Piotr Ilyitch Tchaïkovsky, La Dame de Pique (1890)

Piotr Ilytch Tchaïkovsky
La Dame de pique
, 1890

Opéra
en trois actes. D’après la nouvelle de Pouchkine, le frère du
compositeur, Modeste Tchaïkovsky, adapte pour la scène lyrique,
l’histoire tragique de l’officier Hermann, amoureux de Lisa,
petite-fille de la Comtesse qui possède le secret des cartes gagnantes.
L’action se situe à l’époque de Catherine II. L’ouvrage est créé au
théâtre Mariinski, le 7 décembre 1890.
Amour et folie ne sont jamais
éloignés. Dans l’esprit d’Hermann qui pourrait convoler en justes noces
avec Lisa, après que la Comtesse lui ait révélé la botte secrète de ses
cartes gagnantes, tout n’est pas aussi simple. Rongé par le démon du
jeu, il préfère écarter la jeune femme (prête à le suivre), et court
dans une maison de jeu afin d’y mettre en pratique le redoutable secret
des cartes magiques. La perspective de gains colossaux le fait basculer
dans l’horreur fatale lorsqu’il abat sa dernière carte: la Dame de
pique!

Admirateur de Bizet dont il fut l’un des premiers, comme
Nietzsche, à reconnaître la modernité fabuleuse de Carmen (1875),
Tchaïkovsky reprend l’idée des enfants soldats dans l’acte I; le
compositeur russe cite également Grétry lorsque la vieille Comtesse
dans sa chambre, chante la romance “Je crains de lui parler la nuit…”
Intense,
implacable et sans issue, La Dame de Pique fait partie, avec Eugène
Onéguine (1879), des oeuvres majeures de Tchaïkovsky. Là encore, il y
est aussi question d’un amour impossible dont l’activité embrasée
dévore le coeur des amants. Au final, la Comtesse prend une revanche
cinglante, suscitant un enchaînement terrible: Lisa puis Hermann se
donnent la mort.

Illustration
Vigilieus Eriksen, Portrait de Catherine II au miroir (Ermitage, Saint Pétersbourg)

Comments are closed.