ROBERTO ALAGNA chante CALAF, Londres, juillet 2017, par Jacqueline Dauxois

aligna roberto quatre saisons livre février 2017ROBERTO ALAGNA chante CALAF, Londres, juillet 2017, par Jacqueline Dauxois. Jacqueline Dauxois, écrivain, a publié Quatre Saisons avec Roberto Alagna, en février 2017, aux éditions du Rocher, CLASSIQUENEWS en avait rendu compte. L’auteure a précédemment édité un article sur la performance antérieure de Roberto Alagna dans le rôle de Cyrano de Bergerac (d’Alfano) au Metropolitan Opera de New York : lire CHANTER, C’EST JOUER (1) : Le Cyrano de Bergerac de Roberto Alagna. Elle poursuit sa collaboration avec le ténor français qui chante actuellement Turandot au Royal Opera House de Londres. La répétition générale fermée, à laquelle elle assistait, a eu lieu le 3 juillet dernier. La première représentation publique, où elle était également présente, le 8, a été un triomphe. Les deux prochaines représentations auront lieu le 11et le 14. Le 16 juillet, Roberto Alagna sera à Paris pour la dernière Carmen de la saison avec Elina Garanća. Après Cyrano, cet article est le deuxième publié sur classiquenews.com.

 

 

ROBERTO ALAGNA DANS TURANDOT
AU ROYAL OPERA HOUSE DE LONDRES

Roberto Alagna d’un Turandot à l’autre
D’un Turandot à l’autre, d’Orange, en août 2012, au Royal Opera House de Londres, en juin 2017, Roberto Alagna donne une illustration idéale des exigences de Giacomo Puccini. Au niveau vocal, le ténor est sans arrêt au sommet ; au niveau dramatique, il démontre dans la déjà classique production d’Andrei Serban qu’il s’approche encore de cette humanité que réclamait le compositeur.

 

 

Turandot-ROH-324 TURANDOT PRODUCTION IMAGE (C) ROH. PHOTO BY TRISTRAM KENTON review compte rendu par classiquenews juillet 2017

 

 

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Turandot, l’opéra qui a tué Puccini

 

Le dernier duo

pucciniAvec l’ambition de son génie, Puccini nourrissait la certitude que son dernier duo les éclipserait tous. Il tenait un sujet enthousiasmant, un conte venu du fond de la légende, des confins d’un Orient mystérieux, raffiné et cruel, passé au filtre de l’imagination d’un écrivain français, d’un dramaturge vénitien et d’un compositeur d’opéra italien. À l’inverse de tant de sujets qui finissent mal, Turandot, commencé par les horreurs d’exécutions capitales, s’achèverait dans l’amour. Le rideau tomberait sur le final triomphant d’un couple enlacé que sa musique allait rendre à jamais légendaire.

 

À la source du génie

Pendant quatre ans, Puccini vit avec Turandot dans le décor musical de la Chine ancienne. Dans sa maison de Torre del Lago, il entasse des objets chinois au milieu desquels on sent encore sa présence vivante. Au British Museum, il examine des instruments venus du bout du monde, cherche des mélodies anciennes, des chansons populaires. Comme il l’a fait dans Butterfly, il intègre ces airs qui campent un décor exotique, pétrit la musique étrangère avec la sienne, créant ce mélange qui coule de la source de son génie. Les difficultés sont à la mesure de son ambition, il avance plus lentement qu’il ne l’aurait voulu dans cette création dont il veut faire une somme.
Il travaille avec ses librettistes, il veut des héros, pas des stéréotypes de contes cruels. Sur les paroles qu’il inspire à Simone et Adami, il inscrit le lyrisme de sa musique, la puissance de ses inventions orchestrales et obtient le chef-d’œuvre d’une concordance idéale du langage musical avec les caractères. Il souligne le conflit qui tend le récit en créant un contrepoint comique à la tragédie qui se joue. La puissance orchestrale et la masse des chœurs rendent plus poignants les sentiments intimes de personnages que sa musique conduit jusqu’au vertige avec de tels aigus qu’il se demande parfois lui-même qui va pouvoir chanter ces notes si longuement tenues, si follement aigües qu’il compose avec fièvre. Il pense à Gigli pour Calaf mais sera mort avant de savoir que c’est un autre qui va créer le rôle.
Dans les voix et l’orchestre, il traduit l’enlacement fatal de la mort et de l’amour triomphant. Il approche du duo final, jette des ébauches sur des portées. Il y pense jour et nuit, il en parle à ses amis, l’évoque dans ses lettres.
Il touche au but. Il arrive à la fin de l’œuvre.

