PARIS, Festival Présences : 10-19 février 2017. Portrait KAIJA SAARIAHO…

saariaho-kaija-classiquenews-presences-2017-dossier-annonce-presentation-KS3(c)Andrew-CampellPARIS, Festival Présences : 10-19 février 2017. Portrait KAIJA SAARIAHO… La compositrice finlandaise résidente depuis de longues années à Paris (depuis les années 1980), Kaija Saariaho, est l’héroïne du portrait que lui consacre le 27è festival « Présences » de Radio France : dès le 10 et jusqu’au 19 février 2017, soit pendant 10 jours (18 concerts / 26 oeuvres de la compositrices ainsi jouées), les mélomanes parisiens goûteront l’une des écritures contemporaines parmi les plus raffinées qui soient, entre allusion, intensité, vibration. Tout le travail de la compositrice, comme inspirée par une claire conscience inscrite dans la palpitation de son temps, tend à exprimer l’indicible et la fragilité humaine. Comme une narration de l’intime et du secret qui pourtant, dans son œuvre se font portes ouvertes sur une vérité oubliée mais viscérale, vers une dramaturgie accessible qui parle à tous et qui rétablit le sens et le dialogue des fraternités entre elles, de l’homme avec la nature, de l’âme en son sein le plus intime… Cette année est emblématique du souffle d’un festival qui a su se renouveler, grâce à la direction artistique de Bruno Bérenguer dont l’action et le choix artistique fait de Présences, chaque édition, une famille artistique d’une rare cohérence, où le jeu des correspondances et des filiations, des réponses et échos entre les programmes assure la cohérence du cycle présenté à la Maison de la Radio (studio 104, studio 105, Auditorium récemment restauré à l’acoustique proche de la perfection)…
Présences souligne la force d’un tempérament inspirateur, mais favorise aussi l’émergence de jeunes sensibilités prêtes à expérimenter et défricher de nouveaux champs expressifs : ainsi la présence en 2017 du Quatuor de saxhorns, Opus 333, … et le geste des jeunes maestros : le Croate Davor Branimir Vincze, l’Espagnole Nuria Gimenez-Comas ou le Français Florent Motsch.

L’idée est de nourrir une constellation d’écritures, comme satellisées autour de la présence axiale de Kaija Saarihao : ainsi pas moins de 40 compositeurs sont à l’affiche du 27è Festival, aux côtés de la compositrice, entre autres, citons les compositeurs fixés à Paris Martin Matalon, Alexandros Markéas, et la présence importante du basque Ramon Lazkano, inspiré par la notion de territoire et d’exil (création mondiale de son Deuxième quatuor à cordes, Etze par les Diotima, entre autres). Voir nos ressources vidéos en fin d’article.

Depuis Sofia Goubaidoulina en 1993, aucune compositrice n’avait eu les honneurs du premier festival de musique contemporaine et de création en France. On se souvient des passionnantes rétrospectives antérieurs, – également monographiques dédiées à et au compatriote et proche de Kaija Saariaho, Esa Pekka Salonen… En 2017, seront proposées des oeuvres parmi les plus anciennes (Jardin Secret, 1984), jusqu’aux inédits en création française ou mondiales, sans omettre la présence d’ambassadeurs historiques, défenseurs avant tous d’une écriture qui parlent au coeur et convoque l’intime : le violoncelliste Anssi Karttunen, ou le chef Clément Mao-Takacs et son Secession Orchestra, pour lesquels la musique de Saariaho est un jardin familier dont ils aiment partager les joyaux intimes. Tous les concerts du soir (20h) sont diffusés en direct sur France Musique.

KaijaSaariaho(c)Maarit Kytöharju_0A L’ECOUTE D ELA NATURE… Curieuse des sons de la nature pour avoir aimé se promener dans les forêts de son enfance, la jeune Kaija Saariaho établit un premier lien avec la musique en jouant du violon, … du piano dès 8 ans. Puis la guitare et surtout la présence de l’orgue ont déterminé une passion pour la musique. A l’Université d’Helsinki, la jeune femme étudie les Beaux-Arts, et surtout la composition. Après avoir travaillé pendant 4 années avec Paavo Heininen à l’Académie Sibelius, la jeune compositrice qui a appris l’exigence, la discipline et le travail, enrichit son expérience à Fribourg où elle travaille avec Brian Ferneyhough et Klaus Huber. Puis c’est Paris, à l’Ircam qu’elel peut approfondir encore sa recherche sur le son, la couleur, le timbre. Portée par une conscience européenne de la musique finlandaise partagée avec ses contemporains, Esa Pekka Salonen et Magnus Lindberg, Kaija Saariaho fonde avec ces derniers, le groupe musical « Korvat auki » / « Les oreilles ouvertes » car il s’agit d’ouvrir la musique finlandaise vers d’autres horizons expressifs et poétiques que ceux prônés par les traditionnels et nationalistes, Joonas Kokkonen ou Aulis Sallinen. Le groupe diffuse la musique de Berg, Zimmermann, Karl Amadeus Hartmann, marquant profondément les années 1970, quand la Finlande se hisse parmi les nations les plus actives sur le plan musical, grâce alors à la qualité globale de son système éducatif.

