Symphonie n°3 d’Albert ROUSSEL

ALBERT ROUSSEL, symphoniste magicien (150 ans en 2019)FRANCE MUSIQUE, le 9 juin 2019. ROUSSEL : Symphonie n°3 de ROUSSEL, Tribune des critiques de disques. Les cĂ©lĂ©brations ROUSSEL sont rares, aussi en attendant le prochain festival International ALBERT ROUSSEL (21 sept – 25 nov 2019) portĂ© par Damien Top, grand spĂ©cialiste et biographe affĂ»tĂ© du compositeur français, contemporain de Ravel et comme ce dernier, gĂ©nie de la composition et de l’orchestration, fĂŞtons le 150è anniversaire de sa naissance sur France Musique qui lui consacre un numĂ©ro de sa Tribune des critiques Ă  la sublime Symphonie n°3, sommet de maturitĂ© composĂ©e entre 1929 et 1930, en pleine crise europĂ©enne. Pour nous, il n’existe qu’une seule version convaincante celle de Charles Munch rĂ©cemment Ă©ditĂ©e par Warner Erato dans son fabuleux coffret ROUSSEL 2019 – CLIC de CLASSIQUENEWS (11 cd)
http://www.classiquenews.com/coffret-evenement-annonce-albert-roussel-edition-integrale-albert-roussel-2019-11-cd-erato/

« Printemps et maturité », sont les deux qualités mises en équation, et qui fondent selon Poulenc, la grande réussite de la Symphonie n°3 d’Albert Roussel. De fait, l’œuvre exalte une motricité irrésistible, un feu rythmique juvénile et printanier qui démontre incontestablement le génie roussellien en matière d’invention et de composition symphonique.
Comme portée par une urgence intérieure, impérieuse, mais aussi lumineuse et poétique, la 3è symphonie de Roussel est une commande de l’Orchestre de Boston, pour son jubilé (50è anniversaire) et son chef, Serge Koussevitzky, grand admirateur de Roussel et de la musique française du XXè en général. Ils créent à Boston l’ouvrage le 17 octobre1930. Les USA ont toujours été à le pointe du discernement, contrairement au public et à la critique parisienne, qui brille depuis toujours par son imbécilité et ses goûts archaïques. Ainsi Rousel encore aujourd’hui n’intéresse personne en France, en particulier pas les directeurs et responsables de salles comme de festivals, pour lesquels il demeure à torts, un compositeur secondaire. A contrario de cette culture réductrice, nous pensons que Roussel est un génie de la composition à l’égal d’un Ravel. C’est dire. Et ce symphonie n°3 le démontre amplement.
PLAN : 4 mouvements : Allegro vivo ; Adagio ; Vivace ; Allegro con spirito. Sans cependant utilisé le principe cyclique, un motif de 5 notes apparaît dans chacun des 4 séquences, et tend à unifier le cycle global.
L’allegro vivo initial affirme cette énergie primordiale, marqué par une urgence trépidante, entraînée par les cuivres (à la rondeur généreuse et cinglante chez Munch) ; l’Adagio aborde diversement le motif des 5 notes clés, en forme ABA, en fugue, en marche et de façon contrapuntique : la fin rejoint ce goût qu’a Roussel pour le rêve enfin recouvré ; le Vivace est u scherzo qui trépigne, animé par une certaine truculence hyper rythmique, vivifiée par le traitement des cordes et des bois, en leur couleur spécifique. Enfin l’Allegro vivace impose jusqu’à l’ivresse orgiaque (comme le Sabat berliozien) une fermeté nerveuse, allante, irrépressible en une élégance d’intonation toute haydnienne, sans omettre un court épisode de douceur élégiaque au violon solo, remarquablement ciselé sur la clarinette voluptueuse. Un chef d’oeuvre d’équilibre et d’activité rayonnante.

Approfondir
LIRE notre présentation du coffret Albert ROUSSEL 2019, 11 cd Warner Erato
http://www.classiquenews.com/coffret-evenement-annonce-albert-roussel-edition-integrale-albert-roussel-2019-11-cd-erato/

FRANCE MUSIQUE, le 9 juin 2019, 16h. Symphonie n°3 de ROUSSEL
Tribune des critiques de disques.

