COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron, le 9 aout 2019. TCHAIKOVSKI, RACHMANINOV : A Malofeev, N Goerner. Orch Nat du Tatarstan. A Slakovsky

COMPTE-RENDU, concert. Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron, le 9 aout 2019. TCHAIKOVSKI, RACHMANINOV : A Malofeev, N Goerner. Orch Nat du Tatarstan. A Slakovsky. Le Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron nous conviait Ă  une trĂšs grande et belle Nuit du piano. Deux compositeurs russes, un jeune pianiste russe Ă©blouissant, un pianiste argentin solaire, un orchestre et un chef, exaltĂ©s. Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ.

piano-malofeev-concerto-orchestre-critique-concert-piano-classiquenews-roque-antheron-2019-critique-classiquenews-malofeev-5Une premiĂšre partie consacrĂ©e Ă  deux Ɠuvres de Piotr Ilitch TchaĂŻkovsky (1840-1893) et une deuxiĂšme Ă  deux Ɠuvres de SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943). Deux concertos, deux Ɠuvres symphoniques, Ă©quilibre parfait d’un diptyque somptueux. Alexander Malofeev, gamin surdouĂ© de dix-sept ans,  inaugure cette Nuit du piano. Premier Prix du Concours International TchaĂŻkovsky pour jeunes pianistes, saluĂ© par sa prestation exceptionnelle Ă  quatorze ans, il joue le Concerto N°2 pour piano et orchestre en sol majeur opus 44 de TchaĂŻkovsky, sous la voĂ»te spectaculaire de La Roque, et ses 121 cubes blancs qui en font l’une des acoustiques les plus jalousĂ©es des festivals de plein air. Moins cĂ©lĂšbre que l’incontournable Concerto N°1 en Si bĂ©mol Majeur avec son premier mouvement et ses immenses accords qui parcourent tout le clavier et ce thĂšme legato, d’une ligne mĂ©lodique puissante et si sensuelle, le Concerto N°2 (TchaĂŻkovsky en composera 3) est en trois mouvements, comme la plupart des concertos, dont la forme a Ă©tĂ© fixĂ©e Ă  la fin de l’Ă©poque baroque. A travers ses innombrables concertos, Antonio Vivaldi (1678-1741) contribua Ă  fixer les trois mouvements et Ă  donner au soliste une grande libertĂ© d’Ă©criture, dont la virtuositĂ© et la technique se dĂ©velopperont au cours des siĂšcles suivants. La cadence de la fin des premiers mouvements, improvisĂ©e puis Ă©crite au XIXe siĂšcle, est un hĂ©ritage de cette audace baroque. Le Concerto N°2 est composĂ© de trois mouvements :Allegro brillante e molto vivace /Andante non troppo/Allegro con fuoco.

 

 

La folle soirée russe !

 

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Le jeune virtuose Malofeev semble danser sur le clavier, son aisance dans les parties trĂšs techniques et sa maturitĂ© dans les passages plus sombres sont Ă©tonnantes ; il se courbe vers le piano, comme pour faire corps avec le son, puis se relĂšve, impĂ©tueux pour mieux dominer la partition. Il sait aussi dialoguer avec la flĂ»te traversiĂšre, le violon solo ou le violoncelle, comme s’il s’agissait d’un mouvement de Sonate plus intime puis devient fougueux, survoltĂ© dans l’Allegro con fuoco, thĂšme de danse villageoise avec de grands accords fulgurants qui parcourent tout le clavier, dans une Ă©criture trĂšs rhapsodyque. Dans ses 2 bis, Alexander Malofeev semble faire la synthĂšse de cet art dĂ©jĂ  trĂšs abouti : Islamey, opus 18 de Mili Balakirev, membre du Groupe des Cinq. Fantaisie orientale oĂč les mains se croisent sans cesse dans une course folle et un extrait des Saisons, opus 37a de TchaĂŻkovsky (La Chanson d’Automne : Octobre), d’une profonde mĂ©lancolie retenue. Eblouissant ! L’Orchestre National symphonique du Tatarstan, accompagne le jeune virtuose. Le Tatarstan, entitĂ© de la FĂ©dĂ©ration de Russie peut s’honore d’avoir un tel Ensemble symphonique. Le Festival d’Automne de sa capitale Kazan, est de grande renommĂ©e et permet Ă  l’Orchestre National d’y briller et de se confronter Ă  d’autres formations internationales. Bien sĂ»r, les compositeurs russes inondent tous les programmes de concert. Alexander Sladkovsky, le chef emblĂ©matique depuis 2010, laurĂ©at du Concours International Prokofiev, d’abord sous le charme de cet adolescent sans limites, imprime une intensitĂ©, une gĂ©nĂ©rositĂ© et fait vibrer chaque pupitre. PrĂ©sence poignante sur son estrade, cabotin et imposant.
 