 

PROFONDEUR, SOUFFLE DE L’INTIMITÉ

 

KAIJA SAARIAHO, reine du Festival Présences 2017A PARIS.., l’expérience s’enrichit encore, renouvelant sa fréquentation des expérimentations germaniques. L’ouverture, l’éclectisme des milieux français indiquent de nouveaux points de recherche. Kaija Saariaho sensible à la couleur et au raffinement instrumental (elle apprécie Berlioz, celui des Nuits d’été), mais son écoute admirative de Rameau aussi la relie aux recherches spectrales de Gérard Grisey dont elle partage ce goût du timbre.
En témoigne sa première partition commande d’état, « Lichtbogen ». Dans les années 1980, Henri Dutilleux manifeste un intérêt très affûté pour l’écriture de sa consœur : en découlent alors des rencontres régulières, renforcées par une estime réciproque. Maan Varjot, pour orgue et orchestre, joué lors du Festival Présences 2017 (le 18 février, 20h), est dédié au compositeur français. Dans le sillon ouvert par son Concerto pour violoncelle, « Amers », d’après le texte de Saint-John Perse, la place de la poésie et de la langue française influencent particulièrement l’écriture de la compositrice : en témoigne son travail avec Amin Maalouf qui écrit les livrets de L’Amour de loin, d’Adriana Mater, de La Passion de Simone et d’Émilie. Le style puissant et expressif de Maalouf induit une certaine forme musicale que Kaija Saariaho a ensuite renouvelé en travaillant pour ses opéras suivants avec d’autres écrivains librettistes : ainsi « Only The Sounds Remains » d’après deux pièces du théâtre Nô japonais adaptées par Ezra Pound (Amsterdam, mars 2016 ; repris en 2018 à l’Opéra Garnier à Paris). Le prochain défi lyrique s’annonce en 2020 à Londres Covent Garden, sur un livret en plusieurs langues.

Sur la durée, l’oeuvre de Kaija Saariaho dévoile une étonnante cohérence, façonnée par une continuité de l’écriture qui réalise comme le dévoilement progressif et de plus en plus abouti d’une sensibilité originale et profonde. L’harmonie, le rythme et le timbre prennent une place croissante ; l’écriture gagne une parure physique plus concrète (Amers, surtout le Concerto pour violon Graal Theatre, – ce dernier joué lors du concert inaugural de Présences 2017, le vendredi 10 février, 20h), et selon les formats « imposés », comme le Concerto, l’écriture maîtrise un dramatisme assumé.

 

presences-2017-kaija-saariaho-portraitTOUT SAARIAHO… Le portrait que propose le Festival Présences offre un large éventail de l’écriture de Kaija Saariaho ; c’est une occasion idéale et bénéfique pour un regard global de réécouter des pièces anciennes telles Lichtbogen (installation audiovisuelle présentée les 18 et 19 février, à plusieurs reprises à partir de 15h20), mais aussi le Concerto pour violon Graal Théâtre (joué en ouverture du Festival ce 10 février prochain), composé il y a 30 ans. C’est un parcours exceptionnel, recomposé ainsi aux côtés des nouvelles pièces en création (française) : Adriana Songs (le 10 février, 20h), Figura (le 13 février, 20h), True Fire (le 16 à 20h), le Concerto pour harpe Trans (joué le 18 février, 20h par Xavier de Maistre et le Philharmonique de Radio France)… mais aussi The Tempest Songbook (le 17 février 20h), – création française d’un cycle composé sur 10 ans, et qui sera à Paris, alterné avec les musiques de scène de Purcell – écrites pour La Tempête ; ainsi aux côtés de « Frises » (joué le 11 février, 20h), – pièce pour violon (avec électronique) dédié au violoniste Richard Schmoucler qui rend hommage à JS Bach et conçu pour être joué après sa Chaconne, le travail de Kaija Saariaho a aussi questionné l’imaginaire des instruments baroques.