Symphonie n°3 d’ALBERT ROUSSEL (1930)

roussel Albert-Roussel-resize-1-500x450FRANCE MUSIQUE. Dim 9 juin 2019, 16h. Symphonie n°3 de Roussel. La chaĂ®ne consacre trop peu de son antenne Ă  cĂ©lĂ©brer le tempĂ©rament exceptionnel du compositeur Albert ROUSSEL dont 2019 marque cependant le 150è anniversaire de la naissance (1869 – 1937). Fruit de la maturitĂ©, la Symphonie n°3 d’Albert ROUSSEL affirme le gĂ©nie symphonique du compositeur français âgĂ© de 60 ans : son sens de la vibration instrumentale, des couleurs et des timbres, son intelligence architecturale, son souci comme Ravel ou Sibelius, au dĂ©but du XXè de l’équilibre formel et du sens de la structure. ComposĂ©e autour de l’annĂ©e 1930, la 3è confirme cette vie intĂ©rieure si riche et puissante qui alterne sĂ©quences apolliniennes et jubilation expressive. L’homme met aussi son intelligence musicale supĂ©rieure au service des autres et de la sociĂ©tĂ© civile, prĂ©sidant jusqu’à sa mort la FĂ©dĂ©ration musicale populaire, fondĂ© par le Front populaire en 1936. On ne saurait trop cĂ©lĂ©brer cet engagement admirable d’un artiste crĂ©ateur qui donne et reçoit, soucieux de la participation active de la pratique musicale et des concerts dans la vie de la citĂ©.
A propos de la 3ème, Poulenc souligne son équilibre merveilleux entre « printemps et maturité ». Roussel répond alors à une commande de l’Orchestre de Boston et de son chef Serge Koussevitzky, lequel ardent défenseur de la Symphonie n°2, souhaitait ainsi une œuvre ambitieuse et aboutie pour les 50 ans de la phalange américaine. Créée donc le 17 octobre 1930 à Boston, la symphonie assoit définitivement le génie de Roussel entre France et Amérique.

UnitĂ© et cohĂ©rence interne d’un sommet symphonique de 1930. Sans ĂŞtre pour autant dĂ©duite du principe cyclique, l’œuvre est unifiĂ©e par un groupe de 5 notes qui paraĂ®t dans chacun des 4 mouvements.
1 – L’Allegro de sonate fait se succĂ©der une première sĂ©quence Ă©nergique Ă  3 temps (sol mineur), puis un Ă©lĂ©giaque (si bĂ©mol majeur). Le flux aboutit au 5 notes, puis la rĂ©exposition rĂ©Ă©claire les 2 motifs prĂ©cĂ©dents.
2 - A partir des 5 notes dĂ©veloppĂ©es en contrepoint, sous forme de marche, de fugue : la forme ABA de l’Adagio, expose ensuite un agitato puis une apothĂ©ose lumineuse, dont l’équilibre et l’éclat cite Mozart.
3 – le Vivace est un scherzo pĂ©tillant, d’une verve insouciante et juvĂ©nile, miracle de printemps Ă©panoui et coulant. Roussel semble aussi y dĂ©velopper une certaine conscience ironique de sa propre forme. L’acuitĂ© rĂ©side aussi dans l’exceptionnel dialogue entre deux motifs alternĂ©s, en rĂ©ponses, entre les bois et les vents dont Roussel exploite avec subtilitĂ©, la singularitĂ© des timbres et des couleurs.
4 – L’esprit et la carrure hyperĂ©lĂ©gante de l’Allegro final (con spirito) ressuscite la verve et le nerf raffinĂ© du meilleur Haydn. Roussel dĂ©veloppe en son flux nerveux et hyper Ă©nergique, une sĂ©quence plus intĂ©rieure oĂą le vilon solo chante sur le tapis contrapuntique tissĂ© par la trilogie impĂ©riale et savoureuse clarinette, basson, cors… comme un rĂ©bus Ă©clairĂ©, et l’énigme dĂ©voilĂ©e pour conclusion, les 5 notes paraissent enfin pour fermer le cycle dans une trĂ©pidation dĂ©terminĂ©e et volontaire.
Harmonie, contrepoint, hédonisme des alliances de timbres et de couleurs, intelligence intérieure et verve impérieuse, la 3è de ROUSSEL est un bonheur continu qui convoque par l’ampleur et le raffinement de son plan, sapensée et sa sensualité triomphantes, … Mozart, Haydn et Beethoven. Il faut donc ajouter au duo révolutionnaire du début du XXè français, Debussy et Ravel, le nom illustre d’Albert Roussel, poète, démiurge, alchimiste.

