Mozart: La Flûte Enchantée, 1791. Harnoncourt Arte, lundi 30 juillet 2012, 20h15 en direct de Salzbourg

Opéra

En direct de Salzbourg

Mozart
La Flûte Enchantée

Arte, lundi 30 juillet 2012, 20h15

Nikolaus Harnoncourt, direction
Jens-Daniel Herzog, mise en scène

Avec Georg Zeppenfeld, Bernard Richter, Mandy Fredrich, Julia Kleiter, Sandra Trattnigg, Anja Schlosser, Wiebke Lehmkuhl, Tölzer Knaben, Markus Werba, Elisabeth Schwarz, Rudolf Schasching, Martin Gantner, Lucian Krasznec, Andreas Hörl. Concentus Musicus Wien

Die Zauberflôte (La Flûte enchantée)
est créée le 30 septembre 1791, deux mois avant la mort de Mozart. Sur
la proposition de l’impresario et acteur, Schikaneder, Mozart, dès mars
1791, commence la composition d’un nouvel opéra en allemand, comme il
l’avait fait avec L’enlèvement au sérail, en 1782, soit presque dix années auparavant.
Les deux auteurs, franc-maçons, reprennent la source littéraire (Lulu
de Wieland, 1786) afin d’y intégrer les symboles et les rituels
maçonniques. L’invention du compositeur laisse un chef-d’oeuvre de
vérité et de poésie: sous les formes théâtrales ainsi façonnées
s’écoulent la vitalité et le naturel des sentiments les plus vertueux:
fidélité, discernement, honneur, générosité, amour. Chacun y trouve le
miel de ses espérances, selon son coeur et sa culture: symboles
d’initiés, chant libre et direct de la musique… La Flûte est à
la fois un conte philosophique, un opéra maçonnique et une féerie
populaire qui s’adresse à l’entendement de tous, quels que soient les
âges. En cela, Mozart atteint son idéal: réaliser l’opéra germanique
dont il a toujours rêvé, populaire et intellectuel, exigeant autant
qu’accessible.

Toucher le coeur, élever l’âme…

L’architecture de l’oeuvre s’accomplit des ténèbres vers la lumière (comme plus tard, un autre opéra des Lumières, d’un autre Viennois, Fidelio de Beethoven), de la
superstition et des fausses croyances liées à la tyrannie des apparences
vers l’entendement des idées morales fondées sur la fraternité et
l’amour humaniste. Contre le chant trompeur de la Reine de la Nuit (fausse bonne mère),
s’affirme peu à peu la noblesse et la sagesse du père aimant, Sarastro. Chacun espère
trouver un jour sur son chemin, le guide qui le mènera vers son propre
accomplissement: c’est ce qu’expérimentent chacun à sa mesure, le prince
Tamino, Pamina et l’oiseleur Papageno… Mais avant de réussir sa vie,
épreuves et énigmes, force et endurance attendent les candidats au
dépassement de soi.

Goethe qui estimait l’oeuvre mozartienne, avait déjà loué son Lucio Silla et aussi son Enlèvement au Sérail. Le poète avait désigné Mozart comme le seul compositeur digne de mettre en musique son Faust. Il ne cessa de défendre La flûte enchantée,
y reconnaissant justement l’opéra de la modernité, celui qui touche le
coeur et éduque l’âme. Une oeuvre maîtresse qui ne cesse depuis sa
création triomphale à Vienne de susciter une égale fascination auprès
des publics.

Illustrations Décor de la Flûte Enchantée, la Reine de la nuit, au XIX ème siècle, Mozart (DR)

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