MONTPELLIER. Recréation de Kassya, dernier opéra de Delibes (1893)

DELIBES-leo-par-classiquenews-classiquenews-dossier-coppelia-kassya-opera-dossier-classiquenewsFRANCE MUSIQUE, le 21 juil 2018, 20h. DELIBES : KASSYA… Montpellier s’apprêt à vivre un événement lyrique en ce 21 juillet, avec la recréation du dernier opéra de Léo Delibes, Kassya, créé la même année que le Werther de Massenet : en 1893. A Montpelleir c’est la soprano plus habitué au rôle de princesse noble et altière qui incarnera le personnage d’ambitieuse et séductrice : Kassya.
Delibes est décédé depuis 2 années (1891) et il appartient à d’autres après lui de piloter la diffusion de son ultime ouvrage théâtral. Malheureusement, le public n’adhère que moyennement aux raffinements de la partition qui sont gâchés par des interprètes en deçà des qualités requises : le ténor Etienne Gibert massacre la partie du personnage de Cyrille, lui qui a déjà chanté Gérald dans Lakmé en 1891, et semblablement sans comprendre rien des nuances et subtilités du caractère. Même la mezzo Emma de Nuovina tombe malade pour la première date de création… qui est déplacée.

Le livret s’inspire du roman de Sacher-Masoch, Frinko Balaban (publié en français en 1874) : l’histoire appartient au cycle des légendes galiciennes. En Galicie, aux pieds des Carpathes, Delibes place son action dans un village imaginaire (Zevale) en 1846, précisément, c’est à dire à l’époque des violentes révoltes paysannes en Galicie polonaise contre les aristocrates. Il devait en découler l’abolition de l’esclavage (servage séculaire).

ACTE I : Cyrille, paysan destiné à conduire la révolte contre les seigneurs, est aimé de Sonia, sa sage cousine, cependant qu’il est viscéralement attiré par la belle bohémienne, Kassya : une sorte de nouvelle Carmen : sirène fatale à la sensualité souveraine. Une voyante prédit l’action à venir : si Kassya sera riche (et donc sacrifiera l’amour), Sonia sera heureuse…
ACTE II : le drame se resserre alors. Cyrille a écarté Sonia toujours amoureuse, à la faveur de Kassya qu’il aime éperdument : ils se fiancent mais le comte de Zevale jette son dévolu sur la belle bohémienne, et lui offrant sa fortune, son château, son titre, la future comtesse Kassya accepte de l’épouser. Cyrille est arrêté et forcé de s’enrôler.
ACTE III : deux années ont passé. Le soldat Cyrille a finit son service et retrouve au hasard d’un chemin enneigé, la belle Sonia qui l’aime toujours et son père, réduits à la misère par le comte et la comtesse de Zevale. La révolte gronde : Cyrille prend la tête des révoltés et tous se dirigent vers le château.
ACTE IV : le château de Zevale est assailli par les paysans. Cyrille empêche que la comtesse Kassya ne soit massacrée avec son époux.
ACTE V : c’est le triomphe de Cyrille et de … Sonia. A l’origine, Delibes préfère composer la mort par suicide de Kassya qui implorant son ancien fiancé Cyrille, et constatant que celui ci l’écarte définitivement, se plante une lame dans le cœur, alors que le choeur nuptial pour les noces de Cyrille / Sonia se fait entendre.
Après 8 représentations, le directeur de l’Opéra-Comique, Carvalho retire l’ouvrage de l’affiche. Pourtant Delibes s’est renseigné sur la musique galicienne, ukrainienne et polonaise, (thème de la Dumka) notamment pendant son séjour de 1885. La volonté du compositeur pointilleux est claire, éviter un melting pot golablement « slave » et distinguer c’est à dire caractériser musicalement, ce qui relève des chants des paysans ruthènes (ukrainiens), et la musique savante des nobles polonais… auquel il ajoute des éléments du folklore tzigane. Le tout sonne comme un opéra à proprement parler et authentiquement Europe centrale et de l’Est.
Reste que l’architecture de Kassya, plus opéra-comique que drame lyrique, enchaîne les différentes séquences caractérisées sans vraiment développer un continuum musical. Or l’époque est au drame continu, celui omnipotent, incontournable et envahissant de Wagner dont Lohengrin est repris dès 1891, puis L’or du Rhin et la Walkyrie en 1893 justement (mai). Malgré la finesse de son écriture et sa réelle sensibilité émotionnelle, Kassya passe pour une œuvre posthume décalée avec son époque et visiblement démodée, voire rétrograde. Qu’en sera-t-il à l’écoute directe de la partition ce 21 juillet à Montpellier et sur les ondes de France Musique ? Critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS…

FRANCE MUSIQUE, le 21 juil 2018, 20h. DELIBES : KASSYA. Recréation. En direct depuis Montpellier, Festival de Radio France…Opéra Berlioz-Le Corum

Léo Delibes : Kassya
Opéra en 4 actes et 5 tableaux sur un Livret de Henri Meilhac et Philippe Gille, achevé et orchestré par Jules Massenet
Version de concert

Véronique Gens, soprano, Kassya
Anne Catherine Gillet, soprano, Sonia
Nora Gubisch, mezzo-soprano, Une bohémienne
Cyrille Dubois, ténor, Cyrille
Alexandre Duhamel, baryton, Le comte de Zevale
Renaud Delaigue, basse, Kostska (père de Sonia)
Jean-Gabriel Saint-Martin, baryton, Kolenati
Rémy Mathieu, ténor, Mochkou

Anas Séguin, baryton, Un sergent recruteur
Luc Bertin Hugault, basse, Un buveur, Un vieillard
Véronique Parize, soprano, Une paysanne, Une jeune fille
Christine Craipeau, mezzo-soprano, Une paysanne
Charles Alvez Da Cruz, ténor, Un autre marchand
Laurent Sérou, basse, Second seigneur, Messager
Jean-Philippe Elleouet-Molina, basse, Messager
Xin Wang, basse, Messager
Albert Alcaraz , basse, Messager

Choeur de l’Opéra de Montpellier
Choeur de la Radio Lettone
Orchestre national Montpellier Occitanie
Michael Schönwandt, direction musicale

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