Opéra national de Paris, saison 2016 – 2017. Temps forts

opera-national-de-paris-saison-lyriue-temps-forts-2016-2017-eliogabalo-owen-windgrave-tosca-sancta-susanna-lohengrin-jonas-kaufmann-highlights-opera-paris-classiquenews-582OPERA NATIONAL DE PARIS, nouvelle saison lyrique 2016 – 2017. Souhaitons tout d’abord une nouvelle saison à l’Opéra de Paris, moins chahutée que la saison dernière où les mouvements de grève ont produit un déficit historique contre lequel le directeur Stéphane Lissner s’est exprimé en tirant la sonnette d’alarme. La nouvelle saison lyrique à Paris laisse rêveur et suscite de facto l’impatience d’être déjà à septembre prochain pour découvrir les promesses annoncées. Au total en 2016-2017, la nouvelle saison lyrique 2016-2017 totalise 11 nouvelles productions et 8 reprises (ou productions déjà vues, mais dans de nouvelles distributions, ce qui les rend tout autant désirables).

7 spectacles à voir d’ici fin 2016

Cavalli_francescoNous ne présentons ici que les spectacles qui sont nos coups de coeur ou des productions incontournables (et l’on vous dit pour quelle raisons…). Grâce au musicologue Jean-François Lattarico (collaborateur sur classiquenews), les opéras de Cavalli connaissent un sursaut de réhabilitation. Justifié car le plus digne héritier de Monteverdi aura ébloui l’Europe entière au XVIIè, par son sens de la facétie, un cocktail décapant sur les planches alliant sensualité, cynisme et poésie, mêlés. Avec Eliogabalo, recréation et nouvelle production, voici assurément l’événement en début de saison, du 14 septembre au 15 octobre 2016, soit 13 représentations incontournables au Palais Garnier. Avec le Nerone de son maître Monteverdi dans Le couronnement de Poppée, Eliogabalo illustre cette figure méprisable et si humaine de l’âme faible, « effeminata », celle d’un politique pervers, corrompu, perverti qui ne maîtrise pas ses passions mais en est l’esclave clairvoyant et passif… Superbe production à n’en pas douter et belle affirmation du Baroque au Palais Garnier. Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scène. Avec entre autres : Franco Fagioli dans le rôle-titre ; Valer Sabadus (Giuliano Gordie)… soit les contre ténors les plus fascinants de l’heure. Un must absolu.

La Tosca de Pierre Audi, nouveau directeur du festival d’Aix (en 2018), est l’autre nouvelle production à suivre : du 17 septembre au 18 octobre 2016 à Bastille. Avec la Tosca de Anja Harteros ou Liudmyla Monastyrska (voir les dates précises de leur présence), Marcelo Alvarez (Mario), Bryn Terkel (Scarpia)… 10 représentations.

Orchestralement flamboyant, vocalement irrésistible (- qui résiste à l’air Mon cœur s’ouvre à ta voix, immortalisé par Callas ?), l’opéra de Saint-Saëns, Samson et Dalila fera les beaux soirs de 11 dates, – du 1er octobre au 5 novembre 2016. Avec Anita Rachvelishvili et Aleksandrs Antonenko dans le couple-titre. Philippe Jordan, direction / Damiano Michieletto, mise en scène.

yende pretty review recital classiquenews pretty-yende_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Incandescente et rayonnante soprano sud africaine, Pretty Yende, lauréate, avant le Prix Operalia de Placido Domingo, du Concours Vincenzo Bellini (le must du bel canto international), chante Lucia di Lammermoor (attention uniquement les 14,17, 23 octobre puis 4, 8 et 16 novembre : vérifiez néanmoins les dates car un changement est toujours prévisible). Du 14 octobre au 16 novembre, Opéra Bastille. Riccardo Frizza, direction. Andrei Serban, mise en scène.