 

Une fille du Ciel

Dans la férocité vocale de Turandot, il a creusé ces failles qui vont disloquer un cœur pris par la banquise. Avant même de soumettre Calaf aux énigmes, elle prononce le nom de son ancêtre avec une douceur qui laisse présager de quel amour cette féroce est capable et quelle passion peut animer une princesse rendue hystérique par le souvenir d’une aïeule violée et par sa conviction, qu’appartenant à la race des dieux, elle n’a rien de mieux à faire avec celle des hommes que de couper la tête des princes arrogants qui osent prétendre à sa main. Elle a déjà une galerie de trophées à son tableau de chasse et prétend l’enrichir avec la tête de Calaf. C’est du moins ce que disent ses mots, mais la musique que Puccini lui met dans la bouche annonce autre chose déjà.

 

Un héros dépossédé

Calaf a de quoi se réjouir, c’est lui qui fera couler les premières larmes de la vierge irréductible, phantasme masculin que les peintres ont vigoureusement exprimé les parois de la Villa des Mystères à Pompéi. Prince de sang royal, s’il résout les énigmes, il devient fils du Ciel par alliance, sinon, le glaive.
Mais il possède ce qui manquait aux autres prétendants, la foudroyante passion qui fait de lui, plus que de Turandot, le héros de l’histoire, lui pour qui on se tue, lui qui incendie un cœur de glace. Il n’est d’ailleurs pas venu pour demander la main de Turandot. Il se trouve à Pékin par hasard, héritier dépossédé errant par le monde. Par hasard, il y retrouve son père, chassé de son trône et jeté sur les chemins de l’exil et, par hasard encore, il assiste au supplice d’un prince persan que la sphinge a vaincu.
Lorsque Puccini sort Calaf de la foule anonyme qui grouille sous les murs du palais, la musique jaillit, troublante, comme le cœur bouleversé du héros à l’instant où la malédiction meurt sur ses lèvres et où son âme est embaumée d’amour, comme celle de Mario avant le supplice. Sa rage se fait enchantement. Les chœurs sont stupéfaits. L’orchestre s’étonne. Calaf se respire dans l’âme ces irrésistibles parfums de l’Italie, tellement plus délectables que les chinois. Encouragée par les accords de l’orchestre, sa voix répand ces fragrances qui anéantissent l’odeur de la charogne qui règne à Pékin.
Projeté dans l’amour fou, Calaf n’en devient pas humain tout de suite pour autant. À la folie meurtrière de Turandot répond désormais son amoureuse folie pour elle. Le monde est anéanti. Plus rien n’existe que son désir.

 

Le secret d’une esclave

En face de ces créatures mythologiques, enchaînées par une passion dévoratrice qui les exclut des sentiments humains, au dernier échelon de la hiérarchie, un être d’une totale insignifiance, dont les Grecs se demandaient s’ils possédaient une âme : une esclave.
Coup de génie, celle qui n’est rien est la seule capable d’aimer jusqu’à l’absolu, sans rien attendre en retour. Car, même s’il n’aspire pas au trône de Chine, la conquête de Turandot fera de Calaf un fils du Ciel par alliance et Turandot, quant à elle, en renonçant pour lui aux folies sanglantes de sa névrose, gagnera, avec l’amour, le plaisir, domaine où Calaf n’est pas plus empoté que pour résoudre les énigmes puisqu’un seul baiser persuade la rétive d’abandonner toute résistance et de faire de Calaf son initiateur.
Sacrifiée d’avance, par elle-même sacrifiée, Liù, qui aime en secret, au contraire des deux autres, n’attend rien pour elle, et donne sa vie pour sauver celle de Calaf. La grandeur d’un pareil amour ébranle Turandot qui pourtant se refuse encore. Mais alors qu’elle proclame vouloir toujours la mort de celui qui a conquis le droit de l’épouser, c’est Liù quelle fait torturer, conservant l’inconnu en bon état, sait-on jamais.
Liù qui se tue, ignore qu’elle se sacrifie pour rien. Elle se suicide pour que le nom de Calaf reste secret. Mais Calaf, qui fait encore monter les enchères d’amour après la mort de Liù, révèle à Turandot ce nom qu’il n’a pas dit pour sauver Liù quand elle pouvait l’être.