 

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L’orchestre reprend seul le flambeau pour une interprĂ©tation de haute volĂ©e de la Symphonie N°2 de TchaĂŻkovsky en ut mineur opus 17 « Petite Russie » ; symphonie en 4 mouvements comme la plupart des symphonies depuis Mozart. Le chef donne Ă  chaque mouvement un relief particulier, une couleur correspondant aux indications si colorĂ©es du compositeur. Chaque mouvement est divisĂ© en plusieurs parties indiquĂ©es par des caractĂšres diffĂ©rents, vitesses, atmosphĂšres : 1er mouvement, Andante sostenuto-Allegro comodo/2Ăšme mouvement, Andantino marziale, quasi moderato/3Ăšme mouvement, Scherzo-Allegro molto vivace/4Ăšme mouvement, Finale-Moderato assai-Allegro vivo. Ces diffĂ©rentes palettes de durĂ©e et d’expression, vont permettre Ă  Alexander Sladkovsky de passer d’une direction franche, martiale, dense Ă  des gestes plus souples. Le chef est habitĂ©, il communique physiquement par une attitude souvent emphatique, trĂšs thĂ©Ăątrale. Si l’Andante dĂ©marre par une marche pulsĂ©e, rythmĂ©e par les noires des bassons et des cordes graves, il se termine par une phrase plus lĂ©gĂšre. Dans le Scherzo, tempo ternaire jubilatoire, le chef est bondissant, faisant ressortir ainsi le pupitres des Bois qui lancent des fusĂ©es, reprises par les cordes. L’Allegro vivo est un hymne grandiose. La Danse Espagnole, en bis, extraite du Lac des Cygnes de TchaĂŻkovsky, termine cette premiĂšre partie dans un enthousiasme communicatif. Le public est dĂ©jĂ  conquis !

A l’Ă©poque romantique, la Russie oppose deux visages: l’un national, l’autre plus europĂ©en : Cinq compositeurs russes, regroupĂ©s sous l’appellation Groupe des Cinq Ă©criront des Ɠuvres exaltant les sentiments patriotiques, pages aux coloris trĂšs expressifs, aux mĂ©lodies originales. On retient essentiellement Borodine : Le Prince Igor (« Danses polovtsiennes »)…, Rimsky Korsakov : Le Coq d’Or, La Grande PĂąque Russe, ShĂ©hĂ©razade… et Modeste Moussorgsky : Boris Goudounov (opĂ©ra), Les Tableaux d’une Exposition (orchestration de Maurice Ravel)… TchaĂŻkovsky, en marge de ce mouvement, reste profondĂ©ment russe mais est aussi attachĂ© Ă  la culture occidentale par ses Symphonies, ses concertos, sa musique de chambre et donnera au Ballet symphonique ses lettres de noblesse, le dĂ©finissant comme genre Ă  part entiĂšre, enfin sorti des traditionnelles interventions, si attendues, dans les opĂ©ras. Il Ă©tait soutenu par une aristocratie qui dĂ©daignait la musique imprĂ©gnĂ©e d’art populaire et « rencontra » une mĂ©cĂšne providentielle : Nadejda Von Meck qui aura avec lui une relation Ă©pistolaire des plus insolites ; elle lui enverra une bourse rĂ©guliĂšrement sans jamais chercher Ă  le rencontrer, admiration dĂ©sintĂ©ressĂ©e d’une rare Ă©lĂ©gance. Bien sĂ»r, elle sera la dĂ©dicataire de plusieurs Ɠuvres du MaĂźtre qui ne se faisait pas prier pour honorer les caprices artistiques de la richissime veuve russe fortunĂ©e !

 

 
 
