Patrice Chéreau: De la maison des morts, le corps au travailArte, les 1er puis 15 novembre 2010


Patrice Chéreau

metteur en scène

Arte

Les 1er puis 15 novembre 2010

Arte célèbre le travail scénique du metteur en scène Patrice Chéreau, au théâtre comme à l’opéra, en deux temps: diffusion de l‘opéra De la maison des morts de Janacek (le 1er novembre à 22h30), production événement du festival aixois 2007 (Pierre Boulez, direction), puis un documentaire inédit réalisé par Stéphane Metge : Le corps au travail, le 15 novembre 2010 à 22h30.
A l’automne 2010, l’actualité de Patrice Chéreau est riche: le musée du Louvre lui offre ces cimaises et ses espaces pour un cycle complet: plusieurs expositions, conférences, projections, danse et théâtre pour une vaste programmation intitulée “Les visages et les corps”, du 2 novembre 2010 au 31 janvier 2011. Il y explicite la notion de nécessité personnelle qui innerve son travail et livre l’énergie du travail sur les oeuvres… Projections des pièces de théâtre: Phèdre de Racine, des productions lyriques: De la maison des morts, Lulu. Concert événement le 8 novembre à 20h (auditorium du Louvre): Daniel Barenboim joue avec le West Eastern Divan orchestra Berg, Stravinsky (l’Histoire du soldat. Patrice Chéreau, récitant). Le 15 novembre 2010 à 22h30, Arte diffuse le documentaire dédié au travail de Patrice Chéreau: Le corps au travail (réalisation: Stéphane Metge, 2010, 1h15mn). Film docu diffusé le 6 novembre à 20h au Louvre.

De la maison des morts
Lundi
1er novembre 2010 à 22h30

Musica. Opéra. Janacek: De la maison des morts. Patrice Chéreau: mise en scène. Pierre Boulez, direction. Aix en Provence, 2007. Opéra en trois actes. Livret : Leoš Janácek d’après Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski

Dans la cour intérieure d’un bagne sibérien, la vie au jour le jour de cinquante prisonniers… Tous les détenus de longue peine traînent leur existence, condamnés à terminer leur vie ici : celui de 18 ans comme celui de 50 ans, le vieillard qui survit comme l’enfant qui meurt…
Trente ans après un Ring devenu légendaire au Festival de Bayreuth (centenaire du festival allemand en 1976), et leur Lulu de Berg deux ans plus tard au Palais Garnier (1978), Pierre Boulez et Patrice Chéreau se retrouvent en 2007 à Aix-en-Provence pour aborder ensemble, et pour la première fois, une œuvre de Janácek. Neuvième et dernier opéra du compositeur tchèque, écrit en 1927, De la maison des morts s’inspire de la prose crépusculaire, mystique et humaniste de Dostoïevski. Il raconte le quotidien d’un camp de prisonniers et la lutte pour conserver sa dignité dans un univers cruel, violent, sans lueur ni espérance, barbare, inhumain. Le récit est d’une modernité radicale, où les êtres humains aux vies brisées manifestent encore une énergie intacte à vivre et à aimer, l’appétit du désespoir… “En chaque homme, une étincelle divine”, écrivait Dostoïevski. Pour saisir ce désespoir et cette capacité de survie, Patrice Chéreau a travaillé en étroite collaboration avec le chorégraphe Thierry Thieû Niang – avec lequel il avait déjà monté l’opéra de Mozart Cosi fan tutte à Aix en 2005. Dans le décor bétoné, mobile, changeant (miroir des métamorphoses en cours?) signé Richard Peduzzi, tout s’achève en un décor médical (un long couloir d’hôpital), où les seize acteurs prisonniers évoluent aux côtés des dix-neuf chanteurs de la distribution, dont les remarquables Olaf Bär, Stefan Margita et John Mark Ainsley. Barbarie poignante. La rédemption pour les condamnés? Le pardon peut-il être accordé à celui qui a commis l’impensable? Rediffusion du 10 mars 2008


