SOIREE MAURICE BEJART

SACRE_bejart_582ARTE, soirée MAURICE BEJART, le 8 avril 2018. Alors que Bastille accueille la version première (1961) du Boléro (avec une danseuse comme soliste), ARTE organise une soirée Béjart (malheureusement en seconde partie de programme dès 23h40). Le « focus » se concentre sur 3 ballets : la 9ème de Beethoven (1964), Messe pour le temps présent (1967), enfin l’inévitable mais fascinant Boléro dans sa version tardive… de 1979 (avec un danseur pour soliste). Pour toucher un très large public, Maurice Béjart aborde en 1964, la 9è symphonie de Beethoven, universellement connue, hymne fraternel et humaniste compréhensible et accessible par tous. Le succès est immédiat et le pari du chorégraphe est atteint : avec lui, la danse devient un art populaire, collectif, sur scène et dans la salle (version dansée réalisée à Tokyo en 2014). Invité au Palais des Papes en Avignon pour le Festival estival de 1967, Béjart offre une vision sublimée, dansante, jubilatoire, véritable cérémonie liturgique et profane pour le temps présent, sur la musique du prophète visionnaire, inventeur de la musique concrète, Pierre Henry. Là encore, la rencontre est sidérante et colle exactement à l’esprit du temps. Avant mai 1968, le ballet de Béjart cultive les germes de la dissidence et de la liberté anticonformiste (dont le tube célébrissime « Psyché rock », emblème de la révolution hippie antibourgeoise, qu’éreintera pour ses défilés, le créateur de mode Paco Rabane). La culture pop rock en jean moulant et pat d’éph. atteint le sommet de son expression directe.
Enfin, Béjart revient au Boléro de Ravel, danse frénétique dont il souligne la force érotique et collective (version Boléro II, 1979).

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