Dans la deuxiĂšme partie, le pianiste argentin Nelson Goerner, cinquante ans, visage lumineux, joue le Concerto N°3 opus 30 de SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943) avec le mĂȘme orchestre et le mĂȘme chef. Ce pianiste argentin obtient en 1986 le Premier Prix du Concours Franz Liszt de Buenos Aires et rencontre la mĂȘme annĂ©e la sublime pianiste argentine Martha Argerich : sa carriĂšre internationale est lancĂ©e. On le dĂ©couvre ce soir dans ce redoutable Concerto du MaĂźtre russe. C’est lors d’une tournĂ©e aux Etats-Unis, en 1909, que Rachmaninov compose et joue ce 3Ăšme Concerto en rĂ© mineur ; c’est un triomphe ! Gustav Malher, lui aussi prĂ©sent aux Etats-Unis pour faire connaĂźtre ses Ɠuvres, dirige le compositeur russe dans ce Concerto en 1910 ! Rachmaninov a composĂ© 4 concertos pour le piano. Le Concerto N°1 en fa# mineur a Ă©tĂ© rendu cĂ©lĂšbre par l’Ă©mission Apostrophes de Bernard Pivot dont il Ă©tait le gĂ©nĂ©rique. Il a bercĂ©, ainsi, des annĂ©es de soirĂ©es littĂ©raires, de 1975 Ă  1990 ! Le troisiĂšme Concerto, en trois mouvements, est d’une extrĂȘme virtuositĂ©.

 

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Dans l’Allegro ma non tanto, Goerner reste Ă©lĂ©gant, raffinĂ©, virtuose sans emphase ; aprĂšs la tornade Malofeev, le pianiste argentin parcourt le clavier avec une aisance fantastique et maĂźtrise tous les piĂšges de cette Ă©criture postromantique si exigeante: accords, gammes, arpĂšges diaboliques et des superpositions de voix Ă©tonnantes. La cadence finale est redoutable par sa force et son Ă©criture si complexe. Le deuxiĂšme mouvement, Intermezzo-Adagio est d’une langueur mĂ©lancolique, dialogues avec la flĂ»te, le hautbois, le cor, parenthĂšses Ă©lĂ©giaques avant la dĂ©ferlante du 3Ăšme mouvement Finale-Alla breve, hybride et brillant, mĂȘlant des couleurs expressionnistes et jazzy surprenantes. Le pianiste est en connexion parfaite avec son instrument et l’orchestre. Le public salue, debout, cette performance. En bis, Le Bailecito (Petite danse) du compositeur argentin Carlos Guastavino, (1912-2000), connu essentiellement pour ses nombreuses mĂ©lodies (MĂ©lodies argentines…), est un clin-d’oeil Ă  ses origines. Goerner effleure le clavier, caresse les touches. Puis il conclut par des variations impressionnantes d’Adolf Schulz-Evler, compositeur polonais mort en 1905, d’aprĂšs le Beau Danube Bleu de Johann Strauss. Brillantissime ! Triomphe total!

Pour terminer cette grande soirĂ©e, l’orchestre joue Le Rocher, PoĂšme symphonique opus 7 de Rachmaninov, Ɠuvre de jeunesse, 1893, aux couleurs plus impressionnistes, qui s’inspire d’un poĂšme de MikhaĂŻl Lermontov : Le Rocher. Fresque symphonique, dĂ©coupĂ©e en plusieurs tableaux : dĂ©part sombre et tĂ©nĂ©breux, cordes graves, legato puis une partie plus dansante ; aprĂšs une respiration apaisĂ©e et mystĂ©rieuse, un nouveau contraste pour un crescendo grandiose en tutti.
Le gĂ©nĂ©reux chef transmet son incroyable vitalitĂ©, dans une attitude grandiloquente, parfois caricaturale mais touchante aussi par son Ă©nergie juvĂ©nile. Trois bis, ce qui est rarissime, aprĂšs un tel concert, pour une soirĂ©e qui semblait se prolonger sans cesse, dont « La Bacchanale », extraite de Samson et Dalila de Camille Saint-SaĂ«ns, tumultueuse, ornĂ©e, orientale, festive et Stan Tamerlana d’Alexander TchaĂŻkovski, compositeur et pianiste russe, nĂ© en 1946. Oeuvre dĂ©lirante par ses sonoritĂ©s Ăąpres, folkloriques et ses rythmes entraĂźnants, qui soulĂšve le public dans une extase jouissive hallucinante. Le chef bondit, gesticule, se tourne vers la foule dĂ©jĂ  debout, et l’invite Ă  se joindre Ă  la fĂȘte par des claps de mains, des cris, faisant Ă©cho aux jeux entre les cuivres, les percussions, les vents, les cordes. Spectateurs mĂ©dusĂ©s, un chef aĂ©rien qui nous offrait toute la puissance et la vie d’un orchestre vibrant, musiciens, spectateurs ne faisant qu’un. Un moment trĂšs Ă©tonnant. On avait tous envie de prendre le premier vol pour Kazan et continuer cette soirĂ©e magique dans l’aventure d’autres rĂ©pertoires. Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ. Illustrations : Festival international de piano de la Roque d’AnthĂ©ron 2019

 
 
 
 