ROUSSEL-dossier-2019-albert-roussel-2019-Albert-Roussel-resize-3b

PARIS, Salle Cortot, le 5 avril 2019. ALBERT ROUSSEL, Conférence et concert (Damien TOP, Daniel KAWKA)

ROUSSEL-conference-concert-classiquenews-annonce-critique-concert-et-conference-albert-roussel-affiche-concert-RousselPARIS, Salle Cortot, le 5 avril 2019. ALBERT ROUSSEL, Conférence et concert (Damein TOP, Daniel KAWKA). Formidable célébration Salle Cortot du génie d’Albert Roussel : 2019 marque le 150 ème anniversaire du compositeur français (il est né à Tourcoing, le 5 avril 1869). Un cas toujours surprenant d’un auteur exceptionnel, toujours mésestimé, perpétuel méconnu des producteurs et des directeurs des théâtres et des salles de concerts… quand sa musique vaut naturellement celle des plus grands, Debussy ou Ravel. Musique de chambre, opéras, symphonies, ballets, … et mélodies, car la conférence qui ouvre la soirée (sur le thème : « L’univers poétique de Roussel ») met l’accent non sans raison sur la passion de Roussel pour les textes et son goût de la poésie dont témoignent ses amitiés et ses mélodies.
Grand spécialiste de Roussel, chef d’orchestre, chanteur et biographe remarqué, Damien Top (qui avait participé à la production de l’opéra Pâdmavatî au Châtelet) rétablit ainsi la place du texte, la figure des écrivains et poètes dans la chronologie des œuvres ; le futur officier de la Marine savait déjà voyager par l’esprit en lisant Jules Verne…
Lionel des Rieux, Arnaud Sylvestre, Laurent Tailhade, Lecomte de Lisle, surtout Henri de Régnier, son double poétique, sans omettre les plus tardifs, Maurice Carême ou André Fortin… Chacun lui permet d’affiner son rapport à la nature… une approche de plus en plus ciselée qui se réalisera bientôt grâce à son voyage jusqu’aux Indes et au Cambodge, voyage de noces après son mariage avec Blanche en 1908. Le Festin de l’Araignée puis surtout Pâdmavâti mettent en forme toutes les évocations fortement éprouvées sur le motif à travers ses explorations et ses voyages.

Les noms s’enchaînent ; et l’on mesure mieux combien l’idéal esthétique de Roussel a pu se réaliser dans la recherche constante des affinités, entre verbe et musique.
Damien Top révèle de l’intérieur un parcours personnel et original, jalonné de lectures formatrices, de rencontres stimulantes. Les œuvres, rares, concentrées, attestent la quête et les valeurs d’un esprit perfectionniste, génie de la forme, et aussi expérimentateur, comme en témoignent le choix de ses ballets et des opéras : La Naissance de la lyre qui puise aux racines de la civilisation occidentale, jusqu’à l’humour délirant mais politiquement caustique (contre l’hypocrisie de la bourgeoisie bien pensante) : le Testament de la Tante Caroline, une pochade qui reste inclassable dans le paysage lyrique français (et que les parisiens pourront applaudir à PARIS, au Théâtre Athénée Louis-Jouvet, du 6 au 13 juin 2019.

