SAO PAULO : Concerts événements dirigés par Bruno PROCOPIO

procopio-bruno-portrait-vignette-verticale--maestro-skyscraper-sept-dec-16SAO PAULO (Brésil). Concerts du chef Bruno Procopio, les 23, 24, 25 novembre 2017. Maestro transatlantique : entre la France et le Brésil, le chef Bruno Procopio poursuit son épopée musicale entre les deux rives de l’Atlantique. Pour 3 dates, le maestro joue la sublime Symphonie de Cherubini (après avoir dirigé au Brésil, avec l’Orchestre Symphonique du Brésil, à Rio, celles de Méhul et de Gossec). Mais aussi plusieurs airs d’opéras qui confirmeront les affinités du jeune chef avec le drame lyrique. Après la fougue nerveuse et guerrière de ces derniers (Méhul et Gossec), voici l’élégance classique que sait cultiver l’immense Cherubini. Bruno Procopio sait comme peu de chefs d’orchestre, transmettre aux orchestres modernes, les milles subtilités du jeu instrumental s’agissant des oeuvres baroques (il l’a montré en créant Rameau au Vénézuela et à Rio), comme des partitions de cette fin du XVIIIè où se mêlent diverses esthétiques, héritage des Lumières, entre baroque tardif, classicisme et déjà préromantisme dans le sillon tracé par Gluck. A Sao Paulo, le chef à la direction puissante, nerveuse, détaillée défend un programme intitulé Les Italiens à Paris, avec l’Orquestra Sinfônica do Estado de São Paulo. Au programme, un cycle de 6 oeuvres signées par d’illustres compositeurs italiens invités à Paris pour y démontrer leur maestria, dans le genre symphonique et lyrique.

Piccinni : auteur d'Atys en 1780 pour Paris et VersaillesY rayonne entre autres, la manière européenne, nerveuse, contrastée, palpitante des Napolitains à Paris, Sacchini (dont Bruno Procopio a dirigé à Rio, Salla Cecilia Meireles, l’admirable opéra Renaud), et Piccinni : chacun y recycle avec une virtuosité accomplie, ce goût pour la lyre frénétique, radicale, souvent exacerbée des passions de l’âme. Tout à fait en écho avec la tension de l’époque, celle des années 1780, qui mènent à la chute de la monarchie et à la Révolution française. 3 dates événements qui diffusent en terre brésilienne, l’élégance et la virtuosité de la musique classique française, quelques années avant la tempête révolutionnaire. (Portrait de Piccinni, ci dessus)

 

 

 

Jeudi 23 novembre 2017
Vendredi 24 novembre 2017
Samedi 25 novembre 2017
Sala São Paulo – São Paulo

RESERVEZ VOTRE PLACE 

Orquestra Sinfônica do Estado de São Paulo

Bruno Procopio, direction musicale

 

 

Programme :

 

Luigi Cherubini – Médée (ouverture)
Niccolo Piccinni – Didon (Récit et air de Didon « Non, ce n’est plus pour moi… Hélas, pour nous… »)
Judith Van Wanroij, soprano

José Maurício Nunes Garcia – Zemira (Abertura / ouverture)
Antonio Sacchini – Renaud (Évolution pour les Amazones et les Circassiens
– Air d’Armide : « Barbare Amour !… »)
Judith Van Wanroij, soprano

Antonio Salieri – Les Danaïdes
(Ouverture – Récit et air d’Hypermnestre « Où suis-je ?… Père barbare… » – Air de danse – Pantomime – Récit et air d’Hypermnestre « Où suis-je ?… Foudre céleste… »)
Judith Van Wanroij, soprano

Luigi Cherubini – Symphonie en ré majeur (extraits)
Largo – Larghetto cantabile – Menuetto (Allegro non tanto). Trio – Finale (Allegro assai)

 

 

 

sao paulo concert maestro bruno procopio novembre 2017 CHERUBINI symphonie 1780 recreation presentation classiquenewsCapa

 

 

 

Réservations :boutonreservation
SALA SAO PAOLO / OSESP
http://www.osesp.art.br/concertoseingressos/programacao.aspx?PreserveState=0&ano=2017&mes=11&dia=23

+ d’infos :
http://www.cmbv.fr/events/les-italiens-a-paris/

 

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APPROFONDIR

 

 

procopio-bruno-maestro-concert-orchestre-national-des-pays-de-la-loire-maestro-rameau-gossec-

 

 

 

Antonio Sacchini, vainqueur lyriques VersaillesENTRETIEN avec BRUNO PROCOPIO : JOUER CHERUBINI, SACCHINI, PICCINNI à SAO PAULO… les Italiens à Paris, concert événement à SAO PAULO en novembre 2017.  Jamais la culture française baroque et classique ne s’est autant mieux exportée sur le continent américain que sous l’impulsion du chef Bruno Procopio, un maestro transatlantique que la double identité culturelle et la passion cultivée sur les deux rives de l’Atlantique, font rayonner de Paris à Rio et jusqu’à Sao Paulo. A l’occasion des 3 concerts événements qui soulignent la vitalité artistique et musicale à la Cour de Louis XVI et Marie-Antoinette, quelques années avant la Révolution, Bruno Procopio précise ce qui fait la valeur du programme présenté… en particulier la Symphonie de Cherubini, unique partition symphonique du compositeur, écrite en 1815, et qui à l’époque du premier romantisme français, synthétise toutes les possibilités expressives empruntées à l’opéra, tout en intégrant les dernières techniques d’archet, encore récemment acquises. Entretien pour CLASSIQUENEWS. Portrait de Sacchini (ci dessus)

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comparé aux programmes habituels dédiés à Haydn, Mozart et Beethoven, et qui sont devenus le pain quotidien des orchestres symphoniques, qu’apporte concrètement ce programme qui met ainsi l’accent sur « les italiens des années 1780 et au-delà » ?