Mahler Chamber Orchestra. Direction musicale : Pierre Boulez. Mise en
scène : Patrice Chéreau en collaboration avec Thierry Thieû Niang. Olaf
Bär (Alexandre Petrovitch Goriantchikov), Eric Stoklossa (Alieia),
Stefan Margita (Filka Morosov), Peter Straka (le grand prisonnier),
Vladimir Chmelo (le petit prisonnier), Jiri Sulzenko (le commandant),
Heinz Zednik (le vieillard), John Mark Ainsley (Skouratov), Jan Galla
(Tchekounov), Tomas Krejcirik (le prisonnier ivre), Martin Barta (le
prisonnier cuisinier), Vratislav Kriz (le pope), Olivier Dumait (le
jeune prisonnier), Susannah Haberfeld (une prostituée), Ales Jenis (le
prisonnier don Juan), Marian Pavlovic (le prisonnier Kedril), Peter
Hoare (Chapkine), Gerd Grochowski (Chichkov), Andreas Conrad
(Tcherevine), le Choeur Arnold Schönberg. Réalisation : Stéphane Metge
(2007, 1h40mn)


Le corps au travail
lundi 15 novembre 2010 à 22h30
Musica. Patrice Chéreau: le corps au travail. Documentaire (2010)

Film documentaire
Patrice Chéreau, le corps au travail.
Documentaire portrait. Réalisation : Stéphane Metge. Coproduction : Arte France, Amip (2010, 1h15mn)

Portrait inédit et intime de Patrice Chéreau qui retrace la carrière d’un artiste dont la puissance créatrice n’a jamais failli. Quand Patrice Chéreau commence la mise en scène, il a tout juste 19 ans. Dans les années 1960, le jeune homme de théâtre révolutionne déjà à sa manière les formes de l’expression théâtrale, rééclaire, réincarne, reformule le sens caché des textes. Devenu un metteur en scène reconnu, fort de ses succès publics et avec la boulimie de travail qui le caractérise, il dépoussière ensuite l’opéra en retrouvant le sens dramatique de la musique, comme lors de son interprétation du Ring à Bayreuth (centenaire de Bayreuth en 1976). Mais il y a aussi chez lui une envie de cinéma qui ne le quitte pas. De L’homme blessé à Intimité, chacun de ses films analyse les relations humaines avec une sensibilité à fleur de peau… Dans ce film qui retrace le parcours d’une vie de travail, Patrice Chéreau nous parle de ses influences, depuis la peinture que pratiquaient ses parents et dont ils lui ont transmis le goût, jusqu’aux mentors de sa jeunesse théâtrale, en passant par les cinéastes à partir desquels il s’est forgé sa personnalité artistique. L’homme comme l’artiste éprouve le doute. Face à la caméra, Chéreau analyse la pratique de son métier. Il s’agit d’une interrogation intime sur ce que Patrice Chéreau a traversé dans son travail et dans son époque, sur ce qu’il est désormais et ce qu’il cherche encore. L’itinéraire d’une vie partagée par et pour le corps.
Le réalisateur Stéphane Metge qui a longtemps accompagné avec sa caméra le travail au long cours de Patrice Chéreau dévoile dans un rapport d’intimité critique ce fou de travail et d’approfondissement du sens, mais aussi cette légèreté d’ordre jubilatoire qui éclaire aussi sont approche des pièces ou des partitions… En 2010-2011, l’actualité de Patrice Chéreau est riche. Le musée du Louvre invite Patrice Chéreau : « Les visages et les corps », exposition de Patrice Chéreau, du 2 novembre 2010 au 31 janvier 2011. Le Festival d’Automne affiche « Rêve d’automne » de Jon Fosse, mis en scène par Patrice Chéreau, au Théâtre de la Ville, du 4 décembre au 25 janvier 2011.

Illustrations © N.Guérin 2010

En octobre 2010, les éditions Buchet Chastel publient un livre événement: Dialogue sur la musique et le théâtre. Tristan et Isolde, par Daniel Barenboim et Patrice Chéreau.

Daniel Barenboim et Patrice Chéreau
ont monté ensemble en 2007 Tristan et Isolde de Wagner à la Scala de
Milan. Leur collaboration constitue la matière d’un dialogue fructueux
entre deux grands artistes qui avaient l’idée de cette production depuis
1979… Auparavant ils auront travaillé de concert sur d’autres opéras Don Giovanni et Wozzeck.

Qu’est-ce qui se joue dans la « réalisation » d’un opéra ? Comment
s’opère la rencontre entre paroles et musique, jeu et chant, regard de
l’homme de théâtre et direction musicale ? À travers cet échange, le
texte éclaire les enjeux de la scène lyrique; il entre au cœur de l’art
de deux sensibilités dont l’expérience de la scène et la connaissance de
la musique dévoilent ce qui se joue dans l’opéra, en particulier
concernant Tristan de Wagner. On sait que le compositeur a pensé la musique comme un dramaturge unique, osant formuler même la notion ultime de théâtre total: musical, lyrique, visuel, scénique.

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