Prélude, choral et fugue de César Franck

franck cesar portrait classiquenewsFrance Musique. Le 5 mars 2017, 16h. Franck : Prélude, choral et fugue. César Franck (1822-1890) est bien le plus original des wagnériens. Le FWV 21 forme une trilogie pour piano écrite en 1884, créé à la SNM, Société nationale de musique le 25 janvier 1885, dédiée à la créatrice, la pianiste Marie Poitevin, suscitant un succès immédiat. La succession tripartite est une œuvre de maturité, portée par l’inspiration et le questionnement incessant sur la forme d’un compositeur âgé de 62 ans. Le plan en est simple : – Prélude, choral et fugue, lequel renvoie directement à l’oeuvre de JS Bach dont Franck réalise l’apothéose, tout en recréant avec de l’ancien, une modernité classique porteuse d’avenir : Bach avait conçu le diptyque « Prélude et Fugue », sans y associer le choral, comme le fait de façon inédite, César Franck. A travers les 3 volets enchaînés, un même thème apparaît selon le principe cyclique et c’est lui qui relie les 3 épisodes entre eux : récitatif dans le Prélude, en accords arpégés formant le prélude (introspectif et majestueux) à l’énoncé du choral, enfin comme sujet central de la fugue. Comme à son habitude, Franck y déploie une vision synthétique et architecturée où l’arc tendu depuis le début, mène à une élévation mystique, tout au moins spirituelle (comme c’est le cas de sa Symphonie en ré mineur de 1888/1889). Le compositeur y superpose les thèmes du Prélude et du Choral sur le motif fugué, de sorte que la clé musicale s’y trouve dévoilée par conjugaison lumineuse et final, qui réalise le point ultime et crucial du tryptique. Franck mystique est aussi un architecte d’une intelligence… séraphique.
En pur esprit classique, Franck sait cultiver une mesure non romantique dans l’expression même du motif, emblème sentimental qui fait jaillir un sentiment d’exaltation sobre et nuancée, grave voire douloureux. Polyphonie et virtuosité citent Bach, Beethoven, Liszt. Le souffle qui s’en dégage (octaves à la main gauche) rappelle la conception du Franck organiste, toujours tenté par l’ampleur, le général, l’universel. De l’eneignement de Franck, naît et se précise l’école franckiste, résolument wagnérienne, comptant entre autres : Bréville, Chausson, Duparc, d’Indy, Lazzari, Lekeu, Ropartz, Tournemire, Vierne… mais tous cultivent une mesure et un raffinement harmonique (le plus souvent chromatique) d’une rare profondeur.

PIANO MAJEUR : "HOMAGES" par Benjamin GrovenorJEUNE INTERPRETE D’EXCEPTION… Dans son dernier et superlatif récital discographique paru en septembre dernier (2016 : « Homages / Bach, Busoni, Mendelssohn… ») le jeune pianiste virtuose, – notre préféré avec Rafal Blechacz, Benjamin Grosvenor « osait » jouer Prélude, choral et fugue. Voici ce qu’en écrivait notre rédacteur à propos de ce disque mémorable, distingué par un CLIC de classiquenews : « Le pianiste est né dans le comté d’Essex en 1992. L’album « HOMAGES » est un chapelet de compositeurs aussi virtuoses que profonds, constituant – emblème des réflexions artistiques exigeantes, un programme magnifiquement conçu, entre éclats et murmures, démonstration échevelée et surgissements de la psyché. De fait dans le cas des Liszt qu’il a choisis : Venezia e Napoli, S 162 (Années de pèlerinage II : Italie, 1839-1840), comme dans celui des non moins sublimes César Franck, magicien harmoniste, narrateur des mondes poétiques (trilogie synthétique et orchestrale de Prélude, Choral et fugue FWV 21, sommet esthétique de 1884), le jeune britannique affirme une sensibilité tissée dans la pudeur et l’intériorité ; la constance douceur opérante du toucher qui s’autorise aussi de somptueuses affirmations frénétiques, exprime l’éloquence d’une intelligence musicale d’une exceptionnelle justesse : … ». LIRE la critique complète du récital Homages par Benjamin Grosvenor

http://www.classiquenews.com/cd-evenement-compte-rendu-critique-homages-benjamin-grosvenor-piano-1-cd-decca/

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logo_francemusiqueFrance Musique. Le 5 mars 2017, 16h. Franck : Prélude, choral et fugue. Bilan discographique, meilleure interprétation. La Tribune des critiques

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