ALBERT ROUSSEL, symphoniste magicien (150 ans en 2019)

Puis vient le concert, avec la participations des élèves instrumentistes de l’Ecole normale de musique, sous la direction de Daniel Kawka : soit 5 instrumentistes en phase, habiles et suggestifs dans l’art des évocations oniriques telles que les a magistralement élaborées l’auteur du si subtil Festin de l’Araignée.

Damien Top a pris soin de faire Ă©cho Ă  sa confĂ©rence prĂ©alable dans le choix des pièces ainsi prĂ©sentĂ©es : SĂ©rĂ©nade opus 30 avec poèmes d’Henri de RĂ©gnier (1925) ; puis Le Marchand de sable qui passe, texte de Georges Jean Aubry – dits magnifiquement par Michel Favory, sociĂ©taire honoraire de la ComĂ©die Française. Le triptyque de la SĂ©rĂ©nade enchante littĂ©ralement par la texture liquide, scintillante de la musique conçue par Roussel : le caractère musical de chaque pièce suit le sens et le dĂ©veloppement de chaque poème : « FĂŞte d’eau », « Pour que la nuit soit douce, les roses… », « Voici l’aube… »; il le sublime par la justesse octueuse des climats harmoniques : rien n’est superflu s’il ne sert et enrichit la trame onirique qui porte au songe, Ă  l’enchantement ; Roussel est dans la clartĂ© Ă©loquente de son Ă©criture, un voluptueux magicien, comme… Ravel.

On retrouve dans la musique de scène du Marchand de sable qui passe (1908), tous les caractères emblĂ©matiques de la musique roussellienne : la finesse, l’infinie subtilitĂ©, l’appel au rĂŞve ; mĂŞme Ă  un seul personnage (quand l’action en nĂ©cessite trois : le marchand – wanderer et le couple amoureux), le texte prend son essor, portĂ© par la qualitĂ© de l’écriture musicale que l’on dĂ©couvre ici dans sa forme originale (flĂ»te, clarinette, cor, violon 1 et violon 2, alto, violoncelle, contrebasse, harpe).
Le premier extrait exprime la texture de la sensualité rêveuse, comme une belle endormie qui revient à la vie : le solitaire banni, promeneur / observateur paraît dans cet épisode introductif qui s’approche de l’ouverture de Capriccio de R Strauss… la séquence suivante plonge dans le mystère de l’amour ; elle exprime aussi plus subtilement, l’incrédulité du passeur, un rien cynique, qui cependant s’émeut lui-même du miracle de l’amour… Roussel qui est un grand rêveur amoureux lui-même, sait enchanter à travers les paroles du Marchand, son double ; il se dévoile : c’est un enchanteur dont le charme suscite l’émergence de l’amour (il est « semeur d’amour ») ou a minima, le retour à l’innocence de l’enfance. La flûte aux volutes proches du Faune de Debussy (comme nous l’a signalé non sans raison Daniel Kawka), chante l’œuvre du Mage enivré… Comme une énigme qui se résout, l’homme énigmatique lève le voile (effusion de la flûte, pudeur du quatuor à cordes)…
Le chef veille aux équilibres sonores ; respecte la finesse dynamique élaborée par Roussel, mais il est vrai que Daniel Kawka est un rousselien de la première; lui qui a défendu sa thèse ici même à l’école normale de musique, sur Roussel dans la classe d’orchestre. Les célébrations Roussel sont rares cette année malgré son anniversaire. Grâce à Damien Top en voici un premier volet, avant le lancement de son festival international Albert Roussel à venir du 21 sept au 25 novembre 2019. A suivre.

________________________________________________________________________________________________

COMPTE RENDU, confĂ©rence, concert. PARIS, le 5 avril 2019 (Salle Cortot) : L’univers poĂ©tique d’Albert Roussel – SĂ©rĂ©nade opus 30, Le marchand de sable qui passe. Michel Favory, rĂ©citant. Elèves de l’Ecole normale de musique (Giulia-Deniz Unel, flĂ»te – Emiliano Mendoza, clarinette – David Somoza, cor -Waka Hadame, violon 1 – Alban Marceau, violon 2 – Ayako Tahara, alto – Sin Hye Lee, violoncelle – Venancio Rodrigues contrebasse – Mitsumi Okamoto, harpe) – Daniel Kawka, direction.