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Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron
Vendredi 9 aoĂ»t 2019 – Nuit du piano:
‱ Alexander Malofeev : piano
‱ Orchestre National symphonique du Tatarstan. Alexander Sladkovsky : direction
‱ Concerto N°2 pour piano et orchestre en sol majeur opus 44 de Piotr Ilitch Tchaïkovsky
‱ Symphonie N°2 en ut mineur opus 17 « Petite Russienne » de Piotr Ilitch TchaĂŻkovsky
‱ Nelson Goerner : piano
‱  Orchestre National symphonique du Tatarstan. Alexander Sladkovsky : direction
‱ Concerto N°3 opus 30 de Sergueï Rachmaninov
‱ Le Rocher, Poùme symphonique opus 7 de Sergueï Rachmaninov

 

 

PERLES SUR LA TOILE… Alexander MALOFEEV (FEYEV) dĂ©c 2018

malofeev malofeyev alexander piano jeune pianiste classique concerts annonce jeunes talentsSUR LA TOILE 
 Jeune pianiste Ă  suivre. Le russe Alexander Malofeev, que sa blondeur pourrait assimiler aux jeunes hĂ©ros de l’Europe du nord, saisit par sa gravitĂ© juste et pudique, malgrĂ© ses. 17 ans en dĂ©cembre 2018
 Son jeu a la puissance et la carrure des grands russes, capables spĂ©cifiquement d’un dĂ©liĂ© serein et calme, pourtant intense et investi ; d’une clartĂ© naturelle et souple qui forcent l’admiration. La technique est somptueuse, lui permettant d’affirmer une belle gymnastique imaginative ; avec des phrasĂ©s intĂ©rieurs d’une sensibilitĂ© trĂšs juste, et une souplesse dans les passages les plus contrastĂ©s. Dans le Concerto n°3 de Rachmaninov, le jeune virtuose sait trouver l’équilibre entre vĂ©locitĂ©, intĂ©rioritĂ© et lyrisme Ă©chevelĂ© (Tchaikovsky concert hall du 30 dĂ©c 2018 – presque 70 000 vues en janvier 2019). Sans aucun doute, Alexander Malofeev est aujourd’hui “Le” jeune talent russe Ă  suivre, aux cĂŽtĂ©s de ses “aĂźnĂ©s”, Daniil Trifonov (avec lequel il partage une mĂȘme passion pour les mondes fantastiques et enchantĂ©s de Rachmaninov…), Denis Matsuev… nos prĂ©fĂ©rĂ©s. Sans omettre le rĂ©cemment distinguĂ© Dmitri Masleev

Alexander MALOFEEV / FEYEV
le nouveau prodige russe du piano

Evidemment son jeune Ăąge (17 ans), l’empĂȘche encore de ciseler jusqu’aux moindres nuances de l’architecture d’une oeuvre Ă  la fois colossale et intime dont les vertiges doivent Ă©viter tout pathos et imprĂ©cisions. Il manque encore de profondeur et un rubato qui exprime le mystĂšre, mais quelle sincĂ©ritĂ©, quelle candeur enchantĂ©e dans un jeu douĂ© de qualitĂ©s de sobriĂ©tĂ©, de finesse
 A cet Ăąge cela tient d’une intelligence rare. Sa personnalitĂ© retient l’attention. InvitĂ© comme le plus jeune pianiste Ă  la Roque d’AnthĂ©ron en 2016 (14 ans), Alexander Malofeev (ou Malofeyev) a l’étoffe des plus grands car il sait cultiver une douceur ineffable, une pudeur que peut savent mĂȘme aguerris, simplement Ă©noncer. Pas de virtuositĂ© dĂ©placĂ©e mais l’expression d’une candeur marquĂ©e par une riche vie intĂ©rieure. C’est l’enseignement de ce concert Rachmaninov
 La captation rĂ©alisĂ©e en Russie dĂ©voile un authentique Jeune talent russe, Ă  suivre dĂ©sormais. Avec l’orchestre national des jeunes russe, dirigĂ© par Dimitris Botinis.

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https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

JEUNE TALENT Ă  suivre : Alexander Malofeyev

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S.Rachmaninoff. Piano Concerto No.3 in D minor, Op.30. – 42 mn
Soloist : AlexandДr Malofeev (17 y.o. /17 ans).
Russian National Youth Symphony Orchestra.
Conductor, direction : Dimitris Botinis.
Tchaikovsky Concert Hall.
30/12/2018

 

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30/12/2018

https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

AUTRE VIDEO avec Alexander MALOFEEV : Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov (Myun-Whun Chung, RAI 2017)

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