 

Le dernier prétendant

Puccini a arraché Calaf des griffes de Turandot. Il est mort à sa place. Une vie contre une autre. La réalité s’incruste dans la fiction. Le compositeur est le dernier prétendant assassiné. Turandot a son tribut de sang. Quelle énigme lui a t-elle posée qu’il n’a pu résoudre ? Il souffrait du cancer des grands fumeurs qui allait le tuer de toute manière, sa gorge était inopérable, mais il avait des rémissions et, dans une maladie qui n’atteint pas les facultés cognitives, le désir d’un mourant peut faire reculer le terme, le temps de terminer un duo, par exemple.
Il est mort à l’hôpital, son manuscrit inachevé sur les draps. Lui qui ne voulait plus que meurent ses personnages, il est mort en pensant à Turandot, d’une mort d’Opéra.

 

Où on retrouve Franco Alfano, compositeur de Cyrano de Bergerac

Toscanini a commandé la fin à un jeune disciple, Franco Alfano, compositeur de Cyrano de Bergerac. Comme tous les finisseurs de l’œuvre d’un autre, comme Viollet-le-Duc ajoutant une flèche à Notre-Dame de Paris, il a été dénigré pour n’avoir pas trouvé un souffle comme celui de Tanto amore segreto, Straniero, ascolta ! Non piangere Liù ou Nessun dorma. Mais il n’est pas un compositeur de grands airs. Dans Cyrano de Bergerac, il en accorde un à Roxane. A t-il à ce point démérité dans Turandot ? La question reste ouverte. À la première représentation, Toscanini a posé la baguette à la mesure où la mort a interrompu Puccini, après la mort de Liù. La postérité en a décidé autrement, on représente l’œuvre jusqu’au bout. Sans mentionner d’ailleurs la contribution d’Alfano.

 

 

 

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Roberto Alagna interprète de Calaf

Ténor et acteur, Roberto Alagna, à Orange, répondait à toutes les exigences du compositeur, de sorte qu’il semblait impossible d’aller plus loin. Au Royal Opera House de Londres, son Calaf parvient à une humanité encore jamais atteinte, même par lui. Entouré de Lise Lindstrom, sa Turandot d‘Orange en 2012, et d’Aleksandra Kurzak, à la ville madame Roberto Alagna, qui chante sa première Liù, cet extraordinaire Pygmalion, se surpasse.

 

Les deux générales de Turandot, le 3 juillet 2017, à Covent Garden

À Covent Garden, où alternent deux distributions, il y a eu, le 3 juillet 2017, à onze heures du matin, une répétition générale avec Alagna/Lindstron/Kurzak et une seconde, avec l’autre distribution, à cinq heures du soir.
Le matin, certains étaient en costumes, d’autres pas ; l’après-midi, tous étaient costumés.

 

Calaf mongol, Calaf chinois

Alagna à Orange, était un Mongol l’air de descendre d’un cheval monté à cru, ce que justifie le nom de son père, Timur, Tamerlan. Son costume, taillé pour lui par Katia Duflot, un manteau au gris changeant dont les pans jouaient avec ses mouvements, s’entrouvrait sur sa poitrine ; quand il l’enlevait, un gilet sans manches, un collier, une ceinture nouée comme une fleur écarlate à sa taille. Le pantalon s’enfonçait dans des bottes souples, une perruque avec une queue de cheval haut perchée, de la couleur de ses cheveux.
Au Royal Opera House, il porte les vêtements conçus pour une production antérieure, créés aux Jeux Olympiques de Los Angeles, ceux d’un grand seigneur chinois, bleu et rouge, soigneusement fermés, des bottes ornées de motifs recherchés, les cheveux noués haut, avec deux mèches longues sur le côté du visage, d’un noir de jais.
Dans une super production aux moyens considérables, où tout est éclatant, distrayant, où pas une seconde n’a été abandonnée à l’ennui, Alagna rend son Calaf encore plus amoureux et plus intime.