TRAJECTOIRE en forme de questionnement… Exigeante dans sa quête d’une musique toujours admirablement organisée et écrite, Kaija Saariaho encourage au cours de ses rencontres, les jeunes compositeurs de la génération nouvelle ; autant de talents tentés par l’éparpillement, comme divertis par la vitesse de notre monde. Kaija Saariaho incarne la fidélité à une ligne faite conscience, sa trajectoire n’a pas quitter son objectif ni sa temporalité propre, faite questionnement et approfondissement ; faire vibrer la profondeur d’une quête en mouvement, rétablir le contact avec l’essence de l’existence, et notre intimité qui nous parlent en un murmure tenace et puissant, de la fragilité humaine.

A l’occasion de Présences 2017, Saija Saariaho retrouve des interprètes qui lui sont chers, dont elle a souhaité la présence : le violoncelliste Anssi Karttunen,…, les chefs Ernest Martinez-Izquierdo et Clément Mao-Takacs .… Autant d’interprètes qui ont compris mieux que quiconque aujourd’hui son souci de la dynamique, de la respiration, de la couleur, des résonances secrètes, intimes qui atteignent souvent un souffle universel.

 

 

 

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boutonreservationKaija Saariaho, portrait / Festival Présences 2017, du 10 au 19 février 2017 – 18 concerts, 26 oeuvres jouées de Kaija Saariaho dont créations françaises et créations mondiales

 

 

 

5 temps forts de Présences 2017

Concerts incontournables à vivre à la Maison de la Radio France
Studios 104, 105, 107 – Auditorium

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-20171. Concert inaugural, vendredi 10 février 2017 : « Je dévoile ma voix… » – Paris, Maison de la Radio, Auditorium. Le chef engagé, habité et très inspiré par la musique de la compositrice finlandaise, Dima Slobodeniouk, dirige le Philharmonique de Radio France dans plusieurs pièces majeures de Kaija Saariaho : Graal Théâtre, Adriana Songs (création française), couplées avec le poésie énigmatique de Raphaël Cendo (Denkklänge, en création mondiale). RESERVEZ / Diffusion en direct sur France Musique.

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-20172. Concert Light and Mater, saemdi 11 février 2017, 20h. Studio 104. Pièces en solo, duo et trio. Kaija Saariaho parrainet le Français Jérôme Combier et l’Espagnole Nuria Gimenez-Comas. Sans omettre le retour de Pascal Dusapin à Présences avec la première en France d’un duo composé tout spécialement pour Anssi Karttunen, violoncelliste phare de la musique de Saariaho… dont est donnée en création française : Light and mater pour violon, violoncelle et piano. RESERVEZ

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-20173. Concert True Fire, jeudi 16 février 2017, 20h, Auditorium. C’est l’un des temps forts de ce cycle Présences 2017 : l’excellent et trop rare en France, chef Olari Elts dirige l’Orchestre National de France (et le choeur de Radio France) dans un programme prometteur : dramatisme ciselé de Polednice pour choeur et orchestre de Ondrej Adamek (création mondiale), True Fire pour baryton et orchestre – commande de Radio France et création française), surtout la fresque Orion, pièce symphonique majeure pour l’orchestre de Cleveland d’un souffle épique poétique irrésistible. RESERVEZ

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-20174. Concert baroque / contemporain : Tempêtes, vendredi 17 février 2017, 20h, Studio 104. Shakespeare et sa tempête enchantée, fantastique, onirique, offre une passerelle entre contemporain et baroque. A partir du cycle The Tempest Songbook (joué ainsi en création française), cycle écrit pour l’orchestre d’instruments anciens Suomalainen Barokkiorkesteri (Orchestre baroque de Finlande), Kaija Saariaho a accepté que chacune de ses pièces dialogue avec les musiques de scène écrites par Purcell pour la Tempête au XVIIè… RESERVEZ

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-20175. Concert Ombres de la terre, samedi 18 février 2017, 20h, Auditorium. Cet concert événement rétablit par correspondance et résonances, ce lien artistique ténu qui unit Grisey (Modulations, extraits des Espaces Acoustiques) et l’écriture de Kaija Saariaho (trans, Concerto pour harpe, en création française, par Xavier de Maistre ; et Maan Varjot avec Olivier Latry à l’orgue). A noter aussi en création française, Mugarri de Ramon Lazkano, sous la direction de son dédicataire Ernest Martinez-Izquierdo. RESERVEZ