APPROFONDIR

________________________________________________________________________________________________

LIRE la biographie d’ALBERT ROUSSEL par Damien TOP
http://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-albert-roussel-par-damien-top-bleu-nuit-editeur-collection-horizons/

VISITEZ le site du Festival international Albert ROUSSEL 2019
http://ciar.e-monsite.com/pages/festival/festival-2019/

ROUSSEL : Le testament de la tante Caroline
Paris, Athénée Théâtre L jouvet, 6 < 13 juin 2019
Par les Frivolités parisiennes…
https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacle/le_testament_de_la_tante_caroline.htm

PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : Albert ROUSSEL. Conférence, concert pour les 150 ans d’Albert Roussel

roussel-photo-lipnitzki-1936PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : A ROUSSEL. ConfĂ©rence et concert pour commĂ©morer les 150 ans d’Albert Roussel, compositeur aussi gĂ©nial que tristement mĂ©connu… ConfĂ©rence par le spĂ©cialiste français de Roussel, Damien TOP Ă  18h, puis concert rĂ©vĂ©lant une raretĂ© symphonique par les musiciens de l’école normale de musique sous la direction d’un autre Rousselien de la première heure, Daniel Kawka… 2019 marque le 150è anniversaire de la naissance du compositeur français nĂ© Ă  Tourcoing en 1869. Sa sensibilitĂ© instrumentale rejoint Berlioz, Ravel et Debussy ; son imagination les plus grands auteurs français.
Pour preuve, ses ballets, symphonies (4), son opéra orientaliste Padmâvatî (qui recueille les sensations réelles éprouvées sur le motif après un séjour en Inde ; créé en 1923)… d’une éloquence rare, surtout d’un feu trépidant dans accentuations rythmiques et mélodies raffinées, comme son génie de l’orchestration… attestent d’un tempérament aussi exigeant et perfectionniste que Ravel ou Sibelius pour le grand œuvre orchestral.

ROUSSEL-dossier-2019-albert-roussel-2019-Albert-Roussel-resize-3b« Roussel semble vivre une odyssée moderne à la Conrad. A la fin de sa vie, l’homme usé et malade, saura cultiver sa propre vision toujours allusivement fécondée face à la mer, sa source et son destin finalement (comme l’astre solaire) : un poète pour l’éternité qui transmet dans son oeuvre unique, une part d’invisible. Le texte éclaire aussi l’homme, capable d’une conscience supérieure à son époque, et pourtant si pudique et discret, républicain et patriote, humaniste de premier plan qui suscita l’admiration des privilégiés qui comprirent quel être exceptionnel Albert Roussel demeure », écrit notre rédacteur Hugo Papbst, chroniqueur de la riche et biographie essentielle rédigée par un spécialiste du compositeur, le ténor Damien Top (fondateur du festival international Albert Roussel / Centre international Albert Roussel / CIAR)

________________________________________________________________________________________________

Conférence sur l’écriture et l’oeuvre d’Albert ROUSSEL
PARIS, SALLE CORTOT
Vendredi 5 avril 2019 Ă  18h
“L’Univers poĂ©tique d’Albert Roussel”
Conférence par Damien TOP, biographe et grand spécialiste d’Albert ROUSSEL, directeur du CIAR Centre International Albert Roussel

________________________________________________________________________________________________

puis concert Ă  19h30
Le Marchand de sable qui passe, sérénade opus 30
Textes de G. Jean-Aubry et poèmes de Henri de Régnier
avec Michel Favory, sociétaire honoraire de la Comédie Française
Ensemble Instrumental : École Normale de Musique de Paris
Direction : Daniel Kawka
(auteur de «   …Un marin-compositeur Albert Roussel, Le Carnet de bord »)

________________________________________________________________________________________________

/ et aussi :
Exposition Albert Roussel dans le hall de la Salle Cortot

________________________________________________________________________________________________

Renseignements, salle Cortot – Ecole normale de musique:
http://www.sallecortot.com/concert/concert_du_150eme_anniversaire_du_compositeur_albert_roussel.htm?idr=26330

________________________________________________________________________________________________

ROUSSEL-conference-concert-classiquenews-annonce-critique-concert-et-conference-albert-roussel-affiche-concert-Roussel

PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : A ROUSSEL. Conférence et concert pour commémorer les 150 ans d’Albert Roussel

roussel-photo-lipnitzki-1936PARIS, Cortot. Le 5 avril 2019 : A ROUSSEL. ConfĂ©rence et concert pour commĂ©morer les 150 ans d’Albert Roussel, compositeur aussi gĂ©nial que tristement mĂ©connu… ConfĂ©rence par le spĂ©cialiste français de Roussel, Damien TOP Ă  18h, puis concert rĂ©vĂ©lant une raretĂ© symphonique par les musiciens de l’école normale de musique sous la direction d’un autre Rousselien de la première heure, Daniel Kawka… 2019 marque le 150è anniversaire de la naissance du compositeur français nĂ© Ă  Tourcoing en 1869. Sa sensibilitĂ© instrumentale rejoint Berlioz, Ravel et Debussy ; son imagination les plus grands auteurs français.
Pour preuve, ses ballets, symphonies (4), son opéra orientaliste Padmâvatî (qui recueille les sensations réelles éprouvées sur le motif après un séjour en Inde ; créé en 1923)… d’une éloquence rare, surtout d’un feu trépidant dans accentuations rythmiques et mélodies raffinées, comme son génie de l’orchestration… attestent d’un tempérament aussi exigeant et perfectionniste que Ravel ou Sibelius pour le grand œuvre orchestral.

ROUSSEL-dossier-2019-albert-roussel-2019-Albert-Roussel-resize-3b« Roussel semble vivre une odyssée moderne à la Conrad. A la fin de sa vie, l’homme usé et malade, saura cultiver sa propre vision toujours allusivement fécondée face à la mer, sa source et son destin finalement (comme l’astre solaire) : un poète pour l’éternité qui transmet dans son oeuvre unique, une part d’invisible. Le texte éclaire aussi l’homme, capable d’une conscience supérieure à son époque, et pourtant si pudique et discret, républicain et patriote, humaniste de premier plan qui suscita l’admiration des privilégiés qui comprirent quel être exceptionnel Albert Roussel demeure », écrit notre rédacteur Hugo Papbst, chroniqueur de la riche et biographie essentielle rédigée par un spécialiste du compositeur, le ténor Damien Top (fondateur du festival international Albert Roussel / Centre international Albert Roussel / CIAR)

 
 
 

________________________________________________________________________________________________

Conférence sur l’écriture et l’oeuvre d’Albert ROUSSEL
PARIS, SALLE CORTOT
Vendredi 5 avril 2019 Ă  18h
“L’Univers poĂ©tique d’Albert Roussel”
Conférence par Damien TOP, biographe et grand spécialiste d’Albert ROUSSEL, directeur du CIAR Centre International Albert Roussel

 
 
 

________________________________________________________________________________________________

puis concert Ă  19h30
Le Marchand de sable qui passe, sérénade opus 30
Textes de G. Jean-Aubry et poèmes de Henri de Régnier
avec Michel Favory, sociétaire honoraire de la Comédie Française
Ensemble Instrumental : École Normale de Musique de Paris
Direction : Daniel Kawka
(auteur de «   …Un marin-compositeur Albert Roussel, Le Carnet de bord ») 
 
 

________________________________________________________________________________________________

/ et aussi :
Exposition Albert Roussel dans le hall de la Salle Cortot

 
 
 
 
 
 

________________________________________________________________________________________________

Renseignements, salle Cortot – Ecole normale de musique:
http://www.sallecortot.com/concert/concert_du_150eme_anniversaire_du_compositeur_albert_roussel.htm?idr=26330

________________________________________________________________________________________________

 
 
 

ROUSSEL-conference-concert-classiquenews-annonce-critique-concert-et-conference-albert-roussel-affiche-concert-Roussel

