LILLE, ONL : Création de INSCAPE, le son de l’espace par Hector Parra

parra-hector-portrait-orchestre-national-de-lille-presentation-par-classiquenewsLILLE, le 16 juin 18 : IMMERSION, HECTOR PARRA. A 18h30, L’ONL Orchestre national de Lille présente la dernière création de son compositeur en résidence (avec Benjamin Atahir), le catalan Hector Parra : « INSCAPE ». Pour mieux comprendre enjeux et sens, comme déroulement (spatialisé) et instrumentarium de la nouvelle pièce pour orchestre, le directeur musical de l’ONL, Alexandre Bloch prend le micro et en préambule, présente quelques extraits de la partition… pour transmettre au public présent à la création de l’oeuvre, plusieurs clés d’écoute. Précédemment créée à Barcelone le 19 mai dernier, Inscape est une œuvre immersive, conçue pour l’ONL et l’Ensemble Intercontemporain avec la technologie de l’IRCAM. Ainsi en conclusion de sa résidence de 2 années au sein de l’Orchestre national de Lille, Hector Parra livre son oeuvre pour orchestre la plus ambitieuse, proposant en digne fils de scientifique, un parcours ambitieux nécessitant un dispositif inouï qui fait vivre au spectateur une immersion dans un trou noir en rotation.

 

 

 

 

Sons et architecture de l’espace

 

 

Jean-Pierre Luminet, astrophysicien, a collaboré à la conception de la pièce. La disposition des instrumentistes est minutieusement élaborée, permettant aux différentes phalanges de dialoguer pendant le déroulement de l’oeuvre : au centre, un ensemble de 8 solistes (avec traitement électronique), inscrit dans l’orchestre symphonique (non traité électroniquement) puis deux groupes latéraux disséminés, étagés dans l’espace de la salle de concert et associés par familles d’instruments : plus proche du noyau central, les 2 groupes de percussion et trombone ; plus éloignés encore, les 2 groupes associant hautbois et trompette. En découlent 6 groupes d’instruments, éclatés dans le volume de la salle. Hector Parra et Jean-Pierre Luminet ont pu échanger… Leur conversation a abouti à une proposition musical à partir des recherches de l’astrophysicien. ET vice versa… les propres intuitions du compositeur trouvant dans la formulation du scientifique, d’étonnantes coïncidences.  ”Dilatation du temps, contraction de l’espace ; formation d’un trou noir, vibration dissipatives de l’horizon des événement et stabilisation provisoire par modes quasi-normaux…” Comment naît et meurt un phénomène spatial ? Sur quelle durée ? comment s’émancipe le son d’un trou noir pendant sa phase d’expansion et son repli… ? les échelles se mêlent : microscopique, macroscopique, mesoscopique… Comment voyager d’un point à un autre, d’un espace à l’autre ? De l’abstraction scientifique à la concrétisation musicale, « résolue » dans le temps et l’espace du concert. Il y a bien une histoire, une sorte de narration qui cultive et préserve l’essor musical, tout en pointant les jalons d’un cycle de phénomènes spatiaux et temporels avérés : étoile massive, « erratique et accélérée », puis effondrement aux effets relativistes sur le temps (dilaté) et l’espace (replié) ; trou noir stellaire en expansion… De tout cela, Hector Parra fait des auditeurs / spectateurs, les observateurs un peu lointains… Au final, correspondant à l’univers dodécaédrique révélé par Luminet, Parrà échaffaude cet instrumentarium de 6 pairs de faces des instrumentistes, qui jouent en miroir… « il faut les coller deux par deux, avec une différence de phase en plus… »

Au final, le spectateur assiste à une dramaturgie orchestrale digne d’une odyssée spatiale aux format et déploiement inédits : “ Parra, également peintre, évoque également un « trompe l’œil acoustique ». Après le silence de l’origine, l’orchestre déploie des forces surhumaines, nécessaires aux commencements de l’univers. L’électronique accélère encore la matière, jusqu’à la faire imploser. L’espace-temps musical se courbe, se déforme, saturé d’ondes gravitationnelles. Puis vient, comme dans le film Interstellar de Christopher Nolan, la traversée du trou noir… où le temps et l’espace fusionnent en un vortex qui réunit passé, présent, futur. “

 

Le résultat sera dévoilé à Lille ce 16 juin 2018. Et à Paris, 2 jours avant, le 14 juin 2018. A Lille, la création sera précédée par une leçon ouverte à tous par Hector Parra et Jean-Pierre Luminet expliquant les enjeux et le sens de Inscape… Conférence et concert en création sont évidemment des temps forts de la saison 2017 – 2018 de l’ONL Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH.

 

 

 

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INFOS et RESERVATIONS pour cet événement
création française
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/immersion-orchestrale/

Les deux pièces qui accompagnent cette création offrent un portrait en creux d’HECTORPARRA hector ONL concert presentation par classiquenews hectorparra PARRA, compositeur en résidence auprès de l’ONL Orchestre National de Lille : d’abord Anaktoria de Xenakis, qui repousse les limites de la musique de chambre au profit d’une joie sonore débridée; puis le Concerto pour orchestre, déchirante partition de Bartók qui passe par toutes les émotions de l’exil, jusqu’à l’apothéose du mouvement final. Superbe filiation révélant les champs intérieurs d’un créateur d’aujourd’hui « dont la musique, vibrante, turbulente, trace des chemins vers l’avenir ».

 

 

 

Concert de l’Orchestre National de Lille
Immersion orchestrale

Xenakis : Anaktoria
Parra : Inscape
(création / Co-commande de l’Orchestre National de Lille, de l’Orquestra Simfonica de Barcelona i Nacional de Catalunya, de l’Ensemble Intercontemporain, de l’orchestre du Gürzenich de Cologne et de l’IRCAM-Centre Pompidou) / Partie informatique de l’oeuvre réalisée dans les studios de l’IRCAM-Centre Pompidou
Bartók : Concerto pour orchestre

Ensemble Intercontemporain
Technique IRCAM
Réalisateur en informatique musicale Ircam  Thomas Goepfer

Orchestre National de Lille
Direction : Alexandre Bloch

 

 

Samedi 16 juin 2018, 18h30
Lille – Auditorium du Nouveau Siècle

 

 

En tournée : jeudi 14 juin 2018, 20h30
Paris – Cité de la Musique-Philharmonie de Paris

 

 

 

 

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