Régine Crespin, soprano Radio Classique, le 18 mars 2007 à 21h

Régine Crespin


Radio Classique,
Dimanche 18 mars 2007 à 21h

Pour ses 80 ans, la soprano Régine Crespin évoque au micro de Radio Classique, son parcours, ses rôles, ses rencontres…

Légende vivante, Régine Crespin fut l’une des chanteuses françaises au rayonnement international, adulée dès sa prise de rôle d’Elsa dans Tannhäuser de Wagner, en 1950 (à Mulhouse). Wagner, d’ailleurs qui avec Richard Strauss (pour le rôle de La Maréchale, chantée au Met en 1962 sous la baguette de Lorin Maazel, et dans la mise en scène de Lotte Lehmann), représente dans la mémoire de la diva, ses meilleurs souvenirs. A Bayreuth, sa rencontre avec Wieland Wagner reste inoubliable. Pour lui, la Crespin qui était Elsa, devint Kundry, en 1958. Une Kundry inespérée, imprévue, admirée: “la meilleure” selon Hans Knappertsbusch.
Au cours des années 1960, la décennie en or, la carrière de la cantatrice enchaîne les grands rôles pour soprano dramatique: La Maréchale déjà citée, dès 1959 à Glyndebourne (avant le Met), Tosca et Ariane auf Naxos, Charlotte, Cassandre et Didon (dans les Troyens de Berlioz), Brünnhilde à Salzbourg (sous la direction de Karajan)… Icône mondiale d’un chant souverain, la Crespin assuma totalement son succès planétaire car elle risqua d’apprendre les langues étrangères, en particulier l’allemand, qui lui ouvrit les portes de Bayreuth, Salzbourg, New York.

Mais le rêve Crespin se poursuit jusqu’en 1977 quand elle crée en anglais le rôle de la Première Prieure dans Dialogues des Carmélites de Poulenc au Met. En 1987, Régine Crespin fait ses adieux à la scène, au Met, au Colon, à San Francisco, puis à Paris, en 1988, dans le rôle de la Comtesse de la Dame de Pique de Tchaïkovski.
Dans l’itinéraire de Crespin, la femme s’est rebellée car la diva prenait trop de place. Tel fut l’enjeu d’une crise personnelle dont pâtit sa courte participation dans les Contes d’Hoffmann version Chéreau à Paris en 1974. Ses doutes dissipés, l’équilibre revenu, une nouvelle cantatrice reprenait son territoire sur la scène, dans Carmen en 1975.

Au début 2007, la diva qui s’est remise de deux cancers, affronte le cours de la vie avec sérénité et détachement mais pas indifférence. La politique la passionne et l’enseignement lui permet de transmettre les clés de son expérience exceptionnelle. Régine Crespin devait s’éteindre quelques mois après la diffusion de cet entretien radiophonique, le 5 juillet 2007.

Crédit photographique
Régine Crespin (DR)

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