 
 
 
 
 
 

Le Festin de l’AraignĂ©e de Roussel

roussel Albert-Roussel-resize-1-500x450France Musique, Mercredi 23 décembre 2015. 14h, Roussel : Le Festin de l’Araignée. L’opus 17, est rarement joué intégralement aujourd’hui, alors que sa savante et très cohérente architecture rend hommage à la journée de travail et de capture d’une araignée besogneuse : l’admiration de Roussel pour l’insecte n’a rien de terrifiant ni de chaotique, c’est plutôt par son activité, sa vitalité rythmique (fait saillant de l’ écriture roussélienne), un portrait grandiose et très ambitieux, confiant à l’épopée de l’intelligence arachnéenne. Le prétexte animalier verse dans une féerie entomologique où dans le ballet original, l’image de danseurs pris au piège de la toile tissée verticalement fit grande impression. Qui se souvient aujourd’hui de la réalisation chorégraphique de la partition ? Même si elle est surtout jouée sous forme d’une réduction en forme de « Suite », la partition du Festin s’impose à chaque écoute par sa science instrumentale et sa perfection orchestrale : un modèle de développement certes à programme, donc d’une certaine façon descriptive, mais pourtant a contrario de son sujet fédérateur, c’est surtout le souffle poétique en tant que musique pure qui saisit immédiatement.

 

 

 

L’écriture ravélienne de Roussel s’impose dans

Le festin de l’araignée, une conscience animale ?

 

 

 

D’ailleurs, si le titre renseigne sur l’action de l’insecte; son festin évident, l’araignée est elle même victime d’une mante religieuse. Dès le prélude et son solo de flûte, Roussel convoque la sensation de la nature, développe une étonnante acuité à ressentir et exprimer la fine et presque indétectable vibration du microcosme, selon les heures de la journée. l’entrée des fourmis, la danse du papillon, puis son agonie, l’éclosion puis la mort et les funérailles de l’Ephémère… sont quelques jalons d’une épopée animalière qui captive par la précision d’une écriture d’une rare intelligence et d’une exceptionnelle caractérisation instrumentale. Le génie de Roussel tire l’anecdote au rang universel : la noblesse et la justesse dans l’enchaînement de chaque tableau, assimilant l’univers des insectes, au sort tragique, au monde des sentiments humains, offrent un rare paysage naturel où la vérité, l’acuité du compositeur entomologiste renforcent notre empathie naturelle et presque irrésistible pour ce monde passionnant. Jamais l’écriture pointilliste orchestrale n’est aller aussi loin dans l’évocation du monde animal. Si Saint-Saëns dans son Carnaval des animaux, recherche en esthète, la stylisation élégante de l’évocation, Roussel, hyperréalisme et pointilleux, sait capter et le désarroi des figures convoquées, et leur parenté « émotionnelle » avec le monde humain. Et si les insectes étaient doués d’une âme ? Sans le savoir, Roussel nous parle surtout de conscience animale.

 

France Musique, mercredi 23 décembre 2015. Albert Roussel : Le Festin de l’Araignée, opus 17. Orchestre national de France. Bruno Mantovani, direction.

 

 

Martinon jean erato the late years 1968 - 1975 Dukas, ROussel, Pierne, Berlioz PoulencLa version de référence au disque du Festin de l’Araignée de Roussel : l’alchimiste Jean Martinon. Succombez à l’ivresse sonore surtout instrumental, au flux du continuum orchestral de la version de référence signée Jean Martinon (1971, Orchestre national de l’ORTF, ballet intégral d’une durée de 31mn). D’une sensibilité pointilliste capable de servir aussi l’architecture dramatique puissante sous l’anecdote (dernier tutti avant la reprise du motif d’introduction : d’une mécanique allusive magicienne et ravélienne, cf. les derniers accords sur fond de harpe).
Clarinette, hautbois, bassons employés avec une intelligence rare chacun en leur identité de timbre finement caractérisé, apportent une coloration envoûtante, celle d’une orchestration somptueuse, sensuelle et d’un fini, inouï.