 

BRUNO PROCOPIO : Tout au long du XX siècle, la musique allemande a toujours été la référence, surtout s’agissant de musique symphonique.

Pourtant la musique qui a le plus voyagé, a été la musique italienne ; Beethoven et Mozart n’ont pas été très répandus au sud de l’Europe. Mozart était très connu comme enfant prodige mais ses opéras n’ont pas trouvé leur public dans les grands théâtres d’Italie et de France. Tous les compositeurs de ce programme avec l’Orchestre Symphonique de São Paulo (OSESP), sont des véritables vedettes de leur temps. Salieri a composé une cinquantaine d’opéras et a été professeur de composition de Beethoven, Schubert, Moscheles, Hummel, Liszt, jusqu’à Meyerbeer.

 

 

 

CNC : Pouvez-vous nous présenter les caractères de chacun : Cherubini, Piccini, Sacchini et Salieri ? 

 

Tous les compositeurs de ce programme ont été de grands compositeurs d’opéras. Une nouvelle musique se crée en Italie, un style où les prouesses vocales demeurent essentielles ; le développement du texte, du drame, se réalise dans les récitatifs, les airs étaient composées avec peu de texte pour laisser libre cour à la virtuosité (les vocalises). Néanmoins en France, la mode dictait encore d’autres paradigmes : le texte restait la source principal du discours musical. La déclamation du texte, une tradition depuis Lully, reste la norme. Les chanteurs-acteurs devaient émouvoir grâce à la qualité de leur déclamation. En juxtaposition à ce drame, il existe encore à la fin du 18ème à Paris, les Suites de danses insérées dans l’opéra. On peut repérer ainsi la qualité des compositeurs à se métamorphoser en compositeur parisiens ; ils ont pu créer une musique de style français, tout en gardant leur ouverture spectaculaires et leur sens viscéral de la mélodie.

 

CHERUBINI ingres alf6_ingres_001fCherubini compose en 1815 son unique Symphonie. Une vaste œuvre à quatre mouvements ; on le voit là s’exprimer en toute liberté en tant que compositeur italien, l’unique clin d’œil à la France est le Menuet (Menuetto). Cherubini utilise une multitude de mélodies, savamment disposées dans chaque mesure, tantôt sur les temps forts, tantôt sur les temps faibles ; s’y accomplit un vrai souci de proposer la même cellule selon des regards différents. Les vents sont traités comme dans les opéras italiens : ils ponctuent la dynamique de la musique, ne participent pas à l’unisson de la mélodie des violons, comme souvent, c’est l’usage en France. Cette musique fortement inspirée du chant opératique, doit être traitée avec beaucoup de flexibilité. Les coups d’archets sont inhabituels, souvent très longs et finement notés sur la partition. On voit que l’école française d’archet (François-Xavier Tourte) qui a révolutionné l’art de jouer et a posé les jalons de la technique moderne, est déjà assimilée et ici intégrée par Cherubini dans sa Symphonie.

 

 

Ce programme a été sélectionné et réalisé grâce aux soins des équipes du Centre de Musique Baroque de Versailles, qui est un grand partenaire de mes actions en Amérique du Sud, une institution très impliquée dans le rayonnement de la musique française notamment auprès des orchestres symphoniques.

 Propos recueillis en novembre 2017.

 

 

 

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VOIR AUSSI …. Il y a un an, en octobre 2016, Bruno Procopio tenait déjà le haut de l’affiche carioca, quand il dirigeait alors Sala Cecilia Meireles à Rio de Janeiro, un autre compositeur romantique, celui-là oublié à torts également, MEHUL. En dirigeant l’étonnante et passionnante Symphonie n°1 de 1805 – contemporaine de la Symphonie n°5 de Beethoven, le chef franco-brésilien confirmait ses affinités convaincantes avec un répertoire qu’il comprend comme peu d’interprètes aujourd’hui, alliant précision, tension, articulation…

 

 

LIRE aussi notre annonce complète du concert Méhul du 7 octobre 2016 à Rio : Symphonie n°1 par Bruno Procopio
CHEFS. Bruno Procopio ressuscite le génie beethovénien de MÉHUL
C’était à Rio de Janeiro en octobre dernier, le jeune maestro Bruno Procopio ressuscite à Rio, le génie fulgurant, impétueux, – Beethovénien, du génial Etienne Nicolas Méhul. Opportune résurrection avant le bicentenaire Méhul 2017. Recréation événement

 

 

LIRE aussi : notre DOSSIER spécial Etienne Nicolas Méhul (1763-1817)

 

 

 

 

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