 

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RESSOURCES VIDEO Présences 2017

6 REPORTAGES VIDEO par le studio CLASSIQUENEWS.TV

Présences 2017, reportage vidéo 1. Présentation du Festival, premier concert “Je dévoile ma voix”… Autour du concert inaugural du 10 février 2017 : Adriana songs,… 

Présences 2017, reportage vidéo 2 : création mondiale de Rhapsodie Monstre d’Alexandros Markéas (11 février 2017)Le Festival Présences 2017 présente à la Maison de la Radio samedi 11 février 2017, 11h (Studio 104), Rhapsodie monstre, le nouveau spectacle “tout public”, conçu par Alexandros Markéas pour un narrateur, deux chanteurs et la Maîtrise de Radio France (Jean Deroyer, direction). Le texte (Pierre Senges) s’inspire de la poésie délirante, burlesque et facétieuse d’Aristophane… Il met en scène le théâtre mordant et comique d’Aristophane, son rire moqueur souvent d’une grande justesse satirique. Alexandre Markeas y fait succéder un cycle de scènes absurdes, délirantes, poétiques, engagées aussi car il s’agit de rendre hommage à l’esprit de Charlie et de dénoncer les dérives pourtant honteuses de notre société moderne, en particulier celles que vivent les grecs actuellement… Sur le plan formel, la facétie et le jeu des contrastes rythment un spectacle “tout public”, pour petits et grands, où le choeur de la Maîtrise de Radio France occupe une place centrale, choeur sérieux, composé de chanteurs acteurs… verve, drôlerie et jubilation théâtrale s’invitent au festival Présences 2017

Présences 2017, reportage vidéo 3. Explication, présentation des concerts des 11 et 12 février 2017 : création et nouvelles oeuvres de Jérôme Combier et Ramon Lazkano (diptyque Main surplombe et Ceux à qui…)

Présences 2017. Reportage vidéo 4 autour des programmes présentés le 13 février, Saariaho / Lazkano, deux créations mondiales à l’affiche de la Maison de la radio. 19h : Offrande (pour violoncelle et orgue) de Kaija Saariaho, puis 20h, Etze (friche en basque), dernier Quatuor à cordes de Ramon Lazkano. Offrande est la pièce que Kaija Saariaho a composé pour le mariage de la fille de Anssi Karttunen, violoncelliste familier de la compositrice, créateur de la pièce qui exprime l’intimité de deux êtres… / Etze de Ramon Lazkano explore de nouveaux champs expressifs, ceux d’une nature éclaircie, réorganisée… Présentations, explications par les compositeurs © studio CLASSIQUENEWS 2017 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham

Présences 2017Reportage vidéo 5. Les Concerts des 14 puis 16 février 2017 / Saariaho, Koskinen, Adamek, présentés par le Festival Présences à la Maison de la radio soulignent l’ouverture et l’éclectisme d’une édition exceptionnelle dont le thème générique st cette année, un portrait de la compositrice finlandaise qui vit à Paris, Kaija Saariaho. Le 14 février 2017, Studio 104, 20h : concert exclusivement composé de créations mondiales : Quatre instants de Kaija Saariaho, mis en regard avec 3 autres compositeurs dont son compatriote Juha T. Koskinen. C’est un creuset de créativité où s’écrit l’histoire future de la musique. Soirée événement le 16 février 2017 à l’Auditorium, 20h : où s’accordent deux formations de Radio France, le Chœur et la National de France, pour la création mondiale de Polednice d’Ondrej Adamek, surtout deux oeuvres de Kaija Saariaho : True Fire pour baryton et orchestre (création française) et la fresque symphonique Orion.

Présences 2017. Reportage vidéo 6. Derniers concerts des 18 et 19 février 2017. Ultimes concerts en apothéose au sein du Festival Présences à Radio France. Le 18 février, 18h : création mondiale de LIght still and moving de KAIJA SAARIAHO (pour flûte basse et kentele, “l’instrument magique”, usité pour son dernier opéra de 2016) – puis même date à 20h, grand concert événement avec le Philharmonique de Radio France : création française du Concerto pour harpe (créé à Tokyo en 2016 – par Xavier De Maistre), avec la création française de Mugarri de Ramon Lazkano (par son dédicatoire le chef Ernest Martinez-Izquierdo). Explication, entretien par les deux compositeurs / © studio CLASSIQUENEWS. TV 2017 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham