PIANO SUPERLATIF : le duo Berlinskaïa / Ancelle

PARIS, salle Cortot, mardi 10 janvier 2017. Duo Berlinskaïa / Ancelle : Liszt, Saint-Saëns. DUO BERLINSKAÏA / ANCELLE : De Liszt à Saint-Saëns, UN QUATRE MAINS SUBLIME. Jouer à deux pianos soit quatre mains n’est pas anodin ; surtout s’agissant d’un duo affectivement fusionnel comme celui que compose depuis 2011, le couple à la ville, Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle. Leur nouvel album à paraître en janvier 2017 (3ème album réalisé par le duo franco-russe), est aussi le sujet d’un concert événement programmé salle Cortot, mardi 10 janvier 2017. Au programme, sur scène comme dans le disque : Saint-Saëns et Franz Liszt, soit deux figures du romantisme pianistique les plus captivantes, chacune ayant été pianiste virtuose et compositeur génial. Les deux artistes s’estimaient mutuellement, en une admiration qui se traduit chez l’un comme chez l’autre par une influence réciproque. Liszt transcrit Saint-Saëns, et vice versa…

 
 

duo-berlinskaia-ancelle-arthur-piano-duo-de-piano-582-390La confrontation / admiration de l’un à l’autre s’inscrit ainsi dans l’écriture intime des partitions puisque le duo joue la transcription de Danse Macabre opus 40 de Saint-Saëns, mais aussi une seconde conçue par Liszt, enrichie par Horowitz et Arthur Ancelle soi-même. D’ailleurs, Arthur Ancelle signe aussi, la transcription interprétée à quatre mains d’Après une lecture de Dante. Voyage dans les mondes intérieurs d’un Liszt hautement passionné, en proie aux visions et aux vertiges grandioses et sublimes. Mais le cœur dramatique du cycle demeure la version pour quatre mains de la Sonate en si de Franz Liszt, transcription pour deux pianos de Saint-Saëns. Enregistré à Moscou (Grande salle du Conservatoire, fin mai 2016), le programme met en lumière la parenté des deux écritures pianistiques, entre théâtralité et poésie, virtuosité et intériorité, et surtout dans le cas de Liszt, élan spirituel,
voire révélation mystique, et mordantes déflagrations, lugubres et souterraines, au démonisme à peine voilé. La palette des contrastes est vertigineuse ; l’échelle des nuances et des accents, aussi. Elles exigent des interprètes doués d’une écoute exceptionnelle comme d’une précision en complicité, phénoménale. Autant de défis que relèvent aujourd’hui, les deux pianistes, Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle, dont on mesure  album après album, la musicalité souveraine, une entente intime, d’une grande puissance poétique, alliant tempérament et éloquente expressivité. Ce que peuvent ici leurs deux pianos accordés, fourmillent d’idées et d’intentions ciselées – ivresse de la note suspendue, fusion des timbres maîtrisés, pensée musicale en action, servie par quatre mains au jeu souple, articulé, allusif, mais aussi percutant et vif, murmuré comme déclamatoire.

 
 

Transcriptions romantiques à 2 claviers…

 
 

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liszt duo ludmila berlinskaia arthur ancelle piano review presentation critique cd classiquenewsL’intérêt est majeur : dès octobre 1914, Saint-Saëns annonce à son éditeur Durand, sa volonté de transcrire pour deux pianos, la redoutable Sonate en si de Liszt, sommet de la littérature pour piano. A deux claviers, la fine et puissante écriture de Liszt gagne une ampleur orchestrale comme une précision et un relief admirables : l’articulation trépidante de chaque pianiste éclaire en une clarté régénérée chaque mesure ainsi réinvestie. La démarche de Saint-Saëns est d’autant plus légitime que Liszt avait envisagé un tel projet, mais manquant de temps (et probablement d’énergie), il ne réalisa pas le chantier. Le résultat est inouï : ni furieusement démonstrative – d’une ambition symphonique ; ni subjective, résultat de la seule interprétation donc réécriture d’un Saint-Saëns soucieux de rendre hommage à son ami défunt. Il s’agit plutôt tel que le défend Arthur Ancelle, d’une transcription respectueuse de la partition originale de Liszt que Saint-Saëns approfondit encore dans le sens de l’expressivité à la fois dramatique et spirituelle. L’intégrité musicale dont fait preuve le Français est « merveilleuse », précise même Ludmila Berlinskaïa. La réécriture par Saint-Saëns des motifs de Liszt, gagne souvent un éclaircissement nouveau qui ne dénature pas l’intention originelle mais en renforce son intensité… L’équilibre des parties confiées à chacun des claviers révèle une conception sonore globale comme une compréhension parfaite de la part de Saint-Saëns, s’agissant des mondes musicaux de son ami admiré, Liszt.  Toute l’approche du Duo Berlinskaïa / Ancelle recentre l’attention sur ce qui fait aujourd’hui la pertinence d’une transcription, ce en quoi elle éclaire de façon différente, le sens de la partition originale.  De même, jouer les deux versions de Danse Macabre de Saint-Saëns, permet aussi de souligner le génie transcripteur de l’auteur lui-même, passant de l’orchestre (et de la partie soliste originellement pour violon), aux deux claviers ; Arthur Ancelle, visiblement passionné par l’exercice propose ensuite avec sa partenaire, sa propre vision de Danse macabre, s’appuyant sur celles de Liszt et d’Horowitz… Le poème symphonique, endiablé, extatique, d’un dramatisme crépitant y gagne encore en expressivité et délire poétique. Sans écarter cette fabuleuse motricité à deux cœurs qui confèrent à l’architecture global de ce cycle, une énergie enivrante. Passionnante recherche pour un résultat captivant. A découvrir Salle Cortot, mardi 10 janvier 2017, à partir de 20h. Concert événement.

 
 
 

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boutonreservationDuo Ludmila Berlinskaïa / Arthur Ancelle
2 pianos : Liszt et Saint-Saëns

PARIS, salle Cortot
Mardi 10 janvier 2017, 20h

 
 
 

Au programme, le programme du cd à paraître le 13 janvier 2017 :

Saint-Saëns, Danse Macabre

(version originale pour deux pianos)

Liszt, Sonate en si mineur S. 178

(transcription pour deux pianos : C. Saint-Saëns)

Liszt, Après une lecture du Dante

(transcription pour deux pianos : A. Ancelle)

Saint-Saëns, Danse Macabre

(avec les amabilités de Liszt, Horowitz, A. Ancelle)

 

 

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