Jonas Kaufmann est RadamèsOn ne peut guère résister non plus, à l’Hoffmann de Jonas Kaufmann des Contes d’Hoffmann d’Offenbach dans la nouvelle mise en scène de Robert Carsen, lequel, c’est certain, fusionnera cynisme, poésie et raffinement visuel. Attention Jonas Kaufmann ne chante le rôle qu’à certaines dates (3,6,9,12,15,18 novembre 2016), entouré d’artistes français parmi les mieux chantant de l’heure (Sabine Devieilhe en Olympia; Stéphanie d’Oustrac, la muse ; Yann Beuron, François Liss… Philippe Jordan, direction. Du 31 octobre au 24 novembre 2016.

Superbe opéra chambriste de Benjamin Britten, inspiré par Henry James, Owen Windgrave (1971) est trop rare en France : l’intensité fantastique voire horrifique spécifiquement britannique y aborde le thème central viscéral pour Britten le pacifiste, de la résistance face à la guerre : le jeune héritier Owen s’opposant fermement à ses parents et à la tradition de sa famille, en refusant la carrière militaire qu’on veut lui imposer par continuité familiale… Il est seul face à tous. Nouvelle production signée Tom Creed, avec les jeunes chanteurs de l’Académie de l’Opéra de Paris. 5 représentations à l’Amphithéâtre Bastille, du 19 au 28 novembre 2016.

Elina GarancaUn diptyque lyrique accompagne les fêtes de fin d’année 2016, double représentation lyrique qui s’avère grâce à ses chanteuses protagonistes annoncées, irrésistibles. Qui peut aujourd’hui à Paris refuser l’invitation d’écouter la superbe mezzo Elina Garanca dans le rôle de Santuzza de Cavaliera rusticana de Mascagni, puis Anna Caterina Antonacci interprète de Santa Susanna de Paul Hindemith ? Deux caractères féminins de choc, deux œuvres denses et tragiques… 9 représentations, du 28 novembre au 23 décembre 2016. Carlo Rizzi, direction / Mario Martone, mise en scène.

Temps forts 2017

Les deux premiers temps forts en 2017 sont, de toute évidence, le nouveau Lohengrin (mis en scène par Claus Guth, avec Jonas Kaufmann pour les dates de janvier, auquel succède en février Stuart Skelton). 11 dates, du 18 janvier au 18 février 2017. Philippe Jordan, direction (excellente, millimétrée, chambriste)…

Et la nouvelle production de Cosi fan tutte de Mozart, scénographie, chorégraphie par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaesker et ses danseurs, avec Michèle Losier (Dorabella), Frédéric Antoun / Cyrille Dubois en alternance dans le rôle de Ferrando… Philippe Jordan, direction. Du 23 janvier au 16 février 2017.

Francesconi luca festival presences luca-francesconi1A l’affiche entre autres du dernier festival de Radio France, Présences en janvier 2016, l’italien Luca Francesconi livre en création mondiale son opéra «Trompe la mort » , d’après Balzac… Nouvel ouvrage en deux parties, sous la direction de Susanna Mälkki. Avec Julie Fuchs (Esther), Thomas Johannes Mayer (Vautrin, Trompe la mort), Cyrille Dubois (Lucien de Rubempré), Philippe Talbot (Eugène de Rastignac), Jean-Philippe Lafont (Le baron de Nucingen), Béatrice Uria-Monzon (la comtesse de Sérizy). La prose et l’intelligence balzaciennes se prêtent-elles naturellement à l’opéra ?… Incontestablement l’événement lyrique de la saison nouvelle, au registre de l’opéra contemporain. L’Opéra de Paris aurait-il peur néanmoins de ne pas remplir s’agissant d’une nouvelle partition contemporaine ? L’opéra inédit ne totalise que 7 représentations, du 13 mars au 5 avril 2017. Pourtant l’écriture de Francesconi n’a rien d’abstrait ni d’inaudible, ainsi que notre équipe du studio CLASSIQUENEWS a pu s’en rendre compte lors du Festival Présences en janvier 2016 où Luca Francesconi présentait face à la caméra, son cycle pour soprano, chœur et orchestre d’après les poèmes de Mandela (VOIR le reportage Luca Francesconi au Festival Présence de Radio France en janvier 2016)

La suite des événements lyriques à l’Opéra national de Paris en 2017, d’ici octobre 2016

 

 

 

INFOS, RESERVATIONS
sur le site de l’Opéra national de Paris, saison 2016 – 2017

 

 

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