 

Ce qu’Alagna apporte à la relation Calaf/Liù

D’Orange à Londres, ses sentiments envers Liù ont changé. Ils sont maintenant au-delà de la compassion et de la reconnaissance que lui inspirent le dévouement sans borne de la petite esclave qui escorte son père sur les chemins de l’exil – ce qu’il devrait faire lui-même, puisqu’il vient de le retrouver, mais au contraire il encourage Liù à continuer sa bonne Å“uvre sans lui, trop occupé à souffrir d’amour pour une meurtrière princesse. Le dévouement de Liù et la révélation de l’amour qu’elle éprouve pour lui émeuvent le Calaf de Londres plus profondément que celui d’Orange. Il entre avec elle dans une nouvelle relation, manifeste lorsqu’il lui entoure les épaules de son bras dans un geste fraternel, inattendu chez un grand seigneur envers une esclave, et on sent combien cette tendresse pourrait devenir davantage n’était la passion qu’il éprouve pour Turandot. À Orange, il assistait au supplice de Liù avec douleur.
A Londres, il devient lui-même un supplicié et Alagna révèle un Calaf qui, s’il n’était pas plus sûrement encore entravé par sa folie d’amour que par les sbires de Turandot, se sacrifierait peut-être pour sauver Liù. Il cesse d’être le spectateur navré de la torture, devient participant à la souffrance de Liù, comme s’il était torturé avec elle.

L’expression d’une tendresse aussi vibrante pour la petite esclave entraîne une modification de la mise en scène.
Le Calaf d’Alagna s’approche de Liu, enveloppe sa tête de ses mains, touche son visage, avant de s’effondrer cassé par la douleur.
L’autre chanteur, comme le faisait Alagna à Orange, n‘est pas affecté jusqu’au fond de l’âme et manifeste la tristesse naturelle à un grand seigneur à la mort d’une esclave attachante sans chercher cet ultime contact qu’on quémande à la perte d’un être aimé.
Interprète de Liù, Aleksandra Kurzak, qui ne cesse de s’affirmer dans les rôles qu’elle aborde désormais, justifie pleinement un changement qu’elle a probablement inspiré. En conservant les aigus limpides qui ont fait d’elle, avec cette ligne si haute et fragile qui semble sur le point de se briser et ne se brise pas, l’incomparable interprète du plus célèbre de ses compatriotes, Frédéric Chopin, sa voix a acquis plus d’ ampleur. Elle brûle les planches et tire Liù de l’effacement scénique dans lequel on la confine souvent. Sa Liù à elle n’est ni fade ni mièvre, elle n’en fait pas une victime-née, mais une femme vivante, faite pour la vie. On comprend que Calaf soit séduit et que sa mort l’air changé puisqu’il ose prendre pour Liù morte des risques qu‘il n’a pas pris pour elle vivante
Lorsqu’il plante à Turandot sa banderille « principessa di morte », la vierge sanglante comprend que Calaf est prêt à mourir pour le souvenir de Liù, comme Liù et morte pour sauver Calaf.

Ayant manifesté cette tendresse ardente à Liù, Roberto Alagna ne peut en rester là. Changer quelque chose à une œuvre, oblige à revoir le reste. Il rééquilibre son personnage. Il a donné davantage à Liù, il donne davantage à Turandot.

 

Un rôle porté jusqu’à l’incomparable

Le Nessun Dorma, qui débute le troisième acte, est devenu l’air le plus populaire de Turandot lorsque la BBC l’a choisi dans l’interprétation de Pavarotti pour la coupe du monde de football de 1990, en Italie. Il demande un souffle capable de tenir les notes interminables de «sulla tua bocca lo dirò » et de monter dans l’étourdissant « Vincerò » avec un La et un Si aigu que la voix doit atteindre sans s’épuiser pour traduire vocalement la puissance de l’espoir invincible qui grandit en Calaf.
Personne n’a oublié le Vincerò d’Alagna à Orange, le hurlement de bonheur qui a soulevé les gradins, près de dix mille personnes qui se levaient en même temps, criant leur enthousiasme, lui, le visage vers le ciel, les yeux dans lesquels scintillaient les étoiles démultipliées par les larmes qu’il retenait (voir l’enregistrement sur YouTube). C‘est un peu après, le Vincerò au moment du baiser, que la mise en scène du Royal Opera House a été un peu modifiée pour (ou par ?) Alagna.

 

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Ce qu’Alagna apporte à la conception Calaf/Turandot

Un baiser donc provoque le retournement d’une frigide, révulsée à la seule idée qu’un homme ait la scandaleuse idée d’approcher d’elle, en une femme qui veut connaître l’amour. Tout le monde en est satisfait. Alagna aussi s’en contentait à Orange. C’est ce qui est écrit dans le livret.
Mais si on va dans la musique, c’est autre chose.
Or Alagna est musique. Son chant s’envole, sa voix s’élève pressante, puissante, heureuse, réclamant davantage, tandis que celle de Turandot vacille entre la terreur d’abandonner sa névrose et le désir, pour elle inconcevable, de délices inconnues et d’étreintes charnelles, dont Calaf a la clef.
Un baiser, même comme à Orange ou comme dans l’autre distribution du ROH, fougueux et passionné, c’est un peu un coup de baguette magique. Pour transformer à ce point Turandot. Calaf à Londres n’a plus envie de s’en contenter, d’autant que ce qui était crédible au temps de Puccini ne l’est plus aujourd’hui.
Au sens propre comme au figuré, il arrache le masque de Turandot, révélant un visage bouleversé. Lise Lindstrom, sa superbe Turandot d’Orange, a fait à Londres le même chemin que lui, elle a porté son personnage vers plus d’humanité, au point que, sous le masque, on croit déchiffrer son tourment sur ses traits. C’est alors évident qu’aucun d’eux n’a l’intention de se contenter d’un baiser.
Calaf enlace sa princesse, la fait ployer sous lui, l’entraîne à terre dans ses bras pour lui faire découvrir tout ce que recouvre ce sentiment perturbant exigé, refusé, accepté. Si, pendant la générale, Alagna s’embrouille dans ses très longs cheveux, on y croit davantage, c’est arrivé à tous les amants. Mais, bien entendu, à la première représentation publique, il a réglé le problème des longues mèches.

 

L’écrin

Le spectacle intègre la Chine comme Puccini l’a intégrée dans sa musique. Les ballets semblent venus de l’opéra de Beijing, les masques paraissent décrochés du palais d’Été, les décors n’ont rien à envier à ceux du Dernier Empereur. Les couleurs, jetées sur la scène avec brio ou passées aux tamis de l’argent et de l’or sont exaltées par les éclairages. Tout contribue à la réussite d’une grande mise en scène sous la baguette de Dan Ettinger qui enthousiasme chœurs et orchestre sans écraser les voix.

Dans la salle de ses premiers triomphes, où Roberto Alagna a connu les pluies de fleurs, gagné le prix Lawrence Olivier, où les places s’arrachaient aux enchères pour l’entendre en concert, celui qui est toujours, « l’homme à la voix d’or » reçoit toujours des ovations. Le public de la première, le rideau à peine ouvert pour les saluts, était debout et applaudissait à tout rompre, trépignant au milieu des fauteuils.
Avec une telle présence sur scène, la puissance et la projection d’une voix au timbre de velours cuivré, aucun ténor aujourd’hui ne peut lui être comparé. Aucun Calaf n’égale son Calaf, qui surpasse toutes les interprétations possibles.
Puisque Roberto Alagna arrive à surpasser même la sienne.

 

 

© Jacqueline Dauxois pour CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

LIRE l’article précédent de Jacqueline Dauxois sur CLASSIQUENEWS : CHANTEZ, C’EST JOUER / Roberto Alagna chante Cyrano de Bergerac au Metropolitan Opera de New York

Cyrano. La généraleCHANTER, C’EST JOUER (nouvelle série).  Roberto Alagna par Jacqueline DAUXOIS (1). PRÉSENTATION. L’Opéra c’est du théâtre. Chanter et jouer, c’est le défi double que les plus grands relèvent et accomplissent. Ferveur constante, admiration perpétuelle… A la ténacité légendaire de l’artiste lyrique dans l’élaboration de ses rôles, répond l’écoute assidue de celle qui en comprend les enjeux comme les sacrifices : Jacqueline Dauxois…. EN LIRE + 

 

 

 

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APPROFONDIR : sur le site de jacquelinedauxois.fr :

 

Pour en savoir plus sur Turandot : http://www.jacquelinedauxois.fr/2017/07/09/roberto-alagna-d…res-juillet-2017/
sur Cyrano de Bergerac au Metroplolitan Opera de New York : http://www.jacquelinedauxois.fr/2017/05/10/roberto-alagna-d…-bergerac-au-met/
et sur L’Elisir d’Amore :
http://www.jacquelinedauxois.fr/2017/06/24/le-nemorino-de-roberto-alagna/

 

 

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Illustrations : Turandot à Londres ROH / Roberto Alagna dans le rôle du prince Calaf © Alagna / Turandot : Tristram Kenton 2017

 

 

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