšle ou plutĂŽt confirme un immense talent en devenir, Ă  l’aube nous lui souhaitons, d’une prodigieuse carriĂšre.

Nous l’avions dĂ©couvert dans Lucia (La Somnambula de Bellini Ă  Tourcoing sous la baguette de Jean-Claude Malgloire, octobre 2011), puis retrouvĂ©e sur la mĂȘme nordique, dans le rĂŽle de la Folie de PlatĂ©e de Rameau (fĂ©vrier 2013), personnage Ă  l’affiche du prĂ©sent cd : et dĂ©jĂ , une gestion de la ligne vocale Ă©tonnante et si musicale, doublĂ©e par une technique remarquable, avec un don Ă©vident pour la caractĂ©risation expressive ; pour son premier rĂ©cital lyrique discographique, la jeune soprano Sabine Devieilhe, coloratoure sĂ©millante et d’un diamant clair et agile chante langueur, dĂ©sespoir, extase des grandes amoureuses.
Ses galanteries vocales sont charmeuses et trĂšs subtilement ciselĂ©es : un format vocal qui sied idĂ©alement Ă  la balance originale des opĂ©ras et ballets de Rameau. Elle Ă©blouit par l’intelligence de son timbre naturellement perchĂ©. Diction perlĂ©e et intelligible (” Pour voltiger dans les bocages ” des Paladins (plage 10), flexibilitĂ© vocale, surtout justesse des intentions dramatiques, voici un Rameau ambitieux, osĂ©, risquĂ©… parfaitement tenu, qui montre outre le sens du pari et du dĂ©fi portĂ© par la diva, sa sensibilitĂ© rayonnante et juvĂ©nile … qui lui permet demain de chanter deux rĂŽles parmi les plus exposĂ©s et redoutable du rĂ©pertoire, LakmĂ© (Ă  l’OpĂ©ra-Comique, du 10 au 20 janvier 2014), puis La Reine de la Nuit dans La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Paris, du 11 mars au 15 avril 2014.

Sabine Devieilhe, diva ramélienne

La Folie amorce le dĂ©lire avec un raffinement naturel que rehaussent encore la vivacitĂ© et les nuances dynamiques de l’orchestre. Tandis que, plus justement accordĂ©s Ă  la thĂ©matique du cd, Tristes apprĂȘts, pĂąles flambeaux (Castor et Pollux) Ă©tourdit par sa grĂące simple et transparente (superbes bassons tout aussi enivrĂ©s et funĂšbres), celle d’un TĂ©laĂŻre pure et digne, touchĂ©e par le dĂ©sespoir le plus noir  : que sa phrase et sa ligne sont animĂ©es par une intelligence pudique sans apprĂȘt rĂ©ellement ; auparavant son Alphise des BorrĂ©ades, mĂȘme amoureuse Ă©prouvĂ©e, succombe tout autant face Ă  l’Ă©preuve des Ă©lĂ©ments (omniprĂ©sents dans Les BorrĂ©ades, ultime opĂ©ra de Rameau, qui meurt en 1764 avant de l’avoir crĂ©Ă©) … son soprano coloratoure, fin et diamantin rĂ©ussit le passage des vocalises qui attestent de sa dĂ©termination conquĂ©rante. Car outre la perfection de la technicienne, Sabine Devieilhe sait aussi incarner et imposer un tempĂ©rament dramatique d’une Ă©lĂ©gance superlative. Une sensibilitĂ© blessĂ©e au timbre limpide et la diction rigoureuse, entre Sandrine Piau et VĂ©ronique Gens.
De leur cĂŽtĂ©, sublimes complices d’un parcours sans fautes, les instrumentistes des Ambassadeurs sĂ©duisent par la mĂȘme souple expressivitĂ©, mordants et ductiles Ă  souhait ; voici un Rameau qui n’est pas seulement articulĂ©, rythmiquement pĂ©tillant et insolent, sensuellement exquis (remarquable ouverture de Pygmalion) et dramatiquement construit : les interprĂštes visiblement en complicitĂ©, habitent Rameau d’une profondeur et d’une Ă©lĂ©gance racĂ©e totalement convaincante. Avant les cĂ©lĂ©brations Rameau 2014, pour le 250Ăšme anniversaire de la mort, voici un disque Ă©blouissant par son intelligence musicale, sa perfection sensible, ses prises de risques (instrumentales autant que vocales : Ă©coutez la libertĂ© interprĂ©tative de l’orchestre, son Ă©loquence dans le ballet figurĂ© de Zoroastre, ou dans le sommeil d’un pur onirisme – appel au rĂȘve- de Dardanus…), pas feutrĂ©s et puissance rythmique de la contredanse des BorrĂ©ades (plage 9), cors somptueux des mĂȘmes BorrĂ©ades dans l’air d’Iphise qui prĂ©cĂšde ;  VoilĂ  bien longtemps, depuis William Christie et ses Arts Florissants si magiciens, que nous n’avions pas Ă©coutĂ© une approche aussi aboutie, au relief si remarquablement ouvragĂ© …

Ambassadeurs charmeurs enivrés

Le chef des Ambassadeurs y  paraĂźt avoir plus d’audace, de feu, d’invention qu’un certain RaphaĂ«l Pichon, ailleurs prĂ©sentĂ© Ă  Beaune comme ” champion chez Rameau “, mais en comparaison d’une …. dĂ©solante pĂąleur. La comparaison s’imposait d’elle mĂȘme car les nouveaux disques Rameau sont plutĂŽt rares, et parce que Sabine Devieilhe a paru Ă©galement dans le cd Dardanus dirigĂ© par RaphaĂ«l Pichon (oĂč moins inspirĂ©e, la soprano n’y brille pas d’un mĂȘme Ă©clat…).

Courrez acheter ce disque jubilatoire, c’est un rĂ©jouissant hommage Ă  Rameau et son ” grand thĂ©Ăątre de l’amour “. Prestance, Ă©lĂ©gance, imagination interprĂ©tative approche la perfection d’un autre Ramiste rĂ©cent, Bruno Procopio qui lui aussi n’est pas Ă  un dĂ©fi prĂšs : faire jouer les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens sur instruments modernes mais dans le style du XVIIIĂš français ; c’est lĂ  encore Rameau qui en sort transfigurĂ© (lire notre critique du cd exceptionnel de Bruno Procopio : Rameau in Caracas, 1 cd Paraty). Vous pourrez comparer d’un orchestre Ă  l’autre, des instruments anciens Ă  ceux modernes, la Chaconne des Indes Galantes (plage 22), avec Les Ambassadeurs d’Alexis Kossenko ou Ă  Caracas sous la houlette de Bruno Procopio : mĂȘme tempĂ©rament, mĂȘme audace, mĂȘme rĂ©invention du geste, mĂȘme ivresse palpitante des instruments et des timbres en fusion … Que Rameau peut ĂȘtre heureux de disposer, aux cĂŽtĂ©s de l’inĂ©galable William Christie, de nouveaux interprĂštes parmi la nouvelle gĂ©nĂ©ration, capables comme lui de comprendre, vivre, partager le gĂ©nie du Dijonais.

Seule rĂ©serve, les limites du choeur qui ne partage pas cette prĂ©cision et cette implication de la solistes et des instrumentistes …

Le label Erato qui renaĂźt miraculeusement au dĂ©tour d’un changement de propriĂ©taire semble recouvrer ses grandes heures baroques, Ă  l’Ă©poque des rĂ©alisations les plus convaincantes de l’histoire du disque. VoilĂ  qui augure de passionnantes prochaines nouveautĂ©s Ă  venir “. Critique complĂšte au moment de la parution du disque de Sabine Devieilhe : le 28 octobre 2013.

 

Rameau : le grand thĂ©Ăątre de l’amour. Les Ambassadeurs. Alexis Kossenko, direction. 1 cd Erato. 1h20 mn.

 

concert
Sabine Devieilhe et Les Ambassadeurs proposent le programme de leur disque au concert Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, superbe hommage Ă  Rameau dans le lieu qui lui est si naturel, le 5 novembre 2013, 20h.

 

vidéo
visionner la jeune soprano Sabine Devieilhe dans la Folie de Rameau (Platée) à Tourcoing, sous la direction de Jean-Philippe Rameau, avec Paul Agnew dans le rÎle-titre (février 2013)